11/08/2016

Agapes à la Buster Keaton…

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On connaît surtout Quino pour le personnage de Mafalda, célèbre à travers le monde. Mais le talent du génial auteur argentin ne s'arrête pas là.

Illustrateur pour la presse internationale, il a également mis sa plume et son pinceau à contribution pour croquer l'absurdité du monde et dresser le portrait acide de notre quotidien.

Paru chez Glénat à Grenoble, Manger, quelle aventure ! est un recueil inédit centré autour de la table et du repas, et on y trouve de fins gourmets, des repas somptueux, des tables dressées avec raffinement, mais aussi des serveurs maladroits, des clients exigeants, des chefs presque étoilés, des manifestants affamés…

En strips ou en illustrations pleine-page comme celle que nous reproduisons ci-dessous, on retrouve dans cet album toute la sensibilité, la poésie et la tendre insolence de ce maître du dessin d'humour, pour un thème on ne peut plus universel.

Bernard DELCORD

Manger, quelle aventure ! par Quino, Grenoble, Éditions Glénat, juin 2016, 104 pp. en noir et blanc au format 18,5 x 26 cm sous couverture Intégra en couleurs, 12,75 € (prix France)

 

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28/06/2016

« Un crime peut être une œuvre d'art, et un détective un artiste. » (Agatha Christie)

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Le volumineux album intitulé Jean Valhardi, l’intégrale 2, 1946-1950 sorti aux Éditions Dupuis à Marcinelle rassemble dans leur intégralité les 199 planches des aventures du détective pour les compagnies d’assurance Jean Valhardi qu'Eddy Paape dessina entre 1946 et 1950, après que Jijé lui eut confié la série.

Alors débutant, Eddy Paape (1920-2012, connu aussi pour les séries Marc Dacier et Luc Orient) réussit pourtant à fédérer autour de lui les fans du personnage qui, depuis sa création en 1941, l'avaient élevé au rang de vedette du Journal de Spirou, et le scénariste Jean Doisy (1900-1955) continua de lui imaginer des histoires pleines de rebondissements, avant de passer le relais au très jeune Yvan Delporte (1928-2007), futur rédacteur en chef du journal et scénariste pour Peyo, Franquin, Will, Roba, Jannin ou encore Carine De Brab.

Ce deuxième volume réunit Sur le rail (1946, inédit en album), Jean Valhardi et les Rubens (1946-1947), Diamants artificiels (1947), Valhardi détective (1947-1949), Le roc du diable (1949) et À la poursuite de Max Clair (1949-1950).

Ces pages sont introduites par un dossier remarquablement documenté réalisé par Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, auteurs de La véritable histoire de Spirou.

Bernard DELCORD

Jean Valhardi, l’intégrale 2, 1946-1950 par Jean Doisy, Eddy Paape et Yvan Delporte, Marcinelle, Éditions Dupuis, juin 2016, 288 pp. en quadrichromie, au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 €

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18/06/2016

Une étoile filante de la peinture et de la sculpture…

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Robert Capa – pseudonyme d’Endre Ernő Friedmann –, né le 22 octobre 1913 à Budapest et mort le 25 mai 1954 en Indochine, est un photographe et correspondant de guerre juif hongrois, naturalisé américain.

Il a couvert les plus grands conflits de son époque et est, en 1947, l'un des fondateurs de la coopérative photographique Magnum, première de ce genre à voir le jour.

En 1933, il quitte l’Allemagne où il avait émigré en 1931 pour s’établir à Vienne puis en France à l’automne 1934. À Paris, il fait la rencontre de Gerta Pohorylle, dite Gerda Taro, née en 1910 à Stuttgart, une étudiante allemande antifasciste d'origine polonaise qui devient elle aussi photographe, et sa maîtresse en 1935.

Ses photos se vendent très mal et ils connaissent la misère jusqu’en 1936, quand Gerda échafaude un subterfuge en forgeant la légende d’un photographe américain., elle lui fait prendre un pseudonyme, celui de Robert Capa, qui sonne plus américain. Ils inventent tout un personnage autour de ce pseudonyme. Capa est américain, Capa est chic, Capa est riche, Capa est mondain.

C’est la célébrité. En août 1936, il part avec Gerda Taro comme envoyé spécial pour couvrir la Guerre civile espagnole aux côtés de troupes républicaines, pour les magazines Vu et Regard. Ses clichés font le tour du monde.

Alors que Robert Capa est de retour à Paris, Gerda Taro qui est restée en Espagne est écrasée accidentellement par un char républicain lors des combats de la bataille de Brunete. Elle meurt le 26 juin 1937, à l’âge de 26 ans, après une atroce agonie. Le jour de ses funérailles, les frères de Gerda s’en prirent violemment à Robert Capa, en lui reprochant de l’avoir entraînée vers la mort.

En 1938, il est envoyé par le magazine Life pour suivre la Seconde Guerre sino-japonaise (1937-1945). Le 3 décembre 1938, la revue de photographie anglaise Picture Post le proclame « le plus grand photographe de guerre du monde ».

Confronté aux lois françaises contre les « étrangers indésirables », il quitte Paris en octobre 1939 et émigre à New York où il est chargé par le magazine Colliers de couvrir le front d’Afrique du Nord en 1942, puis du débarquement des Alliés en Sicile. Le 6 juin 1944, toujours pour Life, il est le seul photographe présent lors du débarquement en Normandie, sur la plage d’Omaha Beach.

En décembre 1945, il suit l’actrice Ingrid Bergman à Hollywood, où il travaille comme photographe de mode et photographe de plateau. En 1948, il assiste à la naissance de l’État d’Israël. En 1954, le magazine Life a besoin d’un photographe pour couvrir la guerre d’Indochine. Se trouvant alors au Japon pour une exposition de Magnum, Robert Capa se porte volontaire. Ainsi, c’est aux côtés des troupes françaises qu’il parcourt le Viêt Nam, une partie de l'Indochine française de l'époque.

Le 25 mai 1954, au Tonkin, voulant prendre une photo d'ensemble d'un groupe de soldats français, il s’écarte du chemin où progresse la troupe et met le pied sur une mine antipersonnel. Il succombe rapidement à ses blessures [1].

Dans Capa – L’étoile filante paru chez Casterman à Bruxelles, le dessinateur français Florent Silloray dresse avec rectitude et talent le bilan d'une vie passée à couvrir les champs de bataille du monde entier.

Loin de l'image de tête brûlée qui a fait de lui une légende du photojournalisme, Robert Capa s’y raconte sans fard et dévoile la blessure – la mort de Gerda – qui a décidé de toute son existence.

De bien beaux dess(e)ins !

Bernard DELCORD

Capa – L'étoile filante par Florent Silloray, Bruxelles, Éditions Casterman, février 2016, 87 pp. en quadrichromie au format 24,4 x 32,2 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 17 €

 

[1] https://fr.wikipedia.org/wiki/Robert_Capa

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18/04/2016

Scouts du (tiers) monde…

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La Patrouille des Castors, l’intégrale 7 parue aux Éditions Dupuis à Marcinelle reprend les albums suivants : L'empreinte (histoire courte), L'île du crabe, Blocus, Le calvaire du mort pendu et Les conseils de Tapir (récits parus dans Télémoustique n°3142 à 3156).

Seul aux commandes de La Patrouille des Castors le temps de deux albums, après le départ du scénariste Jean-Michel Charlier, MiTacq apporte un nouveau souffle à la série. Les cinq scouts inséparables vivent désormais des aventures dans lesquelles se révèlent les préoccupations humanitaires de leur auteur.

Ce virage amorcé dans le volume précédent s'intensifie dans les épisodes présentés dans cette intégrale. L'association de MiTacq avec Marc Wasterlain au scénario achève d'embarquer Poulain, Mouche, Chat, Faucon et Tapir vers des thématiques davantage en phase avec leur époque.

Avec la préface d'une soixantaine de pages écrite par Gilles Ratier et richement illustrée de dessins, crayonnés ou projets de couvertures issus des archives de l'auteur, cette intégrale propose une véritable relecture d'une des œuvres majeures du Journal de Spirou, créée il y a plus de 60 ans ![1]

Bernard DELCORD

La Patrouille des Castors, l’intégrale 7 par MiTacq et Wasterlain, Marcinelle, Éditions Dupuis, avril 2016, 264 pp. en quadrichromie au format 21,8 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 28 €

 

[1] Source : http://www.dupuis.com/la-patrouille-des-castors-l-integra...

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24/03/2016

Ali, bou ma ye ! (Ali, tue-le !)

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Sur un scénario du journaliste et écrivain belge Thierry Bellefroid, le bédéiste Barly Baruti, né en 1959 au Congo Belge, a dessiné un fort bel album dans lequel se mêlent les embrouilles, sur fond du fameux match de boxe dans la catégorie poids lourds qui, en 1974, à Kinshasa alors sous la coupe du dictateur Mobutu, opposa Mohamed Ali (né en 1942 dans le Kentucky, triple champion du monde entre 1964 et 1967, converti depuis 1965 à la religion mahométane [1], réfractaire de la guerre du Vietnam en 1967 et, pour ce fait, dépossédé de son titre et de sa licence de boxe, il fut rétabli dans ses droits en 1971 par la cour suprême américaine) au jeune George Foreman (né au Texas en 1949, champion olympique en 1968 et champion du monde professionnel WBA et WBC en 1973), deux athlètes noirs au sommet de leurs capacités.

En voici le pitch :

« 1974. Ernest, petit voyou de Harlem, navigue de combine en combine pour rembourser une dette à de dangereux malfaiteurs. Grâce à un concours organisé sur une radio privée, il gagne un voyage pour assister au "combat du siècle" entre Mohammed Ali et George Foreman, à Kinshasa ! Une aubaine pour Ernest qui va pouvoir se mettre au vert et renouer avec ses racines auprès de ses "frères africains". Mais il est loin d'imaginer dans quel état se trouve le Zaïre au plus fort de la guerre froide...

Dirigé d'une main de fer par le président-dictateur Mobutu, gangrené par la corruption, le pays est devenu un véritable nid d'espions et de politiciens véreux. Des individus sans scrupule qui n'ont rien à envier aux pires truands de Harlem... Dans ce roman graphique, les auteurs font découvrir des dessous d'un événement médiatique et historique. Ne se contentant pas de relater cet épisode connu de tous, ils en profitent pour éclairer sur le contexte de l'époque, imaginant comment la guerre froide s'est invitée dans cette page de l'histoire du sport...

Les dessous d'un combat de légende où tous les coups étaient permis… »

On se souviendra aussi que l’opinion zaïroise manipulée par le « Citoyen Président-Fondateur » (sic) considéra que Mohamed Ali représentait les Noirs et que George Foreman, parce que mieux intégré à la nation yankee pourtant principal soutien du Caligula africain d’alors – le Néron du continent étant à l’époque l’Ougandais Idi Amin Dada – était l’incarnation des… Blancs !

C’est pourquoi la populace, dans un bel élan de racisme passé à la postérité, encouragea Mohamed Ali au cri d’Ali, bou ma ye, Ali, tue-le…

Bernard DELCORD

Chaos debout à Kinshasa par Thierry Bellefroid et Barly Baruti, préface de Colette Braeckman, Grenoble, Éditions Glénat, février 2016, 112 pp. en quadrichromie au format 20 x 26,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 22 € (prix France)

 

[1] Il avait rallié en 1965 le mouvement Nation of Islam d’Elijah Muhammad [1897-1975] avec qui s’était brouillé Malcolm X [1925-1965] peu avant son assassinat, puis Mohamed Ali s’est converti à l’islam sunnite en 1975.

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20/01/2016

Fin de partie...

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Poursuivant, avec Buck Danny, l’intégrale 11, la réédition des aventures du pilote de chasse américain et de ses compagnons, les Éditions Dupuis à Marcinelle ont rassemblé dans un fort album trois récits supplémentaires parus dans l'hebdomadaire Spirou, à savoir La vallée de la mort verte (1973), Requins en mer de Chine (1977) et La reine fantôme “Ghost Queen” (1979), accompagnés de quelques histoires courtes.

On y voit nos héros ferrailler avec témérité contre des trafiquants de drogue en Extrême-Orient et s’opposer avec brio à la toujours coriace Lady X…

Il s’agit des derniers épisodes (les 38e, 39e et 40e) créés par le mythique duo des « pères » historiques, Jean-Michel Charlier et Victor Hubinon, avant que Francis Bergèse ne prenne la relève en 1979.

Un ouvrage historique, donc…

Bernard DELCORD

Buck Danny, l’intégrale 11 par Vic Hubinon et Jean-Michel Charlier, Marcinelle, Éditions Dupuis, collection « Patrimoine », septembre 2015, 288 pp. en quadrichromie au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24 €

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13/01/2016

« La vie est trop courte pour qu’on se dispute. » (Baden-Powell)

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Publiées dans Le journal de Spirou entre 1978 et 1980, les deux premières aventures – sur quatre – réunies dans La Patrouille des Castors, l’intégrale 5 (chez Dupuis à Marcinelle), à savoir Passeport pour le néant et Prisonniers du large, voient les Castors embarquer pour une grande et périlleuse aventure en mer.

Cette épopée maritime prend place par ailleurs dans un contexte éditorial houleux : la collaboration entre Jean-Michel Charlier et MiTacq, tendue depuis plusieurs albums déjà, s'étiole de plus en plus.

Faute de scénario, MiTacq reprend alors les rênes et reste le seul maître à bord. Il publie successivement Le parrain, un court récit de 8 pages (1980), ainsi que deux autres albums, L’envers du décor (1981) et Souvenirs d’Elcasino (1983) évoluant vers la modernité d’alors, notamment par l’apparition de filles comme réelles protagonistes des récits, et non comme faire-valoir des garçons.

Une compilation vintage, mais passionnante à plus d’un égard !

Bernard DELCORD

La Patrouille des Castors, l’intégrale 6 par MiTacq et Charlier, Marcinelle, Éditions Dupuis, juillet 2015, 288 pp. en quadrichromie au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 28 €

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