10/12/2017

« Les animaux se repaissent ; l'homme mange. L’homme d’esprit seul sait manger. » (Anthelme Brillat-Savarin)

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Le Guide Delta 2018 des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg (qui en est à sa 17e édition et qui se décline aussi dans une version en langue néerlandaise) recense par ordre alphabétique des localités où ils sont situés quelque 1960 restaurants et hôtels du Royaume et de son aimable voisin, pour lesquels l'ouvrage fournit de nombreuses informations sous forme de logos, et la présentation de 1470 d’entre eux est en outre accompagnée d’un texte critique rédigé par les inspecteurs du guide (au nombre desquels figure votre serviteur qui a joyeusement perdu la ligne au cours de ces 17 années d’activité gourmande…) tout en permettant, par un système ingénieux de sept index, de sélectionner également les restaurants par ordre alphabétique de leur enseigne et dans chaque province, en fonction des coups de cœur de la rédaction, de la présence de salles de séminaire, de la possibilité de disposer d’un chef à domicile, du charme ou de la quiétude des lieux.

Comme le veut la tradition, le guide mentionne en ouverture les lauréats annuels de la profession [1].

Les maisons exceptionnelles en Belgique et au Grand-duché de Luxembourg (4 toques dans la classification Delta) passent de 14 à 16.

Il s’agit des établissements suivants :

De Jonkman à Bruges, Lafarques à Pepinster, ‘t Zilte à Anvers, L’Air du Temps à Éghezée, L’Auberge du Moulin Hideux à Bouillon, Comme Chez Soi à Bruxelles, L’Eau Vive à Arbre, Hertog Jan à Zedelgem, Hof Van Cleve à Kruishoutem, Le Manoir de Lébioles à Spa, Mosconi à Luxembourg, Pastorale à Rumst, Sea Grill à Bruxelles et Zur Post à Sankt-Vith.

Il convient aussi d’applaudir l’exploit de L’écailler du Palais Royal à Bruxelles qui passe d’une à trois toques.

Enfin, soulignons la présence d'un « Passeport Delta » valable jusqu’au 31 décembre 2018 permettant à son utilisateur de bénéficier d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction) dans 55 restaurants de qualité.

Une seule utilisation de ce document rembourse donc le prix d’achat du livre !

Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg 2018, Bruxelles, Les Guides Delta, décembre 2017, 608 pp. en quadrichromie au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,75 €

Delta Gids België & Luxembourg van restaurants & hotels 2018, Brussel, De Delta Gids, december 2017, 608 pp, 29,75 €

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[1] Delta d’Or : Au Tour du Vin à Éghezée, Colette à Westerlo et La Cristallerie à Luxembourg ; Delta d’Argent : Maxens à Saint-Symphorien, DEssenti à ‘s Gravenwezel et Aal Schoul à Hobscheid; Delta de Bronze : Noir du Poivre & Rouge du Poivre à Waremme & à Sclessin, Marquize à Westende et Péitry à Roodt-sur-Syre. Lauréats par spécialités : Carcasse à Coxyde (viande de qualité), Couleur Rouge à Eupen (cuisine de fusion), I Cugini ! à Chapelle-lez-Herlaimont (cuisine italienne), Knossos à Tubize (cuisine grecque), Le Minaret à Boussu (cuisine du Maghreb), Le Saint-Gilles à Saint-Hubert (cuisine de terroir), OAK à Gand (cuisine italienne et asiatique), Rascasse à Kapellen (cuisine de la mer) et Villa Doria à Schoten (cuisine italienne).

16:05 Écrit par Bernard dans Gastronomie, Guides | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/11/2017

« De tous les arts, l'art culinaire est celui qui nourrit le mieux son homme. » (Pierre Dac)

L'Art culinaire .jpg

On apprend dans un long article très documenté mis en ligne sur Wikipédia que Marcus Gavius Apicius est une figure de la haute société romaine, dont l'existence est signalée sous les règnes des empereurs Auguste et Tibère.
 
Sa naissance est située approximativement en 25 avant J.-C. et son décès aux alentours de 37 après J.-C.
 
C'était un millionnaire amateur de plaisirs (notamment les plaisirs de la table), qui dépensait sans compter pour s'en procurer, et qui finit par se suicider quand sa fortune s'en trouva compromise.
 
Son luxe, son raffinement et sa gloutonnerie devinrent vite proverbiaux et fournirent chez les Romains soit des anecdotes de gastronomes, soit l'exemple même de la corruption des mœurs pour les moralistes austères.
 
On lui attribue, probablement à tort, le célèbre De re coquinaria (L’Art culinaire), œuvre plus tardive.
 
Apicius a donné son nom au « canard Apicius » créé en 1985 par le grand chef français Alain Senderens.
 
Basée ou non sur un texte apocryphe, la nouvelle édition de la traduction française par Jacques André (elle date de 1974 et avait été publiée dans la Collection des Universités de France, série latine) de L’Art culinaire d’Apicius qui vient de paraître aux Belles Lettres à Paris est un petit bijou livresque avec ses superbes illustrations et ses jolis fleurons ornant les recettes qui y sont rassemblées.
 
Celles-ci traitent du vin, des hachis, des légumes du potager, de la volaille, des oiseaux, des quadrupèdes, des produits de la mer et de plats divers surprenants (y compris à base de vulves de truies !), tout en donnant des conseils de conservation des denrées.
 
Un cadeau original pour les gastronomes férus de découvertes !
 
Bernard DELCORD
 
L'Art culinaire par Apicius, texte présenté, traduit du latin et commenté par Jacques André, illustrations et composition par Scott Pennor’s et Élie Colistro, Paris, Éditions Les Belles Lettres, octobre 2017, 296 pp. en quadrichromie au format 12 x 19,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 17 € (prix France)
 
Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil antique la recette d’oiseau suivante :
 
Pour le Flamant
 
Dépouillez le flamant, lavez-le, parez-le et mettez-le dans une cocotte, ajoutez de l’eau, du sel, de l’aneth et un peu de vinaigre.
 
À mi-cuisson, liez un bouquet de poireau et de coriandre pour le faire cuire.
 
Quand la cuisson sera presque terminée, ajoutez du défritum (1) pour colorer.
 
Mettez dans un mortier du poivre, du cumin, de la coriandre, de la racine de laser, de la menthe et de la rue, triturez, mouillez de vinaigre, ajoutez des dattes caryotes (2) et arrosez de jus de cuisson.
 
Versez dans la même cocotte et liez à la fécule.
 
Arrosez de sauce le flamant dressé et servez.
 
Vous ferez de même avec la perruche.

(1)  = vin cuit.
(2)  = du palmier queue de poisson.

14:57 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/05/2017

Alchimie gastronomique…

Toute la chimie qu'il faut savoir pour devenir un chef.jpg

Proposant 55 recettes décryptées et sous la supervision de 11 grands chefs (étoilés, candidats Top Chef, Bocuse d'or, Meilleur ouvrier de France, etc.) [1], l’ouvrage collectif paru aux Éditions Flammarion à Paris sous la direction de la journaliste Hélène Binet, de l’ingénieur en alimentation Julien Garnier et du biophysicien Christophe Lavelle sous le titre Toute la chimie qu'il faut savoir pour devenir un chef ! ouvre des perspectives originales sur les pratiques culinaires contemporaines en répondant, déclinées à travers 11 familles de produits – œufs, légumes, légumineuses, féculents, volailles, viandes, poissons, fromages, fruits, pâtisseries et pains, brioches & viennoiseries– à des questions comme :

Quel est le secret d'une marinade réussie ? D'un glaçage à blanc ? D'une crème fouettée ? D'une gelée de fruits ? L'œuf parfait existe-t-il vraiment ? Comment rendre les légumineuses digestes ? Le tempérage du chocolat est-il indispensable ?

Tout en réussissant à coup sûr des préparations savoureuses : œuf meurette, omelette roulée au fromage de Cantal, œuf basse température au haddock, gaspacho de tomates à l’ancienne, mousse d’artichauts camus et foie gras, chili con carne à la queue de bœuf mijotée, houmous de courgettes à l’huile de menthe, râble de lapin farci aux cèpes, ceviche de Saint-Jacques, maquereau de Méditerranée affiné comme un jambon, croustillant de chou rouge étuvé au munster rôti, terrine de roquefort au pain d’épices, poire Belle Hélène façon œuf de Pâques, merveilleux au chocolat, brioche, chocolatine à la tapenade d’olives noires…

Miam !

Bernard DELCORD

Toute la chimie qu'il faut savoir pour devenir un chef !, ouvrage collectif sous la direction d’Hélène Binet, Julien Garnier et Christophe Lavelle, photographies de Sophie Tramier, Paris, Éditions Flammarion, mai 2017, 189 pp. en quadrichromie au format 21,2 x 28,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la succulente recette suivante :

Poularde rôtie et légumes potagers

Pour 4 personnes

Temps de préparation : 30 minutes

Cuisson : 60 minutes

Difficulté : 2 étoiles

 

Ingrédients :

Base :

1 poularde de 2 kg

Petits pois :

500 g de petits pois écossés

100 ml de bouillon de légumes

50 g de beurre

Carottes fanes :

500 g de carottes fanes

20 g de beurre

Beurre de gingembre :

200 g de beurre demi-sel

50 g de gingembre

 

Recette :

Base :

Vider la poularde.

La rôtir à 180 °C pendant 50 minutes.

La laisser reposer au moins 1 heure à température ambiante.

Purée de petits pois :

Blanchir les petits pois dans une casserole d'eau bouillante salée.

Les égoutter, puis les mixer avec le bouillon de légumes et 50 g de beurre pour obtenir une purée.

Carottes fanes glacées :

Éplucher les carottes et les blanchir dans une casserole d'eau bouillante salée.

Refroidir très rapidement dans une eau glacée puis égoutter.

Dans une poêle, rouler les carottes dans 20 g de beurre et ajouter une cuillère à soupe d'eau pour les glacer.

Beurre de gingembre :

Faire fondre le beurre et y ajouter le gingembre pelé et haché très fin.

Dressage :

Réchauffer la volaille, la découper puis l'assaisonner.

Disposer les carottes glacées et la purée de petits pois autour de la poularde et agrémenter de beurre de gingembre.

 

Les conseils d’Adeline Grattard :

Privilégiez une poularde de Bresse ou des Landes de plus de 60 jours.

Passez la purée de petits pois au tamis, afin d'avoir une texture plus fine et lisse.

Le plus :

Ajoutez de fines tranches de lard rôties et du thym citron dans le beurre de gingembre.

 

Le choix du sommelier Fabrice Sommier :

Côte rôtie

Stéphane Ogier

Une belle robe rouge cerise avec des reflets roses.

Un nez plein de fruits noirs et rouges, avec une pointe de torréfaction.

La bouche est pleine, avec une belle longueur, et une finale douce qu'on retrouve dans les petits pois et les carottes.

Servir à 15-17° C.

UN PEU DE SCIENCE

Pourquoi dit-on « blanchir les légumes » ?

« Blanchir » n’a que peu à voir avec la couleur des légumes : ce terme culinaire désigne une technique particulière, qui consiste à jeter dans l'eau bouillante le légume dûment nettoyé et préparé et à l'y laisser un temps qui dépend de sa nature et du degré de ramollissement souhaité.

En général, cette opération ne représente qu’une première étape de la cuisson complète qui se poursuivra en mélangeant le légume à d'autres éléments, viande ou sauce, puis en le cuisant autrement que par ébullition dans l'eau, par exemple à la poêle dans un corps gras ou au four.

 

[1] Pierre Sang Boyer (Restaurant Pierre Sang, Paris XIe), Kei Kobayashi (Restaurant Kei, Paris Ier), Virginie Basselot (La Réserve, Genève, Suisse), Thibaut Ruggeri (Fontevraud-Le Restaurant, abbaye de Fontevraud), Adeline Grattard (yam’Tcha, Paris Ier), Franck Giovannini (Restaurant de l’Hôtel de Ville, Crissier, Suisse), Laurent Lemal (La Coopérative, Bélesta), Marie Quatrehomme (Fromagerie Quatrehomme, Paris VIIe), Ophélie Barès (Marcelle, Paris Ier), Yann Couvreur (Yann Couvreur Pâtisserie, Paris Xe), Frédéric Lalos (Le Quartier du Pain, Paris).

21:55 Écrit par Bernard dans Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/02/2017

Boissons festives…

Spiritueux et apéritifs d'artisans en Belgique.jpg

Journaliste gastronomique freelance pour plusieurs magazines belges et français (Le Vif Weekend, Trends Style, Le Fooding...), Michel Verlinden spécialisé dans l'univers de la bière.

Matthieu Chaumont quant à lui est artisan barman et il a créé Hortense, le speakeasy du Sablon.

Ensemble, ils ont fait paraître chez Racine à Bruxelles Spiritueux et apéritifs d'artisans en Belgique, un fort beau livre présentant 15 alcools dont la Belgique peut s'enorgueillir et 30 cocktails originaux réalisés à partir d’iceux.

L’occasion de découvrir :

– Le Gouden Carolus Single Malt de la Distillerie de Molenberg à Blaasveld ;

– L’Extra Belegen Korenwijn, un genièvre de la Distillerie Braeckman à Oudenaarde ;

– La Pomme d’Étienne, un apéritif créé par la Distillerie Lambicool à Grâce-Hollogne ;

– L’Élixir d’Anvers de la Distillerie FX De Beukelaer dans la même ville ;

– Le Maitrank Ridremont produit par l’entreprise Arel Maitrank à Arlon ;

– Le Biercée Bitter de la Distillerie de Biercée à Ragnies ;

– L’Absinthe Dr Clyde de la Distillerie Dr Clyde à Seraing ;

– Le Lambertus 10 Years, un single grain de la Distillerie Radermacher à Raeren ;

– La Fouder’s Reserve du Single Maltgraanjenever 12 Years Old, un genièvre de la Distillerie De Moor à Alost ;

– Le Forest Vermouth de l’entreprise Forest Spirits à Ranst ;

– L’Advocaat de la Distillerie De Klok à Serskamp ;

– La Bush 42, une eau-de-vie de bière de la Distillerie Gervin à Baugnies ;

– La Liqueur de Cognac aux Amandes de la Maison Scouflaire à Herchies ;

The Belgian Owl, un whisky produit par The Owl Distillery à Fexhe-le-Haut-Clocher ;

– Le Ground Control 1, un gin produit par l’Open Up Farm Distillery à Pepingem.

De pures merveilles à consommer avec modération…

Pour un plaisir immodéré  

Bernard DELCOR 

Spiritueux et apéritifs d'artisans en Belgique par Michel Verlinden et Matthieu Chaumont, photographies d’Alexandre Bibaut, Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2016, 176 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,95 €

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage la recette rafraîchissante suivante, à base de Maitrank Ridremont :

Cocktail All Day Long

Une variante haute en couleur du Corpse Reviver à déguster toute la journée !

Un cocktail à réaliser au shaker et à servir dans une coupe à cocktail préalablement rafraîchie

Pour 1 personne

Ingrédients :

2 cl de jus de citron jaune fraîchement pressé

4 cl de Maitrank

2 cl de London Dry Gin

2 cl de Lillet blanc

2 cl de Cointreau

Préparation :

Dans le shaker, réunir tous les ingrédients.

Remplir aux deux-tiers le shaker de beaux glaçons et shaker vigoureusement durant quelques secondes.

Servir le cocktail en filtrant, décorer d’un zeste de citron jaune.

18:00 Écrit par Bernard dans Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/12/2016

« L'Italie est comme un artichaut qu'il faut manger feuille à feuille. » (Metternich)

La science en cuisine et l'art de bien manger.jpg

Considéré comme le père de la cuisine nationale de la Botte, Pellegrino Artusi, né le 4 août 1820 à Forlimpopoli, près de Forlì, en Émilie-Romagne, alors partie des États pontificaux, et mort le 30 mars 1911 à Florence, est un critique littéraire, écrivain et gastronome italien.

Son essai intitulé La Science en cuisine et l'art de bien manger, enfin traduit en langue française à l’initiative des Éditions Actes Sud en Arles, a révolutionné à son époque l'idée de la gastronomie.

En voici la présentation par l’éditeur :

« Publié une première fois à compte d'auteur en 1891, cet ouvrage, qui s'appuie sur quelques préceptes à la portée du plus grand nombre, connaîtra ensuite, du vivant d'Artusi, quinze éditions dont la dernière, posthume, rassemble 790 recettes.

Car ce qui est sans doute le premier livre de cuisine interactif s'est progressivement enrichi des recettes proposées à l'auteur par des correspondants – et surtout des correspondantes – des quatre coins de l'Italie, même si les régions de prédilection d'Artusi, liées à sa biographie, restent l'Émilie-Romagne et la Toscane.

Recettes qu'il testait ensuite systématiquement, chez lui, avant de les faire siennes et de les intégrer à son livre. Accompagné de réflexions hygiénistes, émaillé d'anecdotes savoureuses, d'allusions à l'actualité de l'époque et de références littéraires parfois malicieuses qui vont de la citation au pastiche, son œuvre se caractérise aussi par sa volonté d'unification linguistique, dans un pays dont l'unité politique était toute récente.

Il constitue ainsi non seulement un texte canonique, qui a fondé les codes de la cuisine bourgeoise italienne (au point qu'on l'offrait souvent, il y a encore peu de temps, aux jeunes mariées), mais aussi un ouvrage qui permet des lectures multiples. Sans cesse repris, imité, commenté, voire piraté, il reste un modèle en la matière : celui d'une cuisine de marché, réalisable et pleine de bon sens, exigeante sur la qualité des produits, mais adaptable au goût et aux possibilités de chacun, ouverte à la nouveauté, mais refusant le snobisme.

Cette traduction, préfacée et supervisée par Alberto Capatti, éminent spécialiste d'Artusi, est rigoureusement fidèle à l'édition historique de 1911. »

Bernard DELCORD

La Science en cuisine et l'art de bien manger par Pellegrino Artusi, préface d’Alberto Capatti, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli & Lise Chapuis, Arles, Éditions Actes Sud, septembre 2016, 639 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 26 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la recette originale suivante :

Langue en sauce

Prenez 1 langue de bœuf qui, sans le cornet, pèse environ 1kg.

Ébouillantez-la le temps qu'il faut pour pouvoir la peler, après quoi vous l'accommoderez ainsi :

Préparez un hachis généreux avec 50g de jambon cru,1 demi oignon moyen, céleri, carotte, persil, et mettez-le sur le feu avec 50g de beurre et la langue, salée et poivrée.

Une fois que celle-ci aura bien rissolé, incisez-la avec du bouillon que vous verserez progressivement, et du coulis ou de la conserve de tomates.

Passez ce jus.

Mélangez, à part, 1 cuillerée rase de farine et 20g de beurre.

Laissez roussir, ajoutez le jus et mettez la langue dans cette sauce.

Faites mijoter un moment avant de servir la langue, coupée en tranches de 1 cm d’épaisseur et accompagnée de céleri ou d'un autre légume, préalablement revenu dans la sauce.

C’est un plat qui peut suffire pour 8 personnes.

16:34 Écrit par Bernard dans Gastronomie, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/12/2016

« Le difficile est de distinguer les restaurants dont on sort en se mordant les doigts de ceux dont on sort en se les léchant. » (Pierre Benoit)

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Le Guide Delta 2017 des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg (qui en est à sa 16e édition et qui se décline aussi dans une version en néerlandais) recense 1950 restaurants et hôtels du Royaume et de son voisin (dont 120 nouveaux établissements, alors qu’une centaine qui étaient présents dans l'édition 2016 n’y sont plus référencés pour cause de fermeture ou par manquement aux critères de sélection) tout en permettant, par un système ingénieux de huit index, de sélectionner également les restaurants par ordre alphabétique en général et dans chaque province, par type de cuisine et en fonction des coups de cœur de la rédaction, de la présence de salons VIP ou de salles de séminaire, mais aussi de la quiétude ou de la beauté des lieux.

L'ouvrage fournit de nombreuses informations sous forme de logos ainsi que 1 460 notices gastronomiques écrites sans complaisance et que les chroniqueurs – dont nous sommes pour une grande part... – assument en toute quiétude et avec une parfaite indépendance.

Comme le veut la tradition, le guide mentionne en ouverture les lauréats annuels de la profession [1].

Les maisons exceptionnelles en Belgique et au Grand-duché de Luxembourg (4 toques dans la classification Delta) passent de 12 à 14.

Il s’agit des établissements suivants :

L’Air du Temps à Éghezée, L’Auberge du Moulin Hideux à Bouillon, Comme Chez Soi à Bruxelles, L’Eau Vive à Arbre, Hertog Jan à Zedelgem, Hof Van Cleve à Kruishoutem,

De Karmeliet à Brugge, Le Manoir de Lébioles à Spa, Mosconi à Luxembourg,

Pastorale à Rumst, Sea Grill à Bruxelles et Zur Post à Sankt-Vith.

D’excellentes tables auxquelles s’ajoutent cette année La Villa Lorraine à Bruxelles et Ma Langue Sourit à Moutford au Grand-duché de Luxembourg (un restaurant dont le chef Cyril Mollard avait déjà décroché le Delta d’Or en 2015).

En revanche, La Bergerie à Lives-sur-Meuse passe de trois à deux toques.

Notons aussi la fermeture de grandes maisons (elles avaient 3 toques) : In de Wulf de Kobe Desramaults à Dranouter, Dôme à Anvers et De Plezante Hof à Hamme.

Enfin, soulignons la présence d'un « Passeport Delta » valable jusqu’au 31 décembre 2017 permettant à son utilisateur de bénéficier d’une remise de 30% (hors boissons et pour un montant maximum de 50 euros de réduction) dans 55 restaurants de qualité.

Une seule utilisation de ce document rembourse donc le prix d’achat du livre !

Une véritable aubaine !

Bernard DELCORD

Guide Delta des hôtels et des restaurants de Belgique & du Luxembourg 2017, Bruxelles, Les Guides Delta, décembre 2016, 608 pp. en quadrichromie au format 15 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,75 €

Delta Gids België & Luxembourg van restaurants & hotels, Brussel, De Delta Gids, december 2016, 608 pp, 29,75 €

[1] Delta d’Or : Restaurant PM à Autre-Église, D'Artagnan à Leuven et Mosconi à Luxembourg ; Delta d’Argent : Matthias and Sea à Tarcienne, The Jane à Anvers et Two6Two à Strassen; Delta de Bronze : La Petite Madeleine à Tournai, Escabèche à Knokke-Heist et La Maison Lefèvre à Esch-sur-Alzette. Lauréats par type de cuisine : À la Fish à Mons (cuisine de la mer), Ashok’s Pourquoi pas l’Inde à Jurbise (cuisine indienne), Bistro Olivier à Namur (cuisine de brasserie), Le Bouchon à Namur (tapas gastronomiques), La Bottega à Eupen (cuisine italienne), C-Jules à Zottegem (cuisine française et de terroir), Le Florentin à Florenville (cuisine bistronomique), La Ferme Blanche d’Asie à Malonne (cuisine chinoise), Yamayu Santatsu à Anvers (cuisine japonaise).

22:33 Écrit par Bernard dans Gastronomie, Guides | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/11/2016

« Le meilleur auxiliaire d'un diplomate, c'est bien son cuisinier. » (Talleyrand)

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Des festins du Camp du Drap d’Or donnés par François Ier en l’honneur d’Henri VIII en 1520 jusqu’à celui la Cop 21 en 2015, une vingtaine de grands rendez-vous diplomatiques [1] sont racontés en textes et en images sous l’angle culinaire par des historiens et des spécialistes de renom[ 2] dans À la table des diplomates – L’histoire de France racontée à travers ses grands repas, 1520-2015 paru sous la direction de Laurent Stéfanini [3] aux Éditions de l’Iconoclaste à Paris en collaboration avec les Archives diplomatiques et les Archives nationales françaises.

Pour la première fois y sont montrés une sélection de menus et de documents inédits provenant des fonds d’archives du service de protocole du Quai d’Orsay, mais aussi de l’Élysée.

Parallèlement à ce travail historique, de grands chefs d’aujourd’hui [4] y commentent les menus avec leur regard de gastronome et revisitent, avec leur savoir-faire, la recette d’un des plats servis à l’époque.

À la table des diplomates  (menu).jpg 

Menu du dîner de 480 couverts servi dans la galerie des fêtes de l’Hôtel de ville de Paris

à l’occasion du baptême du fils de Napoléon III.

Un moyen passionnant de faire découvrir au lecteur l’histoire du « repas à la française » (inscrit au patrimoine de l’Unesco) et comment ce savoir-faire culinaire a joué un rôle -parfois fondamental- dans les événements qui ont fait l’histoire et contribué au rayonnement de la France à travers le monde.

Bernard DELCORD

À la table des diplomates – L’histoire de France racontée à travers ses grands repas 1520-2015, ouvrage collectif sous la direction de Laurent Stéfanini Paris, Éditions de l’Iconoclaste en collaboration avec les Archives diplomatiques et les Archives nationales françaises, octobre 2016, 366 pp. en quadrichromie au format 19,8 x 27,8 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 39 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil estival la recette suivante, de Marc Haeberlin revisitant un plat servi à l’occasion de la signature du traité de l’Élysée en 1963 :

Le homard Thermidor aux algues

Pour 2 personnes

Ingrédients :

1 homard breton de 600g

1 cuillère à café poudre de moutarde à l'anglaise

¼ de litre de sauce armoricaine

1 cuillère à soupe de cognac

100 g d'algues wakamé cuites

2 cuillères à soupe de chapelure

Pour la mousse :

125 g de chair de sole

125 g de crème fleurette

1 œuf entier

Sel, poivre, muscade

Recette :

Cuire le homard à l'eau bouillante salée durant 6 minutes.

Le fendre en deux.

Retirer la chair de la queue et décortiquer la pince.

Couper la chair de la queue en escalopes et la redisposer dans chaque ½ carcasse.

Badigeonner d'un peu de cognac.

Dans un blender, faire la mousse de sole avec la chair de sole, la crème fleurette, l'œuf, sel, poivre, muscade et la poudre de moutarde à l'anglaise.

Étaler cette préparation sur chaque ½ homard, parsemer d'un peu de chapelure.

Rôtir à four chaud (220°C) durant 8 minutes.

Disposer sur un peu de sauce armoricaine.

Parsemer d'algues wakamé cuites.

Disposer sur le dessus la pince de homard.

 

[1] Le mariage d’Henri IV et Marie de Médicis à Lyon le 17 décembre 1600, la signature de la paix des Pyrénées par Louis XIV et Philippe IV d’Espagne en 1660, la réception de la nouvelle dauphine Marie-Josèphe de Saxe par Louis XV au château de Choisy en 1747, le mariage de Napoléon Ier avec Marie-Louise d’Autriche en 1810, le Congrès de Vienne en 1815, le baptême du prince impérial le 14 juin 1856, l’inauguration du canal de Suez le 18 novembre 1869, le banquet de Guillaume Ier à Versailles à l’issue de la guerre de 1870, la signature de l’alliance franco-russe en 1897, les expositions universelles de 1889 et 1900, la venue en France du président américain Wilson après la victoire de 1918, celle de Winston Churchill en novembre 1944, la visite officielle de Nikita Khrouchtchev en 1960, celle de John et Jacqueline Kennedy en 1961, celle du shah d’Iran la même année, le traité de l’Élysée scellant la réconciliation franco-allemande en 1963, le dîner offert par Charles de Gaulle au Premier ministre  québécois en 1967, le voyage officiel de François Mitterrand en Chine en 1983, le banquet en l’honneur de Yasser Arafat en 1993, celui de la visite d’Elisabeth II d’Angleterre en 2004

[2] Louis Amigues, Jean- Pierre Babelon, Séverine Blenner-Michel, Jacques-Olivier Boudon, Hélène Carrère d’Encausse, Corinne Defrance, Jean-Pierre Filiu, Bruno Fuligni, Marc Haeberlin, Tristan Hordé, André Kaspi, François Kersaudy, Vincent Laniol, Ulrich Pfeil, Franck Philippe, Florent Quellier, Patrick Rambourg, Isabelle Richefort, Maurice Vaïsse et Hubert Védrine.

[3] Laurent Stéfanini, diplomate et amateur d'histoire, a été chef du protocole de 2010 à 2016 et a contribué à organiser la présidence française du G8 et du G20 en 2011, ainsi que la conférence de Paris sur les changements climatiques de 2015. Il est aujourd'hui l'ambassadeur de France auprès de l'Unesco.

[4] Ghislaine Arabian, Olivier Bellin, Jean-Pierre Billoux, Yves Camdeborde, Thierry Charrier, Alain Dutournier, Adeline Grattard, Michel Guérard, Marc Haeberlin, Xavier Hamon, Patrick Henriroux, Arnaud Lallement, Stéphanie Le Quellec, Régis Marcon, Thierry Marx, Jacques Maximin, Alain Passard, Michel Portos, Andrée Rosier, Benjamin Toursel, Pierre Troisgros et Mathieu Viannay.