15/02/2018

Garçons et garçonnes...

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Élève à Paris de Maurice Denis puis d’André Lhôte, la peintre Maria Górska (née en 1898, probablement à Varsovie alors dans l’empire russe, et décédée à Cuernavaca au Mexique en 1980), connue sous le nom de Tamara de Lempicka [1] fut une figure de proue de l’Art déco.

À l’époque de sa gloire artistique (entre 1920 et 1935, après quoi son œuvre sombra dans l’oubli pour être redécouverte à la fin des années 1970) et de ses fastes mondains, ses tableaux, qui synthétisaient l'art maniériste de la Renaissance et le néo-cubisme, firent autant scandale qu’ils furent admirés, en raison de leur sensualité saphique exacerbée, en particulier la toile intitulée La belle Rafaëla (1927) représentant l’un des nombreux modèles féminins qu’elle croquait ouvertement, et pas seulement avec ses pinceaux...

C’est à la genèse de cette peinture qu’est consacrée la bande dessinée très réussie – ses qualités scénaristiques et graphiques se doivent d’être soulignées – de Virginie Greiner et de Daphné Collignon intitulée Tamara de Lempicka parue chez Glénat à Grenoble.

Les auteures y ressuscitent avec brio le Paris interlope, sans complexe ni tabou, des années 1920 où l’on voyait André Gide, Jean Cocteau, Colette et le gotha de l’époque s’encanailler dans les célèbres cabarets des années folles et Tamara de Lempicka se mettre en quête d’inspiration, d’acheteurs, de modèles ou d’amours d’un soir, au grand dam de son époux Tadeusz qui, outre ses nuits d’excès, lui reprochait de ne pas s’occuper de leur fille Kizette, mais se trouvait sous la dépendance financière de la peintre parce que la vente de ses tableaux faisait vivre la famille sur un grand pied...

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Tamara de Lempicka, La belle Rafaëla.

Huile sur toile, 65 x 92 cm (1927)

Le portrait fidèle d’une femme très émancipée dans un monde bouillonnant !

Bernard DELCORD

Tamara de Lempicka par Virginie Greiner et Daphné Collignon, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », novembre 2017, 56 pp. en noir et blanc au format 24 x 3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)

 

[1] En 1916, elle avait épousé le comte Tadeusz Łempicki (1888-1951), un jeune avocat polonais. Elle divorcera en 1928 pour se remarier en 1933 avec le baron Raoul Kuffner (1886-1961). Cela ne l’empêcha pas, tout au long de sa vie, de revendiquer sa bisexualité.

16:34 Écrit par Bernard dans Arts, Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/01/2018

« Bruxelles, ma belle… » (Dick Annegarn)

Bruxelles – Tome 1 - Des Celtes aux ducs de Bourgogne .jpg

Basée sur une riche documentation historique rassemblée et présentée par Arnaud de la Croix et sur un scénario d’Hugues Payen illustré par six dessinateurs, la docu-bd intitulée Bruxelles –Des Celtes aux ducs de Bourgogne parue à Rouen aux Éditions Petit à petit raconte, en huit courts récits bien ficelés l’histoire chahutée, entre 25 avant J.-C. et 1478 après J.-C., de la future capitale de la Belgique et de l’Europe.

Il y est question de l’usage de la cervoise comme potion magique par les Celtes de la Gaule Belgique en 25 avant notre ère, de la proclamation par ses troupes de Postumus comme empereur en 260, de l’empoisonnement, en 695 à Bruocsella et avec de la bière, de Vindicien d’Arras, évêque de Cambrai, la venue à Brossella en 979 de  Charles de Lotharingie, prétendant au trône de France, l’érection, minée vers 1047  par une grève des maçons et des brasseurs, d’une maison forte sur la colline du Coudenberg par Lambert II Balderic, comte de Louvain, l’alliance commerciale entre les ports de Bruxelles et de Londres en 1130, la construction des fortifications de la ville par les ducs de Brabant au XIIIsiècle, la rivalité guerrière entre le comte de Flandre et le duc de Brabant en 1356, l’assassinat en 1430 du comte de Worcester, membre de l’Ordre de la Toison d’Or, sur ordre du roi de France Charles VII et l’alliance en 1477 de Marie de Bourgogne et Maximilien de Habsbourg pour déjouer les visées de Louis XI.

Le tout entrecoupé de documents iconographiques et explicatifs d’une grande précision et d’une belle clarté…

Passionnant !

Bernard DELCORD

Bruxelles – Tome 1 - Des Celtes aux ducs de Bourgogne – De 25 avant J.-C. à 1478 après J.-C., documentation d’Arnaud de la Croix, scénario d’Hugues Payen, dessins de Chandre, Alcove, Théo Dubois d’Enghien, Cynthia Ventura, Arnaud Jouffroy et Thomas Balard, Rouen, Éditions Petit à petit, collection « L’histoire dans l’Histoire », octobre 2017, 80 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,90 €

22:23 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/10/2017

« Les époques dégueulasses sont propices aux chefs-d’œuvre. » (Georges Wolinski)

Tous les secrets de La Licorne.jpg

Georges Remi dit Hergé, né le 22 mai 1907 à Etterbeek et mort le 3 mars 1983 à Woluwe-Saint-Lambert, est un auteur belge de bandes dessinées mondialement connu pour Les Aventures de Tintin.
 
Le Secret de La Licorne est le onzième album de celles-ci, prépublié en noir et blanc du 11 juin 1942 au 14 janvier 1943 dans les pages du Soir « volé » dont la rédaction fut dirigée de janvier 1941 à octobre 1943 [1] par le publiciste collaborationniste, belgiciste, royaliste, unitaire et rexiste Raymond De Becker (Bruxelles 1912 – suicidé à Versailles en 1969)[2]. L'album en couleurs est paru en 1943.
 
Il avait été précédé dans les colonnes du même journal par Le Crabe aux pinces d'or (1940-1941 ; cet album marque l'arrivée du capitaine Haddock dans la série) ainsi que par L’Étoile mystérieuse (1941-1942) et il y sera suivi par Le Trésor de Rackham le Rouge (1943) et par une partie des Sept boules de cristal dont la publication sera interrompue le 2 septembre 1944 en raison de l’arrivée des Alliés et de la Libération de la Belgique. La parution reprendra en 1946.
 
Bien que les circonstances de sa parution aient été sujettes à caution (après la Libération, Hergé fut interdit de publication jusqu’en septembre 1946), Le Secret de La Licorne est une immense réussite sur les plans du scénario, de la documentation et du graphisme. Hergé y peaufine sa technique déjà grande de la ligne claire [3] et y fait montre d’une extraordinaire virtuosité technique.
 
On en trouvera une preuve magnifique dans Tous les secrets de La Licorne, un superbe ouvrage publié en coédition par Gallimard à Paris et Moulinsart à Bruxelles sous la plume d’Yves Horeau, historien de la marine du XVIIe siècle, romancier et tintinophile (Tintin, Haddock et les bateaux, Éditions Moulinsart, 1999), de Jacques Hiron (coauteur avec Yves Horeau des 120 fascicules de la collection Construisez La Licorne, Paris, Éditions Hachette, 2011) et de Dominique Maricq, auteur et archiviste aux Studios Hergé.
 
Ces auteurs passionnés y détaillent par le menu la manière dont Hergé a imaginé son trois-mâts en s’inspirant des bâtiments de la marine de Louis XIV et lui a donné le nom d’un animal mythologique, ainsi que la façon dont le scénario s’est alors mis en place, le tout accompagné de plus de 300 illustrations (strips, bleus de coloriage, crayonnés, planches au trait, plans, maquettes, objets de marine et tableaux) qui permettent de saisir la genèse et d’assister au développement d’une œuvre artistique d’importance.
 
Fascinant !
 
Bernard DELCORD
 
Tous les secrets de La Licorne par Yves Horeau, Jacques Hiron et Dominique Maricq, Paris-Bruxelles, Éditions Gallimard et Moulinsart, octobre 2017, 184 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 28,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 35 €
 
 [1] Ce poste avait d’abord été occupé en 1940 par l’écrivain Horace Van Offel (1876-1944) et c’est le rexiste ultra Max Hodeige qui succédera à Raymond De Becker jusqu’en septembre 1944.

 [2] Condamné à mort le 24 juillet 1946 par le Conseil de Guerre de Bruxelles, Raymond De Becker verra sa peine commuée par la suite en détention à perpétuité, avant qu'il ne soit finalement gracié le 22 février 1951. Après sa remise en liberté, il publiera des ouvrages dans des domaines tout aussi variés que le cinéma, l'homosexualité, les philosophies orientales... Son goût pour le paranormal l'a aussi amené à écrire des articles pour la revue Planète. Jusqu’à sa mort, il resta en contact avec Hergé qui en a fait un personnage de Vol 714 pour Sydney (1968).

 [3] Il s'agit d'un dessin caractérisé, après la réalisation des crayonnés, par un trait d'encre noire d'épaisseur constante. Chaque élément forme une cellule isolée par son contour, et reçoit une couleur donnée. Chaque couleur se trouve donc ainsi séparée de sa voisine par un trait.

25/07/2017

La peinture pour tous...

Racontant un épisode de la vie de l’artiste avant d’en présenter l’œuvre générale, la collection « Les Grands Peintres » publiée chez Glénat à Grenoble est un bel outil qui met l’histoire de la peinture européenne des XIXe et XXe siècles à la portée des jeunes et de ceux qui le sont moins.
Elle est riche de nombreux titres, parmi lesquels nous avons épinglé les cinq suivants, dont nous reproduisons le pitch :
 
Gauguin par Patrick Weber & Nicoby

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 « Novembre 1888. Fourbu, Paul Gauguin arrive à Arles à la fin de la nuit... Cela fait des semaines que Van Gogh l'implore de venir le rejoindre dans le sud. Il rêve d'un travail en atelier. C'est alors le début d'une curieuse relation. Les deux peintres font plus que cohabiter, ils tentent d'unir leurs talents et confrontent leurs existences. S'ils sont conscients de leur génie respectif, chacun s'estime supérieur à l'autre. Les deux amis en arrivent à se détester lorsque Paul travaille sur une œuvre personnelle alors que Vincent voudrait privilégier un travail commun. Mais Paul ne veut rien entendre, il conçoit seul le Portrait de l'artiste au Christ jaune, que Van Gogh se met à haïr...
Patrick Weber et Nicoby nous font découvrir l'œuvre de Gauguin à travers un moment charnière de sa vie : sa cohabitation à Arles avec Van Gogh. Deux mois d'amitié, d'affrontement et d'incompréhension, animés par la passion de l'art et les pulsions destructrices qu'elle peut engendrer. »
 
Monet par Frank Secka & Vincent Gravé 

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 « Giverny, automne 1886. Émilie, jeune protégée de Claude Monet, fait la rencontre de Francis Hawkins, fils d'un galeriste de New York venu rencontrer le célèbre peintre impressionniste. L'une vit en France, l'autre aux États-Unis, mais, malgré cette distance, ils le savent : un jour, ils se marieront. Cette promesse marque le début d'un amour pur qui sera pourtant souvent perturbé par les aléas de l'Histoire. Un amour qui traversera 4 saisons, 4 périodes de l'œuvre de Monet et qui sera toujours bercé par les magnifiques couleurs du jardin du peintre, lorsqu'il réalisera ses célèbres Nymphéas...
Tant par le scénario que par le dessin, Frank Secka et Vincent Gravé nous replongent avec force dans la fin de l'œuvre de Monet, période Giverny, et dans ce bouillonnant moment artistique que fut le début du XXe siècle en France. »
 
Egon Schiele par Dimitri Joannidès & Nicolas Sure
 

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« 1912, Vienne. Le fougueux Egon Schiele fait parler de lui dans la capitale autrichienne. Fasciné par les plaisirs interdits, ce jeune peintre est réputé pour dessiner de très jeunes filles dans des positions lascives et suggestives, s'attirant les foudres de la bienpensante bourgeoisie. Accusé à tort d'avoir violé l'un de ses derniers modèles, une mineure, Schiele est à présent en prison en attente de son jugement. Pour assurer sa défense, ses deux meilleurs amis et son avocat vont faire appel aux plus grands de l'époque alors rassemblés à Vienne : Stefan Zweig, Sigmund Freud, Gustav Klimt... tous, captivés par le génie de Schiele et par amour pour l'art, vont conjuguer leurs talents et leur influence. Peintre sulfureux cultivant le goût du scandale, mort à l'âge de 28 ans, Egon Schiele est une étoile filante de l'histoire de l'art. Sa courte vie aura pourtant marqué l'art du XXe siècle.

Retraçant l'épisode de son incarcération de 1912, Dimitri Joannidès et Nicolas Sure nous font découvrir la personnalité tout en excès de ce prodige, et en profitent pour nous plonger dans l'effervescence artistique qui habitait Vienne au début du XXe siècle. »
 
Géricault par Frank Giroud & Gilles Mezzomo

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« En juillet 1816, la frégate française La Méduse fait naufrage au large des côtes mauritaniennes. Pour préserver le confort du gouverneur et du capitaine à bord, les canots de sauvetage ne sont remplis qu'à moitié, si bien que l'essentiel de l'équipage doit quitter le navire à bord d'un radeau de fortune. Très vite, la promiscuité et le manque de vivres poussent les hommes à la sauvagerie... Les bonapartistes s'emparent de cette tragédie pour en faire le symbole de leur opposition au pouvoir royal.
Le peintre Géricault s'apprête même à en faire le sujet principal de son prochain tableau... Frank Giroud et Gilles Mezzomo nous plongent les secrets de la confection de l'un des tableaux les plus célèbres du monde. Ils en profitent pour nous montrer comment, dans l'Histoire, l'art a aussi pu servir d'outil politique. »
 
Renoir par Dodo & Ben Radis

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« Paris, hiver 1893. Par l'intermédiaire de son ami le marchand d'art Paul Durand Ruel, Auguste Renoir rencontre Erik Satie au cabaret montmartrois du Chat Noir. En discutant, Renoir se rend compte qu'il connait la future épouse de Satie qui fut un temps l'une de ses muses. À l'époque, le peintre avait deux modèles féminins favoris qui étaient également ses maîtresses : Suzanne Valadon, qui posa pour Danse à la Ville, et Aline Charigot pour Danse à la Campagne. Deux rivales, de caractères totalement opposés, qui se jalousaient Renoir et dont le destin a ironiquement voulu que leurs tableaux soient toujours exposés côte à côte. Une relation tumultueuse qui démontre l'influence des muses sur les artistes de l'époque.
Dodo et Ben Radis nous replongent dans l'effervescence artistique du Montmartre de la fin du XIXe siècle : cette période de transition entre la Commune et la Première Guerre mondiale qui fut l'une des plus prolifiques de l'histoire des arts. »
 
Bernard DELCORD
 
Gauguin par Patrick Weber & Nicoby, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Monet par Frank Seeka & Vincent Gravé, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Egon Schiele par Dimitri Joannidès & Nicolas Sure, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », mars 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Géricault par Frank Giroud & Gilles Mezzomo, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », juin 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)
 
Renoir par Dodo & Ben Radis, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Les Grands Peintres », juin 2016, 56 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 14,50 € (prix France)

21:26 Écrit par Bernard dans Arts, Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/06/2017

Un emblème des années 1950…

Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954.jpg

L’album intitulé Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954 sorti aux Éditions Dupuis à Marcinelle rassemble les aventures – passionnantes – du détective pour les compagnies d’assurance Jean Valhardi qu'Eddy Paape dessina à l'époque pour le Journal de Spirou.

Ce troisième volume rassemble, après un important volet introductif de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Jean Valhardi et les êtres de la forêt (1950-51, scénario d’Yvan Delporte), Le château maudit (1951-52, scénario de Jean-Michel Charlier, une BD cultissime…), Le rayon super-gamma (1952-53, scénario de Jean-Michel Charlier) et La machine à conquérir le monde (1953-54, scénario de Jean-Michel Charlier). Y est adjoint un conte illustré de deux pages, inédit en album, intitulé Au feu !... (septembre 1952, scénario de Xavier Snoeck).

Un monument de la bande dessinée belge des Golden Fifties !

Bernard DELCORD

Jean Valhardi, l’intégrale 3, 1950-1954 par Eddy Paape, Jean-Michel Charlier et Yvan Delporte, introduction de Christelle et Bertrand Pissavy-Yvernault, Marcinelle, Éditions Dupuis, juin 2017, 300 pp. en quadrichromie, au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 35 €

12:28 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/06/2017

La sottise contemporaine mise à nu…

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Les Éditions Dargaud à Bruxelles ont réuni dans Lauzier les quatre albums du grand maître de l’humour décapant qu’était [1] l’auteur de La Course du rat (1978), de La Tête dans le sac (1980), de Souvenirs d'un jeune homme (1983) et de Portrait de l'artiste (1992) dans lesquels il croquait à pleines dents et avec un talent fou des cadres dépressifs, des intellectuels de gauche suffisants, des révolutionnaires pathétiques, des bourgeois satisfaits et des femmes sublimes de beauté, de naïveté, de bêtise ou d’ambition.

La charge – qui n’a pas pris une ride, rien n’ayant changé sous le soleil – était à la fois terrible, monumentale et drôlissime, et elle fit des ravages dans les rangs de la gauche caviar et parmi les bobos parisiens dont elle suscita l’ire, tant le portrait ridicule qu’elle brossait d’eux était criant de vérité.

Trois de ces albums, adaptés au cinéma avec Christian Clavier (Je vais craquerLa Course du rat, 1980) et Guy Marchand (La Tête dans le sac, 1984 et P’tit con – Souvenirs d'un jeune homme, 1984), sont d’ailleurs devenus des classiques incontournables.

Quatre pintes de bon sang !

Bernard DELCORD

Lauzier par Gérard Lauzier, Bruxelles, Éditions Dargaud, avril 2017, 240 pp. en quadrichromie au format 24,2 x 31,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,99 €

 

[1] Dessinateur de BD (Les Sextraordinaires Aventures de Zizi et Peter Panpan dans Lui, 1974, Tranches de vie dans Pilote, 1974-1978, Les Sexties, 1980, Les Cadres, 1981), scénariste (Psy, 1981, À gauche en sortant de l'ascenseur, 1988), auteur de pièces de théâtre (Le Garçon d'appartement, 1980, L'Amuse-gueule, 1986) et réalisateur de cinéma (Mon père, ce héros, 1991, Le plus beau métier du monde, 1996), Gérard Lauzier était né à Marseille en 1932 et est décédé à Paris en 2008.

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25/05/2017

Clap de fin...

La Patrouille des Castors, l’intégrale 8.jpg

Publiés dans Le journal de Spirou entre 1990 et 1994, les deux albums réunis dans La Patrouille des Castors, l’intégrale 8 (chez Dupuis à Marcinelle) ont pour titre Torrent sur Mesin (1990) et La pierre de foudre (1993), auxquels sont joints 11 planches en noir et blanc de Les naufragés de la Marie-Jolie (s.d., inachevé en raison du décès de MiTacq), 6 planches en couleurs des Zoms (1989) et 8 planches en couleurs de La patrouille des Zoms (1994), deux pastiches animaliers de la patrouille des Castors, dont les personnages sont… des castors.

L’ouvrage – le dernier de la collection – bénéficie en outre d’une introduction très documentée et abondamment illustrée de documents divers, rédigée par le journaliste Gilles Ratier, un grand érudit en matière de bandes dessinées.

La fin de bien belles aventures !

Bernard DELCORD

La Patrouille des Castors, l’intégrale 8 par MiTacq et Wasterlain, Marcinelle, Éditions Dupuis, collection « Patrimoine », mai 2017, 220 pp. en quadrichromie au format 22 x 30 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 28 €

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