16/01/2016

Le Moyen Âge inventif…

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Dans Le Moyen Âge sur le bout du nez – Lunettes, boutons et autres inventions médiévales (Paris, Éditions Les Belles Lettres), un passionnant essai au style très alerte et fort bellement illustré, la grande médiéviste italienne Chiara Frugoni – elle enseigna l’histoire aux universités de Pise et de Rome – aborde l’âge dit obscur sous un angle original, celui de ses créations pérennes qui font encore notre quotidien.

Car peu d’entre nous savent quand et comment ont été découverts ou inventés les boutons, la culotte, le pantalon, les binocles, la boussole, l'arbre généalogique, la poudre à canon ou d'artifice, les cartes à jouer ou géographiques, la fourchette, le blé moulu, les spaghettis, les macaronis, la brouette, le gouvernail, le carnaval, le père Noël, les chiffres arabes, le papier, les banques ou encore l'université…

Toutes choses pourtant essentielles et indispensables !

Bernard DELCORD

Le Moyen Âge sur le bout du nez – Lunettes, boutons et autres inventions médiévales par Chiara Frugoni, traductions de l'italien par Silvano Serventi, préface de Jacques Le Goff, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Histoire », novembre 2011, 262 pp. en quadrichromie au format 15 x 21,5 cm sous couverture brochée monochrome et jaquette en couleurs, 25 € (prix France)

Table des matières :

Chapitre premier : Lire et faire les comptes

L'art de faire les lunettes

Les lunettes peintes

La chambre du savant et son environnement

Gagner sa vie le livre à la main : les universités

Dormir, rêver, mourir peut-être : les effets de l'anesthésie

Le livre universitaire

Gagner sa vie la plume à la main : le notaire

Les chiffres arabes, le zéro

« Anno Domini » ou année du Seigneur

Banques et monts-de-piété

Chiffons précieux : la fabrication du papier

Le livre se fait « en quatre » : l’imprimerie à caractères mobiles, une invention révolutionnaire

Chapitre II : De tout un peu

Jeux pour adultes : jeux de cartes, tarots, échecs et petites batailles

Les échecs, un jeu de rois

Le carnaval, une fête toute profane

La naissance du purgatoire

Le temps de la ville, l'invention de l'horloge à échappement

Un nom pour les notes de musique

« Je ne connais pas meilleure pierre et plus utile » : les pouvoirs du corail

Chapitre III : S'habiller et se déshabiller

Les boutons, une révolution dans la mode

C'est une autre paire de manches !

Culottes et pantalons, bas-de-chausses et cordonniers

Chapitre IV : Et vint la fourchette

Les bonnes manières à table : l'usage de la fourchette

« Macaronis blancs de semoule et lasagnes de semoule »

La force de l'eau et du vent : le moulin

Chapitre V : Pour faire la guerre

Lance à « l'arrêt »

Bannières multicolores

Le tonnerre de la terre : la poudre à canon

Le cheval, une formidable ressource énergétique

Chapitre VI : Par terre et par mer

La brouette, petite sœur du chariot

Flavio Gioia, l'inventeur de la boussole qui n'a jamais existé

L'invention du gouvernail, le père Noël, la sirène

19:57 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/01/2016

D'un château l'autre...

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Les châteaux forts ont longtemps dominé le paysage : sièges de pouvoir et symboles de richesse et de statut, ils constituaient un moyen de contrôler les frontières, les cols, les routes et les rivières.

Essentiellement axé sur la période s'étendant du Xe au XVIe siècle et englobant une grande diversité de régions dans le monde – de la motte castrale gauloise au hirajiro japonais en passant, bien entendu, par les bâtisses de Grande-Bretagne, de France ou d’Espagne – l’ouvrage de Malcolm Hislop intitulé Comprendre les châteaux forts – Décoder l’architecture des forteresses médiévales (Paris, Éditions Larousse) se veut une référence didactique, et il l’est incontestablement !

Illustré de plus de 1000 plans et dessins au trait à l’ancienne, des documents iconographiques d’une grande clarté et d’une belle précision qui décrivent 180 hauts lieux du Moyen Âge en Europe, au Moyen-Orient et même en Russie, cet ouvrage montre dans le détail comment les architectes médiévaux travaillèrent à bâtir des édifices énormes, souvent des sites spectaculaires, combinant de manière grandement pérenne les rôles défensif et résidentiel.

Tant il est vrai, comme l’a écrit Nicolas Gómez Dávila, que « le triangle : bourg, château, monastère n’est pas une miniature médiévale, mais un paradigme éternel ».

Bernard DELCORD

Comprendre les châteaux forts – Décoder l’architecture des forteresses médiévales par Malcolm Hislop, traduit de l’anglais par Delphine Nègre-Bouvet, Paris, Éditions Larousse, septembre 2014, 236 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 16,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 13,90 € (prix France)

Sommaire :

Grammaire des châteaux forts

Fonction

La forteresse

La résidence

Construction

Types de châteaux

Renouveau

Éléments constitutifs

Donjon

Enceinte

Tours, flanquements

Défense sommitale

Porte fortifiée

Barbacanes

Logis

Chapelle

Prisons

Portes et porches

Fenêtres

Eau et sanitaires

Chauffage

Escaliers

 

Glossaire

Liste des localités

Index

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03/01/2016

Guerres et steppes...

Nicolas II et Alexandra de Russie – Une tragédie impériale.jpg

Nicolas II : coupable ou martyr ? Coupable et martyr ? Longtemps, l’histoire officielle, d’inspiration marxiste, l’a accablé, chargé de tous les crimes, accusé de toutes les erreurs. Depuis 1998, la spectaculaire révision de son rôle, de son attitude, de son influence, les drames personnels qu’il a subis, l’engrenage de la Première Guerre mondiale, nous montrent un autre souverain et un homme différent de celui qu’on présentait, dépassé par les événements, miné par la fatalité et finalement broyé par une histoire particulièrement tragique.

Dans une passionnante biographie illustrée intitulée Nicolas II et Alexandra de Russie – Une tragédie impériale (Paris, Éditions Perrin), l’historiographe français Jean des Cars, spécialiste averti et faisant autorité de la noblesse européenne et des familles régnantes [1], dresse le portrait du couple formé par Nicolas II et Alexandra Fedorovna et celui de leurs enfants : les grandes duchesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia et le tsarévitch Alexis, qui naîtra hémophile, un calvaire pour son entourage, une menace sur la dynastie.

Écoutons-le :

« Il y a près d'un siècle, le massacre de la famille impériale de Russie, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1918, a horrifié le monde. Aujourd'hui, le dernier tsar, Nicolas II, son épouse Alexandra, leurs filles, les quatre grandes-duchesses Olga, Tatiana, Maria, Anastasia, et leur fils le tsarévitch Alexis, que l'Église orthodoxe a canonisés en 2003 en raison de leur “comportement chrétien”, font l'objet d'un culte et d'une vénération populaires.

On oublie souvent que les membres du couple impérial, très amoureux, avaient vécu, dans leur jeunesse respective, des traumatismes familiaux les ayant marqués à vie. Même leur mariage, maladroitement célébré en plein deuil de la Cour après le décès prématuré d'Alexandre II, fait coïncider leur bonheur avec la lourde charge de l'Empire russe. Dans leur intimité, la tsarine vit dans la terreur des crises menaçant la vie de son petit garçon hémophile et la culpabilité d'être la responsable de sa maladie.

Dès son avènement, le nouveau tsar déçoit. Après l'autoritarisme affirmé de son père, on espérait de cet homme de 26 ans un certain libéralisme, un intérêt envers les souffrances du peuple. La déception sera grande. Nicolas II est un autocrate, fidèle à la rigueur politique d'Alexandre III, pour le meilleur et pour le pire. Le pire arrive bientôt : en 1904, la catastrophique guerre contre le Japon est suivie de la “première Révolution” de 1905 qui l'oblige à des concessions.

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Le 13 février 1903, au palais d’Hiver de Saint-Pétersbourg, un grandiose bal costumé commémore le bicentenaire de la fondation de la ville par Pierre le Grand. Dans leurs costumes de Cour du XVIIe siècle, le tsar et la tsarine sont méconnaissables.

Le meilleur est sa vie personnelle et familiale, n'était la santé du tsarévitch qui permettra à Raspoutine de gagner la confiance des souverains jusqu'à exercer une influence désastreuse. Au même moment, la Russie se modernise et hisse l'Empire au rang des grandes puissances mondiales. Malheureusement, le déclenchement de la guerre à l'été 1914 conduit l'Europe dans une hécatombe dont personne n'avait mesuré l'ampleur ni la durée et qui pousse le tsar à abdiquer.

Pour la famille impériale, le calvaire commence : de la résidence surveillée de Tsarskoïe Selo jusqu'au transfert en Sibérie, de Tobolsk à Ekaterinbourg, la fin des Romanov est programmée. Leur exécution sonne le glas définitif de l'Empire. Mais nul, alors, ne pouvait supposer que cette fin elle-même serait la condition de leur future réhabilitation. »

Une histoire palpitante, d’amour, de guerre, de révolution, d’injustice et de mort, comparable à celle du magnifique Docteur Jivago de Boris Pasternak et tout aussi formidablement racontée, mais bien réelle, hélas !

Bernard DELCORD

Nicolas II et Alexandra de Russie – Une tragédie impériale par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, octobre 2015, 462 pp. en quadrichromie au format 16 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 28,40 € (prix Belgique)

 

[1] Journaliste et écrivain, Jean Marie de Pérusse des Cars, dit Jean des Cars, né en 1943, est l’historien des grandes dynasties européennes et de leurs plus illustres représentants. Parmi ses grands succès : Louis II de Bavière ou le Roi foudroyé, Sissi ou la Fatalité, La Saga des Romanov, La Saga des Habsbourg, La Saga des Windsor, La Saga des reines, La Saga des favorites et Le Sceptre et le sang. Ses ouvrages font l’objet de traductions, notamment en Europe centrale.

18:56 Écrit par Bernard dans Histoire, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/12/2015

Au pays des merveilles…

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Historien, ancien collaborateur de Georges Duby au Collège de France, Guy Lobrichon est professeur émérite d’histoire médiévale à l'Université d'Avignon et des Pays de Vaucluse. Directeur des ouvrages L'Histoire de Paris par la peinture et L'Histoire de Venise par la peinture (Citadelles & Mazenod), collaborateur du Guide de la Musique du Moyen Âge (Fayard), il a aussi écrit La Bible au Moyen Âge et Héloïse - L'amour et le savoir (Gallimard).

Ce grand médiéviste vient de réaliser une gageure exceptionnelle, celle de ressusciter, en le prolongeant et en le réécrivant, un ouvrage légendaire que l’on croyait à tout jamais défunt.

Publié il y a 60 ans aux Éditions Zodiaque de l’abbaye de La-Pierre-qui-Vire à l’initiative de dom Angelico Surchamp et diffusé à 40 000 exemplaires, la Bourgogne romane, le premier ouvrage de la collection « La nuit des temps » qui comptera 88 volumes, est en effet un livre culte qui réveilla et ouvrit les yeux sur des monuments majeurs oubliés, en raison de la grande clarté de ses explications et par la magie de ses photographies en noir et blanc, de véritables bijoux d’esthétisme et de raffinement.

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Vézelay, basilique Sainte-Marie-Madeleine (Yonne)

Chapiteau de la nef sud : la pendaison de Judas

Appuyé sur les travaux du Centre d’Études médiévales d’Auxerre dont la réputation n’est plus à faire et nourri des plus récents apports, le texte de Guy Lobrichon, qui reprend l’iconographie de 1955, propose au lecteur, en 5 chapitres et 8 itinéraires, un parcours initiatique centré sur l'intuition des créateurs des XIe et XIIe siècles qui firent de leur terre un duché sans pareil et une région inspirée.

Sous la plume alerte de l’auteur qui allie science et empathie, la magie opère et une autre Bourgogne romane surgit, où l'art redevient histoire sans perdre sa part de mystère et d'indicible.

Un vrai miracle !

Bernard DELCORD

Bourgogne romane par Guy Lobrichon, Paris, Éditions Zodiaque, novembre 2015, 372 pp. en noir et blanc au format 18 x 22,3 cm sous couverture cartonnée monochrome et jaquette en couleurs, 39,90 € (prix France)

Table des matières :

Préambule : Art roman, Bourgogne romane

Sentences sur l'art roman

Un monde d'harmonie

Voir le visible et ce qui ne l'est pas

Décrire

L’art d'une société

L’église, un édifice public

Chapitre 1 : Naissance de la Bourgogne romane

Chemins de traverse

Un royaume, un duché, un comté

Un duché, une identité

La patrie

Chapitre 2 : La Bourgogne de l'an mil

Le nouveau duché

Le village

Troubles, Paix de Dieu, paix sur terre

Trois figures

Le « blanc manteau d'églises »

Le premier effort

Chapitre 3 : La Réforme ou le retour de Rome

Une Église, deux clergés

Le temps du pape

Le second effort : le monument réformé

Chapitre 4 : Le nouveau monde

Cluny, la seigneurie triomphante

Pèlerinage : l'apogée

Humanisme

Chapitre 5 : Révolution épiscopale. Cités de seigneurs

Le temps de la transition

Itinéraire 1 : Origines

Auxerre, Châtillon-sur-Seine, Flavigny-sur-Ozerain, Dijon, Cluny, Salmaise, Combertault

Itinéraire 2 : Le domaine de Cluny

Sennecey-le-Grand, Berzé-la-Ville, Sologny, Domange, Péronne, Donzy-le-Pertuis, Blanot, Malay, Saint-Hippolyte, Ameugny, Taizé, Massy, Bezornay, Jalogny, Mazille, Cluny, Saint-Vincent-des-Prés, Chapaize, Brancion, Lancharre

Itinéraire 3 : Le triomphe clunisien

Cluny, Paray-le-Monial, Charlieu, Marcigny, Varenne-l'Arconce, La Charité-sur-Loire, Saint-Révérien, Iguerande, Baugy, Anzy-le-Duc, Montceaux-l'Étoile, Bois-Sainte-Marie, Saint-Julien-de-Jonzy, Champvoux, Chassenard, Perrecy-les-Forges, Bragny-en-Charolais

Itinéraire 4 : Compétition. La route des évêques

Mâcon, Tournus, Chalon-sur-Saône, Dijon, Beaune, La Rochepot, Fleurey-sur-Ouche

Itinéraire 5 : Compétition. Évêques et moines face à Cluny

Autun, Avallon, Vézelay, Saulieu, Sussey-le-Maupas, Curgy, Laizy, Sémelay, Dettey, Issy-l'Évêque, Farges-lès-Mâcon, Laives, Gourdon, Mont-Saint-Vincent, Burnand

Itinéraire 6 : L'emprise capétienne

Le Sénonais et l'Auxerrois, Sens, Auxerre, Laroche-Saint-Cydroine, Ligny-le-Châtel, Bazarnes, Vermenton, Sacy, Sainte-Pallaye, Sainte-Magnance, Escolives-Sainte-Camille, Lucy-sur-Yonne, Druyes-les-Belles-Fonrtaines, Parly, Moutiers-en-Puisaye, Cosne-sur-Loire, Donzy-le-Pré, Garchizy, Nevers, Saint-Pierre-le-Moûtier, Decize, Commagny, Bourbon-Lancy

Itinéraire 7 : L'art cistercien : de Cîteaux à Fontenay et Pontigny

Fontenay, Pontigny, Bussy-le-Grand

Itinéraire 8 : Les collégiales

Avallon, Beaune, Cervon, Châtel-Censoir, Châtillon-sur-Saône, Lancharre, Saulieu

 

21:45 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/11/2015

Pour l'éternité...

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Jusqu’au 20 avril 2016, le Musée du Cinquantenaire de Bruxelles – dont les collections, fait hélas trop peu connu, sont d’une immense richesse en la matière –dévoile les secrets des sarcophages égyptiens dans une importante exposition intitulée Sarcophagi, consacrée à l’évolution des rites funéraires dans l’Égypte ancienne.

En voici la présentation officielle :

« L’éternité. Renaître, tel Osiris, tel le soleil qui, depuis l’origine des temps, revient chaque matin à la vie grâce à la déesse Nout, la voûte céleste : telles étaient les espérances des anciens Égyptiens concernant leur vie après la mort. C’est donc sous le signe de Nout qu’est placée la grande exposition du Musée du Cinquantenaire. Celle-ci retrace l’évolution des rites funéraires de l’Égypte ancienne, de la préhistoire jusqu’à la période gréco-romaine, en dévoilant les fantastiques secrets des sarcophages.

Les douze heures de la nuit

L’exposition est divisée en douze salles, chacune symbolisant une des douze heures de la nuit, pendant laquelle le soleil effectue son trajet vers sa résurrection quotidienne. Chaque salle a été aménagée autour d’une pièce phare sélectionnée pour la richesse de ses significations religieuses, funéraires et historiques, ou pour ses qualités formelles.

Dans la première, plongée dans la pénombre, les visiteurs sont accueillis par un groupe de quatre extraordinaires pleureuses en terre cuite, qui les immergent d’emblée dans l’atmosphère des funérailles égyptiennes. La deuxième salle familiarise avec tout ce dont le défunt devait disposer dans sa tombe pour avoir accès à la vie éternelle. Plusieurs salles présentent ensuite l’évolution des sarcophages au fil du temps, depuis les simples caisses non décorées de la préhistoire et de l’Ancien empire jusqu’aux cercueils richement ornés des périodes postérieures. Une salle est également consacrée aux momies et aux sarcophages d’animaux.

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Affiche de l’exposition

Restauration en direct

Rappelant la Ouâbet (la « Place pure ») dans laquelle les prêtres égyptiens momifiaient les défunts, un laboratoire de restauration vitré a été installé au cœur de l’exposition. Une équipe de spécialistes de l’Istituto Europeo del Restauro d’Ischia (Italie) y travaille en permanence sous les yeux des visiteurs pour y restaurer la série des dix sarcophages et planches de momies appartenant au Musée du Cinquantenaire et provenant de la Deuxième Cachette de Deir el-Bahari.

Les secrets des sarcophages

Quels seront les secrets des sarcophages ainsi dévoilés ? Environ deux-tiers des objets qui sont exposés, parmi lesquels plusieurs sarcophages, n’ont jamais été présentés au public. Ils ont donc quitté pour la première fois le secret de leurs réserves.

Les visiteurs peuvent également découvrir les secrets des passionnantes aventures archéologiques qui ont abouti à la découverte de ces sarcophages. On leur apprendra en outre à décoder les secrets du fonctionnement mythologique d’un sarcophage, dont chaque détail de la décoration possède une signification.

Enfin, la restauration en direct des sarcophages de Deir el-Bahari dans un laboratoire installé au sein de l’exposition révèlera les secrets de fabrication de ces œuvres. »

Par ailleurs, Luc Delvaux est docteur en égyptologie de l’Université de Strasbourg. Il est conservateur de la collection Égypte dynastique et gréco-romaine aux Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Ses recherches portent essentiellement sur la statuaire égyptienne et l’art du Nouvel Empire.

Quant à Isabelle Therasse, elle est licenciée en archéologie et histoire de l’art (spécialisation Égypte) de l’Université catholique de Louvain. Elle est membre du Service éducatif et culturel des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. Elle a participé à plusieurs missions d’art rupestre en Égypte, à Qurta et à El-Hosh.

Ces deux très grands spécialistes ont uni leurs efforts pour rédiger le splendide catalogue de l’exposition, paru aux Éditions Racine à Bruxelles sous le titre Sarcophages – Sous les étoiles de Nout, un monument de vulgarisation subtile et intelligente.

Écoutons-les :

« Pendant trois mille ans d’histoire, l’obsession égyptienne pour la survie a conduit à l’élaboration de milliers d’objets de tous types, notamment les cercueils et sarcophages, dont les plus anciens exemplaires remontent à l’époque prédynastique, et dont l’usage se poursuit, à travers de très nombreuses mutations, jusqu’au début de l’ère chrétienne.

Les parois des cercueils et sarcophages s’animent d’images de divinités, de textes sacrés et de représentations mythologiques qui sont, pour les défunts, autant d’instruments de renaissance.

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Cercueils emboîtés d’Ousirmes

Selon les conceptions égyptiennes de l’au-delà, le mort participe aux cycles du dieu solaire Rê dont il accompagne les navigations diurne et nocturne, et les renaissances matinales. Mais il est aussi assimilé à Osiris, le premier mort égyptien à avoir été momifié, après que, selon le mythe, ses sœurs Isis et Nephthys aient rassemblé les membres épars du dieu, assassiné par son frère Seth.

Nout, la mère du dieu, peut être représentée sur le fond des cercueils, bras étendus, comme si elle embrassait le défunt, ou à l’intérieur des couvercles, au-dessus du mort, comme la déesse du ciel au corps semé d’étoiles qui avale le soleil au soir pour le remettre au monde chaque matin.

C’est à la découverte des conceptions égyptiennes de l’au-delà que nous invitons le lecteur de notre ouvrage qui décrit et illustre pour la première fois une large sélection de cercueils et de sarcophages des Musées royaux d’Art et d’Histoire de Bruxelles. »

Un fleuron d’égyptologie et d’histoire de l’art !

Bernard DELCORD

Sarcophages – Sous les étoiles de Nout par Luc Delvaux & Isabelle Therasse, Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2015, 208 pp. en quadrichromie au format 21 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 27,50 €.

 

Informations pratiques sur l’exposition Sarcophagi :

Musée du Cinquantenaire

Parc du Cinquantenaire 10, 1000 Bruxelles

info@mrah.be

Tél. 00 32 741 72 11

Dates :

Jusqu’au 20 avril 2016

Jours d'ouverture :

Du mardi au vendredi : 9:30h - 17:00h.

Samedi et dimanche : 10:00h - 17:00h.

Fermeture de la billetterie à 16:00h.

Fermé les lundis (lundi de Pâques inclus) et les jours fériés suivants : 01/01 et 25/12.

Attention : les 24 et 31 décembre, les Musées ferment à 14.00h et la caisse à 13.00h.

Tarifs :

– Adultes (26-64 ans) : 13 €

– Jeunes (19-25 ans), seniors (65 +), groupes d'adultes (15 pers. min.) : 10 €

– Enfants (4-18 ans), étudiants de l'enseignement artistique ou en archéologie et histoire de l'art et en formation pédagogique, demandeurs d'emploi, moins valides et leur accompagnateur : 7 €

– Enfants (-4 ans), presse, ICOM : gratuit.

Consignes diverses :

Le vestiaire est obligatoire et gratuit.

Il est interdit de prendre des photos avec flash ou pied.

Dans le cadre des nouvelles règles de sécurité, des contrôles plus importants se feront à l'entrée du Musée et il est demandé aux visiteurs de ne pas se présenter avec des sacs à dos ou de grands sacs.

12:44 Écrit par Bernard dans Expositions, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/11/2015

« Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière. » (Jean Cocteau)

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Docteur en histoire après des études aux universités de Genève et d'Oxford, colauréat du prix d'histoire Gustave Ador, lauréat d'une bourse Besse (Oxford) et du Fonds National Scientifique suisse, François Garçon est maitre de conférences à l'université Paris 1 où il a créé en 2006 le Master 2 professionnel Cinéma-Télévision-Nouveaux Médias, une formation réputée dans son secteur.

Il est également auteur d'un De Blum à Pétain, Cinéma et société française, 1936-1944 (Le Cerf, 1984) et de l’Enquête sur le Cauchemar de Darwin (Flammarion, 2006) qui mit en pièces les arguments du pseudo-documentaire sorti en 2004 et si cher aux altermondialistes, réalisé par Hubert Sauper et coproduit par la France, l'Autriche, la Belgique, le Canada, la Finlande et la Suède, un film dont il démontra l’imposture [1].

On lui doit aussi, paru pour la première fois en 1994 et entièrement remis à jour en 2015 pour les 120 ans de la doyenne mondiale des compagnies de cinéma, un intéressant petit essai bellement illustré et intitulé Gaumont - Depuis que le cinéma existe (aux Éditions Gallimard, dans la collection « Découvertes »), pendant livresque d’une exposition éponyme montrée du 15 avril au 5 août 2015 au Centquatre-Paris [2], qui a guidé le public dans un voyage au cœur l’histoire du cinéma grâce à des pièces du musée Gaumont, du musée des Arts forains, des extraits de films, des affiches, des costumes, des appareils anciens et des objets rares.

À l'origine, ce fut la rencontre d'un jeune ingénieur passionné par la technique photographique, Léon Gaumont, et du cinématographe. Aujourd'hui, c’est une société qui produit, distribue et exploite aux quatre coins du monde un patrimoine comptant parmi ses nombreux talents Alice Guy, première réalisatrice, Louis Feuillade et ses Vampires, Jean Vigo le rebelle, Martine Carol la sulfureuse ou, dialogués par Michel Audiard, des films mythiques comme Cent mille dollars au soleil ou Les Tontons flingueurs.

Cent mille dollars au soleil (affiche).jpg

Plus près de nous, de La Boum à 37°2 le matin, de La Gloire de mon père au Grand Bleu, de La Folie des grandeurs à La Chèvre ou aux Visiteurs, des œuvres comme OSS 117, Intouchables, Les Garçons ou Guillaume à table ! sont les nouveaux films cultes d’une usine à rêve plus éveillée que jamais !

Bernard DELCORD

Gaumont - Depuis que le cinéma existe par François Garçon, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes », octobre 2015, 128 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,80 € (prix France)

 

[1] Source : http://www.francois-garcon.com/biographie/

[2] 5 rue Curial, Paris XIXe.

17/10/2015

Autant en a emporté le vent…

Robert Lee Qui suis-je.jpg

Il y a 150 ans s’achevait la guerre de Sécession survenue entre 1861 et 1865 et impliquant les États-Unis d'Amérique (« l'Union »), dirigés par Abraham Lincoln, et les États confédérés d'Amérique (« la Confédération »), dirigés par Jefferson Davis et qui rassemblaient onze États du Sud qui avaient fait sécession des États-Unis.

L'Union comprenait tous les États abolitionnistes et cinq États « frontaliers » esclavagistes. Elle était dirigée par Abraham Lincoln et le Parti républicain. Lincoln était profondément opposé à l'esclavage et souhaitait son abolition dans les territoires détenus par les États-Unis. Sa victoire à l'élection présidentielle de 1860 entraîna une première sécession de sept États du Sud, avant même que Lincoln ne prenne ses fonctions.

Les combats commencèrent le 12 avril 1861, lorsque les forces confédérées attaquèrent une installation militaire de l'Union à Fort Sumter, dans la baie de Charleston en Caroline du Sud, parce que les soldats nordistes avaient refusé de l'évacuer malgré les menaces des sudistes.

Lincoln répondit en mobilisant une armée de volontaires dans chaque État, ce qui conduisit à la sécession de quatre États esclavagistes sudistes supplémentaires. Durant la première année de la guerre, l'Union s'assura du contrôle de la frontière des États sécessionnistes et établit un blocus naval alors que les deux camps renforçaient leur armée et leurs ressources.

En 1862, des batailles comme celles de Shiloh et d'Antietam causèrent des pertes comme jamais dans l'histoire militaire américaine.

Dans l'Est, le chef militaire de la Confédération, Robert E. Lee (1807-1870), remporta une série de victoires sur les armées de l'Union, mais il perdit la bataille de Gettysburg au début de juillet 1863, ce qui constitua un tournant de la guerre.

Les victoires de Vicksburg et de Port Hudson remportées par Ulysses Grant achevèrent la prise de contrôle du fleuve Mississippi par les troupes de l'Union.

Grant mena de sanglantes batailles d'usure contre Lee en 1864, l'obligeant à défendre Richmond en Virginie, la capitale des Confédérés. Le général de l'Union William Sherman prit Atlanta en Géorgie, et commença sa marche vers la mer, dévastant une large partie du territoire de la Géorgie. Puis la résistance des Confédérés s'effondra après la reddition du général Lee au général Grant à Appomattox, le 9 avril 1865.

Pour l’anecdote, notons que la plantation d'Arlington de Robert Lee a été saisie par les troupes nordistes et ses terres transformées en cimetière militaire (Cimetière national d'Arlington).

Outre un nombre indéterminé de victimes civiles, cette guerre provoqua la mort de 620 000 soldats, dont 360 000 nordistes et 260 000 sudistes.

Considéré par les historiens comme la charnière technique entre les guerres napoléoniennes et les guerres plus modernes qui suivirent, c’est le conflit le plus meurtrier qu'aient connu les USA à ce jour.

Il mit fin à l'esclavage aux États-Unis, restaura l'Union et renforça le rôle du gouvernement fédéral.

Les conséquences économiques, politiques et sociales de cette guerre continuent d'influer sur la pensée américaine contemporaine [1].

Fait peu connu du grand public, on a recensé environ 26 000 engagés français, dont environ 40% combattirent avec le Nord, et 60% environ avec le Sud. Les données étant très imprécises, on ne sait si ces chiffres comprennent ou pas les 3 000 citoyens français de la Légion française (French Brigade) de La Nouvelle-Orléans, sous le commandement d’officiers comme Philippe de Marigny de Mandeville, Albin Rochereau, Félix Ferrier, Brogniet et Charles Janvier.

Le triple cinquantenaire de la chute de la Confédération sudiste a été l’occasion de diverses publications nostalgiques [2] aux États-Unis, mais aussi en France où le journaliste d’extrême droite Alain Sanders [3] a donné aux Éditions Pardès à Grez-sur-Loing une biographie intitulée Robert Lee Qui suis-je ? qui, si elle donne clairement dans l’hagiographie politico-militaire sudiste, n’en constitue pas moins l’une des deux seules biographies du général disponibles en langue française [4] et une intéressante source documentaire (bibliographique et photographique, notamment) pour les historiens.

Voici ce qu’il en dit :

« Considéré comme l’un des meilleurs stratèges de l’armée des États-Unis, Robert Edward Lee était tout désigné – le poste lui fut proposé – pour diriger les forces unionistes nordistes pendant la guerre de Sécession. Sa loyauté sans failles à la Virginie de ses ancêtres lui fit choisir, tout au contraire, de prendre le commandement en chef des forces confédérées sudistes. Il est ainsi passé à la postérité comme le héros symbolique de ce que les Sudistes d’hier et d’aujourd’hui ont appelé “la Cause”.

Nous proposons le portrait d’un homme qui ne sollicita jamais aucun mandat politique et qui n’approuvait pas, en tant qu’institution [5], l’esclavage, “mal moral et politique”.

Seule figure de l’histoire des États-Unis capable de contrebalancer celle d’Abraham Lincoln [6], il fut l’incarnation même du gentleman sudiste, dans la lignée des Cavaliers de Charles Ier opposés aux Têtes Rondes du dictateur Cromwell.

Un soldat chrétien, mais pas un puritain.

Après la défaite, il revint à la vie civile et contribua, sans jamais rien renier, à la difficile réconciliation du Nord yankee et du Dixieland.

La popularité de Lee, surnommé “l’homme de marbre”, jamais démentie malgré les coups du sort, s’accrut encore après sa disparition, jusqu’à atteindre et dépasser la “frontière” entre le Nord et le Sud, la célèbre Mason-Dixon Line. »

Nous ajouterons pour notre part qu’après la guerre, il devint président de l'université de Washington (à Lexington, en Virginie), qui fut rebaptisée Washington and Lee University après sa mort et est aujourd’hui l’une des plus vieilles et des plus prestigieuses universités des États-Unis.

Lee soutint le programme du président Andrew Johnson prônant la reconstruction, tout en s'opposant aux propositions des Républicains radicaux visant à donner aux esclaves libérés le droit de vote et à retirer le droit de vote aux ex-Confédérés [7].

Ce fut peut-être un assez honnête homme, mais englué dans une cause indéfendable…

Car la réduction en esclavage d’un être humain par un autre est, a été et sera toujours une abomination !

SOMMAIRE :

Introduction

I Un gentleman exemplaire

II Un héros tragique

III Les Lee, une élite virginienne

IV Les Custis d’Arlington

V La guerre mexicaine

VI L’affaire de Harpers Ferry

VII Général en chef de Virginie

VII L’effort de guerre

IX Sur les champs de bataille

X Terres sanglantes

XI La mort au bout de tous les chemins

XII Gettysburg

XII Sur la défensive

XIII Le début de la fin

XIV Le Sud à genoux

XV Le tombeau du général Lee

Annexes

Bernard DELCORD

Robert Lee Qui suis-je ? par Alain Sanders, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2015, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)


[2] Voire racistes…

[3] Voici la présentation que son livre donne de lui : « Journaliste au quotidien Présent, spécialiste de l'Amérique française, Alain Sanders est l'auteur de quelque 80 ouvrages : recueils de poésies, pièces de théâtre, romans, essais, bandes dessinées, reportages. Il est l'auteur, avec Bernard Lugan, de l'adaptation et des paroles des Partisans blancs. Animateur de l'association Country Music attitude, membre de la SACEM, il est parolier de nombreuses chansons country ».

[4] Celle de Vincent Bernard, Robert E. Lee, la légende sudiste, parue chez Perrin en 2014 et qui compte 450 pages, est exhaustive et très documentée, mais d’un abord complexe.

[5] C’est nous qui soulignons…

[6] À l’époque seulement, bien entendu…

16:40 Écrit par Bernard dans Histoire, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |