25/04/2011

La farce tranquille…

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 22/04/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Reproduisant, au fil d’un récit dessiné par Joann Sfar et de commentaires rédigés par Clémentine Deroudille, des photographies, des manuscrits, des textes inédits, des extraits du « carnet de bord » personnel et même une recette de cuisine du maître, le catalogue de l’exposition Brassens ou la liberté qui se tient à la Cité de la musique à Paris [1] jusqu’au 21 août 2011 constitue une biographie pour le moins originale de l’auteur du « Gorille » et de l’« Auvergnat », foisonnante, conviviale et riche de vie.

Libertaire sans chichis et ami sans façons, Georges Brassens y apparaît en tout cas pour ce qu’il était : un géant de la poésie, fin lettré, musicien habile, artiste inspiré, révolutionnaire débonnaire, « compaing » fidèle, amant timide et Ravachol souriant, bouffant tantôt de la vache enragée sans maugréer et tantôt savourant avec délectation les beaux livres, les vins fins et le bon tabac offerts par le succès.

Moustachu dans l’âme, c’est-à-dire revêtu du masque de l’autorité virile, il cachait derrière ce masque un fin sourire bonhomme pour débiter tranquillement des propos dévastateurs de l’ordre établi, préludes à de sobres élans de fraternité réelle et d’amour profond de son prochain…

Un homme, un vrai ! Et de lettres, en plus…

PÉTRONE

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[1] Cité de la musique, 221, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris. L’exposition « Brassens ou la liberté » est ouverte du mardi au samedi de 12h à 18h, le dimanche de 10h à 18h, et jusqu'à 22h tous les vendredis jusqu'au 24 juin 2011. Fermeture le lundi.

18:00 Écrit par Bernard dans Expositions, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/04/2011

Impressions fraternelles

Ingénieur naval et philatéliste averti, passionné de nautisme, né dans une famille très riche qui le mit définitivement à l’abri des contingences matérielles, Gustave Caillebotte (1848-1894) a composé des toiles magnifiques représentant les mutations du Paris haussmannien et, surtout, les beautés de sa propriété familiale à Yerres, dans l’Essonne. Moins connu que Claude Monet (sauf aux États-Unis), il avait en effet lui aussi la main verte et cultivait notamment de somptueuses orchidées qu’il représenta avec beaucoup de grâce.

Mécène des impressionnistes Monet, Degas, Sisley, Renoir, Pissarro, mais aussi de Jean-François Millet, de Paul Gavarni, d’Édouard Manet et de Paul Cézanne dont il acquit dessins et toiles et dont il finança parfois les expositions, il composa des portraits étonnants dont la grande beauté est sublimée par l’impression d’ennui qui se dégage des regards et des poses de ses modèles (famille et amis).

Il appert aujourd’hui que son frère – dont il fut toujours très proche – le musicien Martial Caillebotte (1851-1910) était quant à lui un photographe accompli des mêmes thèmes et sujets que Gustave, comme le démontre l'admirable exposition Dans l'intimité des frères Caillebotte Peintre et Photographe présentée ces temps-ci au Musée Jacquemart-André à Paris (du 25 mars au 11 juillet 2011) avant d’émigrer vers le Musée national des beaux-arts du Québec (du 6 octobre 2011 au 8 janvier 2012).

Coédité par les éditions Skira (Milan) et Flammarion (Paris) et rédigé sous la direction de Serge Lemoine, professeur à la Sorbonne et ancien président du Musée d’Orsay, le magnifique catalogue de cette exposition vous en fera la démonstration, pour votre plus grand plaisir, si d’aventure vous aviez le fort bon goût de l’acquérir !

Bernard DELCORD

Dans l’intimité des frères Caillebotte Peintre et Photographe, ouvrage collectif sous la direction de Serge Lemoine, coédition Skira/Flammarion, Paris, 240 pp. en quadrichromie au format 24 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs, 39 € (prix France)

Dans l’intimité des frères Caillebotte.gif


12:39 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/04/2011

Au cœur des mystères…

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison de mars 2011 de la revue des Belges d'Afrique centrale EBENE :

« Leo Bittremieux, missionnaire de Scheut, vécut et travailla aux alentours de 1910 au Mayombe, une région boisée au nord de l'embouchure du fleuve Congo.

Il y mena non seulement un travail de missionnaire, niais y collectionna également des centaines de statuettes et d'objets confectionnés par la population locale, les Bayombe. Ces pièces furent expédiées par bateau à l'Université de Louvain. Elles arrivèrent au musée d'ethnographie, où étaient formés notamment les fonctionnaires coloniaux. Une fois en Belgique, elles déménagèrent encore à maintes reprises.

Lors de la scission de l'Université de Louvain dans les années 1960, la précieuse collection fut divisée entre les deux parties. Les statuettes uniques et fascinantes disparurent ensuite pendant des années dans les dépôts universitaires. Elles ne furent que rarement exposées au public. À l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance du Congo, le musée M de Leuven a décidé de les remettre sous les projecteurs d’octobre à janvier 2011, et au Musée de Louvain-la-Neuve du 8 avril au 5 juillet 2011.

La collection est complétée par quelques pièces d'exception issues du Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren.

Un magnifique ouvrage collectif rédigé sous la direction de Jo Tollebeek accompagne l'exposition. Il s’intitule Mayombe, statuettes rituelles du Congo, et a paru à Tielt, aux Éditions Lannoo. Outre une partie catalogue détaillée, il contient une série d'essais brefs qui permettent de mieux saisir l'origine et la signification de ces objets ethnographiques. Les auteurs mettent en lumière le contexte anthropologique et historique, brossent le portrait de Bittremieux et du travail de missionnaire colonial de ses frères d'ordre, montrent comment et pourquoi de telles statuettes étaient collectionnées et exposées par le passé.

Les essais sont illustrés par des photographies inédites. Voilà pourquoi cet ouvrage offre un regard exceptionnel, non seulement sur la tradition de collection occidentale, mais également sur le Mayombe lui-même au début du vingtième siècle, au moment où cette société connut un changement profond sous l'influence de la colonisation. »[1]

Bernard DELCORD

Mayombe, statuettes rituelles du Congo ouvrage collectif sous la direction de Jo Tollebeek, Tielt, Éditions Lannoo, décembre 2010, 175 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,95 €

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[1] (N.B. : Le prière d'insérer de cet ouvrage était si bien rédigé et si conforme à ma perception de son contenu que je me suis contenté de l'aménager très légèrement : rendons à César ce qui est à César...)

15:12 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/03/2011

Communiqué de presse

Amis de la lecture,

Ce qu’on l’on aime particulièrement dans les livres, ce sont les histoires, mais cela ne fait pas tout ! Une couverture qui donne envie de les lire est aussi très important

C’est dans cet esprit que le Prix Fernand Baudin à décidé de soutenir les innovations et les créateurs bruxellois.

Du 31 mars au 3 avril 2011, le Prix Fernand Baudin propose :

- Une exposition et une remise de diplômes aux lauréats

- Le lancement du catalogue au Wiels à l'occasion de Pa/per View

- Une rencontre d'éditeurs de livres d'art et d'artistes

Les livres lauréats et nominés seront visibles du 1er au 3 avril, pendant la foire.

Comment se joindre à nous ?

Vernissage le 31 Mars à 18h

Wiels
Avenue Van Volxemlaan, 354
1190 Bruxelles – Brussels

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20:07 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/03/2011

Tendres mines : un hommage exposant quatre

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ROLAND BREUCKER (1945-2009)

Après des études de sculpture à Saint-Luc à Liège, Roland Breucker s'éloigne peu à peu de cette discipline au profit du dessin fulgurant.

De 1971 à 1983, il enseigne au Canada puis à l'École d'architecture de Saint-Luc à Liège. Outre ses nombreuses expositions personnelles, l’« illustra(u)teur » figure dans des expositions collectives (Allemagne, Angleterre, Belgique, Bulgarie, Canada, France, Pologne, Espagne) et est présent dans des collections privées et publiques (État belge, Province de Liège, Banque nationale de Belgique, Dexia Banque, musée des Beaux-Arts de Mons, musée de la Caricature et du Cartoon de Bâle…). Il réalise des décors pour différents théâtres, des affiches, des illustrations et des clips vidéo pour animer ses travaux. Il fait paraître des dessins dans Le Soir (Bruxelles) et Sud-Ouest-Dimanche (Bordeaux) ainsi que dans la revue Marginales. Il signe des couvertures pour diverses revues et collabore avec le Daily-Bul.

« Je ne sais exactement comment je préfère commencer avec les images de Roland. Dans des livres ou aux cimaises. J’aime, c’est sûr, les approcher à hauteur d’homme. Face à face, dans le choc brutal en format d’exposition murale. J’aime aussi en embrasser ainsi plusieurs du regard, et focaliser sur l’un ou l’autre à ma guise, pour orchestrer les sensations en quelque sorte. » (Jacques De Decker)

« Il est heureux, lorsqu’on se sent entouré de démons, de percevoir des bruits d’orage, chantés par un bon diable envoûté comme pas deux par les choses de la vie. À la vérité ses coups de gueule sur papiers forts sont autant de battements de cœur lourd : parce qu’il voudrait mesurer, dominer ses amours extrêmes, qui toujours le démasquent ; parce qu’il a peur de voir un jour la machine avec une âme et l’homme sans conscience. » (Albin Courtois)

« On le prend en bloc non tranché ou on le laisse. Roland Breucker a choisi le dessin pour fixer ce qui lui passe par et au-dessus de la tête. L’électron libre, dans son atelier, encadre ses souvenirs d’un équilibre plastique rigoureux. Une ligne pure au service de thèmes gargantuesques. » (Damien Breucker)

Dès mars 2011, quatre expositions seront consacrées à son œuvre :

1 À La Louvière, au Centre Daily-Bul & C°, du 5 mars au 5 juin 2011, l’exposition montre, entre autres, les illustrations des livres publiés au Daily-Bul (Linnéaments, Petits-Gris, la collection « Lexikon » (Le Soulier, Le Chapeau, La Culotte, La Chaise, La Poire, Le Nez, La Pipe, La Trompette, Le Pain, Le Point, Le Rien, Le Suçon), L’homme est bon, mais le veau est meilleur et Travail au noir.

Conversation avec Claude Bourgeyx, auteur des textes de L’homme est bon, mais le veau est meilleur, animée par Jacques De Decker, le 14 mai 2011 à 17h30 dans le cadre de la nocturne du Printemps des musées.

Centre Daily-Bul & C°

14, rue de la Loi – 7100 La Louvière

Tél. et fax : 0032 (0) 64 22 46 99 dailybulandco@lalouviere.be – www.dailybulandco.be

Ouvert du mardi au dimanche de 13 h 00 à 17 h 00 ou sur rendez-vous.

Possibilité de visites guidées et scolaires (dossier pédagogique disponible).

Entrée libre.


2 Au musée des Beaux-Arts et de la céramique de Verviers, sa ville natale, une grande exposition retracera, du 6 mars au 24 avril 2011, le parcours de cet artiste.

De l’objet à l’illustration en passant par les multiples et les livres, c’est un kaléidoscope coloré retraçant les différentes étapes de sa vie qui y sera mis en avant. Exposition d’une partie de la correspondance et du Mail Art. Présentation d’un livre édité par 100 Titres et Les Amis des Musées de Verviers autour de la correspondance et du Mail ART.

Musée des Beaux-Arts et de la Céramique

17, rue Renier – 4800 Verviers Tél. : 0032 (0) 87 33 16 95 – musees.verviers@verviers.be

Ouvert lundi, mercredi et samedi, de 14h 00 à 17h 00. Dimanche, de 15h00 à 18h00 et sur rendez-vous (pour les visites guidées, groupes scolaires ou autres).

Entrée : 2,00 € (1,00 € pour les groupes, les étudiants et les seniors).

Gratuit le week-end.

Un forfait Roland Breucker/Henri Matisse sera proposé aux visiteurs de l’exposition. Ce forfait (4,00 €) donnera accès à l’exposition Roland Breucker au musée des Beaux-Arts de Verviers mais aussi à l’exposition Henri Matisse présentée au CTLM de Verviers.


3 À Liège, du 4 mars au 5 juin 2011, chez Dexia Banque /Destenay, en collaboration avec la galerie 100 Titres (Bruxelles), présentation du travail de Roland Breucker dans la revue Marginales ainsi que les dessins originaux des livres d’artiste Tribus, Travail au noir, Billets d’où.

Dexia Banque/Destenay

7, avenue Destenay – 4000 Liège

Tél. : 0032 (0) 4 220 77 11

Ouvert du lundi au vendredi de 7 h 30 à 18 h 00.

Entrée libre.


4 À Liège, du 27 mars au 29 mai 2011, au Comptoir du Livre, en collaboration avec la galerie 100 Titres (Bruxelles), exposition d’une partie de la correspondance et d’une sélection de dédicaces entre Roland Breucker et ses amis et présentation du livre édité par 100 Titres et Les Amis des Musées de Verviers autour de la correspondance et du Mail Art.

Comptoir du livre

20, en Neuvice – 4000 Liège.

Tél. : 0032 (0) 4 250 26 50

info@lecomptoir.be – www.lecomptoir.be

Ouvert les mercredis et jeudis de 13h00 à 17h30, les vendredis et samedis de 13h00 à 18h30. Le dimanche de 12h00 à 15h00.

Fermé lundi et mardi.

Entrée libre.

 

Programme complet sur www.roland-breucker.be

16:54 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/02/2011

Participez à la 5e Grande Bourse aux Livres de Saint-Nicolas !

Pour la cinquième édition de sa Grande Bourse aux Livres, la Maison de la Laïcité de Saint-Nicolas reçoit trois écrivains belges : Charles Susanne, un essayiste de renommée, Nathalie Marly et Chris Collins, deux auteurs en pleine ascension.

Science et Religion  Guerre ou Paix.jpg

Né à Ixelles en 1943, Charles Susanne fut d’abord diplômé de l’École Normale Charles Buls en 1962, avant d’entreprendre des études de biologiste à l’ULB qui le mèneront au doctorat en biologie dès 1969. Bilingue parfait, il enseigne à la VUB et à l’ULB la biologie et la génétique humaine. Scientifique de renommée mondiale, il est professeur honoris causa de plusieurs universités, directeur de divers programmes Erasmus et président de l’European Anthropological Association, de l’European Association of Global Bioethics et du Groupement des anthropologistes de langue française. Engagé dans les combats de la laïcité, il multiplie ouvrages et conférences pour promouvoir les théories de l’évolution et combattre les obscurantismes de tout poil. Son ouvrage Science et Religion : Guerre ou Paix ? (Mémogrames Éditions de la Mémoire à Bruxelles) s’inscrit dans ce combat quotidien pour une humanité émancipée des tabous religieux.

Instants frivoles.jpg

Licenciée en Arts et Sciences de la Communication à l'Université de Liège, Nathalie Marly a travaillé pendant dix ans comme journaliste à la RTBF. Elle a notamment présenté l’une des émissions phares de la RTBf, Appel à Témoins. Actuellement, elle gère une société de communication et de production, MarlyProductions. Mariée et maman d'une petite fille, cette Verviétoise publie à 29 ans son premier roman, Au nom du père. Elle rédigera ensuite des ouvrages financiers avant de se lancer un nouveau défi, écrire un recueil de nouvelles : Instants Frivoles (Éditions Dricot à Liège).

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Né en 1970 sur les bords de Meuse, Christophe Collins ne les a jamais quittés. Sauf pour voyager, aux quatre coins du globe et dans plusieurs galaxies très très lointaines. Il n’en est pas à son premier essai. Aujourd'hui, il se réinvente en auteur de polar et vous plonge, à Liège, dans un chaudron bouillant où se croisent personnages et situations, aventures et actions, sexe et mystère, symbolisme et regard de maçon. Initié au Rite Français, il a promis de ne pas trop en dire sur les Grands Secrets de la Maçonnerie. Tout ce qu'il écrit est donc du domaine de l'imaginaire –sauf ce qui ne l'est pas– dans L’étoile de l’Est (Éditions 3Cinq7 à Liège).

Samedi 26 février 2011, de 9h à 14 heures, venez nombreux à la Maison de la Laïcité (rue de la Libération 20 à 4420 Saint-Nicolas) pour partager le plaisir de lire !

21:49 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/12/2010

Refaisons un rêve…

 

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Les rapports entre les USA et l’Europe ne furent jamais simples, jamais stables, jamais équilibrés mais toujours passionnés. Et voilà qu’ils deviennent ces jours-ci passionnants, en raison de l’exposition intitulée L'Amérique, c'est aussi notre histoire ! qui tient ses assises à Bruxelles sur le site magnifiquement rénové de Tours & Taxis.

Organisée par le Musée de l’Europe sous l’œil vigilant de son ancien (le brillant essayiste Élie Barnavi) et de son actuel directeur scientifique (le fameux professeur et philosophe Krzysztof Pomian) assistés d’une belle brochette d’historiens et de « metteurs en scène », cette manifestation, qui met en exergue, à travers d’extraordinaires reconstitutions de décors, la civilisation commune entre les deux rives de l’Atlantique nord, est construite autour de quatre mouvements de balancier.

En voici le détail, tel que présenté par nos deux savants :

Prologue : “America! America!”

Ce montage cinématographique introduit le visiteur dans le monde magique d'une Amérique passée au prisme de l'imaginaire européen. Car pour des générations d'Européens, l'Amérique, c'est le cinéma. Le cinéma a construit l'imaginaire américain des Européens. Westerns et comédies musicales, films de guerre et d'action, thrillers et road movies ont façonné sans relâche l'image qu'ils se sont fait, génération après génération, d'une Amérique indéfiniment rêvée.

L'Amérique européenne (1620-1783)

Lorsqu'ils entreprennent de coloniser l'Amérique du Nord, les Européens n'y voient qu'un chapitre de plus d'une aventure impériale entamée dès le milieu du XVsiècle.

Les choses vont tourner autrement. Les colons venus d'Europe prennent racine en terre américaine et se découvrent peu à peu américains. Animés d'idéaux politiques nés dans leur patrie d'origine, enrichis par le commerce avec l'Europe et profitant des rivalités entre puissances coloniales, ils s'émancipent de leur tutelle et fondent un nouvel État. Les libéraux européens emportent ainsi outre-Atlantique leur première victoire politique. Le laboratoire américain ne tardera pas à faire des émules.

Le visiteur découvre ici l'épopée des « Pères Pèlerins » et l'affrontement entre les puissances européennes pour la maîtrise du continent, mais aussi la vie quotidienne des Indiens d'Amérique et celle des esclaves que les marchands européens commencent à importer d'Afrique.

Cette partie débouche sur la révolution américaine qui, armée des idées et des idéaux des Lumières, chasse les Britanniques avec l'aide d'Européens et fonde une nouvelle république : les États-Unis d'Amérique.

L'Amérique américaine (1783-1917)

La statue de la Liberté, don du peuple français au peuple américain (1886) symbolise bien le long XIXsiècle, de la fin de la guerre d'Indépendance à la Première Guerre mondiale.

Une nation aux dimensions du continent s'affirme, puis sombre dans une effroyable guerre civile –la Guerre de Sécession–, avant d'en sortir plus forte grâce au génie de ses institutions, à l'activité de ses citoyens, à l'inépuisable richesse d'un pays immense... et au flux d'immigrés venus d'Europe.

Une Europe fascinée, où bien peu comprennent que l'Amérique lui montre son propre avenir. Mais une Europe qui fascine tout autant l'Amérique, qui y cherche ce qui lui manque : une histoire et du raffinement.

C'est l'histoire d'une Amérique qui se veut maîtresse sur son territoire, tout en se construisant grâce à l'immigration européenne. Le visiteur est invité à découvrir le melting-pot américain en devenir en s'engageant sur la passerelle d'un navire de la Red Star Line, puis à vivre l'aventure de la conquête de l'Ouest.

L'Europe américaine (1917-1989)

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« La Fayette, nous voilà ! » : le mot célèbre, prononcé le 4 juillet 1917 par un officier du Corps expéditionnaire américain sur la tombe du héros français de l'indépendance des États-Unis, illustre une période marquée par le retour des Américains en Europe.

De la Première Guerre mondiale à la Seconde, de celle-ci à la guerre froide, et jusqu'à l'effondrement de l'Union soviétique, les États-Unis s'imposent comme l'une des deux puissances majeures de la planète et la gardienne de la prospérité et de la liberté du Vieux Continent.

C'est un parcours richement illustré que découvre le visiteur. La tragédie des cimetières militaires se mêle à la découverte émerveillée de l'American Way of Life débarquée dans les fourgons des libérateurs.

L'Europe et l’Amérique (1989-2010)

Depuis l'effondrement de l'Union soviétique, les États-Unis apparaissent comme l'unique « hyperpuissance ». L'Europe, elle, a plutôt bien réussi l'intégration des peuples restés longtemps sous domination communiste, s'est dotée d'une monnaie unique et progresse tant bien que mal sur la voie de son unification. Un ordre mondial est mort, un autre se cherche à tâtons, à travers crises et conflits, où les deux partenaires atlantiques peinent à définir leur relation.

Deux temps scandent ce bref moment historique. Le premier, qui est celui d'une certaine incompréhension entre les deux rives de l'Atlantique, coïncide avec la seconde guerre du Golfe ; le second, marqué par l'apaisement, se déroule sous nos yeux. Et l'exposition s'achève sur un film empreint d'optimisme, qui reprend les grands moments de cette histoire partagée, avant de poser la question du nouvel « atlantisme » à construire au bénéfice des deux partenaires, comme du monde entier.

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Soulignons aussi qu’une série d’œuvres de jeunes artistes ou d'artistes confirmés jalonnent le parcours de l'exposition (Gary Hill, Thomas Israël, Bosse Sudenburg, Jems Robert Koko Bi, Michel Marc Bouchard, Sven ’t Jolle, Dominic McGill, Richard Kenigsman, Santos Hevia et Isabelle de Borchgrave).

Une manifestation qui donne l’occasion, le temps d’une visite, de refaire le rêve américain de nos ancêtres…

Bernard DELCORD

Site de Tour & Taxis, 86 C avenue du Port – 1000 Bruxelles

Expo du 15 octobre 2010 au 9 mai 2011

Du lundi au vendredi : 9h00 à 17h00, mercredi jusque 21h00

Samedi, dimanche et jours fériés : 10h00 à 19h00

Vacances scolaires : 10h00 à 19h00

Plein tarif : 10 €

Tarifs réduits (seniors, chômeurs, étudiants, personnes avec un handicap) : 8 €

Groupes adultes (à partir de 15 personnes) : 8 €

Enfants (6-18 ans) : 8 €

Enseignants sur présentation d’un justificatif professionnel : 6 €

Groupes scolaires : 6 €

Groupes de jeunes entre 6 et 18 ans (à partir de 15 personnes) : 6 €

Enfants en dessous de 6 ans : gratuit

Article 27 accepté

Réservation obligatoire pour les écoles et les groupes (visite libres et guidées) Par téléphone au +32 2 549 60 49 du lundi au vendredi de 9h30 à 12h30 et 13h30 à 17h00 ou par e-mail à info@expo-europe-usa.be

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