11/08/2015

Une exposition d’envergure

Heartbreak Hotel (affiche).jpg

C’est avec fierté que la Vanhaerents Art Collection annonce sa première grande exposition en dehors des frontières belges, intitulée Heartbreak Hotel.

Cet événement, qui s’inscrit dans le cadre de la 56e Biennale de Venise, se déroulera du 6 mai au 15 septembre 2015 au Zuecca Project Space, une des institutions culturelles de premier plan à Venise.

Le fondateur de la collection, Walter Vanhaerents, qui fêtera cette année ses 70 ans, est le commissaire de cette prestigieuse exposition.

Comme c’était le cas des précédentes expositions de la Vanhaerents Art Collection, Heartbreak Hotel emprunte son titre directement à la musique pop.

Inspiré par les émouvantes paroles de la célèbre chanson d’Elvis Presley sortie en 1956, Walter Vanhaerents a sélectionné une quinzaine d’œuvres monumentales de la collection. Il a volontairement opté pour des œuvres évoquant l’ambiance ou l’esprit de cet incontournable classique du rock ’n-roll, possédant par ailleurs un attrait visuel, une présence physique et une stratification conceptuelle particuliers.

Conçu comme un dialogue entre des œuvres d’artistes de différentes générations et aux approches variées, Heartbreak Hotel traite de thèmes tels que la mélancolie, la souffrance physique et le martyre. L’exposition évoque des scènes de guerre historiques et des pratiques religieuses actuelles, qu’elle met en contraste avec un monde idyllique plein de palmiers ondulants, de clowns amusants et de dames du « beau monde ».

L’exposition aborde également le thème de la collection, lorsque celle-ci place le collectionneur impatient face à son rival, un imprévisible marchand à la silhouette diabolique,  et soulève la question suivante : lequel des deux finira par gagner ?

Heartbreak Hotel comprend des œuvres de Sam Falls, Katharina Fritsch, Matthew Day Jackson, Bruce Nauman, Ugo Rondinone, Markus Schinwald, Cindy Sherman, Yinka Shonibare, Lucien Smith, Nick van Woert, Joana Vasconcelos, Bill Viola et Andy Warhol.

Gerrie SOETAERT

 

Informations pratiques :

Heartbreak Hotel

Du 6 mai au 15 septembre 2015

Ouvert tous les jours de 10 à 18 heures ; fermé le mardi

Entrée gratuite

Zuecca Project Space, Giudecca

Fondamenta delle Zitelle 32 Venise (Italie)

www.zueccaprojectspace.com

Vaporetto stop ‘Zitelle’ (lines 2 and 4)

Vanhaerents Art Collection

Anneessensstraat 29, 1000 Brussels, Belgium

www.vanhaerentsartcollection.com

vincent@vanhaerentsartcollection.com

+32 2 511 50 77

 

Voici la photographie de quelques-unes des œuvres présentées :

 

Katharina FRITSCH

Née en 1956 à Essen (DE)

Vit et travaille à Düsseldorf (DE) 

Katharina Fritsch.jpg

Händler (marchand), 2001, polyester, peinture, 192 x 59 x 41 cm

© Katharina Fritsch / 2014 SABAM Belgium / Courtesy Matthew Marks Gallery

Photo © Nic Terwiggenhorn / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Matthew Day JACKSON

Né en 1974 à Los Angeles (USA)

Vit et travaille à New York 

Matthew Day Jackson - August 9, 1945 (2011).jpg

August 9, 1945, 2011, bois roussi sur panneau,

243,8 x 472,4 x 35,6 cm / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Bruce NAUMAN

Né en 1941 à Fort Wayne (USA)

Vit et travaille à Galisteo (USA) 

Bruce Nauman.jpg

Quatre parties de grands animaux, 1989, aluminium, fil de fer, métal tubé, 142 x 376 x 368 cm

Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Ugo RONDINONE

Né en 1964 à Brunnen, (Suisse)

Vit et travaille à New York 

Ugo Rondinone.jpg

If there were anywhere but desert 2, 2000 fibre de verre, peinture, vêtements, paillettes, couverture,

43 x 200 x 110 cm / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Cindy SHERMAN

Née en 1954 à Glen Ridge (USA)

Vit et travaille à New York 

Cindy Sherman..jpg

Untitled #475, 2008, impression chromogénique, 219,4 x 181,16 cm, ed.6/6

Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Lucien SMITH

Né en 1989 à Los Angeles (USA)

Vit et travaille à New York 

Lucien Smith.jpg

Stuck in a ditch under the pale moonlight. A dream I remember too well, 2014,

Huile sur canevas, 244 x 198 cm / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Joana VASCONSELOS

Née en 1971 à Paris (France)

Vit et travaille à Lisbonne (Portugal) 

Vasconcelos.jpg

Diane, 2013, statue, peinture acrylique, coton fait à la main,

210 x 50 x 60 cm / Courtesy Vanhaerents Art Collection.

 

Bill VIOLA

Né en 1951 à New York (USA)

Vit et travaille à New York

Bill Viola.jpg

Martyrs (terre), 2014, écran plasma couleur, 119,4 cm,

Courtesy Vanhaerents Art Collection.

13:55 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/07/2015

Grand œuvre…

Les plus belles œuvres de Velázquez .jpg

Dans un article de qualité [1], Wikipédia assure que « Diego Rodríguez de Silva y Velázquez (baptisé à Séville le 6 juin 1599 et mort à Madrid le 6 août 1660), dit Diego Velázquez, est un peintre baroque considéré comme l'un des principaux représentants de la peinture espagnole et l'un des maîtres de la peinture universelle.

Il passa ses premières années à Séville, où il développa un style naturaliste à base de clairs-obscurs. À 24 ans, il déménagea à Madrid, où il fut nommé peintre du roi Philippe IV et, quatre ans plus tard, il devint peintre de chambre, charge la plus importante parmi celles dévolues aux peintres de la cour. Comme artiste, par son rang de peintre de cour, il réalisa essentiellement des portraits du roi, de sa famille et des Grands d’Espagne ainsi que des toiles destinées à décorer les appartements royaux. Comme surintendant des travaux royaux, il acquit en Italie de nombreuses œuvres pour les collections royales, des sculptures antiques et des tableaux de maîtres, et il organisa les déplacements du roi d'Espagne.

Sa présence à la cour lui permit d'étudier les collections de peintures royales. L'étude de ces collections ajoutée à l'étude des peintres italiens lors de son premier voyage en Italie eut une influence déterminante sur l'évolution de son style, caractérisé par une grande luminosité et des coups de pinceau rapides. À partir de 1631, il atteignit sa maturité artistique et peignit de grandes œuvres comme la Reddition de Breda.

Pendant les dix dernières années de sa vie, son style se fit plus schématique, arrivant à une domination notable de la lumière. Cette période commença avec le Portrait du Pape Innocent X peint lors de son second voyage en Italie, et vit la naissance de deux de ses œuvres maîtresses : Les Ménines et Les Fileuses.

Son catalogue contient de 120 à 125 œuvres peintes et dessinées. Après sa mort, la réputation de Velázquez atteignit un sommet de 1880 à 1920, période qui coïncide avec les peintres impressionnistes français pour qui il fut une référence. Manet fut émerveillé par sa peinture et il qualifia Velázquez de “peintre des peintres”, puis de “plus grand peintre qui ait jamais existé”.

La majeure partie de ses toiles, qui faisaient partie de la collection royale, est conservée au musée du Prado à Madrid. »

Une exposition rétrospective consacrée à l’œuvre de ce peintre espagnol majeur se tient pour la première fois dans la capitale française, au Grand Palais, jusqu’au 13 juillet 2015.

À cette occasion, les Éditions Larousse ont publié, rédigé par Johann Protais et Éloi Rousseau, Les plus belles œuvres de Velázquez, un album donnant une présentation attrayante et pédagogique des 100 œuvres les plus marquantes de l'artiste, avec pour chacune des précisions sur le lieu et la date d'exécution, les dimensions, le support ainsi que le matériau utilisé.

Magnífico !

Bernard DELCORD

Les plus belles œuvres de Velázquez par Johann Protais et Éloi Rousseau, Paris, Éditions Larousse, mars 2015, 128 pp. en quadrichromie au format 20 x 24 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 12,90 € (prix France)

Informations pratiques :

3, avenue du Général Eisenhower

75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

Ouverture : dimanche et lundi de 10h à 20h

Du mercredi au samedi de 10h à 22h

Fermé le mardi

Dernier accès à l'exposition : 45 min avant la fermeture des Galeries.

Fermeture des salles : à partir de 15 minutes avant la fermeture des Galeries.

Tarif normal : 13 €

Tarif réduit : 9 € (16-25 ans, demandeurs d’emploi, famille nombreuse).

Gratuit pour les moins de 16 ans. (Réservation obligatoire pour tout enfant ou jeune de moins de 16 ans accompagnant un visiteur muni de réservation.)

15:17 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

En mode polémique…

Yves Saint-Laurent 1971 – La collection du scandale.jpg

Paru chez Flammarion, le superbe catalogue de l’exposition Yves Saint Laurent 1971 – La collection du scandale qui se tient jusqu’au 19 juillet 2015 à la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint-Laurent à Paris revient sur un moment capital de la carrière du grand couturier français (1936-2008), moment qui le propulsa définitivement sur le devant de la scène internationale, en dépit des cris d’orfraie poussés par le public huppé et la presse unanime dans l’erreur…

Petit rappel des faits, par les auteurs :

« Le 29 janvier 1971, Yves Saint Laurent présente sa collection de haute couture printemps-été : épaules carrées, robes-chemisiers imprimées, fourrures et semelles compensées défilent dans les salons du 30 bis, rue Spontini. Les réactions du public et de la presse ne sont qu'aversion et consternation pour ces lignes clairement inspirées des années de guerre et d'Occupation. La collection jugée "la plus laide de Paris" est pourtant immédiatement adoptée par la rue.

En inventant le style "rétro", Yves Saint Laurent fait entrer avec fracas la mode dans la modernité. »

On sait par ailleurs que la Fondation Pierre Bergé – Yves Saint Laurent conserve précieusement les archives de la maison de haute couture : modèles, croquis originaux, fiches d'ateliers, échantillons de tissus et photographies de défilés.

Conçu à partir de tous ces documents, témoins des différentes étapes de la création, le catalogue permet de reconstituer les quatre-vingt-quatre passages de cette « collection du scandale » qui marqua définitivement l'histoire de la mode.

Avis aux amateurs de vintage de grande classe !

Informations pratiques :

3 rue Léonce Reynaud, 75116 Paris

Tél. : 00 33 1 44 31 64 00

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 11h à 18h (dernière entrée à 17h30).

Fermé le 14 juillet.

Accessible aux personnes à mobilité réduite.

Métro Alma Marceau - Ligne 9

Bus 42 - 63 - 80 - 92 - 72

Parking avenue George V

Plein tarif : 7 €.

Tarif réduit : 5 € pour les étudiants et les moins de 18 ans sur présentation d’un justificatif.

Gratuit pour les détenteurs de la carte ICOM-ICOMOS, les enfants de moins de 10 ans et les demandeurs d’emploi sur présentation d’un justificatif de moins d’un an.

Paiement par carte bancaire ou chèque à partir de 15 €.

Bernard DELCORD

Yves Saint-Laurent 1971 – La collection du scandale par Olivier Saillard, Alexandre Samson et Dominique Veillon, préface de Pierre Bergé, Paris, Éditions Flammarion, mars 2015, 176 pp. en quadrichromie au format 18,7 x 27,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 30 € (prix France)

13:06 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/05/2015

Exposition Paul Delvaux’s Best Wishes au Musée Delvaux

Exposition Paul Delvaux’s Best Wishes (affiche).jpg

Cette année, le Musée Paul Delvaux de Saint-Idesbald souhaite mettre l’accent sur les archives de la Fondation Paul Delvaux. Celle-ci possède, en effet, une collection de plus de 3 000 œuvres et un fonds d’archives important qui recèle des trésors inédits.

Trente-cinq ans après sa création, c’est avec enthousiasme qu’elle inaugure ainsi une politique qui se veut scientifique en consacrant à l’œuvre de Delvaux un cycle d’expositions annuelles et une nouvelle collection de publications.

Au travers de la première exposition, Paul Delvaux’s Best Wishes, est dévoilée une sélection de 21 dessins réalisés par l’artiste, entre 1955 et 1960, pour illustrer ses vœux et ceux de son épouse Tam.

La sélection s’est faite au départ d’une trentaine de projets dont la majorité est présentée au public pour la première fois. Seuls huit d’entre eux sont déjà sortis de leur carton. En effet, en 2008, ils furent présentés à Liège, pour l’exposition De demain à Delvaux : Delvaux, peintre des gares, mais leur nature inédite n’étant pas indiquée, ils ne furent pas identifiés comme tels. En 2012, à l’occasion de la célébration de trente années de collaboration entre la Fondation Paul Delvaux et le Japon, elle offrît aux Nippons la primeur de quelques-uns de ces dessins lors de l’exposition itinérante Odyssey of a Dream.

Ces créations, exécutées avec beaucoup de finesse sont surprenantes, parfois même insolites. Elles ont en commun la nostalgie du temps passé, thème précieux et récurant dans son œuvre. L’artiste aime nous plonger dans ses souvenirs d’enfance, le spectateur averti est habitué à ce type de voyage.

Le travail du dessin à la plume évoque quelque peu la ligne claire de la bande dessinée et est réalisé sur  papier calque, probablement pour pouvoir reproduire plus facilement, et de manière multiple, ses projets. Une scène représentant la Mère à l’Enfant laisse percevoir les traces de crayon qui ont précédé la reprise à l’encre de Chine. La majorité d’entre elles se déclinent sur un double feuillet. L’un est occupé par le dessin tandis que l’autre porte un texte calligraphié, parfois brut et direct ou tel une enluminure destinée à véhiculer le message principal, transmettre les bons vœux de Tam et Paul.

Parfois l’artiste intègre directement les lettres au dessin comme si l’un ne pouvait pas aller sans l’autre.

Parcourir l’exposition permet de réaliser combien l’approche traditionnelle de la fête de Noël domine. Elevé dans une famille bourgeoise, Delvaux reçoit une éducation régie par les valeurs chrétiennes qu’il respecte même s’il n’est nullement pratiquant. Son travail artistique nous démontre d’ailleurs combien la religion fut une source d’inspiration féconde. Trois projets font une référence explicite à la Bible et renvoient aux scènes qui inspirèrent les plus grands artistes : la Nativité, la Pietà et l’Adoration des Rois mages.

Doucement, les paysages se familiarisent avec l’imaginaire du peintre, les rues de Jérusalem se couvrent de «chapeaux boules» sortes de pavés bombés, des poteaux électriques émergent sous la voûte céleste scintillante de mille étoiles, la lune, astre delvalien par excellence, apparaît comme un clin d’œil inconscient du peintre à son monde intime, des personnages  commencent à peupler le paysage.

Exposition Paul Delvaux’s Best Wishes (carte).jpg

© Foundation Paul Delvaux, St. Idesbald, Belgium

Dès lors, les parallèles existant entre ces cartes de vœux et certains tableaux ne surprennent plus. De façon évidente, on pense à Nuit de Noël, mais en poussant l’exploration on retrouve des éléments et des détails présents dans Solitude, La gare forestière, Le canapé bleu ou encore Toutes les lumières.

La thématique récurrente du train trouve elle aussi, et fort logiquement, un large écho au sein de ces compositions apaisées. Un tiers des projets y est consacré par celui qui rêvait petit d’être chef de gare et qui a toujours gardé la nostalgie des locomotives à vapeur. Est-ce là le symbole du passage d’une année à l’autre ? À chacun de trouver sa propre interprétation.

Sans se trahir, Delvaux offre une vision adoucie de la sphère intime où la femme occupe invariablement une place privilégiée. Peut-être détient-elle secrètement les clés de ce monde mystérieux où elle déambule dans l’épaisseur du silence ?

Julie VAN DEUN

INFORMATIONS PRATIQUES :

FOUNDATION  PAUL DELVAUX MUSEUM

Paul Delvauxlaan, 42

B-8670 St. Idesbald - Koksijde

Tél.  +32 (0) 58 52 12 29 

|Fax.  +32 (0)58 52 12 73

info@delvauxmuseum.com

www.delvauxmuseum.com

Horaires :

–        Du 04.04.2015 au 30.09.2015 du mardi au dimanche, de 10h30 à 17h30.

–        Du 01.10.2015 au 03.01.2016 du jeudi au dimanche, de 10h30 à 17h30

et lors des vacances scolaires.

Tarifs :

Tarif plein : 10 € (Adulte)

Tarif réduit : 7 € (Senior, Etudiant, Groupe...)

Gratuit (0-6 ans)

MUSEUMPASS 13€/18€

Visites guidées sur rendez-vous

Commissaire : Julie Van Deun

Scénographe : Frédéric De Smedt

15:32 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/03/2015

Julia Margaret Cameron (1815-1879), pionnière de la photographie

(MSK, Musée des Beaux-Arts de Gand, 14 mars-14 juin 2015)

Cameron – L'ange au sépulcre.jpg

L’Ange au sépulcre (1869-70)

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

Don d’Alan S. Cole, 1913.

© Victoria and Albert Museum, London.

 

Au Musée des Beaux-Arts de Gand, le printemps 2015 sera placé sous le signe de Julia Margaret Cameron (1815-1879).

Née il y a deux cents ans, le 11 juin 1815, à Calcutta, à une période où l’Empire britannique est en plein essor, elle s’est imposée comme l’une des photographes les plus importantes et les plus novatrices du XIXe siècle.

Des images innovantes

Vers les années 1860 – époque marquée par la rapide évolution de la photographie –, Julia Margaret Cameron réussit à prêter voix à une technique en devenir.

Son regard est celui d’une femme indépendante qui fréquente un milieu intellectuel réunissant des peintres, des écrivains, des physiciens et autres personnages influents. Toutes ses photos témoignent d’une profonde sensibilité spirituelle et d’un point de vue résolument féminin. Ces qualités se manifestent dans ses portraits de Thomas Carlyle, Charles Darwin, John Herschel, Alfred Tennyson et G.F. Watts, mais davantage dans ses tableaux montrant des femmes et des enfants, séparément ou en groupe.

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Sainte-Cécile, d'après le style de Raphaël, 1865

(570 x 420 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

Ces images sondent les profondeurs de l’âme des sujets, explorant les liens affectifs entre les modèles, mais aussi entre les modèles et la photographe. Bien qu’elle puise son inspiration dans la noblesse des thèmes des récits bibliques, de la mythologie classique et de la littérature, Cameron les libère de leur contexte et les actualise.

Ne se contentant pas d’apporter une note romanesque à une nouvelle technique, J. M. Cameron aspire à donner à l’humanité un sentiment esthétique. Ses œuvres offrent un point de vue prophétique et comblent une importante lacune dans le développement d’une technique en devenir. De plus, elles témoignent, toutes et chacune, d’un regard de femme sur le monde, un regard qui dément leur apparente discrétion, un regard qui est aussi convaincant que celui des grandes romancières anglaises de la fin de l’époque victorienne.

Parallèlement au développement du mouvement préraphaélite, les photographies de Cameron représentent non seulement des séductrices et des maîtresses, comme le font celles de ses collègues, mais aussi des mères et des grands-mères aimantes, avec des enfants et des petits-enfants, dans des scènes de tous les jours. Son univers est celui de l’espace féminin et familial, et c’est dans ce contexte que sa photographie fascinante, émouvante et maternelle s’épanouit.

Cameron – Florence Fisher.jpg

Florence Fisher, 1872

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

Parmi les cris d’excitation des enfants, les costumes et draperies pêle-mêle, s’élève une voix qui relie l’époque héroïque de la peinture d’histoire et des scènes bibliques à l’époque moderne de la vie intérieure, du soi et de l’empathie. Cette voix, résolument contemporaine mais sans écho, est celle d’une artiste dans la fleur de l’âge. En établissant une continuité entre les aspects du quotidien d’hier et d’aujourd’hui, elle crée un merveilleux amalgame de la famille, de l’amitié et du patrimoine culturel britannique, avec son art, son théâtre et sa littérature, du Roi Lear de Shakespeare et des Idylles du Roi de Tennyson au roi Arthur et autres légendes héroïques.

Pourquoi de la photographie au Musée des Beaux-Arts de Gand ?

Julia Margaret Cameron, peut-être plus que tout autre, a réussi à élever la photographie au rang de l’art tel que nous le connaissons. Elle aspirait à « anoblir la photographie et à lui assurer le caractère et les usages de l’Art en associant le réel et l’idéal et en ne sacrifiant rien à la Vérité par toute la dévotion possible à la poésie et à la beauté ». Elle situait sa photographie dans le contexte de l’art ancien et moderne, l’apparentant à la peinture, la sculpture et le dessin.

En 1868, le South Kensington Museum (actuel Victoria & Albert Museum) met à sa disposition deux salles à proximité de celles consacrées à son impressionnante collection de peintures qui lui servent de studio de portrait, faisant d’elle sa « première artiste en résidence ». Ses photographies s’apparentent effectivement à des tableaux et dessins non seulement par leurs sujets et leurs compositions inspirés des maîtres anciens (et modernes), mais également par leur taille relativement importante, leur flou artistique et leurs jeux contrastés d’ombres et de lumières.

Une occasion unique

Cette année marque le 200e anniversaire de la naissance de la photographe. Par sa présentation de l’exposition Julia Margaret Cameron (1815-1879), pionnière de la photographie, le Musée des Beaux-Arts de Gand est le seul musée en Europe à célébrer cet anniversaire.

L’exposition réunit des œuvres provenant de la riche collection du Victoria & Albert Museum, qui fut non seulement le seul à exposer les œuvres de J. M. Cameron de son vivant, mais aussi le premier à constituer une importante collection de ses photographies en les achetant de l’artiste. Julia Margaret Cameron (1815-1879), pionnière de la photographie offre une occasion unique de découvrir des œuvres de cette grande dame de la photographie qui n’ont jamais été présentées à l’extérieur de la Grande-Bretagne.

Gerrie SOETAERT

Cameron – Julia Jackson (1).jpg

Julia Jackson, 1867

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

 

Renseignements généraux

http://www.mskgent.be/fr/informations-pratiques

 

Biographie de Julia Margaret Cameron (1815-1879)

1815. Julia Margaret Pattle est née à Calcutta le 11 juin 1815, quatrième de sept sœurs. Son père occupe un poste de haut fonctionnaire à la Compagnie britannique des Indes orientales et sa mère descend de l’aristocratie française.

Elle fait la majeure partie de ses études en France.

1834. Retour en Inde.

1836. Rencontre Charles Hay Cameron au cap de Bonne-Espérance. Le couple se marie en 1838 à Calcutta, où naîtront quatre de leurs enfants. Cameron est fonctionnaire à Calcutta et possède des plantations de caoutchouc et de café à Ceylan.

John Herschel initie Julia à la photographie en 1836.

1848. Charles Hay Cameron prend sa retraite et la famille s’installe en Angleterre, où naîtront deux enfants. Ils vivent à Tunbridge Wells, Kent, East Sheen et Putney, à Londres, avant de se fixer sur l’île de Wight en 1860.

Fréquente le salon tenu par sa sœur Sara Prinsep dans sa résidence londonienne, Little Holland House, où elle fait la connaissance de divers artistes et écrivains.

1863. Sa fille et son gendre lui font cadeau son premier appareil photo.

Cameron – Mary Hillier.jpg

Mary Hillier, 1864-66

(570 x 420 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

1864. Première photo réussie en janvier 1864.

Première exposition de son travail en mai 1864 (Photographic Society, Londres) ; commence à vendre ses photos par l’entremise de la galerie P. & D. Colnaghi and Co. à Londres.

1865. Réalisation de la série Fruits of the Spirit, qu’elle présente au British Museum.

Elle expose son travail au South Kensington Museum ; communique régulièrement avec le directeur du Musée, Henry Cole. Le Musée réunit une importante collection de ses œuvres sous la forme d’acquisitions ou de dons offerts par Cameron. Présente son travail à Londres, à Berlin et à Dublin.

1866. Le South Kensington Museum met deux salles à sa disposition qui lui servent de studio de portrait.

 

Cameron – Julia Jackson (2).jpg

Julia Jackson, 1867

(610 x 510 x 40 mm)

Tirage à l’albumine d’un négatif au collodion humide.

© Victoria and Albert Museum, London.

1867, 1872, 1873. Participe aux expositions universelles et internationales de Paris, Londres et Vienne.

1874. Écrit Annals of My Glass House, un texte autobiographique qui sera publié pour la première fois en 1889.

1874-75. Publie Illustrations of Tennyson’s Idylls of the King, and Other Poems, comprenant 25 photographies.

1875. Julia et son mari s’installent à Ceylan, où leurs deux fils ainés s’occupent de la gestion des plantations de café familiales. Ralentit ses activités professionnelles.

1879. Julia Margaret Cameron meurt à Ceylan.

1892. Le travail de Cameron est montré en Belgique pour la première fois dans le cadre de l’Exposition de l’art photographique anglais au Cercle Artistique et Littéraire à Bruxelles.

12:08 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/03/2015

Conceptions grotesques d’un peintre raté…

L'art dégénéré selon Hitler (affiche).jpg

À l'aube de la Seconde Guerre mondiale, les autorités nazies qualifient plusieurs œuvres d’art moderne présentes dans les musées allemands de « dégénérées » et souhaitent les liquider.

Il s’agit de productions « marquées par – ou conduisant à – la perte des qualités aryennes. Sont d’abord visés les apports d’artistes d’origine juive, “bolcheviques” (engagés peu ou prou “à gauche”) ou “cosmopolites”. L’expressionnisme et ses confins (postimpressionnisme, fauvisme, cubisme) sont les principaux ennemis à abattre. Leur sont reprochés un parti pris formel “irréaliste”, fruit d’une vision “malade”, voire “débile”, un primitivisme “négroïde”, une thématique étrangère aux stéréotypes de la culture nazie, vouée à l’exaltation de la famille, de la virilité et des vertus guerrières, ainsi que, de manière plus implicite, mais sans doute plus fondamentale, le privilège accordé à la subjectivité, en opposition radicale à la primauté du collectif que postule toute idéologie totalitaire » (Jean-Patrick Duchesne, dans le catalogue de l’exposition).

Le 30 juin 1939, la très réputée Galerie Fischer organise une vente aux enchères historique, au Grand Hôtel National à Lucerne, de 108 peintures et 17 sculptures de 39 artistes sélectionnées au sein des musées allemands. Elle réunit des noms parmi les plus grands : Paul Gauguin, Vincent Van Gogh, Marc Chagall, James Ensor, Henri Matisse, Georges Braque, André Derain, Maurice De Vlaminck, Amedeo Modigliani, Oskar Kokoschka, Otto Dix, George Grosz, Paul Klee, August Macke, Marie Laurencin ou encore Pablo Picasso...

L'État belge est présent à la vente, de même qu’une délégation liégeoise qui a réuni de gros moyens. La Belgique acquiert plusieurs œuvres pour les musées d’Anvers et de Bruxelles tandis que Liège achète neuf toiles exceptionnelles [1] qui font actuellement partie des œuvres majeures des collections de la Ville.

C’est autour de ce noyau que s’organise l’exposition « L’art dégénéré selon Hitler » présentée jusqu’au 29 mars 2015 au sein de la Cité Miroir à Liège, un événement qui, pour la première fois, réunit une grande part des œuvres vendues à Lucerne et sont aujourd'hui dispersées à travers le monde dans des collections privées et publiques, quand elles n’ont pas été détruites ou n’ont pas disparu durant la guerre.

L’exposition est en outre étoffée par divers documents évoquant le contexte historique de la vente.

INFOS PRATIQUES

Date(s) :

Jusqu’au dimanche 29 mars 2015 – 18h00.

Horaires :

Du lundi au vendredi, de 9h à 18h

Samedi et dimanche, de 10h à 18h

Dernière entrée pour l'exposition : 17h - Vestiaire obligatoire

Nocturne : mercredi 25 mars - dernière entrée à 20h

Lieu :

La Cité Miroir – Espace Georges Truffaut

Place Xavier Neujean, 22 – 4000 Liège

Tél. +32 (0)4 230 70 50

info@citemiroir.be

Tarifs :

Groupe (min. 10 pers.) : 8 €

Individuel adulte : 12 €

Groupe scolaire : 5 €

Article 27 : 1,25 €

Moins de 14 ans : gratuit

Possibilité de visites guidées via l'asbl Art&Fact :

http://www.artfact.ulg.ac.be/visite-guidee-exposition-art...

La visite de cette exposition donne librement accès à l'exposition « Notre Combat », à l'exposition « Les Achats de Paris » au BAL, à l'exposition « Artistes dégénérés » de la Galerie Wittert et à une entrée pour le Grand Curtius.

L'art dégénéré selon Hitler.jpg

Le catalogue – il est magnifique –, édité par le commissaire de l'exposition Jean-Patrick Duchesne aux Collections artistiques de l'Université de Liège, est en vente à la librairie de La Cité Miroir (2e étage) au prix de 30€.

Contact librairie :

Tél. 04/250.99.59

Table des matières :

– Lucerne, le 30 juin 1939. Des tableaux « d’art dégénéré » pour Liège et la Belgique (par Jean-Patrick Duchesne)

– Vente de Lucerne : un choix dans « l’art dégénéré » (par Yves Dubois)

– Étude technique et matérielle des tableaux liégeois (par Catherine Defeyt et David Strivay)

– Les achats de Paris (par Christelle Schoonbroodt)

– Paysage artistique d’une ville de province. Esquisse sur l’état de la peinture et du goût à Liège dans l’entre-deux-guerres (par Yves Randaxhe)

– De la vente de Lucerne à l’affaire Picasso. Points de vue actuels (par Julie Bawin)

– L’architecture moderne à Liège dans les années 1930 (par Sébastien Charlier)

– Chagall, Ensor, de Vlaminck, Laurencin : artistes « dégénérés » aux Collections artistiques de l’Université de Liège (par Stéphanie Reynders)

– Catalogue des œuvres vendues par la Galerie Fischer à Lucerne le 30 juin 1939

Bernard DELCORD

L'art dégénéré selon Hitler – La vente de Lucerne, 1939, ouvrage édité par Jean-Patrick Duchesne, Liège, Collections artistiques de l’Université de Liège, octobre 2014, 231 pp. en quadrichromie au format 21 x 27 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 


[1] La Mort et les Masques (1897) par James Ensor, La famille Soler (1903) par Pablo Picasso, Le cavalier sur la plage (1904) par Max Liebermann, Chevaux au pâturage (1910) par Franz Marc, Le sorcier d’Hiva Oa ou Le Marquisien à la cape rouge (1920) par Paul Gauguin, La maison bleue (1920) par Marc Chagall, Le Déjeuner (1923) par Jules Pascin, Portrait de jeune fille (1924) par Marie Laurencin et Monte-Carlo (1925) par Oskar Kokoschka.

21:37 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/01/2015

Tissages et métissages...

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Cristóbal Balenciaga, Antonio Cánovas del Castillo, Sonia Delaunay, Mariano Fortuny, John Galliano, Natalia Gontcharova, Marc Jacobs, Rei Kawakubo, Patrick Kelly, Kenzo, Mainbocher, Martin Margiela et les Six d'Anvers, Alexander McQueen, Issey Miyake, Edward Molyneux, Rick Owen, Lola Prussac, Paco Rabanne, Elsa Schiaparelli, Riccardo Tisci, C.F. Worth, Yohji Yamamoto...

Qu'ils soient Britanniques, Italiens, Espagnols, Belges, Russes, Américains ou Japonais, tous ces légendaires créateurs ont en commun d'avoir quitté leur pays natal pour faire de Paris leur ville d'adoption ou leur terrain d'expérimentations.

Basée sur ce constat, une belle exposition intitulée est présentée dans la capitale française jusqu’au 31 mai 2015 au Musée de l'histoire de l'immigration – installé dans les murs du magnifique Palais de la Porte Dorée [1] –, en partenariat avec le Palais Galliera, musée de la mode de la Ville de Paris.

Elle retrace l'histoire de la mode vestimentaire française par le prisme de l'histoire de l'immigration et révèle comment la haute couture et le prêt-à-porter parisien se sont enrichis de ces différents parcours au point de proclamer Paris capitale internationale de la mode.

Son catalogue, intitulé lui aussi Fashion Mix–Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs, a été publié par les Éditions Flammarion et il est l’œuvre d’Olivier Saillard (directeur du musée Galliera), de Cally Blackman (maître de conférence à la Central Saint Martins School), de Tsujita Kaya (docteure en histoire), de Miren Arzalluz (historienne de la mode et commissaire indépendante) et d’Anne Diatkine, journaliste de Libération, qui mène tous les entretiens de l'ouvrage.

Celui-ci ambitionne de mettre en lumière cette synergie qui fait l'histoire de la mode parisienne et mondiale à travers des essais retraçant les diverses étapes de création : les grandes écoles internationales et leur présence à Paris (l'Académie d'Anvers, la Saint Martins School, les écoles italienne, américaine, japonaise...), la confection de mode dans les maisons parisiennes, jusqu'aux défilés qui comptent tant de mannequins d'origines étrangères.

Ces textes sont enrichis de paroles retranscrites de grands couturiers ayant vécu ou vivant dans la capitale et étoffés d'une superbe iconographie mêlant sciemment des fac-similés de documents (cartes de séjour, factures...) et de photographies de vêtements féminins et masculins, chaussures et accessoires.

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Renseignements pratiques concernant l’exposition :

Palais de la Porte Dorée, 293 avenue Daumesnil 75012 Paris.

Du mardi au vendredi de 10h à 17h30. Samedi et dimanche de 10h à 19h.

Tarif unique : 6 euros. Ce tarif inclut le droit d’entrée à l’exposition permanente et à toutes les expositions temporaires du musée. L'entrée est gratuite pour les moins de 26 ans et pour tous les visiteurs le premier dimanche du mois.

Réservations pour les groupes : 00 33 1 53 59 64 30 – reservation@histoire-immigration.fr

Bernard DELCORD

Fashion Mix–Mode d’ici. Créateurs d’ailleurs, ouvrage collectif, Paris, Éditions Flammarion, novembre 2014, 176 pp. en quadrichromie au format 21,2 x 28,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 € (prix France)


[1] Le Palais est situé à l’Est de Paris, dans un ensemble Arts-Déco exceptionnel classé monument historique. Laprade, Ducos de la Haille, Janniot, Sube, Prouvé, Ruhlmann... autant de grands noms qui ont signé l’architecture, la décoration et les aménagements du bâtiment.

19:20 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |