07/05/2016

« Il y a plus de noblesse dans un chou fraîchement cueilli que dans un homard surgelé. » (Guy Savoy)

Les recettes drôles et savoureuses de Papa.jpg

Benjamin Buhot, célèbre papa blogueur (TilltheCat), travaille pour plusieurs médias et est régulièrement interviewé sur les sujets liés à la paternité. Il a publié chez Larousse Le journal de moi Papa, paru en avril 2015.

Il revient sur la scène éditoriale dans la même maison avec Les recettes drôles et savoureuses de Papa, une compilation, préfacée par Laurence Boccolini, de 50 préparations culinaires classiques présentées sur un mode quelque peu déjanté : les roulés au chorizo, les gougères, les mini-croissants, les tuiles aux amandes, la pizza “The Cat”, le country burger, les carbonnades de bœuf, les rillettes au thon, le poulet au curry, la terrine de foies de volaille, le croque-monsieur, le gratin de pommes de terre, le clafoutis de courgettes, les beignets de légumes, le cheesecake, le pudding, les financiers, les churros, les meringues, les gaufres…

Sans oublier les pâtes à pain, à tarte, à buns, sablées… et quelques recettes de sauces.

Pour cuisiniers débutants !

Bernard DELCORD

Les recettes drôles et savoureuses de Papa par Benjamin Buhot, préface de Laurence Boccolini, Paris, Éditions Larousse, avril 2016, 144 pp. en quadrichromie au format 16,7 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,95 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la recette explosive suivante :

La tarte au maroilles qui déglingue les narines

Mes voisins du dessus sont des gens très agréables, qui savent bien vivre, qui aiment les bonnes choses et qui profitent de la vie.

Quand je dis « mes voisins du dessus », il faut comprendre géographiquement parlant. Les gens du Nord, quoi, les Ch'tis. Ceux qui ont dans le cœur le soleil qu'ils n'ont pas dehors, tout ça…

Je disais donc qu'ils savent apprécier les bonnes choses et je dois ajouter qu'ils sont incroyablement courageux aussi. Car, oui, IL EN FAUT DU COURAGE POUR S'ATTAQUER AU MAROILLES et l'utiliser dans des recettes de cuisine. Ce fromage sent plus fort que toutes les odeurs de chaussettes sales réunies, depuis l'invention des chaussettes, dans une seule fragrance. Et, le pire, c'est qu'ils ont eu terriblement raison parce que la tarte au maroilles ne déglingue pas que les narines !

Préparation : 20 minutes

Repos : 1 heure

Cuisson : 20 à 25 minutes

Ingrédients :

200 à 300 g de maroilles

130 g de farine de biloute (ou de blé, si vous n’avez que ça)

4 g de levure de boulanger de type Briochin®

2 cuillers à café de lait eud’ vache

1 œuf eud 'poule

20 g de beurre fondu

1 g rosse pincée de sel eud’ mer

1 petite pincée de sucre eud’… (bon, ok, j’arrête mon imitation d’accent du Nord, c’est ridicule)

15 cl de crème fraîche semi-épaisse

Poivre

Matériel spécial :

I masque de plongée

1 paire de gants en latex

Recette :

Mélanger la farine et la levure dans un saladier, puis faire un puits (pas dans le jardin, hein, dans la farine).

Ajouter le lait et l’œuf, puis commencer à mélanger à la main.

Ajouter le beurre fondu tout en continuant à mélanger.

Pétrir la pâte pendant quelques minutes, puis ajouter le sel et le sucre en chantant « Au Nord, c’était les corons, au Nord, c’était le charbon ». Essuyer une larme.

Abaisser la pâte au rouleau ou à la main et la déposer dans le moule à tarte. (Si vous êtes champion du monde d’apnée, sauter la prochaine étape et prendre une grande inspiration.)

S’équiper du masque de plongée et des gants en latex avant de sortir le maroilles du frigo.

Couper des tranches de maroilles en conservant une partie de la croûte. (Vous vous séparerez du talon en prenant soin de le jeter dans la poubelle du voisin.) Déposer les tranches sur la pâte et ajouter la crème fraîche sur le dessus. Poivrez.

Prévenir le reste de la famille qu’il n’y a pas d’animal mort dans la maison et que l’odeur est normale. Laisser la pâte lever « tranquillou-biloute » pendant au moins une heure à température ambiante (au minimum 20°C).

Laisser cuire au four à 200°C pendant environ 20 minutes. Surveiller la fin de la cuisson.

Conseil du chef :

Si vous avez du papier peint à décoller, profitez-en pour souffler dessus après dégustation.

20:15 Écrit par Bernard dans Cuisine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/04/2016

« Et si l'Histoire plaisantait ? » (Milan Kundera)

La Petite Histoire – 60 faits insolites de l'histoire de France.jpg

D’où vient le mot « chauvinisme » ? Et la tradition du « poisson d’avril » ? Pourquoi dit-on qu’« il y a plus d’un âne à la foire qui s’appelle Martin » ? Au Moyen Âge, quel serment prononçait un chevalier lors de son adoubement ? Qui sont les dix Prix Nobel de la paix français ? Quelle est l'origine des bouchées aphrodisiaques dites « à la reine » ? Et celle du veau Orlov ? À quel prix la France a-t-elle vendu la Louisiane aux États-Unis ? Quels étaient les maréchaux d’empire ? Pourquoi « limoger » quelqu'un est-ce le renvoyer, et quel est le lien avec la capitale du Limousin ? Comment fut choisi le soldat inconnu ? Pourquoi La Vache qui Rit n’est-elle pas seulement une belle aventure industrielle, mais surtout le fruit d’un esprit très français de dérision pendant la Première Guerre mondiale ?

C’est ce que vous saurez, et bien d’autres choses encore, à la lecture de La Petite Histoire – 60 faits insolites de l'histoire de France paru sous la plume de Marie et Hubert Deveaux chez Flammarion au sein de la collection de poche « Librio », des anecdotes savoureuses qu’ils exposent avec précision en deux pages et un encadré.

Une version nouvelle du gai savoir cher à Frédéric Nietzsche !

Bernard DELCORD

La Petite Histoire – 60 faits insolites de l'histoire de France par Marie et Hubert Deveaux, Paris, Éditions Flammarion, collection « Librio », avril 2016, 96 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 €

20:25 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le pouvoir des fleurs…

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Frans Ykens (1601-1692)

Couronne de fleurs avec La Sainte Famille (Huile sur toile)

Le MSK Gand achève les préparatifs de l’exposition Flower Power présentée dans le cadre des Floralies de Gand.

 

FLOWER POWER

Floralies : 22.04 - 01.05.2016

Bonne nouvelle pour les visiteurs qui souhaitent découvrir Flower Power au MSK en toute quiétude : la durée des installations sera prolongée au-delà des Floralies.

Cette année, les Floralies retournent au centre-ville de Gand après une absence de 26 ans. Dans le cadre de l’événement, le Musée des Beaux-Arts présente Flower Power – fusion parfaite entre l’art et le pouvoir et la beauté de la nature.

 

L’ART ANCIEN ET NOUVEAU

Flower Power réunit des œuvres d’art ancien et des installations contemporaines. Dans la grande salle, le MSK présente des peintures de fleurs datant du XVIIe au XXe siècle auxquelles font écho les créations florales de Frederiek Van Pamel disposées sur une table d’apparat.

Quatre artistes contemporains proposent des créations s’inspirant de la nature.

Catherine de Zegher, directrice du MSK, a invité quatre artistes contemporains à présenter leurs installations s’articulant autour de plantes et de fleurs qui explorent l’interaction entre l’art et la nature.

Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger proposent une magnifique installation organique qui invite les visiteurs à se laisser aller à la rêverie dans un univers imaginaire. Simryn Gill décrit comment la plante se fait papier et, inversement, comment le papier se fait matière organique. Gert Robijns crée un tourbillon magique de pétales au sein de la grandeur historique de la collection du musée.

 

Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger

MÉTAFLORISTIQUE

RÊVER DANS UN PAYSAGE IMAGINAIRE

22.04 - 22.10.2017

Les artistes suisses Gerda Steiner (née en 1964) et Jörg Lenzlinger (né en 1967) sont connus pour leurs installations hors du commun où s’enchevêtrent plantes, branches et objets. Ils créent des paysages fantastiques dans lesquels une multitude d’éléments apparaissent comme autant de produits d’une croissance spontanée. Leur paysage imaginaire occupera l’hémicycle du MSK.

Steiner et Lenzlinger brouillent les frontières entre le rêve et la réalité. Ils imaginent un processus évolutif au sein duquel tous les aspects de la réalité se sont spontanément enchevêtrés, affranchis de toutes contradictions apparentes. Un enchevêtrement de fils métalliques et de branches se fond dans une structure cristalline, tandis que d’étranges champignons émergent de flaques d’engrais liquides. En permettant aux visiteurs de déambuler dans l’installation, les artistes les encouragent à renoncer à la réalité et, tout simplement, à s’abandonner à leurs rêves. Ils invitent quiconque entre dans ce paysage à entreprendre un voyage lyrique.

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© Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger

 

Simryn Gill

L’(HÉMI)CYCLE DE FEUILLES ET PAPIER

LE PAPIER ET L’ÉPHÉMÈRE

22.04 - 04.09.2016

En 2014, Simryn Gill (Malaisie/Australie, née en 1959) a fait don au MSK de son monumental dessin Let Go, Lets Go. Les douze panneaux, qui faisaient partie de son installation dans le pavillon de l’Australie lors de la 55e Biennale de Venise, sont présentés au public belge pour la première fois.

 lusieurs œuvres de Gill rendent compte de la suppression ou de la transformation de l’écrit en tant que critique poétique des textes qui font autorité. Ainsi, dans Pearls (en cours depuis 2000), Gill transforme des pages de ses livres préférés en perles de pâte à papier. Elle commence généralement sur une petite échelle, utilisant des objets de tous les jours. Elle réunit ses minuscules interventions dans un ensemble encyclopédique, la répétition et l’amplification prêtant au message sa pleine résonance.

 

UN CYCLE ORGANIQUE

Let Go, Lets Go s’inscrit dans le cadre cette démarche. L’œuvre se présente comme un collage organique de minuscules bouts de papier imprimé représentant une nuée de petits insectes. L’artiste met ici l’accent sur la nature organique et éphémère du papier.

L’œuvre est née d’une matière végétale et finira par retourner à l’état végétal dans un cycle organique qui joue un rôle essentiel dans l’imaginaire non linéaire de Simryn Gill.

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 © Simryn Gill

 

L’ART DU XVIIe AU XXe SIÈCLE PREND VIE

De nombreuses peintures dans la collection représentent des assemblages de fleurs qui en réalité fleurissaient à des saisons différentes ou venaient d’autres continents. Du XVIIe au XXe siècle, les artistes ont donc peint, sur panneau ou sur toile, des bouquets idéalisés en s’inspirant de traités de botanique.

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Gustave Van de Woestyne (1881-1947)

Balcon aux cinéraires, 1929 (Huile sur toile)

 

Les bouquets qui jadis étaient le fruit de l’imaginaire de l’artiste sont aujourd’hui monnaie courante grâce aux serres et au transport international.

Les bouquets imaginaires d’antan sont une source d’inspiration pour le décorateur floral Frederiek Van Pamel. Dans la grande salle du musée, il dresse une table d’apparat chargée de fleurs et de plantes qui amorcent un dialogue avec les peintures de fleurs.

Gerrie SOETAERT

Renseignements pratiques :

Pour la durée des Floralies, exceptionnellement, le MSK est ouvert de 8h30 à 17h30 (dernière entrée : 30 minutes avant la fermeture). Les heures d’ouverture du musée restent inchangées pour les autres visiteurs.

Pour des raisons de sécurité et de confort, nous recommandons aux visiteurs d’éviter de porter des sacs volumineux.

Renseignements et billets : http://www.floralien.be/fr

19:04 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/04/2016

Archétype de l'écrivain libre...

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Michel Lécureur a enseigné en primaire, collège et lycée avant de terminer sa carrière à l'université du Havre. Depuis 1985, il a publié des ouvrages de régionalisme ou des études littéraires. Dans le premier domaine, il s'est notamment intéressé aux Manoirs et Châteaux du Pays de Caux (Les Falaises, 2004), aux Normands pionniers du sport (Les Falaises, 2007), aux Corsaires et pirates de Normandie (Magellan, 2011).

Dans le second, il a édité les œuvres de Marcel Aymé (1902-1967) chez Gallimard, dans la Pléiade, en 2001. Co-fondateur de la Société des Amis de Marcel Aymé, qu’il a présidée pendant vingt ans, il a par conséquent dirigé la publication des Cahiers Marcel Aymé.

Il est aussi l'auteur de quatre biographies de référence : Marcel Aymé (Les Belles Lettres,1997), Raymond Queneau (Les Belles Lettres, 2002), René Fallet (Les Belles Lettres, 2005), Barbey d'Aurevilly (Fayard, 2008), et d'un essai sur Guy de Maupassant (Orep, 2009).

Il a également sorti, aux Éditions Pardès à Grez-sur-Loing, un savoureux et passionnant petit essai intitulé Aymé Qui suis-je ?, une synthèse biographique du meilleur aloi consacrée à l’un des plus grands et des plus inclassables écrivains français, dont les prises de position littéraires et politiques, à tout le moins libertaires si pas libertariennes, lui ont valu des haines pugnaces, en raison du fait qu’elles se fichaient de la bien-pensance et du politiquement correct comme un poisson d’une pomme.

C’est ainsi qu’au début de l’occupation allemande, Marcel Aymé fit paraître, en septembre et octobre 1940, quatre articles dans la version à l’esprit anticonformiste du journal Aujourd’hui alors dirigé par Henri Jeanson (un ancien du Canard enchaîné), publication qu’il quittera lors de l’éviction de Jeanson et son remplacement par le collaborationniste Georges Suarez en novembre de la même année.

Marcel Aymé avait proposé à Jeanson un article contre les mesures antisémites de Vichy, texte qui fut interdit par la censure allemande.

Notre auteur donna alors trois articles aux Temps nouveaux, dirigés par le sulfureux Jean Luchaire, dans lesquels il s’opposa notamment à la fermeture des Écoles normales, mesure emblématique du régime de Vichy.

Entre 1942 et 1943, Marcel Aymé publia cinq articles dans les colonnes de Je suis partout, l’organe de Doriot et Brasillach, des papiers consacrés à des peintres de ses amis (Chas Laborde, Paul Bourg, Ralph Soupault et Jodelet) où il éreinte au passage les crédos des publicistes collaborationnistes Lucien Rebatet et Pierre-Antoine Cousteau, deux piliers centraux de… Je suis partout !

À la même époque, Marcel Aymé prêta son appartement montmartrois pour des réunions du réseau de résistance communiste de Frédéric Joliot-Curie (1900-1958), prix Nobel de chimie en 1935.

Interrogé en 1944 par le journal ultra-collaborationniste La Gerbe sur les bombardements alliés dénoncés notamment par Philippe Henriot, ministre de la Propagande de Pétain, notre écrivain déclare sans ciller que ceux-ci obéissent aux lois de la guerre.

En 1945, Marcel Aymé fit circuler une pétition auprès des gens de lettres pour obtenir la grâce de Robert Brasillach, condamné à mort à l’issue d’un procès impensable aujourd’hui, au cours duquel le procureur Marcel Reboul n’avait eu de cesse de dénoncer l’homosexualité de l’accusé, en plus de sa trahison.

Ce dernier fut tout de même exécuté, après un refus de grâce de Charles de Gaulle contre qui Marcel Aymé garda désormais une dent – particulièrement dure – ainsi que contre la magistrature qu’il éreinta joyeusement dans La Tête des autres en 1952.

Après la Seconde Guerre mondiale, Marcel Aymé, qui avait voyagé aux États-Unis, afficha un antiaméricanisme constant, en raison du matérialisme et de la ségrégation des Noirs qui sévissaient dans la patrie de l’Oncle Sam.

Il soutint aussi Louis-Ferdinand Céline dans les pages du Libertaire, préconisa le retrait de la France de l’OTAN et défendit la cause de l’Algérie algérienne dans L’Esprit public, revue partisane de l’Algérie française.

En 1950, on lui proposa d’être candidat à la Légion d’honneur et de recevoir par conséquent une invitation à la Présidence de la République, offre qu’il déclina en expliquant plus tard dans Le Crapouillot que s’il avait eu à motiver sa décision, il aurait suggéré aux très hauts personnages qui lui faisaient cette demande « qu’ils voulussent bien, leur Légion d’honneur, se la carrer dans le train, comme aussi leurs plaisirs élyséens. »

Voici la présentation que Michel Lécureur donne de son excellent livre :

« Dès le prix Renaudot de 1929, obtenu pour La-Table-aux-Crevés, Marcel Aymé a connu la célébrité. Dès lors, il s'est affirmé comme romancier avec des réussites aussi éclatantes que La Jument verte (1933), Le Moulin de la Sourdine (1936) ou La Vouivre (1943). Sa trilogie composée de Travelingue (1941), Le Chemin des écoliers (1946) et Uranus (1948) est fréquemment citée par les historiens pour évoquer l'histoire de la France avant, pendant et après la Seconde Guerre mondiale.

Parallèlement à cette production romanesque, Marcel Aymé a publié plusieurs recueils de nouvelles, comme Le Nain (1934), Derrière chez Martin (1938) ou Le Passe-Muraille (1943). Dans le domaine des histoires brèves, il a connu un succès exceptionnel avec Les Contes du chat perché (1934-1946).

Ce Marcel Aymé Qui suis-je ? montre qu'il s'est également révélé comme un journaliste de talent dont on a sollicité les articles les plus divers dans différents journaux et revues. Cependant, son désir le plus cher était probablement de devenir auteur dramatique et il a atteint cet objectif avec des pièces comme Lucienne et le boucher (1948), Clérambard (1950) et La Tête des autres (1952).

Observateur lucide de la nature humaine, il a confié ses réflexions dans toute son œuvre et, en particulier, dans Le Confort intellectuel (1949). Son goût peu commun pour la liberté de penser et de s'exprimer lui attire encore l'opprobre de certains qui le connaissent mal, car son humanisme et son humour restent à découvrir. »

Soulignons encore que l’ouvrage de Michel Lécureur fournit une bibliographie et une filmographie très complètes.

Car Marcel Aymé fut aussi le scénariste, l’adaptateur et/ou le dialoguiste de nombreux films, dont certains sont restés cultes, comme La Traversée de Paris (1956) avec Jean Gabin, Bourvil et Louis de Funès ou La Jument verte (1959) avec Bourvil, Yves Robert et Francis Blanche.

Un homme formidable, donc…

Bernard DELCORD

Aymé Qui suis-je ? par Michel Lécureur, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », février 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

14:52 Écrit par Bernard dans Récits de vie, Références | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/04/2016

Scouts du (tiers) monde…

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La Patrouille des Castors, l’intégrale 7 parue aux Éditions Dupuis à Marcinelle reprend les albums suivants : L'empreinte (histoire courte), L'île du crabe, Blocus, Le calvaire du mort pendu et Les conseils de Tapir (récits parus dans Télémoustique n°3142 à 3156).

Seul aux commandes de La Patrouille des Castors le temps de deux albums, après le départ du scénariste Jean-Michel Charlier, MiTacq apporte un nouveau souffle à la série. Les cinq scouts inséparables vivent désormais des aventures dans lesquelles se révèlent les préoccupations humanitaires de leur auteur.

Ce virage amorcé dans le volume précédent s'intensifie dans les épisodes présentés dans cette intégrale. L'association de MiTacq avec Marc Wasterlain au scénario achève d'embarquer Poulain, Mouche, Chat, Faucon et Tapir vers des thématiques davantage en phase avec leur époque.

Avec la préface d'une soixantaine de pages écrite par Gilles Ratier et richement illustrée de dessins, crayonnés ou projets de couvertures issus des archives de l'auteur, cette intégrale propose une véritable relecture d'une des œuvres majeures du Journal de Spirou, créée il y a plus de 60 ans ![1]

Bernard DELCORD

La Patrouille des Castors, l’intégrale 7 par MiTacq et Wasterlain, Marcinelle, Éditions Dupuis, avril 2016, 264 pp. en quadrichromie au format 21,8 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 28 €

 

[1] Source : http://www.dupuis.com/la-patrouille-des-castors-l-integra...

17:34 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/04/2016

Ce que parler veut dire au pays de Brel, de Simenon et du Manneken-Pis…

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Toujours préfacée par le magicien des mots Bruno Coppens, la deuxième édition, revue et enrichie de propositions de lecteurs, du Dictionnaire des belgicismes rédigé sous la direction du linguiste Michel Francard parue à Louvain-la-Neuve aux Éditions De Boeck Supérieur-Duculot rassemble 2000 mots, tournures et expressions typiques du français aux couleurs de la Wallonie et de Bruxelles, des particularismes le plus souvent savoureux qui enrichissent une fois, et même 2000 fois la langue de Voltaire.

Si certains d’entre eux, comme septante et nonante, s’avèrent étymologiquement corrects – les Belges, pour le coup plus modernes que les Français, n’ayant conservé que le quatre-vingt de la numération vicésimale gauloise… –, d’autres relèvent du folklore, sont des wallonismes, des germanismes ou des flandricismes ou ont été créés avec un sens de l’humour bien souvent volontaire, mais pas toujours…

Toujours est-il qu’en Belgique, un avaloir n’a rien de commun avec un à-valoir, quand il fait mourant c’est plutôt bon signe, mais quand on ramasse un cigare, cela l’est moins, tandis qu’un lèche-plat n’a pas de langue et que les mitraillettes, on les mange, tout comme les américains et, à Liège, les cartouches ou les spéculations

Surréaliste, n’est-il pas ?

Bernard DELCORD

Dictionnaire des belgicismes (2e édition revue et augmentée) par Michel Francard, Geneviève Geron, Régine Wilmet et Aude Wirth, préface de Bruno Coppens, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck Supérieur-Duculot, février 2015, 409 pp. en noir et blanc au format 13 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 24,50 €

15:25 Écrit par Bernard dans Dictionnaires | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/04/2016

Un pastiche impayable à 8 euros…

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Exemple parfait de l’imposture littéraire germanopratine, Christine Angot (1959-) a pondu une « œuvre » à la fois lamentable, horripilante et involontairement désopilante en publiant des livres tordus portant exclusivement sur elle-même (Sujet Angot, 1998, L'Inceste, 1999, Pourquoi le Brésil ?, 2002, Rendez-vous [1], 2006, Une semaine de vacances, 2012 ou encore Un amour impossible, 2015), des textes mal fichus et sans grand intérêt dont le succès commercial – indéniable, celui-là – résulte essentiellement de l’agressivité et de la morgue dont leur auteure fait régulièrement preuve dans la presse et sur les plateaux de télévision.

De leur côté, les Éditions Onlit à Bruxelles ont fait paraître, sous la plume de « Christine Anglot » et sous le titre Un humour impossible, un pastiche admirable et en tout point réussi de son dernier factum, dans lequel on retrouve le « style » chaotique et laborieux, les tics d’écriture, la ponctuation indigente, la logorrhée monomaniaque et le vide intellectuel abyssal caractéristiques des productions de la fée Carabosse qui se prend pour Cendrillon.

Un intense moment de franche rigolade !

Bernard DELCORD

Un humour impossible par Christine Anglot, Bruxelles, Éditions Onlit, mars 2016, 52 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 8 €

Extrait :

Sans mon père, je serais pas été devenu un écrivain. UNE aigrie vaine. Je serais été à la sécurité sociale comme ma mère qui y était. Et mon père se moquait d’elle. Il faisait des blagues pas très fines sur le trou de la sécu. Le trou de la sécu c’est cochon disait-il. Quand ma mère me l’avait raconté, sur le moment j’avais pas compris l’alluvion.

Mais là, à ce moment du livre, je suis encore la petite fille. La narratrice c’est Christine, la petite fille c’est Moi. Quand je dis je, c’est la narratrice qui parle mais moi c’est la petite fille. Elle s’appelle Christine aussi. C’est compliqué. On se mélange. C’est rapport à l’imagination, j’en ai aucune alors je donne toujours les noms des gens vrais. Et quand je, la narratrice, parle de la petite fille, je dis elle pour pas confondre. Avec Moi qui est je. Mais elle pourrait dire je puisque elle, c’est moi. Et le pire c’est quand je dis Christine. Personne comprend si je parle d’elle, de moi, de je ou de la narratrice. Ou de Christine !

J’aurais pu appeler la narratrice Charlotte, Christelle ou Sophie. Parce que je peux pas changer le nom de moi. Moi c’est Christine. J’aurais dit la narratrice c’est Charlotte (ou Christelle ou Sophie ou Elisabeth ou Albert, non pas Albert, Albert ça pourrait être un narrateur mais pas une narratrice) mais là pour faire plus simple je dis la narratrice c’est Christine, mais c’est pas plus simple parce que tout le monde confond la narratrice avec Moi qui est je et la petite fille. C’est grave ? Non, c’est pas grave parce que tout le monde s’en fout.

En plus c’est de plus en plus compliqué parce que le temps passe et que la petite fille est plus si petite, elle grandit et elle devient chiante, comme moi, c’est normal puisque c’est je que je suis moi Christine la narratrice.

Mais la petite fille est plus petite mais elle est restée une fille. Heureusement, si elle avait changé de sexe, je, elle, moi, Christine, la narratrice et nous, personne y comprendrait encore moins que rien si c’est possible.

Donc quand je dis je, moi, la narratrice, Christine c’est la petite fille mais c’est plus la petite fille parce qu’elle, je, moi, en fait est devenue moins petite, elle est une préadolescente, parce qu’elle va bientôt avoir mes règles. Pas mes règles de français, bien sûr, celles-là je les ai jamais eues. Mais les autres, là, je les ai. Comme le temps pax !

 

[1] Nous avons à l’époque rendu compte de la parution de cet ouvrage en intitulant notre chronique : N’y allez pas !

20:28 Écrit par Bernard dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |