15/02/2012

Un traité de réconciliation

Le texte ci-dessous a été envoyé dans la newsletter de février 2012 des guides gastronomiques DELTA avant d'être mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Théâtre d'un conflit entre les Anciens (les partisans du classique) et les Modernes (ceux qui prônent les productions actuelles), la musique a enfin trouvé son pacte de paix dans L'Histoire de la musique pour les nuls rédigée par Olivier Carrillo & Jean-Clément Jollet et publiée à Paris aux Éditions First, un ouvrage qui permet de comprendre et de priser à leur juste valeur les trésors musicaux du VIIIe siècle à nos jours.

On y découvre, expliquées avec une belle simplicité, les richesses du chant grégorien et de la musique de la Renaissance, celles des périodes baroque, classique et romantique, avec leur lot de compositeurs qu'on ne présente plus, tels que Vivaldi, Lully, Bach, Mozart, Beethoven, Liszt ou encore Wagner, celles de l'opéra du XIXe siècle jusqu'aux opérettes des années 1940 et aux comédies musicales d'aujourd'hui, mais aussi celles des grandes figures du XXe siècle ainsi que les musiques des dernières décennies dans toutes leurs (r)évolutions : jazz, blues, rythm and blues, folk, boogie woogie, rock, pop, punk, heavy metal, disco, reggae, rap, électro, R'n'B, techno, funk, hip-hop... sans oublier les musique du Monde, bien entendu.

Le livre s'achève sur des playlists pour en savoir plus et sur un glossaire des termes musicaux pour ne pas se tromper.

Ce serait en effet dommage !

Bernard DELCORD

L'Histoire de la musique pour les nulspar Olivier Carrillo & Jean-Clément Jollet, Paris, Éditions First, collection « Pour les nuls », novembre 2011, 427 pp. en noir et blanc au format 19 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,90 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce beau livre didactique les quelques lignes suivantes :

Le musical

Dans les années 1920, la comédie musicale (musical) américaine s'émancipe de son modèle anglais, la revue de music-hall. Une intrigue mince est prétexte à un enchaînement de numéros musicaux de grande qualité dont certains deviendront des standards. Le grand répertoire américain de la chanson regorge de chansons du compositeur et parolier Cole Porter, et des frères Gershwin, George (musique) et Ira (paroles).

Interprétés dans des théâtres de la célèbre avenue new-yorkaise Broadway, les scénarios s'étoffent autour de sujets légers ou graves. On doit au compositeur Richard Rodgers et à son librettiste Oscar Hammerstein II des chefs-d'œuvre du genre : Oklahoma! et La Mélodie du bonheur qui seront adaptés au cinéma.

La collaboration la plus remarquable se fait entre le chorégraphe Jerome Robbins et le compositeur Leonard Bernstein en 1957. Inspiré de Roméo et Juliette de Shakespeare, West Side Story est un pur joyau musical, chorégraphique et littéraire. L'adaptation cinématographique de 1961 n'a toujours pas pris une ride.

Musical à l'heure anglaise

Capitale de la pop et du rock, Londres est aussi une place forte du musical. Les innombrables représentations des musicals d'Andrew Lloyd Webber dans les théâtres du West End londonien et à Broadway témoignent de l'attachement du public pour ses œuvres: Jesus Christ Superstar, The Rocky Horror Show, Evita, Cats, The Phantom of the Opera, Love Never Dies.

Musical et grand écran

Les grandes réussites du musical peuvent être adaptées au cinéma et inversement : l'adaptation du dessin animé de Disney Le Roi lion rencontre un succès international sous forme de comédie musicale et Billy Elliot connaît une seconde jeunesse sur les planches new-yorkaises et londoniennes.

La comédie musicale Chicago (John Kander et Fred Ebb, Bob Fosse), qui est portée en triomphe encore aujourd'hui à Broadway et à Londres, s'inspire de faits divers qui passionnèrent les Américains dans les années 1920. Elle vous plongera dans l'ambiance musicale nocturne du Chicago de la prohibition. Le film éponyme est un bijou à ne rater sous aucun prétexte. Musique, danse, meurtre, corruption, sexe et alcool de contrebande : tous les ingrédients nécessaires sont réunis pour s'encanailler à moindres frais le temps d'une soirée, and All That Jazz !

Cocorico !

Le compositeur français Claude-Michel Schonberg réussit l'exploit de surpasser les maîtres du genre en nombre de représentations avec sa comédie musicale Les Misérables (1980). Son adaptation anglaise (1985) est toujours à l'affiche aujourd'hui (2011). ce qui fait des Miz la comédie musicale connaissant la plus longue exploitation en continu à Londres.

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18/12/2011

« T’es rock, Coco ! » (Léo Ferré)

Directeur de la rédaction du magazine Rolling Stone, l’Américain Nathan Brackett est aussi journaliste spécialisé dans la musique pour “Good Morning America” sur ABC, ainsi que sur CNN, MSNBC, Inside Edition, VH1, MTV et bien d'autres chaînes télévisées.

Les Éditions Gründ à Paris ont eu l’excellente idée de mettre sur le marché, sous le titre Rock Songs, l’adaptation française de son dernier opus consacré à 90 chansons mythiques du genre.

Du Rock around the clock de Bill Haley (1954) à Fix You (2005) de Coldplay en passant par les inoubliables Hound Dog (1956) et Jailhouse Rock (1957) d’Elvis Presley, I feel good (1965) de James Brown, Hey Joe (1966) de Jimi Hendrix, Imagine (1971) de John Lennon, Anarchy in the UK (1976) des Sex Pistols, Billie Jean (1983) de Michael Jackson, Enter Sandman (1991) de Metallica ou Wonderwall (1995) d’Oasis et, en français, La Ballade de Melody Nelson (1971) de Serge Gainsbourg, Marcia Baila (1984) des Rita Mitsouko, Sous le Soleil de Bodega (1991) des Négresses vertes ou Ton invitation de Louise Attaque (1997) [1], la genèse et la réception publique de chaque morceau sont replacées dans leur contexte et illustrées de photographies remarquables recréant l’ambiance qui présida à leur succès.

Un bien beau livre, et qui déménage fameusement !

Bernard DELCORD

Rock Songs par Nathan Brackett, préface d’Alain Gouvrion, adaptation d’Edith Noublanche, Paris, Éditions Gründ, octobre 2011, 287 pp. en quadrichromie au format 26,5 x 30,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,95 € (prix France)

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[1] En plus des titres cités, l’ouvrage recense Whole lotta shakin’ goin’on (1957) de Jerry Lee Lewis, Johnny B. Goode (1958) de Chuck Berry, Summertime Blues (1958) d’Eddie Cochran, What’d I say (1959) de Ray Charles), Surfin’USA (1963) des Beach Boys, You really got me (1964) des Kinks, The House of the rising sun (1964) des Animals, My Generation (1965) des Who, Yesterday (1965) des Beatles, Like a rolling stone (1965) de Bob Dylan, (I Can’t Get No) Satisfaction (1965) des Rolling Stones, The Sound of silence (1965) de Simon & Garfunkel, Respect (1965) d’Aretha Franklin, Mr Tambourine Man (1965) des Birds, California Dreamin’ (1965) par The Mamas & The Papas, Wild Thing (1966) des Troggs, Light my fire (1967) des Doors, Somebody to love (1967) par Jefferson Airplane, I’m waiting for the man (1967) du Velvet Underground, Purple Haze (1967) de Jimi Hendrix, Hey Jude (1968) des Beatles, Sunshine of your love (1968) de Cream, Born to be wild (1968) de Steppenwolf, Sympathy for the devil (1968) des Rolling Stones, I Heard it through the grapevine (1968) de Marvin Gaye), Proud Mary (1969) de Creedence Clearwater Revival, Whole lotta love (1969) de Led Zeppelin, Black magic woman (1970) de Santana, Paranoid (1970) de Black Sabbath, Me and Bobby McGee (1971) de Janis Joplin, Stairway to Heaven (1971) de Led Zeppelin, Tiny Dancer (1971) d’Elton John, Maggy May (1971) de Rod Steward, Changes (1972) de David Bowie, Heart of Gold (1972) de Neil Young, School’s out (1972) d’Alice Cooper, Smoke on the water (1972) de Deep Purple, Knockin’ on Heaven’s door (1973) de Bob Dylan, Living for the city (1973) de Stevie Wonder, La Grange (1973) des ZZ Top, Get up stand up (1973) de Bob Marley, Search and destroy (1973) des Stooges, Burn to run (1975) de Bruce Springsteen, Sweet Emotion (1975) d’Aerosmith, Bohemian Rhapsody (1975) de Queen, Blitzkrieg Bop (1975) de Ramones, We will rock you (1977) de Queen, Dancing barefoot (1979) de Patti Smith, Catholic Girls (1979) de Frank Zappa, Highway to Hell (1979) de AC/DC, Sultan of swings (1979) de Dire Straits, London calling (1979) de Clash, Hearth of glass (1979) de Blondie, Comfortably numb (1979) des Pink Floyd, Radio Free Europe (1981) de REM, Every breath you take (1983) par The Police, Pride and joy (1983) par Steve Ray Vaughan, Holiday (1983) par Madonna, Jump (1984) de Van Halen, When doves cry (1984) de Prince, Sweet Child o’ mine (1988) de Guns’n Roses, Like a prayer (1989) par Madonna, Smell like teen spirit (1991) de Nirvana, Under the bridge (1991) de Red Hot Chili Peppers, One (1992) de U2, Paranoid Android (1997) de Radiohead, Maps (2003) des Yeah Yeah Yeahs, Seven Nation Army (2003) de White Stripes, American idiot (2004) de Green Day ainsi que La musique que j’aime (1973) par Johnny Hallyday, Antisocial (1980) de Trust, Argent Trop Cher (1980) de Téléphone, La Mala Vida (1988) de Mano Negra, Volutes (1991) d’Alain Bashung et, Le Continent Tostaky (1992) de Noir Désir.

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21/11/2011

Têtes de l’art…

L'article ci-dessous a paru dans la newsletter de novembre 2011 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'avoir été mis en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

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Dans le magnifique album intitulé Portraits légendaires du jazz qui vient de paraître aux Éditions Tana à Paris, le journaliste spécialisé Pascal Anquetil se penche sur les grands artistes de cet art musical majeur et révolutionnaire qui « a bouleversé et incendié tout le XXsiècle ».

Pour cela, il a procédé à un découpage non chronologique qui permet de croiser les destins et les œuvres de 70 jazzmen et ladies de légende [1] dans des textes brefs servant de miroir au visage de chaque artiste, photographié en noir et blanc.

Un superbe voyage dans les yeux du New Orleans et du free en passant par le swing, le be-bop, le cool ou le jazz-rock !

Bernard DELCORD

Portraits légendaires du jazz par Pascal Anquetil, Paris, Tana éditions, septembre 2011, 222 pp. en noir et blanc au format 27 x 29,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en noir et blanc, 45 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce bel ouvrage le portrait suivant :

Count Basie

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 Né le 21 août 1904 à Red Bank (États-Unis)

Mort le 26 avril 1984 à Hollywood (États-Unis)

 Avec un mélange d'affection et de plaisanterie, ses musiciens s'amusaient à l'appeler « Holy Man ». Count Basie, « Saint Homme » ? Pourquoi pas ? Avec son blazer et sa casquette de yachtman, ce sacré petit homme, tout en rondeur et nonchalance, la paupière lourde, est sans aucun doute celui qui, pendant des décennies, avec cet air d'indifférence aristocratique, incarnera le mieux une certaine éternité du jazz. Meneur d'hommes à l'autorité bienveillante, il sera, après Duke Ellington, anobli par ses pairs en « comte » de « la plus profonde des musiques légères ».

C'est une évidence : aimer le jazz et Basie, c'est la même chose. On a souvent dit que son orchestre était une explosive « usine à swing ». C'est vrai, mais c'était plus encore : un organisme vivant, un monument d'équilibre et de force tranquille. À la base, il y a d'abord un « phrasé de masse ». Un son puissant, accrocheur et généreux, aux arêtes vives, toujours marqué au coin magique du blues de Kansas City. Le tout est propulsé par une rythmique de haute précision qui marque les quatre temps avec une légèreté toute féline. Un tapis roulant, souple comme du cuir, laineux comme une moquette, qui avance imperturbablement sous les blocs coupants des cuivres et la vague cotonneuse des saxophones. Et, au milieu, indispensable, trône Freddie Green, le fidèle horloger qui, avec sa guitare posée sur les genoux, décide du juste tempo sur lequel tous les autres musiciens doivent se régler.

Basie a appris à ses hommes le secret du jeu collectif et de la précision inflexible. La pratique des arrangements « de tête » (oraux) ajoute à la spontanéité et à la complicité de sa musique. Fondés sur des « riffs », ces petites phrases réitérées et reprises à plusieurs coups, les arrangements sont toujours construits pour faire monter la tension. Face à cet édifice simple dont la force réside dans une mise en place impeccable, les solistes peuvent prendre leur élan et donner libre cours à leur imagination. Count, le « sorcier du tempo », selon Quincy Jones, sait d'instinct donner la pulsation idéale à chaque morceau. Ainsi, un jour, Neal Hefti apporte en studio l'arrangement d'une composition qu'il souhaite ultrarapide. Après quelques mesures, Basie interrompt l'orchestre, claque des doigts et chante le thème quatre fois moins vite, comme dans un ralenti de cinéma. C'est Li'l Darlin’ le plus grand « tube » basique » !

On l'oublie trop, Count Basie fut aussi « le » pianiste de l'orchestre. On l'a dit « économe ». Il serait plus pertinent d'affirmer qu'il fut prodigue en... silences. Comme personne, il avait compris l’art « taoïste » de la litote et de l'ellipse. « Je joue juste une ou deux notes sans me soucier d’en faire plus ». Le miracle toujours recommencé, c’était qu’avec deux doigts et trois notes, le Count savait donner plus de musique que tous les speedés du clavier. Il lui suffisait simplement de faire « clink, clink, clink » et c’était le bonheur. One More Time



[1] Louis Armstrong, Albert Ayler, Chet Baker, Count Basie, Sidney Bechet, Bix Beiderbecke, Tony Bennett, Art Blakey, Michael Brecker, Clifford Brown, Ray Charles, Ornette Coleman, John Coltrane, Miles Davis, Eric Dolphy, Duke Ellington, Bill Evans, Gil Evans, Art Farmer, Ella Fitzgerald, Erroll Garner, Stan Getz, Dizzy Gillespie, Stéphane Grappelli, Jim Hall, Lionel Hampton, Herbie Hancock, Coleman Hawkins, Fletcher Henderson, Woody Herman, Billie Holiday, Shirley Horn, Ahmad Jamal, Keith Jarrett, Eddie Jefferson, Jay Jay Johnson, Roland Kirk, Diana Krall, Abbey Lincoln, Eddy Louiss, Jimmie Lunceford, Brad Mehldau, Charles Mingus, Thelonious Monk, Wes Montgomery, Jelly Roll Morton, Gerry Mulligan, Anita O’Day, Charlie Parker, Jaco Pastorius, Art Pepper, Oscar Peterson, Michel Petrucciani, Bud Powell, Django Reinhardt, Sonny Rollins, George Russell, Wayne Shorter, Horace Silver, Frank Sinatra, Martial Solal, Art Tatum, Toots Thielemans, Lennie Tristano, Sarah Vaughan, Fats Waller, Barney Wilen, Teddy Wilson, Lester Young & John Zorn.

 

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31/10/2011

« La musique est la langue des émotions » (Emmanuel Kant)

Dans Les 100 mots de la musique classique, un ouvrage publié à Paris aux Éditions des Presses universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », le journaliste, claveciniste et organiste Thierry Geffrotin, un spécialiste de Mozart, Chopin et Brahms, a rassemblé et défini avec précision, de « A cappella » à « Zarzuela » en passant par « Dodécaphonisme », « Fricassée », « Eurovision », « Motet », « Oratorio » ou « Sonate », les termes qui font la quintessence du 4e art.

Une magnifique opportunité pour les néophytes et une passionnante redécouverte pour les amateurs éclairés !

Bernard DELCORD

Les 100 mots de la musique classique par Thierry Geffrotin, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », septembre 2011, 127 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,6 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9 € (prix France)

Liste des 100 mots :

A cappellaAbendmusik – Académie – Accordéon – Air/Aria – Alphabet – Amateur – Ameublement (Musique d’) – Antienne/Anthem – Apprentissage – Baguette – Ballet – Baroque – Basse continue – Bel canto – Biniou – Bis – Bois – Cadence – Cantate – Cassation – Castrat – Cécité – Célébrité – Chambre/Chapelle/Écurie – Chef-d’œuvre – Chœur/Chorale – Choral – Classique – Clavecin – Col legno – Comédie musicale – Concerto – Concrète (musique) – Conservatoire – Contemporaine (musique) – Cordes – Critique – Cuivres – Diapason – Diva – Dodécaphonisme – Dynastie – Épreuves – Eurovision – Fac-similé – Fantaisie – Film (Musique de) – Fricassée – Fugue – Glassharmonica – Grégorien (Chant) – Harmonie – Improvisation – Italie – Inachevé – Jeu – Lamento – Leitmotiv – Lied – Luthier/Facteur – Madrigal – Mannheim (École de) – Masque – Messe pour orgue – Motet – Nocturne – Nuances – Oiseaux – Opéra – Opérette – Opus – Oratorio – Orchestre – Orgue – Ouverture – Percussions – Philharmonie – Piano – Polyphonie – Populaire (Musique) – Prélude – Programme (Musique à) – Publicité – Pupitre – Quatuor – Récitatif – Romantique (Musique) – Singspiel – Sonate – Suite – Sympathiques (cordes) – Symphonie – Tempérament – Tempo – Toccata – Variations – Vérisme – Virtuose – Voix – Zarzuela.

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15/09/2011

Le « Petit Larousse » de la Beatlemania…

Sous-titré « 50 ans de musique avec John Lennon, Paul McCartney, George Harrison et Ringo Starr », le beau livre de François Plassat intitulé The Beatles discomania qui vient de paraître chez JBz & Cie (un label de la maison parisienne Hugo & Cie) anticipe d’une bonne année les fêtes du cinquantenaire de l’une des plus grandes révolutions musicales du XXsiècle, qui commença avec la mise dans les bacs des disquaires de Love me do en octobre 1962.

Car les « quatre de Liverpool » ont initié ce jour-là, dans l’encore jeune histoire du rock et de la pop music, un mouvement qui ne s’est pas encore arrêté et ne semble guère près de le faire tant furent grandes l’originalité des formes esthétiques et la profondeur du sillon acoustique de leurs propos novateurs et déjantés.

L’ouvrage, organisé dans l’ordre chronologique et riche d’une iconographie remarquable, s’articule autour des albums officiels successifs de ces artistes, publiés ensemble ou en solo, ainsi que d’encarts consacrés aux titres non présents sur ces albums (singles inédits, Faces B, bandes originales de films, participations à des albums collectifs ou à ceux d’autres artistes…) ou à des thématiques particulières (« The Christmas singles », « La création d’Apple Corps », « John & Yoko et le Plastic Ono Band », « Paul McCartney et Michael Jackson »…).

Le livre fourmille en outre d’informations innombrables, de précisions nombreuses et de surprises variées, comme la liste des pseudonymes de Paul McCartney, l’histoire de la naissance incontrôlée de la pochette de l’album américain Yesterday and today dite « The Butcher cover » ou encore la présentation de diverses curiosités discographiques, à l’instar du mini CD (à peine 10 minutes) A Leaf sorti en avril 1995 qui rassemble des compositions classiques – elles sont inspirées de l’œuvre d’Erik Satie – de Paul McCartney interprétées en public un mois plus tôt par la pianiste russe Anya Elexeyev.

François Plassat prouve, en tout cas, que la Rock’n’Roll Music des Beatles ne fut pas un simple Hello Goodbye !

Bernard DELCORD

The Beatles discomania par François Plassat, Paris, Éditions JBz & Cie, septembre 2011, 192 pp. en quadrichromie au format 29 x 29 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25 € (prix France)

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05/08/2011

Che bella musica !

S’attachant avec précision et clarté aux notions, aux formes et aux styles de musique entre 1600 et aujourd’hui sans exclure les références aux époques antérieures, les Éléments d’esthétique musicale, un ouvrage collectif monumental rédigé par une pléiade d’experts sous la direction de Christian Accaoui et coédité par Actes Sud à Arles et la Cité de la Musique à Paris, feront date non seulement auprès des musicologues mais aussi des amateurs et des musiciens de tout poil.

Ils y trouveront, par ordre alphabétique, une centaine de définitions techniques (Improvisation, Notation, Rythme, Structure, Symbole...), formelles (Concerto, Fragment, Sonate, Symphonie...), stylistiques (Baroque, Jazz et musique savante, Postmodernité, Romantisme...), esthétiques (Formalisme, Imitation, Ironie, Rhétorique...), pratiques (Enregistrement, Improvisation, Instrument...) ou méthodologiques (Ethnomusicologie, Histoire, Sociologie...).

Comme l’écrit le maestro qui a présidé aux destinées de cette bible, « les auteurs se sont donné trois principes directeurs : placer au centre du propos les œuvres elles-mêmes, en les admirant et en les questionnant ; ne jamais perdre de vue que la musique tour à tour parle, peint, fait rêver, émeut, divertit, console, tonifie, amuse, élève, exalte, solennise, ritualise, fait danser, s'adresse à l'intelligence des formes, porte à la mélancolie ou au rire... ; mettre en évidence ce qui relie la musique au monde, le musical à l'extra-musical. (…) Par l'étude du contexte (social, littéraire, philosophique, artistique) qui voit naître les œuvres, y impose sa marque et induit des pratiques spécifiques, notions et musiques sont replacées dans leur époque, afin de ne pas projeter sur elles nos catégories modernes ».

Mission accomplie !

Bernard DELCORD

Éléments d’esthétique musicale, ouvrage collectif sous la direction de Christian Accaoui, Arles & Paris, coédition Actes Sud/Cité de la Musique, mars 2011, 790 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21 cm sous couverture cartonnée en quadrichromie, 39 € (prix France)

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14/07/2011

« C'est grâce à l'héritage du jazz que l'homme singe devient l'homme sage. » (MC Solaar)

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 13/07/2011 sur le site des guides gastronomiques belges DELTA (www.deltaweb.be) :

Faisant le tour de son sujet dont il décrit l’histoire, les styles, les foyers et les grandes figures, Le jazz dans tous ses états de Franck Bergerot paru aux Éditions Larousse à Paris constitue un guide indispensable à tout amateur de musique qui balance.

Des premiers work songs aux métissages multiethniques, des gospels aux expériences électroniques, du blues aux rapprochements avec le hip-hop, cet ouvrage très complet aborde, en suivant la chronologie, les grandes phases de l'histoire du jazz : spirituals, gospel, ragtime, jazz hot, swing, bop, cool, hard bop, free, fusion...

Il révèle aussi combien l'évolution du jazz a été conditionnée par la place faite aux Noirs dans la société américaine, infléchie par le poids du passé, par le voisinage d'autres musiques, par l'apparition de nouvelles techniques d'enregistrement et de nouveaux instruments...

Et il présente les grandes figures qui ont contribué à son histoire : de Louis Armstrong à Ornette Coleman, Wynton Marsalis et Louis Sclavis, en passant par King Oliver, Duke Ellington, Lionel Hampton, Count Basie, Billie Holiday, Ella Fitzgerald, Art Tatum, Django Reinhardt, Teddy Wilson, Charlie Parker, Erroll Garner, Thelonious Monk, Oscar Peterson, Charles Mingus, John Coltrane, Bill Evans ou Miles Davis, notamment.

Last but not least, il est rédigé dans un langage simple et présente avec brio, parfois à l'aide de schémas, le vocabulaire du jazz et son évolution tout en invitant à l'écoute par la fourniture d’une importante discographie mise à jour.

De quoi se réchauffer l’âme… et les oreilles !

Bernard DELCORD

Le jazz dans tous ses états par Franck Bergerot, Paris, Éditions Larousse collection « Reconnaître et comprendre », mars 2011, 287 pp. en quadrichromie au format 14,5 x 25 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage qui swingue les lignes suivantes :

Le big band de Dizzy Gillespie

Le big band de Billy Eckstine, où s’étaient retrouvés en 1944 les principaux chefs de file du bop, était plus un rassemblement de boppers qu’un véritable grand orchestre bop. À partir de 1945, Dizzy Gillespie fit appel à l’arrangeur Gil Fuller, pour une première expérience en big band lors de la tournée de la revue Hepsations of 1945, pour son sextette, puis pour le grand orchestre qu’il monta en 1946.

Dans un manifeste intitulé What Is Bebop ? et distribué au public du club le Royal Roost, Walter Gil Fuller citait Igor Stravinsky. On trouve en effet de nombreuses analogies entre les préoccupations des boppers et celles dont témoigne le Sacre du Printemps : refus de l’épanchement romantique, volonté d’exaspérer les contrastes, recours à la tension harmonique et à la dissonance. Autant d’éléments repérables tant dans le chef-d’œuvre de Gil Fuller Things to Come (« choses à venir ») que dans le final de l’arrangeur blanc George Russel pour Cubana Bop. Les pianistes Tadd Dameron et John Lewis participèrent également aux arrangements du répertoire de Dizzy Gillespie dans une veine assez voisine où l’on ne peut s’empêcher d’y voir l’aboutissement d’aspirations antérieures, déjà à l’œuvre dans Queer Notions (chez Fletcher Henderson) ou Stratosphere (chez Jimmie Lunceford).

À l’inverse, l’introduction en 1947 des percussions afro-cubaines de Chano Pozo dans l’orchestre de Dizzy Gillespie constitua la première véritable rupture d’avec le jazz des origines. Pour la première fois, le phrasé inégal, qui jusque-là avait caractérisé le swing, était mis en péril par le battement égal des mains du percussionniste.

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