21/04/2018

« Le monde de l'édition serait tellement moins compliqué sans les auteurs. » (Dan Brown)

Histoire de l'édition en Belgique – XVe-XXIe siècles.jpg

Pascal Durand est professeur ordinaire à l'Université de Liège, où il dirige le Centre d'Étude du Livre contemporain. Spécialiste de Mallarmé et de la poésie moderne, il est aussi l'auteur d'ouvrages sur l'histoire de l'édition, les rapports presse/littérature et les figures contemporaines de l'orthodoxie politico-médiatique. Tanguy Habrand est assistant au département Médias, Culture et Communication de l'Université de Liège et par ailleurs éditeur associé à la fameuse collection d’auteurs belges « Espace Nord » ; ses recherches et publications portent sur les stratégies éditoriales, les politiques du livre et l'édition indépendante.

Ils ont fait paraître aux Impressions Nouvelles à Bruxelles une monumentale Histoire de l'édition en Belgique – XVe-XXIe siècles retraçant le parcours d’un secteur économique et culturel particulièrement vivant et créatif à travers les âges.

En voici le prière d’insérer :

« Depuis l'Histoire du livre et de l'imprimerie en Belgique publiée dans l'entre-deux-guerres par le Musée du Livre, aucun ouvrage de synthèse n'avait remis en perspective les grandes tendances de l'édition belge. L'ouvrage de Pascal Durand et Tanguy Habrand vient combler cette lacune en entrecroisant histoire de l'édition, histoire des idées et histoire des institutions de la vie littéraire et intellectuelle.

La production du livre belge de langue française correspond à un marché restreint, tributaire de logiques qui lui sont propres – avec un poids particulier des industries graphiques – tout en étant soumis à la force d'attraction exercée par l'édition française sur les genres les plus prestigieux. Quelques-uns, tels Albert Lacroix, éditeur de Victor Hugo et de Charles De Coster dans les années 1860, ou Edmond Deman, éditeur de Verhaeren et Mallarmé, ont brièvement réussi à tirer leur épingle de ce jeu déséquilibré.

Plus nombreux et significatifs sont ceux qui, de Casterman à Marabout, ont dégagé de durables ressources de créativité dans les domaines du livre religieux, de la bande dessinée, du livre pratique et du livre pour la jeunesse.

En six chapitres de longueur croissante, c'est tout un paysage de livres et d'éditeurs qui se trouve reconstruit sous les yeux du lecteur, allant des premiers imprimeurs dans les territoires qui formeront la Belgique jusqu'aux processus de concentration éditoriale actuels, en passant par les industriels de la contrefaçon, les grands éditeurs de bande dessinée et les pionniers du livre de poche francophone.

Sans oublier les maisons de taille souvent modeste qui, vouées au roman, à la poésie, au théâtre, à l'essai lettré, contribuent à la vie du livre comme vecteur de haute culture. »

Un essai où l’on retrouve des marques prestigieuses comme Casterman, Dupuis, Le Lombard, Marabout, Duculot, Desclée de Brouwer, Brepols, De Boeck, La Renaissance du Livre, le Daily-Bul… et des éditeurs novateurs ou créatifs comme Jean-Baptiste Baronian, Jacques Antoine, André De Rache, Pierre Mardaga, Marc Quaghebeur, André Versaille, Luc Pire, Bernard Gilson…

Et où l’on rappelle que Robert Denoël était belge !

Bernard DELCORD

Histoire de l'édition en Belgique – XVe-XXIe siècles par Pascal Durand et Tanguy Habrand, postface d’Yves Winkin, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, mars 2018, 569 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 €

16:45 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/04/2018

Nouveau keynésianisme…

Économie du secteur public.jpg

Fier d’avoir pu apporter une modeste pierre éditoriale à l’édification de ce monument, j’ai le plaisir de vous annoncer la parution aux Éditions De Boeck supérieur à Louvain-la-Neuve de la traduction française de la quatrième édition américaine de l’essai de Joseph Eugene Stiglitz, Prix Nobel d’économie 2001 [1], assisté dans sa rédaction par Jean-Dominique Lafay [2] et Jay Rosengard [3], intitulé Économie du secteur public, la bible la plus actuelle en matière de gestion de l’État en Occident.

En voici le prière d’insérer :

« Le secteur public occupe une place croissante dans les économies nationales, notamment dans les pays européens, où il dépasse parfois 50% du PIB. Pour cette raison, la science économique s'intéresse de plus en plus à la logique des décisions publiques. Comment l'État sélectionne-t-il les programmes à mettre en œuvre ? Quel rôle joue-t-il dans la société ? Est-il capable de concevoir un système de taxes à la fois efficace et équitable ? Dans le secteur public, l'idéologie et la politique peuvent facilement prendre le pas sur le rationnel, sinon sur le raisonnable.

Pour comprendre et prévoir les options retenues dans ce cadre, il a été nécessaire de construire une analyse fondée sur des bases scientifiques rigoureuses. C'est ainsi qu'a vu le jour, au cours du dernier demi-siècle, une économie publique nouvelle, au sein de laquelle l'étude des comportements politiques est devenue essentielle. Joseph Stiglitz, Jean-Dominique Lafay et Jay Rosengard mettent à profit leur expertise pour faire partager au lecteur cette problématique clé de l'économie du secteur public.

Claire et accessible, cette version française de la quatrième édition américaine s'adresse particulièrement aux étudiants en économie, de niveau licence 2 à master 2, mais aussi à l'ensemble des économistes, ainsi qu'à tous ceux qui s'intéressent à cette discipline. »

Pointons au passage les chapitres consacrés aux soins de santé aux États-Unis permettant de mieux saisir la politique yankee en la matière (systèmes de Medicare, Medicaid et Obamacare) et les débats qu’elle soulève…

Bernard DELCORD

Économie du secteur public par Joseph Eugene Stiglitz, Jean-Dominique Lafay & Jay Rosengard, révision scientifique de J.-F. Caulier, traduction française de la 4édition américaine par Françoise Nouguès, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck supérieur, collection « Ouvertures économiques », mars 2018, 1 088 pp. en noir et blanc au format 17 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 55 €

TABLE DES MATIÈRES

PARTIE I – RÔLE ET TAILLE DU SECTEUR PUBLIC

Chapitre 1 Les fonctions du secteur public

Chapitre 2 La taille du secteur public

PARTIE II – LES FONDEMENTS DE L’ÉCONOMIE DU BIEN-ÊTRE

Chapitre 3 L’efficacité du marché

Chapitre 4 Les défaillances du marché

Chapitre 5 Biens publics et biens privés fournis publiquement

Chapitre 6 Externalités et environnement

Chapitre 7 Efficacité et équité

PARTIE III – LA THÉORIE DES DÉPENSES PUBLIQUES

Chapitre 8 La production publique de biens et services

Chapitre 9 L'analyse des choix publics

PARTIE IV – LA DÉPENSE PUBLIQUE EN PRATIQUE

Chapitre 10 Les dépenses publiques : un cadre d’analyse

Chapitre 11 L’évaluation des dépenses publiques

Chapitre 12 Défense, recherche et technologie

Chapitre 13 Économie de la santé

Chapitre 14 Économie de l'éducation

Chapitre 15 Programmes de bien-être social et redistribution du revenu

Chapitre 16 L'assurance sociale

PARTIE V – THÉORIE DE LA FISCALITÉ

Chapitre 17 Introduction à la fiscalité

Chapitre 18 L'incidence fiscale

Chapitre 19 Impôt et efficacité économique

Chapitre 20 Fiscalité et optimum

Chapitre 21 La fiscalité du capital

PARTIE VI – LA FISCALITÉ EN PRATIQUE

Chapitre 22 L'impôt sur le revenu des personnes

Chapitre 23 L'impôt sur le revenu des sociétés anonymes

Chapitre 24 Manuel de l'évitement fiscal

Chapitre 25 Les réformes du système fiscal

PARTIE VII – AUTRES SUJETS IMPORTANTS

Chapitre 26 Les relations budgétaires entre les niveaux de gouvernement

Chapitre 27 Dépenses et impôts subnationaux

Chapitre 28 Déficits budgétaires et dette publique

 

[1] Joseph Eugene Stiglitz (°1943) est professeur à l'Université Columbia, après avoir enseigné aux universités de Princeton, Yale, Oxford et Stanford. Lauréat du prix Nobel d'économie 2001, il est l'auteur de centaines d'articles et de livres scientifiques, notamment de Principes d'économie moderne (De Boeck Supérieur), manuel "bestseller" destiné aux étudiants de premier cycle. Joseph Stiglitz a occupé d'importantes fonctions comme président du Council of Economic Advisers, sous la présidence de Bill Clinton, puis comme "économiste en chef" de la Banque mondiale.

[2] Jean-Dominique Lafay (°1944) est professeur émérite à l'Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et ancien directeur du Laboratoire d'économie publique, auteur de nombreux livres et articles scientifiques consacrés aux décisions publiques et aux interactions entre économie et politique. Il a exercé des fonctions administratives nationales, notamment celles de directeur scientifique pour le droit et l'économie et de vice-chancelier des universités de Paris.

[3] Jay Rosengard est lecturer (chargé de cours) à la Kennedy School de l'Université Harvard, où il enseigne les politiques publiques. Il est également directeur académique de plusieurs programmes, notamment au Mossavar-Rahmani Center (concernant le secteur financier de cette institution). Il possède une longue expérience internationale des politiques de développement (en matières monétaire, financière, budgétaire et d'administration publique).

13:24 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/03/2018

Comme Albert Camus...

Un prof a changé ma vie.jpg

Vincent Remy est rédacteur en chef à Télérama. Il a fait paraître au Livre de poche à Paris Un prof a changé ma vie, un recueil de 21 témoignages de personnalités françaises [1] en vue qui expliquent comment un enseignant « gentil, sympa, cool ou vache au contraire » a modifié leur trajectoire pour les amener où ils sont arrivés.

Qu’il s’agisse pour l’un de tout un corps professoral ou presque, d’un professeur de lettres pour une autre, ou d’un couple d’instituteurs pour un troisième, voici une galerie de portraits touchants où l’on trouve aussi une cantatrice tchèque, un économiste sceptique, une passeuse de littérature moderne, un grand-père dandy, un professeur de sport, un vieux hussard de la République, une violoniste, une passionnée de théâtre, un tourneur-fraiseur, un karatéka, un docteur en physique et en philosophie, une prof de khâgne en mini-jupe et blouson de cuir, un arpenteur du désert, un acteur et metteur en scène, un ténor du barreau, un instituteur qui domptait la peur et même… un maître qu’on n'a pas eu !

Un inventaire à la Prévert !

Bernard DELCORD

Un prof a changé ma vie par Vincent Remy, préface de Daniel Pennac, complété d’un entretien avec Najat Vallaud-Belkacem, Paris, Le Livre de poche, septembre 2015, 235 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 6,60 € (prix France)

 

[1] L’économiste Érik Orsenna, l’écrivaine Danièle Sallenave, l’homme d'affaires François Pinault, la chanteuse Barbara Carlotti, le cinéaste Bruno Podalydès, l’ex-ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filipetti, le couturier Christian Lacroix, la comédienne et animatrice de radio et de télévision Sophia Aram, l’écrivain et réalisateur Philippe Claudel, l’actrice Gladys Cohen, le comédien André Dussollier, l’homme d’État Michel Rocard, la femme politique française et ancienne karatéka Chantal Jouanno, le biologiste Miroslav Radman, l’auteure Agnès Desarthe,  le journaliste, producteur, animateur et homme politique Nicolas Hulot, la comédienne et metteur en scène Muriel Mayette, l »avocat et ancien Garde des Sceaux Robert Badinter, l’écrivaine rwandaise Scholastique Mukasonga et le philosophe Alain Finkielkraut.

17:05 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le bréviaire du nazisme...

Tout sur Mein kampf.jpg

Mein Kampf [1] d’Adolf Hitler est un ouvrage sulfureux dont on parle souvent, sans jamais – ou presque – l’avoir lu.

Il est vrai qu’il s’agit d’un épais pensum rédigé entre 1924 et 1925 dans un style des plus lourdingues où abondent les digressions dans un fatras confus d’idées (?) les plus diverses…

Commencé par son auteur pendant les neuf mois de sa détention à la prison de Landsberg à la suite du putsch manqué dit de la Brasserie à Munich dont il était le meneur [2], l'ouvrage contient des éléments autobiographiques, l'histoire des débuts du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) et diverses réflexions sur la propagande ou l'art oratoire.

L'auteur expose, dans un style empreint de haine, la « conception du monde » du national-socialisme, avec ses composantes hégémoniques, belliqueuses, mais aussi racistes et ouvertement antisémites, mêlée d'irrédentisme, d'ultranationalisme et de revanchisme [3].

Alors que ce minable brûlot est entré dans le domaine public le 1er janvier 2016 et que sa parution suscite de vives polémiques, dans Tout sur Mein Kampf (Paris, Éditions Perrin), l’historien français Claude Quétel (°1939) [4] pose dix questions cardinales sur la genèse et le contenu du livre, son impact réel sur l'Allemagne du IIIe Reich, son accueil ailleurs dans le monde, notamment dans la France des années 1930 ainsi qu’à propos de ses conséquences sur le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

Avec rigueur et pédagogie, l'historien livre ici les résultats de son enquête, dans un exposé d’une parfaite clarté et d’une très grande précision.

Un décryptage passionnant !

Bernard DELCORD

Tout sur Mein Kampf par Claude Quétel, Paris, Éditions Perrin, janvier 2017, 277 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,90 € (prix France)

Sommaire :

Qui était Hitler avant Mein Kampf ?

Comment Mein Kampf est-il ne ?

Que dit Mein Kampf ?

Mein Kampf annonce-t-il les crimes à venir du IIIReich ?

Mein Kampf est-il le seul livre de Hitler ?

Quelle a été la diffusion de Mein Kampf en Allemagne ?

La France a-t-elle ignore Mein Kampf ?

Quels autres pays ont publié Mein Kampf ?

Mein Kampf a-t-il été évoqué au cours du procès de Nuremberg ?

Qu'est devenu Mein Kampf jusqu'à nos jours ? 

 

[1] « Mon combat », dont la traduction française a paru aux Nouvelles Éditions latines à Paris en 1934.

[2] Il eut lieu principalement à la Bürgerbräukeller dans la soirée du 8 novembre 1923 avec la participation, entre autres, d’Hermann Göring, Ernst Röhm, Rudolf Hess, Heinrich Himmler et Julius Streicher.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mein_Kampf

[4] Directeur de recherche au CNRS (section Histoire moderne et contemporaine), Claude Quétel s’est spécialisé, entre autres, dans l’histoire de la psychiatrie, la psychohistoire et la recherche iconographique. Entre 1992 et 2005, il a été directeur scientifique du Mémorial de Caen. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Nouvelle histoire de la psychiatrie (Privat, 1983, codirection et corédaction ; réédité chez Dunod en 1994 et 2009), le Larousse de la Seconde Guerre mondiale (direction et corédaction, 2004), Dictionnaire de la Guerre froide (direction et corédaction, Larousse, 2008), Images de la folie (Gallimard, 2010), Le Débarquement pour les Nuls (First, 2014), L'effrayant docteur Petiot - fou ou coupable ? (Perrin, 2014 - prix Marianne 2015), La Seconde Guerre mondiale (Perrin, 2015).

16:53 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/02/2018

« Miroir, mon beau miroir… »

Chirurgie esthétique – Pour ou contre.jpg

Le docteur Vladimir Mitz (°1943 en URSS) est un chirurgien esthétique par ailleurs spécialisé en microchirurgie de la main et de la face. Il a aussi enseigné l’anatomie à la faculté des Saints-Pères à Paris tout en exerçant dans les hôpitaux de l'assistance publique de la capitale française (Hôpital Saint-Louis, Hôpital Boucicaut).

Il est également auteur d’ouvrages médicaux et il a traité de la chirurgie esthétique et réparatrice dans plusieurs essais, parmi lesquels Chirurgie esthétique – Pour ou contre ! paru tout récemment aux Éditions Flammarion à Paris.

Après y avoir raconté sa carrière professionnelle, il s’y penche sur le cas de vedettes médiatiques comme Michael Jackson, qui n’ont pas hésité à aller au-delà des normes, puis il met en lumière, pour les expliquer, un certain nombre d’échecs opératoires, pour montrer que certains sont bien réels et que d’autres ne le sont que dans l’esprit insatisfait de patient(e)s parfois à la recherche d’une perfection illusoire.

La médiatisation de ces échecs a entraîné une certaine défiance vis-à-vis de la chirurgie plastique qui en a pourtant tiré les leçons et demeure essentielle pour les accidentés de la vie qui souhaitent simplement être réparés ou reconstruits.

L'auteur prodigue au passage de nombreux conseils pour les adultes comme pour les adolescents, favorisant ainsi un recours intelligent et efficace à sa spécialité médicale.

Bernard DELCORD

Chirurgie esthétique – Pour ou contre ! par le Dr Vladimir Mitz, Paris, Éditions Flammarion, janvier 2018, 224 pp. en noir et blanc au format 14,5 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 € (prix France)

19:22 Écrit par Bernard dans Essais, Santé | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/02/2018

« Le manager trop mou et le manager trop dur sont deux catastrophes. » (Carlos Ghosn)

Management humain.jpg

Laurent Taskin, docteur en sciences de gestion, est professeur de management humain et des organisations à la Louvain School of Management et à l'Institut des Sciences du Travail et titulaire de la chaire laboRH en management humain et transformations du travail, à l'Université catholique de Louvain, où il dirige les masters en gestion des ressources humaines et en sciences du travail. Ses recherches portent sur le changement organisationnel en gestion des ressources humaines et, plus spécifiquement, sur les nouvelles formes d'organisation du travail et sur les processus de partage des connaissances, dans une perspective critique.

Anne Dietrich est docteur en sciences de gestion, maître de conférences habilitée à diriger des recherches à l'Institut d’administration des entreprises – École universitaire de management à Lille où elle a créé le master de GRH [1] en 2004 et l'a dirigé jusqu'en 2015. Elle a rédigé de nombreux articles et ouvrages sur les compétences, l'employabilité, le management de proximité, la gestion des ressources humaines et le travail.

Ils ont cosigné chez De Boeck supérieur à Louvain-la-Neuve un essai très technique, néanmoins accessible à un large public, intitulé Management humain et qui présente, ainsi que l’indique son prière d’insérer, l’avantage de réunir dans un même ouvrage deux champs de connaissances et de pratiques trop souvent séparés dans les manuels, alors qu’ils s’entremêlent largement dans la pratique du management : la gestion des ressources humaines et le comportement organisationnel.

Il met en perspective leurs concepts, théories et pratiques et procède à leur analyse critique afin de proposer une alternative au modèle instrumental qui domine la gestion des entreprises aujourd’hui. Il appelle à faire du management un véritable projet politique et invite à remettre le travail au cœur de la GRH, plaidant pour une autre vision de l’homme au travail, celle d’un être réflexif, et du manager, considéré comme bienveillant, car soucieux des autres et de leur travail.

Les auteurs invitent à repenser les modèles et les pratiques traditionnels de la GRH et du comportement organisationnel et leur confèrent d’autres finalités et modalités, davantage centrées sur le travail et sa reconnaissance.

L’ouvrage s’adresse aux étudiants, chercheurs et enseignants en sciences de gestion, du travail et en GRH, ainsi qu’aux personnes en formation professionnelle continue dans ces domaines. Il intéressera également toute personne soucieuse d’avoir un recul critique pour renouveler son approche et ses pratiques : direction générale, cadres, responsables opérationnels, DRH [2] et cadres syndicaux.

Bernard DELCORD

Management humain par Laurent Taskin et Anne Dietrich, préface de Pierre-Yves Gomez, Louvain-la-Neuve, Éditions De Boeck supérieur, collection « Manager RH », avril 2016, 256 pp. en gris au format 17,5 x 24 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 30 €

TABLE DES MATIÈRES

Préface par Pierre-Yves Gomez

INTRODUCTION

Vers un management (plus) humain

CHAPITRE 1

Quelle conception de l'homme au travail pour quel management humain ?

  1. Dénoncer les dérives de l'organisation du travail pour fonder une approche renouvelée

1.1 La gouvernance en questions

1.2 Le travailleur en souffrances

  1. L'imposture d'un management amoral

2.1 Pour une conception humaniste du management

CHAPITRE 2

Management humain et transformations du travail

  1. Contexte d'émergence et de développement de la GRH et du comportement organisationnel

1.1 L'Ancien Régime : une logique professionnelle

1.2 1790-1849 : une logique entrepreneuriale

1.3 1850-1896 : une logique industrielle

1.4 1897-1944 : une logique planificatrice

1.5 1945-2000 : une logique bureaucratique, puis de flexibilité

1.6 2000 à nos jours : une logique agile

  1. Limites d'une représentation historiciste

2.1 Une perspective universaliste

2.2 Une représentation figée

2.3 Des limites méthodologiques

  1. Comprendre et incarner les transformations du travail

3.1 Des transformations sociétales

3.2 Des transformations organisationnelles et managériales

3.3 Transformations des attentes des individus

3.4 Définir l'objet du management humain

CHAPITRE 3

De la motivation au travail au sens du travail

  1. Une pluralité de théories sur la motivation

1.1 Perspective du contenu : les approches en termes de besoins

1.2 Perspective du processus

  1. Limites du concept et des théories de la motivation : éléments de critique

2.1 Des théories fortement contextualisées

2.2 Une approche universaliste

2.3 Des limites méthodologiques

  1. Sens et non-sens du travail : comment ne pas démotiver ?

3.1 Le monde du travail est-il encore motivant ?

3.2 Technologie gestionnaire et non-sens au travail

3.3 Parler de la motivation des travailleurs, c'est questionner le sens au travail

CHAPITRE 4

Rôles du management humain : de la création de valeur à la production de reconnaissance

  1. Rôles, stratégies et métiers de la GRH

1.1 L'optimisation des ressources au service de la performance

1.2 La création de valeur

1.3 Métiers et expertises de la GRH : des responsabilités partagées

1.4 Construire une stratégie RH : un besoin de contextualisation

  1. Limites des modèles de GSRH

2.1 Une perspective universaliste

2.2 Une question trop simple, des réponses vagues

  1. Management humain : création de reconnaissance
  2. Quelles pratiques de gestion pour promouvoir la reconnaissance au travail ?

4.1 Systèmes de rémunération

4.2 Évaluation de la performance

4.3 Gestion des carrières

CHAPITRE 5

Le lien individu-organisation : de la culture organisationnelle à la relation d'emploi

  1. La culture organisationnelle

1.1 Des définitions en théorie des organisations

1.2 La culture organisationnelle : outil et objet de gestion

1.3 La culture d'entreprise : une notion à contextualiser

  1. Un usage et une vision contestés de la culture d'entreprise

2.1 Retour sur un concept de l'anthropologie

2.2 Des usages déviants et abusifs

2.3 L'organisation : espace pluriculturel ou lieu d'affrontement de cultures ? Les apports critiques d'études de terrain

  1. Pour une vision pluridimensionnelle du lien individu-organisation

3.1 L'intérêt d'une approche « anthropologique » de l'organisation

3.2 La relation d'emploi : le lien employeur-employé

3.3 L'intégration à l'épreuve du recrutement

CONCLUSION

Management humain : mettre en œuvre une approche renouvelée de la GRH et du comportement organisationnel

Management humain : un cheminement critique pour une approche renouvelée de la GRH et du comportement organisationnel

Des principes à la réalité : quelques balises et témoignages

Références

Index

[1] Gestion des ressources humaines.

[2] Directeur des ressources humaines.

14:09 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/02/2018

« Plus une découverte est originale, plus elle semble évidente par la suite. » (Arthur Koestler)

L'Étreinte du crapaud .jpg

Juif hongrois de langue allemande, fils d'industriel, né à Budapest en 1905 et naturalisé britannique, Arthur Koestler fait ses études à Vienne, puis devient journaliste en Palestine. Revenu en Europe, il adhère au Parti communiste allemand, trouvant là une réponse à la menace nazie.

Il part un an en Union soviétique et participe ensuite à la guerre civile espagnole, ce qui lui vaudra d’être emprisonné et condamné à mort par les franquistes, puis échangé quelque temps plus tard contre un prisonnier espagnol par le gouvernement britannique. De cet épisode est né le texte autobiographique Un Testament espagnol (1937) qui connut un grand succès international.

Dès 1938, ayant rompu avec le Parti communiste en raison des procès de Moscou (1936-1938), Arthur Koestler combat sans relâche le régime stalinien, notamment à travers son roman majeur, Le Zéro et l'Infini publié en anglais en 1940 et traduit en français en 1945, au grand dam d’intellectuels de « gauche » comme Simone de Beauvoir.

À partir de 1940, il vit en Angleterre, où, atteint de la maladie de Parkinson et de leucémie, il se suicide avec sa troisième épouse en mars 1983.

Son œuvre de romancier, philosophe, historien et essayiste lui vaut une renommée mondiale.

Dans la remarquable collection « Le goût des idées » qu’il dirige aux Éditions Les Belles Lettres à Paris, Jean-Claude Zylberstein a fait paraître récemment deux essais scientifiques d’Arthur Koestler, qui se lisent l’un comme un roman policier et l’autre comme un récit de science-fiction.

Le premier s’intitule L’étreinte du crapaud et voici la présentation qu’en donne l’éditeur :

« Le 26 septembre 1926, un biologiste autrichien nommé Paul Kammerer se tua d'un coup de revolver. Dans les milieux scientifiques, on considéra ce suicide comme le dénouement d'une bataille tantôt obscure, tantôt scandaleuse, autour des doctrines fondamentales de l'évolution.

Aux disciples de Lamarck, apôtres de l'hérédité des caractères acquis, les expériences de Kammerer menées pendant plus de quinze ans sur des générations d'amphibiens tels que la salamandre et le fameux crapaud accoucheur, apportaient des arguments apparemment décisifs.

D'où la fureur du camp opposé : celui des néo-darwinistes, adeptes des mutations fortuites préservées par la sélection naturelle. À leur tête, le savant anglais William Bateson insinua que les expériences étaient truquées, mais réussit à ne pas en examiner les résultats – s'arrangeant en particulier pour ne pas voir une pièce capitale : les "rugosités nuptiales" du dernier spécimen de crapaud accoucheur...

Un biologiste américain devait administrer le coup de grâce : se trouvant à Vienne, il y fit une découverte qu'il publia, et à la suite de laquelle Kammerer se suicida.

Longtemps intrigué par cette curieuse affaire, Arthur Koestler s'attendait, lorsqu'il décida de reprendre l'enquête, à raconter la triste histoire d'un savant qui trahit sa vocation : le suicide de Kammerer était, en effet, passé pour un aveu, et toute son œuvre en est restée discréditée.

Or, en analysant la documentation de l'époque et en se renseignant auprès de tous les survivants du drame, Koestler s'aperçut peu à peu qu'il procédait à la réhabilitation d'un homme qui, très probablement, fut la victime d'une trahison. »

Les Racines du hasard.jpg

Passionné de parapsychologie, Arthur Koestler a par ailleurs rédigé un curieux et passionnant ouvrage intitulé Les Racines du hasard.

Voici ce qu’en écrit Jean-Claude Zylberstein :

« Ce livre est une excursion à la frontière de deux domaines fondamentaux de la recherche : la physique quantique, infra atomique, d'une part, la parapsychologie, d'autre part.

En montrant comment la parapsychologie est devenue scientifiquement respectable, Koestler rappelle qu'aux États-Unis on se servait de l'électronique pour expérimenter sur la psychokinèse et qu'en URSS, la télépathie était une discipline officielle de la recherche.

De plus en plus "occulte", la physique théorique, enfreignant joyeusement les lois de la nature, naguère encore sacro-saintes, montrait une inclination étonnante pour des concepts "surnaturels" comme la masse négative, les trous dans l'espace, le temps renversé. Dans le monde fantastique de la physique des quanta, les notions raisonnables d'espace, de temps, de matières et de causalité n'ont plus cours.

Les plus grands physiciens de notre époque, Einstein, Planck, Heisenberg, ont été parfaitement conscients du caractère "mystique" des concepts dont ils se servaient, et plusieurs d'entre eux ont tenté une synthèse de la physique et de la parapsychologie.

Koestler examine certains de ces efforts de synthèse pour relier les sciences exactes aux intuitions de l'homme en quête de réalités profondes ; il esquisse une hypothèse personnelle à propos de ce problème qu'il demande à tous les chercheurs d'aborder sans préjugés, en se gardant à la fois d'un matérialisme figé et d'une crédulité superstitieuse. »

« Étonnant, non ? », comme disait Pierre Desproges…

Bernard DELCORD

L'Étreinte du crapaud par Arthur Koestler, traduction de l’anglais par Georges Fradier, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Le goût des idées » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, janvier 2018, 207 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 € (prix France)

Les Racines du hasard par Arthur Koestler, traduction de l’anglais par Georges Fradier, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Le goût des idées » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, janvier 2018, 138 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 € (prix France)

20:24 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |