31/05/2012

Les Grandes Cases du Jeune Albert

 Expo Chaland.jpg

Après Freddy Lombard (2010), la Galerie Champaka accueille une importante exposition dédiée au Jeune Albert, le personnage le plus proche de la personnalité d’Yves Chaland. 27 planches originales en noir et blanc (dont 10 destinés à la vente), 8 agrandissements couleurs et 3 fac similis grands formats de planches mythiques composent un hymne graphique à l’héritier postmoderne des écoles de Bruxelles et de Marcinelle.

Yves Chaland

Auteur hors norme, Yves Chaland (1957-1990) reste le maître absolu de la nouvelle ligne claire, sans doute parce qu’il sut allier la rigueur du style initié par Hergé (et Jacobs) avec le dynamisme de Franquin (et Jijé). À travers une œuvre magistrale (Bob Fish, Freddy Lombard et Le Jeune Albert), l’artiste français a développé un univers imaginaire : celui de la bande dessinée belge des années cinquante revisitée par son incroyable fantaisie. Sans nostalgie. Il s’y frotta par goût alors que tant d’autres s’y engouffraient par manque d’imagination.

Le Jeune Albert

Le jeune Albert voit le jour, en janvier 1982, dans les pages du mensuel Métal Hurlant. Cousin acide de Quick et Flupke, l’odieux garnement arpente le quartier bruxellois des Marolles. Chaland choisit l’épure et resserre la mécanique narrative sur deux strips. Comme Gaston pour Franquin, le Jeune Albert lui permet d’explorer toutes les tonalités de l’humour. Pour Jean-Luc Fromental, « hargneux, cruel, raisonneur, lucide et belge, Albert réunit d’emblée toutes les qualités propres à en faire un pilier central de la basilique de Chaland ». À Freddy Lombard, la grande aventure exotique (même s’il sortira parfois de ce canevas), tandis que le Jeune Albert arpentera des chemins plus intimes. Quitte à parfois observer la face sombre de l’âme humaine.

Les Grande Cases

Les vingt-quatre planches originales, provenant de collections privées, sont autant d’occasions de (re)découvrir un travail « à part » dans l’histoire de la bande dessinée. Chaque case isolée peut devenir non seulement une merveille graphique, mais contient aussi une narration autonome. Le sens de la composition de Chaland fait de chaque case une œuvre d’art à part entière. La précision du trait au pinceau résiste à un agrandissement exponentiel et rejoint la très grande maitrise de Franquin, Hergé et Jacobs, comme en témoignent les 8 agrandissements couleurs de cases « magiques » issues des pages du Jeune Albert. En noir et blanc ou en couleurs, en petit ou grand formats, l’art de Chaland est éternel.

Galerie Champaka

27, rue Ernest Allard

B-1000 Bruxelles

Tel : + 32 2 514 91 52

Fax : + 32 2 346 16 09

sablon@galeriechampaka.com

www.galeriechampaka.com

Lundi et mardi : sur rendez-vous

Mercredi à samedi : 11h00 à 18h30

Dimanche : 10h30 à 13h30

 

12:07 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/06/2011

« C’est nous, les gars de la marine... » (air connu)

 Bob de Moor & La Mer 1.jpg

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 24/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Bras droit et intime d’Hergé durant de très longues années, le dessinateur anversois Bob de Moor (1925-1992) – par ailleurs auteur des jours de notre ami Johan – participa notamment à l’élaboration et à la concrétisation de plusieurs albums des aventures de Tintin (Coke en stock, On a marché sur la lune, la deuxième version de L’Île noire…) tout en s’occupant pour les « Studios Hergé » du merchandising, de la publicité et des dessins animés.

Il fut aussi le continuateur de l’œuvre d’autres grandes pointures de la bande dessinée, comme Jacques Martin (avec Le Repaire du Loup) et Edgar P. Jacobs (après la mort duquel il termina Les 3 Formules du professeur Satō).

Parallèlement, il alimenta une importante production personnelle autour de personnages sympathiques (Johan et Stephan – inspirés par ses propres fils –, Monsieur Tric, Barelli, Cori le Moussaillon…) ou de récits historiques (Thyl et Lamme, Conrad le Hardi, Le Lion de Flandres, Les Gars de Flandre, La Révolte des Gueux, Jean-Baptiste de la Salle…).

Il fut également un dessinateur maritime hors normes, ainsi que le révèle avec éclat l’extraordinaire exposition qui se tient en ce moment au Centre belge de la bande dessinée à Bruxelles, admirablement mise en scène par cette institution prestigieuse (dont Bob de Moor présida le conseil d’administration de 1989 jusqu’à son décès).

Allez-y, vous n’en reviendrez pas !

PÉTRONE

Exposition « Bob de Moor & la Mer. La grande passion d’un dessinateur légendaire » au Centre belge de la bande dessinée (20 rue des Sables à 1000 Bruxelles, www.cbbd.be) jusqu’au 15 janvier 2012.

Expo Bob de Moor.jpg


Croisements de regards sur la capitale francophone de l’Europe, de la Belgique et de la Flandre…

Bruxelles – Brussel – Brussels.jpg

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 24/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

 

Il est des photographes qui portent leurs clichés – et ceci n'en est pas un – au rang des œuvres d'art. Promenant sa lentille dans ce Bruxelles qu'il découvre, il y a une petite dizaine d'années, Alain Trellu, photographe, cameraman, réalisateur de documentaires pour la télévision, Français de son état, se prend de passion pour la capitale belge, son patrimoine architectural et l'éclectisme de son paysage urbain.

 

Il en arpente dès lors les rues ensoleillées, enneigées, saisissant les bâtisses, monuments et quartiers fièrement dressés sous des cieux lumineux ou électriquement orageux, orchestrant 90 clichés en un album d'atmosphère à ce point éloquent que quelques-uns de nos écrivains – Alain Berenboom, Vincent Engel, Caroline Lamarche, Jacques Mercier, Pierre Mertens, Patrick Roegiers, Patrick Weber –ou venus d’autres horizons – Dick Annegarn, Bert Kruismans, Michel Quint… – ont résolu d'apposer des textes d'impressions en regard des photos qui leur parlent.

 

« Des étangs moirés du souvenir, préservé par miracle dans cette cité de saccage, livrée corps et âme à la démolition, surgit tel un vaisseau fantôme ce vestige ressuscité, admirablement rénové, qui porte le nom de Flagey, où résonne à jamais l'écho inoubliable des voix de la radio. » (Les voix de l'INR – Patrick Roegiers).

 

Bruxelles a une âme. Alain Trellu nous la révèle.

 

APOLLINIA

 

Bruxelles – Brussel – Brussels par Alain Trellu, Bruxelles, Éditions Racine, juin 2011, 96 p en quadrichromie au format 21 x 24 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,95 €

Bruxelles Urbanitude.jpg

À voir du 3 au 29 juin 2011 (et en cave jusqu'au 31 juillet), aux Halles Saint-Géry à Bruxelles, l'exposition des photos d'Alain Trellu « Bruxelles Urbanitude – Bruxelles Autrement » (www.trellu.com)

09:45 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/06/2011

Le Baroque dévoilé : un nouveau regard sur la sculpture baroque à Bruxelles et en Belgique

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 15/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Reçue des commissaires de cette belle manifestation, nous recopions bien volontiers à l’attention de nos lecteurs l’annonce suivante :

Mathieu van Beveren, Monument funéraire (détail) de Claude-François Lamoral de Thurn und Taxis, 1678, église Notre-Dame du Sablon, Bruxelles © Corentin Cuvelier-INRACI.jpg

Mathieu van Beveren, Monument funéraire (détail) de Claude-François Lamoral de Thurn und Taxis, 1678, église Notre-Dame du Sablon, Bruxelles

© Corentin Cuvelier-INRACI

« L’exposition intitulée Le Baroque dévoilé visible en ce moment à l’Hôtel de ville de Bruxelles montre de nombreuses sculptures en terre cuite, matériau dont les artistes baroques surent se servir avec un rare bonheur et une dextérité confondante. Bruxelles peut s’enorgueillir d’en conserver un nombre exceptionnel. Plusieurs des modelli et bozzetti présents à l’exposition appartiennent en effet aux collections des Musée royaux des Beaux-Arts qui possèdent un vrai trésor en la matière. Ces œuvres n’étant que très rarement visibles [1], il était important et utile de rappeler leur existence au public et de lui permettre d’en éprouver les étonnantes qualités. Ces terres cuites dont on apprécie tant la spontanéité servaient d’études préparatoires à la réalisation d’œuvres monumentales. Quelques exemples de ces réalisations de grande taille sont également présentés, de manière à illustrer les différentes étapes du travail de création.

Le panorama offert au visiteur et au lecteur du catalogue, sans être complet, évidemment, est important et de qualité. En sont la preuve, par exemple, la présence à l’exposition d’œuvres capitales de Luc Faydherbe, Jean Del Cour et Laurent Delvaux, trois figures emblématiques de la sculpture baroque et illustres enfants des villes de Malines, Liège et Nivelles dont les musées ont généreusement apporté leur concours au projet. Le même accueil positif a par ailleurs été réservé par la Fondation Roi Baudouin ainsi que diverses fabriques d’église bruxelloises et celle de Wouw (Pays-Bas). Le musée de Saint-Amand-les-Eaux (France) prête également deux œuvres capitales de Laurent Delvaux et de Guillaume Van Baurscheit. Pour répondre complètement aux objectifs de l’exposition, on n’a pas oublié les dessins de ces sculpteurs baroques dont l’imagination et la créativité paraissent encore plus libres quand ils peuvent laisser courir leur crayon ou leur plume sur une feuille.

Jérôme Duquesnoy le Jeune, La Renommée, église Notre-Dame du Sablon, Bruxelles, © Lisa Etienne-INRACI.jpg

Jérôme Duquesnoy le Jeune, La Renommée, église Notre-Dame du Sablon, Bruxelles

© Lisa Étienne-INRACI

À cette sélection opérée dans le domaine public s’est ajouté le fruit d’une démarche analogue auprès des collectionneurs privés. Cette fois, la plupart des œuvres prêtées sont des découvertes dont certaines s’avèrent fort importantes : elles apportent une appréciable contribution à la connaissance de la sculpture baroque. L’intérêt porté par les collectionneurs dans ce domaine laisse augurer d’autres réapparitions et de nouveaux progrès dans la connaissance.

Pierre-Denis Plumier, détail de la chaire de la vérité, Notre-Dame de la Chapelle, © Mallaury Vastesaeger-INRACI.jpg

Pierre-Denis Plumier, détail de la chaire de la vérité, église Notre-Dame de la Chapelle, Bruxelles

© Mallaury Vastesaeger-INRACI

En complément à l’exposition, les visiteurs sont invités à suivre un parcours dans Bruxelles qui les conduit en différents lieux où des ensembles baroques monumentaux sont visibles dans les endroits pour lesquels ils ont été conçus. Est ainsi notamment proposée une visite de la chapelle funéraire de la famille de Thurn und Taxis, exceptionnellement ouverte pour l’occasion, en l’église Notre-Dame du Sablon. L’ensemble, entièrement conçu entre 1650 et 1678 en harmonie de marbre noir et blanc sous la direction de Luc Faydherbe, réunit des sculptures des plus grands maîtres de l’époque : Jean Van Delen, Jérôme Duquesnoy, Gabriel de Grupello ainsi que Mathieu Van Berveren. Ce dernier est l’auteur du spectaculaire monument funéraire du comte Lamoral de Thurn und Taxis dont les superbes terres cuites préparatoires sont présentées à l’exposition.

Mathieu van Beveren, Monument funéraire (détail) de Claude-François Lamoral de Thurn und Taxis, 1678, église Notre-Dame du Sablon, Bruxelles © Sophie Lefebvre-INRACI.JPG

Mathieu van Beveren, Monument funéraire (détail) de Claude-François Lamoral de Thurn und Taxis, 1678, église Notre-Dame du Sablon, Bruxelles

© Sophie Lefebvre-INRACI

Celle-ci est accompagnée d’un catalogue [2] complètement illustré, comprenant 57 notices qui apportent une information considérablement renouvelée. Ce beau-livre, que les amateurs aussi bien que les spécialistes apprécieront, est appelé à devenir un ouvrage de référence sur une période florissante de l’histoire de l’art qui est restée très injustement méconnue. »

Le Baroque dévoilé (cover catalogue).jpg

Couverture du catalogue de l’exposition

Exposition à l’Hôtel de ville de Bruxelles, du 8 juin au 25 septembre 2011.

De 10,30 heures à 18 heures, tous les jours sauf les lundis et jours fériés.

PÉTRONE



[1] Cela ne semble pas déranger – ou guère – l’actuel directeur général des Musées royaux des Beaux-Arts de Bruxelles pour qui seuls comptent dirait-on les « vedettes » et autres attrape-mouches à la mode... (C’est nous qui commentons, et pas les commissaires, bien entendu !)

[2] Le Baroque dévoilé/Barok onthuld, Bruxelles & Tielt, Éditions Racine/Lannoo, un ouvrage bilingue français-néerlandais  de 192 pp. en quadrichromie au format 23 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,99 €, également disponible en librairie et chez les éditeurs.

20:27 Écrit par Bernard dans Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/04/2011

La farce tranquille…

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 22/04/2011 sur le site du magazine satirique belge SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Reproduisant, au fil d’un récit dessiné par Joann Sfar et de commentaires rédigés par Clémentine Deroudille, des photographies, des manuscrits, des textes inédits, des extraits du « carnet de bord » personnel et même une recette de cuisine du maître, le catalogue de l’exposition Brassens ou la liberté qui se tient à la Cité de la musique à Paris [1] jusqu’au 21 août 2011 constitue une biographie pour le moins originale de l’auteur du « Gorille » et de l’« Auvergnat », foisonnante, conviviale et riche de vie.

Libertaire sans chichis et ami sans façons, Georges Brassens y apparaît en tout cas pour ce qu’il était : un géant de la poésie, fin lettré, musicien habile, artiste inspiré, révolutionnaire débonnaire, « compaing » fidèle, amant timide et Ravachol souriant, bouffant tantôt de la vache enragée sans maugréer et tantôt savourant avec délectation les beaux livres, les vins fins et le bon tabac offerts par le succès.

Moustachu dans l’âme, c’est-à-dire revêtu du masque de l’autorité virile, il cachait derrière ce masque un fin sourire bonhomme pour débiter tranquillement des propos dévastateurs de l’ordre établi, préludes à de sobres élans de fraternité réelle et d’amour profond de son prochain…

Un homme, un vrai ! Et de lettres, en plus…

PÉTRONE

Brassens ou la liberté.gif



[1] Cité de la musique, 221, avenue Jean-Jaurès 75019 Paris. L’exposition « Brassens ou la liberté » est ouverte du mardi au samedi de 12h à 18h, le dimanche de 10h à 18h, et jusqu'à 22h tous les vendredis jusqu'au 24 juin 2011. Fermeture le lundi.

18:00 Écrit par Bernard dans Expositions, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/04/2011

Impressions fraternelles

Ingénieur naval et philatéliste averti, passionné de nautisme, né dans une famille très riche qui le mit définitivement à l’abri des contingences matérielles, Gustave Caillebotte (1848-1894) a composé des toiles magnifiques représentant les mutations du Paris haussmannien et, surtout, les beautés de sa propriété familiale à Yerres, dans l’Essonne. Moins connu que Claude Monet (sauf aux États-Unis), il avait en effet lui aussi la main verte et cultivait notamment de somptueuses orchidées qu’il représenta avec beaucoup de grâce.

Mécène des impressionnistes Monet, Degas, Sisley, Renoir, Pissarro, mais aussi de Jean-François Millet, de Paul Gavarni, d’Édouard Manet et de Paul Cézanne dont il acquit dessins et toiles et dont il finança parfois les expositions, il composa des portraits étonnants dont la grande beauté est sublimée par l’impression d’ennui qui se dégage des regards et des poses de ses modèles (famille et amis).

Il appert aujourd’hui que son frère – dont il fut toujours très proche – le musicien Martial Caillebotte (1851-1910) était quant à lui un photographe accompli des mêmes thèmes et sujets que Gustave, comme le démontre l'admirable exposition Dans l'intimité des frères Caillebotte Peintre et Photographe présentée ces temps-ci au Musée Jacquemart-André à Paris (du 25 mars au 11 juillet 2011) avant d’émigrer vers le Musée national des beaux-arts du Québec (du 6 octobre 2011 au 8 janvier 2012).

Coédité par les éditions Skira (Milan) et Flammarion (Paris) et rédigé sous la direction de Serge Lemoine, professeur à la Sorbonne et ancien président du Musée d’Orsay, le magnifique catalogue de cette exposition vous en fera la démonstration, pour votre plus grand plaisir, si d’aventure vous aviez le fort bon goût de l’acquérir !

Bernard DELCORD

Dans l’intimité des frères Caillebotte Peintre et Photographe, ouvrage collectif sous la direction de Serge Lemoine, coédition Skira/Flammarion, Paris, 240 pp. en quadrichromie au format 24 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs, 39 € (prix France)

Dans l’intimité des frères Caillebotte.gif


12:39 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/04/2011

Au cœur des mystères…

Le texte ci-dessous a paru dans la livraison de mars 2011 de la revue des Belges d'Afrique centrale EBENE :

« Leo Bittremieux, missionnaire de Scheut, vécut et travailla aux alentours de 1910 au Mayombe, une région boisée au nord de l'embouchure du fleuve Congo.

Il y mena non seulement un travail de missionnaire, niais y collectionna également des centaines de statuettes et d'objets confectionnés par la population locale, les Bayombe. Ces pièces furent expédiées par bateau à l'Université de Louvain. Elles arrivèrent au musée d'ethnographie, où étaient formés notamment les fonctionnaires coloniaux. Une fois en Belgique, elles déménagèrent encore à maintes reprises.

Lors de la scission de l'Université de Louvain dans les années 1960, la précieuse collection fut divisée entre les deux parties. Les statuettes uniques et fascinantes disparurent ensuite pendant des années dans les dépôts universitaires. Elles ne furent que rarement exposées au public. À l'occasion du cinquantième anniversaire de l'indépendance du Congo, le musée M de Leuven a décidé de les remettre sous les projecteurs d’octobre à janvier 2011, et au Musée de Louvain-la-Neuve du 8 avril au 5 juillet 2011.

La collection est complétée par quelques pièces d'exception issues du Musée royal de l'Afrique centrale à Tervuren.

Un magnifique ouvrage collectif rédigé sous la direction de Jo Tollebeek accompagne l'exposition. Il s’intitule Mayombe, statuettes rituelles du Congo, et a paru à Tielt, aux Éditions Lannoo. Outre une partie catalogue détaillée, il contient une série d'essais brefs qui permettent de mieux saisir l'origine et la signification de ces objets ethnographiques. Les auteurs mettent en lumière le contexte anthropologique et historique, brossent le portrait de Bittremieux et du travail de missionnaire colonial de ses frères d'ordre, montrent comment et pourquoi de telles statuettes étaient collectionnées et exposées par le passé.

Les essais sont illustrés par des photographies inédites. Voilà pourquoi cet ouvrage offre un regard exceptionnel, non seulement sur la tradition de collection occidentale, mais également sur le Mayombe lui-même au début du vingtième siècle, au moment où cette société connut un changement profond sous l'influence de la colonisation. »[1]

Bernard DELCORD

Mayombe, statuettes rituelles du Congo ouvrage collectif sous la direction de Jo Tollebeek, Tielt, Éditions Lannoo, décembre 2010, 175 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39,95 €

Mayombe.gif



[1] (N.B. : Le prière d'insérer de cet ouvrage était si bien rédigé et si conforme à ma perception de son contenu que je me suis contenté de l'aménager très légèrement : rendons à César ce qui est à César...)

15:12 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |