01/12/2016

« Un gentleman, c’est celui qui est capable de décrire Sophia Loren sans faire de geste. » (Michel Audiard)

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Michel Audiard (1920-1985) qui travailla sur plus de cent films et à qui l’on doit une dizaine de livres, est sans conteste le plus célèbre dialoguiste du cinéma français et son œuvre a été intégralement rassemblée et analysée par Stéphane Germain dans Michel Audiard - L'encyclopédie publié aux Éditions Hugo Image à Paris, un remarquable beau livre, abondamment illustré d'affiches et de photos d'époque, qui fourmille d’histoires, d’analyses, de citations et d’anecdotes relatives à cet artiste au talent exceptionnel.

Ceux qui connaissent par cœur les répliques des Tontons flingueurs ou d'Un singe en hiver y constateront avec bonheur qu'il existe de nombreux autres bijoux tombés injustement dans l'oubli.

Et les amateurs d'Un taxi pour Tobrouk ou du Pacha y feront aussi la connaissance du polémiste, du romancier désabusé et de l'homme blessé caché derrière ceux qu'il fit parler avec une verve gouaille : Jean Gabin, Bernard Blier, Jean-Paul Belmondo, Lino Ventura, Annie Girardot, Charles Aznavour, Mireille Darc, Louis Jouvet, Bourvil, Louis de Funès, Paul Meurisse, Francis Blanche, Jean-Pierre Marielle, Maurice Biraud, André Pousse ou Michel Serrault, entre autres…

Florilège :

Raymond Souplex : Comme je lui disais « Vous condamnez un peintre à mourir de faim », il m’a répondu : « Faites moins de croûtes et vous gagnerez la vôtre ».

(Garou-Garou, le passe-muraille de Jean Boyer, 1951)

– Jean Gabin, à propos d’un homme appelé à témoigner à la barre dans une affaire de meurtre : En trafiquant, il aurait été odieux, mais en cocu, il sera magnifique. Les jurés pleureront. Il y a toujours des connaisseurs…

(Le désordre et la nuit de Gilles Grangier, 1958)

– German Cobos : Moi, c’que j’aime pas, c’est leur police militaire…

– Charles Aznavour : Policier et militaire… Y’en a qu’ont du vice !

(Un taxi pour Tobrouk de Denys de la Patellière, 1960)

– Bernard Blier : Parce que j’aime autant vous dire que pour moi, Monsieur Éric, avec ses costumes écossais tissés à Roubaix, ses boutons de manchettes en simili et ses pompes italiennes fabriquées à Grenoble, eh ben, c’est rien qu’un demi-sel. Et là, je parle juste question présentation, parce que si je voulais me lancer dans la psychanalyse, j’ajouterais que c’est le roi des cons…

(Le cave se rebiffe de Gilles Grangier, 1961)

– Robert Dalban : J’ai peut-être une bonne affaire. Je connais un gars qui cherche un bateau. Tu pourrais lui vendre le tien.

– Jean-Paul Belmondo : Mais j’en ai pas !

– Robert Dalban : C’est pour ça que c’est une bonne affaire…

(L’incorrigible de Philippe de Broca, 1975)

Un livre événement sur un génie du verbe !

Bernard DELCORD

Michel Audiard - L'encyclopédie par Stéphane Germain, Paris, Éditions Hugo Image, octobre 2016, 295 pp. en quadrichromie au format 21 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,95 € (prix France)

24/11/2015

« Le cinéma, c’est l’écriture moderne dont l’encre est la lumière. » (Jean Cocteau)

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Docteur en histoire après des études aux universités de Genève et d'Oxford, colauréat du prix d'histoire Gustave Ador, lauréat d'une bourse Besse (Oxford) et du Fonds National Scientifique suisse, François Garçon est maitre de conférences à l'université Paris 1 où il a créé en 2006 le Master 2 professionnel Cinéma-Télévision-Nouveaux Médias, une formation réputée dans son secteur.

Il est également auteur d'un De Blum à Pétain, Cinéma et société française, 1936-1944 (Le Cerf, 1984) et de l’Enquête sur le Cauchemar de Darwin (Flammarion, 2006) qui mit en pièces les arguments du pseudo-documentaire sorti en 2004 et si cher aux altermondialistes, réalisé par Hubert Sauper et coproduit par la France, l'Autriche, la Belgique, le Canada, la Finlande et la Suède, un film dont il démontra l’imposture [1].

On lui doit aussi, paru pour la première fois en 1994 et entièrement remis à jour en 2015 pour les 120 ans de la doyenne mondiale des compagnies de cinéma, un intéressant petit essai bellement illustré et intitulé Gaumont - Depuis que le cinéma existe (aux Éditions Gallimard, dans la collection « Découvertes »), pendant livresque d’une exposition éponyme montrée du 15 avril au 5 août 2015 au Centquatre-Paris [2], qui a guidé le public dans un voyage au cœur l’histoire du cinéma grâce à des pièces du musée Gaumont, du musée des Arts forains, des extraits de films, des affiches, des costumes, des appareils anciens et des objets rares.

À l'origine, ce fut la rencontre d'un jeune ingénieur passionné par la technique photographique, Léon Gaumont, et du cinématographe. Aujourd'hui, c’est une société qui produit, distribue et exploite aux quatre coins du monde un patrimoine comptant parmi ses nombreux talents Alice Guy, première réalisatrice, Louis Feuillade et ses Vampires, Jean Vigo le rebelle, Martine Carol la sulfureuse ou, dialogués par Michel Audiard, des films mythiques comme Cent mille dollars au soleil ou Les Tontons flingueurs.

Cent mille dollars au soleil (affiche).jpg

Plus près de nous, de La Boum à 37°2 le matin, de La Gloire de mon père au Grand Bleu, de La Folie des grandeurs à La Chèvre ou aux Visiteurs, des œuvres comme OSS 117, Intouchables, Les Garçons ou Guillaume à table ! sont les nouveaux films cultes d’une usine à rêve plus éveillée que jamais !

Bernard DELCORD

Gaumont - Depuis que le cinéma existe par François Garçon, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes », octobre 2015, 128 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,80 € (prix France)

 

[1] Source : http://www.francois-garcon.com/biographie/

[2] 5 rue Curial, Paris XIXe.

11/10/2014

Bienvenue à Scenarii !

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Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 10/10/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Saluons en fanfare la naissance d’une nouvelle maison d’édition belge de langue française, SCENARII, qui se donne pour vocation de publier des scénarios de longs métrages de fictions non encore réalisés.

« Des scénarios qui partent à la rencontre de leurs lecteurs grâce à leurs réelles qualités littéraires, de belles histoires qui ont mieux à vivre que de rester dans des tiroirs… », assurent les deux passionnés de littérature et de cinéma qui se sont lancés dans cette belle aventure éditoriale.

À leur catalogue, deux premiers titres, Maria – La Malibran par Christian Alvarez, diplômé de lettres modernes à Paris et de cinéma à Santiago du Chili et à La Havane, et Djem par Mustafa Balci, un Belgo-turc diplômé en cinéma par l’INSAS – une référence internationale, donc –, né en Belgique en 1972 et qui a passé son enfance dans les Ardennes et les Cantons de l’Est.

Le premier texte tourne autour des dernières années de vie de la mezzo-soprano espagnole Maria Malibran (1808-1836), qui épousa en secondes noces le violoniste belge Charles-Auguste de Bériot et dont la célébrité était mondiale. Elle mourut des suites d’une chute de cheval et son corps repose au cimetière de Laeken. L’occasion pour Christian Alvarez de se livrer à une réflexion originale sur les rapports entre l’artiste et son art.

Le deuxième texte, un conte initiatique et poétique – l’auteur a subi les influences du soufisme et du chamanisme –, constitue le récit du retour forcé au village familial d’un jeune Turc de Bruxelles qui trouvera dans ses racines la réponse à bien des questions sur le sens de la vie.

De bien belles lectures, que l’on souhaite ardemment voir un jour portées à l’écran !

Bernard DELCORD

Maria – La Malibran,long-métrage de fiction. Un scénario de Christian Alvarez, Bruxelles, Éditions Scenarii, mai 2014, 163 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 20,5 cm sous couverture en bichromie, 12 €

Djem,long-métrage de fiction. Un scénario de Mustafa Balci, Bruxelles, Éditions Scenarii, mai 2014, 100 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 20,5 cm sous couverture en bichromie, 12 €

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19/11/2012

Au cœur des rêves de l'usine à rêves...

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Catalogue richement illustré de l'exposition éponyme gratuite organisée par la mairie de la Ville-Lumière avec les collections de La Cinémathèque française et présentée à la salle Saint-Jean[1] jusqu'au 29 décembre 2012, le magnifique ouvrage intitulé Paris vu par Hollywood (coédité par Skira et Flammarion et rédigé par une belle brochette de brillants critiques français et américainssous la direction d'Antoine de Baecque) donne à voir l'image quasi idolâtre de la capitale française créée depuis cent ans pour son public par le cinéma hollywoodien, celle d'une cité incontournable de l'art de vivre so chic, élégant, insouciant et libre.

On y retrouve donc, à travers les images de David Griffith (Les Deux Orphelines, 1921), d'Ernst Lubitsch (Montmartre en 1921, So this is Paris en 1926, Parade d'amour en 1929, La Veuve joyeuse en 1934, Ninotchka en 1939), de Charlie Chaplin (L'Opinion publique, 1923), de Rex Ingram (Scaramouche, 1923), de King Vidor (La Bohême, 1926), de George Cukor (Le Roman de Marguerite Gautier en 1936, Les Girls en 1957), de Michael Curtiz (Casablanca, 1942), de Jules Dassin (Réunion en France, 1942), de Vincente Minnelli (Un Américain à Paris en 1951, Gigi en 1958), de John Huston (Moulin Rouge, 1952), de Howard Hawks (Les hommes préfèrent les blondes, 1954), de Billy Wilder (Sabrina en 1954, Ariane en 1957, Irma la Douce en 1963), de Blake Edwards (Vacances à Paris en 1958, La Panthère rose en 1963 et les huit films qui lui ont succédé dans la série jusqu'en 1993), de Walter Lang (Can-Can, 1960), d'Alfred Hitchcock (Topaz, 1969), de Roman Polanski (Frantic, 1988), de Woody Allen (Tout le monde dit I love you en 1996, Midnight in Paris en 2011), de Brian De Palma (Femme fatale, 2002), de Quentin Tarantino (Inglorious Basterds, 2009), de Martin Scorsese (Hugo, 2011), de Clint Eastwood (Au-delà, 2011) ainsi qu'à travers des films consacrés à des personnalités célèbres (comme Marie-Antoinette par Woodbridge S. Van Dyke en 1938 et par Sofia Coppola en 2006) ou des productions des Studios Disney (Les Aristochats en 1970, La Coccinelle à Monte-Carlo en 1977, Le Bossu de Notre-Dame en 1996, Ratatouille en 2007), un Paris imaginaire mais aux accents de vérité, à tel point que des cinéastes français n'hésitèrent pas à la copier dans leur œuvre, comme Jean Renoir dans French Cancan en 1954.

Une place de choix a été accordée à Audrey Hepburn, l'actrice glamour par excellence – qui, soit dit en passant, était née à Bruxelles... – ainsi qu'à Danielle Darrieux, à Leslie Caron, à Maurice Chevalier ou à Julie Despy, qui ont chacun à sa manière représenté les facettes colorées du French way of life à la sauce US.

Un beau recueil de magnifiques cartes postales touristiques !

Bernard DELCORD

Paris vu par Hollywood, ouvrage collectif sous la direction d'Antoine de Baecque, Paris, coédition Skira/Flammarion, collection « Expositions de Paris », septembre 2012, 288 pp. en quadrichromie au format 24,5 x 28,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 € (prix France)



[1] Salle Saint-Jean. 5 rue de Lobau – 75004 Paris. Tél : 01 42 76 51 53.

Ouvert tous les jours sauf dimanche et jours fériés, de 10h à 19h.

Métro : ligne(s) 1,11 – Hôtel de Ville ; ligne(s) 1,4,7,11,14 – Châtelet ; ligne 4 – Cité ; ligne 4 – Saint-Michel – Notre-Dame.

28/05/2012

Les mots de l'usine à rêves

Producteur indépendant, Yves Rousset-Rouard a notamment été, au sein du Centre national du Cinéma français, vice-président de la Commission d’avance sur recettes et président de la Commission d’agrément. Ancien président d’UniFrance, il a également dirigé l’Association française des producteurs de films (AFPF) et le Bureau de liaison de l’industrie cinématographique (BLIC).

Il était donc tout indiqué qu'il rédigeât Les 100 mots du cinéma, un ouvrage publié à Paris aux Éditions des Presses universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », que l'on ne présente plus.

Comment naît un film ? Comment se prépare-t-il ? Comment se fabrique-t-il ? Comment se distribue-t-il ? Comment disparaît-il parfois ou, au contraire, comment devient-il le reflet d'une époque, voire un miroir pour toutes les époques ? En répondant à ces questions, l'auteur invite le lecteur à entrer dans le monde du cinéma pour y suivre le processus de création d'un film, depuis l'idée du scénario jusqu'à la sortie en salle avant les autres exploitations.

Du maquilleur au casting, des ventouses au costumier, des Césars aux figurants, ce petit livre présente l'activité cinématographique concrète, un métier d'artisans qui utilise des moyens industriels parfois considérables pour créer une œuvre originale et unique.

Un (bout d') essai passionnant !

Bernard DELCORD

Les 100 mots du cinéma par Yves Rousset-Rouard, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », avril 2012, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,6 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 9,20 € (prix France)

Liste des 100 mots :

14 h, la première séance – Accessoiriste – Acteurs – Adaptation – Administrateur – Affiche – Agent d’artistes – Aides – Argent – Assistant réalisateur – Assistant(e) de production – Attaché(e) de presse – Avance sur recettes sélective – Avant-première – Banc-titre – Bande-annonce – Bible – BLIC et BLOC – Borgnol – Box-office – Cadreur – Cantine – Cascadeur – Casting – César et Oscar – Chauffeurs – Chef décorateur – Chef électro – Chef machiniste – Chef monteur image – Chef monteur son – Cinémathèque – CNC – Commission d’agrément – Commission Film France – Continuité dialoguée – Costumier – Crédit d’impôt – Découpage – Dialoguiste – Directeur de la photographie – Directeur de production – Distribution – Doublures – Ensemblier – Exploitants de salles – Export – Festivals – Feuille – Feuille de service – Figurants – Fonds de la loi TEPA – Formats – Générique – Genres – Idée – Ingénieur du son – Laboratoire – Lieux de rendez-vous – Making of – Maquilleur – Musique – Nihil obstat – Nuit américaine – Photographe de plateau – Piratage – Plan de travail – Plans/cadre – Producteur – Producteur associé – Producteur délégué – Producteur exécutif – Projets – Publicité – Raccords – Réalisateur – Régisseur général – Remake – Repérages – Retake – Rushes – Scénario – Scripte – Silence, on tourne ! – Sneak-preview – Soficas – Stagiaires – Story-board – Studio – Téléphone – Titre – Toile – Travelling – TRIP – Trucages –TSA – UniFrance – Ventouses.

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10/10/2011

Quand Bruxelles sort en boîte (à images)…

Dans Bruxelles fait son cinéma, un petit essai éclairant fort brillamment rédigé (par le cinéphile Georges Lebouc) et très habilement illustré (par le photographe Laurent Poma ) qui vient de paraître chez 180° éditions à Saint-Gilles, le lecteur apprend tout, à travers la présentation d’une sélection de 60 films, sur les liens entretenus par le cinéma avec la capitale belge de l’Europe, et ils sont nombreux !

Bien entendu, la plupart des cinéastes de chez nous ont choisi la ville de Tintin pour cadre de l’un ou l’autre de leurs films. Cela va du précurseur Alfred Machin (Saïda a enlevé Manneken-Pis, 1913), bien oublié aujourd’hui, à Jaco van Dormael (Mr Nobody, 2009), sans oublier Gaston Schoukens (Bossemans et Coppenolle, 1938, Un « Soir » de joie, 1954), André Delvaux (Belle, 1972), Jacques Brel (Le Far West, 1973), Benoît Lamy (Home sweet Home, 1973), André Ernotte (Rue Haute, 1976), Gérard Corbiau (Le Maître de Musique, 1988), Stijn Coninx (Koko Flanel, 1990, Daens, 1993), Rémy Belvaux (C’est arrivé près de chez vous, 1993), Jan Bucquoy (La Vie sexuelle des Belges, 1994), Alain Berliner (J’aurais voulu être un danseur, 2005)…

Mais nombre de réalisateurs français ont aussi tourné dans la cité des Kiekefretters : Philippe Fourastié (La Bande à Bonnot, 1968), Claude Chabrol (La Rupture, 1970, Le Sang des autres, 1984), Alain Resnais (Providence, 1976), Bertrand Blier (Préparez vos mouchoirs, 1977), Claude Miller (Mortelle randonnée, 1982), Patrice Leconte (Monsieur Hire, 1988), Jacques Rouffio (L’Orchestre rouge, 1989), Éric-Emmanuel Schmitt (Odette Toulemonde, 2006), François Ozon (Angel, 2007), Laurent Tirard (Le petit Nicolas, 2008), Yann Moix (Cineman, 2010) et Dany Boon (Rien à déclarer, 2010), par exemple.

Sans oublier l’un(e) ou l’autre cinéaste venu(e) notamment des États-Unis (Fred Zinnemann, Au risque de se perdre, 1959, avec l’actrice Audrey Hepburn née à Ixelles en 1929), de Pologne (Jerzy Skolimowski (Le Départ, 1967) ou des Pays-Bas (Dorothée van den Berghe (Meisje, 2002), de même que diverses scènes et épisodes de Meurtres à domicile, Louis la Brocante, Les Anges gardiens, Les Barons et de bien d'autres longs métrages.

Qui ont fait leur chouchou de Bruxelles, en quelque sorte…

Bernard DELCORD

Bruxelles fait son cinéma par Georges Lebouc, photographies de Laurent Poma, introduction par Henri Sonet, Bruxelles, 180° éditions, collection "Bruxelles ma belle", septembre 2011, 128 pp. en quadrichromie au format 21 x 15 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19 €

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27/06/2011

« Il n'y a aucun mérite à être quoi que ce soit. » (Marcel Mariën)

Le texte ci-dessous a été mis en ligne le 27/06/2011 sur le site du magazine satirique belge sur Internet SATIRICON.BE (www.satiricon.be) :

Le 15 mars 1960, parodiant à sa manière le livre de dévotion chrétienne L’Imitation de Jésus-Christ du moine allemand Thomas a Kempis (1380-1471), l’écrivain surréaliste belge Marcel Mariën (1920-1993), qui était aussi poète, essayiste, éditeur, photographe, cinéaste, créateur de collages et d'objets insolites tout autant que révolutionnaire d’obédiences diverses, fit projeter un film dont il était l’auteur et dont Tom Gutt [1] (1941-2002) était l’acteur principal, L’Imitation du Cinéma, une farce érotico-freudienne anticléricale qui fit un beau scandale durant quelques jours avant d’être interdite une bonne fois pour toutes.

Or ne voilà-t-il pas qu’un petit éditeur belge, La Maison d’à côté, vient de ressortir en DVD cette histoire d’un jeune homme du XXsiècle qui, pour trop avoir lu l’œuvre mystique du sous-prieur de l’abbaye de Zwolle, choisit de se faire crucifier… par imitation.

Il n’y a pas loin, on s’en doute, du comique à la provocation et au blasphème mais, si l’on ne peut que louer la qualité du travail technique réalisé pour mettre ce film surréaliste (le seul, en somme, avec Le chien andalou et L’âge d’or de Buñuel) à la portée du public contemporain, force est de constater qu’il a beaucoup perdu de son impact et que l’on se surprend trop souvent à bayer aux corneilles devant ses recherches d’effet devenues quelque peu surannées…

Sic transit gloria rerum novarum !

PÉTRONE

L’Imitation du Cinéma de Marcel Mariën, Histoire d’un film ignoble (comprenant le film de 52’ sur DVD, quelques bonus, une interview de l’auteur et un livret de 87 pp. analysant l’histoire du film, augmenté de textes de Marcel Mariën), Bruxelles, La Maison d’à côté, septembre 2010, un coffret cartonné en noir et blanc au format 15 x 15 cm, 27,60 €

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[1] Le petit-fils du célèbre ministre des Finances Camille Gutt (1884-1971) qui exerça ses fonctions de 1940 à 1945 avant de devenir… le premier directeur général du Fonds monétaire international de 1946 à 1951.