24/12/2015

La « deux poils », voiture pour tous…

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Intitulé Incroyable 2 CV – La fabuleuse histoire d’une voiture de légende, le beau livre d’Étienne Musslin et Daniel Benharrosh paru chez Larousse à Paris raconte l’histoire d’une véritable légende, car cette voiture qui fut à l'origine conçue et voulue comme un véhicule utilitaire et sans prétention fait aujourd'hui l'objet d'un culte dans le monde entier.

Écoutons l’enthousiasme des auteurs, des passionnés :

« Longtemps déconsidérée, moquée, voire méprisée, la 2 CV suscite désormais la sympathie, l'admiration et la passion. Le mythe qui l'entoure est ainsi plus vivant que jamais.

Symbole d'une époque et représentative d'un certain art de vivre, la 2 CV n'est pas à la mode et ne l'a jamais été. Simple, attachante, robuste et facile d'entretien, elle a su se faire adopter par toutes les catégories sociales et n'a pas hésité à se lancer à la conquête des contrées les plus reculées.

De 1948 à 1990, plus de cinq millions de 2 CV ont été produites. Mais comment fonctionne cette voiture ? Quels sont ses secrets ? Et qui fut à l'origine de ce projet incroyable ?

Nous avons voulu conter l'histoire passionnante de la première voiture populaire française, monument national ancré dans la mémoire collective, qui a connu un succès foudroyant.

On retrouve, au fil des pages, toutes les versions de ce modèle emblématique (fourgonnette, 4x4, confort...), ses dérivés (Méhari, Dyane, Ami 6 et 8...) comme ses séries limitées (007, Spot, Charleston, Cocorico, France 3...).

Aujourd'hui devenue “de collection”, la 2 CV se fait plus rare sur nos routes. Mais elle continue de susciter l'enthousiasme de toute une communauté de propriétaires amoureux et d'associations passionnées, qui lui est restée fidèle. “L'immortelle” n'a pas dit son dernier mot !

Un fort bel ouvrage, avec environ 500 photos issues des archives personnelles des auteurs.

Bernard DELCORD

Incroyable 2 CV – La fabuleuse histoire d’une voiture de légende par Étienne Musslin et Daniel Benharrosh, Paris, Éditions Larousse, octobre 2015, 192 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 29 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 25 € (prix France)

19:43 Écrit par Bernard dans Beaux Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/12/2015

« Rêverie, ô cigare invisible du sage ! » (Victor Hugo)

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Dans Le Petit Larousse des cigares, Guillaume Tesson se penche sur la longue histoire des bâtons de chaise, de l'ère précolombienne aux fumoirs d'aujourd'hui.

Il y décrit un savoir-faire ancestral qui a trouvé son aboutissement dans quatre terroirs principaux (Cuba, la République Dominicaine, le Honduras et le Nicaragua) et il fait connaître toutes les étapes de fabrication : semis, récolte, tri, séchage, fermentation, assemblage et roulage des cinq feuilles que comportent la tripe, la sous-cape et la cape du cigare.

Il y donne les clés d’un véritable art de vivre, car, de la découverte des bagues de collection à celle des figures mythiques, les cigares sont avant tout un moment de plaisir et de partage.

Il y prodigue aussi des conseils pour l'achat, la conservation et l'art de déguster des cigares, les accords avec les alcools et les boissons et fournit le répertoire des 65 marques les plus réputées et des 200 meilleurs cigares, classés par terroirs.

Pour chaque marque, la sélection du cigare « phare » est présentée sous forme de fiche détaillée et est illustrée d'une grande photo indiquant dans sa légende les dimensions, la composition, le prix, le temps de dégustation, la puissance et la saveur.

En complément, l’auteur mentionne les trois à cinq autres cigares importants de la marque et il fournit un glossaire ainsi que les adresses des civettes, fumoirs et clubs de France.

Un livre de chevet qui aurait plu à Winston Churchill…

Bernard DELCORD

Le Petit Larousse des cigares par Guillaume Tesson, Paris, Éditions Larousse, septembre 2015, 352 pp. en quadrichromie au format 13,8 x 19,8 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,95 € (prix France)

19:26 Écrit par Bernard dans Beaux Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/12/2015

« Le savoir n’est pas difficile, seule sa mise en pratique l’est. » (Proverbe chinois)

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Créée en 1831 par Jean-Baptiste Deyrolle auquel succéda rapidement son fils Achille, la boutique-musée éponyme rassemble à Paris, dans une atmosphère de cabinet de curiosités, d'importantes collections destinées à tous les amateurs de la nature : animaux naturalisés, insectes, coquillages, curiosités naturelles, pièces rares, mais aussi des planches pédagogiques.

En effet, dès les années 1870 et jusqu'aux premières décennies du XXe siècle, la maison Deyrolle a équipé les écoles françaises ainsi que de 120 autres pays de grandes planches murales illustrées, ayant pour vocation d'enseigner les « leçons de choses » en botanique, zoologie, entomologie, physique, astronomie, géologie, minéralogie, anatomie humaine, instruction civique...

Acquise en 2001 par le prince Louis Albert de Broglie, elle a connu un renouveau certain ces dernières années, l’occasion d’une remise en valeur de son patrimoine, notamment par la publication chez Michel Lafon de deux forts volumes intitulés Leçons de choses en 2011 et 2012, rassemblés sous coffret en 2014.

Mais c’est aux Éditions de La Martinière que vient de paraître, à l’initiative de la journaliste et écrivaine Sylvie Albou-Tabart et du prince de Broglie, un passionnant album intitulé Deyrolle – À la croisée des savoirs dans lequel 85 de ces planches, reproduites en détails et en gros plan, sont chacune commentées par un scientifique de renom (primatologue, entomologiste, géologue, explorateur, chirurgien, cardiologue, virologiste...) qui apporte un éclairage sur les découvertes et sur les avancées scientifiques actuelles en la matière.

Une belle continuité du savoir !

Bernard DELCORD

Deyrolle – À la croisée des savoirs par Louis Albert de Broglie et Sylvie Albou-Tabart, Paris, Éditions de La Martinière, octobre 2015, 240 pp. en quadrichromie au format 24,7 x 31,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,90 € (prix France)

21:45 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/12/2015

« Rien que le train-train du merveilleux… » (François Coupry)

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Märklin est un fabricant allemand de trains miniatures dont le journaliste belge Alain van den Abeele passe l’histoire en revue depuis les origines jusqu’à nos jours dans Märklin – Rêves de train, un fort beau livre paru à Liège aux Éditions Luc Pire et qui réveille bien des souvenirs.

La société fut fondée à Göppingen en 1859 par Theodor Friedrich Wilhelm Märklin et elle était alors spécialisée dans les accessoires de maisons de poupée.

En 1891, les fils du fondateur fabriquèrent un premier train à mouvement d'horlogerie avec voie modulaire en forme de 8.

Dès 1895, les premiers trains électriques et à vapeur avec une voie de 45 mm de large (réduction au 1/32e) voient le jour. En 1900 est introduit l'écartement O (réduction au 1/45e).

En 1935, le fabricant introduit l'échelle OO (1/76e), avec une voie de 16,5 mm d'écartement entre deux rails, devenue le standard international, et l'alimentation du matériel roulant fait appel au courant alternatif 20 volts.

En 1937, une gamme complète de voies, accessoires, locomotives et wagons est disponible. Märklin expose un important réseau à la Foire de Nuremberg.

Dans les années 1980, Marklin rachète son concurrent Trix et harmonise les deux gammes, spécialisant Trix dans le système à courant continu (HO 1/87e) et dans l'échelle N (1/160e) sous la marque Minitrix.

Le 4 février 2009, Märklin a déposé le bilan au tribunal de Göppingen, mais, le 25 octobre 2010, les dirigeants de la firme annoncèrent une sortie de crise [1].

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Belle, puissante et lourde (500 grammes), la TT 800 en impose. On peut voir la porte de la boîte à fumée ouvrante abritant le bouton d’inversion du sens de marche par surtension. Un luxe inouï en 1951.

Magnifiquement illustré de superbes photographies, cet ouvrage d’histoire ferroviaire, qui traite aussi – succinctement, mais bellement – des concurrents de la marque en France, en Grande-Bretagne et aux États-Unis est tout empreint de la nostalgie d’une époque révolue où les trains, pas seulement miniatures, arrivaient à l’heure !

Bernard DELCORD

Märklin – Rêves de trains par Alain van den Abeele, photographies d’Éric de Ville, Liège, Éditions Luc Pire, octobre 2015, 159 pp. en quadrichromie au format 28 x 23 cm à l’italienne sous couverture cartonnée en couleurs, 29 €.

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/M%C3%A4rklin

15:17 Écrit par Bernard dans Beaux Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/12/2015

Au pays des merveilles…

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Historien, ancien collaborateur de Georges Duby au Collège de France, Guy Lobrichon est professeur émérite d’histoire médiévale à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. Directeur des ouvrages L'Histoire de Paris par la peinture et L'Histoire de Venise par la peinture (Citadelles & Mazenod), collaborateur du Guide de la Musique du Moyen Âge (Fayard), il a aussi écrit La Bible au Moyen Âge et Héloïse - L'amour et le savoir (Gallimard).

Ce grand médiéviste vient de réaliser une gageure exceptionnelle, celle de ressusciter, en le prolongeant et en le réécrivant, un ouvrage légendaire que l’on croyait à tout jamais défunt.

Publié il y a 60 ans aux Éditions Zodiaque de l’abbaye de La-Pierre-qui-Vire à l’initiative de dom Angelico Surchamp et diffusé à 40 000 exemplaires, la Bourgogne romane, le premier ouvrage de la collection « La nuit des temps » qui comptera 88 volumes, est en effet un livre culte qui réveilla et ouvrit les yeux sur des monuments majeurs oubliés, en raison de la grande clarté de ses explications et par la magie de ses photographies en noir et blanc, de véritables bijoux d’esthétisme et de raffinement.

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Vézelay, basilique Sainte-Marie-Madeleine (Yonne)

Chapiteau de la nef sud : la pendaison de Judas

Appuyé sur les travaux du Centre d’Études médiévales d’Auxerre dont la réputation n’est plus à faire et nourri des plus récents apports, le texte de Guy Lobrichon, qui reprend l’iconographie de 1955, propose au lecteur, en 5 chapitres et 8 itinéraires, un parcours initiatique centré sur l'intuition des créateurs des XIe et XIIe siècles qui firent de leur terre un duché sans pareil et une région inspirée.

Sous la plume alerte de l’auteur qui allie science et empathie, la magie opère et une autre Bourgogne romane surgit, où l'art redevient histoire sans perdre sa part de mystère et d'indicible.

Un vrai miracle !

Bernard DELCORD

Bourgogne romane par Guy Lobrichon, Paris, Éditions Zodiaque, novembre 2015, 372 pp. en noir et blanc au format 18 x 22,3 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleurs, 39,90 € (prix France)

Table des matières :

Préambule : Art roman, Bourgogne romane

Sentences sur l'art roman

Un monde d'harmonie

Voir le visible et ce qui ne l'est pas

Décrire

L’art d'une société

L’église, un édifice public

Chapitre 1 : Naissance de la Bourgogne romane

Chemins de traverse

Un royaume, un duché, un comté

Un duché, une identité

La patrie

Chapitre 2 : La Bourgogne de l'an mil

Le nouveau duché

Le village

Troubles, Paix de Dieu, paix sur terre

Trois figures

Le « blanc manteau d'églises »

Le premier effort

Chapitre 3 : La Réforme ou le retour de Rome

Une Église, deux clergés

Le temps du pape

Le second effort : le monument réformé

Chapitre 4 : Le nouveau monde

Cluny, la seigneurie triomphante

Pèlerinage : l'apogée

Humanisme

Chapitre 5 : Révolution épiscopale. Cités de seigneurs

Le temps de la transition

Itinéraire 1 : Origines

Auxerre, Châtillon-sur-Seine, Flavigny-sur-Ozerain, Dijon, Cluny, Salmaise, Combertault

Itinéraire 2 : Le domaine de Cluny

Sennecey-le-Grand, Berzé-la-Ville, Sologny, Domange, Péronne, Donzy-le-Pertuis, Blanot, Malay, Saint-Hippolyte, Ameugny, Taizé, Massy, Bezornay, Jalogny, Mazille, Cluny, Saint-Vincent-des-Prés, Chapaize, Brancion, Lancharre

Itinéraire 3 : Le triomphe clunisien

Cluny, Paray-le-Monial, Charlieu, Marcigny, Varenne-l'Arconce, La Charité-sur-Loire, Saint-Révérien, Iguerande, Baugy, Anzy-le-Duc, Montceaux-l'Étoile, Bois-Sainte-Marie, Saint-Julien-de-Jonzy, Champvoux, Chassenard, Perrecy-les-Forges, Bragny-en-Charolais

Itinéraire 4 : Compétition. La route des évêques

Mâcon, Tournus, Chalon-sur-Saône, Dijon, Beaune, La Rochepot, Fleurey-sur-Ouche

Itinéraire 5 : Compétition. Évêques et moines face à Cluny

Autun, Avallon, Vézelay, Saulieu, Sussey-le-Maupas, Curgy, Laizy, Sémelay, Dettey, Issy-l'Évêque, Farges-lès-Mâcon, Laives, Gourdon, Mont-Saint-Vincent, Burnand

Itinéraire 6 : L'emprise capétienne

Le Sénonais et l'Auxerrois, Sens, Auxerre, Laroche-Saint-Cydroine, Ligny-le-Châtel, Bazarnes, Vermenton, Sacy, Sainte-Pallaye, Sainte-Magnance, Escolives-Sainte-Camille, Lucy-sur-Yonne, Druyes-les-Belles-Fonrtaines, Parly, Moutiers-en-Puisaye, Cosne-sur-Loire, Donzy-le-Pré, Garchizy, Nevers, Saint-Pierre-le-Moûtier, Decize, Commagny, Bourbon-Lancy

Itinéraire 7 : L'art cistercien : de Cîteaux à Fontenay et Pontigny

Fontenay, Pontigny, Bussy-le-Grand

Itinéraire 8 : Les collégiales

Avallon, Beaune, Cervon, Châtel-Censoir, Châtillon-sur-Saône, Lancharre, Saulieu

 

21:45 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/12/2015

Une contre-histoire de l’art occidental…

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Dans Bizarre – L'autre histoire de l'art (Paris, Éditions Flammarion), Vincent Brocvielle, un spécialiste d’esthétique – on lui doit le Petit Larousse de l’Histoire de l’Art – se penche avec science et sagacité sur les représentations apocalyptiques dans les manuscrits médiévaux, les anges peuplant les cieux de l'Italie renaissante, les représentations baroques du corps humain, les visions fantastiques du romantisme noir, l’inquiétante étrangeté surréaliste, l’abolition des beaux-arts à la fin du XXe siècle, les photo-mont ages, les sculptures gonflables...

Il prouve ainsi que les grands artistes ont toujours su dépasser le champ académique et repousser les limites de l'imaginaire, bien souvent en faisant fi des conventions et des censures de leur temps.

À partir d'une sélection originale d'œuvres réunies pour l'étonnement et la fascination qu'elles suscitent encore au aujourd’hui, qu'elles soient célébrissimes (Le Jardin des délices de Jérôme Bosch, les portraits d'Arcimboldo, la Tête de Méduse du Caravage, Les Ménines de Velázquez) ou plus insolites (les caricatures de Léonard de Vinci, Le Bœuf écorché de Rembrandt, Le Vol de sorcières de Goya), l’auteur s'attache au bizarre, aux « pas de côté » réalisés par les artistes, aux écarts et aux débordements de l'imagination qui, à toutes les époques, interpellent le spectateur.

Bizarre – L'autre histoire de l'art (Vanitas de Ligozzi).jpg

Vanitas par Jacopo Ligozzi, début du XVIIe siècle,

Huile sur toile, collection Franco Maria Ricci, Parme.

Ce faisant, il détaille la façon dont ces chefs-d'œuvre ont été reçus en leur temps et, plus largement, il retrace l'étonnante épopée du goût, en parcourant le panorama des mythes, des démons, des monstres, des prophètes et des apprentis-sorciers qui ont amené les artistes à transformer un sentiment d’étrangeté en objet culturel.

Pour frissonner en beauté !

Bernard DELCORD

Bizarre – L'autre histoire de l'art par Vincent Brocvielle, Paris, Éditions Flammarion, octobre 2015, 256 pp. en quadrichromie au format 19,5 x 25,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 € (prix France)

21:06 Écrit par Bernard dans Beaux Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/12/2015

Cultures croisées…

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Le catalogue de l’exposition Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, qui se tiendra dans les locaux de la Fondation Bodmer à Coligny (Suisse) du 5 décembre 2015 au 10 avril 2016, est d’une grande beauté.

La rédaction du texte et des notices a été confiée au commissaire de l'exposition. Bernard Vouilloux, professeur de littérature française du XXe siècle à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste du rapport entre verbal et visuel. Le catalogue rassemble aussi des contributions de Yolaine Escande, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des arts graphiques chinois, mais aussi de Laurence Madeline, conservateur en chef du pôle Beaux-Arts aux musées des Arts et d'Histoire de Genève, ainsi qu'un entretien avec le célèbre écrivain français Michel Butor, fervent admirateur de Michaux et grand amateur d'art.

« Michaux a toujours été intéressé par les personnages. On parle de signes à son propos, mais je crois qu'il peint plutôt les mouvements humains », a écrit Zao Wou-ki.

« Zao Wou-ki a repris les jeux d'encre, à sa manière. Plus libéré du concret que ses prédécesseurs en Chine, et plus que dans ses propres peintures, sur des surfaces plus nues, plus intactes », a relevé Henri Michaux.

Écoutons Béatrice Mocquard, attachée de presse des Éditions Flammarion :

« Cet ouvrage explore les résonnances plastiques et poétiques des œuvres du grand poète et peintre d’origine belge Henri Michaux et du grand artiste Zao Wou-ki, à savoir le rôle de la Chine, l'influence de Paul Klee et le rapport à l'abstraction qui mènent à étudier l'importance du signe et du geste, préoccupations essentielles chez les deux hommes, mais aussi l'échange inestimable d'idées et d'influences, fruit de leur longue amitié.

Car c’est en 1949 qu'Henri Michaux découvre les lithographies de Zao Wou-ki, arrivé en France l'année précédente, et qu'il écrit de sa propre initiative des poèmes pour accompagner les planches de l'artiste chinois, publiés quelques mois plus tard dans Lecture de huit lithographies de Zao Wou-ki.

Cette première “lecture” prélude à une amitié de plus de 30 ans scandée de lettres, de cartes et d'œuvres qu'ils se sont offertes, mais surtout de l'échange inestimable d'idées et d'influences. Si Zao fut pour Michaux son “introducteur en choses chinoises”, la relation a incité Zao à revenir sur sa propre culture – et la rencontre fut pour chacun déterminante.

Plusieurs expositions réunissant des œuvres des deux artistes ont été organisées par des galeries, mais c’est la première fois qu’il s’en tient une sur la relation croisée entre le Français et le Chinois, grâce au très riche fonds de livres sur Michaux de la Fondation Bodmer ainsi qu’aux généreuses contributions des deux veuves des artistes. »

Une manifestation qui vaut le détour !

Bernard DELCORD

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, ouvrage collectif sous la direction de Bernard Vouilloux, préface de Jacques Berchtold, Paris, Éditions Flammarion et Coligny, Fondation Martin Bodmer, décembre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 25,5 x 23,5 cm sous couverture toilée monochrome, 39 € (prix France)

19:20 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |