10/04/2018

« Quand on n'aime pas trop, on n'aime pas assez. » (Roger de Bussy-Rabutin, 1618-1693)

Le Grand Siècle déshabillé.jpg

Auteur d'une Anthologie de la poésie érotique française (Fayard, 2004), Jean-Paul Goujon a assuré l'édition de l'Œuvre érotique de Pierre Louÿs. Il est l'auteur de diverses biographies dont celles de Léon-Paul Fargue (Gallimard, 1997, Grand Prix de la biographie de l'Académie française) et de Pierre Louÿs (Fayard, 2002, prix Goncourt de la biographie).

Il a fait paraître aux Éditions Robert Laffont, dans la célèbre collection « Bouquins », une compilation de textes intitulée Le Grand Siècle déshabillé – Anthologie érotique du XVIIe siècle,

Voici ce qu’il en écrit :

« Loin d'être une époque solennelle et froide, le Grand Siècle se révèle, d'un bout à l'autre, comme ardemment érotique. Sans doute moins connu que le libertinage du siècle suivant, cet érotisme prend des formes multiples, parfois surprenantes, en s'affirmant comme une sorte d'antidote à tous les pouvoirs, moraux, politiques et religieux. La veine populaire s'exprime de façon explosive et hilarante dans les facéties, les "chansons folâtres", les "contes à rire", puis, sous la Fronde, les violentes mazarinades, tandis que les "chansons de cour" brocardent sans pitié les amours des courtisans.

On voit à cette même époque surgir les premiers grands textes érotiques de notre littérature : les Confessions de Bouchard, L'École des filles, Le Bordel des Muses de Le Petit. Les écrits d'ecclésiastiques montrent que l'Église elle-même n'échappe pas à ces hantises. Objets de scandale, le saphisme et l'homosexualité masculine sont présents aussi bien dans l'œuvre des poètes que dans les anecdotes relatées par les chroniqueurs ou les rapports de police.

Certaines obsessions, en particulier la scatologie, sont perçues et exaltées comme autant d'hérésies. Les multiples amours de Louis XIV témoignent que ce souverain, loin d'être une exception, exprimait parfaitement les goûts de son siècle tout enivré d'amour et de sensualité.

Nombre de textes ici rassemblés sont peu connus, sinon ignorés, et certains n'avaient même jamais été réédités. Ils sortent ainsi du purgatoire sans rien perdre de leur verve trouble et sulfureuse. »

Et franchement paillarde !

Bernard DELCORD

Le Grand Siècle déshabillé – Anthologie érotique du XVIIe siècle, édition établie, annotée et présentée par Jean-Paul Goujon, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », mai 2017, 1024 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 € (prix France)

Extraits (softs) :

 

Salomon de Priezac, Sur un amant qui fit un pet en présence de sa maîtresse (1650)

 

Un jour chez Alidor, un galant malheureux

Faisant l'expression de son zèle amoureux,

Frappa d'un petit vent l'oreille de sa Dame :

Mais holà ! lui dit-il, qui s'en moque est un fou,

Car dans le désespoir et l'ardeur qui m'enflamme,

Pourvu que je soupire, il n'importe par où.

 

Le Cabinet satyrique (1618)

 

POUR ÉCRIRE SUR LE LUTH D'UNE DEMOISELLE. SONNET

 

Si votre main blanche et légère

Anime et donne au luth la voix,

Jugez ce qu'elle pourrait faire

D'un autre instrument que de bois.

 

Croyez, belle ménestrière,

Pendant que vous avez le choix,

Remuez un peu le derrière,

Et non pas si souvent les doigts.

 

Le luth pour un temps vous peut plaire,

Mais ce plaisir ne dure guère :

Il ennuie et lasse parfois ;

 

Mais un vit fait tout le contraire,

Car son entretien ordinaire

Fait que les ans semblent des mois.

 

                                   ANONYME

29/01/2018

Les trouvères du sud de la France…

Les troubadours.jpg

Michel Zink (°1945), écrivain, médiéviste et philologue français, membre de l'Institut, est professeur honoraire au Collège de France est l’auteur de nombreux ouvrages [1] et il a étudié toute sa vie l'art des troubadours et leur poésie.

C’est donc très logiquement qu’il a fait paraître Les troubadours – Une histoire poétique (2013, Paris, Éditions Perrin), un essai très documenté qui a remporté le Prix Provins Moyen Âge 2014 et qui ressort en collection de poche dans une version révisée.

En voici la présentation de l’éditeur :

« Les troubadours sont, au XIIsiècle, les auteurs, immensément admirés, des plus anciennes chansons d'amour composées dans une des langues nouvelles de l'Europe, la langue d'oc. Le tremblement du désir et celui de la crainte, la ferveur et la frustration, la jalousie et la jouissance, tout cela ils l'ont dit de façon si nouvelle et si intense que leurs chansons résonnent encore dans les mots d'amour d'aujourd'hui.

Le livre de Michel Zink rend sa fraîcheur à cette poésie vieille de neuf siècles en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des poèmes, qu'il cite en grand nombre, juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour qu'elle nous enchante et pour qu'elle vive en nous. »

Et voici ce qu’en dit l’auteur :

« Ce livre se veut une histoire poétique des troubadours. Il tente de rendre à leur poésie sa fraîcheur en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des chansons et à propos de chacune juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour que sa subtilité apparaisse, pour que ses allusions s'éclairent, qu'elle nous enchante et qu'elle vive en nous. (…)

J'ai voulu les faire aimer autant que je les aime, faire sentir tout ce que leurs chansons recèlent de sophistication et de simplicité, de séduction et de profondeur. Comment rendre proche, immédiatement accessible, immédiatement savoureuse, une poésie d'amour vieille de neuf siècles, écrite dans une langue ancienne et à demi étrangère, parfois volontairement obscure et produite par une civilisation désormais si loin de nous ? »

Objectif atteint !

Bernard DELCORD

Les troubadours – Une histoire poétique par Michel Zink, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus », novembre 2017, 382 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,50 € (prix France)

[1] Épinglons, entre autres, La Pastourelle – Poésie et folklore au Moyen Âge, Paris, Bordas, 1972, La Prédication en langue romane avant 1300, Paris, Champion, 1976 et 1982, Littérature française au Moyen Âge, Paris, PUF, 1992 et 2001, Le Moyen Âge de Gaston Paris, Paris, Éditions Odile Jacob, 2004, Bienvenue au Moyen Âge, Équateurs/France Inter, 2015.

20/01/2018

Guerres et Lettres...

Histoire, Forme et Sens en Littérature – La Belgique francophone – Tome 2 – L'Ébranlement (1914-1944).jpg

Véritable Pic de la Mirandole des littératures belge et congolaise de langue française, l’universitaire [1], poète, écrivain, essayiste et critique Marc Quaghebeur (°1947) dirige les Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles tout en présidant l’Association européenne des Études francophones.

Poursuivant les recherches qu’il avait entreprises dans Histoire, Forme et Sens en Littérature. La Belgique francophone. Tome 1 : L'engendrement (1815/1914) publié en 2015 chez PIE Peter Lang et aux Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles, il vient de faire paraître, chez les mêmes éditeurs, Histoire, Forme et Sens en Littérature. La Belgique francophone. Tome 2 : L'Ébranlement (1914-1944), un brillantissime essai remarquablement documenté sur les transformations opérées chez les grands auteurs de l'époque léopoldienne par le viol de la neutralité belge et l’invasion allemande d’août 1914 ainsi que par la résistance imprévue de l’armée belge et les violences de la soldatesque du Reich, puis, à l’issue du conflit mondial, par l’adoption du suffrage universel.

Ensuite, il s’attache, à travers le prisme de la nouvelle génération d’écrivains, à l’affirmation du fantastique réel chez Franz Hellens (1881-1972), Marcel Thiry (1897-1977) ou Robert Poulet (1893-1989), ainsi qu’aux novations langagières et formelles des Henri Michaux (1899-1984), Paul Nougé (1895-1967), Charles Plisnier (1896-1952) et autres Fernand Crommelynck (1886-1970) ainsi qu’aux rapports pour le moins complexes entretenus par les écrivains belges avec la langue française et la France, à travers le prisme du « Manifeste du Groupe du Lundi » [2] publié à Bruxelles le 1er mars 1937 à l’initiative de Robert Poulet et, dans une moindre mesure selon nous [3], de Franz Hellens. Il rend également compte de la mise en place d’une historiographie littéraire bien plus complexe que les simplifications de ce « Manifeste ».

La seconde invasion allemande, la défaite de mai 1940 et l’Occupation qui s’ensuivit entraînèrent la reviviscence du mythique chez Maurice Maeterlinck (1862-1949), Michel de Ghelderode (1898-1962), Hergé (1907-1983) ou Pierre Nothomb (1887-1966) [4], qui surgit alors comme une réponse très belge à la faillite du réel, ce que les contrepoints de Victor Serge (1890-1947) à l’égard des deux conflits mondiaux ont confirmé à leur manière [5].

Une formidable synthèse !

Bernard DELCORD

Histoire, Forme et Sens en Littérature. La Belgique francophone. Tome 2 : L'Ébranlement (1914-1944) par Marc Quaghebeur, Bruxelles, coédition PIE Peter Lang et Archives & Musée de la Littérature, collection « Documents pour l’Histoire des Francophonies/Théorie », janvier 2018, 414 pp. en noir et blanc au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 44 €

 

[1] Sa thèse de doctorat en Philosophie et Lettres, intitulée L'œuvre nommée Arthur Rimbaud, défendue à l’Université catholique de Louvain en 1975, avait fait grande sensation.

[2] Signé par Charles Bernard, Hermann Closson, Hubert Dubois, Paul Fierens, Marie Gevers, Michel de Ghelderode, Éric de Haulleville, Franz Hellens, Pierre Hubermont, Arnold de Kerchove, Grégoire le Roy, Georges Marlow, Charles Plisnier, Robert Poulet, Camille Poupeye, Gaston Pulings, Marcel Thiry, Henri Vandeputte, Horace van Offel, René Verboom et Robert Vivier.

[3] Cf. Bernard Delcord, « À propos de quelques “chapelles” politico-littéraires en Belgique (1919-1945) », Bruxelles, Cahiers du Centre de Recherches et d’Études historiques de la Seconde Guette mondiale, n° 10, novembre 1986, pp 153-205.

[4] Et, d’une certaine façon, Paul Willems (1912-1997) dans Tout est réel ici (1941) et L'herbe qui tremble (1942).

[5] Sources : dossier de presse.

18/01/2017

« Tout à fait dignes du panier de Madame de Sévigné... » (Georges Brassens)

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Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, plus connue sous le nom de Madame de Sévigné, est une épistolière française, née le 5 février 1626 à Paris et morte le 17 avril 1696 au château de Grignan (Drôme).

Orpheline de père à l'âge d’un an, celui-ci ayant été tué au siège de La Rochelle, elle perd aussi sa mère, Marie de Coulanges (1603-1633), six ans plus tard.

Elle vit néanmoins une jeunesse choyée et heureuse, d’abord chez son grand-père, Philippe de Coulanges, puis, après sa mort en 1636, chez le fils aîné de celui-ci, Philippe de Coulanges.

Le 4 août 1644, elle épouse Henri de Sévigné (1623-1651), mais devient veuve à vingt-cinq ans, le 5 février 1651, quand son époux est tué lors d’un duel.

Le couple a deux enfants :

– Françoise-Marguerite (1646-1705) qui épousera en 1669 François Adhémar de Monteil de Grignan, nommé lieutenant-général de Provence l’année suivante ; la nouvelle comtesse de Grignan le rejoint une année plus tard. Le couple résidera au château de Grignan pendant presque quarante ans.

– Charles (1648-1713), qui restera sans postérité.

La correspondance de Madame de Sévigné avec sa fille s’effectua à peu près pendant vingt-cinq ans au rythme de deux ou trois lettres par semaine. S’y ajoutèrent de nombreuses missives à sa famille et à ses amis [1].

Madame de Sévigné est devenue un grand écrivain presque sans le vouloir et sans le savoir. Ses lettres sont nées de sa conversation, vive, enjouée, dont elle a su conserver, à l'intention de ses correspondants, le badinage, l’intelligence et la spontanéité.

Nouvellement sélectionnées et commentées par Nathalie Freidel, des Lettres choisies de Madame de Sévigné ont été publiées récemment chez Gallimard à Paris dans la collection « Folio classique »

Écoutons ce qu’en dit l’éditrice :

« De même que deux vers de Racine suffisent à reconnaître la main du maître, deux lignes de Sévigné signalent immédiatement le style, le savoir-faire, la langue inimitables de l'épistolière.

Encline au libertinage intellectuel, réfractaire à l'endoctrinement, Madame de Sévigné est le pur produit de la société du loisir lettré. (…)

Par le détour du pastiche, de l'ironie et de l'humour, elle dresse un portrait de soi parmi les plus vivants, les plus audacieux et les plus émouvants de son siècle. Mais les lettres consacrées aux opérations militaires, à la révolte de la Bretagne, à l'exil des rois d'Angleterre ainsi que l'intérêt porté à la politique familiale des Grignan en Provence dévoilent aussi un engagement sur un terrain où les femmes étaient loin d'être les bienvenues.

Par son rayonnement – de la vie mondaine à la sphère politique en passant par l'intime – et son ton unique, Madame de Sévigné fait souffler un vent de liberté dans le classicisme français. »

Avec quel style et quel panache !

Bernard DELCORD

Lettres choisies de Madame de Sévigné, édition et annotations par Nathalie Freidel, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio classique », novembre 2016, 744 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,80 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_de_S%C3%A9vign%C3%A9

11/04/2016

Naissance du romantisme…

Adolphe de Benjamin Constant – Postérité d'un roman (1816-2016).jpg

L’année 2016 est marquée par le bicentenaire de la publication d’Adolphe, l’œuvre littéraire la plus célèbre de l’écrivain et homme politique lausannois Benjamin Constant (1767-1830), un roman qui lance le romantisme et évoque la liaison orageuse de son auteur avec l’écrivaine et philosophe française d'origine genevoise Germaine de Staël (1766-1817) qu’il avait rencontrée en 1794.

À l’occasion de ce grand anniversaire, un ouvrage collectif richement illustré paru chez Slatkine à Genève sous le titre Adolphe de Benjamin Constant – Postérité d'un roman (1816-2016) propose de mettre en lumière la longue et foisonnante postérité d’Adolphe : il s’agit de faire découvrir aux lecteurs les multiples éditions, traductions (y compris en japonais ou en persan), réécritures (de Balzac à Camille Laurens, en passant par Jacques Chessex) et adaptations (théâtre, cinéma, bandes dessinées) auxquelles le chef-d’œuvre de Benjamin Constant a donné lieu, de 1816 à nos jours.

Une vingtaine de spécialistes, issus d’une dizaine de pays, ont rédigé les textes qui composent ce volume interdisciplinaire consacré à l’héritage d’un roman qui, deux siècles après sa parution, n’a rien perdu de son pouvoir de fascination.

Bernard DELCORD

Adolphe de Benjamin Constant – Postérité d'un roman (1816-2016), ouvrage collectif sous la direction de Léonardo Burnand et Guillaume Poisson, Genève, Éditions Slatkine, février 2016, 157 pp. en quadrichromie au format 21 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 35 € (prix France)

10/04/2016

Un vade-mecum remarquable !

Grands courants de la littérature française (2e édition).jpg

La nouvelle édition (88 pp. au lieu de 64) désormais tout en couleurs des Grands courants de la littérature française par Georges Legros, Michèle Monballin et Isabelle Streel s’avère, comme la précédente – parue en 2007 – et ainsi que nous l’avons déjà écrit dans ces colonnes, d'une belle pertinence et d'une grande clarté.

C'est qu'en quelques pages, les auteurs vont à l'essentiel de l'Humanisme, du Baroque, du Classicisme, des Lumières, du Romantisme, de la Modernité, du Réalisme, du Symbolisme, du Surréalisme ainsi que de la culture contemporaine – avec, pour celle-ci, un contenu plus complet et détaillé – dans ses expériences et ses contradictions (Existentialisme, Théâtre de l'absurde, Nouveau Roman, Oulipo, Francophonie littéraire, Postmodernité...) dont ils remettent les idées en place avec une maestria digne de tous les éloges.

Rappelons au passage que ces 10 courants figurent en Belgique francophone parmi les savoirs requis dans le cadre des compétences terminales de français aux 2e et 3e degrés (tous réseaux, enseignement général et technique de transition).

L’ouvrage, rédigé dans respect de l’orthographe réformée, se fonde sur une structuration claire des contenus et des explications, ainsi que sur de nombreux extraits littéraires représentatifs et sur des illustrations significatives (portraits, peintures, architecture…) en lien avec une ligne chronologique illustrée et actualisée présente au centre de l’ouvrage, une frise qui permet une meilleure mémorisation des grands repères culturels et littéraires.

Un outil indispensable !

Bernard DELCORD

Grands courants de la littérature française, nouvelle édition, par Georges Legros, Michèle Monballin et Isabelle Streel, Éditions Érasme, juillet 2015, 88 pp. en quadrichromie au format 20,8 x 29,3 cm (accompagnées d'une frise de 4 pages) sous couverture brochée en couleurs, 15 €

01/11/2015

Saisons d’enfer…

Verlaine en Belgique (cover).jpg

Illustré de nombreux documents, pour la plupart inédits ou peu connus et publié dans le cadre des activités de Mons 2015, capitale européenne de la culture, le livre de Bernard Bousmanne [1] intitulé Verlaine en Belgique et paru aux Éditions Mardaga à Bruxelles sert de catalogue à l’exposition Verlaine Cellule 252 Turbulences poétiques qui se tient jusqu’au 24 janvier 2016 au BAM (Musée des Beaux-Arts de Mons).

En voici l’excellente présentation par l’éditeur, en tout point conforme au contenu du livre :

« Véritable roman épique, cet ouvrage d’histoire littéraire débute par la dispute à Bruxelles entre Arthur Rimbaud (1854-1891) et Paul Verlaine (1844-1896), amants passionnels, et le coup de feu à l’origine du procès judiciaire à l’encontre de l’auteur des superbes Romances sans paroles. Le récit se déplace ensuite vers la prison de Mons où Verlaine, condamné à deux ans d’emprisonnement (1873-1875), termine plusieurs de ses chefs-d’œuvre. Truffé d’anecdotes historiques, le livre relate longuement ces années sous les verrous en les replaçant dans l’univers carcéral de l’époque. Au “régime de la pistole”, orphelin de Rimbaud, Verlaine vit alors sa propre Saison en enfer derrière les barreaux.

En 1893, on retrouve le poète lors de son retour en Belgique pour une série de conférences. Il a 49 ans mais en paraît vingt de plus. Il passe alors d’hôpitaux en garnis provisoires, s’abîme dans l’alcool et l’absinthe. Se traînant en clochard ténébreux, il est tiraillé entre les deux harpies qui partagent ses dernières années d’existence : Eugénie Krantz, une fielleuse sournoise et irascible, et Philomène Boudin, une vague prostituée. Pourtant, beaucoup voient dans ce vieux faune taciturne le plus grand écrivain français depuis la mort de Victor Hugo. Toute la Belgique littéraire et artistique se presse pour l’écouter.

Grâce à cet ouvrage, le lecteur est plongé pour la première fois au cœur même de cet épisode tumultueux de la vie du poète. Il accompagne ce dernier, pas à pas, à travers plus de 200 documents, pour la plupart peu connus, retrouvés après cinq ans de recherches dans les réserves des principales bibliothèques européennes ou conservés en collections privées.

En filigrane de ce destin d’écriture, se cachent les différents acteurs de cette « aventure Verlaine » : sa mère, Élisa Dehée, Mathilde Mauté, l’épouse bafouée, son fils Georges, le juge Théodore t’Serstevens, mais aussi Félicien Rops, Oscar Wilde, Victor Hugo, Stéphane Mallarmé, témoins essentiels de cette errance magnifique, d’autres encore…

Et, bien sûr, dans l’ombre, Rimbaud, le “Satan adolescent”… » 

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Lettre de Rimbaud à Verlaine écrite à Londres le 7 juillet 1873. Bruxelles, KBR, Cabinet des manuscrits, ms. II 6368, fol. 23r.

Bernard DELCORD

Verlaine en Belgiquepar Bernard Bousmanne, Bruxelles, Éditions Mardaga, collection « Histoire », octobre 2015, 352 pp. en quadrichromie au format 30 x 23 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 45 €

 

Informations pratiques :

Verlaine. Cellule 252 Turbulences poétiques

Cette exposition vous plonge dans un « cheminement Verlaine » à travers l’homme et ses textes, à partir de nombreux documents originaux et exceptionnels.

Adresse :

BAM

Rue Neuve, 8

B-7000 Mons

Horaires :

Du mardi au dimanche de 10h00 à 18h00 jusqu’au 24/01/2016

Tarifs :

12€ / 9€ (ticket combiné avec l’exposition Parade Sauvage)

Réservations individuelles par téléphone au 00 32(0)65 39 59 39 ou sur le site www.mons2015.eu

Réservations pour les  groupes et visites guidées par téléphone au 00 32(0)65 35 34 88 ou sur le site groupes@ville.mons.be

Une coproduction de la Fondation Mons 2015, du Pôle muséal de la Ville de Mons et de la Bibliothèque royale de Belgique.


[1] Docteur en histoire de la civilisation médiévale et président du Centre international de Codicologie, Bernard Bousmanne dirige depuis près de vingt ans le Département des Manuscrits de la Bibliothèque royale de Belgique où sont conservés la plupart des documents de « l’Affaire Rimbaud-Verlaine ». Membre du comité scientifique de la Revue Verlaine, il est notamment l’auteur d’une monographie intitulée Reviens, reviens, cher ami. Rimbaud-Verlaine. L’Affaire de Bruxelles (Calmann-Lévy) consacrée aux relations entre les deux poètes.