02/12/2015

Cultures croisées…

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Le catalogue de l’exposition Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, qui se tiendra dans les locaux de la Fondation Bodmer à Coligny (Suisse) du 5 décembre 2015 au 10 avril 2016, est d’une grande beauté.

La rédaction du texte et des notices a été confiée au commissaire de l'exposition. Bernard Vouilloux, professeur de littérature française du XXe siècle à l'université Paris-Sorbonne, spécialiste du rapport entre verbal et visuel. Le catalogue rassemble aussi des contributions de Yolaine Escande, directrice de recherche au CNRS et spécialiste des arts graphiques chinois, mais aussi de Laurence Madeline, conservateur en chef du pôle Beaux-Arts aux musées des Arts et d'Histoire de Genève, ainsi qu'un entretien avec le célèbre écrivain français Michel Butor, fervent admirateur de Michaux et grand amateur d'art.

« Michaux a toujours été intéressé par les personnages. On parle de signes à son propos, mais je crois qu'il peint plutôt les mouvements humains », a écrit Zao Wou-ki.

« Zao Wou-ki a repris les jeux d'encre, à sa manière. Plus libéré du concret que ses prédécesseurs en Chine, et plus que dans ses propres peintures, sur des surfaces plus nues, plus intactes », a relevé Henri Michaux.

Écoutons Béatrice Mocquard, attachée de presse des Éditions Flammarion :

« Cet ouvrage explore les résonnances plastiques et poétiques des œuvres du grand poète et peintre d’origine belge Henri Michaux et du grand artiste Zao Wou-ki, à savoir le rôle de la Chine, l'influence de Paul Klee et le rapport à l'abstraction qui mènent à étudier l'importance du signe et du geste, préoccupations essentielles chez les deux hommes, mais aussi l'échange inestimable d'idées et d'influences, fruit de leur longue amitié.

Car c’est en 1949 qu'Henri Michaux découvre les lithographies de Zao Wou-ki, arrivé en France l'année précédente, et qu'il écrit de sa propre initiative des poèmes pour accompagner les planches de l'artiste chinois, publiés quelques mois plus tard dans Lecture de huit lithographies de Zao Wou-ki.

Cette première “lecture” prélude à une amitié de plus de 30 ans scandée de lettres, de cartes et d'œuvres qu'ils se sont offertes, mais surtout de l'échange inestimable d'idées et d'influences. Si Zao fut pour Michaux son “introducteur en choses chinoises”, la relation a incité Zao à revenir sur sa propre culture – et la rencontre fut pour chacun déterminante.

Plusieurs expositions réunissant des œuvres des deux artistes ont été organisées par des galeries, mais c’est la première fois qu’il s’en tient une sur la relation croisée entre le Français et le Chinois, grâce au très riche fonds de livres sur Michaux de la Fondation Bodmer ainsi qu’aux généreuses contributions des deux veuves des artistes. »

Une manifestation qui vaut le détour !

Bernard DELCORD

Henri Michaux et Zao Wou-ki dans l'empire des signes, ouvrage collectif sous la direction de Bernard Vouilloux, préface de Jacques Berchtold, Paris, Éditions Flammarion et Coligny, Fondation Martin Bodmer, décembre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 25,5 x 23,5 cm sous couverture toilée monochrome, 39 € (prix France)

19:20 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/11/2015

Pour l'éternité...

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Jusqu’au 20 avril 2016, le Musée du Cinquantenaire de Bruxelles – dont les collections, fait hélas trop peu connu, sont d’une immense richesse en la matière –dévoile les secrets des sarcophages égyptiens dans une importante exposition intitulée Sarcophagi, consacrée à l’évolution des rites funéraires dans l’Égypte ancienne.

En voici la présentation officielle :

« L’éternité. Renaître, tel Osiris, tel le soleil qui, depuis l’origine des temps, revient chaque matin à la vie grâce à la déesse Nout, la voûte céleste : telles étaient les espérances des anciens Égyptiens concernant leur vie après la mort. C’est donc sous le signe de Nout qu’est placée la grande exposition du Musée du Cinquantenaire. Celle-ci retrace l’évolution des rites funéraires de l’Égypte ancienne, de la préhistoire jusqu’à la période gréco-romaine, en dévoilant les fantastiques secrets des sarcophages.

Les douze heures de la nuit

L’exposition est divisée en douze salles, chacune symbolisant une des douze heures de la nuit, pendant laquelle le soleil effectue son trajet vers sa résurrection quotidienne. Chaque salle a été aménagée autour d’une pièce phare sélectionnée pour la richesse de ses significations religieuses, funéraires et historiques, ou pour ses qualités formelles.

Dans la première, plongée dans la pénombre, les visiteurs sont accueillis par un groupe de quatre extraordinaires pleureuses en terre cuite, qui les immergent d’emblée dans l’atmosphère des funérailles égyptiennes. La deuxième salle familiarise avec tout ce dont le défunt devait disposer dans sa tombe pour avoir accès à la vie éternelle. Plusieurs salles présentent ensuite l’évolution des sarcophages au fil du temps, depuis les simples caisses non décorées de la préhistoire et de l’Ancien empire jusqu’aux cercueils richement ornés des périodes postérieures. Une salle est également consacrée aux momies et aux sarcophages d’animaux.

Sarcophages – Sous les étoiles de Nout (affiche expo Sarcophagi).jpg

Affiche de l’exposition

Restauration en direct

Rappelant la Ouâbet (la « Place pure ») dans laquelle les prêtres égyptiens momifiaient les défunts, un laboratoire de restauration vitré a été installé au cœur de l’exposition. Une équipe de spécialistes de l’Istituto Europeo del Restauro d’Ischia (Italie) y travaille en permanence sous les yeux des visiteurs pour y restaurer la série des dix sarcophages et planches de momies appartenant au Musée du Cinquantenaire et provenant de la Deuxième Cachette de Deir el-Bahari.

Les secrets des sarcophages

Quels seront les secrets des sarcophages ainsi dévoilés ? Environ deux-tiers des objets qui sont exposés, parmi lesquels plusieurs sarcophages, n’ont jamais été présentés au public. Ils ont donc quitté pour la première fois le secret de leurs réserves.

Les visiteurs peuvent également découvrir les secrets des passionnantes aventures archéologiques qui ont abouti à la découverte de ces sarcophages. On leur apprendra en outre à décoder les secrets du fonctionnement mythologique d’un sarcophage, dont chaque détail de la décoration possède une signification.

Enfin, la restauration en direct des sarcophages de Deir el-Bahari dans un laboratoire installé au sein de l’exposition révèlera les secrets de fabrication de ces œuvres. »

Par ailleurs, Luc Delvaux est docteur en égyptologie de l’Université de Strasbourg. Il est conservateur de la collection Égypte dynastique et gréco-romaine aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Ses recherches portent essentiellement sur la statuaire égyptienne et l’art du Nouvel Empire.

Quant à Isabelle Therasse, elle est licenciée en archéologie et histoire de l’art (spécialisation Égypte) de l’Université catholique de Louvain. Elle est membre du Service éducatif et culturel des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Elle a participé à plusieurs missions d’art rupestre en Égypte, à Qurta et à El-Hosh.

Ces deux très grands spécialistes ont uni leurs efforts pour rédiger le splendide catalogue de l’exposition, paru aux Éditions Racine à Bruxelles sous le titre Sarcophages – Sous les étoiles de Nout, un monument de vulgarisation subtile et intelligente.

Écoutons-les :

« Pendant trois mille ans d’histoire, l’obsession égyptienne pour la survie a conduit à l’élaboration de milliers d’objets de tous types, notamment les cercueils et sarcophages, dont les plus anciens exemplaires remontent à l’époque prédynastique, et dont l’usage se poursuit, à travers de très nombreuses mutations, jusqu’au début de l’ère chrétienne.

Les parois des cercueils et sarcophages s’animent d’images de divinités, de textes sacrés et de représentations mythologiques qui sont, pour les défunts, autant d’instruments de renaissance.

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Cercueils emboîtés d’Ousirmes

Selon les conceptions égyptiennes de l’au-delà, le mort participe aux cycles du dieu solaire Rê dont il accompagne les navigations diurne et nocturne, et les renaissances matinales. Mais il est aussi assimilé à Osiris, le premier mort égyptien à avoir été momifié, après que, selon le mythe, ses sœurs Isis et Nephthys aient rassemblé les membres épars du dieu, assassiné par son frère Seth.

Nout, la mère du dieu, peut être représentée sur le fond des cercueils, bras étendus, comme si elle embrassait le défunt, ou à l’intérieur des couvercles, au-dessus du mort, comme la déesse du ciel au corps semé d’étoiles qui avale le soleil au soir pour le remettre au monde chaque matin.

C’est à la découverte des conceptions égyptiennes de l’au-delà que nous invitons le lecteur de notre ouvrage qui décrit et illustre pour la première fois une large sélection de cercueils et de sarcophages des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. »

Un fleuron d’égyptologie et d’histoire de l’art !

Bernard DELCORD

Sarcophages – Sous les étoiles de Nout par Luc Delvaux & Isabelle Therasse, Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 21 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 27,50 €.

 

Informations pratiques sur l’exposition Sarcophagi :

Musée du Cinquantenaire

Parc du Cinquantenaire 10, 1000 Bruxelles

info@mrah.be

Tél. 00 32 741 72 11

Dates :

Jusqu’au 20 avril 2016

Jours d'ouverture :

Du mardi au vendredi : 9:30h - 17:00h.

Samedi et dimanche : 10:00h - 17:00h.

Fermeture de la billetterie à 16:00h.

Fermé les lundis (lundi de Pâques inclus) et les jours fériés suivants : 01/01 et 25/12.

Attention : les 24 et 31 décembre, les Musées ferment à 14.00h et la caisse à 13.00h.

Tarifs :

– Adultes (26-64 ans) : 13 €

– Jeunes (19-25 ans), seniors (65 +), groupes d'adultes (15 pers. min.) : 10 €

– Enfants (4-18 ans), étudiants de l'enseignement artistique ou en archéologie et histoire de l'art et en formation pédagogique, demandeurs d'emploi, moins valides et leur accompagnateur : 7 €

– Enfants (-4 ans), presse, ICOM : gratuit.

Consignes diverses :

Le vestiaire est obligatoire et gratuit.

Il est interdit de prendre des photos avec flash ou pied.

Dans le cadre des nouvelles règles de sécurité, des contrôles plus importants se feront à l'entrée du Musée et il est demandé aux visiteurs de ne pas se présenter avec des sacs à dos ou de grands sacs.

12:44 Écrit par Bernard dans Expositions, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/11/2015

« La musique creuse le ciel. » (Charles Baudelaire)

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Historienne d’art, Ambre Gauthier est chargée des expositions et des recherches à la Fondation Marc Chagall.

Elle a fait paraître chez Gallimard à Paris, dans la collection « Découvertes », un joli petit ouvrage intitulé Chagall et la musique, intelligemment conçu et superbement illustré.

Écoutons-la :

« Omniprésente dans l'œuvre de Marc Chagall (1887-1985), la musique est intimement liée au contexte familial de l'artiste né à Vitebsk, en Russie blanche, dans une famille juive hassidique. Les liens qu'il entretient avec la musique prennent tout leur sens avec les créations scéniques pour lesquelles il réalise décors et costumes : Le Théâtre d'art juif (1919-1920), les ballets Aleko (1942), L'Oiseau de feu (1945), Daphnis et Chloé (1958) et La Flûte enchantée (1967).

Les œuvres monumentales de Chagall, dont le plafond de l'Opéra de Paris (1964) ou les fresques du Metropolitan Opera du Lincoln Canter de New York (1966), témoignent de sa conception d'un art total dans laquelle les voix données à l'espace architectural et à la musique universelle transforment ces sublimes compositions en œuvres intemporelles qui ne cessent de nous interpeller. »

Pour commémorer les trente ans du décès de l’artiste, deux expositions sont organisées à Paris jusqu’au 31 janvier 2016, l’une à la Philharmonie (« Marc Chagall : le triomphe de la musique », dont la commissaire n’est autre qu’Ambre Gauthier), l’autre à la piscine de Roubaix (« Marc Chagall : les sources de la musique »), et l'ouvrage dont nous parlons en constitue le catalogue.

Avis aux aficionados !

Marc Chagall, L’Homme à la tête renversée.jpg

Marc Chagall, L’Homme à la tête renversée, 1919

Collection particulière © Adagp, Paris 2015 – Chagall ®

Bernard DELCORD

Chagall et la musique par Ambre Gauthier, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes », octobre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 8,90 € (prix France)

Renseignements pratiques concernant les expositions :

PHILHARMONIE DE PARIS

221, avenue Jean-Jaurès

75019 Paris

Horaires :

Du mardi au vendredi de 12h à 18h

Le samedi et le dimanche de 10h à 18h

En soirée les jours de représentation

Fermé le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier

Renseignements :

Par téléphone au 01 44 84 44 84, du lundi au samedi de 11h à 19h ; le dimanche de 11h à 18h

Tarifs :

Plein tarif : 10 €

Réductions éventuelles : consulter le site à l’adresse suivante :

http://philharmoniedeparis.fr/fr/tarifs-et-offres/tarifs-...

Contact groupes :

Par mail à l’adresse groupes@philharmoniedeparis.fr

Par téléphone au 01 44 84 44 84

Contact éducation :

Par mail à l’adresse education@philharmoniedeparis.fr

Par téléphone au 01 44 84 44 84

Contact publics handicapés :

Par mail à l’adresse handicap@philharmoniedeparis.fr

Par téléphone au 01 44 84 44 84

Afin de préparer votre venue et de faciliter les contrôles liés au plan Vigipirate renforcé à la Philharmonie de Paris, il vous est demandé de vous présenter aux entrées en avance.

 

PISCINE DE ROUBAIX

23, rue de l'Espérance

59100 Roubaix

Horaires :

Du mardi au jeudi, de 11h à 18h

Le vendredi, de 11h à 20h00

Le week-end, de 13h à 18h00

Fermeture le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier

Tarifs :

Plein tarif : 10 €

Tarif réduit : 7 €

Renseignements :

Tél. : + 33 (0)3 20 69 23 60 + taper le 4

Fax : + 33 (0)3 20 69 23 61

lapiscine.musee@ville-roubaix.fr

Réservations :

Visites, animations et parcours avec promène-carnet :

Naima Ladrouz

Tél. : + 33 (0)3 20 69 23 67 (du mardi au vendredi de 09h30 à 12h30 – de 14h00 à 17h30)

Fax : + 33 (0)3 20 69 23 61

musee.publics@ville-roubaix.fr

Centres sociaux et centres de loisirs :

Jean-Luc Houzé

Tél. : + 33 (0)3 20 69 92 29

jhouze@ville-roubaix.fr

Conception de projets[publics scolaires et associatifs] :

Florence Tételain

Tél. : + 33 (0)3 20 69 23 64

Fax : + 33 (0)3 20 69 23 61

ftetelain@ville-roubaix.fr

12:51 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/11/2015

Allégresse et chuchotements…

Les surprises de Fragonard (cover) .jpg

Dans le cadre de l’exposition « Fragonard amoureux, galant et libertin » qui se tient au Musée du Luxembourg, dans la capitale française, jusqu’au 24 janvier 2016, les Éditions Gallimard ont ressorti un bel essai de Philippe Sollers intitulé Les surprises de Fragonard qui avait été publié en 1987 à l’occasion de l’importante exposition organisée au Grand Palais en 1987-1988 autour de l’œuvre du peintre né le 5 avril 1732 à Grasse et mort le 22 août 1806 à Paris.

Écoutons Philippe Sollers :

« Fragonard est un des grands peintres du dix-huitième siècle. Plus divers et fort que Watteau ; moins académique que Boucher, il domine son siècle et interroge le nôtre. À notre grande surprise, nous nous sommes aperçus que presque rien n'avait été écrit sur lui. Ce silence est-il dû à un préjugé historique, conséquence de la Révolution ? Cette question mérite d'être posée en fonction de la “commémoration” de 1989.

On se propose, ici, de commémorer d'abord Fragonard, de le faire vivre dans son effervescence profonde. Surprises de Fragonard ? À chaque instant. Ce livre est construit comme un petit roman d'aventures, images, détails, récits. Les sujets, en général interprétés superficiellement comme “érotiques et galants”, révèlent des arrière-plans inattendus, des audaces inouïes. C'est toute une société qui se dévoile dans ces coulisses : La Fête à Rambouillet, Le Billet doux, L'Étude, Le Début du modèle, La Chemise enlevée, La Résistance inutile, Les Baigneuses, Le Verrou...

Disons les choses : on a rarement eu autant de plaisir à concevoir un livre. »

Les surprises de Fragonard (La Chemise enlevée).jpg

La Chemise enlevée (vers 1770)

  1. : 0,35 m. ; L. : 0,42 m.

© Musée du Louvre/A. Dequier - M. Bard.

Nous ajouterons que l’exposé, brillamment soutenu par une iconographie superbe, s’avère, lui aussi, plein d’heureuses surprises : d’érudition, de formulation et de style…

Par exemple, en réplique à une charge de Céline dans Bagatelles pour un massacre :

« Fragonard ? La meilleure thérapeutique préventive contre le toutoulitarisme. Chez lui, rien n'est tout, chaque détail est libre. Vous voulez éviter le fascisme ? La barbarie ? Le kitsch ? Le bazar de l’art moderne ? La propagande populiste ? La mode décidant de la réalité ? La dictature des media ? Faites comme les milliardaires avisés ou repentants, prenez votre valeur refuge : Fragonard. »

Enlevez, c’est pesé !

Bernard DELCORD

Les surprises de Fragonard par Philippe Sollers, Paris, Éditions Gallimard, septembre 2015, 144 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 24,6 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleurs, 25 € (prix France)

Informations pratiques relatives à l'exposition :

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard

75006 Paris

Tél. : 01 40 13 62 00

Ouverture tous les jours de 10h à 19h, nocturne le lundi et le vendredi jusqu'à 21h30.

Les 24, 31 décembre et 1er janvier : de 10h à 18h.

Fermeture le 25 décembre.

Tarifs :

Plein : 12 €

Réduit : 7,5 € (16-25 ans, demandeurs d'emploi et famille nombreuse).

Spécial Jeune : 7,5 € pour deux entrées (du lundi au vendredi à partir de 17h).

Gratuit pour les moins de 16 ans, bénéficiaires des minima sociaux.

Accès :

En transports en commun :

- RER : ligne B, arrêt Luxembourg (sortie Jardin du Luxembourg).

- Métro : ligne 4, arrêt Saint Sulpice ; ligne 10, arrêt Mabillon.

- Bus : lignes 58, 84, 89, arrêt Luxembourg ; lignes 63, 70, 87, 86, arrêt Saint Sulpice.

En voiture :

- Parking Marché Saint-Germain : accès par la rue Lobineau, Paris 6e.

- Parking Place Saint Sulpice, Paris 6e.

En Vélib’ :

- Stations n° 6009, 6030, 6017.

En Autolib’ :

- 2, rue de Fleurus et 18, rue Madame.

En raison des nouvelles dispositions du plan Vigipirate, les sacs et valises ne sont plus autorisés.

 

22:00 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/10/2015

Portraits de cours…

Élisabeth Vigée Le Brun (cover).jpg

Une exposition organisée par la Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, le Metropolitan Museum of Art de New York et le Musée des Beaux-Arts du Canada à Ottawa, avec le soutien exceptionnel du Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon, se tient jusqu’au 11 janvier 2016 dans les Galeries nationales du Grand Palais à Paris, consacrée à Élisabeth Louise Vigée Le Brun (1755-1842), l’une des grandes portraitistes de son temps, à l’égal de Quentin de La Tour ou Jean-Baptiste Greuze.

Issue de la petite bourgeoisie, elle trouvera sa place au milieu des grands du royaume, et notamment auprès du roi et de sa famille. Elle devint ainsi le peintre officiel de la reine Marie-Antoinette.

L’exposition, qui est la première rétrospective française à lui être consacrée, présente près de 130 œuvres de l’artiste, construisant un parcours complet à travers un œuvre pictural majeur et une grande page de l’histoire de l’Europe.

Par ailleurs, Geneviève Haroche-Bouzignac est professeur à l'université d'Orléans, spécialiste du XVIIIe siècle. Elle a établi l'édition des Souvenirs d’Élisabeth Louise Vigée Le Brun (Champion, 2008) et publié une biographie de l'artiste, Louise Élisabeth Vigée Le Brun, histoire d'un regard (Flammarion, 2011, Prix Chateaubriand 2011, Mellor Book Prize, 2012).

C’est donc très logiquement que les Éditions Gallimard et celles de la Réunion des Musées nationaux-Grand Palais à Paris ont fait appel à ses talents pour rédiger un superbe petit livre intitulé Élisabeth Vigée Le Brun paru dans la célèbre collection « Découvertes ».

Elle nous en parle :

« Peu de femmes artistes auront connu une carrière aussi éclatante que celle de Louise Élisabeth Vigée Le Brun (1755-1842). Encouragée par son père, pastelliste, elle manifeste dès l'enfance une grande aptitude à la couleur. À vingt ans, elle est déjà une portraitiste réputée auprès de la noblesse qui apprécie ses portraits à la fois ressemblants et flatteurs. Sa rencontre avec Marie-Antoinette en 1777 est déterminante.

Elle devient le peintre officiel de la reine avec laquelle elle tisse des liens familiers. En 1789, contrainte à l'exil, elle voyage en Italie, en Autriche puis en Russie. Accueillie par les grandes cours d'Europe, elle acquiert une renommée internationale. De retour en France en 1802, puis séjournant en Angleterre et en Suisse, elle ne cessera de peindre jusqu'à sa mort en 1842. Son œuvre compte plusieurs centaines de tableaux, dont une majorité de portraits où se côtoient la société aristocratique européenne, le monde des arts et du théâtre, l'univers enfantin. »

Illustré d'une quarantaine d'œuvres majeures, choisies parmi les cent trente tableaux de l'exposition au Grand Palais, son ouvrage retrace le parcours d'une femme d'exception, sans doute l'un des plus grands peintres de son temps.

Renseignements pratiques concernant l’exposition :

GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

Entrée du public :

Entrée Clémenceau, place Clemenceau, Paris 8e

Entrée Square Jean Perrin, Champs-Élysées, avenue du Général Eisenhower, Paris 8e

Entrée Winston Churchill, avenue Winston Churchill, Paris 8e

Horaires :

Jusqu’au 11 janvier 2016

Mercredi de 10h à 22h

Les autres jours de 10h à 20h

Fermé le mardi

Fermeture le 25 décembre

Fermeture anticipée à 18h les 24 et 31 décembre

Dernier accès à l’exposition : 45 min avant la fermeture.

Fermeture des salles : à partir de 15 min avant la fermeture

Tarifs :

Plein tarif : 13 €

Tarif réduit : 9 €

Tarif tribu (4 personnes dont 2 jeunes entre 16 et 25 ans) : 35 €

En application du Plan Vigipirate au niveau « alerte attentat », l’accès au Grand Palais est interdit à toutes les valises, tous les sacs de voyage et les sacs à dos de taille supérieure au format A3. 

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Portrait au chapeau de paille de Yolande-Gabrielle-Martine de Polastron, duchesse de Polignac (1749-1793),Versailles, châteaux de Versailles et de Trianon. Photo (C) RMN-Grand Palais (Château de Versailles)

Bernard DELCORD

Élisabeth Vigée Le Brunpar Geneviève Haroche-Bouzinac, Paris, coédition Gallimard/Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, collection « Découvertes », septembre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 8,90 € (prix France)

20:11 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Délicieusement licencieux…

Fragonard amoureux (cover).jpg

Dans le cadre de l’exposition « Fragonard amoureux, galant et libertin » qui se tient à Paris, au Musée du Luxembourg, jusqu’au 24 janvier 2016, les Éditions Gallimard se sont associées à la Réunion des Musées nationaux-Grand Palais pour faire paraître, dans la fameuse  collection « Découvertes », un Fragonard amoureux de toute beauté, conçu par Guillaume Faroult, conservateur en chef du Musée du Louvre en charge notamment des peintures françaises du XVIIe siècle.

Écoutons-le :

« Selon les frères Goncourt, le XVIIIe siècle fut le siècle de la séduction et de la licence amoureuse, et le peintre Jean Honoré Fragonard (1732-1806) son principal illustrateur. L'inspiration amoureuse parcourt l'œuvre protéiforme du « divin Frago », souvent en écho avec les transformations et les préoccupations de son époque. Elle accompagne les derniers feux de la galanterie pour emprunter ensuite les voies diverses de la polissonnerie, du libertinage ou de l'amour sincère et moralisé.

À l'heure où le roman moderne prend son essor avec Diderot et Crébillon, la question de l'articulation délicate de la sensualité et du sentiment est centrale dans la réflexion des intellectuels et des moralistes des Lumières.

Fragonard s'en empare à son tour et, dans ses peintures ou dans ses merveilleux dessins au lavis, explore avec virtuosité les infinies variations du sentiment amoureux. »

L’ouvrage (qui est un livre-objet dont les pages se déplient pour mieux reproduire les peintures présentées) s’articule autour de 8 modules :

- La mythologie dans le boudoir

- L’amour pastoral

- L’illustration libertine

- La feinte résistance

- Parfum de femme

- Le désir au bout du pinceau

- Allégories amoureuses

- Le Verrou (qui figure en couverture de l’ouvrage) 

Fragonard amoureux (La résistance inutile).jpg

Fragonard, La résistance inutile, huile sur toile, 1770-1773.

Informations pratiques relatives à l'exposition :

Musée du Luxembourg

19 rue de Vaugirard

75006 Paris

Tél. : 01 40 13 62 00

Ouverture tous les jours de 10h à 19h, nocturne le lundi et le vendredi jusqu'à 21h30.

Les 24, 31 décembre et 1er janvier : de 10h à 18h.

Fermeture le 25 décembre.

Tarifs :

Plein : 12 €

Réduit : 7,5 € (16-25 ans, demandeurs d'emploi et famille nombreuse).

Spécial Jeune : 7,5 € pour deux entrées (du lundi au vendredi à partir de 17h).

Gratuit pour les moins de 16 ans, bénéficiaires des minima sociaux.

Accès :

En transports en commun :

- RER : ligne B, arrêt Luxembourg (sortie Jardin du Luxembourg).

- Métro : ligne 4, arrêt Saint Sulpice ; ligne 10, arrêt Mabillon.

- Bus : lignes 58, 84, 89, arrêt Luxembourg ; lignes 63, 70, 87, 86, arrêt Saint Sulpice.

En voiture :

- Parking Marché Saint-Germain : accès par la rue Lobineau, Paris 6e.

- Parking Place Saint Sulpice, Paris 6e.

En Vélib’ :

- Stations n° 6009, 6030, 6017.

En Autolib’ :

- 2, rue de Fleurus et 18, rue Madame.

En raison des nouvelles dispositions du plan Vigipirate, les sacs et valises ne sont plus autorisés.

Bernard DELCORD

Fragonard amoureuxpar Guillaume Faroult, Paris, coédition Gallimard/Réunion des Musées nationaux-Grand Palais, collection « Découvertes », septembre 2015, 48 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture Intégra en couleurs, 8,90 € (prix France)

18:36 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/10/2015

Mondaines, demi-mondaines, trottins et pierreuses…

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 (cover).jpg

Catalogue de l’exposition qui se tient Musée d’Orsay à Paris au jusqu’au 17 janvier 2016, puis du 19 février au 19 juin 2016 au Van Gogh Museum d’Amsterdam, le magnifique ouvrage collectif intitulé Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910 résume fort habilement ce que ses organisateurs présentent comme « la première grande manifestation qui tente de retracer la façon dont les artistes français et étrangers, fascinés par les acteurs et les lieux de ce fait social, n'ont cessé de rechercher de nouveaux moyens picturaux pour en représenter réalités et fantasmes. 

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Vincent van Gogh (1853-1890), Agostina Segatori au Tambourin (1887)

Huile sur toile. H. 55,5 cm ; L. 46,  cm. Amsterdam, Van Gogh Museum

© Van Gogh Museum, Amsterdam (Vincent van Gogh Foundation)

"Pierreuses" officiant clandestinement sur des terrains vagues dans les profondeurs de la nuit, filles "en carte" et "insoumises" racolant dans l'espace public, "verseuses" employées par des brasseries à femmes, pensionnaires de maisons closes, courtisanes recevant leurs admirateurs dans leur luxueux hôtel particulier… Au XIXe siècle, la prostitution revêt de multiples visages. 

Reutlinger – La belle Otéro.jpg

Reutlinger, La belle Otéro (1875-1917)

1 album de photographies positives,

Album Reutlinger de portraits divers, vol. 3, PET FOL-NA-260 (3)

H. 10,5 cm ; L. 14,5 cm (tirages), H. 35,5 cm ; L. 40 cm (vol.)

Département Estampes et photographie, Bibliothèque Nationale de France, Paris

© Bibliothèque Nationale de France, Paris

Ce caractère protéiforme et insaisissable n'a cessé d'obséder romanciers et poètes, dramaturges et compositeurs, peintres et sculpteurs. La plupart des artistes du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle ont porté leur regard sur les splendeurs et les misères de la prostitution, celle-ci devenant également un motif d'élection pour les médias naissants, tels que la photographie puis le cinématographe.

C'est en particulier à Paris, entre le Second Empire et la Belle Époque, que la prostitution s'affirme comme sujet dans des œuvres se rattachant à des courants aussi divers que l'académisme, le naturalisme, l'impressionnisme, le fauvisme ou l'expressionnisme. La ville est alors en pleine métamorphose : nouvelle Babylone pour certains, "Ville Lumière" pour d'autres, elle offre aux artistes quantité de lieux nouveaux (salons de la haute société, loges d'opéras, maisons de tolérance, cafés, boulevards…) où observer le ballet codé des amours tarifées. 

Édouard Manet – Bal masqué à l'Opéra.jpg

Édouard Manet (1832-1883), Bal masqué à l'Opéra (1873)

Huile sur toile. H. 59,1 cm ; L. 72,5 cm.

Washington, National Gallery of Art

© Courtesy The National Gallery of Art, Washington

De L'Olympia et du Bal masqué à l’Opéra de Manet à L'Absinthe de Degas, des incursions dans les maisons closes de Toulouse-Lautrec et Munch aux figures audacieuses de Vlaminck, Van Dongen ou Picasso, l'exposition s'attache à montrer la place centrale occupée par ce monde interlope dans le développement de la peinture moderne.

Edvard Munch – Noêl au bordel.jpg

Edvard Munch (1863-1944), Noël au bordel

Huile sur toile. H. 60 cm ; L. 88 cm.

Oslo, Munch Museum

© Munch-museet/Munch - Ellingsen Gruppen/Bono

Dans ces représentations souvent contrastées se mêlent tout à la fois observation scrupuleuse et imagination, indiscrétion et objectivité, approche clinique et fantasmes débridés. Mais pour singuliers qu'ils soient, tous ces regards jetés sur le monde de la prostitution sont exclusivement ceux d'artistes masculins. Aussi, derrière l'évocation des plaisirs et des maux, des ascensions fulgurantes et des vies misérables, c'est aussi le poids de la condition féminine à l'époque moderne qui transparaît [1]. »

Henri Evenepoel – Au café d'Harcourt à Paris.jpg

Henri Evenepoel (1872-1899), Au café d'Harcourt à Paris (1897)

Huile sur toile. H. 114 cm ; L. 148 cm.

Francfort-sur-le-Main, Städel Museum

© Städel Museum – U. Edelmann – ARTOTHEK

Le musée informe que certaines des œuvres présentées dans l'exposition sont susceptibles de heurter la sensibilité des visiteurs (et tout particulièrement du jeune public).

Quoi qu’il en soit, nous pensons que cet événement artistique majeur vaut impérativement la visite, ne serait-ce qu’en raison de la notoriété des artistes et de la qualité des œuvres qu’il réunit !

Bernard DELCORD

Splendeurs et misères – Images de la prostitution 1850-1910, ouvrage collectif, Paris, coédition Flammarion et Musée d’Orsay, septembre 2015, 307 pp. en quadrichromie au format 25,2 x 30,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)

Commissariat :

Marie Robert et Isolde Pludermacher, conservateurs au musée d'Orsay

Richard Thomson, professeur d'histoire de l'art à l'Université d'Edimbourg,

Nienke Bakker, conservateur au van Gogh Museum, Amsterdam

Scénographie :

Robert Carsen, scénographe et directeur artistique

Informations pratiques :

Adresse :

Musée d'Orsay

62, rue de Lille

75343 Paris Cedex 07

Tél. : 00 33 1 40 49 48 14

Horaires :

Ouverture

- de 9h30 à 18h le mardi, le mercredi, le vendredi, le samedi et le dimanche

- de 9h30 à 21h45 le jeudi

Vente des billets jusqu'à 17h, 21h le jeudi

Évacuation à partir de 17h15, 21h15 le jeudi

Groupes admis sur réservation uniquement du mardi au samedi de 9h30 à 16h, jusqu'à 20h le jeudi

Fermeture tous les lundis et les 1er mai et 25 décembre.

Tarifs :

Billet musée :

Ce billet donne accès aux collections permanentes, et aux expositions temporaires, dans la limite des places disponibles.

Plein tarif : 11 €

Tarif réduit : 8,50 €

- Pour les 18-25 ans non ressortissants et non résidents de longue durée d'un pays de l'Union européenne.

- Pour tous à partir de 16h30 (sauf le jeudi).

- Pour tous, le jeudi en nocturne, à partir de 18h.

Billetterie :

http://www.musee-orsay.fr/fr/visite/billets-dentree/bille...

 

15:54 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |