28/02/2017

L’aigle des mots…

Sur la brièveté de la vie et autres sermons .jpg

Surnommé l'Aigle de Meaux, Jacques-Bénigne Bossuet, né le 27 septembre 1627 à Dijon et décédé le 12 avril 1704 à Paris, était un homme d'Église, docteur en théologie, évêque de Meaux, prédicateur et écrivain français. Il est resté célèbre pour ses sermons ainsi que ses oraisons funèbres [1] et certains voient en lui « le plus grand [orateur] peut-être que le monde ait connu ». [2]

Dans leur collection « Folio Sagesses », les Éditions Gallimard à Paris ont réédité, sous le titre Sur la brièveté de la vie et autres sermons, sa Méditation sur la brièveté de la vie [3], son Sermon sur la Providence [4] et son Sermon sur la mort [5], trois pièces maîtresses de son œuvre accompagnées d’un puissant appareil de notes.

Voici les premières lignes de sa Méditation, demeurées très actuelles :

« C’est bien peu de chose que l’homme, et tout ce qui a fin est bien peu de chose. Le temps viendra où cet homme qui nous semblait si grand ne sera plus, où il sera comme l’enfant qui est encore à naître, où il ne sera rien. Si longtemps qu’on soit au monde, y serait-on mille ans, il en faut venir là.

Il n'y a que le temps de ma vie qui me fait différent de ce qui ne fut jamais : cette différence est bien petite, puisqu'à la fin je serai encore confondu avec ce qui n'est point, et qu'arrivera le jour où il ne paraîtra pas seulement que j'aie été, et où peu m'importera combien de temps j'aie été, puisque je ne serai plus.

J'entre dans la vie avec la loi d'en sortir, je viens faire mon personnage, je viens me montrer comme les autres ; après, il faudra disparaître. J'en vois passer devant moi, d'autres me verront passer ; ceux-là mêmes donneront à leurs successeurs le même spectacle ; et tous enfin se viendront confondre dans le néant. »

Des considérations remarquables sur la finitude et le secours divin, et plus largement une réflexion sur la place de l'homme et sur l’empreinte qu’il laisse dans le temps et dans l’Histoire, livrées par l’un des plus grands orateurs français.

Bernard DELCORD

Sur la brièveté de la vie et autres sermons par Jacques-Bénigne Bossuet, reprise de l’édition princeps d'Yvonne Champailler et Bernard Velat [La Pléiade n°33, mai 1936], Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio Sagesses », février 2017, 89 pp. en noir et blanc au format 9,9 x 17,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 3,50 € (prix France)

 

[1] Des oraisons funèbres dans lesquelles il fait sentir avec ampleur et musicalité le néant des grandeurs humaines. Il prononce en 1669 l'oraison funèbre de Henriette de France, reine d'Angleterre puis neuf mois plus tard celle de sa fille, « Madame », Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, belle-sœur du roi, décédée subitement à l'âge de 26 ans, et dont la phrase « … Madame se meurt, Madame est morte… » est restée fameuse, en 1683 celle de la reine Marie-Thérèse d'Autriche et en 1687 celle du Grand Condé, Louis II de Bourbon-Condé. Les oraisons funèbres au nombre de douze sont réputées comme des chefs-d'œuvre d'éloquence, sans modèle depuis l'Antiquité. (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-B%C3%A9nigne_Bossuet)

[2] Dictionnaire des lettres françaises, Le XVIIe siècle, dir. Cardinal G. Grente, édition révisée sous la direction de P. Dandrey, La Pochothèque, 1996, p. 174.

[3] Écrite en septembre 1648, pendant la retraite que fit Bossuet avant d’être ordonné sous-diacre à Langres.

[4] Prêché à Dijon, en la Sainte-Chapelle, le IIIe dimanche après Pâques, 7 mai 1656.

[5] Prêché au Louvre, pour la IVe semaine du carême, le 22 mars 1662.

11:33 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/01/2017

« L'économiste doit étudier le présent à la lumière du passé afin d'éclairer le futur. » (John Maynard Keynes)

Mon cours d'économie idéal .jpg

Yánis Varoufákis, né le 24 mars 1961, est un économiste et un homme politique marxiste libertaire grec, spécialiste de la théorie des jeux. Il enseigne l’économie à l’Université d’Athènes et à la Lyndon B. Johnson Graduate School of Public Affairs de l’Université du Texas à Austin (États-Unis).

Ancien conseiller économique de Giórgos Papandréou, avant de démissionner de cette fonction, il s'est rendu célèbre en critiquant très sévèrement les plans de sauvetage de la Grèce, s'attirant au passage l'inimitié des cercles dirigeants du pays. Élu député sous la bannière de Syriza lors des élections anticipées du 25 janvier 2015, sans être toutefois membre de ce parti, il a été nommé ministre des Finances du gouvernement d'Alexis Tsípras, le 27 janvier 2015. Il démissionne de son poste au lendemain du référendum du 5 juillet de la même année. La raison officielle invoquée est que son départ permettrait une plus facile obtention d'un accord entre la Grèce et la troïka européenne. Quelques jours après, dans une interview au Newstatesman, il révèle que sa position, celle d'une ligne dure dans les négociations avec les créanciers, passant par la préparation tactique d'un Grexit, a été mise en infériorité au sein du gouvernement Tsípras I [1].

Cet homme de convictions est aussi un grand vulgarisateur comme le montre son ouvrage intitulé Mon cours d'économie idéal – 8 brèves leçons pour tout comprendre publié chez Flammarion à Paris dans la célèbre collection « Champs » et qu’il a rédigé pour sa fille qui vit en Australie.

Voici ce qu’il écrit en guise de préambule :

« Ce livre n'a pas été conçu pour ennuyer le lecteur. Il a été écrit pour mettre à l'épreuve la capacité de son auteur à convaincre une adolescente récalcitrante que l'économie est trop importante pour être laissée aux seuls économistes. Et qu'elle peut même être amusante. En fait, je l'ai rédigé pour tester les limites de ma propre compréhension : si je ne suis pas capable d'énoncer clairement les questions fondamentales de l'économie, c'est que je ne les conçois pas bien moi-même. »

En s'inspirant de films tels que Matrix ou Blade Runner, en puisant dans la mythologie ou dans la vie quotidienne et en répondant à des questions d’apparence saugrenue comme : « Pourquoi les Aborigènes d’Australie n’ont-ils pas colonisé la Grande-Bretagne ? », Yanis Varoufakis tranche avec le discours dominant des économistes contemporains.

Son propos ? Intéresser chacun à l'origine de la richesse, de la pauvreté, de la puissance économique et de sa distribution dans la société, pour que nous soyons tous conscients de ce qui fait tourner le monde… et pour le changer, si possible !

Un ouvrage en tout point rafraîchissant !

Bernard DELCORD

Mon cours d'économie idéal – 8 brèves leçons pour tout comprendre par Yánis Varoufákis, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs actuel », septembre 2016, 215 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 7 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A1nis_Varouf%C3%A1kis

20:09 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2016

Trois textes magistraux…

Élie Barnavi, né en 1946 à Bucarest (Roumanie), est un historien, essayiste, chroniqueur et diplomate israélien (De 2000 à 2002, il a été ambassadeur d’Israël en France), professeur émérite d’histoire de l’Occident moderne à l’Université de Tel-Aviv, Conseiller scientifique auprès du Musée de l’Europe à Bruxelles.

En 1967, il a fait son service militaire dans les paras lors de la guerre des Six Jours. Membre du mouvement La paix maintenant, il a appelé, dans une lettre co-signée en novembre 2014 par 660 figures publiques israéliennes, les parlementaires européens à reconnaître immédiatement l'État palestinien.

Il travaille actuellement au développement du grand projet européen d’exposition relative aux relations entre l’Europe et la civilisation musulmane au fil des siècles [1].

Chez Flammarion, dans la fameuse collection « Champs », il a republié récemment trois essais remarquables, Dix thèses sur la guerre, Israël – Un portrait historique et Les religions meurtrières.

Du premier, voici ce qu’il nous explique :

Dix thèses sur la guerre.jpg

« Ces Dix thèses sur la guerre constituent un exercice d'écriture singulier : je ne suis pas un spécialiste d'histoire militaire. Ma "légitimité" vient d'ailleurs : la guerre fait partie de mon expérience de citoyen et de soldat. Elle a accompagné toute ma vie, et pénétré ma façon de m'exprimer et de penser. (…)

J'ai toujours été fasciné par le mystère fondamental que, me semble-t-il, la guerre recèle. Enrôlés dans une entreprise destinée à tuer leurs semblables et à y risquer leur propre vie, les humains sont appelés à faire fi, tout à la fois, de l’interdit moral de ne point attenter à la vie d’autrui et de l’instinct de conservation qui leur commande de préserver la leur. Pour ce faire, il leur faut remplir un certain nombre de conditions psychologiques, sociales et culturelles (…). La guerre pose aussi un certain nombre de défis éthiques, juridiques et philosophiques. Tel est pour l’essentiel l’objet de ces “thèses”. (…)

Historien de formation et universitaire de métier, je tente ici d'oublier ce que j'ai lu afin de poser sur le phénomène de la guerre un regard neuf, aussi "innocent" que possible. Partir non des livres, mais de l'expérience. J'aimerais croire que, nourrie de la réflexion, l'expérience de la guerre m'a au moins apporté un surcroît de lucidité. Mais l'intellectuel dans la guerre est-il mieux armé pour l'appréhender que Monsieur Tout-le-Monde ? Peut-être. »

Sa présentation du deuxième ouvrage est tout aussi claire :

Israël – Un portrait historique.jpg

« Plutôt que de faire une histoire de facture classique de l'État d'Israël, j'ai voulu en brosser à larges traits, à travers les problèmes qu'il a eu à affronter depuis sa venue au monde, le profil historique. Il est assurément difficile de condenser en si peu de pages une histoire aussi pleine que celle de l'État juif. Il est encore plus difficile, sinon parfaitement absurde, de prétendre à la froide objectivité sur un sujet aussi brûlant, aussi passionnément disputé que celui-là.

Mais si l'on fait grâce à l'historien de l'impartialité de l'entomologiste, on est en droit d'attendre de lui une rigoureuse honnêteté intellectuelle, sans laquelle il sera peut-être un excellent pamphlétaire, mais sûrement un exécrable historien. Je me suis par conséquent efforcé de respecter scrupuleusement le précepte que Cicéron propose à l'historien : ne rien oser dire qu'il sache faux, oser dire tout ce qu'il croit vrai. »

Et, pour le troisième, écoutons l’éditeur :

Les religions meurtrières par Élie Barnavi.jpg

« Un spectre hante le monde : le terrorisme à fondement religieux, surtout islamique. Cet essai tente d'expliquer les ressorts de ce phénomène, religieux mais aussi politique, sans nul doute le plus angoissant de notre temps. En exposant une série de "thèses" brèves et fortement argumentées, l'auteur situe ce phénomène dans le contexte historique et culturel de la religion politique en général. Il explique pourquoi la tentation fondamentaliste révolutionnaire est aujourd'hui plus forte dans l'islam que dans d'autres systèmes religieux tout aussi politiques que lui ; mais il n'en reste pas là : il cherche avant tout à définir les moyens de combattre cette tentation.

Rédigé dans une langue simple et illustré par des exemples concrets, Les religions meurtrières se veut le vade-mecum du citoyen déboussolé face à cet ennemi auquel il doit désormais se mesurer. »

Nous n’aurions pu mieux dire !

Bernard DELCORD

Dix thèses sur la guerre par Élie Barnavi, Paris, Éditions Flammarion [2014], collection « Champs essais », septembre 2015, 144 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 6 € (prix France)

Israël – Un portrait historique par Élie Barnavi, Paris, Éditions Flammarion [1982,1988], collection « Champs histoire », septembre 2015, 439 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 € (prix France)

Les religions meurtrières – Nouvelle édition par Élie Barnavi, Paris, Éditions Flammarion [2006, 2008], collection « Champs actuel », mai 2016, 192 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 7 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lie_Barnavi

18:22 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/08/2016

« L'amour est un plat tonique. » (Jean Richepin)

Toute une vie d'amour.jpg

Écrit à quatre mains par Jacques Mercier et sa fille Sophie, Toute une vie d’amour paru chez Academia-L’Harmattan à Louvain-la-Neuve fait le tour de la vie d’un couple d’aujourd’hui, du coup de foudre jusqu’au bout de l’existence, en se focalisant sur dix étapes saisies en brefs instantanés :

– La rencontre

– La lune de miel

– La « discute »

– Les tâches

– L’attente d’un enfant

– Devenir parents

– Comme d’habitude

– L’âge ingrat

– Nous vieillirons ensemble

– L’amour est éternel

Chacun de ces chapitres commence avec une description de la situation, joliment romancée par Jacques Mercier, et se conclut par l’opinion de sa fille qui est conseillère conjugale et familiale diplômée et thérapeute à Marcinelle.

Une manière originale et vivante de réfléchir à la vie comme elle va… ou comme elle devrait aller !

Bernard DELCORD

Toute une vie d'amour par Sophie et Jacques Mercier, Louvain-la-Neuve, Éditions Academia-L’Harmattan, collection « Livres libres », avril 2016, 110 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 13 €

12:25 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/06/2016

« Dieu lui-même croit à la publicité : il a mis des cloches dans les églises. » (Aurélien Scholl)

Les 50 petits trucs (infaillibles) du marketing.jpg

Comment AirBnb invente-t-il le « markète-toi toi-même » ? Pourquoi YouTube fait-il de nous des stars ? Comment Le Slip Français s'impose-t-il sur un marché saturé en reprenant l'esprit potache ?

S’adressant aux entrepreneurs et aux marketeurs à la recherche de nouvelles tendances ou aux étudiants en quête d'idées flash, mais aussi plus largement aux consommateurs que nous sommes tous pour mieux comprendre les méthodes de persuasion publicitaires, Les 50 petits trucs (infaillibles) du marketing publié à Paris aux Éditions François Bourin sous la plume d’Emmanuel Malard, un professionnel du marketing diplômé de l’IEP de Lyon et cadre dans une entreprise multinationale, met en lumière, à travers 50 marques, 50 manières de réussir grâce à des « petits trucs du marketing » simples, mais terriblement efficaces.

Grâce à ces « dessous du succès » immédiatement opérationnels, le lecteur professionnel trouvera des clefs pour développer des idées neuves sur les marchés traditionnels et du numérique.

« Si on ne devait lire qu'un livre de marketing... ce serait celui-là ! », assure son éditeur.

C’est un peu excessif, mais pas dénué de fondement !

Bernard DELCORD

Les 50 petits trucs (infaillibles) du marketing par Emmanuel Malard, Paris, Éditions François Bourin, collection « Les dessous du succès », mai 2016, 224 pp. en noir et blanc au format 13 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

Extrait :

Apple

Il était une fois… le storytelling

Dorénavant, les marques nous racontent des histoires. Elles racontent leurs origines, réelles ou fantasmées, ou la vie de leur créateur. Est-ce nouveau ? Pas forcément, rappelez-vous : en 1898, les frères Kellog révolutionnent par erreur le petit déjeuner en fabriquant des pétales de maïs, c’était précisé sur tous les paquets de céréales de notre enfance !

Mais le storytelling a trouvé son plus fort écho auprès du public via la vie politique et notamment les campagnes électorales articulées en une série de « séquences thématiques » orchestrées par les communicants. Et il s’est intensifié avec l’arrivée des sociétés de la nouvelle économie, toutes fondées sur une expérience fondatrice qu’aime à nous raconter leur dirigeant : de la pénurie d’offres d’hébergement à San Francisco pour AirBnB jusqu’au Noël en famille auquel n’a pas pu assister le créateur de Blablacar faute de billets de trains disponibles… Pourquoi nous raconter des histoires ? Tout simplement parce qu’on dit qu’une bonne histoire est vingt-deux fois plus efficace que l’évocation d’un simple fait !

La marque qui excelle à cet art du récit, et ce depuis sa création, est incontestablement Apple. Pur produit de la Silicon Valley californienne, ayant connu des hauts et des bas propices à l’élaboration d’un récit, à l’image de la traversée du désert de son fondateur, Apple pratique un marketing savamment mis en scène et ritualisé, avec des produits épurés, une communication décalée, une large place accordée à l’esthétique, et la valorisation de la spécificité de ses utilisateurs (position toutefois plus difficile à tenir quand les ventes commencent à se massifier…)

Les prises de parole d’Apple respectent un code assez strict de la narration, établi dès les premiers lancements de produit. Quand Steve Jobs présente l’Ipod en 2001, lors d’une de ces fameuses “keynotes”, les lecteurs MP3 existent déjà et il le reconnaît d’ailleurs en préambule. Commence-t-il par montrer son produit ? Non, l’effet n’aurait pas été le même. Il évoque son amour de la musique, sa collection de CD, les difficultés à emmener avec soi ses musiques préférées et invite l’audience à imaginer un monde idéal où l’ensemble de ses disques ne quitterait pas sa poche. Et c’est seulement à ce moment-là, après cette intervention très construite (initiée par la recherche de l’adhésion du public avec un centre d’intérêt commun et la mise en évidence d’un « problème ») que le produit est montré au grand jour, s’assurant ainsi une répercussion qu’il n’aurait pas eu dans une présentation classique. Ce format sera répété à l’envie, créant une forme d’attente (quelle autre marque peut convoquer cinq cents journalistes avec un simple bristol intitulé « Nous avons quelque chose à vous dire » ?) et quelques désillusions lorsque les produits ne sont plus aussi épiques que la légende.

Ce qui change pour le consommateur ? Il a l’impression d’acheter non seulement le produit mais aussi de s’approprier un peu du mythe de la marque, de se reconnaître dans son histoire, de s’approcher de l’esprit de son fondateur… Les possesseurs d’iPhone vous le diront, qui de citer la Californie et son esprit cool, qui de mentionner la figure christique d’un Steve Jobs ou encore d’évoquer la genèse de la société dans le garage d’un pavillon de banlieue. Une incarnation de l’Amérique, ni plus ni moins. Au même titre que l’aura de la marque de joaillerie new-yorkaise Tiffany, ou que d’autres produits emblématiques outre-Atlantique : la Ford Mustang, vendue au prix d’une Ford Mondeo aux États-Unis, conserve cette puissance d’attraction « mythique » en Europe. Et pour Apple, peu importe la montagne de cash-flow générée par les ventes d’Iphone, les usines chinoises de Foxconn aux conditions de travail dont il est permis de douter, c’est le fameux “design in California”, figurant en bonne place sur l’emballage, qui l’emporte et qui confère à la marque sa valeur si particulière. Portée par un portfolio de produits à la finition souvent irréprochable et par plusieurs décennies de storytelling, la marque Apple est ainsi l’une des seules marques d’électronique que l’on peut offrir, comme on se transmettrait, entre initiés, une belle histoire.

Table des matières :

AirBnB

Alpine

Amazon

Apple

Armor-Lux

Auchan

Batman (DC Comics)

Bercy Arena (AccorHotels Arena)

Blablacar

Candy Crush (King / Activision)

Carrefour

Cetelem

Coca-Cola

Cochonou

Dacia

Darty

Disney

DS (Groupe PSA)

Europe 1

GoPro

Guinness

Kindle (Amazon)

La Poste

Le Slip Français

Lego

Leroy Merlin

M & M’s

Mammouth

Matmut

McDonald’s France

Michel et Augustin

Monoprix

Nespresso

Netflix

Nina Ricci

Oasis

Ola (France Télécom)

Only Lyon

Peeple

Playstation

Plus belle la vie

Prince de Bretagne

Red Bull

Samsung

Sony Music

Uber

Unibail-Rodamco

Vente-Privée

Volvo Trucks

YouTube


 

20:36 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/02/2016

La tentation totalitaire de l’écologie

L’idéologie du réchauffement.jpg

Formé à HEC et à Harvard, Rémy Prud’homme est devenu professeur d’économie à l’Institut d’Urbanisme de Paris, à l’Université Paris XII et au MIT (Massachusetts Institute of Technology). Il a occupé ensuite le poste de directeur adjoint de l’Environnement à l’OCDE.

Il a fait paraître aux Éditions du Toucan à Paris L’idéologie du réchauffement – Science molle et doctrine dure, un ouvrage solidement documenté dans lequel, sans nier le réchauffement de la planète – l’auteur affirme même qu’au cours du XXe siècle, la température moyenne de la Terre a augmenté de 0,6 à 0,8 degré –, il s’en prend vertement aux tenants du « réchauffisme » (un mot-valise mariant réchauffement et alarmisme) qui tiennent pour une certitude absolue que la hausse des températures est anthropique.

Après le démontage de quatre catastrophismes qui ont laissé, en dépit de leurs erreurs techniques et de leur inanité dans les faits, une trace indélébile dans les esprits contemporains, sans doute parce que leurs auteurs étaient considérés comme des « savants » alors qu’ils n’étaient que de simples prophètes de malheur quelque peu illuminés à la manière du professeur Philippulus annonçant le châtiment dans Tintin et l’étoile mystérieuse (Thomas Malthus et son Essai sur le principe de population [1798], Stanley Jevons et Sur la question du charbon [1865], Rachel Carson et Le printemps silencieux [1962], Dennis et Dorabella Meadows et The Limits of Growth [1972]), Rémy Prud’homme dénonce la dérive idéologique du « réchauffisme » qui, comme toute idéologie, porte en lui une tendance dangereusement totalitaire.

Écoutons-le :

« Ce mouvement d’idées présente les 5 caractéristiques d’une idéologie, selon les critères établis par Hannah Arendt :

– il est monocausal : les rejets de CO2 causés par l’homme expliquent à eux seuls le réchauffement dramatique de la planète.

– il est scientifiste : il prétend s’appuyer sur une science unique, irréfutable.

– il est étatique : à la différence des religions, les idéologies sont toujours capturées, instrumentalisées par des États.

– il est révolutionnaire : il faut tout changer pour « sauver » la Terre.

– il est populaire : l’adhésion des peuples est forte. »

Rémy Prud’homme décrit aussi le catéchisme « réchauffiste » et montre ses nombreuses failles, basées notamment sur des approximations méthodologiques, des contre-vérités scientifiques et une récupération politique autant qu’affairiste.

Enfin, il détaille par le menu les causes et les conséquences du réchauffement climatique, ainsi que l’aspect chimérique, voire dangereux, des solutions préconisées par le GIEC, par les ONG, par les médias et par les églises de tout poil, tous et toutes peu ou prou stipendiés, qui se sont emparés de la question pour en faire une véritable religion inquisitoriale…

À l’en croire, vivement la révolution des idées, l’abolition de la religion bobo, l’abandon de ses privilèges et le renversement de ses ayatollahs !

Bernard DELCORD 

L’idéologie du réchauffement – Science molle et doctrine dure par Rémy Prud’homme, Paris, Éditions du Toucan, collection « L’Artilleur », novembre 2015, 282 pp. en noir et blanc au format 14 x 22 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 20 € (prix France)

Sommaire :

I. INTRODUCTION

Quatre catastrophismes

Le réchauffisme comme idéologie

Contenu de l'essai

II. LE CATÉCHISME RÉCHAUFFISTE

La notion de catéchisme

Le contenu du catéchisme

Une version médiatique du catéchisme

III. LES GARDIENS DU TEMPLE

Les organisations internationales

Les hommes politiques

Les chercheurs

Les ONG, les médias et les églises

Le GIEC

Le système réchauffiste

IV. LE RÉCHAUFFEMENT ANTHROPIQUE

Les fondements scientifiques de la doctrine

Les mesures de la température

Les températures avant le XIXe siècle.

La faible corrélation C02-températures

La stagnation des températures au XXIe siècle

Les réactions réchauffistes

V. LES CONSÉQUENCES DU RÉCHAUFFEMENT

Mise en perspective

Glaces et niveaux des mers

Précipitations et inondations

Évènements extrêmes

Bienfaits du C02

Dommages aux pays pauvres

VI. LE PAYS DES CHIMÈRES

La chimère de la planification intégrale

La chimère des réductions massives

La chimère de l'électricité sans C02

La chimère de la croissance verte

VII. LA TENTATION TOTALITAIRE

La propagande réchauffiste

L'endoctrinement réchauffiste

L'intolérance réchauffiste

Le colonialisme réchauffiste ?

VIII. CONCLUSION

Une science fragile

Une idéologie dangereuse

RÉFÉRENCES

SITES

SIGLES

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10/12/2015

Une vie au jour le jour…

Célébration du Quotidien.jpg

Remarquable de sensibilité, d’élégance et de finesse, Célébration du Quotidien, le court essai de la poétesse et nouvelliste catholique belge Colette Nys-Mazure paru en 1997 et réédité en 2007 et 2010, vient de ressortir à nouveau, cette fois dans la collection de poche des Éditions Desclée de Brouwer à Paris.

Il s’agit, inscrite dans le sillage de Les Chansons et les Heures (1922)[1] d’une succession de lettres dans lesquelles les touches pointillistes dépeignent subtilement le quotidien de son existence de femme toute simple, d’épouse aimée, de mère aimante, d’enseignante attentive, mais aussi d’enfant orpheline à 7 ans et d’amie d’une mourante qu’elle accompagne avec douceur, des drames qui, paradoxalement, ouvrent sur la grande joie des petits bonheurs, ceux que l’on savoure et surtout que l’on partage en pleine conscience de leur fragilité et de leur beauté passagère.

Parce que la mort rôde et taraude, chaque instant de vie devient, pour autant qu’on sache y être attentif en l’examinant sous le bon angle, la prémisse et la promesse d’une victoire personnelle et collective sur le néant.

Et Colette Nys-Mazure de conclure sur une citation de l’écrivain Jean Sulivan (1913-1980) : « Ne craignez pas pour ceux que vous laissez. Votre mort en les blessant va les mettre au monde ».

Un sacré livre !

Bernard DELCORD

Célébration du Quotidien par Colette Nys-Mazure, préface de Gabriel Ringlet, Paris, Éditions Desclée de Brouwer, collection « Poche », octobre 2015, 174 pp. en noir et blanc au format 11,2 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,90 € (prix France)

 

[1] De la poétesse auxerroise Marie Noël (1883-1967).

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