26/02/2017

D'une tyrannie à l'autre...

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Ancien élève de l’École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d’histoire et directeur de recherche à l'Institut d'histoire du temps présent (CNRS), Nicolas Werth est l'un des plus importants historiens du monde russe au XXe siècle. Dans la fameuse collection « Que sais-je ? » des Presses universitaires de France, il est l'auteur d'une Histoire de l'Union soviétique en deux volumes, très régulièrement rééditée depuis vingt ans.

Chez le même éditeur et dans la même collection, on lui doit aussi Les révolutions russes, un passionnant petit essai paru à l’occasion du centenaire d’icelles, qui virent la chute de l’Ancien régime tsariste et l’avènement de l’URSS.

Voici le résumé qu’il en donne :

« Russie, février 1917. L'empire de Nicolas II s'enlise dans la Grande Guerre. Les failles de l'économie russe, dont la modernisation est restée inachevée, apparaissent au grand jour. L'inégalité dans la distribution de la terre nourrit la grogne. Les grèves se multiplient. Nicolas II est au front. Le pouvoir semble impuissant et vacant.

Lasse d'une autocratie d'un autre temps, une poignée de révolutionnaires, au milieu des insurrections de Petrograd, organise un comité exécutif (le Soviet) et, après un compromis avec le Comité provisoire libéral, balaie en quelques jours le régime tsariste, pourtant pluriséculaire. Sa chute ouvre alors la voie à une expérience démocratique unique dans l'histoire multiséculaire de la Russie.

Les fiançailles sont de courte durée : huit mois plus tard, en octobre, les bolcheviks, sous la férule de Lénine, prennent le palais d'Hiver et s'emparent du pouvoir, instaurant le régime communiste. »

Dépassant le clivage entre les historiographies soviétique et libérale, l’auteur s'attache à analyser non pas une seule révolution politique, mais une multiplicité de révolutions sociales et nationales.

Un ouvrage fondamental pour comprendre comment le monde a basculé il y a 100 ans tout juste…

Bernard DELCORD

Les révolutions russes par Nicolas Werth, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », janvier 2017, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,6 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 € (prix France)

Sommaire

Introduction

Chapitre premier – De la guerre à la révolution

Chapitre II – La révolution de Février

Chapitre III – Les débuts d’une Russie nouvelle

Chapitre IV – Le problème de la guerre et la crise d’avril

Chapitre V – Le gouvernement de coalition et la montée des tensions sociales et nationales

Chapitre VI – Les journées de juillet et la tentation de l’ordre

Chapitre VII – Radicalisation des masses et faillite de l’État

Chapitre VIII – La prise du pouvoir par les bolcheviks

Chapitre IX – Débats et controverses

Conclusion

Bibliographie

19:09 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/02/2017

L’invention de la « quatre pattes »…

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Dugomier, Bruno Bazile et Yves Magne se sont associés pour faire paraître chez Glénat à Grenoble un bel album de bandes dessinées intitulé La naissance de la 4 CV Renault, dans lequel ils racontent l’histoire de la conception de la plus célèbre des voitures populaires françaises – la première à être vendue à plus d’un million d’exemplaires.

En voici le résumé :

« 1939, Salon de l’Automobile de Berlin. Ferdinand Picard et Charles-Edmond Serre, deux ingénieurs de chez Renault, sont impressionnés par les véhicules allemands. Inspirés par la petite, mais ingénieuse K.D.F. Wagen – la fameuse “Coccinelle” : – de Ferdinand Porsche, ils rentrent en France avec l’idée d’un modèle similaire de voiture pour budgets modestes.

Mais en seulement quelques mois, la guerre éclate, la France capitule et l’usine Renault de Boulogne-Billancourt est réquisitionnée par l’armée nazie pour la fabrication de camions.

Pour autant, ils n’abandonnent pas leur idée. Ils en sont persuadés, après la victoire inéluctable des Alliés, la France, en pleine reconstruction, aura besoin d’une véritable voiture accessible à tous. En secret, dans des ateliers souterrains, sous le fracas des bombardements, ils se mettent à dessiner les plans et à imaginer le moteur de celle qui deviendra la future 4CV… »

Le récit rondement et bellement mené d’une grande saga industrielle française !

Bernard DELCORD

La naissance de la 4 CV Renault, scénario de Dugomier, dessins de Bruno Bazile, couleurs d’Yves Magne, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Plein gaz », février 2017, 48 pp. en noir et blanc au format 24 x 32 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,90 € (prix France)

15:32 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/02/2017

Altesses Sérénissimes...

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Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Fontenay/Saint-Cloud (1997-2001), agrégé d’histoire (2000), allocataire-moniteur à l’Université Lyon 2 Lumière (2001-2004), puis ATER aux Universités de Provence (2004-2005) et Toulouse le Mirail (2006-2007), boursier de la Fondations Thiers (2005-2006), maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Reims Champagne-Ardenne depuis 2007, Bertrand Goujon a soutenu en 2006 à l’Université Lyon 2 Lumière une thèse de doctorat d’histoire dont la version publiée, Les Arenberg. - Le gotha à l’heure des nations, 1820-1919 a paru en janvier 2017 aux Presses Universitaires de France à Paris.

Rappelons que la Maison d’Arenberg recouvre :

– Une maison médiatisée du Saint-Empire romain germanique, dont les membres portent les titres de duc et duchesse d'Arenberg et de prince et princesse et jouissent du prédicat nobiliaire d'Altesse Sérénissime (Durchlaucht, confirmé par la Confédération germanique le 13 août 1825) ;

– Une maison comtale dont les chefs ont droit au titre de Comte Illustrissime (Erlaucht, confirmé par la Confédération germanique le 13 février 1829).

Et que la famille détient (ou a porté) les titres de :

– Seigneur, comte, puis Duc d'Arenberg (Saint-Empire, 1644) et Prince du Saint-Empire (1576) ;

– Duc d'Arschot et grand d'Espagne ;

– Duc de Croÿ ;

– Prince de Porcéan ;

– Duc souverain de Meppen (Allemagne) (1803-1810) ;

– Duc d'Arenberg (Royaume de France), créé par Charles X le 24 février 1824 ;

– Duc d'Arenberg (Royaume de Belgique) ;

– Prince de Recklinghausen (Ruhr) ;

– Comte de la Marck, Comte de Lalaing, de Seneghem, de Champlitte, de Kerpen et de de Kasselburg ;

– Marquis de Montcornet (Ardennes françaises) ;

– Prince de Chimay ;

– Comte de Beaumont et de Frezin ;

– Baron de Commines, de Hallwin, de Zewenberghes, de Rotselaar, de de Kommern, de Perwez ;

– Baron puis prince de Barbançon ;

– Comte d'Aigremont et de La Roche-en-Ardenne, vicomte d'Aure ;

– Baron de Naeltwyck ;

– Seigneur de Zuid-Polsbroek, d'Enghien, de Noordeloos, Heemskerck, Polsbroek, Vlaardingen, Wateringen, Capelle-sur-l'Issel, Honselersdijk, Terschelling, Mirwart, Vorselaar, Lichtaert, Kastel et Rethy ;

– Comte de l'Empire (1808) ;

– Comte de Schleiden. [1]

Apparentée de près aux princes de Ligne, cette famille de la haute noblesse produisit des générations de dignitaires politiques, militaires et religieux ainsi que de nombreux mécènes.

Son influence fut très considérable en Europe sur le plan des affaires publiques, de la diplomatie, de l’économie, de l’organisation sociale, des idées, de la religion, des arts… et des mondanités.

Après la Première Guerre mondiale, les possessions des Arenberg en Belgique et en France furent saisies, parce qu’en raison de leurs origines prussiennes supposées, ils furent considérés comme « ennemis infiltrés » [2]

Voici enfin la présentation de l’ouvrage par son auteur très capé :

« Maison souveraine du Saint-Empire dont les différentes branches s’établissent en Belgique, en Allemagne, en France et en Autriche, la famille Arenberg est un observatoire du gotha au XIXe siècle. Confrontée à la fragilisation de la propriété foncière, aux concurrences bourgeoises, aux défis de la sécularisation et à la démocratisation de la vie politique, l’aristocratie doit de toute urgence réinventer ses modèles économiques, idéologiques et socioculturels. Elle engage ainsi de nouvelles stratégies qui s’inscrivent dans des contextes nationaux et régionaux supposant une adaptation permanente.

La dimension transnationale de cette histoire exemplaire est particulièrement cruciale, car les Arenberg attestent une maîtrise singulière et précoce de l’espace et du temps qui, sans être dénuée d’ambiguïtés et au risque de susciter des crispations, est le gage pour cette grande famille européenne d’une perpétuation de sa position élitaire au fil d’un long XIXe siècle en tout point révolutionnaire. »

Une véritable saga !

Bernard DELCORD

Les Arenberg – Le gotha à l’heure des nations, 1820-1919 par Bertrand Goujon, Paris, Éditions PUF, janvier 2017, 1067 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 21,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 € (prix France)

SOMMAIRE

LA RESTAURATION ARISTOCRATIQUE DANS L’EUROPE POST RÉVOLUTIONNAIRE

Vers la constitution de branches nationales

Un lustre dynastique restauré dans l’Europe du Congrès de Vienne (1823-1830)

Créer une branche française

MARGINALISATION POLITIQUE, REDÉPLOIEMENT DES FORTUNES (1830-1850/1851)

Désengagement politique et repli vers les États allemands

La consolidation patrimoniale et notabilitaire : une alternative à l’érosion du pouvoir aristocratique

Réponses socioculturelles à la concurrence bourgeoise

1848 : une reconfiguration temporaire des stratégies familiales ?

RETOUR(S) AU MONDE D’UNE ARISTOCRATIE À RÉINVENTER (1850/1851-1875/1877)

L’apogée de la grande propriété châtelaine

L’engagement décisif dans l’intransigeantisme catholique

(Ré)intégrer les nations : des stratégies divergentes

LES MODERNISATIONS DU MODÈLE NOTABILITAIRE (1875/1877-1897/1898)

Recomposition des fortunes et maintien du rang

Des carrières politiques princières au défi du suffrage universel

Redéploiement et intensification des engagements notabilitaires

La redécouverte des villes-capitales ?

ÉCLATS ET ILLUSION DE LA « BELLE ÉPOQUE » (1897/1898-1914)

Une insolente prospérité financière

Fragilité des retours en politique et vitalité du patronage aristocratique

Ultimes éclats dynastiques et mondains

L’ÉPILOGUE DOULOUREUX DE LA GRANDE GUERRE

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_d%27Arenberg

[2] Source : https://nl.wikipedia.org/wiki/Huis_Arenberg

18:58 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/02/2017

Un riche patrimoine…

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Les Pauvres Sœurs de Mons et la Maison de la Mémoire de Mons organisent aux Ateliers des FUCaM [1] une passionnante exposition – en 4 jalons historiques et 7 modules patrimoniaux présentant de nombreux manuscrits et objets d’art religieux – intitulée PSM - Les Pauvres Sœurs de Mons.

Les Pauvres Sœurs de Mons sont les vivantes héritières du béguinage de Cantimpret [2].

Leur histoire, d'une particulière richesse, est donc liée à celle de la ville depuis le XIIIe siècle.

Car leur congrégation, née à Mons en 1350, a fortement marqué l'histoire du quartier de Messine et de la Ville tout entière.

Cette exposition se double de la publication d’un fort beau livre, Les Pauvres Sœurs de Mons depuis 1350, un charisme, une histoire, un patrimoine, un ouvrage collectif tiré à 1 000 exemplaires [3] dans lequel les textes d’historiens voisinent avec 190 illustrations somptueuses. 

Détail d'une chasuble.jpg

Détail d’une chasuble

La maison des Pauvres Sœurs de Mons, entre la rue de Bertaimont et la place Nervienne, apparaît ainsi dans ses murs, ses œuvres d'art, ses meubles et ses archives, comme une pièce non négligeable du patrimoine local et régional.

Aujourd'hui, il reste très peu de religieuses, mais les activités autour du couvent sont en pleine expansion avec une maison de repos, des résidences services ou encore la distribution de vivres aux plus démunis.

Et le lieu demeure, encore et toujours, le périmètre d'épanouissement d'un charisme alimenté par la spiritualité de saint Augustin.

Il est enfin l'outil d'une mission de service qui plonge ses racines jusqu'au Moyen Âge.

Bernard DELCORD

Les Pauvres Sœurs de Mons depuis 1350, un charisme, une histoire, un patrimoine, ouvrage collectif, Mons, Les Pauvres Sœurs de Mons et la Maison de la Mémoire de Mons, décembre 2016, 208 pp. en quadrichromie au format 22 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25 €

Sommaire

Partie I : Au fil de l’Histoire

  1. La traversée des siècles
  2. Patrimoine et pauvreté
  3. Pauvres Sœurs contre Chanoinesses
  4. Réponses à des appels

Partie II : Une vie consacrée

  1. La spiritualité augustinienne
  2. La Règle et les Constitutions
  3. Aime et dis-le par ta vie
  4. Portraits de religieuses
  5. Notre charisme
  6. Face aux grandes épidémies

Partie III : À la découverte d’un patrimoine

  1. Topographie de la mémoire
  2. La nature au cœur du couvent
  3. Objets de célébration
  4. Le patrimoine artistique
  5. Au détour des couloirs

Partie IV : Une œuvre en expansion

  1. Trente années de croissance
  2. Vivre au quotidien avec les personnes âgées
  3. « Vivre le reste de son âge »

Archiver le présent ?

Informations pratiques :

L’exposition est accessible jusqu’au 25 février 2017 en semaine de 9h à 12h et de 13h30 à 16h30, le samedi de 14 h à 17 h.

La totalité de l'exposition n'est visible que les mercredis et samedis de 14 à 17 h et sur demande.

Visite guidée chaque samedi à 14h30 et sur demande pour les groupes au 065/66.69.14.

 

[1] Facultés Universitaires Catholiques de Mons, rue des Sœurs Noires, 2 (entrée rue du Grand Trou Oudart) à 7000 Mons.

[2] Le béguinage de Cantimpret était sous la direction de l'église Sainte-Waudru et se trouvait sur le territoire de Cuesmes. En 1295, Jean d'Avesnes incorpore le béguinage de Cantimpret dans l'enceinte de Mons. 

En novembre 1792, les révolutionnaires français envahissent la Belgique et exigent une somme de 18 140 livres aux chanoinesses à titre d'impôt. Le 2 mars 1793, après la victoire de l'armée autrichienne, les chanoinesses retrouvent leur statut, mais, en juin 1794, après la bataille de Fleurus gagnée par les Français, le chapitre cesse d'exister.

Après le rétablissement du culte sous le règne de Napoléon Ier, quelques chanoinesses reviennent à Mons, entre autres Henriette-Bernardine-Josèphe, comtesse de Spangen, qui meurt le 15 août 1855. Elle était la dernière survivante du chapitre. (Source : http://home.scarlet.be/heraldus/Chanoinessehistorique.htm)

[3] Il peut être commandé à ladresse suivante : http://www.mmemoire.be/les-pauvres-soeurs-de-mons-depuis-...

30/01/2017

Galerie de félons…

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Surnommé « le détective de l'histoire », Jean-Paul Lefebvre-Filleau, ancien colonel de gendarmerie, diplômé de l'université en droit, criminologie et théologie, a publié une vingtaine d'ouvrages, dont le dernier, réédité aux éditions De Borée en 2016, s’intitule La Franc-maçonnerie au cœur de la République, de 1870 à nos jours.

Il vient de faire paraître aux Éditions du Rocher à Paris Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich, un véritable Who’s who de la trahison – le parcours personnel particulièrement significatif de 77 idéologues, naïfs, antisémites, opportunistes, affairistes, stipendiés, renégats ou bandits de grands chemin – fondé sur une documentation abondante et étayé d’un impressionnant appareil de notes.

On y voit pourquoi et comment ces individus d’origines fort diverses ont basculé dans le camp de l’ennemi, allant parfois jusqu’à s’en asperger les mains de sang.

Une impressionnante enquête au cœur des ténèbres de l’âme humaine !

Bernard DELCORD

Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich par Jean-Paul Lefebvre-Filleau, préface de Gilles Perrault, Paris, Éditions du Rocher, janvier 2017, 550 pp. en noir et blanc au format 15,3 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

LISTE DES COLLABORATEURS

Les politiques :

ALIBERT Raphaël

BAUDOUIN Paul

BEUGRAS Albert

BONNARD Abel

BOUT DE L'AN Francis

BUCARD Marcel

DÉAT Marcel

DORIOT Jacques

GABOLDE Maurice

HENRIOT Philippe, le « Goebbels » français

MARION Paul

PUCHEU Pierre

VALLAT Xavier

 

Les intellectuels :

ALGARRON André

BEAUPLAN Robert de

BENOIST-MÉCHIN Jacques

BERAUD Henri

BRASILLACH Robert

BRINON Fernand de

CÉLINE, Louis-Ferdinand

CHACK Paul

CHÂTEAUBRIANT Alphonse de

COUSTEAU Pierre-Antoine

FERDONNET Paul

HÉROLD Jean-Auguste, dit HÉROLD-PAQUIS

JEANTET Claude

LAUBREAU Alain

LUCHAIRE Jean

REBATET Lucien

SUAREZ Georges

 

Les militaires :

BASSOMPIERRE Jean

BRIDOUX Eugène

DAGOSTINI Raoul

DARNAND Joseph

DENTZ Henri

DUGÉ DE BERNONVILLE Jacques

FENET Henri

KNIPPING Max

LABORDE Jean de

LÉCUSSAN Joseph

MAYOL DE LUPÉ Jean de

PLATON Charles

PUAUD Edgar

RAYBAUD Émile

TISSOT Noël de

VAUGELAS Jean de

 

Les hauts fonctionnaires :

ANGELI Alexandre

BOUSQUET René

CHIAPPE Angelo

CUSSONAC René

DARQUIER DE PELLEPOIX Louis

FAY Bernard

LABROUE Henri

LELONG Georges

MARION Charles

SÉZILLE Paul

TOUVIER Paul

 

Les chefs d'entreprise :

BERLIET Marius

BICHELONNE Jean

BRUNETON Gaston

DEWOITINE Émile

JOANOVICI Joseph

LAGARDELLE Hubert

LESCA Charles

SZKOLNIKOFF Mandel

 

Les repris de justice :

ANDRÉ Francis, dit « Gueule-Tordue »

BONNY Pierre

CARRÉ Mathilde

DANOS Abel

DELFANNE Georges, dit Christian MASUY

FILIOL Jean

GLÈBE D'EU Guy

LAFONT Henri

MARTIN Frédéric, alias Rudy de MÉRODE

PAOLI Pierre-Marie

SOLNLEN Maurice, alias Jean MANSUY

VILLAPLANA Alexandre

18:27 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/01/2017

« Le temps est l’architecte, le peuple est le maçon. » (Victor Hugo)

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Emmanuel Pierrat, avocat et écrivain français, est conservateur du musée du Barreau à Paris. Il a publié de nombreux essais à caractère historique sur la censure, les mœurs, la justice et la franc-maçonnerie.

Il est l’auteur, chez Albin Michel en 2016, d’une planche particulièrement solide intitulée Les francs-maçons sous l'Occupation – Entre résistance et collaboration dans lequel il rappelle que :

« Parmi les femmes et les hommes persécutés par la police de Vichy et la Gestapo, les francs-maçons figurent en bonne place : 64 000 furent fichés ; 3000 fonctionnaires perdirent leur emploi et plus d'un millier furent assassinés par les Allemands. Nombre de francs-maçons furent résistants et beaucoup le payèrent de leur vie. Quelques-uns s'engagèrent aux côtés du maréchal Pétain, d'autres adoptèrent une attitude plus ambiguë »,

Avant de brosser onze portraits passionnants et instructifs de collaborationnistes notoires (Jean Mamy, alias Paul Riche, Jean Marquès-Rivière, Henry Coston, Bernard Faÿ, Henry du Moulin de Labarthète et Pierre Laval), mais aussi d’un manipulateur nazi plus ou moins habile (l’Allemand Otto Abetz) et – ouf ! – de héros authentiques (Pierre Brossolette, Jean Zay, Pierre Masse et le Belge Paul Hanson) qui sauvent l’honneur des Loges par la fidélité à leurs principes d’humanisme et de liberté galvaudés par les renégats, les opportunistes, les réactionnaires, les antisémites, les fascistes et les complotistes grenouillant dans les rouages de l’État français à la sauce pétainiste…

Un beau morceau d’architecture historique…

Bernard DELCORD

Les francs-maçons sous l'Occupation – Entre résistance et collaboration par Emmanuel Pierrat, Paris, Éditions Albin Michel, février 2016, 362 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

18:14 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/12/2016

« L'Italie est comme un artichaut qu'il faut manger feuille à feuille. » (Metternich)

La science en cuisine et l'art de bien manger.jpg

Considéré comme le père de la cuisine nationale de la Botte, Pellegrino Artusi, né le 4 août 1820 à Forlimpopoli, près de Forlì, en Émilie-Romagne, alors partie des États pontificaux, et mort le 30 mars 1911 à Florence, est un critique littéraire, écrivain et gastronome italien.

Son essai intitulé La Science en cuisine et l'art de bien manger, enfin traduit en langue française à l’initiative des Éditions Actes Sud en Arles, a révolutionné à son époque l'idée de la gastronomie.

En voici la présentation par l’éditeur :

« Publié une première fois à compte d'auteur en 1891, cet ouvrage, qui s'appuie sur quelques préceptes à la portée du plus grand nombre, connaîtra ensuite, du vivant d'Artusi, quinze éditions dont la dernière, posthume, rassemble 790 recettes.

Car ce qui est sans doute le premier livre de cuisine interactif s'est progressivement enrichi des recettes proposées à l'auteur par des correspondants – et surtout des correspondantes – des quatre coins de l'Italie, même si les régions de prédilection d'Artusi, liées à sa biographie, restent l'Émilie-Romagne et la Toscane.

Recettes qu'il testait ensuite systématiquement, chez lui, avant de les faire siennes et de les intégrer à son livre. Accompagné de réflexions hygiénistes, émaillé d'anecdotes savoureuses, d'allusions à l'actualité de l'époque et de références littéraires parfois malicieuses qui vont de la citation au pastiche, son œuvre se caractérise aussi par sa volonté d'unification linguistique, dans un pays dont l'unité politique était toute récente.

Il constitue ainsi non seulement un texte canonique, qui a fondé les codes de la cuisine bourgeoise italienne (au point qu'on l'offrait souvent, il y a encore peu de temps, aux jeunes mariées), mais aussi un ouvrage qui permet des lectures multiples. Sans cesse repris, imité, commenté, voire piraté, il reste un modèle en la matière : celui d'une cuisine de marché, réalisable et pleine de bon sens, exigeante sur la qualité des produits, mais adaptable au goût et aux possibilités de chacun, ouverte à la nouveauté, mais refusant le snobisme.

Cette traduction, préfacée et supervisée par Alberto Capatti, éminent spécialiste d'Artusi, est rigoureusement fidèle à l'édition historique de 1911. »

Bernard DELCORD

La Science en cuisine et l'art de bien manger par Pellegrino Artusi, préface d’Alberto Capatti, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli & Lise Chapuis, Arles, Éditions Actes Sud, septembre 2016, 639 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la recette originale suivante :

Langue en sauce

Prenez 1 langue de bœuf qui, sans le cornet, pèse environ 1kg.

Ébouillantez-la le temps qu'il faut pour pouvoir la peler, après quoi vous l'accommoderez ainsi :

Préparez un hachis généreux avec 50g de jambon cru,1 demi oignon moyen, céleri, carotte, persil, et mettez-le sur le feu avec 50g de beurre et la langue, salée et poivrée.

Une fois que celle-ci aura bien rissolé, incisez-la avec du bouillon que vous verserez progressivement, et du coulis ou de la conserve de tomates.

Passez ce jus.

Mélangez, à part, 1 cuillerée rase de farine et 20g de beurre.

Laissez roussir, ajoutez le jus et mettez la langue dans cette sauce.

Faites mijoter un moment avant de servir la langue, coupée en tranches de 1 cm d’épaisseur et accompagnée de céleri ou d'un autre légume, préalablement revenu dans la sauce.

C’est un plat qui peut suffire pour 8 personnes.

16:34 Écrit par Bernard dans Gastronomie, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |