19/06/2017

« La littérature est une affaire sérieuse, pour un pays, elle est, au bout du compte, son visage… » (Louis Aragon)

De la Révolution à la Belle Époque.jpg

Alain Viala est historien et sociologue de la littérature française. Professeur émérite à la Sorbonne, il enseigne à l'université d'Oxford. Il est l'auteur de Naissance de l'écrivain. Sociologie de la littérature à l'Age classique (Éditions de Minuit), du Dictionnaire du littéraire et de La France galante (Presses universitaires de France). Paul Aron est professeur de littérature à l'Université libre de Bruxelles. Il est l'auteur de nombreux ouvrages dont, aux Presses universitaires de France, Histoire du pastiche. Ensemble, ils ont publié Sociologie de la littérature (Presses universitaires de France) et Les 100 mots du littéraire (Presses universitaires de France).

Ces deux spécialistes se sont associés une nouvelle fois pour faire paraître chez cet éditeur le troisième volume de la collection « Une histoire brève de la littérature française », intitulé De la Révolution à la Belle Époque dans lequel ils passent au peigne fin le contexte (historique, sociologique, politique, culturel…) et l’histoire de la production foisonnante des œuvres littéraires et artistiques françaises entre 1789 et 1914, issues d’auteurs et d’artistes innombrables qui ont marqué et marquent encore l’histoire de la pensée mondiale.

C’est qu’à cette époque, comme l’écrit Alain Viala : « Avec la Révolution française, triomphe de la liberté comme idéal, nous entrons dans une longue période faite de turbulences politiques et de bouleversements sociaux, durant laquelle le littéraire est, plus que jamais, investi dans les débats. Les romantiques crient leur “mal du siècle”, les réalistes dressent le portrait d'une société inégale, les naturalistes dénoncent et accusent. Les poètes établissent des canons qu'ils s'empressent de transgresser et les dramaturges expérimentent ».

Un essai passionnant qui mène le lecteur à (re)découvrir l’impact des Maximilien Robespierre, Jacques-Louis David, André Chénier, Madame de Staël, Alphonse de Lamartine, François-René de Chateaubriand, Charles Fourier, Victor Hugo, Stendhal, Honoré de Balzac, Alfred de Vigny, George Sand, Alfred de Musset, Alexandre Dumas fils, Théophile Gautier, Gérard de Nerval, Gustave Flaubert, Émile Zola, Gustave Courbet, Guy de Maupassant, Joris-Karl Huysmans, Jules Vallès, Charles Baudelaire, Paul Verlaine, Arthur Rimbaud, Ernest Renan, Lautréamont, Maurice Maeterlinck, Claude Debussy, Léon Bloy, Stéphane Mallarmé, Maurice Barrès, Marcel Proust, Charles Péguy, Pierre Loti, Francis Jammes, Georges Rodenbach, Guillaume Apollinaire, Paul Claudel, Alfred Jarry, Blaise Cendrars, et bien d’autres encore…

Une synthèse éclairante et éclairée !

Bernard DELCORD

De la Révolution à la Belle Époque par Alain Viala avec la collaboration de Paul Aron, Paris, Presses universitaire de France, collection « Une histoire brève de la littérature française », mai 2017, 397 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,00 € (prix France)

17:30 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/06/2017

De l'art du polar...

Le Policier fantôme.jpg

Voilà que reparaît dans la collection « Espace Nord » et dans une version habilement mise à jour, Le Policier fantôme (l’édition princeps date de 1984), le premier essai d’envergure de Luc Dellisse, une « mise en situation du roman policier belge de type classique », complétée d’un répertoire alphabétique des auteurs dressé avec l’aide de Patrick Moens, une véritable mine d’informations sur la genèse, la typologie et la carrière d’œuvres et d’auteurs fort variés.

On y croise en effet des noms célèbres (Georges Simenon, Stanislas-André Steeman, Jean Ray, Thomas Owen, Jean-Baptiste Baronian, Marie Gevers, Robert Poulet,  José-André Lacour, Jef Geeraerts, Henri Vernes, Paul Kenny, André-Paul Duchâteau, Maurice Tillieux, René Hénoumont, Nadine Monfils, Frank Andriat, Alain Berenboom, Patrick Delperdange, Xavier Deutsch, Barbara Abel,  Pascale Fonteneau, Benoît Peeters, Xavier Hanotte, Patrick Weber…), d’autres qui le sont moins (Martine Cadière, Michel Joiret, Philippe Bradfer, Guy Delhasse, Willy Grimmonprez…), mais aussi d’illustres inconnus (Carine, Robert Bedronne, Paul Darlix, Jacques Dastière, Réginald Harlowe, Octave Joly, Louis-Thomas Jurdant, Élie Lanotte, Jean Marsus, René-Joseph Musette, José Ortmans, Mister Van, Firmin Van den Bosch, Nory Zette…) qui tous occupent une place, petite ou grande, dans ce genre littéraire d’une vitalité exceptionnelle sous nos cieux (rarement) ensoleillés.

 

Le fruit savoureux de lectures innombrables !

Bernard DELCORD

Le Policier fantôme – Mise en situation du roman policier belge de type classique par Luc Dellisse, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », juin 2017, 385 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 11 €

16:12 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/04/2017

Massacre à la machette…

Le génocide des Tutsi au Rwanda.jpg

Constitutionnaliste et politologue belge, Filip Reyntjens est professeur émérite de droit et de sciences politiques à l'université d'Anvers. Ancien expert auprès du Tribunal pénal international pour le Rwanda, il a aussi participé à l'élaboration de la Constitution rwandaise.

Il a fait paraître à Paris, aux Éditions des Presses universitaires de France, dans la collection « Que sais-je ? », une brillante synthèse historique sur Le génocide des Tutsi au Rwanda, perpétré d'avril à juillet 1994 et qui fut exceptionnel par son envergure, sa rapidité et son mode opératoire : plus d'un demi-million de victimes ont été exterminées en cent jours.

Elles sont généralement tombées sous les coups d'un très grand nombre d'assassins ayant eu recours à des armes rudimentaires.

L’auteur tente de comprendre les ressorts de cette tragédie en répondant à des questions simples : comment s'est-elle déroulée ? Quelles en ont été les causes, lointaines ou plus immédiates ? Quelles séquelles a-t-elle laissées, au Congo notamment ?

Il montre aussi que ce génocide n'appartient pas qu'à l'histoire, car il reste un enjeu politique contemporain, tant au Rwanda qu'ailleurs, notamment en France où les controverses restent intenses et où les termes du débat sont souvent violents [1].

Et insultent la mémoire des victimes, Tutsi, Hutu modérés, Twa et casques bleus belges…

Bernard DELCORD

Le génocide des Tutsi au Rwanda par Filip Reyntjens, Paris, Éditions des Presses universitaires de France, collection « Que sais-je ? », avril 2017, 127 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 € (prix France)

 

[1] Le gouvernement français était alors dirigé par Édouard Balladur tandis que François Mitterrand exerçait la présidence de la République, et leur attitude face aux crimes perpétrés par les génocidaires hutu, très nombreux dans l’armée rwandaise dont beaucoup de cadres avaient été formés dans l’Hexagone, est à tout le moins sujette à caution, voire pire…

17:45 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/03/2017

« Qui a le droit avec soi peut aller le front haut. » (Sophocle)

Le droit d'auteur .jpg

L’avocat Emmanuel Pierrat est l'un des plus grands ténors du Barreau de Paris. Ce spécialiste du droit d'auteur, de l'édition et de l'image est aussi éditeur, romancier, traducteur, essayiste et chroniqueur juridique pour la revue Livres Hebdo. Fabrice Neaud, quant à lui, s'est fait connaître dans le monde de la bande dessinée avec son Journal.

Ils se sont associés pour faire paraître aux Éditions Le Lombard à Bruxelles Le droit d’auteur – Un dispositif de protection des œuvres, une bande dessinée didactique fort originale qui aborde sous tous ses aspects, avec une clarté digne de tous les éloges, la question si complexe du droit de la propriété littéraire et artistique.

Car les images, les sons, l'architecture, les objets, mais aussi nos paroles, nos vêtements, nos tatouages, nos coiffures, nos gestes… presque tout ce qui nous entoure est protégeable par le dispositif juridique appelé « droit de la propriété intellectuelle et artistique », c’est-à-dire le droit d'auteur.

Après en avoir décrit le champ d’application, l’ouvrage se penche sur des questions aussi diverses que les droits moraux (de divulgation, de respect de l’œuvre, de repentir et de respect du nom), ceux de l’exploitation d’une œuvre, ceux dits « voisins », le droit des bases de données, les sociétés de gestion collective, la rédaction de contrats, la rémunération, la contrefaçon, l’uniformisation et la globalisation du droit d’auteur, les nouveaux outils (parmi lesquels les applications pour Smartphones), la loi Hadopi et le verrouillage, le droit de la culture et le droit à la culture…

Un sac de nœuds gordiens habilement tranchés !

Bernard DELCORD

Le droit d'auteur – Un dispositif de protection des œuvres, texte d’Emmanuel Pierrat, dessins de Fabrice Neaud, couleurs de Christian Lerolle, avant-propos de David Vandermeulen, Bruxelles, Éditions Le Lombard, collection « La petite bédéthèque des savoirs », janvier 2017, 80 pp. en quadrichromie au format 14 x 19,7 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 10 €

13:28 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées, Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/02/2017

L’aigle des mots…

Sur la brièveté de la vie et autres sermons .jpg

Surnommé l'Aigle de Meaux, Jacques-Bénigne Bossuet, né le 27 septembre 1627 à Dijon et décédé le 12 avril 1704 à Paris, était un homme d'Église, docteur en théologie, évêque de Meaux, prédicateur et écrivain français. Il est resté célèbre pour ses sermons ainsi que ses oraisons funèbres [1] et certains voient en lui « le plus grand [orateur] peut-être que le monde ait connu ». [2]

Dans leur collection « Folio Sagesses », les Éditions Gallimard à Paris ont réédité, sous le titre Sur la brièveté de la vie et autres sermons, sa Méditation sur la brièveté de la vie [3], son Sermon sur la Providence [4] et son Sermon sur la mort [5], trois pièces maîtresses de son œuvre accompagnées d’un puissant appareil de notes.

Voici les premières lignes de sa Méditation, demeurées très actuelles :

« C’est bien peu de chose que l’homme, et tout ce qui a fin est bien peu de chose. Le temps viendra où cet homme qui nous semblait si grand ne sera plus, où il sera comme l’enfant qui est encore à naître, où il ne sera rien. Si longtemps qu’on soit au monde, y serait-on mille ans, il en faut venir là.

Il n'y a que le temps de ma vie qui me fait différent de ce qui ne fut jamais : cette différence est bien petite, puisqu'à la fin je serai encore confondu avec ce qui n'est point, et qu'arrivera le jour où il ne paraîtra pas seulement que j'aie été, et où peu m'importera combien de temps j'aie été, puisque je ne serai plus.

J'entre dans la vie avec la loi d'en sortir, je viens faire mon personnage, je viens me montrer comme les autres ; après, il faudra disparaître. J'en vois passer devant moi, d'autres me verront passer ; ceux-là mêmes donneront à leurs successeurs le même spectacle ; et tous enfin se viendront confondre dans le néant. »

Des considérations remarquables sur la finitude et le secours divin, et plus largement une réflexion sur la place de l'homme et sur l’empreinte qu’il laisse dans le temps et dans l’Histoire, livrées par l’un des plus grands orateurs français.

Bernard DELCORD

Sur la brièveté de la vie et autres sermons par Jacques-Bénigne Bossuet, reprise de l’édition princeps d'Yvonne Champailler et Bernard Velat [La Pléiade n°33, mai 1936], Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio Sagesses », février 2017, 89 pp. en noir et blanc au format 9,9 x 17,9 cm sous couverture brochée en couleurs, 3,50 € (prix France)

 

[1] Des oraisons funèbres dans lesquelles il fait sentir avec ampleur et musicalité le néant des grandeurs humaines. Il prononce en 1669 l'oraison funèbre de Henriette de France, reine d'Angleterre puis neuf mois plus tard celle de sa fille, « Madame », Henriette d'Angleterre, duchesse d'Orléans, belle-sœur du roi, décédée subitement à l'âge de 26 ans, et dont la phrase « … Madame se meurt, Madame est morte… » est restée fameuse, en 1683 celle de la reine Marie-Thérèse d'Autriche et en 1687 celle du Grand Condé, Louis II de Bourbon-Condé. Les oraisons funèbres au nombre de douze sont réputées comme des chefs-d'œuvre d'éloquence, sans modèle depuis l'Antiquité. (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques-B%C3%A9nigne_Bossuet)

[2] Dictionnaire des lettres françaises, Le XVIIe siècle, dir. Cardinal G. Grente, édition révisée sous la direction de P. Dandrey, La Pochothèque, 1996, p. 174.

[3] Écrite en septembre 1648, pendant la retraite que fit Bossuet avant d’être ordonné sous-diacre à Langres.

[4] Prêché à Dijon, en la Sainte-Chapelle, le IIIe dimanche après Pâques, 7 mai 1656.

[5] Prêché au Louvre, pour la IVe semaine du carême, le 22 mars 1662.

11:33 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/01/2017

« L'économiste doit étudier le présent à la lumière du passé afin d'éclairer le futur. » (John Maynard Keynes)

Mon cours d'économie idéal .jpg

Yánis Varoufákis, né le 24 mars 1961, est un économiste et un homme politique marxiste libertaire grec, spécialiste de la théorie des jeux. Il enseigne l’économie à l’Université d’Athènes et à la Lyndon B. Johnson Graduate School of Public Affairs de l’Université du Texas à Austin (États-Unis).

Ancien conseiller économique de Giórgos Papandréou, avant de démissionner de cette fonction, il s'est rendu célèbre en critiquant très sévèrement les plans de sauvetage de la Grèce, s'attirant au passage l'inimitié des cercles dirigeants du pays. Élu député sous la bannière de Syriza lors des élections anticipées du 25 janvier 2015, sans être toutefois membre de ce parti, il a été nommé ministre des Finances du gouvernement d'Alexis Tsípras, le 27 janvier 2015. Il démissionne de son poste au lendemain du référendum du 5 juillet de la même année. La raison officielle invoquée est que son départ permettrait une plus facile obtention d'un accord entre la Grèce et la troïka européenne. Quelques jours après, dans une interview au Newstatesman, il révèle que sa position, celle d'une ligne dure dans les négociations avec les créanciers, passant par la préparation tactique d'un Grexit, a été mise en infériorité au sein du gouvernement Tsípras I [1].

Cet homme de convictions est aussi un grand vulgarisateur comme le montre son ouvrage intitulé Mon cours d'économie idéal – 8 brèves leçons pour tout comprendre publié chez Flammarion à Paris dans la célèbre collection « Champs » et qu’il a rédigé pour sa fille qui vit en Australie.

Voici ce qu’il écrit en guise de préambule :

« Ce livre n'a pas été conçu pour ennuyer le lecteur. Il a été écrit pour mettre à l'épreuve la capacité de son auteur à convaincre une adolescente récalcitrante que l'économie est trop importante pour être laissée aux seuls économistes. Et qu'elle peut même être amusante. En fait, je l'ai rédigé pour tester les limites de ma propre compréhension : si je ne suis pas capable d'énoncer clairement les questions fondamentales de l'économie, c'est que je ne les conçois pas bien moi-même. »

En s'inspirant de films tels que Matrix ou Blade Runner, en puisant dans la mythologie ou dans la vie quotidienne et en répondant à des questions d’apparence saugrenue comme : « Pourquoi les Aborigènes d’Australie n’ont-ils pas colonisé la Grande-Bretagne ? », Yanis Varoufakis tranche avec le discours dominant des économistes contemporains.

Son propos ? Intéresser chacun à l'origine de la richesse, de la pauvreté, de la puissance économique et de sa distribution dans la société, pour que nous soyons tous conscients de ce qui fait tourner le monde… et pour le changer, si possible !

Un ouvrage en tout point rafraîchissant !

Bernard DELCORD

Mon cours d'économie idéal – 8 brèves leçons pour tout comprendre par Yánis Varoufákis, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs actuel », septembre 2016, 215 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 7 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Y%C3%A1nis_Varouf%C3%A1kis

20:09 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2016

Trois textes magistraux…

Élie Barnavi, né en 1946 à Bucarest (Roumanie), est un historien, essayiste, chroniqueur et diplomate israélien (De 2000 à 2002, il a été ambassadeur d’Israël en France), professeur émérite d’histoire de l’Occident moderne à l’Université de Tel-Aviv, Conseiller scientifique auprès du Musée de l’Europe à Bruxelles.

En 1967, il a fait son service militaire dans les paras lors de la guerre des Six Jours. Membre du mouvement La paix maintenant, il a appelé, dans une lettre co-signée en novembre 2014 par 660 figures publiques israéliennes, les parlementaires européens à reconnaître immédiatement l'État palestinien.

Il travaille actuellement au développement du grand projet européen d’exposition relative aux relations entre l’Europe et la civilisation musulmane au fil des siècles [1].

Chez Flammarion, dans la fameuse collection « Champs », il a republié récemment trois essais remarquables, Dix thèses sur la guerre, Israël – Un portrait historique et Les religions meurtrières.

Du premier, voici ce qu’il nous explique :

Dix thèses sur la guerre.jpg

« Ces Dix thèses sur la guerre constituent un exercice d'écriture singulier : je ne suis pas un spécialiste d'histoire militaire. Ma "légitimité" vient d'ailleurs : la guerre fait partie de mon expérience de citoyen et de soldat. Elle a accompagné toute ma vie, et pénétré ma façon de m'exprimer et de penser. (…)

J'ai toujours été fasciné par le mystère fondamental que, me semble-t-il, la guerre recèle. Enrôlés dans une entreprise destinée à tuer leurs semblables et à y risquer leur propre vie, les humains sont appelés à faire fi, tout à la fois, de l’interdit moral de ne point attenter à la vie d’autrui et de l’instinct de conservation qui leur commande de préserver la leur. Pour ce faire, il leur faut remplir un certain nombre de conditions psychologiques, sociales et culturelles (…). La guerre pose aussi un certain nombre de défis éthiques, juridiques et philosophiques. Tel est pour l’essentiel l’objet de ces “thèses”. (…)

Historien de formation et universitaire de métier, je tente ici d'oublier ce que j'ai lu afin de poser sur le phénomène de la guerre un regard neuf, aussi "innocent" que possible. Partir non des livres, mais de l'expérience. J'aimerais croire que, nourrie de la réflexion, l'expérience de la guerre m'a au moins apporté un surcroît de lucidité. Mais l'intellectuel dans la guerre est-il mieux armé pour l'appréhender que Monsieur Tout-le-Monde ? Peut-être. »

Sa présentation du deuxième ouvrage est tout aussi claire :

Israël – Un portrait historique.jpg

« Plutôt que de faire une histoire de facture classique de l'État d'Israël, j'ai voulu en brosser à larges traits, à travers les problèmes qu'il a eu à affronter depuis sa venue au monde, le profil historique. Il est assurément difficile de condenser en si peu de pages une histoire aussi pleine que celle de l'État juif. Il est encore plus difficile, sinon parfaitement absurde, de prétendre à la froide objectivité sur un sujet aussi brûlant, aussi passionnément disputé que celui-là.

Mais si l'on fait grâce à l'historien de l'impartialité de l'entomologiste, on est en droit d'attendre de lui une rigoureuse honnêteté intellectuelle, sans laquelle il sera peut-être un excellent pamphlétaire, mais sûrement un exécrable historien. Je me suis par conséquent efforcé de respecter scrupuleusement le précepte que Cicéron propose à l'historien : ne rien oser dire qu'il sache faux, oser dire tout ce qu'il croit vrai. »

Et, pour le troisième, écoutons l’éditeur :

Les religions meurtrières par Élie Barnavi.jpg

« Un spectre hante le monde : le terrorisme à fondement religieux, surtout islamique. Cet essai tente d'expliquer les ressorts de ce phénomène, religieux mais aussi politique, sans nul doute le plus angoissant de notre temps. En exposant une série de "thèses" brèves et fortement argumentées, l'auteur situe ce phénomène dans le contexte historique et culturel de la religion politique en général. Il explique pourquoi la tentation fondamentaliste révolutionnaire est aujourd'hui plus forte dans l'islam que dans d'autres systèmes religieux tout aussi politiques que lui ; mais il n'en reste pas là : il cherche avant tout à définir les moyens de combattre cette tentation.

Rédigé dans une langue simple et illustré par des exemples concrets, Les religions meurtrières se veut le vade-mecum du citoyen déboussolé face à cet ennemi auquel il doit désormais se mesurer. »

Nous n’aurions pu mieux dire !

Bernard DELCORD

Dix thèses sur la guerre par Élie Barnavi, Paris, Éditions Flammarion [2014], collection « Champs essais », septembre 2015, 144 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 6 € (prix France)

Israël – Un portrait historique par Élie Barnavi, Paris, Éditions Flammarion [1982,1988], collection « Champs histoire », septembre 2015, 439 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 10 € (prix France)

Les religions meurtrières – Nouvelle édition par Élie Barnavi, Paris, Éditions Flammarion [2006, 2008], collection « Champs actuel », mai 2016, 192 pp. en noir et blanc au format 10,9 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 7 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lie_Barnavi

18:22 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |