26/03/2014

Un immense artiste...

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Original et superbe, le catalogue de l'exposition Gustave Doré (1832-1883). L'imaginaire au pouvoir,que l'on peut admirer au Musée d'Orsay à Paris jusqu'au 11 mai 2014, l'est à plus d'un titre.

Par sa forme, d'abord : celle d'un journal de grand format – 30 x 42 cm –, à la fabrication et à la mise en page soignées ressuscitant le grand médium du XIXe siècle dans lequel l'artiste a si souvent excellé.

Par la qualité de ses reproductions de dessins, de caricatures, de gravures, d'aquarelles et de peintures, ensuite, qui permettent de mesurer de près l'étendue du talent de ce maître incontesté et toujours admiré de nos jours.

Par la qualité de son commentaire, enfin : rédigée par un doctorant, une brillante synthèse (publiée en français et en anglais) qui met en lumière de façon synthétique les éléments biographiques et les enjeux artistiques qui ont présidé à la création de plus des dix mille pièces de l'œuvre graphique monumentale de ce Simenon du crayon et du pinceau.

Une belle réussite éditoriale, donc, intitulée L'imaginaire – Gustave Doré au Musée d'Orsay, dont peuvent s'enorgueillir les Éditions Flammarion à Paris.

Il est vrai que cette exposition organisée avec le concours de la Bibliothèque nationale de France est la première rétrospective depuis trois décennies sur cet artiste majeur.

Voici ce qu'en écrit le site du Musée :

« Gustave Doré est sans doute l'un des plus prodigieux artistes du XIXe siècle. À quinze ans à peine, il entame une carrière de caricaturiste puis d'illustrateur professionnel – qui lui vaudra une célébrité internationale – avant d'embrasser tous les domaines de la création : dessin, peinture, aquarelle, gravure, sculpture.

L'immense talent de Doré s'investit aussi dans les différents genres, de la satire à l'histoire, livrant tour à tour des tableaux gigantesques et des toiles plus intimes, des aquarelles flamboyantes, des lavis virtuoses, des plumes incisives, des gravures, des illustrations fantasques, ou encore des sculptures baroques, cocasses, monumentales, énigmatiques...

En tant qu'illustrateur, Doré s'est mesuré aux plus grands textes (la Bible, Dante, Rabelais, Perrault, Cervantès, Milton, Shakespeare, Hugo, Balzac, Poe), faisant de lui un véritable passeur de la culture européenne. Il occupe ainsi une place cruciale dans l'imaginaire contemporain, de Van Gogh à Terry Gilliam, sans compter son influence certaine sur la bande-dessinée ; autant d'aspects que cette première rétrospective depuis trente ans souhaite explorer. »

Un événement et un catalogue à ne pas rater !

Bernard DELCORD

L'Imaginaire – Gustave Doré au Musée d'Orsay par Damien Delille, Paris, Éditions Flammarion, février2013,  32 pp en quadrichromie au format 30 x 42 cm sous couverture piquée Singer en couleurs, 9,50 € (prix France)

20:51 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/03/2014

Dans ma rue...

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Jérôme Catz est commissaire d'exposition indépendant depuis 2003 et il milite activement pour que les arts plastiques urbains gagnent leur place dans le monde de la culture. Il organise chaque année des expositions et a créé le réseau de centres d'art Spacejunk en France.

Il a aussi fait paraître chez Flammarion un fort intéressant album illustré intitulé Street art mode d'emploi dans lequel il initie le lecteur aux productions artistiques urbaines contemporaines qui sont tantôt provocatrices, politiques, monumentales ou poétiques – mais toujours sauvages... – et se déclinent sous des aspects aussi divers que le pochoir, l'installation, l'anamorphose, la sculpture, le collage ou les exploits.

Autant de champs d'interventions et de techniques que son ouvrage propose de décrypter afin de repérer et de mieux comprendre ce dernier-né des mouvements artistiques, qui se déploie à l'échelle planétaire et qui occupe désormais une place officielle dans l'histoire de l'art.

L'ouvrage se clôt sur l'élucidation de 30 notions clés, l'indication de 20 dates repères et la présentation de 30 artistes incontournables.

Signalons en outre aux amateurs qu'ils pourront voir une interview de l'auteur publiée sur Internet en se rendant à l'adresse suivante : http://www.youtube.com/watch?v=Txi1aAeC5nk

On n'arrête pas le progrès !

Bernard DELCORD

Street art mode d'emploi par Jérôme Katz, Paris, Éditions Flammarion, collection « Mode d'emploi » dirigée par Élisabeth Couturier, mai 2013, 256 pp en quadrichromie au format 19,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet album la présentation suivante, d'une artiste dont nous admirons le talent [1] :

Miss.Tic

Street art mode d'emploi (Miss.Tic) 1.jpg

Qui est-elle ?

Fille d'une famille modeste au destin tragique, Miss.Tic choisit son nom de scène dans le monde de la BD populaire. Née en 1956, orpheline à 16 ans, elle se lance dans le théâtre traditionnel et dans le théâtre de rue avant de tenter l'expérience américaine fin 1979. De retour à Paris trois ans plus tard, l'enfant de Montmartre conjugue les planches avec les arts appliqués et commence à marquer son territoire à coups de sentences réalisées au pochoir sur les murs. Miss.Tic est l'une des rares artistes féminines du street art de l'époque héroïque, l'une des plus connues et celle dont l'endurance et l'acharnement forcent le respect.

Poète du bitume, elle harangue le passant avec ses mots, aphorismes et faux proverbes. Tic incontrôlable ou toc sous contrôle, elle raconte avec drôlerie et esprit son rapport ou Mâle. Elle décline sa passion pour cet autre à qui elle ressemble par le risque physique qu'elle prend lors de ses interventions urbaines, alors même qu'elle soigne son image glamour. Elle crie haut et fort sa féminité comme celle de ses sœurs, avec ses états d'âme, ses envies et ses blessures et décline avec élégance et esprit la guerre des sexes ...

Carnets intimes impudiquement révélés au quidam via un humour corrosif, prose en prise directe avec les tréfonds de nos âmes, parfois « brut de décoffrage », les œuvres de Miss.Tic parlent de la fragilité de l'existence, des joies et des peines qu'il faut vivre pleinement.

Son œuvre :

Ses textes courts et incisifs, provocateurs ou questionnant, accompagnent l'image d'une femme aguicheuse et sexy qui figure dans toutes les œuvres de la miss. Le rapport entre image et mots invite le passant à la réflexion. Ses pochoirs, où le noir et le rouge se chevauchent un brin, créent ce qu'il faut de contraste et de profondeur sur le béton ou la brique.

Depuis 1986, ses déclinaisons mots/images sont régulièrement transposées sur toile ou autres supports transportables et vendues en galerie. En usant de matériaux issus de la rue, comme du métal rouillé, des reconstitutions de murs, du bois ou des affiches lacérées, Miss.Tic introduit dans les intérieurs des collectionneurs la part indissociable d'urbanité attachée à son travail. Ses déclinaisons trouvent aussi leur place dans le monde de l'affiche, pour le cinéma ou la musique, et la grande maîtresse des haïkus parisiens s'expose de Venise à Londres, de Berlin à Singapour pour le meilleur et pour l'empire... de la poésie ! Citant Prévert ou elle-même, elle s'inspire de la mémoire des rues, elle s'engage et prend position, persiste et signe...

Elle a acquis une reconnaissance légitime, n'ayant jamais failli... d'ailleurs l'aurait-elle pu ?

 

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[1] Les deux dessins que nous avons ajoutés en fin de présentation ne figurent pas dans l'album qui contient une photo de grand format qu'il ne nous a pas été possible de reproduire ici.

11:29 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/02/2014

De la beauté à l'état pur...

Une passion française (cover).jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la newsletter de février 2014 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Riche d'innombrables chefs d'œuvre (de Pierre Bonnard, Gustave Caillebotte, Camille Corot, Edgar Degas, Maurice Denis, André Derain, Raoul Dufy, Henri Fantin-Latour, Jean-Louis Forain, Paul Gauguin, Georges Lemmen, Aristide Maillol, Édouard Manet, Albert Marquet, Henri Matisse, George Minne, Amedeo Modigliani, Berthe Morisot, Camille Pissarro, Odilon Redon, Pierre Auguste Renoir, Auguste Rodin, Paul Sérusier, Alfred Stevens, Henri de Toulouse-Lautrec, Kees van Dongen et, pour l'illustration de la couverture notamment, Édouard Vuillard, si l'on ne s'en tient qu'aux artistes les plus connus), la collection de Marlene et Spencer Hays a fait l'objet d'une remarquable exposition présentée au musée d'Orsay entre avril et août 2013.

Rédigé par Claire Bernardi, Isabelle Cahn & Stéphane Guégan et coédité par Skira et Flammarion, son catalogue somptueux s'intitule Une passion française et il se doit de figurer dans la bibliothèque de tout amateur d'art qui se respecte, tant les découvertes que l'on y fait s'avèrent inédites et passionnantes.

Écoutons ses auteurs, tous trois conservateurs au musée d'Orsay :

« Rien ne prédestinait les Hays à devenir des collectionneurs. Issus de familles modestes, éduqués loin des musées et autodidactes en histoire de l'art, ils commencent par acheter des tableaux au début des années 1970 pour décorer leur maison de Nashville. À l'instar de nombre de leurs compatriotes, ils s'intéressent dans un premier temps à l'art américain. Puis vient la passion, cet aiguillon qui bouleverse leur vie.

Au début des années 1980, ils se lient avec des historiens de l'art, des conservateurs de musée et des galeristes. Ces rencontres bouleversent leurs habitudes de collectionneur. Ils orientent alors leurs choix vers les Nabis, une peinture pleine de mystère et de rêve.

Pour faire partager leur passion de l'art et de la culture française, les Hays ont accepté d'ouvrir leurs portes à New York comme à Nashville, nous laissant découvrir des chefs-d'œuvre (...) présentés parfois pour la première fois en France. »

Une idée de génie(s) !

Bernard DELCORD

Une passion française – La collection Marlene et Spencer Hays par Claire Bernardi, Isabelle Cahn & Stéphane Guégan, Rome-Paris, Éditions Skira-Flammarion, avril 2013, 208 pp. en quadrichromie au format 22,5 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 40 € (prix France)

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Amedeo Modigliani, Portrait de femme au chapeau, 1909,

huile sur carton, 35 x 27 cm

14:06 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/02/2014

Géricault Fragments de compassion

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Exposition au Musée des Beaux-Arts (MSK) de Gand, du 21 février au 25 mai 2014

En 1908, Les Amis du Musée des Beaux-Arts de Gand achètent pour une somme fort raisonnable, lors d’une vente aux enchères à Paris, un tableau de Théodore Géricault (1791-1824) intitulé Le Fou assassin. À l’époque, la presse parisienne qui faisait état de cette vente se demandait qui serait assez insensé pour accrocher une telle œuvre dans son salon ! 

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Portrait d'un cleptomane

Ce portrait, en réalité celui d’un cleptomane, faisait partie d’un ensemble de portraits d’aliénés, tout comme La Monomane de l’envie du Musée des Beaux-Arts de Lyon et Le Monomane du rapt d’enfants du Museum of Fine Arts de Springfield peints par Géricault à l’hôpital la Salpêtrière.

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La Monomane de l'envie

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Le Monomane du rapt d'enfant

En 1819, Théodore Géricault expose son grand tableau d’histoire, Le Radeau de la Méduse, qui suscite l’admiration, mais aussi la répulsion du public en raison même des circonstances tragiques du naufrage. De plus, la toile met en évidence les erreurs politiques du gouvernement, ce qui n’a pas l’heur de plaire au pouvoir alors en place. Néanmoins, cette composition monumentale fait de Géricault le porte-flambeau d’une nouvelle manière de peindre et, avec les récents événements de Lampedusa, sa peinture est plus contemporaine que jamais.

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Le Radeau de la Méduse, l’Argus en vue

Peu après, Géricault réalise une série de portraits de malades mentaux, qui renonce aux manières conventionnelles de traduire la folie en préférant rendre aux malades représentés leur personnalité et leur humanité.

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Fragments anatomiques

L’exposition veut montrer que loin d’être un peintre du tragique et du malsain, Géricault se révèle avant tout un homme soucieux de traduire la cruauté du quotidien avec une profonde empathie et une entière compassion pour les protagonistes de ses tableaux.

Pour ce faire, de nombreuses toiles, dessins et estampes d’ Eugène Delacroix, Jean-Baptiste Carpeaux, Francisco Goya, Johan Heinrich Füssli et Adolf Friedrich Menzel prêtées par des musées internationaux permettent de situer l’œuvre de cet artiste dans un contexte plus large.

Cette exposition, réalisée en partenariat avec la Schirn Kunsthalle de Francfort, a été rendue possible grâce à des prêts exceptionnels de L’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris (ENSBA) et du Musée des Beaux-Arts de Rouen.

Elle se tiendra au Musée des Beaux-Arts de Gand, du 21 février au 26 mai 2014.

Les jupons de la révolution

Une salle supplémentaire sera consacrée au rôle politique que jouèrent certaines femmes lors de la Révolution française. « Marianne » personnifie désormais la France républicaine et la Liberté. Elle n'est plus une figure idéalisée, mais revêt les traits d'une beauté roturière bien réelle.

De nombreuses femmes enthousiasmées par la portée universelle de ces idées ont voulu jouer un rôle politique.

Elles souhaitaient prendre une part active à la lutte révolutionnaire et même, en compagnie des hommes, s'enrôler dans l'armée. 

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Les jupons de la Révolution (anonyme)

Néanmoins, le pouvoir en place qui ne souhaitait pas une ingérence féminine dans les affaires de l'État, leur réserva un sort peu clément allant de l'exécution sur la place publique à la réclusion dans les premiers établissements psychiatriques. Tel fut le cas de Théroigne de Méricourt, femme politique, féministe, qui, dit-on, mena l'assaut sur les Tuileries en 1792. Elle fut déclarée folle et enfermée à la Salpêtrière tout comme L'Hyène de la Salpêtrière dont Géricault fit le portrait. Elle mourut dans cette institution psychiatrique une vingtaine d'années après son internement.

Alfredo et Isabel Aquilizan

À l’occasion de l’ouverture de l’exposition Géricault, des enfants pourront, lors d’ateliers créatifs, aider les artistes Alfredo et Isabel Aquilizan à élaborer une installation de grande dimension. Celle-ci s’inscrit dans le cadre des manifestations organisées à l’occasions de « 50 années d’émigration à Gand ». Elle fait également référence aux récentes tragédies qui ont eu lieu à hauteur des côtes de Lampedusa (Italie) et, bien entendu, au Radeau de la Méduse.

Les Aquilizan qui travaillent en couple utilisent le principe de la collecte et de la participation pour exprimer les concepts de migration de famille et de mémoire. Œuvrant dans la mesure du possible avec les collectivités locales, les Aquilizan rassemblent des objets personnels pour composer des installations complexes et formelles qui sont le reflet d’expériences individuelles concernant l’exode et le changement.

L’installation qui sera présentée au MSK revêtira la forme d’un radeau composé de centaines de petits radeaux et bateaux faits à la main. Cet assemblage de petites sculptures, réalisées par des enfants et des adultes à base d’objets et de matériaux trouvés, sera ajouté à cette œuvre en cours d’évolution. Parce qu'ils ont eux-mêmes émigré des Philippines en Australie, le travail des Aquilizan reflète leur expérience personnelle tout en instituant des échanges et en transmettant des idées qui ne connaissent pas de frontières.

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Ils ont participé à des expositions individuelles (Logan Art Gallery, Brisbane, Australie, 2008 ; The Drawing Room, Manille, Philippines, 2006) et à des expositions de groupe (Biennale de Moscou, 2013 ; Biennale de Singapour, 2008 ; Biennale d’Adélaide, Australie, 2008 ; Biennale de Sydney, Australie, 2006 ; 50e Biennale de Venise, Italie, 2003).

INFORMATIONS PRATIQUES

  • Prix d'entrée par personne : 10 €
  • Gantois(es) – personnes âgées de 65 ans et plus – groupes d'au moins 15 personnes – carte enseignante : 8 €
  • Moins de 26 ans : 2 €
  • Moins de 19 ans – les habitants de Gand chaque dimanche de 10h à 13h – accompagnateur de visiteurs handicapés –Amis du Musée des Beaux-Arts – membres ICOM/VMV – carte presse – carte guide : 0 €

Réservation

FNAC – Tél. 0900 00 600 - www.fnac.be

Excursion – Train + Ticket - en vente dans toutes les gares SNCB – www.sncb.be

Ateliers/groupes, visites guidées

T+32(0)9 269 87 50 – boekjebezoek@gent.be

12:46 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/01/2014

« La piu bella mamma nel mondo »...

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Réputée pour avoir été fondée le jour anniversaire de l'Annonciation, le 25 mars 421, et placée dès l'origine sous la protection de la Vierge, Venise est indissociablement liée à la mère de Jésus. Nombreux sont les lieux, laïcs ou sacrés, qui y font référence et innombrables les œuvres d'art qui lui ont été dédiées ou qu'elle a inspirées au fil des siècles.

C'est ce trésor artistique unique que propose de découvrir l'historienne Noëlle Dedeyan dans Venise mariale, un guide splendide somptueusement illustré comme en témoigne l'image ci-dessous [1], à travers une série d'itinéraires thématiques (avec plans, index des lieux et des artistes) structurés autour des mystères du Rosaire, qui conduisent le lecteur-voyageur au plus près des richesses intimes et variées de la Sérénissime.

Une approche spirituelle tout autant qu'esthétique qui s'adresse à tous, croyants ou non, l'une renvoyant sans cesse à l'autre dans un double appel à la contemplation et à la beauté.

Bernard DELCORD

Venise mariale par Noëlle Dedeyan, Lausanne, coédition Favre/Les 3 Orangers, août 2013, 385 pp. en quadrichromie au format 13,2 x 21,2 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,50 € (prix Suisse)

Venise mariale 2.jpg

L'Adoration des bergers (détail) par Paolo Caliari dit Veronèse (1528-1588), chapelle du Rosaire, basilique Santi Giovanni e Paolo (Castello)



[1] Et au prière d'insérer fort bien rédigé, qui a fortement inspiré notre texte de présentation de l'ouvrage...

22:04 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/12/2013

Un grand rénovateur...

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Docteur en histoire de l'art de la Sorbonne, ancien pensionnaire de la Villa Médicis à Rome, Neville Rowley a consacré sa thèse à la pittura di luce, la peinture de lumière, vaste mouvement qui occupa la scène artistique dans l'Italie du XVe siècle. Il a collaboré à l'exposition « Giorgio Morandi » au Metropolitan Museum de New York (2008) puis a été commissaire de l'exposition « Villa aperta », à la Villa Médicis (2009).

Outre différents articles dans des revues scientifiques, il a publié deux ouvrages aux Éditions Gallimard : Piero della Francesca, d'Arezzo à San sepolcro (2007) et Fra Angelico, peintre de lumière (2011) et il vient de faire paraître chez À Propos à Garches, au sein de la collection « Dans l'univers de... » recommandée par l'Association nationale française des Conseillers pédagogiques, un remarquable petit essai didactique intitulé Donatello. La renaissance de la sculpture, très clair et fort bellement illustré, consacré au grand artiste florentin (ca 1386-1466), l'un des cinq rénovateurs de l'art italien avec Masaccio, Brunelleschi, Ghiberti et Luca della Robbia.

Voici la présentation de l'éditeur :

« Donatello ? Si le nom est connu, l'œuvre l'est moins. Pourtant, avec son style en perpétuel renouvellement, plein d'ingéniosité, doté d'une imagination des plus fertiles, Donatello va bouleverser l'art de la sculpture de la pré-Renaissance et il est l'un des acteurs majeurs de cet immense mouvement artistique et culturel qui naît à Florence au début du XVe siècle : la Renaissance. Puisant aux sources de la sculpture antique, il n'hésite pas à donner aux visages et aux poses de ses statues une expressivité jusque-là inédite, alors que la conscience individuelle commence à peine à s'affirmer.

Doté d'une énergie débordante et d'une imagination fertile, il travaille aussi bien l'argile et le bronze que le bois et le marbre, multiplie les commandes à Florence, Sienne et Padoue, et s'impose dans la sculpture monumentale aussi bien que dans le bas-relief. Plongé dans l'effervescence du début du XVe siècle à Florence, il eut pour ami et, à l'occasion, rival, l'architecte Brunelleschi, et fut protégé par Côme de Médicis, admirateur éperdu du génie de l'artiste.

Tout en nous faisant revivre l'effervescence des débuts de la Renaissance aux côtés de Donatello, Neville Rowley nous invite à une lecture lumineuse de ses œuvres, parfois empreintes d'une puissance presque martiale ou au contraire très émouvantes. »

L'occasion d'admirer de bien belles choses, comme le Christ en croix (ca 1408), le Saint Georges (ca 1417), la Vierge à l'enfant (ca 1420), le Couronnement de la Vierge (1434-1437), le David (ca 1435), l'Annonciation Cavalcanti (ca 1435), la Statue équestre du Gattamelata (ca 1443), Marie-Madeleine (ca 1453) ou encore Judith et Holopherne (1457-1564), un véritable éblouissement !

Bernard DELCORD

Donatello La renaissance de la sculpture par Neville Rowley, Garches, Éditions À Propos, collection « Dans l'univers de... », septembre 2013, 64 pp. en quadrichromie au format 15,2 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 12,50 € (prix France)

12:39 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/11/2013

L'art sous les sombreros...

Les peintres mexicains 1910-1960.jpg

Le texte ci-dessous a été expédié dans la livraison de novembre 2013 de la newsletter des guides gastronomiques belges DELTA puis mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

À l'occasion de l'exposition « Frida Kahlo/Diego Rivera. L'art en fusion » présentée jusqu'au 15 janvier 2014 au musée de l'Orangerie à Paris, les Éditions Flammarion ont fait paraître, sous la plume de l'américaniste et historien d'art Serge Fauchereau (il a enseigné la littérature américaine aux universités de New York et du Texas avant d'œuvrer au Centre Pompidou où il fut commissaire de grandes expositions et d'exercer aujourd'hui dans diverses institutions muséales internationales), un beau catalogue intitulé Les peintres mexicains 1910-1960 riche de 286 illustrations en couleurs et d'explications en tout genre.

Voici comment l'auteur en fait la présentation :

« Après des siècles d'une culture riche et complexe dont les pyramides et de nombreux sites archéologiques continuent à nous impressionner, le Mexique semblait avoir perdu son originalité à partir de la conquête espagnole.

Son histoire coloniale tourmentée s'achève en 1910 avec le déclenchement d'une grande révolution au terme de laquelle le pays va retrouver son dynamisme.

Cette renaissance est flagrante dans le domaine des arts. Afin qu'il soit accessible au plus grand nombre, on développe l'éducation, on récuse l'art élitiste et l'on privilégie la gravure et la peinture murale. Dans les lieux publics, Rivera, Orozco, Siqueiros et d'autres peintres créent de vastes fresques flamboyantes qui révolutionnent l'esthétique et surprennent le monde.

Plus réservés, le peintre Carlos Mérida, le graveur Leopoldo Méndez ou le sculpteur German Cueto n'exaltent pas moins la culture populaire sans renoncer aux acquis de l'avant­gardisme européen ou local (le stridentisme !).

À aucun moment, ce mouvement général ne gênera cependant l'activité de créateurs indépendants parfois proches du surréalisme et dignes héritiers des joyeuses parades de squelettes de Posada.

Nommons les méconnus Jean Charlot, Marîa lzquierdo et l'inventif Tamayo, sans oublier la désormais célèbre Frida Kahlo.

Enfin, dans les années 1950, pour se libérer de l'autorité d'aînés qui peinent à se renouveler, de tout jeunes artistes amorcent un tournant qu'on nommera la ruptura.

Cuevas, Echeverrîa, Felguérez et leurs amis nous entraîneront alors vers notre siècle avec dextérité, couleur et humour. »

Dépaysement garanti !

Bernard DELCORD

Les peintres mexicains 1910-1960 par Serge Fauchereau, Paris, Éditions Flammarion, collection « Histoire de l'art », octobre 2013, 256 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)

19:29 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |