15/03/2014

La lutte des glaces....

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Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 14/03/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique :

Inspirée par la véritable histoire du peuplement du Groenland, la fresque sauvage du Danois Søren Mosdal intitulée Erik le Rouge roi de l'hiver parue chez Casterman à Bruxelles raconte avec un talent graphique indéniable les péripéties d'une confrontation sanglante entre générations, sur fond de saga scandinave.

En voici le pitch :

« Contraint à l’exil au tournant de l’an mil, Erik Torvaldsson, surnommé Erik le Rouge, part fonder une colonie à Greenland, la grande île des régions boréales. Le milieu est terriblement hostile, mais Erik et les siens parviennent à établir une implantation humaine durable. Le patriarche aux cheveux rouges, encore redoutable malgré le passage des années, dirige fermement la petite colonie dans le respect des traditions. Mais le fragile équilibre social et politique se rompt lorsque Leif, son fils cadet, revient de Norvège converti à la religion chrétienne et accompagné d’un prêtre venu prêcher la nouvelle foi. Le choc est inévitable entre le fils et le père, entre les anciens et les modernes, entre les païens et les chrétiens… »

Une chronique viking des temps anciens, violente et inspirée, de la lutte sans merci qui opposa les zélateurs du Christ aux sectateurs d'Odin pour la conquête du pouvoir sur les âmes... et donc sur les hommes.

Bernard DELCORD

Erik le Rouge roi de l'hiver par Søren Mosdal, Bruxelles, Éditions Casterman, collection « Univers d'auteurs » mars 2014, 136 pp. en quadrichromie au format 24,3 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 22 €

11:12 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/01/2014

Fleur mortuaire...

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« Los Angeles Police Department, 1946. Dwight "Bucky" Bleichert fête son premier jour aux Mandats, le prestigieux service où rêvent de travailler la plupart des flics de la Cité des Anges. Il fera équipe avec Leland "Lee" Blanchard, un collègue qui comme lui a été boxeur, et qu’il a déjà affronté sur un ring. Malgré les non-dits entre eux, les deux hommes sympathisent. Ils ne savent pas encore qu’ils vont enquêter ensemble sur un crime qui va à la fois les rapprocher et bouleverser leur existence : la mort atroce d’une jeune femme, Elizabeth "Betty" Short, surnommée le Dahlia Noir, dont on retrouve le corps mutilé dans un terrain vague, en janvier 1947... » (L'éditeur.)

Ainsi débute l’un des plus fameux romans noirs de la littérature américaine des dernières décennies, à la fois polar haletant et portrait saisissant de Los Angeles, dans toute sa fascination trouble : Le Dahlia noir de James Ellroy, paru en 1987 et largement inspiré par le meurtre – jamais élucidé – de sa propre mère en 1958, lorsque l'auteur était encore enfant.

L’adaptation du roman d’Ellroy en bande dessinée est assurée en équipe par le scénariste et romancier français Matz (alias Alexis Nolent) et par le cinéaste américain David Fincher (à qui l'on doit le fameux Seven) tandis que le dessinateur américain Miles Hyman, déjà auteur avec Matz d’une adaptation de Nuit de fureur de Jim Thompson, en signe la superbe mise en images chez Casterman/Payot & Rivages, très inspiré par la ville de Los Angeles où il a personnellement vécu durant plusieurs années.

Une fameuse gageure, parfaitement tenue : frissons garantis !

Bernard DELCORD

Le Dahlia noir par Miles Hyman, Matz & David Fincher sur un scénario de James Ellroy, Bruxelles-Paris, coédition Casterman/Payot & Rivages, novembre 2013, 174 pp en quadrichromie au format 18,6 x 26 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 20 €

20:27 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/12/2013

Il était une fois...

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L'article ci-dessous a paru dans la livraison du 07/12/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

C'est entre 1951 et 1954, soit quelques années avant la création de son Michel Vaillant en 1957 que le jeune dessinateur français Jean Graton (il est né en 1923) fit ses armes à Marcinelle en illustrant 148 planches des fameuses Belles Histoires de l'Oncle Paul qui, en quatre pages illustrées, faisaient dans le Journal de Spirou le récit d'un événement célèbre du passé ou retraçaient les épisodes marquants de la vie de l'un ou l'autre grand personnage d'antan.

Il passionna donc bien des jeunes gens en culottes courtes et des jeunes filles en robes vichy avec les exploits ou les découvertes des corsaires malouins, de la comtesse de Montfort, de Gutenberg, de Benjamin Franklin, de Thomas Edison, de trois enfants contre les Peaux-Rouges, de Georges Guynemer, de Raoul Wallenberg, de John Ford ou de l'équipage du sous-marin Sibylle et en expliquant ce qu'étaient les délices de Capoue, le coup de Jarnac ou l'épopée de Trafalgar, entre autres...

Saluons l'heureuse initiative des Éditions Dupuis qui ont accompli ces jours-ci un insigne « devoir de mémoire » – comme on dit en patagon contemporain – en rassemblant l'intégrale de ces courts récits dans un fort album cartonné plaisamment présenté par l'archiviste Morgan Da Salvia.

De la belle ouvrage !

Bernard DELCORD

Les belles histoires de l'Oncle Paul par Jean Graton, présentation de Morgan Di Salvia, Marcinelle, Éditions Dupuis, collection « Patrimoine », novembre 2013, 192 pp. en noir et blanc au format 21,5 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 22 €

21:25 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/10/2013

De John Wayne à Clint Eastwood…

Jerry Spring, l’intégrale en noir et blanc, tome 5.jpg

Les Éditions Dupuis à Marcinelle ont fait paraître récemment le tome 5 de la série de compilations intitulée Jerry Spring, l’intégrale en noir et blanc par Jijé (alias Joseph Gillain, 1914-1980) rassemblant des albums parus en 1966 (Jerry contre KKK), 1966-67 (Le duel), 1974 (L'or de personne), 1976 (La fille du canyon) et 1977 (Le grand calumet), le tout complété de six planches et un dessin de la mini-série Que barbaridad! parue dans Le trombone illustré en 1977 et d'un court récit en trois planches, Le baron von Rischönstein chez les Empa-pahutés, publié en 1979 dans un numéro hors-série du magazine Tintin consacré au thème du western.

En voici la présentation de l'éditeur :

« Avec l'avènement des années 1960 puis 1970, l'image idéalisée du héros se fissure. L'évolution du western est à cet égard assez éclairante : des héros incarnés par John Wayne, on passe aux personnages plus complexes incarnés par le Clint Eastwood des films de Sergio Leone. Le vent de contestation qui souffle dans un monde en pleine mutation passe aussi par la bande dessinée, qui s'affranchit peu à peu de ses codes un peu rigides pour aller vers une bande dessinée plus adulte, plus politique aussi. Jijé, qui avait été ulcéré par la ségrégation et le racisme qu'il avait constatés lors de son périple américain, campe en 1966, avec le scénariste Jacques Lob, un face-à-face entre Jerry Spring et le Ku Klux Klan. Les réalités plus sombres de l'histoire du Far West sont ici invoquées, comme elles le seront ensuite dans Le duel, toujours avec Jacques Lob au scénario. Un nouvel élan créatif anime Jerry Spring. Pourtant, il disparaît du sommaire de Spirou, pour ne revenir que dans les années 1970, entre autres avec La fille du canyon, puis Le grand calumet, la dernière aventure du cow-boy. »

Des histoires passionnantes !

Bernard DELCORD

Jerry Spring, l’intégrale en noir et blanc, tome 5 par Jijé, Marcinelle, Éditions Dupuis, août 2012, 296 pp. en quadrichromie et en noir et blanc au format 30 x 22 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 28,00 €

21:50 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/08/2013

Une œuvre bouleversante...

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Parue chez Casterman à Bruxelles, l'adaptation en BD par Bernard Capo du Grand Meaulnes, le chef-d'œuvre – et unique roman publié d'Alain-Fournier (1886-1914), qui rata de peu le Goncourt 1913 – constitue une incontestable réussite graphique et un vibrant hommage artistique.

On le sait, ce récit romantique et poignant fut inspiré à son auteur (mort à la guerre en pleine fleur de l'âge) par son enfance dans le département du Cher, à Épineuil-le-Fleurie, ainsi que par son amour éperdu et sans retour pour une belle jeune fille, Yvonne de Galais.

L'ouvrage a bouleversé des millions de lecteurs pendant des décennies et il est classé à la neuvième place des cent meilleurs livres du XXe siècle.

C'était une gageure que d'en restituer le contenu au moyen de cases illustrées, sans lui faire perdre sa force d'évocation par le sfumato, sorte de brume des souvenirs qui constitue l'une des plus grandes clés de l'œuvre, mais tout en conservant une grande précision dans la représentation des personnages et des lieux.

Nul doute que, parce qu'il a brillamment atteint son but, Bernard Capo redonnera une nouvelle jeunesse à cette magique histoire d'amour éternel !

Bernard DELCORD

Le Grand Meaulnes par Bernard Capo & Alain-Fournier, Bruxelles, Éditions Casterman, octobre 2011, 64 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 16 €

16:12 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/07/2013

Une adolescente d'aujourd'hui...

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Personnage baltringue doté d'une voix hors normes, Amy Winehouse la bien nommée – elle picolait dur...– voit sa courte (1983-2011) vie habilement retracée dans une BD aux tons sombres qui met en exergue ses addictions diverses et sa révolte permanente mais sans objet.

Car qu'importe que cette adolescente attardée se sentait mal dans sa peau, qu'elle couchaillait avec le premier venu, qu'elle avait – paradoxe – une mentalité de midinette, qu'elle se griffait, se piquait (et pas seulement le nez...), se croyait nulle, usait d'un langage de charretier, vivait dans la crasse et avala son bulletin de naissance à 27 ans comme quelques-uns de ses semblables ?

La voix demeurera, avec ses intonations graves, son phrasé jazzy, son côté Sinatra et ses accents de sincérité musicale...

C'est bien ce qui compte !

Bernard DELCORD

Amy Winehouse par Patrick Eudeline, Christophe Goffette & Javi Fernandez, Bruxelles, Éditions Jungle, collection « Thriller », octobre 2012, 46 pp. en quadrichromie au format 24,3 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 12,95 €

12:15 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées, Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/07/2013

« Un bel avion est un avion qui vole bien. » (Marcel Dassault)

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Précédée d'un passionnant dossier informatif intelligemment autant qu'agréablement illustré et consacrée pour l'essentiel à la poursuite de la saga des « Tigres volants », la compilation intitulée Buck Danny, l’intégrale 8 parue aux Éditions Dupuis à Marcinelle rassemble quatre récits supplémentaires – haletants – des aventures du célèbre pilote de chasse yankee et de ses coéquipiers Tumbler et Tuckson, des planches publiées en feuilleton dans l'hebdomadaire Spirou entre 1960 et 1962 puis en albums entre 1962 et 1964, au sein desquelles nos héros affrontent à nouveau, en pleine guerre froide cette fois, l'inoxydable Lady X dans le ciel mystérieux du Viet-tân (Le retour des Tigres volants, Les Tigres volants à la rescousse, Tigres volants contre pirates), avant de se joindre à l'aventure de la conquête spatiale naissante (Opération Mercury).

L'occasion pour Vic Hubinon de se surpasser en dessinant avec une précision remarquable les avions militaires et les fusées les plus récents, rendus avec d'innombrables détails et un réalisme époustouflant.

Avis à toutes celles et à tous ceux que Top gun a fait frissonner !

Bernard DELCORD

Buck Danny, l’intégrale 8 par Vic Hubinon et Jean-Michel Charlier, Marcinelle, Éditions Dupuis, juin 2013, 244 pp. en quadrichromie au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 24 €

14:56 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |