27/08/2017

« Nous ne sommes rien. Ce que nous cherchons est tout. » (Friedrich Hölderlin)

Naissance de l'art romantique.jpg

Spécialiste du romantisme européen, Pierre Wat (°1965) est professeur à Paris I – où il occupe la chaire d'histoire de la peinture du XIXe siècle.
 
Il a aussi été maître de conférences en histoire de l'art contemporain à l’université François-Rabelais de Tours, conseiller scientifique à l'Institut national d'histoire de l'art (1999-2004), professeur à l'Université Aix-Marseille I et à l'École du Louvre.
 
Il a notamment publié Constable (Hazan, Paris, 2002), Les nymphéas, la nuit : Claude Monet (Nouvelles éditions Scala, Paris, 2010) et Turner, menteur magnifique (Hazan, Paris, 2010).
 
Parue chez Flammarion en 1998, sa thèse de doctorat intitulée Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre est ressortie en 2013 chez le même éditeur, revue et corrigée, dans la collection « Champs arts ».
 
Il s’y concentre sur l'Allemagne de Caspar David Friedrich, de Johann Wolfgang von Goethe et de Philipp Otto Runge ainsi que sur l'Angleterre de William Blake, de John Constable et de William Turner, les deux pays où s'inventent conjointement une nouvelle pratique et une nouvelle théorie de l'art, le romantisme.
 
« En France, écrit l’auteur à propos de son livre, qui dit romantisme dit Delacroix, Victor Hugo, le spleen, le goût de la ruine, l'attirance de la nuit, pour la mort… Autant d'images toutes faites, et de clichés. Mais alors, qu'est-ce que le romantisme ?
 
Cet ouvrage tente de montrer que le romantique se construit sur la subversion de l'image néo-classique à travers l'histoire esthétique de cette naissance et de son ambition.
 
Le romantisme est un art nouveau pour un monde nouveau. Un art qui détruit la norme classique, et un art sans norme, mais éternellement classique. Un art absolu. »
 
C’est absolument exact !
 
Bernard DELCORD
 
Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre par Pierre Wat, nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs arts », mars 2013, 318 pp. en noir et blanc + un cahier hors-texte de 8 pp. en couleurs au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 14 € (prix France)

15:00 Écrit par Bernard dans Arts, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/08/2017

« Tout ce qui passe n'est que symbole. » (Johann Wolfgang von Goethe)

Le Symbolisme .jpg

Licencié en droit et diplômé d'histoire de l'art, Rodolphe Rapetti a été conservateur au musée d'Orsay, puis directeur des musées de Strasbourg. Il est à présent conservateur du Patrimoine à la Direction des musées de France.
 
Il a enseigné à l'École du Louvre, ainsi qu'à l'Université Paris-X Nanterre, et il a publié de nombreux ouvrages et articles consacrés à l'art du XIXe siècle, comme De Van Gogh à Kandinsky (Bruxelles, Fonds Mercator, 2012).
 
Il s'est en outre vu confier le commissariat scientifique de plusieurs expositions, parmi lesquelles « Odilon Redon » (Grand-Palais, 2011) et « Émile Bernard » (musée de l’Orangerie, 2014).
 
Il a fait paraître, cette fois dans la collection « Champs arts » des Éditions Flammarion à Paris, une nouvelle version revue et augmentée (deux versions précédentes ont vu le jour en 2005 et 2007 chez le même éditeur) de son maître ouvrage intitulé Le Symbolisme, l’une des synthèses les plus complètes, les plus pédagogiques et les plus réussies sur ce sujet complexe.
 
Voici ce qu’il en écrit :
 
« Courant de pensée innervant les arts et les lettres entre les années 1880 et la Première Guerre mondiale, le symbolisme porte en germe de nombreux aspects de l'art moderne, de l'abstraction au surréalisme.
 
En révolte contre une époque marquée par le positivisme et le progrès de la science, il fut essentiellement un art de l'idée et de la subjectivité, où se combinent quête de la modernité et recherche délibérée d'archaïsme.
 
Se nourrissant de la pensée philosophique des romantiques allemands, de la théorie baudelairienne des "correspondances" et de l'idée wagnérienne d'art total, il tend à une unité intemporelle entre l'homme et le monde, unité perdue qui ne sera retrouvée que dans l'évocation du mythe.
 
Les préraphaélites anglais, Gustave Moreau et Puvis de Chavannes comptent parmi les figures tutélaires de ce mouvement et nombre des personnalités les plus novatrices de cette période – Gauguin, Redon, Ensor, Munch ou Holder, niais aussi Burne-Jones, Böcklin, Khnopff et Klimt – figurèrent dans ses rangs. »
 
Cet ouvrage, qui représente la somme de plus de dix ans de recherches, situe le mouvement artistique symboliste dans son contexte historique, celui de l'Europe industrielle de la fin du XIXe siècle, et retrace ses liens avec l'évolution des idées et la littérature.
 
Il se présente comme une confrontation des postulats symbolistes, et principalement de l'idéalisme issu de la tradition néo-platonicienne, avec les enjeux essentiels de l'art à cette époque, à savoir la recherche de nouvelles structures formelles allant du cloisonnisme à l'usage de la couleur inobjective, la figuration du mythe ou la revendication de l'irrationnel, toutes analysées en profondeur.
 
Du grand art, lui aussi…
 
Bernard DELCORD
 
Le Symbolisme par Rodolphe Rapetti, nouvelle édition revue et augmentée, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs arts », septembre 2016, 402 pp. en noir et blanc + un cahier hors-texte de 8 pp. en couleurs au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

14:51 Écrit par Bernard dans Arts, Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/08/2017

Un fabuleux trésor…

Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève .jpg

Le Musée d’art et d’histoire de Genève conserve plus de 280 peintures flamandes et hollandaises du XVe au XVIIIe siècle. Issu principalement de dons et de legs successifs dus à la générosité de plusieurs collectionneurs, le fonds constitue, sur le plan numérique, le plus important ensemble de peintures de ces écoles en Suisse et présente une remarquable cohérence qui en fait un cas exemplaire dans l’histoire des collections.
 
Entre 2002 et 2009, il a fait l’objet d’une campagne systématique de restauration et d’étude scientifique, qui a permis d’en mesurer la place au sein du musée et l’importance sur le plan international. (1)
 
Par ailleurs, c’est à Lens dans le Valais suisse et avec la collaboration exceptionnelle de ce musée que la Fondation Pierre Arnaud a exposé jusqu’au 22 janvier 2017 une sélection de 81 tableaux flamands et hollandais d’artistes souvent peu connus mais de très grand talent qui n’avait plus été présentée depuis 2009 et dont le catalogue a paru aux Éditions Favre à Lausanne sous le titre Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève.
 
Focalisée sur le XVIIe siècle, le Siècle d'or, c'est-à-dire l'époque de Rubens et de Rembrandt, l'exposition s'organisait en six sections thématiques (portraits, peinture d’histoire, peinture d’architecture et de scènes de genre d’intérieur, scènes de genre d’extérieur et de paysage, scènes de cavalerie, de chasse et pastorales, peinture animalière et natures mortes).
 
Elle mettait en évidence le phénomène de spécialisation des peintres dans un genre particulier, en soulignant le contraste entre le marché diversifié des sept Provinces-Unies (les Pays-Bas actuels, souvent désignés par métonymie comme la Hollande), majoritairement calvinistes, et celui, plus centralisé, des Pays-Bas espagnols (la Belgique actuelle, désignée comme la Flandre), restés catholiques.

Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève (Antoine ou Abraham Beertstraaten, Village en hiver).jpg

 Antoine ou Abraham Beertstraaten, Village en hiver, ca 1660-65.
© Collection des Musées d’art et d’histoire de la Ville de Genève.
 
Elle se donnait deux objectifs principaux ; d'une part révéler à un large public un pan aussi important que méconnu des collections genevoises : d'autre part, le replacer dans une histoire du goût.
 
Cet ouvrage contribue largement et bellement à leur atteinte !
 
Bernard DELCORD
 
Peintures flamandes et hollandaises du Musée d'art et d'histoire de Genève par la Fondation Pierre Arnaud, préface de Daniel Salzmann, Lausanne, Éditions Favre, février 2017, 143 pp. en quadrichromie au format 17,3 x 124,2 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 17,00 €
 
 
(1)   Source : http://www.fondationpierrearnaud.ch/fr/1113/votre-visite/exposition-a-venir 

20:28 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/07/2017

La peinture pour tous...

Racontant un épisode de la vie de l’artiste avant d’en présenter l’œuvre générale, la collection « Les Grands Peintres » publiée chez Glénat à Grenoble est un bel outil qui met l’histoire de la peinture européenne des XIXe et XXe siècles à la portée des jeunes et de ceux qui le sont moins.
Elle est riche de nombreux titres, parmi lesquels nous avons épinglé les cinq suivants, dont nous reproduisons le pitch :
 
Gauguin par Patrick Weber & Nicoby

Collection Les Grands Peintres (Gauguin).jpg

 « Novembre 1888. Fourbu, Paul Gauguin arrive à Arles à la fin de la nuit... Cela fait des semaines que Van Gogh l'implore de venir le rejoindre dans le sud. Il rêve d'un travail en atelier. C'est alors le début d'une curieuse relation. Les deux peintres font plus que cohabiter, ils tentent d'unir leurs talents et confrontent leurs existences. S'ils sont conscients de leur génie respectif, chacun s'estime supérieur à l'autre. Les deux amis en arrivent à se détester lorsque Paul travaille sur une œuvre personnelle alors que Vincent voudrait privilégier un travail commun. Mais Paul ne veut rien entendre, il conçoit seul le Portrait de l'artiste au Christ jaune, que Van Gogh se met à haïr...
Patrick Weber et Nicoby nous font découvrir l'œuvre de Gauguin à travers un moment charnière de sa vie : sa cohabitation à Arles avec Van Gogh. Deux mois d'amitié, d'affrontement et d'incompréhension, animés par la passion de l'art et les pulsions destructrices qu'elle peut engendrer. »
 
Monet par Frank Secka & Vincent Gravé 

Collection Les Grands Peintres (Monet).jpg

 « Giverny, automne 1886. Émilie, jeune protégée de Claude Monet, fait la rencontre de Francis Hawkins, fils d'un galeriste de New York venu rencontrer le célèbre peintre impressionniste. L'une vit en France, l'autre aux États-Unis, mais, malgré cette distance, ils le savent : un jour, ils se marieront. Cette promesse marque le début d'un amour pur qui sera pourtant souvent perturbé par les aléas de l'Histoire. Un amour qui traversera 4 saisons, 4 périodes de l'œuvre de Monet et qui sera toujours bercé par les magnifiques couleurs du jardin du peintre, lorsqu'il réalisera ses célèbres Nymphéas...
Tant par le scénario que par le dessin, Frank Secka et Vincent Gravé nous replongent avec force dans la fin de l'œuvre de Monet, période Giverny, et dans ce bouillonnant moment artistique que fut le début du XXe siècle en France. »
 
Egon Schiele par Dimitri Joannidès & Nicolas Sure
 

Collection Les Grands Peintres (Egon Schiele).jpg

« 1912, Vienne. Le fougueux Egon Schiele fait parler de lui dans la capitale autrichienne. Fasciné par les plaisirs interdits, ce jeune peintre est réputé pour dessiner de très jeunes filles dans des positions lascives et suggestives, s'attirant les foudres de la bienpensante bourgeoisie. Accusé à tort d'avoir violé l'un de ses derniers modèles, une mineure, Schiele est à présent en prison en attente de son jugement. Pour assurer sa défense, ses deux meilleurs amis et son avocat vont faire appel aux plus grands de l'époque alors rassemblés à Vienne : Stefan Zweig, Sigmund Freud, Gustav Klimt... tous, captivés par le génie de Schiele et par amour pour l'art, vont conjuguer leurs talents et leur influence. Peintre sulfureux cultivant le goût du scandale, mort à l'âge de 28 ans, Egon Schiele est une étoile filante de l'histoire de l'art. Sa courte vie aura pourtant marqué l'art du XXe siècle.

Retraçant l'épisode de son incarcération de 1912, Dimitri Joannidès et Nicolas Sure nous font découvrir la personnalité tout en excès de ce prodige, et en profitent pour nous plonger dans l'effervescence artistique qui habitait Vienne au début du XXe siècle. »
 
Géricault par Frank Giroud & Gilles Mezzomo

Collection Les Grands Peintres (Géricault).jpg

« En juillet 1816, la frégate française La Méduse fait naufrage au large des côtes mauritaniennes. Pour préserver le confort du gouverneur et du capitaine à bord, les canots de sauvetage ne sont remplis qu'à moitié, si bien que l'essentiel de l'équipage doit quitter le navire à bord d'un radeau de fortune. Très vite, la promiscuité et le manque de vivres poussent les hommes à la sauvagerie... Les bonapartistes s'emparent de cette tragédie pour en faire le symbole de leur opposition au pouvoir royal.
Le peintre Géricault s'apprête même à en faire le sujet principal de son prochain tableau... Frank Giroud et Gilles Mezzomo nous plongent les secrets de la confection de l'un des tableaux les plus célèbres du monde. Ils en profitent pour nous montrer comment, dans l'Histoire, l'art a aussi pu servir d'outil politique. »
 
Renoir par Dodo & Ben Radis

Collection Les Grands Peintres (Renoir).jpg

« Paris, hiver 1893. Par l'intermédiaire de son ami le marchand d'art Paul Durand Ruel, Auguste Renoir rencontre Erik Satie au cabaret montmartrois du Chat Noir. En discutant, Renoir se rend compte qu'il connait la future épouse de Satie qui fut un temps l'une de ses muses. À l'époque, le peintre avait deux modèles féminins favoris qui étaient également ses maîtresses : Suzanne Valadon, qui posa pour Danse à la Ville, et Aline Charigot pour Danse à la Campagne. Deux rivales, de caractères totalement opposés, qui se jalousaient Renoir et dont le destin a ironiquement voulu que leurs tableaux soient toujours exposés côte à côte. Une relation tumultueuse qui démontre l'influence des muses sur les artistes de l'époque.
Dodo et Ben Radis nous replongent dans l'effervescence artistique du Montmartre de la fin du XIXe siècle : cette période de transition entre la Commune et la Première Guerre mondiale qui fut l'une des plus prolifiques de l'histoire des arts. »
 
Bernard DELCORD
 
Gauguin par Patrick Weber & Nicoby, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Monet par Frank Seeka & Vincent Gravé, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Egon Schiele par Dimitri Joannidès & Nicolas Sure, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Géricault par Frank Giroud & Gilles Mezzomo, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », juin 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Renoir par Dodo & Ben Radis, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », juin 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)

21:26 Écrit par Bernard dans Arts, Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/06/2017

« Donnez-moi un musée et je le remplirai. » (Pablo Picasso)

Musée d'Ixelles – Les collections.jpg

Riche de plus de 10 000 (chefs-d’) œuvres accumulé(e)s depuis son ouverture en 1892, le musée d’Ixelles [1], l’une des dix-neuf communes de Bruxelles, vaut incontestablement une et même plusieurs visites, et la consultation de son beau catalogue (Musée d'Ixelles – Les collections) ne pourra que vous en convaincre !

Les œuvres phares des collections du musée d'Ixelles se répartissent en cinq catégories [2] :

– Art ancien (XVIe au XVIIIe siècle)

La collection d’art ancien se compose essentiellement d’œuvres d’artistes d’Europe du Nord. Paysages, natures mortes et portraits en sont les thématiques principales. Les portraits, avec leurs étoffes somptueuses et leurs regards pénétrants, témoignent de la vie des habitants. Les tables chargées de victuailles, les trophées de chasse évoquent les mœurs d’antan. De La Cigogne d’Albrecht Dürer à la Vue du Meir d’Erasmus de Bie en passant par des tableaux de Jan Fyt, Godfried Schalcken, Jan-Albrtus Rootius, Bernaert De Rijckere, Anthony De Lorme, Ludolf Backhuyzen ou Jean-Honoré Fragonard, c’est le riche passé de ces régions qui soudain resurgit.

– Affiches

C’est l’une des collections les plus emblématiques du musée – avec notamment la totalité de la production lithographique de Toulouse-Lautrec. Quelque 700 affiches d’artistes belges ou européens, de la Belle Époque aux années 1950 (Pierre Bonnard, Alfons Mucha, Privat Livemont, Armand Rassenfosse, Auguste Donnay…), témoignent des premiers usages publicitaires, vantant les voyages ou les cabarets de Paris. Ce n’en est pas moins un art à part entière. Avec leurs couleurs vives, leurs compositions novatrices, leurs femmes typiques de l’Art nouveau, les affiches ont révolutionné l’art de l’image.

– XIXe siècle

L’art du XIXe siècle occupe une place prépondérante dans les collections du musée d’Ixelles. Du réalisme au symbolisme, en passant par l’impressionnisme, le néo-impressionnisme et l’orientalisme, le parcours révèle les richesses de ce siècle épris de modernité et de liberté créatrice, avec des œuvres de Jacques-Louis David, Gustave Courbet, Théo Van Rysselberghe, Berthe Morisot, Émile Claus, Georges Lemmen, Maurice Denis, Constantin Meunier, William Degouve de, Nuncques, Léon Spilliaert, Fernand Khnopff, Félicien Rops, Henri Evenepoel... Au gré de votre visite, vous serez captés par le déferlement de couleurs, éblouis par le jaillissement de la lumière, étonnés par les jeux de matières picturales audacieuses, mais aussi interpellés par les interrogations sociales ou envoûtés par les atmosphères énigmatiques et veloutées des symbolistes.

– XXe siècle

Le XXe siècle se caractérise comme le siècle des révolutions artistiques et marque l’essor de la modernité. Les collections du musée d’Ixelles révèlent le bouillonnement si particulier de ce siècle, tant au niveau des recherches esthétiques que conceptuelles. Qu’il s’agisse des expériences abstraites ou des explorations des multiples possibilités de la figuration, toutes les tendances dialoguent aux cimaises du musée d’Ixelles : fauvisme, futurisme, constructivisme, expressionnisme, surréalisme, CoBrA jusqu’au Pop Art et à la nouvelle figuration, autour des noms de Maurice de Vlaminck, Rk Wouters, Pablo Picasso, Francis Picabia, René Magritte, Paul Delvaux, Paul Alechinsky, Christian Dotremont, Paul Bury, Marcel Broodthaers, Joan Miro, Jan Fabre…

– Art actuel

Depuis sa constitution, le musée d’Ixelles se consacre à la création contemporaine. Outre les expositions temporaires qui lui sont régulièrement dédiées, de nombreuses acquisitions représentatives des développements de l’art contemporain viennent compléter les collections permanentes. Ainsi, une commission d’experts sélectionne les œuvres d’aujourd’hui estimées devenir les valeurs sûres de demain.

Une mine d’or !

Bernard DELCORD

Musée d'Ixelles – Les collections, ouvrage collectif sous la direction de Claire Leblanc, Milans, Silvana Editoriale, novembre 2010, 192 pp. en quadrichromie au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 €

 

[1] 71, rue Jean Van Volsem à 1050 Bruxelles. Tél. +32 (0)2 515 64 21. Du mardi au dimanche, de 9h30 à 17h00 (derniers tickets à 16h45). Fermé le lundi et les jours fériés. Prix d’entrée : 8 € (5 € pour les étudiants, seniors, groupes de 10 personnes ou plus, Amis du Musée, Ixellois, détenteurs d'un billet Thalys et d'un billet SNCB en cours de validation). Site Web : http://www.museedixelles.irisnet.be/

[2] Source : http://www.museedixelles.irisnet.be/presentation/collecti...

20:47 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/05/2017

Un grand artiste haut en couleurs…

Rik Wouters – Rétrospective (cover).jpg

Figure de proue du fauvisme brabançon et maître incontournable de l’Art moderne belge, Rick Wouters (Malines, 1882 - Amsterdam, 1916) a dominé à la fois la peinture, la sculpture et le dessin.

La rétrospective de son œuvre présentée jusqu’au 2 juillet 2017 aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique à Bruxelles, en partenariat avec le Musée royal des Beaux-Arts d’Anvers, est tout à fait exceptionnelle, dans la mesure où elle rassemble pour la première fois la plus importante collection d’œuvres de l’artiste (200 peintures, sculptures et œuvres sur papier, prêtées par plus de 30 musées, institutions et collectionneurs privés belges et étrangers – dont certaines n’ont jamais été montrées au public).

Rik Wouters laisse une œuvre éclatante et colorée, chatoyante et spontanée, entre fauvisme et avant-garde, loin des drames qui ont marqué son existence jusqu’à sa disparition prématurée en 1916, à l’âge de 33 ans, des suites d’un cancer de la face.

Voici ce qu’écrivent les commissaires de l’exposition :

« L’art de Rik Wouters, c’est avant tout une abondance de couleurs. Il n’a pas représenté de scènes mythologiques ou religieuses ni de sujets politiques ou sociaux. Il a puisé son inspiration dans son entourage immédiat : intérieurs de maison, natures mortes, son épouse Nel, paysages de son environnement, portraits d’amis…

Par son langage visuel, la construction de ses sujets et la richesse lumineuse de sa palette, il a développé un style d’avant-garde, tout en ayant été associé à Ensor et à Cézanne.

Rik Wouters – Rétrospective (La Vierge folle).jpg 

La Vierge folle (sculpture inspirée par la danseuse Isadora Duncan, 1877 ou 1878-1927), 1912, Bruxelles, Musée d’Ixelles — © photo : Mixed Media

Rik Wouters fut rapidement apprécié par ses contemporains ; son talent fulgurant, fauché dans sa jeunesse par la Grande Guerre [1] puis la maladie, nous lègue un héritage artistique fascinant et magnifique. »

Rik Wouters – Rétrospective (Reflets).jpg

Reflets (1912), collection privée © Olivier Bertrand

Incontestablement !

Bernard DELCORD

Rik Wouters – Rétrospective, catalogue d’exposition, préface de Michel Draguet, Paris-Bruxelles, coédition Somogy & Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique, mai 2017, 304 pp. en quadrichromie au format 25,4 x 28,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

Informations pratiques :

Jusqu’au 2 juillet 2017.

Adresse : Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique : 3, rue de la Régence - 1000 Bruxelles.

Horaires : ouvert du mardi au dimanche, de 10 h à 17 h en semaine, de 11 h à 18 h le week-end. Fermé le lundi.

Tarifs : 8 € plein tarif, 6 € tarif réduit, 2 € : étudiants (-26 ans), groupes scolaires.

 

[1] Contraint, avec son régiment, de se replier sur les Pays-Bas en 1914, il y sera emprisonné jusqu’au printemps 1915, alors qu’il souffre déjà de la maladie qui l’emportera.

18:05 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/05/2017

Actes de foi...

Du Jourdain au Congo.jpeg

Si, passionné comme nous de culture du Continent noir, vous avez manqué l’exposition éponyme qui s’est tenue jusqu’au 2 avril 2017 au Musée du quai Branly-Jacques Chirac à Paris et dont le commissaire, Julien Volper, officie en tant que conservateur au Musée royal de l’Afrique centrale à Tervuren, son catalogue intitulé Du Jourdain au Congo, art et christianisme en Afrique centrale est un grand must !

Car, écrit-il, « il illustre la singulière histoire par laquelle, sur plus de cinq siècles, les traditions religieuses et politiques de différentes populations d'Afrique centrale ont incorporé la rencontre avec le christianisme par une réinterprétation d'éléments qui leur étaient étrangers, qu'il s'agisse de croyances, de rituels et/ou d'objets.

Ces œuvres (crucifix, statuettes de saint Antoine, figures inspirées du culte marial...) dévoilent ainsi tout le foisonnement artistique et culturel dans la région ».

L’ouvrage abonde d’illustrations, de cartes et d’explications permettant de comprendre le caractère métissé de la religion catholique pratiquée par les Congolais déjà à l’époque précoloniale et ensuite, mais aussi la grandeur du talent d’artistes inspirés et la profonde humanité d’œuvres en prise avec la vie comme elle allait jadis dans les villages et dans la brousse.

C’est que, comme l’écrit John K. Thornton dans un des textes du catalogue, « la conversion du royaume de Kongo fut remarquable à plusieurs égards. Il est en effet inhabituel, dans l'histoire des premiers temps de la colonisation européenne, qu'une région se convertisse en dehors d'un contexte de conquête comme celle des Amériques et des Philippines par l'Espagne, ou celle du Brésil par le Portugal.

Lorsque la conversion n'allait pas de pair avec la conquête, comme en Chine, au Japon ou en Inde, par exemple, il s'agissait en général d'une religion minoritaire tolérée à laquelle ne se convertissaient pas les élites et qui n'était pas encouragée par l'État. Ailleurs, les convertis pouvaient éventuellement se rassembler autour de forteresses ou de comptoirs, à l'écart des grandes conquêtes ou des conversions massives de pays entiers.

Le royaume de Kongo, en revanche, se christianisa par sa propre volonté. Quelques années à peine après le premier contact [avec l’explorateur portugais Diego Cão (vers 1450 - vers 1486) qui fit deux voyages le long de la côte atlantique de l'Afrique au XVe siècle.], Nzinga a Nkuwu décida de se faire chrétien et d'entraîner son pays tout entier derrière lui. C'est donc en 1491 que Nzinga a Nkuwu devint chrétien, se choisissant pour nom de baptême João 1er. Et dès 1530, la nouvelle religion, soutenue par l'État, s'était implantée dans l'ensemble du pays et possédait tout un réseau d'écoles et d'enseignants, et même son propre évêque à partir de 1518.

 

Du Jourdain au Congo (statuette).jpg

Pendentif de Denis Malau,

culture kongo, XVIIIe siècle, ivoire, 13 x 4 cm,

Donald & Adele Hall collection

Si l'essor du christianisme fut si rapide dans cette région, c'est justement que la conversion ne découlait pas d'une conquête et que les dirigeants politiques de Kongo décidèrent eux-mêmes d'embrasser cette religion, usant de leur autorité et de leur pouvoir pour l'imposer.

De plus, ces dirigeants étant à l'origine de sa diffusion, les élites de Kongo purent jouer un rôle beaucoup plus important, au moment de déterminer comment la nouvelle religion allait se développer et quels aspects de l'ancienne lui seraient incorporés, que cela n'aurait été le cas s'il s'était agi d'une minorité religieuse ou d'un contexte de conquête.

En réalité, les prêtres portugais qui le connaissaient par son implication dans la mise en forme de la nouvelle foi appelaient Afonso 1er dont le règne commença en 1509, fils et successeur de João 1er, « l 'apôtre du Congo ».

Afin de soutenir cet effort théologique, un certain nombre de jeunes issus de l'élite du royaume furent, à partir de 1483, choisis et envoyés au Portugal pour y étudier ; ils revinrent ensuite au pays pour aider à imaginer comment les concepts théologiques kongo pouvaient être associés aux concepts chrétiens.

À Lisbonne, un établissement éducatif financé par les dominicains répondait aux besoins des étudiants africains ; dans les années 1530, il était dirigé par l'un des cousins d'Afonso qui portait le même prénom ».

Surprenant, n’est-il pas ?

Bernard DELCORD

Du Jourdain au Congo – Art et christianisme en Afrique centrale, catalogue d’exposition bilingue français-anglais, Paris, coédition Flammarion & Musée du quai Branly-Jacques Chirac, novembre 2016, 216 pp. en quadrichromie au format 20,4 x 26,2 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)