10/04/2016

Le printemps du Moyen Âge...

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Médiéviste belge de grande réputation, Henri Pirenne (Verviers, 1862 – Uccle, 1935), qui a inspiré l'École des Annales [1], est l'une des grandes figures de la résistance non violente à l'occupation allemande de la Belgique durant la Première Guerre mondiale.

En 1886, il est désigné professeur extraordinaire à l'Université de Gand et chargé d'y enseigner l'histoire du Moyen Âge et l'histoire de Belgique. Il le restera jusqu'en 1930, à l'exception de 1916 à 1918, où il fut captif en Allemagne.

Lors de la flamandisation de l'Université de Gand en 1930, Henri Pirenne, ne parlant pas le flamand, dut céder son poste de professeur d'histoire. En 1933, il fut le premier lauréat du prix Francqui.

Il est notamment l'auteur de l'Histoire de l'Europe, des invasions au XVIe siècle [2] et de l'Histoire de Belgique [3].

Sa réputation repose sur trois grandes contributions à l'histoire européenne.

La première concerne les origines du Moyen Âge par la formation de nouveaux États et le déplacement du commerce vers le Nord.

La deuxième est une vue distincte de l'histoire médiévale de la Belgique et, finalement, un modèle pour le développement de la cité médiévale.

Quant à la troisième, rappelons que c’est en 1922 qu’Henri Pirenne avait fait paraître dans la Revue belge de philologie et d'histoire un article de grand retentissement intitulé « Mahomet et Charlemagne ». Le texte se conclut par : « Sans l'islam, l'Empire franc n'aurait sans doute jamais existé, et Charlemagne sans Mahomet serait inconcevable ».

Dès lors, Henri Pirenne enchaîna articles, colloques et conférences pour appuyer sa thèse, mais il ne rédigera que tardivement, peu avant sa mort en 1935, son ouvrage synthétisant toutes ses recherches et portant le titre de son premier article, Mahomet et Charlemagne.

Le livre aura une publication posthume, en 1937 [4], et il vient d’être réédité à Paris, aux Éditions Perrin, dans la fameuse collection de poche « Tempus ».

Dans cette thèse sur les origines, l’auteur développe deux idées principales :

– Une continuation de la civilisation méditerranéenne après les invasions germaniques ; les peuples dits « barbares » se romanisent tant que la Méditerranée a pu jouer son rôle d'unité politico-économique et culturelle. L'empire romain fondé sur une structure de cités et dont le commerce est centré sur la Méditerranée est donc peu touché par les invasions barbares du Ve siècle. La culture romaine peut se maintenir au bord de la Méditerranée, le rayonnement de Constantinople prenant le relais de Rome [5].

– La conquête musulmane en Afrique du Nord, en Occident (Espagne, Corse, Sardaigne et sud de l'Italie) et en Orient rompt l'unité méditerranéenne, sépare l'Orient de l'Occident. La Méditerranée occidentale n'est plus le lieu d'échange entre Europe, Afrique et Orient, mais est devenue un lac musulman. L'Occident est alors obligé de vivre en vase clos, le pouvoir politique remonte vers le nord de l'Europe occidentale, l'État franc va se développer et une économie purement terrienne va naître.

Selon Henri Pirenne, l'avancée de l'Islam serait donc à l'origine de la rupture avec l'Antiquité. Séparant définitivement l'Orient et l'Occident, elle aurait mis fin à l'unité méditerranéenne et repoussé l'axe de la civilisation du Sud vers le Nord. L'État franc, confiné au Nord, aurait donné naissance à un monde nouveau : le royaume mérovingien, dans lequel la dynastie des Carolingiens s'imposait. Le Moyen Âge commençait.

Cette thèse, qui aujourd'hui encore suscite de nombreux débats, occupa Henri Pirenne durant les vingt dernières années de sa vie. Elle compte désormais parmi les classiques.

Et ne manque pas d’actualité !

Bernard DELCORD

Mahomet et Charlemagne par Henri Pirenne, préface de Jacques Pirenne, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus », janvier 2016, 312 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 8 € (prix France)

Sommaire :

L'EUROPE OCCIDENTALE AVANT L'ISLAM

Continuation de la civilisation méditerranéenne en Occident après les invasions germaniques

La « Romania » avant les Germains

Les invasions

Les Germains dans la « Romania »

Les États germaniques en Occident

Justinien (527-565)

La situation économique et sociale après les invasions et la navigation méditerranéenne

Les personnes et les terres

La navigation orientale, Syriens et Juifs

Le commerce intérieur

La monnaie et la circulation monétaire

La vie intellectuelle après les invasions

La tradition antique

L’Église

L’Art

Caractère laïque de la société

Conclusion

L'ISLAM ET LES CAROLINGIENS

L'expansion de l'Islam dans la Méditerranée

L’invasion de l’Islam

La fermeture de la Méditerranée occidentale

Venise et Byzance

Le coup d'État carolingien et la volte-face du pape

La décadence mérovingienne

Les Maires du palais carolingiens

L’Italie, le pape et Byzance. La volte-face de la papauté

Le nouvel empire

Les débuts du Moyen Âge

L’organisation économique et sociale

L’organisation politique

La civilisation intellectuelle

Conclusion

Notes (56 pp.)

 

[1] Jacques Le Goff a écrit : « Pour les fondateurs des Annales, il s'agissait de retrouver la synthèse historique et la perspective comparatiste, admirant la façon dont Henri Pirenne en avait parlé dans sa Méthode comparative en histoire au Ve congrès international des sciences historiques, le 9 avril 1923 » in La Nouvelle Histoire, rééd. Éditions Complexe, 1988, Retz CEPL, Paris, 1978, p. 40.

[2] Paris, Alcan, 1936.

[3] Bruxelles, Éditions Maurice Lamertin, 1900-1948, 7 volumes, 3560 pp.

[4] Paris, Alcan et Bruxelles, Nouvelle Société d’Éditions.

[5] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Pirenne

15:12 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Trésor pharaonique…

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Rédigé par Zahi Hawass, un grand égyptologue égyptien personnellement impliqué dans les recherches autour du jeune pharaon énigmatique, Découvrir Toutankhamon – De Howard Carter à l’ADN paru à Monaco aux Éditions du Rocher constitue une nouvelle étude complète et entièrement illustrée relative à l'état actuel des connaissances sur la vie, la mort et l'enterrement de Toutankhamon (né vers -1345 et mort vers -1327) à la lumière des dernières enquêtes archéologiques et des technologies de pointe.

Zahi Hawass y replace le pharaon dans le contexte plus large de l'histoire égyptienne, démêle la relation complexe entre les différents membres de la famille royale et les circonstances entourant la vie de Toutankhamon.

Il explique également succinctement le contexte religieux et les croyances complexes dans l'au-delà qui ont défini les nombreuses caractéristiques de la tombe de Toutankhamon et de son fabuleux trésor, découverts par l'archéologue britannique Howard Carter le 4 novembre 1922.

L'histoire de l'exploration de la Vallée des Rois est évoquée. Le tombeau et les découvertes les plus importantes sont décrits et illustrés, et la momie du roi est présentée en détail.

La description du dernier examen de l'ADN des momies de Toutankhamon et des membres de sa famille est l'une des parties les plus étonnantes du livre et elle démontre que les méthodes scientifiques peuvent produire des résultats inédits, comme la preuve que le pharaon avait un pied bot et souffrait de la malaria.

Bernard DELCORD

Découvrir Toutankhamon – De Howard Carter à l’ADN par Zahi Hawass, préface de Jaromir Malek, traduit de l’anglais par Thomas Bauduret, Monaco, Éditions du Rocher, novembre 2015, 264 pp. en quadrichromie au format 23 x 29 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 39 € (prix France)

12:54 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/04/2016

Un ouvrage pionnier...

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L’historien néerlandais Johan Huizinga (1872-1945), l'un des fondateurs de l'histoire culturelle dans la lignée de Jacob Burckhardt (1818-1897), est également l'auteur de L’automne du Moyen Âge (paru en 1919), un essai aussi novateur que magistral.

Huizinga a fait ses études de lettres à Groningue et a passé ensuite quelques mois à Leipzig, où il a suivi les cours du linguiste allemand Karl Brugmann (1849-1919). Durant ses études, il s'intéresse à l'Inde et apprend le sanskrit. Il soutient en 1897 une thèse sur le rôle du bouffon dans la dramaturgie indienne.

Ensuite, il enseigne pendant huit ans l'histoire dans un collège de la ville d'Haarlem. En même temps, il donne des cours à l'université d'Amsterdam en études orientales. En 1905, il devient professeur d'histoire générale et néerlandaise à l'université de Groningue, poste qu'il quitte en 1915 pour une chaire d'histoire à l'université de Leyde où il enseigne jusqu’en 1942. À cette date, il est emprisonné par les nazis à Sint-Michielsgestel. Il est décédé en février 1945, sans avoir pu vivre la libération de son pays.

À partir de 1905, Johan Huizinga effectue des recherches en histoire du Moyen Âge et de la Renaissance. Il s’intéresse beaucoup à l’art et au spectacle. Dans L'Automne du Moyen Âge, son approche diffère de l’interprétation alors dominante, entre autres, de celle de Jules Michelet.

Huizinga remet en cause la définition de la frontière qui sépare le Moyen Âge de la Renaissance. Il décrit également le Moyen Âge tardif non comme une période de renaissance, mais comme une période pessimiste et décadente, notamment du point de vue démographique. Cette lecture du Moyen Âge va être développée plus tard par de nombreux historiens médiévistes et par son « vieil ami », José Ortega y Gasset.

Pour ce faire, Huizinga analyse les idées, les rêves (l’idéal chevaleresque ou l’idéal courtois), les émotions, les images produites durant cette période. Cet ouvrage, qui lui apporte une renommée importante, est largement reconnu comme une contribution de première importance à l’histoire de cette période, et comparable à l'autre classique, Civilisation de la Renaissance en Italie (1860), de Jacob Burckhardt.

Le livre se distingue également par la présentation de la vie culturelle dans une langue riche aux qualités littéraires, et traite principalement l’histoire de la France et de la partie sud des Pays-Bas de la période du bas Moyen Âge, (XIVe et XVe siècles) jusqu’à la Réforme et à la période de la Renaissance [1].

Un essai majeur, salué par Marc Bloch et Lucien Febvre, où Johan Huizinga révèle les nouveaux domaines de l'histoire : le corps, les saveurs, les sens, les rêves, les idées, les émotions et l'imaginaire.

Bernard DELCORD

L'automne du Moyen Âge par Johan Huizinga, précédé d’un entretien de Claude Mettra avec Jacques Le Goff, Paris, Éditions Payot & Rivages, collection « Petite biblio Payot Histoire », juin 2015, 494 pp. en noir et blanc au format 11 x 17 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 10,70 € (prix France)

Table des matières :

Chapitre I – L’âpre saveur de la vie

Chapitre II – L’aspiration vers une vie plus belle

Chapitre III– La conception hiérarchique de la société

Chapitre IV – L’idée de chevalerie

Chapitre V – Le rêve d’héroïsme et d’amour

Chapitre VI – Ordres de chevalerie et vœux

Chapitre VII – Importance de l’idéal chevaleresque dans l’art militaire et dans la politique

Chapitre VIII – L’amour stylisé

Chapitre IX – Les conventions amoureuses

Chapitre X – Le rêve de vie idyllique

Chapitre XI – La vision de la mort

Chapitre XII – La pensée religieuse se cristallise en images

Chapitre XIII – Types de vies religieuses

Chapitre XIV – Émotions et phantasmes religieux

Chapitre XV – Le symbolisme à son déclin

Chapitre XVI – Vers l’abandon des images

Chapitre XII – Les formes de la pensée reflétées dans la vie pratique

Chapitre XVIII – L’art et la vie

Chapitre XIX – Le sentiment esthétique

Chapitre XX – Le verbe et l’image (1)

Chapitre XXI – Le verbe et l’image (2)

Chapitre XXII – L’avènement de la forme nouvelle

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Johan_Huizinga

19:52 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/04/2016

Quand les historiettes font la grande histoire…

La Petite Histoire – 20 moments méconnus mais décisifs de l'histoire du monde.jpg

Professeur d’histoire-géographie dans un collège du nord de la France, Didier Chirat a de toute évidence le tour pour captiver ses élèves avec des historiettes aussi frappantes que révélatrices de la mentalité de leur époque.

Nous en voulons pour preuve celles qu’il a rassemblées dans La Petite Histoire – 20 moments méconnus mais décisifs de l'histoire du monde paru chez Flammarion au sein de la collection de poche « Librio », des anecdotes savoureuses qu’il expose en deux pages et un encadré.

À quelle colère doit-on l'invention du pneu ? Pourquoi n'existe-t-il pas de prix Nobel en maths ? Pour quelle raison triviale le premier animal à aller dans l'espace était-il une chienne ? D'où vient l'appellation « cocktail Molotov » ? Et la marque Nike ? Comment Raspoutine a-t-il fait pour sembler « ressusciter » lors de son assassinat ? Quelle est l'origine de la pâtisserie qu'on appelle « croissant » ? Pourquoi la devise anglaise “God save the King” est-elle d'origine française ? Comment a-t-on découvert l'anesthésie ?

Vous le saurez, et d’autres choses encore, en dévorant son petit ouvrage grâce auquel, en prime, vous rirez aux meilleures facéties d'Albert Einstein !

Bernard DELCORD

La Petite Histoire – 20 moments méconnus mais décisifs de l'histoire du monde par Didier Chirat, Paris, Éditions Flammarion, collection « Librio », avril 2016, 93 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 3 €

Sommaire :

Un roi perse fait fouetter la mer

Rome sauvée par des oies

Une impératrice chinoise fait d'un portrait deux coups

Clotaire serial killer

Un cadavre au banc des accusés : le pape Formose

Le fantôme d'Anne Boleyn

Une sainte qui meurt dans la nuit du 4 au 15 octobre

La guerre contre les Turcs donne naissance au croissant

Une ville de la Somme doit son nom à un courtisan

Un mari cocu défie le Roi-Soleil

Un postérieur royal béni par les Anglais

Louis XVI, un « mari à deux tiers »

Les premiers trains terrifiaient les hommes

L'anesthésie, née des soirées étudiantes

Le pneu est né d'une colère

Pourquoi il n'existe pas de Nobel en maths

Plus increvable que Raspoutine, tu meurs !

Un cocktail explosif pour le ministre de Staline

Des avions de bois et des chars en caoutchouc pour tromper Hitler

Deux équipementiers sportifs nés d'une brouille entre frères

Pourquoi le premier animal de l'espace fut une chienne

13:55 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/04/2016

L'histoire de l'art pour tous...

Bescherelle Chronologie de l’histoire de l’art.jpg

Rédigée par une équipe de spécialistes de haut niveau, mais parfaitement accessible au lecteur profane, la Chronologie de l’histoire de l’art de la Renaissance à nos jours parue aux Éditions Hatier à Paris dans la fameuse collection « Bescherelle » dessine un panorama vivant et remarquablement illustré où sont mis en lumière les moments clés de l’art visuel occidental à travers des œuvres, des artistes et des contextes.

Au début de chaque siècle, une grande frise chronologique permet de situer les œuvres, puis, au fil de doubles pages, l’ouvrage les présente en fournissant un éclairage sur les mutations artistiques en jeu. À intervalles réguliers, des dossiers thématiques mettent le focus sur des genres ou des courants, tandis qu’en fin d’ouvrage, un glossaire précise le vocabulaire usuel en histoire de l’art et un index détaillé permet de s’orienter aisément.

Du concours lancé en 1401 à Florence pour l’exécution des portes nord du baptistère de San Giovanni jusqu’à la réalisation en 2006 du film Zidane, un portrait du XXIe siècle par Douglas Gordon et Philippe Parreno, les auteurs dressent ainsi l’inventaire de mille et une merveilles issues du génie d’un nombre impressionnant de créateurs inspirés.

Un livre de toute(s) beauté(s) !

Bernard DELCORD

Bescherelle Chronologie de l'histoire de l'art de la Renaissance à nos jours, par Gutemie Maldonado, Marie-Paule Martin, Natacha Pernac & Neville Rowley, Paris, Éditions Hatier, collection « Bescherelle », octobre 2015, 432 pp. en couleurs au format 15 x 22,5 cm sous couverture Integra en quadrichromie, 19,50 € (prix France)

16:08 Écrit par Bernard dans Arts, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/04/2016

« Lorsque je rêve de la vie après la mort, l’action se passe toujours au Ritz. » (Ernest Hemingway)

Tout sur le Ritz.jpg

Ernest Hemingway affectionnait l’hôtel de la place Vendôme, qui ouvre à nouveau ses portes après quatre ans et 140 millions d’euros de travaux. Si le romancier américain se vantait d’avoir été le premier à en franchir le seuil à la Libération, l’Histoire retient que le Ritz fut, après le Trocadéro, le deuxième bâtiment parisien sur lequel flotta à nouveau le drapeau tricolore.

Inauguré en 1898, dirigé d’abord par César Ritz (1850-1918), le génial créateur suisse, avec son ami le chef cuisinier, restaurateur et auteur culinaire français Auguste Escoffier (1846-1935), de l’hôtellerie moderne et de luxe, puis présidé par son fils Charles Ritz (1891-1976) avant d’être revendu, en 1979 à Mohammed Al-Fayed, l’établissement parisien qui porte haut le nom de son créateur est devenu mythique à travers le monde.

Riche d’anecdotes, de petites et de grandes histoires, ce palace très prestigieux doit en effet d’être entré dans la légende aux stars qui y séjournèrent.

C’est, entre autres, ce que rappelle l’écrivain suisse Claude Roulet (né en 1951) qui fut assistant du président du Ritz pendant un quart de siècle – de 1980 à 2004 – et qui a pu rencontrer d’anciens clients et employés pour recueillir leurs souvenirs dans Tout sur le Ritz !, le récit passionnant d’une épopée originale et vivante de l’hôtellerie, de la gastronomie, de la mondanité et de la fête qui vient de ressortir aux Éditions de La Table Ronde à Paris (l’ouvrage avait paru en 1998, chez le même éditeur, à l’occasion du centenaire de l’hôtel).

Ainsi, Marcel Proust, habitué des lieux, y fêta son prix Goncourt en 1920. Un soir, au bar, Francis Scott Fitzgerald, évincé par une jeune femme, mangea pétale après pétale le bouquet d’orchidées qu’il lui destinait. Pendant la Seconde Guerre mondiale, lors d’une alerte, Coco Chanel se glissa dans l’abri anti-aérien du sous-sol, suivie à bonne distance par sa domestique portant son masque à gaz sur un coussin. Hermann Gœring choisit le hall du Ritz pour exhiber comme un jouet son bâton de maréchal tout neuf, constellé de diamants. Le restaurant servit de décor au coup de foudre d’Ingrid Bergman et du photographe Robert Capa, puis, bien plus tard, au dernier dîner de la princesse Diana.

Comme le rappelle Claude Roulet, le Ritz fut aussi le théâtre de tous les possibles : la métamorphose du rez-de-chaussée en réplique miniature du souk de Casablanca le temps d’une fête ou encore, parce qu’une riche cliente réclamait hors saison un plateau d’oursins, l’affrètement d’un avion-taxi…

Le nec plus ultra

Bernard DELCORD

Tout sur le Ritz ! par Claude Roulet, Paris, Éditions de La Table Ronde, collection « La petite vermillon », mars 2016, 223 pp. en quadrichromie au format 11 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,10 € (prix France)

16:09 Écrit par Bernard dans Gastronomie, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/03/2016

« La physique donne le combien, la métaphysique le comment. » (Buffon)

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Spécialiste de l'histoire des sciences et des techniques et membre du Centre national belge d'histoire des sciences, Jean C. Baudet, que nous avons déjà présenté dans ces colonnes, estn, on s’en souvient, un philosophe, écrivain et poète belge né à Bruxelles le 31 mai 1944.

Après une double formation en chimie et en philosophie, Jean C. Baudet a enseigné l'histoire des sciences et la philosophie au Congo ex-belge (de 1966 à 1968) puis au Burundi (de 1968 à 1973). Tout en poursuivant son enseignement, il a étudié la biologie à l'Université de Bujumbura.

De 1973 à 1978, il est chercheur en biologie à la Faculté agronomique de Gembloux et à l'Université Paris-VI. En 1978, il revient à la philosophie et fonde, à Bruxelles, la revue Technologia, consacrée à l'histoire des sciences, des techniques et de l'industrie. Depuis 1996, Jean C. Baudet est membre de la rédaction de la Revue Générale (Bruxelles).

Comme philosophe, il étudie le problème de la connaissance, selon l'approche de l'épistémologie historique. Il a spécialement mis en évidence le lien entre science et technique dans la constitution des savoirs.

Auteur prolifique, il a fait paraître de nombreux ouvrages de vulgarisation, parmi lesquels, aux Éditions Vuibert à Paris, après une passionnante Histoire des mathématiques déjà présentée dans ces colonnes, une remarquable Histoire de la physique qui résume vingt-six siècles d'histoire des sciences et fait découvrir, pas à pas, les grands concepts et les figures emblématiques qui ont forgé les bases de la physique moderne en suivant l’évolution d'un cheminement scientifique qui a balancé entre histoire et philosophie.

On peut conclure en assurant que l’auteur fournit dans cet ouvrage une explication claire et précise de l'élaboration des plus grandes théories de notre civilisation.

Une belle performance !

Bernard DELCORD

Histoire de la physique par Jean C. Baudet, Paris, Éditions Vuibert, mars 201(, 333 pp. en noir et blanc au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 32 € (prix France)

Table des matières :

Avant-propos

Les Grecs : la théorie des éléments

Qu'est-ce que la physique ?

Les cosmogonies

Thalès et les Milésiens

Pythagore et les pythagoriciens

Empédocle d 'Agrigente

Les atomistes

Les astronomes

Platon et Aristote

Archimède et les Alexandrins

Les Romains

Le XVIe siècle : l'instrumentation et l'héliocentrisme

La révolution héliocentrique

L'instrumentation

La chymie

Le XVIIe siècle : la mécanique et la gravitation universelle

De Galilée à Pascal

De Descartes à Varignon

De Salomon de Caus à Leibniz

Newton

Le XVIIIe siècle : la mathématisation de la « philosophie naturelle »

La thermométrie

Les cordes vibrantes

La calorimétrie

Le XIXe siècle : la thermodynamique, l'optique et l'électromagnétisme

La chaleur

L’électricité

Les atomes

De 1895 à 1945 : la structure de l'atome et la physique nucléaire

Les électrons

La radioactivité

Les quanta

La relativité

Les protons et les neutrons

La fission de l'uranium

Du côté des étoiles

De 1945 à nos jours : les particules et la naissance de l'Univers

De plus en plus de particules

Le Modèle standard

La radioastronomie

Le Big Bang

L'âge de l'Univers

Une formule d'Univers

Conclusion

Bibliographie

Index des noms propres

Index des notions

15:48 Écrit par Bernard dans Histoire, Sciences | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |