30/11/2016

« Être surréaliste, c'est bannir de l'esprit le déjà vu et rechercher le pas encore vu. » (René Magritte)

Les plus belles œuvres de René Magritte .jpg

C'est jusqu'au 23 janvier 2017 que se tient, au Centre Pompidou à Paris, une exposition intitulée René Magritte - La trahison des images qui propose une approche inédite de la production de l’artiste belge.

Rassemblant les œuvres emblématiques, comme d'autres peu connues, provenant des plus importantes collections publiques et privées, cet événement offre une lecture renouvelée de l’une des figures magistrales de l’art moderne à travers une centaine de tableaux, de dessins et de documents d’archives.

De leur côté, les Éditions Larousse à Paris ont publié, sous la plume d'Éloi Rousseau, un bel album intitulé Les plus belles œuvres de René Magritte qui offre l'occasion de découvrir son parcours original ainsi que son étonnante personnalité.

Écoutons l'auteur :

« Proche des surréalistes français mais toujours à distance du groupe qu'ils formaient, René Magritte (1898-1967) a poussé à l'extrême leur réflexion sur le rêve, l'étrangeté du réel et la mémoire, devenant un des artistes majeurs du XXe siècle. Ses tableaux stupéfiants explorent les rapports entre le mot et l'image, le nom et la chose, créant un univers trouble et déconcertant. Sa technique, précise et froide, sert des compositions qui, en défiant les lois de la proportion, de la logique et de la science, dévoilent ce qui, au-delà de la vision, demeure caché.

L'homme au chapeau melon qui exerça son ironie à l'encontre de toutes formes d'image, à commencer par celle qu'il renvoyait, n'a eu de cesse de jouer avec nos perceptions et notre conception du monde. Facétieux et provocateur, le maître du surréalisme belge est aujourd'hui un des peintres les plus surprenants, l'incarnation de la puissance de la pensée en peinture. »

Bernard DELCORD

Les plus belles œuvres de René Magritte par Éloi Rousseau, Paris, Éditions Larousse, septembre 2016, 128 pp. en quadrichromie au format 20 x 24,2 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 12,90 € (prix France)

Informations pratiques :

Jusqu'au 23 janvier 2017

Centre Pompidou

Galerie 2

Place Georges Pompidou

F-75004 Paris

Tarifs :

Plein tarif : 14 euros

Moins de 26 ans : 11 euros

Horaires d'ouverture :

De 11h à 21h tous les jours sauf le mardi (fermeture des caisses à 20h, sortie des espaces d’exposition à partir de 20h45)

Nocturnes les lundis et les jeudis jusqu’à 23h (fermeture des caisses à 22h, sortie des espaces d’exposition à partir de 22h45)

11:54 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2016

« Tintin ? Mon unique rival... » (Charles de Gaulle)

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Coédité par les maisons Gallimard et Moulinsart dans la collection « Découvertes Gallimard » à l'occasion de l'exposition “ Hergé » présentée aux Galeries nationales du Grand Palais à Paris jusqu'au 15 janvier 2017 en collaboration avec le Musée Hergé à Louvain-la-Neuve, le petit ouvrage fort joliment illustré de Dominique Maricq intitulé Hergé, Tintin & compagnie constitue une galerie de portraits des principaux personnages des aventures du jeune reporter créé en 1929 par le dessinateur Georges Remi, alias Hergé, père de la fameuse ligne claire belge qui fit les grandes heures et les grandes œuvres de la bande dessinée belge.

On y trouve donc la présentation et le pédigrée de Tintin, de Milou, du capitaine Haddock, du professeur Tournesol, de Dupont et Dupond, de Bianca Castafiore, de Tchang, du bandit Rastapopoulos, mais aussi du domestique Nestor, de l'agent soviétique Boustringovitch, du sorcier congolais Muganga, du gangster Al Capone, de l'égyptologue Philémon Siclone, du Chinois Wang Jen-Ghié, le général Alcazar et son épouse Peggy, l'explorateur Ridgewell, le marchand d'armes Basil Bazaroff, du docteur Müller, d'Abdallah, de la voyante Madame Yamilah, du petit Indien Zorrino, de l'ingénieur nucléaire Frank Wolff, du courtier d'assurances Séraphin Lampion, du boucher Sanzot, du sherpa Tharkey, du pianiste Igor Wagner et du milliardaire Laszlo Carreidas.

Une fameuse brochette d'échantillons humains de tout poil !

Bernard DELCORD

Hergé, Tintin & compagnie par Dominique Maricq, Paris, Éditions Gallimard et Éditions Moulinsart, hors-série de la collection « Découvertes Gallimard », septembre 2016, 64 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 9,20 € (prix France)

Informations pratiques :

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GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

Entrée du public :

Galeries nationales

Entrée Clemenceau, place Clemenceau, Paris 8e

Entrée Square Jean Perrin, Champs-Élysées, avenue du Général Eisenhower, Paris 8e

Entrée Winston Churchill, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Accès des personnes à mobilité réduite :

Avenue du Général Eisenhower – Porte B - pour les expositions situées dans les Galeries Nationales

Des places de stationnement pour personnes handicapées, sous réserve de disponibilité, sont situées dans l'avenue du Général Eisenhower devant le square Jean Perrin.

Une salle de l’exposition Hergé n’est pas accessible aux personnes en fauteuil roulant (salle accessible uniquement par 11 marches)

Horaires :

Jusqu'au 15 janvier 2017

Hors vacances scolaires : tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 20h et en nocturne jusqu’à 22h le mercredi

Vacances scolaires (du 18 décembre 2016 au 2 janvier 2017) : samedi, dimanche, lundi de 10h à 20h

Nocturnes les mercredis, jeudis et vendredis jusqu’à 22h

Fermetures anticipées à 18h les samedis 24 et 31 décembre

Fermé le mardi

Fermé le 25 décembre

Tarifs :

Normal : 13 €

Réduit : 9 €

Tribu (4 personnes dont 2 jeunes 16-25 ans) : 35 €

Conformément au plan Vigipirate niveau alerte attentats et vigilance renforcée, et afin d'assurer la sécurité des visiteurs, le Grand Palais applique les mesures préventives décidées par le gouvernement pour les administrations publiques. Le Grand Palais est ouvert dans les conditions habituelles mais l'accès est interdit à toutes les valises, sacs de voyages et sacs à dos de taille supérieure au format A3.

13/09/2016

Un artiste inclassable…

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À l’occasion de l’exposition Fantin-Latour. À fleur de peau [1] organisée à Paris entre le 14 septembre 2016 et le 12 février 2017 au Musée du Luxembourg par la Réunion des musées nationaux-Grand Palais et le musée de Grenoble, en collaboration avec le musée d’Orsay, les Éditions Gallimard ont fait paraître sous la plume de Leïla Jarbouai [2], dans leur fameuse collection « Découvertes », un magnifique petit opus sobrement intitulé Henri Fantin-Latour.

Écoutons l’auteure :

« Peintre ayant cherché pendant toute sa vie à concilier réalisme et idéal, Henri Fantin-Latour (Grenoble,1836-Buré, 1904) s’essaie à l’autoportrait dès l’âge de 17 ans – une cinquantaine suivront.

Il renouvelle le portrait de groupe avec ses grands tableaux-manifestes Hommage à Delacroix (1864), Un Atelier aux Batignolles (1870) ou Un coin de table (hommage aux poètes parnassiens, 1872).

Véritable portraitiste de fleurs, genre dans lequel il est très prolifique, Fantin-Latour excelle dans l’art de traduire la subtilité des couleurs et des matières.

Ce grand mélomane puise également dans les opéras de Wagner et dans la musique de Schumann, Brahms et Berlioz une partie de son inspiration.

À partir de 1890, il n’expose plus au Salon que des œuvres d’imagination, proches du symbolisme.

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Un coin de table, 1872, Paris, Musée d'Orsay.

Artiste à fleur de peau, Henri Fantin-Latour s’impose, malgré sa discrétion, comme une figure marquante de son siècle. »

Un événement à ne pas manquer !

Bernard DELCORD

Henri Fantin-Latour par Leïla Jarbouai, Paris, Éditions Gallimard et Réunion des Musées nationaux-Grand Palis, hors-série de la collection « Découvertes Gallimard », septembre 2016, 48 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 8,90 € (prix France)

Informations pratiques :

Adresse :

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard

F-75006 Paris

Tél. : 00 33 1 40 13 62 00

Horaires :

Ouverture tous les jours de 10h30 à 19h (il n’y a aucun jour de fermeture hebdomadaire).

Nocturne les vendredis jusqu’à 22h.

Ouverture de 10h30 à 18h les 24, 31 décembre.

Fermé le 25 décembre.

Dernière entrée 45 minutes avant l’heure de fermeture.

Début d’évacuation des salles 15 minutes avant l’heure de fermeture du musée.

Tarifs :

Plein : 12 €.

Réduit : 8,5 € (16-25 ans, demandeurs d'emploi et familles nombreuses).

Spécial Jeune : 8,5 € pour deux entrées (du lundi au vendredi à partir de 17h)

Gratuit pour les moins de 16 ans et les bénéficiaires des minima sociaux.

Des audioguides (en 4 langues : français, anglais, espagnol et allemand) sont proposés sur place à la location au tarif de 5 € par appareil.

Suite à la mise en place de l’état d’urgence et au renforcement des mesures de sécurité dans le cadre du plan Vigipirate, un seul sac par personne (type sac à main format A3 maximum) sera autorisé dans l’enceinte du Musée du Luxembourg. Aucun sac, cabas, bagage ou objet encombrant ne sera admis, y compris au vestiaire.

 

[1] Première rétrospective de l’œuvre de Henri Fantin-Latour à Paris depuis l’exposition de référence consacrée au peintre dans les galeries nationales du Grand Palais en 1982.

[2] Elle est conservatrice au musée d'Orsay.

20:08 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/04/2016

Le pouvoir des fleurs…

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Frans Ykens (1601-1692)

Couronne de fleurs avec La Sainte Famille (Huile sur toile)

Le MSK Gand achève les préparatifs de l’exposition Flower Power présentée dans le cadre des Floralies de Gand.

 

FLOWER POWER

Floralies : 22.04 - 01.05.2016

Bonne nouvelle pour les visiteurs qui souhaitent découvrir Flower Power au MSK en toute quiétude : la durée des installations sera prolongée au-delà des Floralies.

Cette année, les Floralies retournent au centre-ville de Gand après une absence de 26 ans. Dans le cadre de l’événement, le Musée des Beaux-Arts présente Flower Power – fusion parfaite entre l’art et le pouvoir et la beauté de la nature.

 

L’ART ANCIEN ET NOUVEAU

Flower Power réunit des œuvres d’art ancien et des installations contemporaines. Dans la grande salle, le MSK présente des peintures de fleurs datant du XVIIe au XXe siècle auxquelles font écho les créations florales de Frederiek Van Pamel disposées sur une table d’apparat.

Quatre artistes contemporains proposent des créations s’inspirant de la nature.

Catherine de Zegher, directrice du MSK, a invité quatre artistes contemporains à présenter leurs installations s’articulant autour de plantes et de fleurs qui explorent l’interaction entre l’art et la nature.

Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger proposent une magnifique installation organique qui invite les visiteurs à se laisser aller à la rêverie dans un univers imaginaire. Simryn Gill décrit comment la plante se fait papier et, inversement, comment le papier se fait matière organique. Gert Robijns crée un tourbillon magique de pétales au sein de la grandeur historique de la collection du musée.

 

Gerda Steiner et Jörg Lenzlinger

MÉTAFLORISTIQUE

RÊVER DANS UN PAYSAGE IMAGINAIRE

22.04 - 22.10.2017

Les artistes suisses Gerda Steiner (née en 1964) et Jörg Lenzlinger (né en 1967) sont connus pour leurs installations hors du commun où s’enchevêtrent plantes, branches et objets. Ils créent des paysages fantastiques dans lesquels une multitude d’éléments apparaissent comme autant de produits d’une croissance spontanée. Leur paysage imaginaire occupera l’hémicycle du MSK.

Steiner et Lenzlinger brouillent les frontières entre le rêve et la réalité. Ils imaginent un processus évolutif au sein duquel tous les aspects de la réalité se sont spontanément enchevêtrés, affranchis de toutes contradictions apparentes. Un enchevêtrement de fils métalliques et de branches se fond dans une structure cristalline, tandis que d’étranges champignons émergent de flaques d’engrais liquides. En permettant aux visiteurs de déambuler dans l’installation, les artistes les encouragent à renoncer à la réalité et, tout simplement, à s’abandonner à leurs rêves. Ils invitent quiconque entre dans ce paysage à entreprendre un voyage lyrique.

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© Gerda Steiner & Jörg Lenzlinger

 

Simryn Gill

L’(HÉMI)CYCLE DE FEUILLES ET PAPIER

LE PAPIER ET L’ÉPHÉMÈRE

22.04 - 04.09.2016

En 2014, Simryn Gill (Malaisie/Australie, née en 1959) a fait don au MSK de son monumental dessin Let Go, Lets Go. Les douze panneaux, qui faisaient partie de son installation dans le pavillon de l’Australie lors de la 55e Biennale de Venise, sont présentés au public belge pour la première fois.

 lusieurs œuvres de Gill rendent compte de la suppression ou de la transformation de l’écrit en tant que critique poétique des textes qui font autorité. Ainsi, dans Pearls (en cours depuis 2000), Gill transforme des pages de ses livres préférés en perles de pâte à papier. Elle commence généralement sur une petite échelle, utilisant des objets de tous les jours. Elle réunit ses minuscules interventions dans un ensemble encyclopédique, la répétition et l’amplification prêtant au message sa pleine résonance.

 

UN CYCLE ORGANIQUE

Let Go, Lets Go s’inscrit dans le cadre cette démarche. L’œuvre se présente comme un collage organique de minuscules bouts de papier imprimé représentant une nuée de petits insectes. L’artiste met ici l’accent sur la nature organique et éphémère du papier.

L’œuvre est née d’une matière végétale et finira par retourner à l’état végétal dans un cycle organique qui joue un rôle essentiel dans l’imaginaire non linéaire de Simryn Gill.

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 © Simryn Gill

 

L’ART DU XVIIe AU XXe SIÈCLE PREND VIE

De nombreuses peintures dans la collection représentent des assemblages de fleurs qui en réalité fleurissaient à des saisons différentes ou venaient d’autres continents. Du XVIIe au XXe siècle, les artistes ont donc peint, sur panneau ou sur toile, des bouquets idéalisés en s’inspirant de traités de botanique.

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Gustave Van de Woestyne (1881-1947)

Balcon aux cinéraires, 1929 (Huile sur toile)

 

Les bouquets qui jadis étaient le fruit de l’imaginaire de l’artiste sont aujourd’hui monnaie courante grâce aux serres et au transport international.

Les bouquets imaginaires d’antan sont une source d’inspiration pour le décorateur floral Frederiek Van Pamel. Dans la grande salle du musée, il dresse une table d’apparat chargée de fleurs et de plantes qui amorcent un dialogue avec les peintures de fleurs.

Gerrie SOETAERT

Renseignements pratiques :

Pour la durée des Floralies, exceptionnellement, le MSK est ouvert de 8h30 à 17h30 (dernière entrée : 30 minutes avant la fermeture). Les heures d’ouverture du musée restent inchangées pour les autres visiteurs.

Pour des raisons de sécurité et de confort, nous recommandons aux visiteurs d’éviter de porter des sacs volumineux.

Renseignements et billets : http://www.floralien.be/fr

19:04 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/02/2016

Au cœur des pierres…

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Professeur d'histoire de l'art, journaliste, conférencier et, depuis 2011, directeur scientifique de la Fondation Pierre Arnaud [1], Christophe Flubacher a dirigé la réalisation de l’ouvrage collectif intitulé Romantisme – Mélancolie des pierres paru chez Fabre à Lausanne, splendide catalogue de la magnifique exposition éponyme organisée sous sa houlette par cette Fondation à Lens, sur le plateau de Crans-Montana, en Suisse.

Écoutons sa présentation :

« La vague romantique déferle sur l'Europe dans les dernières décennies du XVIIIe siècle. Venue d'Allemagne et d'Angleterre, elle bouleverse fondamentalement les conceptions artistiques, tant littéraires que musicales et picturales. Aux canons classiques, le romantisme oppose la liberté individuelle de l'artiste. À la primauté de la raison, il substitue l'expression des passions et des sentiments.

Cette nouvelle approche s'accompagne d'une conscience aigüe de la destinée humaine et de la condition éphémère de toute chose, y compris la nature dans ce qu'elle a de plus indestructible de prime abord : la pierre. Hommes et pierres sont ainsi liés par un même destin, celui qui conduit à la ruine et ramène tout à la poussière.

Cette exposition et cet ouvrage mettent en scène ce double drame, en deux actes.

L'histoire s'ouvre sur les cimes rocheuses et les flèches des cathédrales. L'homme y apparaît sous les traits du héros. Il gravit les sommets, domine la nature et élève des monuments spectaculaires. La seconde partie raconte la lente, mais inéluctable dégradation : montagnes érodées par les intempéries, bâtiments tombés en ruines. Première victime de l'œuvre du temps, l'homme, héros déchu, repose désormais sous une pierre devenue sa tombe.

Autour de cette thématique originale et inédite, sont rassemblées des œuvres de grands artistes romantiques européens : Théodore Géricault, Francisco Goya, Gustave Doré, Johann Heinrich Füssli, Victor Hugo, Johann Wolfgang von Goethe, Philips James Loutherbourg, John Ruskin, Carl Friedrich Lessing, Caspar Wolf, Giambattista Piranèse, Alexandre Calame, Carl Gustav Carus, François Diday... »

Tant il est vrai que, comme l’a écrit Garcia Lorca, que « la pierre est un dos fait pour porter le temps… »

Bernard DELCORD

Romantisme – Mélancolie des pierres par Christophe Flubacher, Cäsar Menz et Maïlis Favre, préface de Daniel Salzmann Lausanne, Éditions Favre, février 2016, 176 pp. en quadrichromie au format 18,2 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19 € (prix France)

Informations sur l’exposition :

Jusqu’au 17 avril 2016

Adresse :

Fondation Pierre Arnaud

1, route de Crans

1978 Lens, Suisse

Case Postale 39

Tél. + 41 (0)27 483 46 10

info@fondationpa.ch

Horaires :

Centre d’art (durant les expositions)

Du mercredi au dimanche de 10h00 à 19h00

Fermeture le lundi et le mardi.

 

[1] Cette Fondation d’utilité publique, établie en 2007 en mémoire du collectionneur et mécène Pierre Arnaud, a pour objectif de promouvoir les beaux-arts tout en mettant spécifiquement en relief la peinture suisse qu’elle présente dans un contexte européen. Elle a construit, gère et finance un Centre d’art à Lens afin d’y organiser un programme international d’expositions temporaires et de divers événements culturels.

19:41 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/12/2015

Cultures croisées…

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes.jpg

Le catalogue de l’exposition Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, qui se tiendra dans les locaux de la Fondation Bodmer à Coligny (Suisse) du 5 décembre 2015 au 10 avril 2016, est d’une grande beauté.

La rédaction du texte et des notices a été confiée au commissaire de l'exposition. Bernard Vouilloux, professeur de littérature française du XXe siècle à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste du rapport entre verbal et visuel. Le catalogue rassemble aussi des contributions de Yolaine Escande, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des arts graphiques chinois, mais aussi de Laurence Madeline, conservateur en chef du pôle Beaux-Arts aux musées des Arts et d'Histoire de Genève, ainsi qu'un entretien avec le célèbre écrivain français Michel Butor, fervent admirateur de Michaux et grand amateur d'art.

« Michaux a toujours été intéressé par les personnages. On parle de signes à son propos, mais je crois qu'il peint plutôt les mouvements humains », a écrit Zao Wou-ki.

« Zao Wou-ki a repris les jeux d'encre, à sa manière. Plus libéré du concret que ses prédécesseurs en Chine, et plus que dans ses propres peintures, sur des surfaces plus nues, plus intactes », a relevé Henri Michaux.

Écoutons Béatrice Mocquard, attachée de presse des Éditions Flammarion :

« Cet ouvrage explore les résonnances plastiques et poétiques des œuvres du grand poète et peintre d’origine belge Henri Michaux et du grand artiste Zao Wou-ki, à savoir le rôle de la Chine, l'influence de Paul Klee et le rapport à l'abstraction qui mènent à étudier l'importance du signe et du geste, préoccupations essentielles chez les deux hommes, mais aussi l'échange inestimable d'idées et d'influences, fruit de leur longue amitié.

Car c’est en 1949 qu'Henri Michaux découvre les lithographies de Zao Wou-ki, arrivé en France l'année précédente, et qu'il écrit de sa propre initiative des poèmes pour accompagner les planches de l'artiste chinois, publiés quelques mois plus tard dans Lecture de huit lithographies de Zao Wou-ki.

Cette première “lecture” prélude à une amitié de plus de 30 ans scandée de lettres, de cartes et d'œuvres qu'ils se sont offertes, mais surtout de l'échange inestimable d'idées et d'influences. Si Zao fut pour Michaux son “introducteur en choses chinoises”, la relation a incité Zao à revenir sur sa propre culture – et la rencontre fut pour chacun déterminante.

Plusieurs expositions réunissant des œuvres des deux artistes ont été organisées par des galeries, mais c’est la première fois qu’il s’en tient une sur la relation croisée entre le Français et le Chinois, grâce au très riche fonds de livres sur Michaux de la Fondation Bodmer ainsi qu’aux généreuses contributions des deux veuves des artistes. »

Une manifestation qui vaut le détour !

Bernard DELCORD

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, ouvrage collectif sous la direction de Bernard Vouilloux, préface de Jacques Berchtold, Paris, Éditions Flammarion et Coligny, Fondation Martin Bodmer, décembre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 25,5 x 23,5 cm sous couverture toilée monochrome, 39 € (prix France)

19:20 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/11/2015

Pour l'éternité...

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Jusqu’au 20 avril 2016, le Musée du Cinquantenaire de Bruxelles – dont les collections, fait hélas trop peu connu, sont d’une immense richesse en la matière –dévoile les secrets des sarcophages égyptiens dans une importante exposition intitulée Sarcophagi, consacrée à l’évolution des rites funéraires dans l’Égypte ancienne.

En voici la présentation officielle :

« L’éternité. Renaître, tel Osiris, tel le soleil qui, depuis l’origine des temps, revient chaque matin à la vie grâce à la déesse Nout, la voûte céleste : telles étaient les espérances des anciens Égyptiens concernant leur vie après la mort. C’est donc sous le signe de Nout qu’est placée la grande exposition du Musée du Cinquantenaire. Celle-ci retrace l’évolution des rites funéraires de l’Égypte ancienne, de la préhistoire jusqu’à la période gréco-romaine, en dévoilant les fantastiques secrets des sarcophages.

Les douze heures de la nuit

L’exposition est divisée en douze salles, chacune symbolisant une des douze heures de la nuit, pendant laquelle le soleil effectue son trajet vers sa résurrection quotidienne. Chaque salle a été aménagée autour d’une pièce phare sélectionnée pour la richesse de ses significations religieuses, funéraires et historiques, ou pour ses qualités formelles.

Dans la première, plongée dans la pénombre, les visiteurs sont accueillis par un groupe de quatre extraordinaires pleureuses en terre cuite, qui les immergent d’emblée dans l’atmosphère des funérailles égyptiennes. La deuxième salle familiarise avec tout ce dont le défunt devait disposer dans sa tombe pour avoir accès à la vie éternelle. Plusieurs salles présentent ensuite l’évolution des sarcophages au fil du temps, depuis les simples caisses non décorées de la préhistoire et de l’Ancien empire jusqu’aux cercueils richement ornés des périodes postérieures. Une salle est également consacrée aux momies et aux sarcophages d’animaux.

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Affiche de l’exposition

Restauration en direct

Rappelant la Ouâbet (la « Place pure ») dans laquelle les prêtres égyptiens momifiaient les défunts, un laboratoire de restauration vitré a été installé au cœur de l’exposition. Une équipe de spécialistes de l’Istituto Europeo del Restauro d’Ischia (Italie) y travaille en permanence sous les yeux des visiteurs pour y restaurer la série des dix sarcophages et planches de momies appartenant au Musée du Cinquantenaire et provenant de la Deuxième Cachette de Deir el-Bahari.

Les secrets des sarcophages

Quels seront les secrets des sarcophages ainsi dévoilés ? Environ deux-tiers des objets qui sont exposés, parmi lesquels plusieurs sarcophages, n’ont jamais été présentés au public. Ils ont donc quitté pour la première fois le secret de leurs réserves.

Les visiteurs peuvent également découvrir les secrets des passionnantes aventures archéologiques qui ont abouti à la découverte de ces sarcophages. On leur apprendra en outre à décoder les secrets du fonctionnement mythologique d’un sarcophage, dont chaque détail de la décoration possède une signification.

Enfin, la restauration en direct des sarcophages de Deir el-Bahari dans un laboratoire installé au sein de l’exposition révèlera les secrets de fabrication de ces œuvres. »

Par ailleurs, Luc Delvaux est docteur en égyptologie de l’Université de Strasbourg. Il est conservateur de la collection Égypte dynastique et gréco-romaine aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Ses recherches portent essentiellement sur la statuaire égyptienne et l’art du Nouvel Empire.

Quant à Isabelle Therasse, elle est licenciée en archéologie et histoire de l’art (spécialisation Égypte) de l’Université catholique de Louvain. Elle est membre du Service éducatif et culturel des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Elle a participé à plusieurs missions d’art rupestre en Égypte, à Qurta et à El-Hosh.

Ces deux très grands spécialistes ont uni leurs efforts pour rédiger le splendide catalogue de l’exposition, paru aux Éditions Racine à Bruxelles sous le titre Sarcophages – Sous les étoiles de Nout, un monument de vulgarisation subtile et intelligente.

Écoutons-les :

« Pendant trois mille ans d’histoire, l’obsession égyptienne pour la survie a conduit à l’élaboration de milliers d’objets de tous types, notamment les cercueils et sarcophages, dont les plus anciens exemplaires remontent à l’époque prédynastique, et dont l’usage se poursuit, à travers de très nombreuses mutations, jusqu’au début de l’ère chrétienne.

Les parois des cercueils et sarcophages s’animent d’images de divinités, de textes sacrés et de représentations mythologiques qui sont, pour les défunts, autant d’instruments de renaissance.

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Cercueils emboîtés d’Ousirmes

Selon les conceptions égyptiennes de l’au-delà, le mort participe aux cycles du dieu solaire Rê dont il accompagne les navigations diurne et nocturne, et les renaissances matinales. Mais il est aussi assimilé à Osiris, le premier mort égyptien à avoir été momifié, après que, selon le mythe, ses sœurs Isis et Nephthys aient rassemblé les membres épars du dieu, assassiné par son frère Seth.

Nout, la mère du dieu, peut être représentée sur le fond des cercueils, bras étendus, comme si elle embrassait le défunt, ou à l’intérieur des couvercles, au-dessus du mort, comme la déesse du ciel au corps semé d’étoiles qui avale le soleil au soir pour le remettre au monde chaque matin.

C’est à la découverte des conceptions égyptiennes de l’au-delà que nous invitons le lecteur de notre ouvrage qui décrit et illustre pour la première fois une large sélection de cercueils et de sarcophages des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. »

Un fleuron d’égyptologie et d’histoire de l’art !

Bernard DELCORD

Sarcophages – Sous les étoiles de Nout par Luc Delvaux & Isabelle Therasse, Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 21 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 27,50 €.

 

Informations pratiques sur l’exposition Sarcophagi :

Musée du Cinquantenaire

Parc du Cinquantenaire 10, 1000 Bruxelles

info@mrah.be

Tél. 00 32 741 72 11

Dates :

Jusqu’au 20 avril 2016

Jours d'ouverture :

Du mardi au vendredi : 9:30h - 17:00h.

Samedi et dimanche : 10:00h - 17:00h.

Fermeture de la billetterie à 16:00h.

Fermé les lundis (lundi de Pâques inclus) et les jours fériés suivants : 01/01 et 25/12.

Attention : les 24 et 31 décembre, les Musées ferment à 14.00h et la caisse à 13.00h.

Tarifs :

– Adultes (26-64 ans) : 13 €

– Jeunes (19-25 ans), seniors (65 +), groupes d'adultes (15 pers. min.) : 10 €

– Enfants (4-18 ans), étudiants de l'enseignement artistique ou en archéologie et histoire de l'art et en formation pédagogique, demandeurs d'emploi, moins valides et leur accompagnateur : 7 €

– Enfants (-4 ans), presse, ICOM : gratuit.

Consignes diverses :

Le vestiaire est obligatoire et gratuit.

Il est interdit de prendre des photos avec flash ou pied.

Dans le cadre des nouvelles règles de sécurité, des contrôles plus importants se feront à l'entrée du Musée et il est demandé aux visiteurs de ne pas se présenter avec des sacs à dos ou de grands sacs.

12:44 Écrit par Bernard dans Expositions, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |