28/03/2015

Vive la bagnole !

SNCB mon amour (cover).jpg

Sous-titré Mémoires d’une navetteuse, le désopilant recueil de posts quotidiens mis sur les réseaux sociaux par Nancy Vilbajo quand elle fut usagère – trois longues et pénibles années durant – de la Société nationale des Chemins de fer belges (qui, à l’instar de toutes les administrations, considère le mot « client » comme une ineptie sociale, voire une grossièreté libérale, c’est bien connu…), SNCB mon amour paru aux Éditions du Basson à Marcinelle détaille par le menu la vie de ceux qui, chaque jour dans notre pays, s’en vont au boulot et en reviennent dans l’invention de George Stephenson [1].

Un festival de trains brinquebalants, en retard, annulés, en grève, en panne, roulant au ralenti parce qu’il pleut, parce qu’il gèle, parce qu’il y a du vent, parce qu’il y a du brouillard, parce qu’il y a des feuilles mortes, parce qu’il fait beau ou tout bonnement sans raison…

Et une galerie de portraits de préposés arrogants et incompétents, de chefs de gare ahuris, d’accompagnateurs de train tonitruants, voire ivres, de voix off inaudibles ou incompréhensibles, mais aussi d’usagers (pour eux, c’est vrai, le mot « client » n’a guère de sens…) hagards, mal lavés, mal réveillés, somnolents, gémissants, péteurs, ronfleurs, renifleurs, baveux, dont certains se coupent les ongles, se curent les oreilles, dévorent de grand matin des sandwiches au salami à l’ail, claironnent leur vie intime au téléphone ou font savoir à l’assemblée que leur partenaire malade a « déjanté les chiottes » du train de 7h56.

Sans oublier l’odeur, les tags, les graffitis, les détritus, les vitres, les sièges et les couloirs sales, les attentes aux guichets, les bousculades, les voyages debout, les pieds écrasés, la promiscuité, les gosses casse-pieds et mal élevés, les ados grossiers, les pickpockets,

Un zoo humain dont les bobos écolos n’ont pas idée !

Bernard DELCORD

SNCB mon amour – Mémoires d’une navetteuse par Nancy Vilbajo, illustrations de François Bouton, Marcinelle, Éditions du Basson, février 2015, 117 pp. en quadrichromie au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 €

Et un exemple valant mieux qu’un long discours :

Carte Mobib

JUL 2

NANCY V

Mobib Day 1

Après 10 minutes de file, on me dit : « Moi, je fais pas ça, tu sais madame ! Tu dois aller à guichet 2 ! » Et c'est écrit quelque part que t'es pas foutu de remplacer ma Mobib ? Et c'est reparti pour 10 minutes au milieu des touristes et des gamins hurlants.

#fonttouschier

JUL 3

NANCY V

Mobib Day 2

Gare du Midi. File au guichet et je  ne vous raconte pas le cheptel : « C'est pas moi qui fait ça, allez au guichet STIB ! » File au guichet STIB : « C'est pas moi qui fait ça, allez à la Bootik ! » File à la Bootik : « C'est lié à un abonnement SNCB, c'est pas moi qui fait ça, allez au guichet SNCB ! »

Et c'est à cette minute précise que mon venin est sorti !

# brefj'aigueulé

JUL 4

NANCY V

Mobib Day 3

J'ai acheté un ticket 10 voyages...

#burnout

LA LOGIQUE DES AUTRES

La carte Mobib est un abonnement qui permet d'utiliser les transports en commun de Bruxelles (la STIB). Dans mon cas, elle était associée à l'abonnement de train (la SNCB). Et ce qui devait arriver est forcément arrivé, j’ai perdu ma carte Mobib !

Peu importe, il suffit de se rendre au guichet de la gare et d'en demander une autre. Oui, mais cela, c'est dans le monde des elfes et des licornes. Moi, je vous parle des chemins de fer...

Bref, après avoir passé trois matinées à courir de guichet en guichet, de guichetier grossier à guichetier de mauvaise foi, j'ai fini par craquer et j'ai acheté un carnet de tickets STIB.

Je commençais à désespérer, m'imaginant passer ma vie à composter les sales petits tickets jaunes quand, un beau matin, je fus prise d'une frénétique curiosité ethnologique. Partant quelques minutes plus tôt de la maison, je fis un arrêt au guichet de la jolie petite gare de Binche. Dernier terminus avant la France. Rails qui s'arrêtent au milieu de nulle part pour se transformer en chemins de promenades silencieux et reposants. Hall qui sert de tournage aux films rétro. Enfin, vous l'aurez compris : ma petite gare est tout sauf une plate-forme de bus de métropole.

Taquine, je demande au guichetier :

– Bonjour, pouvez-vous remplacer ma carte Mobib, j'ai perdu l'ancienne !

Je m'attendais à un refus, voire à une fin de non-recevoir bien légitime, mais sa réponse fut tout autre...

– Avec plaisir ! [Trois minutes d'encodage.] La voici ! Bon voyage !

Trois minutes ! Il m'aura finalement fallu trois misérables minutes pour obtenir une nouvelle Mobib qui ne sert qu'à voyager intra-muros à cinquante kilomètres de là...

Et tu t'étonnes qu'on frôle le burnout, toi ?


[1] La ligne du chemin de fer de Stockton et Darlington, longue de 40 km et inaugurée le 27 septembre 1825 avec la Locomotion n°1 de George Stephenson, fut la première au monde permettant le transport commercial de passagers avec des locomotives à vapeur.

13:49 Écrit par Bernard dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/03/2015

Fruits à quartiers...

Les agrumes.jpg

Rachel Frély, journaliste spécialisée en nutrition, en homéopathie, en plantes médicinales et santé, est aussi l'auteure de nombreux ouvrages, parmi lesquels nous épinglerons Les agrumes, un ouvrage paru tout récemment chez Grancher à Escalquens dans la collection « Saveurs & vertus ».

C’est qu’en plus d’être bon marché, faciles à utiliser et 100 % naturels, les agrumes ont d'incontestables qualités nutritionnelles, cosmétiques et médicinales.

Dans son ouvrage, l’auteure fait découvrir les caractéristiques botaniques des différents agrumes : oranger, pamplemoussier, pomelo, citronnier, clémentinier, mandarinier, bigaradier, cédratier, calamondin, kumquat, combava, limettier, bergamotier…

Elle fournit aussi des conseils de jardinage pour les cultiver et un grand nombre de recettes pratiques et économiques à base d'agrumes, pour préparer un savon personnalisé, un bain tonifiant, en cas de rhume, de courbatures, de troubles du sommeil ou de stress… sans oublier les astuces de grands-mères pour la cuisine, pour l'entretien de la maison et du linge ou encore pour parfumer son intérieur et chasser les hôtes indésirables.

En ces temps de carnaval, un livre à offrir aux gilles de Binche !

Bernard DELCORD

Les agrumes par Rachel Frély, Escalquens, Éditions Grancher, collection « Saveurs & vertus », février 2015, 127 pp. en quadrichromie au format 16 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 14 € (prix France)

Voici la description d’un de ces arbres à fruits délicieux :

Les agrumes (Citrus reticulata Blanco).jpg

Le mandarinier

Citrus reticulata Blanco

Appelé aussi mandarin orange, il est cultivé depuis des siècles en Chine.

Il existe différents cultivars et variétés cultivées :

Le mandarinier est un petit arbre vigoureux, au port arrondi, qui peut faire jusqu'à 5-6 mètres de hauteur pour 1,50 à 3 mètres de large.

La forme des feuilles et des fruits est variable selon les variétés. Les feuilles vert foncé sont ovales et lancéolées.

Les fleurs blanches et parfumées sont assez petites.

Les fruits font généralement 5 à 8 cm de diamètre, avec une écorce très fine de couleur orangée, à goût sucré et parfumé, non acide.

Sa culture :

Le mandarinier a besoin de soleil et il ne supporte pas des températures hivernales trop fraîches (sauf le mandarinier « Satsuma » qui peut résister jusqu'à - 10°C) et un gros coup gel peut lui être fatal.

Lorsque l'hiver arrive, il est impératif de bien le protéger.

Il a besoin d'être arrosé régulièrement (au moins deux fois par semaine, surtout par temps sec et chaud) avec de l'eau non calcaire, surtout en période de croissance.

S'il est en pot, rentrez-le à l'approche de l'hiver, dans une pièce lumineuse à 10°C.

Limitez l'arrosage au strict minimum pour maintenir une très légère humidité.

Mes astuces jardinage :

Procédez à une taille légère à la fin de l'hiver pour aérer le feuillage et lutter préventivement contre les aleurodes et les cochenilles.

Une taille tous les 2 à 3 ans suffit pour les sujets adultes.

Mon coup de cœur :

La mandarine « Satsuma » (citrus reticulata subsp. Unshiu Marcow) au parfum délicat.

Ses feuilles sont assez larges et très parfumées.

Savoureux, ses fruits ronds légèrement aplatis aux extrémités ont l’avantage d’être juteux, sans pépins et faciles à peler.

11:41 Écrit par Bernard dans Jardin | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/03/2015

Médecines douces…

Petit Larousse des remèdes maison 100% naturels.jpg

Spécialiste en aromathérapie, la Britannique Stephanie L. Tourles a rédigé un recueil de 150 recettes à faire soi-même à base de plantes pour soulager tous les maux de santé du quotidien.

La version en langue française de cet ouvrage a été publiée par les Éditions Larousse à Paris sous le titre Petit Larousse des remèdes maison 100% naturels et l’auteure y propose de remplacer le contenu de l'armoire à pharmacie familiale par des préparations réalisées à partir de plantes et de produits naturels aux propriétés thérapeutiques reconnues.

Au sommaire :

La  présentation du matériel et des produits nécessaires aux préparations.

Le dictionnaire des 50 symptômes et maladies courants (allergies, ampoules, anxiété, brûlures légères, contusions et bleus, coups de soleil, coupures et éraflures, eczéma, extrémités froides, insomnie, mal de dos, maux de tête…)

Le dictionnaire des ingrédients (leurs propriétés, les parties utilisées, les contre-indications) : huile d'amande douce, arnica, aloès vera, bicarbonate de soude, calendula, camomille, cannelle, ail, citron, thym, cire d'abeille, beurre de karité.

Pour chaque recette : les ingrédients la liste du matériel nécessaire, les conseils d'application.

Une arme de destruction massive des petits bobos !

Bernard DELCORD

Petit Larousse des remèdes maison 100% naturels par Stephanie L. Tourles, traduit de l’anglais et adapté par Sabine Rolland, Paris, Éditions Larousse, collection « Petit Larousse », mai 2014, 479 pp. en quadrichromie au format 13,5 x 19,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,90 € (prix France)

Voici la description d’un produit fréquemment utilisé par l’auteure :

Arbre à thé

(Melaleuca alternifolia)

PARTIE UTILISÉE : huile essentielle.

Cette huile essentielle d'odeur forte, pénétrante et camphrée, et dotée d'une énergie rafraîchissante, est extraite par distillation à la vapeur des feuilles et des rameaux d'un arbuste épineux originaire d'Australie. Souvent appelé par son nom anglophone tea tree, l'arbre à thé est une véritable panacée : efficace contre les virus, les bactéries et les champignons, il possède aussi de puissantes propriétés immunostimulantes, anti-inflammatoires et vulnéraires, ce qui en fait une valeur sûre de l'aromathérapie familiale.

De plus, l'huile essentielle d'arbre à thé est très bien tolérée par la peau. Je l'intègre à mes baumes, mes huiles pour le corps et mes cataplasmes d'argile pour traiter les coupures et écorchures, les éruptions cutanées, la mycose du pied, ainsi que les infections de la peau, des sinus et des voies respiratoires. Vous pouvez l'appliquer pure sur des boutons, des verrues et des piqûres ou morsures d'insectes.

SUBSTITUTS POSSIBLES : huile essentielle de niaouli (proche cousin de l'arbre à thé) ou de lavande, même si cette dernière n'est pas aussi puissante.

20:11 Écrit par Bernard dans Santé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Cuisine roborative…

Petits plats d'hiver.jpg

De l'entrée au dessert, le recueil de recettes intitulé Petits plats d’hiver publié à Paris aux Éditions Larousse propose pour les mois froids de nombreuses préparations de cuisine généreuse mettant en valeur les produits de saison.

On y trouve des entrées et des soupes qui réconfortent : petits soufflés de patates douces au comté ; feuilletés au cantal et au jambon ; salade d'endives au cheddar ; salade de maquereau fumé aux croûtons, crème de cresson et toasts au fromage de chèvre ; velouté de potiron ; soupe de haricots au jambon ; soupe de carottes aux lentilles, soupe de poireaux au lard fumé…

Des petits plats mijotés et des gratins : mijoté d'agneau ; gratin de pommes de terre au camembert ; risotto au saumon parfumé au thym ; gratin de pâtes au jambon et aux champignons ; gratin de navets au cidre et au bacon...

Des plats d’origine étrangère : agneau à la turque au riz pilaf ; paëlla au chorizo et aux crevettes ; yakitori de poulet ; poulet biryani ; curry de canard à l’ananas ; poulet au citron à la marocaine ; œufs à la mexicaine ; curry de légumes d'hiver aux lentilles ; nouilles soba aux champignons et au chou, polenta à la courge et au gorgonzola…

Des légumes et des accompagnements : courges farcies au chèvre frais ; crumble de légumes d'hiver ; pommes de terre au parmesan ; tarte à l'oignon et aux blettes ; endives braisées au bacon…

Des desserts douillets : poires aux épices et au chocolat ; muffins à l'orange et à la carotte ; chocolat chaud à la cannelle ; riz au lait à la banane ; gâteau aux clémentines et aux amandes...

Pour donner du cœur au ventre !

Bernard DELCORD

Petits plats d'hiver, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, collection « Tous à table ! », janvier 2015, 216 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 17 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,95 € (prix France)

Voici une recette bien revigorante :

Chili con carne et pain à l’ail

Pour 4 personnes

Préparation et cuisson : 40 minutes

Ingrédients :

500 g de bœuf maigre haché

2 oignons

2 cuillers à café d'huile d'olive

2 cuillers à café de cumin en poudre

1 ou 2 cuillers à café de piment en poudre

400 g de tomates pelées et concassées en conserve

1 cube de bouillon de bœuf

1 baguette

1 gousse d'ail

Quelques brins de persil

50 g de beurre

Recette :

Préchauffez le four à 200 °c (thermostat 6-7).

Écrasez l'ail, hachez le persil et incorporez-les au beurre.

Coupez la baguette en rondelles épaisses et tartinez-les de beurre à l'ail, puis réservez.

Dans une poêle antiadhésive, faites revenir la viande hachée pendant quelques minutes, puis transférez-la dans un saladier.

Coupez les oignons en quatre, puis mixez-les à l'aide d'un robot.

Mettez l'huile d'olive à chauffer dans la poêle et faites-y revenir les oignons pendant 2 minutes.

Incorporez les épices et prolongez la cuisson de 1 minute.

Remettez la viande dans la poêle, ajoutez les tomates, le bouillon et 40 cl d'eau chaude.

Portez à ébullition, puis laissez mijoter 20 minutes.

Préchauffez le gril du four.

Transférez le chili con carne dans un plat allant au four.

Disposez les tranches de baguette sur le dessus et enfournez pour 5 minutes.

20:05 Écrit par Bernard dans Cuisine | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Pour toutes les mains vertes…

Le Truffaut .jpg

Parue chez Larousse en 2013 et toujours actuelle, la 43e édition du guide Truffaut constitue indubitablement la bible illustrée du jardin.

Car cet ouvrage encyclopédique fait le tour de tout ce qui concerne le jardinage en expliquant comment bien choisir ses plantes, connaître les techniques, aménager et décorer son jardin pour en profiter toute l'année.

Chaque étape est explicitée : la conception, l’aménagement, la plantation et l’entretien du jardin d'agrément, des massifs et des haies, du bassin, de la pelouse et des prairies fleuries, du potager, du verger, des serres et des vérandas, des balcons et des terrasses.

Ainsi que les techniques pour réussir : le calendrier des travaux à faire mois par mois ; les gestes pour planter, semer, tailler, bouturer, soigner et entretenir, le tout complété par des centaines d'astuces et de conseils.

Pas moins de 6 000 plantes y sont décrites de A à Z : arbres et arbustes, plantes de terre de bruyère, conifères, rosiers, lianes et plantes grimpantes, fleurs, plantes de bassin, légumes, herbes aromatiques et fruits.

La présentation par double page, vivante et ingénieuse, permet d’accéder aisément à l'information et l’ouvrage fourmille de conseils pour la mise en œuvre de pratiques respectueuses de la nature et de l'environnement.

Bernard DELCORD

Le Truffaut – La bible illustrée du jardin (43e édition), ouvrage collectif sous la direction de Patrick Mioulane, Paris, Éditions Larousse, février 2013, 868 pp. en quadrichromie au format 20,3 x 27,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié ces quelques lignes dans le chapitre consacré aux ennemis et aux maladies des feuilles :

 Rouilles

Aisément reconnaissables à leurs pustules arrondies de teinte orangée, les rouilles sont des maladies très fréquentes au jardin d'ornement.

SYMPTÔMES : de petits points jaune-orangé apparaissent sur la face supérieure des feuilles, des pustules en garnissent le revers. Les tissus se nécrosent et meurent.

GRAVITÉ : les plantes attaquées sont généralement peu affectées (chute prématurée des feuilles), mais deviennent vite inesthétiques.

CONDITIONS FAVORABLES : temps chaud et humide, ambiance confinée.

PRÉCAUTIONS : le champignon se conservant en hiver sur les feuilles tombées au sol, elles doivent être ramassées et brûlées pour éviter de transmettre la maladie.

TRAITEMENT : traitez dès l'apparition des premières pustules avec un fongicide « maladie des rosiers ».

PLANTES SENSIBLES : rosier, mahonia, buis, millepertuis, pervenche, chrysanthème, œillet, rose trémière, menthe, pélargonium, poireau, ail, saule, prunier, cytise, peuplier, haricot, etc.

PÉRIODE : mars à septembre.

SOLUTION DOUCE : ramassez les feuilles malades. Pour éviter la germination des spores, ne mouillez pas le feuillage en arrosant. Vous gagnerez aussi à améliorer la circulation de l'air autour de la plante.

19:50 Écrit par Bernard dans Livres pratiques | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/03/2015

Julia Margaret Cameron (1815-1879), pionnière de la photographie

(MSK, Musée des Beaux-Arts de Gand, 14 mars-14 juin 2015)

Cameron – L'ange au sépulcre.jpg

L’Ange au sépulcre (1869-70)

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

Don d’Alan S. Cole, 1913.

© Victoria and Albert Museum, London.

 

Au Musée des Beaux-Arts de Gand, le printemps 2015 sera placé sous le signe de Julia Margaret Cameron (1815-1879).

Née il y a deux cents ans, le 11 juin 1815, à Calcutta, à une période où l’Empire britannique est en plein essor, elle s’est imposée comme l’une des photographes les plus importantes et les plus novatrices du XIXe siècle.

Des images innovantes

Vers les années 1860 – époque marquée par la rapide évolution de la photographie –, Julia Margaret Cameron réussit à prêter voix à une technique en devenir.

Son regard est celui d’une femme indépendante qui fréquente un milieu intellectuel réunissant des peintres, des écrivains, des physiciens et autres personnages influents. Toutes ses photos témoignent d’une profonde sensibilité spirituelle et d’un point de vue résolument féminin. Ces qualités se manifestent dans ses portraits de Thomas Carlyle, Charles Darwin, John Herschel, Alfred Tennyson et G.F. Watts, mais davantage dans ses tableaux montrant des femmes et des enfants, séparément ou en groupe.

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Sainte-Cécile, d'après le style de Raphaël, 1865

(570 x 420 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

Ces images sondent les profondeurs de l’âme des sujets, explorant les liens affectifs entre les modèles, mais aussi entre les modèles et la photographe. Bien qu’elle puise son inspiration dans la noblesse des thèmes des récits bibliques, de la mythologie classique et de la littérature, Cameron les libère de leur contexte et les actualise.

Ne se contentant pas d’apporter une note romanesque à une nouvelle technique, J. M. Cameron aspire à donner à l’humanité un sentiment esthétique. Ses œuvres offrent un point de vue prophétique et comblent une importante lacune dans le développement d’une technique en devenir. De plus, elles témoignent, toutes et chacune, d’un regard de femme sur le monde, un regard qui dément leur apparente discrétion, un regard qui est aussi convaincant que celui des grandes romancières anglaises de la fin de l’époque victorienne.

Parallèlement au développement du mouvement préraphaélite, les photographies de Cameron représentent non seulement des séductrices et des maîtresses, comme le font celles de ses collègues, mais aussi des mères et des grands-mères aimantes, avec des enfants et des petits-enfants, dans des scènes de tous les jours. Son univers est celui de l’espace féminin et familial, et c’est dans ce contexte que sa photographie fascinante, émouvante et maternelle s’épanouit.

Cameron – Florence Fisher.jpg

Florence Fisher, 1872

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

Parmi les cris d’excitation des enfants, les costumes et draperies pêle-mêle, s’élève une voix qui relie l’époque héroïque de la peinture d’histoire et des scènes bibliques à l’époque moderne de la vie intérieure, du soi et de l’empathie. Cette voix, résolument contemporaine mais sans écho, est celle d’une artiste dans la fleur de l’âge. En établissant une continuité entre les aspects du quotidien d’hier et d’aujourd’hui, elle crée un merveilleux amalgame de la famille, de l’amitié et du patrimoine culturel britannique, avec son art, son théâtre et sa littérature, du Roi Lear de Shakespeare et des Idylles du Roi de Tennyson au roi Arthur et autres légendes héroïques.

Pourquoi de la photographie au Musée des Beaux-Arts de Gand ?

Julia Margaret Cameron, peut-être plus que tout autre, a réussi à élever la photographie au rang de l’art tel que nous le connaissons. Elle aspirait à « anoblir la photographie et à lui assurer le caractère et les usages de l’Art en associant le réel et l’idéal et en ne sacrifiant rien à la Vérité par toute la dévotion possible à la poésie et à la beauté ». Elle situait sa photographie dans le contexte de l’art ancien et moderne, l’apparentant à la peinture, la sculpture et le dessin.

En 1868, le South Kensington Museum (actuel Victoria & Albert Museum) met à sa disposition deux salles à proximité de celles consacrées à son impressionnante collection de peintures qui lui servent de studio de portrait, faisant d’elle sa « première artiste en résidence ». Ses photographies s’apparentent effectivement à des tableaux et dessins non seulement par leurs sujets et leurs compositions inspirés des maîtres anciens (et modernes), mais également par leur taille relativement importante, leur flou artistique et leurs jeux contrastés d’ombres et de lumières.

Une occasion unique

Cette année marque le 200e anniversaire de la naissance de la photographe. Par sa présentation de l’exposition Julia Margaret Cameron (1815-1879), pionnière de la photographie, le Musée des Beaux-Arts de Gand est le seul musée en Europe à célébrer cet anniversaire.

L’exposition réunit des œuvres provenant de la riche collection du Victoria & Albert Museum, qui fut non seulement le seul à exposer les œuvres de J. M. Cameron de son vivant, mais aussi le premier à constituer une importante collection de ses photographies en les achetant de l’artiste. Julia Margaret Cameron (1815-1879), pionnière de la photographie offre une occasion unique de découvrir des œuvres de cette grande dame de la photographie qui n’ont jamais été présentées à l’extérieur de la Grande-Bretagne.

Gerrie SOETAERT

Cameron – Julia Jackson (1).jpg

Julia Jackson, 1867

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

 

Renseignements généraux

http://www.mskgent.be/fr/informations-pratiques

 

Biographie de Julia Margaret Cameron (1815-1879)

1815. Julia Margaret Pattle est née à Calcutta le 11 juin 1815, quatrième de sept sœurs. Son père occupe un poste de haut fonctionnaire à la Compagnie britannique des Indes orientales et sa mère descend de l’aristocratie française.

Elle fait la majeure partie de ses études en France.

1834. Retour en Inde.

1836. Rencontre Charles Hay Cameron au cap de Bonne-Espérance. Le couple se marie en 1838 à Calcutta, où naîtront quatre de leurs enfants. Cameron est fonctionnaire à Calcutta et possède des plantations de caoutchouc et de café à Ceylan.

John Herschel initie Julia à la photographie en 1836.

1848. Charles Hay Cameron prend sa retraite et la famille s’installe en Angleterre, où naîtront deux enfants. Ils vivent à Tunbridge Wells, Kent, East Sheen et Putney, à Londres, avant de se fixer sur l’île de Wight en 1860.

Fréquente le salon tenu par sa sœur Sara Prinsep dans sa résidence londonienne, Little Holland House, où elle fait la connaissance de divers artistes et écrivains.

1863. Sa fille et son gendre lui font cadeau son premier appareil photo.

Cameron – Mary Hillier.jpg

Mary Hillier, 1864-66

(570 x 420 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

1864. Première photo réussie en janvier 1864.

Première exposition de son travail en mai 1864 (Photographic Society, Londres) ; commence à vendre ses photos par l’entremise de la galerie P. & D. Colnaghi and Co. à Londres.

1865. Réalisation de la série Fruits of the Spirit, qu’elle présente au British Museum.

Elle expose son travail au South Kensington Museum ; communique régulièrement avec le directeur du Musée, Henry Cole. Le Musée réunit une importante collection de ses œuvres sous la forme d’acquisitions ou de dons offerts par Cameron. Présente son travail à Londres, à Berlin et à Dublin.

1866. Le South Kensington Museum met deux salles à sa disposition qui lui servent de studio de portrait.

 

Cameron – Julia Jackson (2).jpg

Julia Jackson, 1867

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

1867, 1872, 1873. Participe aux expositions universelles et internationales de Paris, Londres et Vienne.

1874. Écrit Annals of My Glass House, un texte autobiographique qui sera publié pour la première fois en 1889.

1874-75. Publie Illustrations of Tennyson’s Idylls of the King, and Other Poems, comprenant 25 photographies.

1875. Julia et son mari s’installent à Ceylan, où leurs deux fils ainés s’occupent de la gestion des plantations de café familiales. Ralentit ses activités professionnelles.

1879. Julia Margaret Cameron meurt à Ceylan.

1892. Le travail de Cameron est montré en Belgique pour la première fois dans le cadre de l’Exposition de l’art photographique anglais au Cercle Artistique et Littéraire à Bruxelles.

12:08 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/03/2015

Conceptions grotesques d’un peintre raté…

L'art dégénéré selon Hitler (affiche).jpg

À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, les autorités nazies qualifient plusieurs œuvres d’art moderne présentes dans les musées allemands de « dégénérées » et souhaitent les liquider.

Il s’agit de productions « marquées par – ou conduisant à – la perte des qualités aryennes. Sont d’abord visés les apports d’artistes d’origine juive, “bolcheviques” (engagés peu ou prou “à gauche”) ou “cosmopolites”. L’expressionnisme et ses confins (postimpressionnisme, fauvisme, cubisme) sont les principaux ennemis à abattre. Leur sont reprochés un parti pris formel “irréaliste”, fruit d’une vision “malade”, voire “débile”, un primitivisme “négroïde”, une thématique étrangère aux stéréotypes de la culture nazie, vouée à l’exaltation de la famille, de la virilité et des vertus guerrières, ainsi que, de manière plus implicite, mais sans doute plus fondamentale, le privilège accordé à la subjectivité, en opposition radicale à la primauté du collectif que postule toute idéologie totalitaire » (Jean-Patrick Duchesne, dans le catalogue de l’exposition).

Le 30 juin 1939, la très réputée Galerie Fischer organise une vente aux enchères historique, au Grand Hôtel National à Lucerne, de 108 peintures et 17 sculptures de 39 artistes sélectionnées au sein des musées allemands. Elle réunit des noms parmi les plus grands : Paul Gauguin, Vincent Van Gogh, Marc Chagall, James Ensor, Henri Matisse, Georges Braque, André Derain, Maurice De Vlaminck, Amedeo Modigliani, Oskar Kokoschka, Otto Dix, George Grosz, Paul Klee, August Macke, Marie Laurencin ou encore Pablo Picasso...

L'État belge est présent à la vente, de même qu’une délégation liégeoise qui a réuni de gros moyens. La Belgique acquiert plusieurs œuvres pour les musées d’Anvers et de Bruxelles tandis que Liège achète neuf toiles exceptionnelles [1] qui font actuellement partie des œuvres majeures des collections de la Ville.

C’est autour de ce noyau que s’organise l’exposition « L’art dégénéré selon Hitler » présentée jusqu’au 29 mars 2015 au sein de la Cité Miroir à Liège, un événement qui, pour la première fois, réunit une grande part des œuvres vendues à Lucerne et sont aujourd'hui dispersées à travers le monde dans des collections privées et publiques, quand elles n’ont pas été détruites ou n’ont pas disparu durant la guerre.

L’exposition est en outre étoffée par divers documents évoquant le contexte historique de la vente.

INFOS PRATIQUES

Date(s) :

Jusqu’au dimanche 29 mars 2015 – 18h00.

Horaires :

Du lundi au vendredi, de 9h à 18h

Samedi et dimanche, de 10h à 18h

Dernière entrée pour l'exposition : 17h - Vestiaire obligatoire

Nocturne : mercredi 25 mars - dernière entrée à 20h

Lieu :

La Cité Miroir – Espace Georges Truffaut

Place Xavier Neujean, 22 – 4000 Liège

Tél. +32 (0)4 230 70 50

info@citemiroir.be

Tarifs :

Groupe (min. 10 pers.) : 8 €

Individuel adulte : 12 €

Groupe scolaire : 5 €

Article 27 : 1,25 €

Moins de 14 ans : gratuit

Possibilité de visites guidées via l'asbl Art&Fact :

http://www.artfact.ulg.ac.be/visite-guidee-exposition-art...

La visite de cette exposition donne librement accès à l'exposition « Notre Combat », à l'exposition « Les Achats de Paris » au BAL, à l'exposition « Artistes dégénérés » de la Galerie Wittert et à une entrée pour le Grand Curtius.

L'art dégénéré selon Hitler.jpg

Le catalogue – il est magnifique –, édité par le commissaire de l'exposition Jean-Patrick Duchesne aux Collections artistiques de l'Université de Liège, est en vente à la librairie de La Cité Miroir (2e étage) au prix de 30€.

Contact librairie :

Tél. 04/250.99.59

Table des matières :

– Lucerne, le 30 juin 1939. Des tableaux « d’art dégénéré » pour Liège et la Belgique (par Jean-Patrick Duchesne)

– Vente de Lucerne : un choix dans « l’art dégénéré » (par Yves Dubois)

– Étude technique et matérielle des tableaux liégeois (par Catherine Defeyt et David Strivay)

– Les achats de Paris (par Christelle Schoonbroodt)

– Paysage artistique d’une ville de province. Esquisse sur l’état de la peinture et du goût à Liège dans l’entre-deux-guerres (par Yves Randaxhe)

– De la vente de Lucerne à l’affaire Picasso. Points de vue actuels (par Julie Bawin)

– L’architecture moderne à Liège dans les années 1930 (par Sébastien Charlier)

– Chagall, Ensor, de Vlaminck, Laurencin : artistes « dégénérés » aux Collections artistiques de l’Université de Liège (par Stéphanie Reynders)

– Catalogue des œuvres vendues par la Galerie Fischer à Lucerne le 30 juin 1939

Bernard DELCORD

L'art dégénéré selon Hitler – La vente de Lucerne, 1939, ouvrage édité par Jean-Patrick Duchesne, Liège, Collections artistiques de l’Université de Liège, octobre 2014, 231 pp. en quadrichromie au format 21 x 27 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 


[1] La Mort et les Masques (1897) par James Ensor, La famille Soler (1903) par Pablo Picasso, Le cavalier sur la plage (1904) par Max Liebermann, Chevaux au pâturage (1910) par Franz Marc, Le sorcier d’Hiva Oa ou Le Marquisien à la cape rouge (1920) par Paul Gauguin, La maison bleue (1920) par Marc Chagall, Le Déjeuner (1923) par Jules Pascin, Portrait de jeune fille (1924) par Marie Laurencin et Monte-Carlo (1925) par Oskar Kokoschka.

21:37 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |