30/01/2017

Galerie de félons…

Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich.jpg

Surnommé « le détective de l'histoire », Jean-Paul Lefebvre-Filleau, ancien colonel de gendarmerie, diplômé de l'université en droit, criminologie et théologie, a publié une vingtaine d'ouvrages, dont le dernier, réédité aux éditions De Borée en 2016, s’intitule La Franc-maçonnerie au cœur de la République, de 1870 à nos jours.

Il vient de faire paraître aux Éditions du Rocher à Paris Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich, un véritable Who’s who de la trahison – le parcours personnel particulièrement significatif de 77 idéologues, naïfs, antisémites, opportunistes, affairistes, stipendiés, renégats ou bandits de grands chemin – fondé sur une documentation abondante et étayé d’un impressionnant appareil de notes.

On y voit pourquoi et comment ces individus d’origines fort diverses ont basculé dans le camp de l’ennemi, allant parfois jusqu’à s’en asperger les mains de sang.

Une impressionnante enquête au cœur des ténèbres de l’âme humaine !

Bernard DELCORD

Ces Français qui ont collaboré avec le IIIe Reich par Jean-Paul Lefebvre-Filleau, préface de Gilles Perrault, Paris, Éditions du Rocher, janvier 2017, 550 pp. en noir et blanc au format 15,3 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

LISTE DES COLLABORATEURS

Les politiques :

ALIBERT Raphaël

BAUDOUIN Paul

BEUGRAS Albert

BONNARD Abel

BOUT DE L'AN Francis

BUCARD Marcel

DÉAT Marcel

DORIOT Jacques

GABOLDE Maurice

HENRIOT Philippe, le « Goebbels » français

MARION Paul

PUCHEU Pierre

VALLAT Xavier

 

Les intellectuels :

ALGARRON André

BEAUPLAN Robert de

BENOIST-MÉCHIN Jacques

BERAUD Henri

BRASILLACH Robert

BRINON Fernand de

CÉLINE, Louis-Ferdinand

CHACK Paul

CHÂTEAUBRIANT Alphonse de

COUSTEAU Pierre-Antoine

FERDONNET Paul

HÉROLD Jean-Auguste, dit HÉROLD-PAQUIS

JEANTET Claude

LAUBREAU Alain

LUCHAIRE Jean

REBATET Lucien

SUAREZ Georges

 

Les militaires :

BASSOMPIERRE Jean

BRIDOUX Eugène

DAGOSTINI Raoul

DARNAND Joseph

DENTZ Henri

DUGÉ DE BERNONVILLE Jacques

FENET Henri

KNIPPING Max

LABORDE Jean de

LÉCUSSAN Joseph

MAYOL DE LUPÉ Jean de

PLATON Charles

PUAUD Edgar

RAYBAUD Émile

TISSOT Noël de

VAUGELAS Jean de

 

Les hauts fonctionnaires :

ANGELI Alexandre

BOUSQUET René

CHIAPPE Angelo

CUSSONAC René

DARQUIER DE PELLEPOIX Louis

FAY Bernard

LABROUE Henri

LELONG Georges

MARION Charles

SÉZILLE Paul

TOUVIER Paul

 

Les chefs d'entreprise :

BERLIET Marius

BICHELONNE Jean

BRUNETON Gaston

DEWOITINE Émile

JOANOVICI Joseph

LAGARDELLE Hubert

LESCA Charles

SZKOLNIKOFF Mandel

 

Les repris de justice :

ANDRÉ Francis, dit « Gueule-Tordue »

BONNY Pierre

CARRÉ Mathilde

DANOS Abel

DELFANNE Georges, dit Christian MASUY

FILIOL Jean

GLÈBE D'EU Guy

LAFONT Henri

MARTIN Frédéric, alias Rudy de MÉRODE

PAOLI Pierre-Marie

SOLNLEN Maurice, alias Jean MANSUY

VILLAPLANA Alexandre

18:27 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/01/2017

« Le temps est l’architecte, le peuple est le maçon. » (Victor Hugo)

Les francs-maçons sous l'Occupation.jpg

Emmanuel Pierrat, avocat et écrivain français, est conservateur du musée du Barreau à Paris. Il a publié de nombreux essais à caractère historique sur la censure, les mœurs, la justice et la franc-maçonnerie.

Il est l’auteur, chez Albin Michel en 2016, d’une planche particulièrement solide intitulée Les francs-maçons sous l'Occupation – Entre résistance et collaboration dans lequel il rappelle que :

« Parmi les femmes et les hommes persécutés par la police de Vichy et la Gestapo, les francs-maçons figurent en bonne place : 64 000 furent fichés ; 3000 fonctionnaires perdirent leur emploi et plus d'un millier furent assassinés par les Allemands. Nombre de francs-maçons furent résistants et beaucoup le payèrent de leur vie. Quelques-uns s'engagèrent aux côtés du maréchal Pétain, d'autres adoptèrent une attitude plus ambiguë »,

Avant de brosser onze portraits passionnants et instructifs de collaborationnistes notoires (Jean Mamy, alias Paul Riche, Jean Marquès-Rivière, Henry Coston, Bernard Faÿ, Henry du Moulin de Labarthète et Pierre Laval), mais aussi d’un manipulateur nazi plus ou moins habile (l’Allemand Otto Abetz) et – ouf ! – de héros authentiques (Pierre Brossolette, Jean Zay, Pierre Masse et le Belge Paul Hanson) qui sauvent l’honneur des Loges par la fidélité à leurs principes d’humanisme et de liberté galvaudés par les renégats, les opportunistes, les réactionnaires, les antisémites, les fascistes et les complotistes grenouillant dans les rouages de l’État français à la sauce pétainiste…

Un beau morceau d’architecture historique…

Bernard DELCORD

Les francs-maçons sous l'Occupation – Entre résistance et collaboration par Emmanuel Pierrat, Paris, Éditions Albin Michel, février 2016, 362 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 22,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 22 € (prix France)

18:14 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/12/2016

« L'Italie est comme un artichaut qu'il faut manger feuille à feuille. » (Metternich)

La science en cuisine et l'art de bien manger.jpg

Considéré comme le père de la cuisine nationale de la Botte, Pellegrino Artusi, né le 4 août 1820 à Forlimpopoli, près de Forlì, en Émilie-Romagne, alors partie des États pontificaux, et mort le 30 mars 1911 à Florence, est un critique littéraire, écrivain et gastronome italien.

Son essai intitulé La Science en cuisine et l'art de bien manger, enfin traduit en langue française à l’initiative des Éditions Actes Sud en Arles, a révolutionné à son époque l'idée de la gastronomie.

En voici la présentation par l’éditeur :

« Publié une première fois à compte d'auteur en 1891, cet ouvrage, qui s'appuie sur quelques préceptes à la portée du plus grand nombre, connaîtra ensuite, du vivant d'Artusi, quinze éditions dont la dernière, posthume, rassemble 790 recettes.

Car ce qui est sans doute le premier livre de cuisine interactif s'est progressivement enrichi des recettes proposées à l'auteur par des correspondants – et surtout des correspondantes – des quatre coins de l'Italie, même si les régions de prédilection d'Artusi, liées à sa biographie, restent l'Émilie-Romagne et la Toscane.

Recettes qu'il testait ensuite systématiquement, chez lui, avant de les faire siennes et de les intégrer à son livre. Accompagné de réflexions hygiénistes, émaillé d'anecdotes savoureuses, d'allusions à l'actualité de l'époque et de références littéraires parfois malicieuses qui vont de la citation au pastiche, son œuvre se caractérise aussi par sa volonté d'unification linguistique, dans un pays dont l'unité politique était toute récente.

Il constitue ainsi non seulement un texte canonique, qui a fondé les codes de la cuisine bourgeoise italienne (au point qu'on l'offrait souvent, il y a encore peu de temps, aux jeunes mariées), mais aussi un ouvrage qui permet des lectures multiples. Sans cesse repris, imité, commenté, voire piraté, il reste un modèle en la matière : celui d'une cuisine de marché, réalisable et pleine de bon sens, exigeante sur la qualité des produits, mais adaptable au goût et aux possibilités de chacun, ouverte à la nouveauté, mais refusant le snobisme.

Cette traduction, préfacée et supervisée par Alberto Capatti, éminent spécialiste d'Artusi, est rigoureusement fidèle à l'édition historique de 1911. »

Bernard DELCORD

La Science en cuisine et l'art de bien manger par Pellegrino Artusi, préface d’Alberto Capatti, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli & Lise Chapuis, Arles, Éditions Actes Sud, septembre 2016, 639 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la recette originale suivante :

Langue en sauce

Prenez 1 langue de bœuf qui, sans le cornet, pèse environ 1kg.

Ébouillantez-la le temps qu'il faut pour pouvoir la peler, après quoi vous l'accommoderez ainsi :

Préparez un hachis généreux avec 50g de jambon cru,1 demi oignon moyen, céleri, carotte, persil, et mettez-le sur le feu avec 50g de beurre et la langue, salée et poivrée.

Une fois que celle-ci aura bien rissolé, incisez-la avec du bouillon que vous verserez progressivement, et du coulis ou de la conserve de tomates.

Passez ce jus.

Mélangez, à part, 1 cuillerée rase de farine et 20g de beurre.

Laissez roussir, ajoutez le jus et mettez la langue dans cette sauce.

Faites mijoter un moment avant de servir la langue, coupée en tranches de 1 cm d’épaisseur et accompagnée de céleri ou d'un autre légume, préalablement revenu dans la sauce.

C’est un plat qui peut suffire pour 8 personnes.

16:34 Écrit par Bernard dans Gastronomie, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/12/2016

« La liberté de la presse ne s'use que lorsque l'on ne s'en sert pas. » (Devise du Canard enchaîné)

Le Canard enchaîné 100 ans.jpg

Fondé durant la Première Guerre mondiale – sa publication régulière a commencé le 5 juillet 1916 [1] – par un journaliste, Maurice Maréchal, et par un dessinateur, Henri-Paul Gassier, le Canard Enchaîné se voulait un contre-feu de la propagande officielle et de l’information censurée par le recours à la dérision dans un esprit libertaire et insoumis.

Pour fêter ses vingt lustres, les Éditions du Seuil à Paris ont publié, choisis par Laurent Martin et Bernard Comment, Le Canard enchaîné, 100 ans – Un siècle d'articles et de dessins, une remarquable – et épaisse [2] – compilation d’articles et de dessins propres à dérider les esprits les plus chagrins et à raviver les mémoires défaillantes [3].

Seul journal français, à ce jour, à n'accepter aucune publicité et à ne vivre que de ses lecteurs, il a connu un succès croissant au fil des décennies [4], sans avoir jamais épargné personne de ses sarcasmes et de son humour dévastateur : les autorités politiques, militaires, religieuses, diplomatiques, académiques, ainsi que les capitaines de l’industrie et de la finance, le monde de l’édition, les vedettes du show-business et du sport ou encore les journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision… tout en dénonçant avec une belle constance les magouilles et les affaires, les turpitudes et les hypocrisies, les lâchetés et les forfanteries, mais aussi les totalitarismes et les fanatismes…

Un régal d’esprit et de l’esprit !

Bernard DELCORD

Le Canard enchaîné, 100 ans – Un siècle d'articles et de dessins choisis par Laurent Martin et Bernard Comment, Paris, Éditions du Seuil, octobre 2016, 614 pp. en quadrichromie au format 23,8 x 30,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 49 € (prix France)

 

[1] Cinq premiers numéros avaient paru à l'automne 1915, mais la publication fut interrompue, faute d'avoir trouvé suffisamment de lecteurs. Par ailleurs, Le Canard n’a pas paru de juin 1940 à septembre 1944, sous l'Occupation.

[2] Elle est faite d’un choix de plus de 2000 articles et dessins, organisés chronologiquement et thématiquement, présentés par de brèves notices pour les restituer dans leur contexte.

[3], L’ouvrage contient aussi Le Roman du Canard (une centaine de pages du livre), un texte de Patrick Rambaud qui donne là une histoire haute en couleurs, faite de personnages souvent truculents, dans des époques ressuscitées avec un grand nombre de détails révélateurs.

[4] Près d'un demi-million d'exemplaires sont actuellement vendus chaque semaine.

20:47 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Histoire, Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/12/2016

« Il est vrai qu'on ne peut trouver la pierre philosophale, mais il est bon qu'on la cherche. » (Fontenelle)

Les Pierres du Moyen Âge.jpg

Valérie Gontero-Lauze est maître de conférences de langue et littérature du Moyen Âge à l'université d'Aix-Marseille. Ses recherches portent sur la littérature encyclopédique, en particulier sur les lapidaires et les bestiaires et elle a notamment publié Parures d'or et de gemmes – L'orfèvrerie dans les romans antiques du XIIe siècle (Le Roman de Thèbes, Le Roman d'Eneas, Le Roman de Troie de Benoît de Sainte Maure et Le Roman d'Alexandre d'Alexandre de Paris) à Aix-en- Provence, aux Presses universitaires de Provence en 2002 ainsi que Sagesses minérales – Médecine et magie des pierres précieuses au Moyen Âge à Paris, aux Éditions des Classiques Garnier en 2010.

Elle revient sur le sujet avec Les Pierres du Moyen Âge – Anthologie des lapidaires médiévaux, un splendide ouvrage fort bellement illustré publié par les Éditions Les Belles Lettres à Paris.

Voici ce qu’elle en dit :

« Le Moyen Âge croyait aux pouvoirs des pierres précieuses ; leurs vertus médicinales et magiques étaient consignées dans des traités encyclopédiques, les lapidaires.

Ce savoir, hérité de l'Antiquité, est resté pérenne durant des siècles ; le diamant rend invincible ; le saphir délivre les prisonniers ; l'émeraude guérit les problèmes de vision ; l'améthyste protège de l'ivresse ; l'hématite arrête les hémorragies, etc.

Les pouvoirs attribués aux pierres procèdent par analogie, mode de pensée qui prévaut pendant toute la période médiévale.

Cette anthologie des lapidaires médiévaux propose pour la première fois une édition bilingue de ces textes longtemps méprisés et toujours largement méconnus, avec une sélection d'extraits en ancien et moyen français, accompagnés de leur traduction. »

Un livre précieux !

Bernard DELCORD

Les Pierres du Moyen Âge – Anthologie des lapidaires médiévaux par Valérie Gontero-Lauze, Paris, Éditions Les Belles Lettres, octobre 2016, 224 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 19,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 21 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié la table des matières de cet ouvrage passionnant :

Introduction

L'encyclopédisme médiéva1

Les traités sur les pierres précieuses

L'article de lapidaire, un exercice de style

Genre encyclopédique et genre romanesque, des liens étroits

Anthologie des lapidaires médiévaux :

  1. L'escarboucle, la pierre de lumière
  2. Le rubis, la pierre de l'amour
  3. Le saphir, la pierre du ciel
  4. L'émeraude, la pierre de la vision
  5. Le diamant, la pierre de l'invincibilité
  6. Le cristal, la mère des pierres
  7. L'améthyste, la pierre contre l'ivresse
  8. L'agate, la pierre anti-venin
  9. L'hématite, la pierre du sang
  10. La pyrite, la pierre du feu
  11. Le corail, la pierre végétale
  12. La perle, la pierre de la rosée
  13. L’héliotrope, la pierre du soleil
  14. La topaze, la pierre de la lune
  15. L'alectoire, la pierre du chapon
  16. La chélidoine, la pierre de 1'hirondelle
  17. Le ligure, la pierre du lynx
  18. La panthère, la pierre du fauve
  19. La dracontite, la pierre du dragon
  20. La magnétite, la pierre de 1'attraction
  21. La céraunie, la pierre de la foudre
  22. L'onyx, la pierre de la magie noire
  23. La mède, la pierre de Médée
  24. Le diadoque, la pierre à ressusciter les morts

Notes

Bibliographie sélective

Index des pierres

Index des personnages légendaires et historiques

19:39 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/11/2016

« Toute l'eau de la rugueuse et vulgaire mer ne saurait laver l'huile sainte d'un roi oint. » (William Shakespeare)

Le Siècle des Sacres.JPG

Historien réputé des dynasties occidentales et auteur à grand succès – parfaitement justifié, en raison de la qualité de sa documentation, du sérieux de son travail et de la flamboyance de son style –, le journaliste et écrivain Jean Marie de Pérusse des Cars, dit Jean des Cars (1943–), a signé nombre de best-sellers : Louis II de Bavière ou le Roi foudroyé, Sissi ou la Fatalité, La véritable histoire des châteaux de la Loire, Inoubliable Grace de Monaco, Dictionnaire amoureux des trains, La Saga des Romanov, La Saga des Habsbourg, La Saga des Windsor, La Saga des reines, La Saga des favorites ou encore Le Sceptre et le sang : rois et reines dans la tourmente des deux guerres mondiales ainsi que Nicolas II et Alexandra de Russie. Une tragédie impériale.

Dans Le Siècle des Sacres, un bel album illustré publié tout récemment à Paris aux Éditions Perrin, il fait la narration, entre faste et solennité, de 16 sacres et couronnements parmi les plus importants ou les plus marquants, depuis celui de la reine Victoria d'Angleterre en 1838 jusqu’à l'accession au trône du roi Felipe VI d'Espagne en 2014, en passant par ceux de Napoléon III, empereur des Français (1853), du tsar Nicolas II (1896), de Charles IV, roi de Hongrie (1916), de Rainier III, prince de Monaco (1949), de Baudouin Ier, roi des Belges (1951), d’Elizabeth II, reine du Royaume-Uni et du Commonwealth (1953), de Mohammad Reza Pahlavi , shah d’Iran (1967), de Margrethe II, reine de Danemark (1972), de Charles XVI Gustave, roi de Suède (1973), de Juan Carlos, roi d’Espagne (1975), de Harald V, roi de Norvège (1991), d’Henri, grand-duc de Luxembourg (2000), d’Albert II, prince de Monaco (2005), de Willem-Alexander, roi des Pays-Bas (2013) et de Philippe Ier, roi des Belges (2013).

Écoutons l’auteur :

« Les premières années du XXIe siècle ont vu l'arrivée d'une nouvelle génération de souverains sur les trônes de diverses monarchies européennes. Leurs intronisations ont été fortement médiatisées, suscitant la curiosité et le plus souvent l'enthousiasme, non seulement de leurs sujets mais d'innombrables téléspectateurs ayant suivi ces cérémonies le plus souvent spectaculaires. Le sacre, qui est un rite religieux remontant à l'Ancien Testament a été, pendant des siècles, en usage en Europe dans les empires, royaumes et principautés. Cette tradition, (le sacre) – précédant le couronnement qui est un acte politique symbolisant l'entrée en fonction du monarque – a progressivement été remplacée par une installation sous forme de prestation de serment devant le Parlement. Celle-ci est parfois précédée ou suivie d'une célébration religieuse, obligatoire quand est instituée une religion d'État dans le pays concerné et que le monarque en est le chef. »

De fastueux débuts de carrière !

Bernard DELCORD

Le Siècle des Sacres par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, novembre 2016, 256 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 27,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29,90 € (prix France)

15:37 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/11/2016

« Le meilleur auxiliaire d'un diplomate, c'est bien son cuisinier. » (Talleyrand)

À la table des diplomates (cover).jpg

Des festins du Camp du Drap d’Or donnés par François Ier en l’honneur d’Henri VIII en 1520 jusqu’à celui la Cop 21 en 2015, une vingtaine de grands rendez-vous diplomatiques [1] sont racontés en textes et en images sous l’angle culinaire par des historiens et des spécialistes de renom[ 2] dans À la table des diplomates – L’histoire de France racontée à travers ses grands repas, 1520-2015 paru sous la direction de Laurent Stéfanini [3] aux Éditions de l’Iconoclaste à Paris en collaboration avec les Archives diplomatiques et les Archives nationales françaises.

Pour la première fois y sont montrés une sélection de menus et de documents inédits provenant des fonds d’archives du service de protocole du Quai d’Orsay, mais aussi de l’Élysée.

Parallèlement à ce travail historique, de grands chefs d’aujourd’hui [4] y commentent les menus avec leur regard de gastronome et revisitent, avec leur savoir-faire, la recette d’un des plats servis à l’époque.

À la table des diplomates  (menu).jpg 

Menu du dîner de 480 couverts servi dans la galerie des fêtes de l’Hôtel de ville de Paris

à l’occasion du baptême du fils de Napoléon III.

Un moyen passionnant de faire découvrir au lecteur l’histoire du « repas à la française » (inscrit au patrimoine de l’Unesco) et comment ce savoir-faire culinaire a joué un rôle -parfois fondamental- dans les événements qui ont fait l’histoire et contribué au rayonnement de la France à travers le monde.

Bernard DELCORD

À la table des diplomates – L’histoire de France racontée à travers ses grands repas 1520-2015, ouvrage collectif sous la direction de Laurent Stéfanini Paris, Éditions de l’Iconoclaste en collaboration avec les Archives diplomatiques et les Archives nationales françaises, octobre 2016, 366 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 27,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 39 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil estival la recette suivante, de Marc Haeberlin revisitant un plat servi à l’occasion de la signature du traité de l’Élysée en 1963 :

Le homard Thermidor aux algues

Pour 2 personnes

Ingrédients :

1 homard breton de 600g

1 cuillère à café poudre de moutarde à l'anglaise

¼ de litre de sauce armoricaine

1 cuillère à soupe de cognac

100 g d'algues wakamé cuites

2 cuillères à soupe de chapelure

Pour la mousse :

125 g de chair de sole

125 g de crème fleurette

1 œuf entier

Sel, poivre, muscade

Recette :

Cuire le homard à l'eau bouillante salée durant 6 minutes.

Le fendre en deux.

Retirer la chair de la queue et décortiquer la pince.

Couper la chair de la queue en escalopes et la redisposer dans chaque ½ carcasse.

Badigeonner d'un peu de cognac.

Dans un blender, faire la mousse de sole avec la chair de sole, la crème fleurette, l'œuf, sel, poivre, muscade et la poudre de moutarde à l'anglaise.

Étaler cette préparation sur chaque ½ homard, parsemer d'un peu de chapelure.

Rôtir à four chaud (220°C) durant 8 minutes.

Disposer sur un peu de sauce armoricaine.

Parsemer d'algues wakamé cuites.

Disposer sur le dessus la pince de homard.

 

[1] Le mariage d’Henri IV et Marie de Médicis à Lyon le 17 décembre 1600, la signature de la paix des Pyrénées par Louis XIV et Philippe IV d’Espagne en 1660, la réception de la nouvelle dauphine Marie-Josèphe de Saxe par Louis XV au château de Choisy en 1747, le mariage de Napoléon Ier avec Marie-Louise d’Autriche en 1810, le Congrès de Vienne en 1815, le baptême du prince impérial le 14 juin 1856, l’inauguration du canal de Suez le 18 novembre 1869, le banquet de Guillaume Ier à Versailles à l’issue de la guerre de 1870, la signature de l’alliance franco-russe en 1897, les expositions universelles de 1889 et 1900, la venue en France du président américain Wilson après la victoire de 1918, celle de Winston Churchill en novembre 1944, la visite officielle de Nikita Khrouchtchev en 1960, celle de John et Jacqueline Kennedy en 1961, celle du shah d’Iran la même année, le traité de l’Élysée scellant la réconciliation franco-allemande en 1963, le dîner offert par Charles de Gaulle au Premier ministre  québécois en 1967, le voyage officiel de François Mitterrand en Chine en 1983, le banquet en l’honneur de Yasser Arafat en 1993, celui de la visite d’Elisabeth II d’Angleterre en 2004

[2] Louis Amigues, Jean- Pierre Babelon, Séverine Blenner-Michel, Jacques-Olivier Boudon, Hélène Carrère d’Encausse, Corinne Defrance, Jean-Pierre Filiu, Bruno Fuligni, Marc Haeberlin, Tristan Hordé, André Kaspi, François Kersaudy, Vincent Laniol, Ulrich Pfeil, Franck Philippe, Florent Quellier, Patrick Rambourg, Isabelle Richefort, Maurice Vaïsse et Hubert Védrine.

[3] Laurent Stéfanini, diplomate et amateur d'histoire, a été chef du protocole de 2010 à 2016 et a contribué à organiser la présidence française du G8 et du G20 en 2011, ainsi que la conférence de Paris sur les changements climatiques de 2015. Il est aujourd'hui l'ambassadeur de France auprès de l'Unesco.

[4] Ghislaine Arabian, Olivier Bellin, Jean-Pierre Billoux, Yves Camdeborde, Thierry Charrier, Alain Dutournier, Adeline Grattard, Michel Guérard, Marc Haeberlin, Xavier Hamon, Patrick Henriroux, Arnaud Lallement, Stéphanie Le Quellec, Régis Marcon, Thierry Marx, Jacques Maximin, Alain Passard, Michel Portos, Andrée Rosier, Benjamin Toursel, Pierre Troisgros et Mathieu Viannay.