17/12/2015

« Le savoir n’est pas difficile, seule sa mise en pratique l’est. » (Proverbe chinois)

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Créée en 1831 par Jean-Baptiste Deyrolle auquel succéda rapidement son fils Achille, la boutique-musée éponyme rassemble à Paris, dans une atmosphère de cabinet de curiosités, d'importantes collections destinées à tous les amateurs de la nature : animaux naturalisés, insectes, coquillages, curiosités naturelles, pièces rares, mais aussi des planches pédagogiques.

En effet, dès les années 1870 et jusqu'aux premières décennies du XXe siècle, la maison Deyrolle a équipé les écoles françaises ainsi que de 120 autres pays de grandes planches murales illustrées, ayant pour vocation d'enseigner les « leçons de choses » en botanique, zoologie, entomologie, physique, astronomie, géologie, minéralogie, anatomie humaine, instruction civique...

Acquise en 2001 par le prince Louis Albert de Broglie, elle a connu un renouveau certain ces dernières années, l’occasion d’une remise en valeur de son patrimoine, notamment par la publication chez Michel Lafon de deux forts volumes intitulés Leçons de choses en 2011 et 2012, rassemblés sous coffret en 2014.

Mais c’est aux Éditions de La Martinière que vient de paraître, à l’initiative de la journaliste et écrivaine Sylvie Albou-Tabart et du prince de Broglie, un passionnant album intitulé Deyrolle – À la croisée des savoirs dans lequel 85 de ces planches, reproduites en détails et en gros plan, sont chacune commentées par un scientifique de renom (primatologue, entomologiste, géologue, explorateur, chirurgien, cardiologue, virologiste...) qui apporte un éclairage sur les découvertes et sur les avancées scientifiques actuelles en la matière.

Une belle continuité du savoir !

Bernard DELCORD

Deyrolle – À la croisée des savoirs par Louis Albert de Broglie et Sylvie Albou-Tabart, Paris, Éditions de La Martinière, octobre 2015, 240 pp. en quadrichromie au format 24,7 x 31,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)

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16/12/2015

« Rien que le train-train du merveilleux… » (François Coupry)

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Märklin est un fabricant allemand de trains miniatures dont le journaliste belge Alain van den Abeele passe l’histoire en revue depuis les origines jusqu’à nos jours dans Märklin – Rêves de train, un fort beau livre paru à Liège aux Éditions Luc Pire et qui réveille bien des souvenirs.

La société fut fondée à Göppingen en 1859 par Theodor Friedrich Wilhelm Märklin et elle était alors spécialisée dans les accessoires de maisons de poupée.

En 1891, les fils du fondateur fabriquèrent un premier train à mouvement d'horlogerie avec voie modulaire en forme de 8.

Dès 1895, les premiers trains électriques et à vapeur avec une voie de 45 mm de large (réduction au 1/32e) voient le jour. En 1900 est introduit l'écartement O (réduction au 1/45e).

En 1935, le fabricant introduit l'échelle OO (1/76e), avec une voie de 16,5 mm d'écartement entre deux rails, devenue le standard international, et l'alimentation du matériel roulant fait appel au courant alternatif 20 volts.

En 1937, une gamme complète de voies, accessoires, locomotives et wagons est disponible. Märklin expose un important réseau à la Foire de Nuremberg.

Dans les années 1980, Marklin rachète son concurrent Trix et harmonise les deux gammes, spécialisant Trix dans le système à courant continu (HO 1/87e) et dans l'échelle N (1/160e) sous la marque Minitrix.

Le 4 février 2009, Märklin a déposé le bilan au tribunal de Göppingen, mais, le 25 octobre 2010, les dirigeants de la firme annoncèrent une sortie de crise [1].

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Belle, puissante et lourde (500 grammes), la TT 800 en impose. On peut voir la porte de la boîte à fumée ouvrante abritant le bouton d’inversion du sens de marche par surtension. Un luxe inouï en 1951.

Magnifiquement illustré de superbes photographies, cet ouvrage d’histoire ferroviaire, qui traite aussi – succinctement, mais bellement – des concurrents de la marque en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis est tout empreint de la nostalgie d’une époque révolue où les trains, pas seulement miniatures, arrivaient à l’heure !

Bernard DELCORD

Märklin – Rêves de trains par Alain van den Abeele, photographies d’Éric de Ville, Liège, Éditions Luc Pire, octobre 2015, 159 pp. en quadrichromie au format 28 x 23 cm à l’italienne sous couverture cartonnée en couleurs, 29 €.

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A4rklin

15:17 Écrit par Bernard dans Beaux Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/12/2015

Au pays des merveilles…

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Historien, ancien collaborateur de Georges Duby au Collège de France, Guy Lobrichon est professeur émérite d’histoire médiévale à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. Directeur des ouvrages L'Histoire de Paris par la peinture et L'Histoire de Venise par la peinture (Citadelles & Mazenod), collaborateur du Guide de la Musique du Moyen Âge (Fayard), il a aussi écrit La Bible au Moyen Âge et Héloïse - L'amour et le savoir (Gallimard).

Ce grand médiéviste vient de réaliser une gageure exceptionnelle, celle de ressusciter, en le prolongeant et en le réécrivant, un ouvrage légendaire que l’on croyait à tout jamais défunt.

Publié il y a 60 ans aux Éditions Zodiaque de l’abbaye de La-Pierre-qui-Vire à l’initiative de dom Angelico Surchamp et diffusé à 40 000 exemplaires, la Bourgogne romane, le premier ouvrage de la collection « La nuit des temps » qui comptera 88 volumes, est en effet un livre culte qui réveilla et ouvrit les yeux sur des monuments majeurs oubliés, en raison de la grande clarté de ses explications et par la magie de ses photographies en noir et blanc, de véritables bijoux d’esthétisme et de raffinement.

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Vézelay, basilique Sainte-Marie-Madeleine (Yonne)

Chapiteau de la nef sud : la pendaison de Judas

Appuyé sur les travaux du Centre d’Études médiévales d’Auxerre dont la réputation n’est plus à faire et nourri des plus récents apports, le texte de Guy Lobrichon, qui reprend l’iconographie de 1955, propose au lecteur, en 5 chapitres et 8 itinéraires, un parcours initiatique centré sur l'intuition des créateurs des XIe et XIIe siècles qui firent de leur terre un duché sans pareil et une région inspirée.

Sous la plume alerte de l’auteur qui allie science et empathie, la magie opère et une autre Bourgogne romane surgit, où l'art redevient histoire sans perdre sa part de mystère et d'indicible.

Un vrai miracle !

Bernard DELCORD

Bourgogne romane par Guy Lobrichon, Paris, Éditions Zodiaque, novembre 2015, 372 pp. en noir et blanc au format 18 x 22,3 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleurs, 39,90 € (prix France)

Table des matières :

Préambule : Art roman, Bourgogne romane

Sentences sur l'art roman

Un monde d'harmonie

Voir le visible et ce qui ne l'est pas

Décrire

L’art d'une société

L’église, un édifice public

Chapitre 1 : Naissance de la Bourgogne romane

Chemins de traverse

Un royaume, un duché, un comté

Un duché, une identité

La patrie

Chapitre 2 : La Bourgogne de l'an mil

Le nouveau duché

Le village

Troubles, Paix de Dieu, paix sur terre

Trois figures

Le « blanc manteau d'églises »

Le premier effort

Chapitre 3 : La Réforme ou le retour de Rome

Une Église, deux clergés

Le temps du pape

Le second effort : le monument réformé

Chapitre 4 : Le nouveau monde

Cluny, la seigneurie triomphante

Pèlerinage : l'apogée

Humanisme

Chapitre 5 : Révolution épiscopale. Cités de seigneurs

Le temps de la transition

Itinéraire 1 : Origines

Auxerre, Châtillon-sur-Seine, Flavigny-sur-Ozerain, Dijon, Cluny, Salmaise, Combertault

Itinéraire 2 : Le domaine de Cluny

Sennecey-le-Grand, Berzé-la-Ville, Sologny, Domange, Péronne, Donzy-le-Pertuis, Blanot, Malay, Saint-Hippolyte, Ameugny, Taizé, Massy, Bezornay, Jalogny, Mazille, Cluny, Saint-Vincent-des-Prés, Chapaize, Brancion, Lancharre

Itinéraire 3 : Le triomphe clunisien

Cluny, Paray-le-Monial, Charlieu, Marcigny, Varenne-l'Arconce, La Charité-sur-Loire, Saint-Révérien, Iguerande, Baugy, Anzy-le-Duc, Montceaux-l'Étoile, Bois-Sainte-Marie, Saint-Julien-de-Jonzy, Champvoux, Chassenard, Perrecy-les-Forges, Bragny-en-Charolais

Itinéraire 4 : Compétition. La route des évêques

Mâcon, Tournus, Chalon-sur-Saône, Dijon, Beaune, La Rochepot, Fleurey-sur-Ouche

Itinéraire 5 : Compétition. Évêques et moines face à Cluny

Autun, Avallon, Vézelay, Saulieu, Sussey-le-Maupas, Curgy, Laizy, Sémelay, Dettey, Issy-l'Évêque, Farges-lès-Mâcon, Laives, Gourdon, Mont-Saint-Vincent, Burnand

Itinéraire 6 : L'emprise capétienne

Le Sénonais et l'Auxerrois, Sens, Auxerre, Laroche-Saint-Cydroine, Ligny-le-Châtel, Bazarnes, Vermenton, Sacy, Sainte-Pallaye, Sainte-Magnance, Escolives-Sainte-Camille, Lucy-sur-Yonne, Druyes-les-Belles-Fonrtaines, Parly, Moutiers-en-Puisaye, Cosne-sur-Loire, Donzy-le-Pré, Garchizy, Nevers, Saint-Pierre-le-Moûtier, Decize, Commagny, Bourbon-Lancy

Itinéraire 7 : L'art cistercien : de Cîteaux à Fontenay et Pontigny

Fontenay, Pontigny, Bussy-le-Grand

Itinéraire 8 : Les collégiales

Avallon, Beaune, Cervon, Châtel-Censoir, Châtillon-sur-Saône, Lancharre, Saulieu

 

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05/12/2015

Une contre-histoire de l’art occidental…

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Dans Bizarre – L'autre histoire de l'art (Paris, Éditions Flammarion), Vincent Brocvielle, un spécialiste d’esthétique – on lui doit le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art – se penche avec science et sagacité sur les représentations apocalyptiques dans les manuscrits médiévaux, les anges peuplant les cieux de l'Italie renaissante, les représentations baroques du corps humain, les visions fantastiques du romantisme noir, l’inquiétante étrangeté surréaliste, l’abolition des beaux-arts à la fin du XXe siècle, les photo-mont ages, les sculptures gonflables...

Il prouve ainsi que les grands artistes ont toujours su dépasser le champ académique et repousser les limites de l'imaginaire, bien souvent en faisant fi des conventions et des censures de leur temps.

À partir d'une sélection originale d'œuvres réunies pour l'étonnement et la fascination qu'elles suscitent encore au aujourd’hui, qu'elles soient célébrissimes (Le Jardin des délices de Jérôme Bosch, les portraits d'Arcimboldo, la Tête de Méduse du Caravage, Les Ménines de Velázquez) ou plus insolites (les caricatures de Léonard de Vinci, Le Bœuf écorché de Rembrandt, Le Vol de sorcières de Goya), l’auteur s'attache au bizarre, aux « pas de côté » réalisés par les artistes, aux écarts et aux débordements de l'imagination qui, à toutes les époques, interpellent le spectateur.

Bizarre – L'autre histoire de l'art (Vanitas de Ligozzi).jpg

Vanitas par Jacopo Ligozzi, début du XVIIe siècle,

Huile sur toile, collection Franco Maria Ricci, Parme.

Ce faisant, il détaille la façon dont ces chefs-d'œuvre ont été reçus en leur temps et, plus largement, il retrace l'étonnante épopée du goût, en parcourant le panorama des mythes, des démons, des monstres, des prophètes et des apprentis-sorciers qui ont amené les artistes à transformer un sentiment d’étrangeté en objet culturel.

Pour frissonner en beauté !

Bernard DELCORD

Bizarre – L'autre histoire de l'art par Vincent Brocvielle, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2015, 256 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

21:06 Écrit par Bernard dans Beaux Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/12/2015

Cultures croisées…

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Le catalogue de l’exposition Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, qui se tiendra dans les locaux de la Fondation Bodmer à Coligny (Suisse) du 5 décembre 2015 au 10 avril 2016, est d’une grande beauté.

La rédaction du texte et des notices a été confiée au commissaire de l'exposition. Bernard Vouilloux, professeur de littérature française du XXe siècle à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste du rapport entre verbal et visuel. Le catalogue rassemble aussi des contributions de Yolaine Escande, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des arts graphiques chinois, mais aussi de Laurence Madeline, conservateur en chef du pôle Beaux-Arts aux musées des Arts et d'Histoire de Genève, ainsi qu'un entretien avec le célèbre écrivain français Michel Butor, fervent admirateur de Michaux et grand amateur d'art.

« Michaux a toujours été intéressé par les personnages. On parle de signes à son propos, mais je crois qu'il peint plutôt les mouvements humains », a écrit Zao Wou-ki.

« Zao Wou-ki a repris les jeux d'encre, à sa manière. Plus libéré du concret que ses prédécesseurs en Chine, et plus que dans ses propres peintures, sur des surfaces plus nues, plus intactes », a relevé Henri Michaux.

Écoutons Béatrice Mocquard, attachée de presse des Éditions Flammarion :

« Cet ouvrage explore les résonnances plastiques et poétiques des œuvres du grand poète et peintre d’origine belge Henri Michaux et du grand artiste Zao Wou-ki, à savoir le rôle de la Chine, l'influence de Paul Klee et le rapport à l'abstraction qui mènent à étudier l'importance du signe et du geste, préoccupations essentielles chez les deux hommes, mais aussi l'échange inestimable d'idées et d'influences, fruit de leur longue amitié.

Car c’est en 1949 qu'Henri Michaux découvre les lithographies de Zao Wou-ki, arrivé en France l'année précédente, et qu'il écrit de sa propre initiative des poèmes pour accompagner les planches de l'artiste chinois, publiés quelques mois plus tard dans Lecture de huit lithographies de Zao Wou-ki.

Cette première “lecture” prélude à une amitié de plus de 30 ans scandée de lettres, de cartes et d'œuvres qu'ils se sont offertes, mais surtout de l'échange inestimable d'idées et d'influences. Si Zao fut pour Michaux son “introducteur en choses chinoises”, la relation a incité Zao à revenir sur sa propre culture – et la rencontre fut pour chacun déterminante.

Plusieurs expositions réunissant des œuvres des deux artistes ont été organisées par des galeries, mais c’est la première fois qu’il s’en tient une sur la relation croisée entre le Français et le Chinois, grâce au très riche fonds de livres sur Michaux de la Fondation Bodmer ainsi qu’aux généreuses contributions des deux veuves des artistes. »

Une manifestation qui vaut le détour !

Bernard DELCORD

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, ouvrage collectif sous la direction de Bernard Vouilloux, préface de Jacques Berchtold, Paris, Éditions Flammarion et Coligny, Fondation Martin Bodmer, décembre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 25,5 x 23,5 cm sous couverture toilée monochrome, 39 € (prix France)

19:20 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/11/2015

« Là où il y a charité et sagesse, il n'y a plus ni peur ni ignorance. » (François d'Assise)

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Agrégé d'italien, docteur ès-lettres, Michel Feuillet est maître de conférences émérite à l'université Lyon-III-Jean-Moulin. Il a déjà consacré plusieurs ouvrages à François d'Assise (1181-1226) et à Fra Angelico (1395-1455).

Il est l’auteur d’un fort beau livre de commentaires de l'œuvre de Giotto (réunissant pas moins de 80 reproductions en couleurs) dans ses rapports avec les préceptes et admonitions de François d’Assise, un ouvrage intitulé François d'Assise selon Giotto publié à Paris aux Éditions Desclée de Brouwer, dans lequel il se penche sur le cycle de fresques de la basilique supérieure et sur les allégories franciscaines de la basilique inférieure d’Assise ainsi que sur les fresques de la chapelle Bardi dans la basilique Santa Croce de Florence.

C’est que, après la mort de François d’Assise, on voulut honorer sa mémoire par des peintures, se posa le problème de son héritage spirituel. Quelles images donner de lui ? Quelles actions représenter ?

On chargea Giotto (1267-1337) de réaliser les fresques de la basilique d’Assise en donnant satisfaction à la hiérarchie ecclésiastique, prudente et modérée. Très vite cependant, l’artiste noua une profonde complicité spirituelle avec le saint, empreinte d’une profonde empathie que confirmeront les œuvres ultérieures.

Écoutons Michel Feuillet :

« Le franciscanisme de Giotto est riche et complexe. Il est tributaire de la doctrine officielle de l'ordre. Cela étant, le génie de Giotto transcende les directives de ses commanditaires et, en de nombreux points, il rejoint le poverello dans son témoignage originel : humanité, vérité, poésie, dépouillement, amour fou, amour de ses frères les hommes, amour de toute créature et amour de Dieu, des vertus qui toutes montrent Dieu à l'œuvre dans la réalité d'ici-bas.

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Vie de Saint François, dans la basilique supérieure d’Assise.

Scène 10 : François chasse les démons de la ville d'Arezzo.

Ainsi, Giotto, se situe au-delà des discordes. Au-delà de toute querelle. Il synthétise les différents visages dont se réclament les héritiers. En cela, on peut vraiment dire qu’il est un disciple de François. Un frère de François… »

La rencontre de deux grands esprits, en somme…

Bernard DELCORD

François d'Assise selon Giotto par Michel Feuillet, Paris, Éditions Desclée de Brouwer, mars 2015, 155 pp. en quadrichromie au format 25,3 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,90 € (prix France)

18:55 Écrit par Bernard dans Beaux Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/11/2015

Drapeau écossais…

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Journaliste et auteur écossais, collaborateur régulier du Herald Scotland à la rubrique des vins et spiritueux, Tom Bruce-Gardyne a écrit plusieurs ouvrages réputés sur le scotch whisky. Il est également « maître du Quaich » (autrement dit maître de la Coquille Saint-Jacques en gaélique), une association de gardiens du temple créée à la fin des années quatre-vingt pour rendre hommage à tous ceux qui ont rendu service à l'Écosse... et au whisky !

Rien d’étonnant, par conséquent, à ce qu’il soit l’auteur d’un remarquable livre-objet sobrement intitulé Whisky dont la traduction française a paru aux Éditions Larousse à Paris.

Il y présente les multiples facettes et secrets du plus fabuleux des spiritueux : sa fabrication, son histoire, ses « barons » et la visite de ses remarquables distilleries dans les plus belles régions d'Écosse.

Écoutons l’auteur :

« Si le whisky des origines était fort rudimentaire, on lui prêtait toutefois de nombreuses vertus "médicinales". Au XVe siècle, il était considéré comme un excellent désinfectant qui, de plus, soignait les yeux fatigués, la teigne et les boutons.

Très utile aussi pour masser les articulations douloureuses ou réchauffer les membres lors des hivers rigoureux, il rendait également les hommes "joyeux, spirituels et plus audacieux". Ses ingrédients modestes, de l'orge et de l'eau, lui permettaient d'être fabriqué partout en Écosse... et le plus souvent illégalement !

Quel chemin parcouru depuis ces origines jusqu'au raffinement actuel ! »

Et l’éditeur d’ajouter fort justement :

« En sillonnant avec Tom Bruce-Gardyne la “route des whiskies” à la découverte des plus belles régions d'Écosse (les Highlands, le Speyside, Campbeltown, les Lowlands, Islay et les autres îles Hébrides), les amateurs éclairés comme les néophytes trouveront dans ce livre une multitude d'informations pour apprécier plus encore le scotch whisky.

En poussant la porte des plus grandes distilleries, ils découvriront autant de témoignages de la pérennité et du dynamisme de cet alcool millénaire et... de précieuses notes de dégustation. On le sait, le whisky est une affaire des plus sérieuses en Écosse. Plus qu'une tradition, c'est un art de vivre ! Il est d'ailleurs admirablement présent dans tous les domaines de la culture : fêtes traditionnelles, music-hall, cinéma, chanson, poésie et littérature.

En plus d'un ouvrage superbement illustré, ce coffret contient 20 fac-similés très rares.

Lettre de charles Dickens.jpg

Fac-similé d’une lettre de Charles Dickens à un ami et à laquelle il joint une bouteille de « rare vieux » whisky Glenlivet. Il lui recommande de le boire « avec autant d’enthousiasme que je le boirais à votre santé ». (1852)

D'un extrait des registres du Trésor public d'Écosse avec le premier témoignage écrit de distillation de whisky (1494) au dessin original de « l'homme qui marche », symbole de Johnnie Walker, d'une lettre de Charles Dickens accompagnant l'envoi d'une bouteille de Glenlivet à un ami, au mandat de la reine Victoria pour les frères Chivas, en passant par des sous-bocks publicitaires Black & White et Buchanan, ces documents compléteront admirablement votre immersion. »

Un univers gustatif à savourer avec modération, cela va de soi !

Bernard DELCORD

Whisky par Tom Bruce-Gardyne, Paris, Éditions Larousse, traduit de l’anglais par Valérie Feugeas et Hélène Tordo octobre 2015, un coffret au format 28,5 x 32 cm contenant un ouvrage de 108 pp. en quadrichromie accompagné de fac-similés et sous couverture cartonnée en couleurs, 39,95 € (prix France)

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