28/06/2014

Livres-chocs...

Violence et vérité dans les littératures francophones.jpg

Réunissant, sous la direction de Marc Quaghebeur, les transcriptions des entretiens ainsi que divers textes issus du colloque éponyme qui s'est tenu à Paris du 19 au 21 novembre 2008, organisé par l'Association européenne d'Études francophones (AEEF) et par le Centre Wallonie-Bruxelles en collaboration avec les Archives & Musée de la Littérature (AML, Bruxelles), les actes intitulés Violence et vérité dans les littératures francophones traitent en profondeur de douze livres, de douze auteurs [1].

Ces ouvrages concernent la Belgique, la Suisse, l'Europe centrale, le Québec, le Congo (avec l'excellent Mathématiques congolaises de notre ami In Koli Jean Bofane, auteur cette année d'un éblouissant Congo Inc. qui casse la baraque...), le Cameroun, les Antilles et le Maghreb dans une partie de sa grande diversité.

« Les conflits israélo-arabes, les séquelles coloniales au Maghreb, l'occupation américaine en Irak, le 11 septembre 2001, la mémoire européenne d'après le génocide, les guerres interafricaines ou les situations postcoloniales dans les Caraïbes y sont évoqués, comme la violence des éléments ou celle de l'univers avec lequel l'homme contemporain tente de rompre.

Quelque chose donc qui est l'Histoire, et qui est plus que l'Histoire telle qu'elle prétend se raconter ou se considérer [2] », écrit Marc Quaghebeur.

Et il a bien raison !

Tant le dynamisme, l'intelligence et la créativité sont grands parmi les écrivains des marches linguistiques de la France...

Bernard DELCORD

Violence et vérité dans les littératures francophones sous la direction de Marc Quaghebeur, Bruxelles, Éditions PIE Peter Lang, collection « Documents pour l'Histoire des Francophonies/Théorie », n°31, août 2013, 181 pp. en noir et blanc au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 42,80 €


[1] Nabile Fahrès, Mémoire de l'Absent, Valentin Yves Mudimbe, Shaba deux, Jean-Claude Pirotte, Absent de Bagdad, Hubert Haddad, Palestine, Daniel Maximin, L'Île et une nuit, Nourredine Saadi, La Nuit des origines, Bouthaïna Azami-Tawil, Le Cénacle des solitudes, Arezki Mellal, Maintenant, ils peuvent venir, Patrice Nganang, Temps de chien, Marie-Claire Dewarrat, Célébration, lois et coutumes de la guerre, In Koli Jean Bofane, Mathématiques congolaises, Régine Robin, L'Immense fatigue des pierres.

[2] Table des matières : 1. Rencontre de Fabien Honoré Kabeya Mukamba, Patrice Nganang et Marc Quaghebeur avec Nabile Farès et Valentin Yves Mudimbe. 2. À propos d'Absent de Bagdad par Marc Quaghebeur. 3. À propos de Shaba deux par Valentin Yves Mudimbe et Marc Quaghebeur. 4. À propos de Mémoire de l'Absent par Nabile Farès et Marc Quaghebeur. 5. Rencontre de Catherine Pont-Humbert avec Hubert Haddad, Daniel Maximin et Nourredine Saadi . 6. « Simple éloge de la paix ou les guerres du romancier » par Hubert Haddad. 7. « Histoire, violence, écriture » par Nourredine Saadi. 8. Rencontre d'Yves Chemla et Arezki Mellal avec Bouthaïna Azami-Tawil, Areski Mellal et Patrice Nganang. 9. « Dérouter la mort » par Bouthaïna Azami. 10. « Le doute nécessaire » par Patrice Nganang. 10. Rencontre de Bernadette Desorbay, Marie-Claire Dewarrat et Peter Klaus avec Jean In Koli Bofane, Marie-Claire Dewarrat et Régine Robin. 11. Rencontre de Peter Klaus avec Marie-Claire Dewarrat.

20:10 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/06/2014

Bonnes et mauvaises nouvelles...

Décryptez l'information.jpg

Le journaliste et essayiste français Jean-Luc Martin-Lagardette a fait paraître chez Dangles à Paris un fort intéressant petit ouvrage intitulé Décryptez l'information qu'il présente ainsi :

« Les médias, qui n'ont plus l'ambition de "rechercher la vérité", sont le lieu de nombreuses dérives et manipulations non sanctionnées. Certains commencent à s'alarmer de la perte de crédibilité qui en résulte. Pourtant, bien peu est fait pour garantir la qualité de l'information délivrée au public.

Si nous devons, nous les citoyens, les inviter à plus de rigueur et de déontologie et à rendre publiquement des comptes sur leur fonctionnement, il ne faut pas non plus attendre, pour être bien informés, qu'ils aient enfin pris conscience de cette nécessité et décidé les réformes nécessaires.

L'Internet, certainement plus libre et plus diversifié que les médias professionnels, est lui aussi le réceptacle du pire comme du meilleur. Aujourd'hui, nul ne peut vous garantir une information exacte et juste.

La solution ?

Sachez décrypter les informations que vous recevez et habituez-vous à rechercher vous-même la vérité !

Pas facile ?

C'est pourtant indispensable si vous voulez éviter de vous faire manipuler. »

Son ouvrage se penche successivement sur les notions de vérité et de recherche de celle-ci, sur l'influence exercée par l'informateur sur l'information, sur la qualité de l'information, sur la façon de réguler la presse avec les citoyens, sur les rapports entre l'information et la communication, sur l'attitude que doit adopter tout citoyen face à l'information, tout en fournissant au lecteur une grille d'analyse des contenus journalistiques et en proposant quelques exercices pour décrypter un article.

Un livre particulièrement utile, on en conviendra, par les temps qui courent de bourrages de crâne en tout genre...

Bernard DELCORD

Décryptez l'information – Pour ne plus vous laisser manipuler par les médias par Jean-Luc Martin-Lagardette, Escalquens, Éditions Dangles, mars 2014, 96 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 € (prix France)

15:43 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/06/2014

Au feu !

Dettes publiques – Un piège infernal.jpg

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 13/06/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

 Membre de l'Académie Royale de Belgique et titulaire d'un MBA de Purdue University (États-Unis) ainsi que d'un doctorat en sciences de gestion (ULB), Bruno Colmant est un expert reconnu sur la scène internationale, qui enseigne par ailleurs l'économie et la finance à l'UCL, à la Vlerick Business School et à l'ICHEC. Titulaire d'une licence en journalisme (ULB) et collaboratrice de L'Écho, Jennifer Nille, quant à elle, est une spécialiste incontestée des marchés financiers et de la structure boursière.

Ces deux ténors se sont associés pour faire paraître chez Larcier à Bruxelles un bref essai intitulé Dettes publiques – Un piège infernal dans lequel ils sonnent le tocsin parce qu'« en Europe, la dette publique va bientôt dépasser une année de PIB [et que] cette réalité est la plus redoutable menace qui frappe notre continent puisque cette dette s'enflamme dans une économie sans croissance ni inflation ».

Après avoir souligné que certains pays ont déjà fait aveu de banqueroute et que d'autres ont capturé les dépôts bancaires pour absorber le coût de ces dettes excessives, nos auteurs s'interrogent sur la nature même de cette dette publique, sur ses liens avec la monnaie et l'inflation ou sur les risques qu'elle fait peser sur L'État-providence avant de tirer les leçons de l'histoire et de proposer des solutions intuitives pour s'extraire de ce piège.

Dieu les entende, s'Il existe !

Bernard DELCORD

Dettes publiques – Un piège infernal par Bruno Colmant et Jennifer Nille, Bruxelles, Éditions Larcier, février 2014, 148 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 €

20:30 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/05/2014

Il y a le feu au lac...

Sans plus attendre.jpg

Guibert del Marmol, économiste de formation, a dirigé plusieurs entreprises internationales. Aujourd’hui, il est conseiller, auteur et conférencier spécialisé dans le domaine de l’économie régénératrice. Il forme les dirigeants aux pratiques d’un leadership inspiré et inspirant en mariant sagesses anciennes et technologies modernes.

Il est l'auteur de Sans plus attendre !, un essai paru aux Éditions Ker à Hévillers.

Voici ce qu'il en dit :

« Notre monde est en mutation profonde. Les crises qui s’inscrivent chaque jour à la une de nos journaux constituent pourtant autant d’opportunités de concevoir quelque chose de fondamentalement différent et de développer des solutions inédites.

Crise financière, économique, politique, climatique, démographique. Krisis, en grec, le carrefour. Le moment où on choisit définitivement une voie plutôt que l'autre. L’opportunité est géante, sans précédent. Mais pour transformer ces défis en opportunités il faut développer un autre regard sur le monde et oser challenger les dogmes.

C’est ce que propose Sans plus attendre ! Les solutions existent et alimentent déjà des milliers de révolutions silencieuses. Partout dans le monde, des initiatives issues de citoyens, d’entrepreneurs et de responsables locaux voient le jour. Chaque jour, des individus de toutes origines et cultures se mettent en route pour créer un autre modèle de société plus pérenne et plus durable.

Sans plus attendre ! est un livre de perspective, une proposition pour une autre vision de notre humanité qui va au-delà de la simple relance du modèle de société actuel. C’est aussi un livre d’espoir pour passer de crise à opportunité, d’austérité à audace. L’auteur propose des pistes de réflexion, des sources d’inspiration concrètes et une incitation à l’action basées sur les rencontres faites ces dernières années sur tous les continents au contact des gens qui changent le monde.

L’intégration des savoirs anciens et des technologies de pointe permet d’envisager une société où la dignité humaine et le respect des écosystèmes seront les pierres fondatrices d’un nouveau monde.

Le livre aborde les grands enjeux de société qui doivent être abordés afin de favoriser cette nouvelle Renaissance :

- Retrouver une indispensable autonomie alimentaire et énergétique qui rend possible pour chaque communauté une plus grande autodétermination.

- Aller au-delà du durable et développer une économie régénératrice qui soit relocalisée, collaborative, circulaire et d’usage plutôt que de propriété.

- Promouvoir un enseignement qui permettra à nos enfants de devenir les bâtisseurs de ce nouveau modèle en leur apprenant ce qu’être humain signifie, en favorisant leur créativité.

Au-delà des technologies prometteuses dont il est parfois fait état, c’est surtout d’un saut de conscience individuelle et collective dont il est question. Une invitation à marier science et conscience pour construire un avenir pour nos enfants et les générations à venir. C’est possible, c’est maintenant et c’est… Sans plus attendre ! »

Bernard DELCORD

Sans plus attendre par Guibert des Marmol, Hévillers, Éditions Ker, avril 2014, 240 pp. en noir et blanc au format 21 x 14 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 18 €

18:02 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/12/2013

Excitations multiples…

Traité des excitants modernes.jpg

L'article ci-dessous a paru dans la livraison du 07/12/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

À celles et ceux qui auraient manqué l'exposition « Balzac-Alechinsky, Le traité des excitants modernes » présentée au musée Balzac de Saché (Indre-et-Loire) du 1er juin au 30 septembre 2013 – et à celles et ceux qui l'ont vue –, nous ne saurions trop recommander la lecture passionnante du Traité des excitants modernes dans sa version de poche sortie en Arles chez Actes Sud dans la collection « Babel ».

C'est que ce texte, paru sous la plume de l'auteur de la Comédie humaine dans Pathologie de la vie sociale en 1839 et qui livre les observations inspirées à Honoré de Balzac (1799-1850) par les abus d'eau-de-vie, de sucre, de thé, de café ou de tabac, est brillamment illustré d'eaux-fortes et de linogravures de Pierre Alechinsky (1927-) accompagnées de libres variations textuelles de l'artiste belge, mais aussi de l'écrivain français Michel Butor (1926-).

Ainsi, dans Craintes et trouvaille, récit d'un apprivoisement réciproque entre le texte et son illustrateur, Alechinsky évoque, comme l'écho de son propre travail, les facéties de Balzac imprimeur, tandis que dans Scènes de la vie excitante, Michel Butor divertit le lecteur avec des historiettes drolatiques. Suivent deux lectures des conservateurs de musée Judith Meyer-Petit et Yves Gagneux : Quelques raisons et Impressions excitantes.

Un livre qui réveille !

Bernard DELCORD

Traité des excitants modernes par Honoré de Balzac, illustré par Pierre Alechinsky, avec des textes de Michel Butor et Pierre Alechinsky, lectures de Judith Meyer-Petit et Yves Gagneux, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Babel », mai 2013, 93 pp. en noir et blanc  au format 11 x 17,6 cm sous couverture brochée en couleurs, 6,70 € (prix France)

21:32 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/11/2013

Un texte iconoclaste

Les 10 plus gros mensonges sur l'économie.gif

L'article ci-dessous a paru dans la livraison du 23/11/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Rédigé par deux tenants d'un modèle économique alternatif au système capitaliste, Philippe Derudder & André-Jacques Holbecq, qui assurent que « tant que le citoyen ne reprendra pas le pouvoir sur l'économie, il en restera l'esclave », l'essai décoiffant intitulé Les 10 plus gros mensonges sur l'économie remporte un succès qui ne se dément pas depuis sa parution en 2007 – il en est à sa troisième refonte.

C'est que l'ouvrage se gausse allègrement de bien des théories assénées en vérités absolues, que les auteurs tiennent pour des idées toutes faites et de fausses croyances, comme « baisser les prix, c'est défendre le pouvoir d'achat », « la dette de l'État appauvrit la Nation, il faut la rembourser », « il faut soutenir la croissance pour dynamiser l'emploi », « les banques prêtent l'argent des épargnants », « on vivrait beaucoup mieux si on payait moins d'impôts », « il faut lutter contre l'inflation pour sauvegarder l'emploi », « toute production ne se justifie que si elle est rentable » et, cerise sur le gâteau, « la mondialisation est une promesse de prospérité pour tous les peuples »...

On pourra, bien entendu, émettre quelques doutes sur les préconisations de nos deux compères, mais, par les temps qui courent de crise post-subprimes et d'affairisme rapace généralisé, leur dynamitage en règle n'en demeure pas moins parfaitement réjouissant !

Bernard DELCORD

Les 10 plus gros mensonges de l'économie par Philippe Derudder & André-Jacques Holbecq, Paris, Éditions Dangles, mai 2012, 288 pp. en noir et blanc au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 16 € (prix France)

20:19 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/10/2013

Les parlers de chez nous…

Les langues régionales de Wallonie.jpg

Se penchant dans Les langues régionales de Wallonie sur l'histoire, la sociologie et le sort actuel du wallon, du picard, du gaumais et du champenois, Michel Francard qui enseigne la linguistique à l'UCL, y démontre non seulement l'enracinement latin mâtiné de gaulois et de francique de ces langues romanes qui eurent jadis leur heure de gloire – avant que la bourgeoisie des débuts du siècle dernier eût sottement signé leur arrêt de mort pour imposer le français –, mais aussi la qualité et l'ampleur de leur production littéraire, qui va de la Cantilène de Sainte-Eulalie (début du IXe siècle) aux textes de son collègue Willy Bal (né en 1916), lui aussi linguiste de l'UCL, en passant par ceux de Géo Libbrecht, d'Auguste Laloux ou de Gabrielle Bernard.

On sait, bien entendu, le poids du folklore dans la survivance actuelle de ces idiomes, à Mons, à Namur, à Liège, à Bastogne, à Malmedy ou à Arlon, à travers des associations culturelles qui se repassent joyeusement le flambeau pour susciter la liesse populaire.

Et ce, sans le moindre complexe, à l'inverse des Calimeros flamingants n'ayant de cesse d'enquiquiner la terre entière pour assurer la contre-publicité de leurs idiomes qui, par leur faute, ont d'ores et déjà acquis en Europe le peu enviable statut de baragouin d'emmerdeurs…

Bernard DELCORD

Les langues régionales de Wallonie par Michel Francard, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck, septembre 2013, 215 pp. en quadrichromie au format 13 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,50 €

15:34 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |