19/02/2014

Géricault Fragments de compassion

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Exposition au Musée des Beaux-Arts (MSK) de Gand, du 21 février au 25 mai 2014

En 1908, Les Amis du Musée des Beaux-Arts de Gand achètent pour une somme fort raisonnable, lors d’une vente aux enchères à Paris, un tableau de Théodore Géricault (1791-1824) intitulé Le Fou assassin. À l’époque, la presse parisienne qui faisait état de cette vente se demandait qui serait assez insensé pour accrocher une telle œuvre dans son salon ! 

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Portrait d'un cleptomane

Ce portrait, en réalité celui d’un cleptomane, faisait partie d’un ensemble de portraits d’aliénés, tout comme La Monomane de l’envie du Musée des Beaux-Arts de Lyon et Le Monomane du rapt d’enfants du Museum of Fine Arts de Springfield peints par Géricault à l’hôpital la Salpêtrière.

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La Monomane de l'envie

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Le Monomane du rapt d'enfant

En 1819, Théodore Géricault expose son grand tableau d’histoire, Le Radeau de la Méduse, qui suscite l’admiration, mais aussi la répulsion du public en raison même des circonstances tragiques du naufrage. De plus, la toile met en évidence les erreurs politiques du gouvernement, ce qui n’a pas l’heur de plaire au pouvoir alors en place. Néanmoins, cette composition monumentale fait de Géricault le porte-flambeau d’une nouvelle manière de peindre et, avec les récents événements de Lampedusa, sa peinture est plus contemporaine que jamais.

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Le Radeau de la Méduse, l’Argus en vue

Peu après, Géricault réalise une série de portraits de malades mentaux, qui renonce aux manières conventionnelles de traduire la folie en préférant rendre aux malades représentés leur personnalité et leur humanité.

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Fragments anatomiques

L’exposition veut montrer que loin d’être un peintre du tragique et du malsain, Géricault se révèle avant tout un homme soucieux de traduire la cruauté du quotidien avec une profonde empathie et une entière compassion pour les protagonistes de ses tableaux.

Pour ce faire, de nombreuses toiles, dessins et estampes d’ Eugène Delacroix, Jean-Baptiste Carpeaux, Francisco Goya, Johan Heinrich Füssli et Adolf Friedrich Menzel prêtées par des musées internationaux permettent de situer l’œuvre de cet artiste dans un contexte plus large.

Cette exposition, réalisée en partenariat avec la Schirn Kunsthalle de Francfort, a été rendue possible grâce à des prêts exceptionnels de L’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA) et du Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Elle se tiendra au Musée des Beaux-Arts de Gand, du 21 février au 26 mai 2014.

Les jupons de la révolution

Une salle supplémentaire sera consacrée au rôle politique que jouèrent certaines femmes lors de la Révolution française. « Marianne » personnifie désormais la France républicaine et la Liberté. Elle n'est plus une figure idéalisée, mais revêt les traits d'une beauté roturière bien réelle.

De nombreuses femmes enthousiasmées par la portée universelle de ces idées ont voulu jouer un rôle politique.

Elles souhaitaient prendre une part active à la lutte révolutionnaire et même, en compagnie des hommes, s'enrôler dans l'armée. 

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Les jupons de la Révolution (anonyme)

Néanmoins, le pouvoir en place qui ne souhaitait pas une ingérence féminine dans les affaires de l'État, leur réserva un sort peu clément allant de l'exécution sur la place publique à la réclusion dans les premiers établissements psychiatriques. Tel fut le cas de Théroigne de Méricourt, femme politique, féministe, qui, dit-on, mena l'assaut sur les Tuileries en 1792. Elle fut déclarée folle et enfermée à la Salpêtrière tout comme L'Hyène de la Salpêtrière dont Géricault fit le portrait. Elle mourut dans cette institution psychiatrique une vingtaine d'années après son internement.

Alfredo et Isabel Aquilizan

À l’occasion de l’ouverture de l’exposition Géricault, des enfants pourront, lors d’ateliers créatifs, aider les artistes Alfredo et Isabel Aquilizan à élaborer une installation de grande dimension. Celle-ci s’inscrit dans le cadre des manifestations organisées à l’occasions de « 50 années d’émigration à Gand ». Elle fait également référence aux récentes tragédies qui ont eu lieu à hauteur des côtes de Lampedusa (Italie) et, bien entendu, au Radeau de la Méduse.

Les Aquilizan qui travaillent en couple utilisent le principe de la collecte et de la participation pour exprimer les concepts de migration de famille et de mémoire. Œuvrant dans la mesure du possible avec les collectivités locales, les Aquilizan rassemblent des objets personnels pour composer des installations complexes et formelles qui sont le reflet d’expériences individuelles concernant l’exode et le changement.

L’installation qui sera présentée au MSK revêtira la forme d’un radeau composé de centaines de petits radeaux et bateaux faits à la main. Cet assemblage de petites sculptures, réalisées par des enfants et des adultes à base d’objets et de matériaux trouvés, sera ajouté à cette œuvre en cours d’évolution. Parce qu'ils ont eux-mêmes émigré des Philippines en Australie, le travail des Aquilizan reflète leur expérience personnelle tout en instituant des échanges et en transmettant des idées qui ne connaissent pas de frontières.

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Ils ont participé à des expositions individuelles (Logan Art Gallery, Brisbane, Australie, 2008 ; The Drawing Room, Manille, Philippines, 2006) et à des expositions de groupe (Biennale de Moscou, 2013 ; Biennale de Singapour, 2008 ; Biennale d’Adélaide, Australie, 2008 ; Biennale de Sydney, Australie, 2006 ; 50e Biennale de Venise, Italie, 2003).

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Prix d'entrée par personne : 10 €
  • Gantois(es) – personnes âgées de 65 ans et plus – groupes d'au moins 15 personnes – carte enseignante : 8 €
  • Moins de 26 ans : 2 €
  • Moins de 19 ans – les habitants de Gand chaque dimanche de 10h à 13h – accompagnateur de visiteurs handicapés –Amis du Musée des Beaux-Arts – membres ICOM/VMV – carte presse – carte guide : 0 €

Réservation

FNAC – Tél. 0900 00 600 - www.fnac.be

Excursion – Train + Ticket - en vente dans toutes les gares SNCB – www.sncb.be

Ateliers/groupes, visites guidées

T+32(0)9 269 87 50 – boekjebezoek@gent.be

12:46 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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