24/01/2015

Une bibliothèque de rêve…

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Bruno de Cessole a été notamment journaliste au Figaro, à L'Express et au Point, et critique littéraire des Lettres françaises et des Nouvelles Littéraires. Il a dirigé La Revue des Deux Mondes et est actuellement rédacteur en chef du service culture de Valeurs actuelles. Il collabore également au journal Service littéraire.

Après son Défilé des réfractaires [1] en 2011, dans lequel il passait en revue les écrivains français véritablement anticonformistes et libres, la maison parisienne L’Éditeur a publié en 2014 son Internationale des francs-tireurs [2] qui le complète, puisqu’il y « convoque le panthéon mondial des écrivains libertaires ou contestataires », pour « acquitter une dette, celle contractée envers les auteurs qui l'ont nourri, éclairé ou encouragé ».

De Jane Austen à Stefan Zweig en passant par Karen Blixen, Giacomo Casanova, Franz Kafka, Anaïs Nin, Ezra Pound ou Virginia Woolf, l’auteur brosse 46 portraits d’écrivains connus ou méconnus du XVIIIe siècle à nos jours [3] dans un bel exercice d'invitation à la découverte ou à la relecture.

Car c’est un indéniable vent d’indépendance qui souffle dans les pages et les esprits de ces femmes et de ces hommes pour qui la plume crée le monde et le transforme, en dépit des pesanteurs contemporaines, du jugement de la société ou des bien-pensances de toutes obédiences.

Et pour être de bonne mesure, suggérons à Bruno de Cessole d’ajouter à sa liste déjà longue et fort pertinente les noms d’Hugo Claus, de John Flanders, d’Aldous Huxley, de Níkos Kazantzákis, de David Herbert Lawrence, de Boris Pasternak, de Chuck Palahniuk ou d’Alexandre Soljenitsyne pour garnir encore davantage les rayons de sa passionnante bibliothèque d’honnête homme vraiment libre…

Bernard DELCORD

L'Internationale des francs-tireurspar Bruno de Cessole, Paris, L’Éditeur, octobre 2014, 607 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)


[1] « D’Aymé à Houellebecq, de Berl à Camus, de Colette à Kundera, de Suarès à Modiano, de Queneau à Muray, une cinquantaine de portraits d’écrivains français du XIXe siècle à nos jours figurent dans cette anthologie subjective, partiale, voire de mauvaise foi, et dessinent une certaine idée de la littérature, que l’auteur a défendue et défend toujours dans la presse. » (Babelio)

[2] « Franc-tireur : soldat qui ne fait pas partie de l'armée régulière. »

[3] Jane AUSTEN, Thomas BERNHARD, Karen BLIXEN, Jorge Luis BORGES, Anthony BURGESS, Lewis CARROLL, Giacomo CASANOVA, Cyril CONNOLLY, Joseph CONRAD, Gabriele D’ANNUNZIO, Lawrence DURRELL, Nicolás Gómez DÁVILA, Knut HAMSUN, Jim HARRISON, Ernest HEMINGWAY, Samuel JOHNSON, Ernst JÜNGER, Ismail KADARÉ, Franz KAFKA, Rudyard KIPLING, Giuseppe Tomasi di LAMPEDUSA,, Giacomo LEOPARDI, Jack LONDON, Malcolm LOWRY, Norman MAILER, Henry MILLER, Yukio MISHIMA, Vladimir NABOKOV, Vidiadhar Surajprasad NAIPAUL, Friedrich NIETZSCHE, Anaïs NIN, Paul NIZON, George ORWELL, Fernando PESSOA, Ezra POUND, Gregor VON REZZORI, Ernst VON SALOMON, James SALTER, Arthur SCHOPENHAUER, Italo SVEVO, Henry David THOREAU, Robert WALSER, Oscar WILDE, Virginia WOOLF, Alexandre ZINOVIEV et Stefan ZWEIG.

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04/01/2015

Un texte « dérangeant »…

L'affaire Simenon.jpg

Alain De Preter est juriste de formation et il a exercé le métier d’avocat à Bruxelles pendant dix-sept ans. Depuis une dizaine d’années, il travaille en tant qu’éducateur dans un hôpital de jour pour adultes présentant des difficultés psychologiques. Il a également fait partie pendant plusieurs années de la Société belge de psychologie analytique C.G. Jung.

C’est dans le cadre de sa réorientation professionnelle (licence en sciences de la famille et de la sexualité à l’UCL) qu’il a rédigé L’affaire Simenon, un essai abondamment documenté paru aux Éditions Avant-propos à Waterloo, dans lequel il « se propose de répondre aux questions que la fille du romancier pose au sujet de son mal-être dans des écrits que son père a fait publier après son décès – Marie-Jo s’est suicidée le 20 mai 1978 à l’âge de 25 ans.

Dans ses Mémoires intimes, Georges Simenon [1] accuse sa seconde femme Denyse d’être responsable de la mort de leur fille et il prétend également que Marie-Jo lui aurait proposé d’avoir des rapports incestueux avec lui. Selon Alain De Preter, ces accusations ne résistent pas à un examen sommaire des faits qui révèle que Simenon entretenait une relation pour le moins ambiguë avec sa fille.

L’enquête change alors d’orientation et se focalise sur l’homme qui avait fait profession de raconter des histoires.

Qui était “Dad” ? À partir du concept de nécrophilie développé par Erich Fromm [2], l’auteur met au jour certains aspects de la personnalité de l’écrivain et donne sens à différents événements de la vie familiale qui, sans cela, restent incompréhensibles. La psychologie humaniste de Fromm permettrait également de comprendre comment – et selon quel processus – Simenon se serait rendu coupable de maltraitance envers les femmes de son entourage. »

La thèse se fonde donc sur les concepts de biophilie et de nécrophilie élaborés par Erich Fromm pour qui ils sont voisins des notions freudiennes de pulsion de vie et de pulsion de mort.

Mais de quoi s’agit-il exactement ?

Voici ce qu’en a dit le professeur Yvon Pesqueux dans un cours donné en 2003 à l’Université Paris-IX Dauphine :

« En traitant le problème de la nécrophilie, Erich Fromm affirme que “la plupart des hommes possèdent en eux les deux types de tendances (biophilie et nécrophilie) à la fois, mais dans des proportions variées” [3], encore qu’il y ait des gens qui se vouent entièrement à la mort ou à la vie.

Littéralement, “nécrophilie” veut dire “amour des morts”, mais dans le cas de la perversion manifeste d’une tendance de l’amour de la mort, de détestation de la vie qui se rencontre chez un grand nombre de gens. Dans cette catégorie sont également rangées les personnes qui aiment raconter des histoires de maladie, de funérailles, etc.

Les traits distincts des personnes nécrophiles sont les suivants :

– Elles sont tournées vers le passé,

– Elles sont froides, distantes, fanatiques de la “loi et  de l’ordre”,

– Elles voient la force comme un moyen de détruire les autres.

Pour le biophile, l’humanité se divise en deux groupes contraires, le masculin et le féminin, tandis que pour le nécrophile, l’humanité se partage en deux “sexes”, les puissants et les impuissants. Le désir de manger un cadavre se rencontre chez ce type de gens en état inconscient, à savoir dans leurs rêves.

Dans la société moderne, l’individu porté à la nécrophilie aime tout ce qui est figé et mécanique. »

Une façon plutôt polémique, on en conviendra, de se pencher sur Georges Simenon à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire de son décès et de fournir des clés d’interprétation de son œuvre…

Bernard DELCORD

L’affaire Simenon par Alain De Preter, Waterloo, Éditions Avant-propos, octobre 2014, 383 pp. en noir et blanc au format 15 x 23,5 cm sous couverture brochée bicolore, 29,95 €


[1] 1903-1989.

[2] Erich Fromm (1900-1980) est un psychanalyste humaniste américain d'origine allemande. Il est, avec Theodor Adorno et Herbert Marcuse, entre autres, un des premiers représentants de l'École de Francfort. Il est également connu comme un sociologue marxiste ayant fait la conjonction de Karl Marx avec Sigmund Freud. Il a enseigné au Bennington College, à l'Université Columbia, puis à l'université du Michigan et à Yale. Il fut le chef de file de l'école culturaliste à Chicago avant de rejoindre le MRI (Mental Research Institute) de l'École de Palo Alto puis de fonder et diriger la Société Mexicaine de Psychanalyse en 1956 tout en enseignant à l'Université Nationale Autonome du Mexique. (Source : Wikipédia.)

[3] Erich Fromm, Le cœur de l’homme, Paris, Éditions Payot & Rivages, collection « Petite Bibliothèque Payot », 2002, p. 47.

13:55 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/09/2014

Du devoir moral

Les Devoirs (Cicéron).jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 05/09/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Dernière œuvre philosophique de Cicéron (106-43 avant J-C), le traité Les Devoirs, adressé à son fils à la fin de l'année 44, se penche sur la question de l'action appropriée en tentant de déterminer les formes de l'action morale, parfaite chez le sage.

Pour ce faire, le grand avocat romain explore successivement les concepts d'action morale, d'utile et d'honnête pour défendre la thèse selon laquelle on ne doit jamais tenir pour utile ce qui n'est pas honnête, car c'est en vérité l'honnête seul qui, tout bien considéré, est véritablement utile.

Cicéron a composé ce testament philosophique au moment où il entreprenait son dernier combat pour la République romaine contre les ambitions tyranniques de Marc-Antoine, qui s’appropriait alors l'héritage de César, mort quelques mois plus tôt.

Cet ouvrage, qui reparaît aux Belles Lettres à Paris dans une édition bilingue au texte latin établi par Maurice Testard et traduit en français par Stéphane Mercier, deux éminents latinistes belges de l’UCL, a connu un retentissement considérable dans l’histoire, marquant de son empreinte la pensée d’hommes aussi divers que Pline l’Ancien, Ambroise de Milan, Érasme, Kant, Montesquieu ou Frédéric II de Prusse.

Mais pas celle des politiciens, c’est sûr…

Bernard DELCORD

Les Devoirs par Cicéron, édition bilingue français-latin dirigée par Maurice Testard et traduite par Stéphane Mercier, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Classiques en poche », mars 2014, 495 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,50 € (prix France)

19:40 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/08/2014

« L'école enseigne la prose, non la poésie. » (Benedetto Croce)

Moi, ministre de l'Enseignement.jpg

Un an après la publication de son brûlot intitulé Les profs au feu et l’école au milieu, Frank Andriat remet un ouvrage sur le métier avec Moi, ministre de l’Enseignement, un essai paru aux Éditions de La Renaissance du livre dans lequel il dresse la liste des dix propositions dont l’application permettrait, assure-t-il, de renflouer le Titanic qu’est devenu selon nous l’enseignement en Belgique francophone, à savoir :

– défendre une école de l’excellence pour tous ;

– partir des besoins des élèves et des profs ;

– s’inspirer du bas pour aller vers le haut ;

– publier des programmes clairs et précis ;

– créer de l’espoir ;

– donner la primauté à l’éducation et à la culture ;

– être rassembleur plutôt que diviseur ;

– ne pas avoir de certitudes ;

– garantir une école du sens et de la liberté ;

– oublier les sondages et les statistiques.

De belles et bonnes idées, assurément, frappées au coin du bon sens et auxquelles nous ajouterions le retour aux fondamentaux de l’orthographe et du calcul, mais leur application dans un futur proche – il n’est pas interdit de rêver…– assainirait-elle les écuries d’Augias ?

 Moi, ministre de l'Enseignement (Milquet).jpg

Rien n’est moins sûr, à notre avis, la situation de déréliction dans nombre de bahuts étant ce qu’elle est devenue en raison de l’incurie des politiques (un tweet récent de la nouvelle ministre de l’Éducation, contenant une grossière faute d’orthographe en est la preuve administrée), en raison de l’ignorance de pédagogues autoproclamés ou cooptés par des pairs insanes faisant des ravages parmi les futurs profs (ainsi, dans l’une nos universités les plus réputées, un des responsables essentiels de l’agrégation d’une importante section de la Faculté des Lettres sait à peine parler le français, et encore moins l’écrire… tandis que la dernière leçon donnée par plus d’un inspecteur tatillon remonte à des lustres), en raison de la médiocrité crasse de certains enseignants (prof moi-même, j’ai connu des collègues pour qui le préfet établissait à l’avance le calendrier de leurs absences « pour maladie », aussi prévisibles qu’injustifiées), en raison de la démission d’innombrables parents face à la consommation de shit et d’Internet jusqu’à point d’heure par leur progéniture, mais qui, en bons consommateurs brandissant leurs droits, exigent que leurs enfants « aient leurs points » à tout prix, y compris celui de la menace ou du chantage et, last but not least, en raison du manque d’intérêt d’innombrables jeunes pour qui, l’ascenseur social étant désormais hors d’usage et le chômage frappant dans tous les azimuts, la vraie vie est ailleurs qu’en classe…

Les métastases de ce cancer ne cessant de proliférer, faut-il craindre que la thérapie préconisée par Frank Andriat ne se voie appliquée au patient qu’après le décès de celui-ci ?

Non ! Car comme le village gaulois d’Astérix, des établissements scolaires et des profs résistent encore çà et là avec un succès indéniable, en se fondant sur un espoir jamais déçu : celui de l’incommensurable capacité de cœur – plutôt que de savoir, celui-ci venant alors par surcroît – d’une jeunesse de plus en plus métissée se débattant dans un monde que l’on dit globalisé, mais qui s’ingénie à lui fermer toutes les portes…

Bernard DELCORD

Moi, ministre de l'Enseignement par Frank Andriat, Waterloo, Éditions de La Renaissance du livre, août 2014, 156 pp. en noir et blanc au format 13 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,90 €

16:57 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/07/2014

Envolées lyriques et diatribes profondes...

Les plus beaux discours (Jean Jaurès).jpg

Né à Castres (Tarn) le 3 septembre 1859, agrégé de philosophie et docteur, homme politique issu du monde rural, chrétien convaincu, dreyfusard, penseur et orateur hors pair, Jean Jaurès est l'un des pères fondateurs du parti socialiste français en 1902 et de la SFIO [1] en 1905 ainsi que du quotidien L’Humanité en 1904, auquel collaborent alors Anatole France, Octave Mirbeau et Jules Renard.

Pacifiste, Jaurès fut assassiné le 31 juillet 1914 par le nationaliste Raoul Villain [2] au Café du Croissant, 146, rue Montmartre à Paris (2e arrondissement), ce qui précipita le déclenchement de la Première Guerre mondiale par le ralliement de la gauche française, y compris de certains socialistes qui hésitaient, à l’« Union sacrée ».

Sa dépouille a été transférée au Panthéon en 1924 et ses idées métaphysiques ont fait l’objet d’une remarquable étude de feu Henri Guillemin (1903-1992), L’arrière-pensée de Jaurès parue chez Gallimard en 1966, dans laquelle sont exposés, avec la fougue qui était coutumière à l’historien bourguignon, les tenants et les aboutissants de l’engagement spirituel et politique du martyr de la paix qui avait aussi été député de Carmaux.

Pour commémorer le centenaire de son assassinat, les Éditions Librio à Paris ont rassemblé dans Les plus beaux discours les prises de parole les plus importantes de Jean Jaurès, notamment le discours des deux méthodes, le discours à la jeunesse et le discours de Vaise, prononcé la veille de sa mort.

Dans ces textes, il aborde de nombreuses questions :

Le socialisme est-il compatible avec la République ? Que propose le parti face à la crise du monde paysan ? Réformisme ou « classe contre classe » ? Quel rôle les prolétaires ont-ils joué dans l'histoire de France ? Que penser de la laïcité ? Peut-on vraiment être pacifiste en 1914 ?

Homme de valeur et de valeurs, notre tribun fut un protagoniste majeur du passage à la modernité de la République française au tournant du XXe siècle, et ses convictions généreuses n’ont pas pris une ride, si ce n’est que les socialistes d’aujourd’hui ne les partagent plus, tout occupés qu’ils sont par leurs jeux politiciens, leur ambition personnelle, leur course aux bonnes places et leurs affaires d’argent.

De quoi s’écrier : « Jaurès, reviens, ils sont devenus fous ! »

Bernard DELCORD

Les plus beaux discours de Jean Jaurès, Paris, Éditions Librio, collection « Idées »,  mai 2014, 127 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 € (prix France)


[1] Section française de l'Internationale ouvrière.

[2] Qui fut acquitté pour ce crime le 29 mars 1919 après avoir passé la grande Guerre en prison, devint par la suite un délinquant de droit commun, perdit plus ou moins la raison et fut exécuté par des anarchistes le 17 septembre 1936, durant la guerre civile espagnole, à Ibiza où il s’était finalement réfugié.

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29/07/2014

Bien dit !

Multilinguisme et orthophonie.jpg

Rassemblant les réflexions et partageant les pratiques professionnelles de nombreux contributeurs universitaires, l’essai coordonné par Henny-Annie Bijleveld, Françoise Estienne et Fabienne Vander Linden paru chez Elsevier Masson à Issy-les-Moulineaux sous le titre Multilinguisme et orthophonie fait le point sur deux questions cruciales, celle de pouvoir s’exprimer correctement dans plusieurs idiomes différents et celle des moyens à mettre en œuvre pour y parvenir.

Écoutons ces dames, grandes spécialistes de la question :

« Parler deux ou plusieurs langues est une réalité bien vivante et un phénomène qui a toujours existé, mais qui à l'heure de l'Europe et de la mondialisation prend, pour diverses raisons, de plus en plus d'ampleur.

Prendre en charge un enfant qui est, ou est devenu bilingue ou multilingue ne va pas de soi et soulève de nombreuses interrogations dont la plus récurrente est : ‘Comment faire la part entre un décalage éventuel dû au bilinguisme et une vraie pathologie du langage ?’

L’ouvrage que nous avons coordonné se propose de résoudre un certain nombre de ces interrogations.

Une première partie expose l'état de la recherche, décrit certains programmes mis en place pour favoriser l'apprentissage des langues et aborde des études réalisées sur ce thème.

Une deuxième partie apporte des éléments de réponse aux professionnels confrontés aux enfants multilingues et à leurs parents : comment les recevoir (surtout si on ne parle pas leur langue), comment pratiquer un bilan, quels tests appliquer et que valent ces tests, comment établir un diagnostic et quelles remédiations proposer.

Ce livre s'adresse aux orthophonistes logopèdes, psychologues, neurolinguistes, enseignants, traducteurs, parents et étudiants de toute obédience.

Un mot du titre : le terme bilinguisme ne correspondant plus à la réalité actuelle, notre choix s'est porté sur multilinguisme dans son acception la plus large, à savoir le fait qu'un individu soit capable de parler plusieurs langues, quelles qu'en soient les raisons et les modalités. »

En voici la table des matières et la liste des contributeurs :

Table des matières :

Première partie. Multilinguisme et recherches

Chapitre 1 Multilinguisme au fil des ans. Aperçu diachronique et critique de la recherche portant sur le multilinguisme. (Alain Braun)

Chapitre 2 Multilinguisme et cerveau, état de la question (Henny Bijleveld)

Chapitre 3 Multilinguisme et apprentissage. Le défi du multilinguisme dans l’enseignement. Enjeux – solutions – résultats. (Piet Van de Craen)

Chapitre 4 Countering the Pierre Menard Effect. EU Legal Discourse at a translational crossroads – Contre l'effet Pierre Ménard. Le discours juridique de l'UE face à l'enjeu de la traduction (Domenico Cosmai)

Chapitre 5 Multilinguisme en action. Les langues dès le plus jeune âge. Possible ? Tutti Frutti, expérience-création d’une école de langues pour enfants à Bruxelles. (Patricia Pitisci)

Deuxième partie : Multilinguisme et Orthophonie

Chapitre 6 Problématique et champs d’action. Les orthophonistes face au multilinguisme – résultats d’une enquête (Françoise Estienne, Fabienne Vander Linden)

Chapitre 7 Bi ou multilinguisme (précoce) et accueil thérapeutique. (Francine Couëtoux)

Chapitre 8 Le bilinguisme des enfants de migrants. Analyse transculturelle. (Stéphane Di Meo, Coralie Sanson, Amalini Simon, Muriel Bossuroy, Laura Rakotomalala, Dalila Rezzoug, Geneviève Serre, Thierry Baubet, Marie-Rose Moro)

Chapitre 9 Multilinguisme : quels enjeux pour l’orthophonie ? (Du bilan à la prise en charge orthophonique transculturelle. (Flora Lefebvre)

Chapitre 10 Le bégaiement de l’enfant bilingue. (Henny Bijleveld, Françoise Estienne, (Myriam Piccaluga, Bernard Harmegnies)

Le mot de la fin… Le multilinguisme en Europe. Le rôle des politiques d’éducation pour l’apprentissage des langues étrangères. (Ana-Carla Pereira)

Conclure… Multilinguisme et orthophonie, une richesse à exploiter. (Françoise Estienne)

Les auteurs :

BAUBET Thierry,professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, AP-HP, Hôpital Avicenne, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent (Bobigny), Université Paris 13 Sorbonne, Paris Cité.

BOSSUROY Muriel,psychologue clinicienne, AP-HP, Hôpital Jean Verdier (Bondy), docteur en psychologie, Université Paris Descartes Sorbonne, Paris Cité.

BRAUN Alain, Ph.D psychologie et des sciences de l’éducation. Professeur à l’Umons, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, service métrologie et science du langage.

BIJLEVELD Henny, Ph.D., professeure de neurolinguistique, Université Libre de Bruxelles, Recherche et thérapie du bégaiement.

COSMAI Domenico,Ph.D.,European Economic and Social Committee Brussels (Comité économique et social européen, Bruxelles).

COUËTOUX Francine, docteur en psychologie, Unité Petite Enfance et Parentalité Vivaldi, Paris.

DI MEO Stéphane, chef de clinique assistant, AP-HP, Hôpital Avicenne, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent (Bobigny), Université Paris 13 Sorbonne, Paris Cité.

ESTIENNE Françoise, philologue et logopède, professeur émérite de l’Université Catholique de Louvain, pratique au Centre universitaire d’audiophonologie des Cliniques Saint-Luc (UCL), Bruxelles.

HARMEGNIES Bernard,Ph.D., psychologie et sciences de l’éducation, professeur et Premier vice-recteur à l’Umons, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, service de métrologie et science du langage.

LEFEBVRE Flora, orthophoniste en libéral, Nantes.

MORO Marie-Rose,professeur de psychiatrie de l'enfant et de l'adolescent, AP-HP, Hôpital Cochin, Maison des adolescents/Maison de Solenn, Paris, Université Paris Descartes Sorbonne, Paris Cité.

PEREIRA Ana Carla, Head of Unit "Skills and qualifications strategies; multilingualism policy", Directorate General Education and Culture, European Commission, Brussels.

PICCALUGA Myriam,Ph.D.,psychologie et sciences de l’éducation, professeur à l’Umons, Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation, service de métrologie et science du langage.

PITISCI Patricia, fondatrice et directrice de l’École Tutti Frutti, école de langues pour enfants, Bruxelles.

RAKOTOMALALA Laura, psychologue RASED, docteur en psychologie, Université Paris 13 Sorbonne, Paris Cité.

REZZOUG Dalila,MCUPH, AP-HP, Hôpital Avicenne, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent (Bobigny), Université Paris 13 Sorbonne, Paris Cité.

SANSON Coralie,orthophoniste, AP-HP, Hôpital Avicenne, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent (Bobigny), Université Paris 13 Sorbonne, Paris Cité.

SERRE Geneviève,pédopsychiatre, responsable du Centre du langage, AP-HP, Hôpital Avicenne, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent (Bobigny), Université Paris 13 Sorbonne, Paris Cité.

SIMON Amalini,psychologue clinicienne, AP-HP, Hôpital Avicenne, Service de psychopathologie de l’enfant et de l’adolescent (Bobigny), docteur en psychologie, Université Paris 13 Sorbonne, Paris Cité.

Van de CRAEN Piet, Ph.D., professeur de linguistique (V.U.B), Brussel.

VANDER LINDEN Fabienne, logopède et psychomotricienne, Centre d’audiophonologie des Cliniques universitaires Saint-Luc (UCL), Bruxelles.

Un ouvrage par endroits quelque peu pointu, certes, mais néanmoins accessible aux lecteurs que la question intéresse.

Et ils sont légion, par les temps qui courent !

Bernard DELCORD

Multilinguisme et orthophonie – Réflexions et pratiques à l'heure de l'Europe, ouvrage collectif dirigé par Henny-Annie Bijleveld, Françoise Estienne & Fabienne Vande Linden, Issy-les-Moulineaux, Éditions Elsevier Masson, mai 2014, 222 pp. en noir et blanc au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 29 € (prix France)

15:51 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/06/2014

Livres-chocs...

Violence et vérité dans les littératures francophones.jpg

Réunissant, sous la direction de Marc Quaghebeur, les transcriptions des entretiens ainsi que divers textes issus du colloque éponyme qui s'est tenu à Paris du 19 au 21 novembre 2008, organisé par l'Association européenne d'Études francophones (AEEF) et par le Centre Wallonie-Bruxelles en collaboration avec les Archives & Musée de la Littérature (AML, Bruxelles), les actes intitulés Violence et vérité dans les littératures francophones traitent en profondeur de douze livres, de douze auteurs [1].

Ces ouvrages concernent la Belgique, la Suisse, l'Europe centrale, le Québec, le Congo (avec l'excellent Mathématiques congolaises de notre ami In Koli Jean Bofane, auteur cette année d'un éblouissant Congo Inc. qui casse la baraque...), le Cameroun, les Antilles et le Maghreb dans une partie de sa grande diversité.

« Les conflits israélo-arabes, les séquelles coloniales au Maghreb, l'occupation américaine en Irak, le 11 septembre 2001, la mémoire européenne d'après le génocide, les guerres interafricaines ou les situations postcoloniales dans les Caraïbes y sont évoqués, comme la violence des éléments ou celle de l'univers avec lequel l'homme contemporain tente de rompre.

Quelque chose donc qui est l'Histoire, et qui est plus que l'Histoire telle qu'elle prétend se raconter ou se considérer [2] », écrit Marc Quaghebeur.

Et il a bien raison !

Tant le dynamisme, l'intelligence et la créativité sont grands parmi les écrivains des marches linguistiques de la France...

Bernard DELCORD

Violence et vérité dans les littératures francophones sous la direction de Marc Quaghebeur, Bruxelles, Éditions PIE Peter Lang, collection « Documents pour l'Histoire des Francophonies/Théorie », n°31, août 2013, 181 pp. en noir et blanc au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 42,80 €


[1] Nabile Fahrès, Mémoire de l'Absent, Valentin Yves Mudimbe, Shaba deux, Jean-Claude Pirotte, Absent de Bagdad, Hubert Haddad, Palestine, Daniel Maximin, L'Île et une nuit, Nourredine Saadi, La Nuit des origines, Bouthaïna Azami-Tawil, Le Cénacle des solitudes, Arezki Mellal, Maintenant, ils peuvent venir, Patrice Nganang, Temps de chien, Marie-Claire Dewarrat, Célébration, lois et coutumes de la guerre, In Koli Jean Bofane, Mathématiques congolaises, Régine Robin, L'Immense fatigue des pierres.

[2] Table des matières : 1. Rencontre de Fabien Honoré Kabeya Mukamba, Patrice Nganang et Marc Quaghebeur avec Nabile Farès et Valentin Yves Mudimbe. 2. À propos d'Absent de Bagdad par Marc Quaghebeur. 3. À propos de Shaba deux par Valentin Yves Mudimbe et Marc Quaghebeur. 4. À propos de Mémoire de l'Absent par Nabile Farès et Marc Quaghebeur. 5. Rencontre de Catherine Pont-Humbert avec Hubert Haddad, Daniel Maximin et Nourredine Saadi . 6. « Simple éloge de la paix ou les guerres du romancier » par Hubert Haddad. 7. « Histoire, violence, écriture » par Nourredine Saadi. 8. Rencontre d'Yves Chemla et Arezki Mellal avec Bouthaïna Azami-Tawil, Areski Mellal et Patrice Nganang. 9. « Dérouter la mort » par Bouthaïna Azami. 10. « Le doute nécessaire » par Patrice Nganang. 10. Rencontre de Bernadette Desorbay, Marie-Claire Dewarrat et Peter Klaus avec Jean In Koli Bofane, Marie-Claire Dewarrat et Régine Robin. 11. Rencontre de Peter Klaus avec Marie-Claire Dewarrat.

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