27/08/2017

« Nous ne sommes rien. Ce que nous cherchons est tout. » (Friedrich Hölderlin)

Naissance de l'art romantique.jpg

Spécialiste du romantisme européen, Pierre Wat (°1965) est professeur à Paris I – où il occupe la chaire d'histoire de la peinture du XIXe siècle.
 
Il a aussi été maître de conférences en histoire de l'art contemporain à l’université François-Rabelais de Tours, conseiller scientifique à l'Institut national d'histoire de l'art (1999-2004), professeur à l'Université Aix-Marseille I et à l'École du Louvre.
 
Il a notamment publié Constable (Hazan, Paris, 2002), Les nymphéas, la nuit : Claude Monet (Nouvelles éditions Scala, Paris, 2010) et Turner, menteur magnifique (Hazan, Paris, 2010).
 
Parue chez Flammarion en 1998, sa thèse de doctorat intitulée Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre est ressortie en 2013 chez le même éditeur, revue et corrigée, dans la collection « Champs arts ».
 
Il s’y concentre sur l'Allemagne de Caspar David Friedrich, de Johann Wolfgang von Goethe et de Philipp Otto Runge ainsi que sur l'Angleterre de William Blake, de John Constable et de William Turner, les deux pays où s'inventent conjointement une nouvelle pratique et une nouvelle théorie de l'art, le romantisme.
 
« En France, écrit l’auteur à propos de son livre, qui dit romantisme dit Delacroix, Victor Hugo, le spleen, le goût de la ruine, l'attirance de la nuit, pour la mort… Autant d'images toutes faites, et de clichés. Mais alors, qu'est-ce que le romantisme ?
 
Cet ouvrage tente de montrer que le romantique se construit sur la subversion de l'image néo-classique à travers l'histoire esthétique de cette naissance et de son ambition.
 
Le romantisme est un art nouveau pour un monde nouveau. Un art qui détruit la norme classique, et un art sans norme, mais éternellement classique. Un art absolu. »
 
C’est absolument exact !
 
Bernard DELCORD
 
Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre par Pierre Wat, nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs arts », mars 2013, 318 pp. en noir et blanc + un cahier hors-texte de 8 pp. en couleurs au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 14 € (prix France)

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22/08/2017

« Le désir de l'amour engendre l'amour. » (Tahar Ben Jelloun)

Dire l'amour en poésie .jpg

Conforme aux nouveaux programmes d’enseignement du français au collège et rédigée par Lucie Lelong, l’anthologie intitulée Dire l'amour en poésie publiée à Paris aux Éditions Gallimard dans la collection « Folio + Collège » propose, dans sa première moitié, 49 textes d’auteurs variés (cf. infra) articulés autour de 8 thématiques :
 
1. Expliquer l’amour
2. Rêver à l’amour
3. Déclarer sa flamme
4. Dire l’étreinte
5. Clamer sa passion
6. La plainte amoureuse
7. Taire l’amour ?
8. Dire l’amour et médire
 
La seconde moitié, purement pédagogique, se divise en 4 parties :
 
– Je découvre
(Situation de l'écriture poétique ; Orphée raconté par Eurydice ; Retour dans le passé : le lecteur de poésie à travers les âges ; Ce qu'il s'est passé dans l'histoire de la poésie ; Les origines et la postérité du poème « Le lac » ; Les mots ont une histoire ; Les noms propres sont porteurs de sens ; Dernières observations avant l'analyse)
 
– J’analyse
(Au cœur de la phrase ; La construction de l'anthologie ; Caractérisation des personnages ; Les intentions des auteurs : pourquoi écrire des poèmes d'amour ? ; Quelle vision de la femme dans les poèmes amoureux ? ; Résumons ! ; Exercices ; Jeu de lettres ; Le 20 sur 20)
 
– Nous avons la parole
(À nous de jouer ; Organisons le débat)
 
– Prolongements
(Groupement de textes, « De Narcisse au narcissisme : amoureux de soi-même » ; Histoire des arts)
 
Un bien bel outil !
 
Bernard DELCORD
 
Dire l'amour en poésie par Lucie Lelong, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio + Collège », mai 2017, 195 pp. en noir et blanc+ 2 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 3,90 € (prix France)
 
TABLE DES MATIÈRES
 
1. EXPLIQUER L’AMOUR
 
Jean-Baptiste de Grécourt, Qu'est-ce que l'amour ?
Jean de La Fontaine, L'Amour et la Folie
Pierre de Ronsard, Madrigal
Anonyme, Tourments sans passions...
Pierre de Marbeuf, Et la mer et l'amour
Jacques Prévert, Cet amour
 
2. RÊVER À L’AMOUR
 
Arthur Rimbaud, Sensation
Paul Verlaine, Mon rêve familier
Louise Gillot de Saintonge, Je croyais, en dormant...
Aloysius Bertrand, Madame de Montbazon
Robert Desnos, J'ai tant rêvé de toi
Charles Cros, Distrayeuse
 
3. DÉCLARER SA FLAMME
 
Charles Baudelaire, Chanson d'après-midi
Paul Verlaine, Green
Jean Tardieu, Étude de pronoms
Paul Eluard, Je t'aime
 
4. DIRE L’ÉTREINTE
 
Charles Baudelaire, Un hémisphère dans une chevelure
Pierre Alferi, Préservatif
Jacques Prévert, Alicante
Marc Papillon de Lasphrise, Ha Dieu ! Que j'ai de bien...
Robert Desnos, Coucher avec elle
Évariste de Parny, Le lendemain
 
5. CLAMER SA PASSION
 
LES TOURMENTS DE LA PASSION
Louise Labé, Je vis, je meurs…
Marc Papillon de Lasphrise, Je l'œilladais, mi-nue...
Marquise d'Antremont, Ô Mort ! anéantis mon être...
 
L'AIMÉE ADORÉE
Louis Aragon, Que serais-je sans toi...
Philippe Soupault, Georgia
 
6. LA PLAINTE AMOUREUSE
 
AMOUR IMPOSSIBLE
Jules Laforgue, Complainte-litanies de mon sacré-cœur
Louis Aragon, Il n'y a pas d'amour heureux
 
CŒURS BRISÉS
Alfred de Musset, À Mademoiselle ***
Paul Verlaine, Ô triste, triste était mon âme...
Christine de Pisan, Seulette suis et seulette veux être...
Léon Gontran Damas, Quand malgré moi...
 
LA MORT DE L'ÊTRE CHER
Alphonse de Lamartine, Le lac
Tristan l'Hermite, Sur un tombeau
Claude Esteban, Élégie de la mort violente (extrait)
 
7. TAIRE L’AMOUR ?
 
Marceline Desbordes-Valmore, Les séparés
Gabriel-Charles de Lattaignant, Les époux indiscrets
 
8. DIRE L’AMOUR ET MÉDIRE
 
LE TEMPS OU LA REVANCHE DE L'ÉCONDUIT
Pierre de Ronsard, Quand vous serez bien vieille…
Théophile de Viau, Ton orgueil peut durer...
Raymond Queneau, Si tu t'imagines…
 
DÉFIGURER : LA POÉSIE COMME MIROIR DÉFORMANT DE LA CRUELLE
Étienne Jodelle, Comment pourrais-je aimer...
Clément Marot, Le beau tétin
Clément Marot, Le laid tétin
 
SE SOUVENIR DE L'AMOUR
Alfred de Musset, Rappelle-toi
Guillaume Apollinaire, Le pont Mirabeau
Philippe Desportes, Est-il vrai qu'autrefois…
Paul Verlaine, Streets
Marceline Desbordes-Valmore, L'amour
 

21/08/2017

« Tout ce qui passe n'est que symbole. » (Johann Wolfgang von Goethe)

Le Symbolisme .jpg

Licencié en droit et diplômé d'histoire de l'art, Rodolphe Rapetti a été conservateur au musée d'Orsay, puis directeur des musées de Strasbourg. Il est à présent conservateur du Patrimoine à la Direction des musées de France.
 
Il a enseigné à l'École du Louvre, ainsi qu'à l'Université Paris-X Nanterre, et il a publié de nombreux ouvrages et articles consacrés à l'art du XIXe siècle, comme De Van Gogh à Kandinsky (Bruxelles, Fonds Mercator, 2012).
 
Il s'est en outre vu confier le commissariat scientifique de plusieurs expositions, parmi lesquelles « Odilon Redon » (Grand-Palais, 2011) et « Émile Bernard » (musée de l’Orangerie, 2014).
 
Il a fait paraître, cette fois dans la collection « Champs arts » des Éditions Flammarion à Paris, une nouvelle version revue et augmentée (deux versions précédentes ont vu le jour en 2005 et 2007 chez le même éditeur) de son maître ouvrage intitulé Le Symbolisme, l’une des synthèses les plus complètes, les plus pédagogiques et les plus réussies sur ce sujet complexe.
 
Voici ce qu’il en écrit :
 
« Courant de pensée innervant les arts et les lettres entre les années 1880 et la Première Guerre mondiale, le symbolisme porte en germe de nombreux aspects de l'art moderne, de l'abstraction au surréalisme.
 
En révolte contre une époque marquée par le positivisme et le progrès de la science, il fut essentiellement un art de l'idée et de la subjectivité, où se combinent quête de la modernité et recherche délibérée d'archaïsme.
 
Se nourrissant de la pensée philosophique des romantiques allemands, de la théorie baudelairienne des "correspondances" et de l'idée wagnérienne d'art total, il tend à une unité intemporelle entre l'homme et le monde, unité perdue qui ne sera retrouvée que dans l'évocation du mythe.
 
Les préraphaélites anglais, Gustave Moreau et Puvis de Chavannes comptent parmi les figures tutélaires de ce mouvement et nombre des personnalités les plus novatrices de cette période – Gauguin, Redon, Ensor, Munch ou Holder, niais aussi Burne-Jones, Böcklin, Khnopff et Klimt – figurèrent dans ses rangs. »
 
Cet ouvrage, qui représente la somme de plus de dix ans de recherches, situe le mouvement artistique symboliste dans son contexte historique, celui de l'Europe industrielle de la fin du XIXe siècle, et retrace ses liens avec l'évolution des idées et la littérature.
 
Il se présente comme une confrontation des postulats symbolistes, et principalement de l'idéalisme issu de la tradition néo-platonicienne, avec les enjeux essentiels de l'art à cette époque, à savoir la recherche de nouvelles structures formelles allant du cloisonnisme à l'usage de la couleur inobjective, la figuration du mythe ou la revendication de l'irrationnel, toutes analysées en profondeur.
 
Du grand art, lui aussi…
 
Bernard DELCORD
 
Le Symbolisme par Rodolphe Rapetti, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs arts », septembre 2016, 402 pp. en noir et blanc + un cahier hors-texte de 8 pp. en couleurs au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

14:51 Écrit par Bernard dans Arts, Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

« Fais-toi l'esclave de la philosophie pour jouir d'une vraie indépendance. » (Sénèque)

7 philosophes qui ont fait le XXe siècle .jpg

Philosophe et écrivain né en 1949 à Paris, Roger-Pol Droit a été chercheur au CNRS, enseignant à Sciences Po et il collabore au Monde des livres, au Point et aux Échos. Il est notamment l'auteur de Petites expériences de philosophie entre amis (Plon, 2012) et d'Une brève histoire de la philosophie (Flammarion, Champs, 2014).
 
C’est également chez Flammarion, dans la collection « Librio », qu’il a fait paraître un court essai intitulé 7 philosophes qui ont fait le XXe siècle dans lequel il décrypte les concepts, les combats et les démarches de la philosophie moderne à travers la pensée de Sigmund Freud, de Martin Heidegger, d’Hannah Arendt, de Jean-Paul Sartre, de Claude Lévi-Strauss, d’Albert Camus et de Michel Foucault.
 
Le tout dans des présentations courtes, simples, aisément compréhensibles, s’ouvrant par la fiche biographique de chaque auteur et se concluant par des conseils de lecture.
 
Pour les étudiants, et ceux qui l’ont été, un vade-mecum indispensable, à un prix démocratique !
 
Bernard DELCORD
 
7 philosophes qui ont fait le XXe siècle par Roger-Pol Droit, Paris, Éditions Flammarion, collection « Librio », août 2016, 89 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 €

12:20 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/08/2017

Un fabuleux trésor…

Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève .jpg

Le Musée d’art et d’histoire de Genève conserve plus de 280 peintures flamandes et hollandaises du XVe au XVIIIe siècle. Issu principalement de dons et de legs successifs dus à la générosité de plusieurs collectionneurs, le fonds constitue, sur le plan numérique, le plus important ensemble de peintures de ces écoles en Suisse et présente une remarquable cohérence qui en fait un cas exemplaire dans l’histoire des collections.
 
Entre 2002 et 2009, il a fait l’objet d’une campagne systématique de restauration et d’étude scientifique, qui a permis d’en mesurer la place au sein du musée et l’importance sur le plan international. (1)
 
Par ailleurs, c’est à Lens dans le Valais suisse et avec la collaboration exceptionnelle de ce musée que la Fondation Pierre Arnaud a exposé jusqu’au 22 janvier 2017 une sélection de 81 tableaux flamands et hollandais d’artistes souvent peu connus mais de très grand talent qui n’avait plus été présentée depuis 2009 et dont le catalogue a paru aux Éditions Favre à Lausanne sous le titre Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève.
 
Focalisée sur le XVIIe siècle, le Siècle d'or, c'est-à-dire l'époque de Rubens et de Rembrandt, l'exposition s'organisait en six sections thématiques (portraits, peinture d’histoire, peinture d’architecture et de scènes de genre d’intérieur, scènes de genre d’extérieur et de paysage, scènes de cavalerie, de chasse et pastorales, peinture animalière et natures mortes).
 
Elle mettait en évidence le phénomène de spécialisation des peintres dans un genre particulier, en soulignant le contraste entre le marché diversifié des sept Provinces-Unies (les Pays-Bas actuels, souvent désignés par métonymie comme la Hollande), majoritairement calvinistes, et celui, plus centralisé, des Pays-Bas espagnols (la Belgique actuelle, désignée comme la Flandre), restés catholiques.

Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève (Antoine ou Abraham Beertstraaten, Village en hiver).jpg

 Antoine ou Abraham Beertstraaten, Village en hiver, ca 1660-65.
© Collection des Musées d’art et d’histoire de la Ville de Genève.
 
Elle se donnait deux objectifs principaux ; d'une part révéler à un large public un pan aussi important que méconnu des collections genevoises : d'autre part, le replacer dans une histoire du goût.
 
Cet ouvrage contribue largement et bellement à leur atteinte !
 
Bernard DELCORD
 
Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève par la Fondation Pierre Arnaud, préface de Daniel Salzmann, Lausanne, Éditions Favre, février 2017, 143 pp. en quadrichromie au format 17,3 x 124,2 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 17,00 €
 
 
(1)   Source : http://www.fondationpierrearnaud.ch/fr/1113/votre-visite/exposition-a-venir 

20:28 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/08/2017

« Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie. » (Sun Tzu)

Sun Tzu Qui suis-je.jpg

Saint-cyrien, breveté de l'École de guerre, le lieutenant-colonel Yann Couderc a servi sur plusieurs théâtres d'opération. Son intérêt pour l'Asie l'a conduit à entreprendre une étude approfondie de L'Art de la guerre de Sun Tzu et à développer sa propre réflexion sur la pensée du stratège chinois. Créateur et animateur d'un blog de référence, Sun Tzu France (http://suntzufrance.fr/), il est l'auteur de plusieurs publications sur le sujet. (1)
 
Sun Tzu est un général chinois du VIe siècle av. J.-C. (544-496 av. J.-C.). Il est surtout célèbre en tant qu'auteur de l'ouvrage de stratégie militaire le plus ancien connu : L'Art de la guerre.
 
L'idée principale de son œuvre est que l’objectif de la guerre est de contraindre l’ennemi à abandonner la lutte, y compris sans combat, grâce à la ruse, l'espionnage, une grande mobilité et l'adaptation à la stratégie de l'adversaire. Tous ces moyens doivent ainsi être employés afin de s'assurer une victoire au moindre coût (humain, matériel).
 
Les idées de L'Art de la guerre ont été reprises et adaptées par différents auteurs pour la stratégie, et notamment la stratégie d'entreprise.
 
Dans un sens plus large, L'Art de la guerre peut être interprété comme une méthode de résolution des conflits. (2)
 
Chez Pardès à Grez-sur-Loing, Yann Couderc a publié Sun Tzu Qui suis-je ?, un passionnant petit ouvrage très accessible et abondamment illustré dans lequel il se penche sur la destinée personnelle et sur la pérennité de l’œuvre de cet orfèvre de la stratégie guerrière.
 
Voici la présentation qu’il a faite de son ouvrage :
 
« Il y a encore cinquante ans, en dehors de quelques orientalistes, personne n'avait entendu parler de Sun Tzu. C'est là un paradoxe : alors que l'humanité s'est montrée peu avare en conflits et a toujours cherché à accroître son niveau de compétence dans le domaine militaire, la reconnaissance de Sun Tzu et de son traité, L'Art de la guerre, est assez récente. De ce personnage, dont la tradition situe la vie au VIe siècle avant Jésus-Christ, le peu que l'on sait est d'une origine tardive et d'une authenticité douteuse.
 
Sa première biographie a été rédigée quatre siècles après sa mort officielle et, curieusement, on ne trouve que très peu de traces de lui dans les annales. Une seule chose est certaine : nous possédons aujourd'hui un traité, intitulé L'Art de la guerre, dont l'existence est attestée depuis au moins 2 200 ans, dans lequel sont étudiés le caractère politique et psychologique de la guerre, le rôle du commandement, l'exploitation des dissensions chez l'ennemi, l'importance du renseignement, etc.
 
Nos connaissances sur Sun Tzu ont évolué depuis 1971, date de la première traduction française de L'Art de la guerre. Sun Tzu Qui suis-je ? se donne pour ambition de présenter une synthèse de ce que nous savons actuellement sur cet exceptionnel stratège, dont la parfaite connaissance du traité était au programme du recrutement de tous les officiers chinois jusqu'en 1905. »
 
Si vis pacem, para bellum (3), disaient nos anciens.
 
Une excellente raison pour se plonger dans la lecture de l’essai de Yann Couderc !
 
Bernard DELCORD
 
Sun Tzu Qui suis-je ? par Yann Couderc, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », mai 2017, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)
 
SOMMAIRE
 
INTRODUCTION - Références au texte de Sun Tzu
 
I. SUN TZU
1. Avant de commencer : Sun Tzu, Sun Wu ou Sun Zi ?
2. Ce que dit la tradition
3. Sun Tzu et les concubines du roi
4. Une histoire de Sun Tzu
5. Sun Tzu : un mythe ?
 
II. LE MONDE DE SUN TZU
1. L’époque des Royaumes combattants
2. Un environnement philosophique en pleine effervescence
3. La descendance de Sun Tzu
4. Wu Zixu, compagnon de Sun Tzu et auteur avant lui d’un Art de la guerre
5. Les personnages historiques de L’Art de la guerre
 
III. L’ART DE LA GUERRE
1. Le plus ancien traité de stratégie connu ?
2. Sun Tzu a-t-il écrit L’Art de la guerre ?
3. Comment a émergé le texte de L’Art de la guerre ?
4. Un texte qui ne se fige que plus de 500 ans après la mort de Sun Tzu
5. Le manuscrit du Yinqueshan : une lucarne ouverte sur le processus de composition
 
IV. L’HÉRITAGE DE SUN TZU
1. Sun Tzu en Chine
2. Sun Tzu en Occident
3. Sun Tzu aujourd’hui
4. Les raisons du succès
 
CONCLUSION
 
ANNEXES
I. Les grands lecteurs de Sun Tzu, une mystification
II. Repères chronologiques
III. Bibliographie
 
 
 (1) Comme sa thèse de doctorat : Sun Tzu en France, Nuvis, Paris, 2012.
 (2) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sun_Tzu
 (3) « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » (Phrase attribuée à l’auteur latin Végèce, fin du IVe siècle.)

21:01 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/08/2017

« L'élection encourage le charlatanisme. » (Ernest Renan)

Petit manuel de la campagne électorale.jpg

Grand spécialiste de la vie et des œuvres du célèbre orateur romain Marcus Cicéron, le professeur François Prost, ancien élève de l'École Normale Supérieure, est maître de conférences habilité à diriger les recherches à l'Université Paris-Sorbonne et membre de l'équipe de recherche E.A. 4081 « Rome et ses renaissances ».
 
Marcus Cicéron (né le 3 janvier 106 av J.-C. à Arpinum en Italie et assassiné le 7 décembre 43 av. J.-C. (1) par le Second triumvirat, sur ordre de Marc-Antoine)  et son frère cadet le militaire Quintus (né en 102 av. J.-C. à Arpinum et exécuté lui aussi en 43 av.  J.-C.) furent des hommes politiques romains influents.
 
Le tribun Marcus Cicéron réussit grâce à ses talents d’avocat à se constituer suffisamment d’appuis pour parvenir, en 63 av. J.-C., à la magistrature suprême, le consulat. Dans une République en crise menacée par les ambitieux, il déjoue la conjuration de Catilina par la seule force de ses discours, les Catilinaires. Ce succès qui fait sa fierté cause ensuite son exil en 58 av. J.-C., pour avoir exécuté des conjurés sans procès. Revenu à Rome en 57 av. J.-C., il ne joue plus de rôle important sur la scène politique, dominée par Pompée et César. Durant la guerre civile qui débute en 49 av.  J.-C., il rallie Pompée avec hésitation, puis est forcé de s'accommoder du pouvoir de César, avant de s’allier à Octave contre Marc-Antoine. Sa franche opposition à ce dernier lui coûte la vie en 43 av. J.-C. (2)
 
Quintus Cicéron fut édile en 66 av. J.-C. et préteur en 62 av. J.-C., puis, à sa sortie de charge, gouverneur de la province d'Asie pendant 3 ans et légat de la XIVe légion de Jules César pendant la guerre des Gaules, de 54 à 52 av. J.-C. En 51 av. J.-C., il quitte la Gaule et va rejoindre son frère, proconsul de Cilicie. Pendant les Guerres civiles, il embrasse le parti de Pompée, et obtient par la suite le pardon de Jules César. Ensuite, il est déclaré ennemi d’Antoine et fuit de Tusculum pour échapper à la colère de celui-ci. Il retourne chez lui à Arpinum ; un paysan le dénonce et il se rend alors pour sauver son fils qui se fait torturer. Ils sont tous deux mis à mort en 43 av. J.-C. (3)
 
François Prost a fait paraître aux Éditions Les Belles Lettres à Paris le Petit manuel de la campagne électorale de Quintus Cicéron et les Lettres à son frère Quintus (I, 1 et 2) de Marcus Cicéron, des textes latins révisés traduits, et commentés par ses soins.
 
En voici la synthèse :
 
« En 64 avant J.-C., Marcus Cicéron est candidat au consulat. Son frère cadet Quintus rédige pour lui un Petit manuel de la campagne électorale qui expose les rouages d'une élection à haut risque, et détaille les démarches attendues du candidat, offrant ainsi un tableau saisissant du système politique romain. Chemin faisant, il pose des questions toujours d'actualité : comment concilier séduction électorale et fidélité à soi-même et à ses principes ? Comment rassembler le plus grand nombre autour de sa candidature, et ménager les intérêts des diverses classes sociales ?
 
Quelques années plus tard, Quintus dirige la province d'Asie : Marcus lui adresse alors deux longues lettres qui examinent son exercice et brossent le portrait du gouverneur idéal, autour d'autres questions fondamentales : comment exercer un pouvoir absolu sans verser dans la tyrannie ? L'éducation intellectuelle peut-elle garantir la moralité du dirigeant et lui imposer le souci des valeurs humaines ? »
 
Du texte de Quintus, particulièrement actuel, il ressort que le principe d'une campagne électorale reste le même que de nos jours : s'assurer le soutien des personnages influents et se concilier la masse des électeurs en les manipulant subtilement.
 
Et l’auteur indique la marche à suivre pour obtenir ce résultat, par des conseils précis et méthodiques…

Bernard DELCORD
 
Petit manuel de la campagne électorale par Quintus Cicéron & Lettres à son frère Quintus (I, 1 et 2) par Marcus Cicéron, édition bilingue des textes latins traduits, révisés et commentés par François Prost, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Commentario », mars 2017, CLXXV +253 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 € (prix France)
 
(1) Calendrier julien.
(2) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cic%C3%A9ron
(3) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Quintus_Tullius_Cicero

13:15 Écrit par Bernard dans Documents, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |