28/11/2017

Une contre-révolution française…

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Par ailleurs journaliste, essayiste et politologue, l’historien français très droitier – c’est le moins que l’on puisse dire… – Patrick Buisson (°1949) dirige la chaîne Histoire depuis 2007.

Il a publié en 2016 La Cause du peuple (Perrin, 2016), un best-seller dans lequel il fait plusieurs révélations critiques sur l'action et le comportement de Nicolas Sarkozy [1] dont il fut le conseiller à la présidence de la République avant d’être révoqué pour avoir enregistré des réunions « à l'insu » du locataire de l’Élysée et de ses autres conseillers, à l'aide d'un dictaphone.

Il est également l'auteur de 1940-1945, années érotiques (2008-2011, Éditions Albin Michel) et de films historiques, dont Avec le temps/C'est l'histoire d'un métamec (sur Léo Ferré, avec des photographies de Hubert Grooteclaes, 1995) et Paris Céline : Sur les pas de Céline avec Lorànt Deutsch (2011).

Dans La grande histoire des guerres de Vendée publiée chez Perrin, il retrace les événements qui ont marqué la Contre-Révolution française de la fin du XVIIIe siècle.

Pour rappel, la guerre de Vendée est le nom donné à la guerre civile qui opposa, dans l'ouest de la France, les républicains (bleus) aux royalistes (blancs), entre 1793 et 1796.

Elle fut étroitement liée à la Chouannerie (1792-1800) en Bretagne, dans le Maine, l'Anjou et la Normandie, l'ensemble de ces deux conflits étant parfois désigné sous le nom de « guerres de l'Ouest ». La Chouannerie se déroula sur la rive droite de la Loire, tandis que le soulèvement vendéen eut lieu sur la rive gauche.

Comme partout en France, la Vendée a connu des manifestations paysannes entre 1789 et 1792. Mais c'est au moment de la levée en masse [2], en 1793, que l’insurrection vendéenne s'est déclenchée, dans un premier temps comme une jacquerie paysanne classique, avant de prendre la forme d'un mouvement contre-révolutionnaire.

Étalée sur trois années, la guerre a connu plusieurs phases, avec une brève période de paix au printemps 1795. Elle s'est soldée par la défaite des rebelles vendéens au début de l'année 1796, après avoir fait plus de 200 000 morts et causé de nombreuses destructions. [3]

Rassemblant 150 illustrations, dont de nombreuses méconnues ou inédites (tableaux, gravures, drapeaux, vitraux, emblèmes, armes et objets divers…) le superbe album de Patrick Buisson accorde par ailleurs une large place à des mémoires et à des témoignages contemporains des événements.

Un ouvrage décapant !

Bernard DELCORD

La grande histoire des guerres de Vendée par Patrick Buisson, préface de Philippe de Villiers, Paris, Éditions Perrin, novembre 2017, 272 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 29,9 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 29 € (prix France

[1] Magali Ghu, « La Cause du peuple, le livre de Patrick Buisson qui étrille Sarkozy », lavoixdunord, 27 septembre 2016.

[2] Le 23 février 1793, la Convention avait décidé la levée en masse de trois cent mille hommes, pris parmi les célibataires ou veufs de 18 à 25 ans.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Guerre_de_Vend%C3%A9e

17:10 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/11/2017

Un Balzac du XXIe siècle ! (2)

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Bruno Fuligni en 2015 [1].

Diplômé de Sciences Po (section Service public, promotion 1991), l’écrivain et historien français Bruno Fuligni, né le 21 mai 1968, travaille à l'Assemblée nationale depuis 1996.

Par ailleurs régent du Collège de Pataphysique, ce brillant polygraphe est un grand amateur d’histoire, d’utopies et d’aventures humaines insolites. Nous en voulons pour preuve quatre de ses publications, dont nous avons recopié le pitch :

Royaumes d’aventure – Ils ont fondé leur propre État

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« Avez-vous déjà visité le royaume de Redonda, les principautés de Seborga, de Hutt River ou de Sealand, la république de Counani, le Liberland, le royaume de Bir Tawil ou encore l'État gay et lesbien de Cato ?

À côté des États universellement reconnus, un univers insoupçonné reste à explorer : le monde des micronations, avec leurs drapeaux, leurs monnaies, leurs gouvernements autoproclamés.

Des royaumes pirates du XVIIIe siècle aux pays virtuels sur Internet, cet atlas vous invite à un fabuleux voyage dans l'espace et dans le temps, à la découverte de quatre cents pays mystérieux et secrets :

– des îles lointaines, où marins, flibustiers, naufragés sont devenus rois ;

– des empires éphémères, constitués par des aventuriers en marge de la conquête de l'Ouest et de la colonisation ;

– des enclaves oubliées, permettant à des intellectuels astucieux de proclamer l'indépendance de leur village, de leur quartier, de leur maison, voire d'un territoire artificiel ou immatériel.

Autant d'histoires authentiques et foisonnantes, toutes orientées vers ce grand rêve de liberté qu'exprime aujourd'hui le phénomène micronational. »

Souvenirs de Police – La France des faits divers et du crime vue par des policiers (1800-1939)

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« Qu'il s'agisse de vol, de crime, de mœurs ou de pouvoir, ce livre rassemble les grands textes des “policiers écrivains”.

Policiers, ils ont découvert le corps, traqué l'assassin, livré une tête à trancher à la justice sévère de leur temps ; écrivains, ils ont consigné leurs enquêtes, leurs intuitions, leurs idées. À l'âge de la retraite, ils publient, racontent, revivent les moments forts d'une carrière, non sans se donner le plaisir de régler au passage quelques comptes.

Certains, imitant Vidocq, ne font que donner des indications à un « teinturier », un homme de lettres famélique qui va mettre en forme le récit ; d'autres, comme les commissaires Goron ou Macé, se révèlent de véritables écrivains, des narrateurs efficaces ayant le sens de l'image et du raccourci saisissant, des stylistes qui savourent la joie de ressusciter en beau français les horreurs de la chronique criminelle.

On trouve même quelques versificateurs dans la confrérie, comme Clovis Pierre, “le poète de la Morgue”, et surtout l'énigmatique Ernest Raynaud, auteur aux deux visages : le poète symboliste ami de Verlaine, mais aussi le commissaire de police qui parsème ses récits aigres-doux de citations littéraires et de références classiques.

L'écriture, en transformant le policier en témoin, lui ouvre un champ beaucoup plus vaste que le seul angle professionnel.

De l'ancien préfet de police craint et respecté – Gisquet, Andrieux, Lépine – jusqu'au petit inspecteur des Mœurs qui se sait l'objet du mépris public, ces Souvenirs de police nous transmettent la mémoire tue des générations d'avant-guerre.

De la révolution industrielle à la crise des années 1930, la France a ses zones d'ombre que les écrivains policiers trouent de leur fanal lumineux, signalant les complaisances et les convoitises de nos arrière-grands-pères, les passions troubles de leurs élites. »

Le Journal des Assassins

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« Au printemps 1884, c'est un curieux titre que les crieurs des rues proposent aux passants : le Journal des Assassins, “organe officiel des chourineurs réunis”. On peut s'abonner “le soir, au coin des rues”, pour avoir des nouvelles des condamnés à mort ou apprendre l'art de détrousser le bourgeois avec élégance...

Chef-d'œuvre d'humour noir et d'esprit boulevardier, le Journal des Assassins surprend par ses dessins macabres et ses titres mystérieux.

Articles de fond, brèves, feuilleton et petites annonces criminelles, rien n'y manque, tout cela joyeusement parodique, bizarre et moqueur, insensé parfois. On y trouve des vers de Jules Jouy, « le poète chourineur », mais la rédaction n'éprouve aucun scrupule à faire endosser les articles les plus scabreux à des personnalités en vue, de Victor Hugo à l'archevêque de Paris...

On trouvera dans ces pages l'édition intégrale du Journal des Assassins, feuille violente aux plumes assassines – y compris le “brevet d'assassin” décerné aux lecteurs fidèles. »

Mata Hari – Les vies insolentes de l’agent H 21

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« Peu de noms évoquent autant le mystère, la sensualité et l'intrigue que celui de Mata Hari. Son histoire est vraie, mais elle comporte tous les ingrédients d'un grand film d'aventure : ambition, argent, sexe, pouvoir et mort tragique...

Mère de famille, danseuse nue, espionne et femme fatale, Mata Hari a traversé plusieurs vies avant d'accéder au rang de personnage légendaire.

Fusillée le 15 octobre 1917, elle a continué de vivre dans l'imaginaire collectif, devenant un mythe dont se sont emparés le cinéma et la publicité.

Première star mondiale, dont le nom sonne comme une marque, elle a inventé le strip-tease, créé un style vestimentaire et inauguré l'ère du renseignement technologique, puisque ce sont les interceptions de la tour Eiffel qui ont livré les secrets de “l'agent H 21”.

Une histoire folle d'une grande modernité.

À partir des archives de la Défense et d'une abondante documentation, l’auteur révèle la captivante histoire d'une vie faite d'amour, de mensonges et de subterfuges, la vie d'une femme dont le nom est devenu le symbole de l'espionnage au féminin. »

Ajoutons pour conclure que ces ouvrages s’avèrent en tout point passionnants !

Bernard DELCORD

Royaumes d’aventure – Ils ont fondé leur propre État par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Les Arènes, mai 2016, 320 pp. en quadrichromie au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 24,80 € (prix France)

Souvenirs de Police – La France des faits divers et du crime vue par des policiers (1800-1939) par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », novembre 2016, 1070 pp. en noir et blanc au format 13 x 19,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 € (prix France)

Le Journal des Assassins par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Place des Victoires, septembre 2017, 160 pp. en noir et blanc au format 23,6 x 32,3 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 € (prix France)

Mata Hari – Les vies insolentes de l’agent H 21 par Bruno Fuligni, Paris, Éditions Gallimard, collection « Gallimard Loisirs », octobre 2017, 192 pp. en noir et blanc au format 20 x 26,2 cm sous couverture brochée en couleurs, 35 € (prix France)

[1] © Pymouss – Travail personnel, CC BY-SA 4.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=43992081

20:29 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/11/2017

Les deux têtes de l'aigle...

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Historien de grand talent et spécialiste des têtes couronnées, Jean des Cars [1] signe aux Éditions Perrin à Paris François-Joseph et Sissi – Le devoir et la rébellion, un essai brillant et bellement illustré dans lequel il se penche sur le couple paradoxal et romanesque constitué à leur mariage le 24  avril 1854 par le très autocrate François-Joseph  Ier, empereur d’Autriche et roi apostolique de Hongrie, né le 18  août 1830 à Vienne et mort dans cette ville le 21  novembre 1916, et par son épouse anarchisante Élisabeth Amélie Eugénie de Wittelsbach, dite « Sissi », duchesse en Bavière, née le 24  décembre 1837 à Munich et morte assassinée le 10  septembre 1898 à Genève, en Suisse [2].

Voici ce qu’il nous en dit :

« François-Joseph et Sissi. Pour l'éternité, ils constituent un couple légendaire parmi les plus célèbres de l'histoire. Pour le meilleur et pour le pire, entre quelques joies et d'innombrables tragédies, toutes ancrées dans la mémoire européenne, préludes à la fin d'un monde, celui d'avant 1914, "le monde d'hier" de Stefan Zweig.

Quelle fut leur vie, publique et privée ? Comment fonctionna cette monarchie conjugale, double, elle aussi ? Dans quels domaines furent-ils d'accord ? Apprirent-ils la vérité sur la mort, à Mayerling, de leur seul fils et héritier ? Et cette question simple, mais essentielle : se sont-ils réellement aimés à défaut d'être heureux ?

De l'union à la cohabitation, des crises à l'entente cordiale, de l'amusement à l'agacement, de l'exaspération à la colère, cette biographie croisée présente le destin exceptionnel de deux têtes couronnées devenues des mythes de leur vivant.

Celui du "dernier monarque de la vieille école", amoureux définitif de son épouse fuyante, assassinée par un anarchiste ignorant que sa victime était bien plus révolutionnaire que lui et qu'elle espérait cette délivrance. Une mort qui bouleversa les peuples et laissa son mari inconsolable. »

Dans cet ouvrage magistral, Jean des Cars, avec la maestria qui lui est coutumière, marche sur les pas d'un homme de devoir et d'une femme en rébellion.

Pour rappel à nos lecteurs belges, ces souverains eurent quatre enfants, dont l’un eut des liens directs avec le roi Léopold II :

– Sophie Frédérique Dorothée Marie Josèphe (1855-1857), archiduchesse d'Autriche.

– Gisèle Louise Marie (1856-1932), archiduchesse d'Autriche. Elle épousa (1873) le prince Léopold de Bavière (1846-1930).

– Rodolphe François Charles Joseph (1858-1889), archiduc d'Autriche et prince héritier de l’empire austro-hongrois. Il épousa (1881) la princesse Stéphanie de Belgique (1864-1945). Il mourut avec sa maîtresse Marie Vetsera, née en 1871, dans le pavillon de chasse de Mayerling le 30 janvier 1889.

– Marie Valérie Mathilde Amélie (1868-1924), archiduchesse d'Autriche. Elle épousa (1890) l'archiduc François-Salvator de Habsbourg-Toscane, prince de Toscane (1866-1939).

Bernard DELCORD

François-Joseph et Sissi – Le devoir et la rébellion par Jean des Cars, Paris, Éditions Perrin, novembre 2017, 543 pp. en quadrichromie au format 16 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25 € (prix France)

[1] Jean Marie de Pérusse des Cars, dit Jean des Cars, né le 24 avril 1943 à Paris, est l’auteur d’une œuvre abondante, avec notamment des titres comme Louis II de Bavière ou le roi foudroyé (Perrin, 1975), Malesherbes, gentilhomme des Lumières (Éditions de Fallois, 1994), La princesse Mathilde (Perrin, 1996), Eugénie, la dernière impératrice (Perrin, 1997), Sissi, impératrice d'Autriche (Perrin, 1999), Rodolphe et les secrets de Mayerling (Perrin, 2004), La saga des Romanov (Plon, 2008), La saga des Habsbourg. Du Saint Empire à l'union européenne (Perrin, 2010), La saga des Windsor (Perrin, 2011), La saga des reines (Perrin, 2012), La saga des favorites (Perrin, 2013), Le sceptre et le sang (Perrin, 2014), Nicolas II et Alexandra de Russie. Une tragédie impériale (Perrin, 2015), Le siècle des sacres (Perrin, 2016).

[2] C’est de cet événement que s’inspira Jean Cocteau pour rédiger en 1944 sa pièce de théâtre L’Aigle à deux têtes, créée le 21 décembre 1946 au théâtre Hébertot à Paris.

16:11 Écrit par Bernard dans Histoire, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/11/2017

L’exécuteur des basses œuvres de Staline…

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Le nom de Nikolaï Iejov (1895-1940), ministre du NKVD, la police politique soviétique, est associé pour toujours au moment le plus sinistre de l'histoire russe, celui de la Grande Terreur (1937-1938) et de ses millions de victimes.

Pour rédiger sa biographie intitulée Le fonctionnaire de la Grande Terreur : Nikolaï Iejov dont la traduction française est publiée chez Gallimard à Paris, Alexeï Pavlioukov, chercheur à l’Institut de sociologie de l’Académie des Sciences de Russie, a eu accès aux archives centrales du FSB (les services de police politique actuels qui ont pris à Moscou la succession du KGB, lui-même héritier du NKVD), habituellement fermées aux chercheurs, et en particulier aux dossiers d'instruction de Iejov lui-même et de ses plus proches collaborateurs, quand ils furent à leur tour arrêtés.

Présentation de l’ouvrage, véritable plongée dans les entrailles de la Bête immonde stalinienne :

« Cherchant à se disculper, tous racontèrent dans le détail comment la machine avait été mise en marche sur ordre de Staline, et comment elle avait fonctionné pendant un peu moins de deux ans avec ses quotas de victimes planifiés.

Iejov, personnalité banale, sinon falote, apprenti tailleur, soldat adhérant pendant la révolution au parti bolchevik dont il devient un fonctionnaire, s'élève peu à peu à l'intérieur de l'appareil grâce à une vertu que très vite relèvent ses chefs : l'aptitude à exécuter coûte que coûte les ordres reçus, sans états d'âme autres que la promesse d'une promotion.

Petit, timide, piètre orateur, inculte, il serait probablement depuis longtemps oublié s'il était resté un homme de l'appareil du parti responsable des cadres et n'avait pas été, par la volonté de Staline, appelé à s'occuper de la police politique.

Le lecteur suit pas à pas cette ascension, puis la chute quand Staline décide de mettre fin à la Grande Terreur et de se débarrasser de ses exécutants.

Iejov fut un rouage essentiel de la Grande Terreur et sa biographie est en réalité celle d'un système avec la part de hasards, de rencontres, d'opportunités de carrière, de logique bureaucratique et d'effets sanguinaires, dictés tant par l'aveuglement idéologique que par les circonstances d'une réalité qui échappe aux plans et se montre rétive aux programmes.

C'est, somme toute, la biographie scrupuleuse d'une criminalité de bureau. »

Commise par un « nain sanglant » qui n’est pas sans rappeler celle tout aussi sanguinaire de Joseph Goebbels, le nabot d’Hitler…

Bernard DELCORD

Le fonctionnaire de la Grande Terreur : Nikolaï Iejov par Alexeî Pavlioukov, traduction du russe par Alexis Berelowitch, Paris, Éditions Gallimard, collection « Nrf », avril 2017, 653 pp. en noir et blanc au format 14 x 22,4 cm sous couverture brochée en couleurs, 32 € (prix France)

16:00 Écrit par Bernard dans Histoire, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/11/2017

« Le pouvoir ne doit pas être conquis, il doit être détruit. » (Mikhail Bakounine)

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Hanns-Erich Kaminski, né à Labiau en Prusse orientale le 29 novembre 1899, probablement mort en Argentine en 1963, est un journaliste et écrivain libertaire allemand d'expressions allemande et française.

On lui doit Zur Theorie des Dumping, sa thèse de doctorat défendue à l’université de Heidelberg en 1921, Fascismus in Italien (Berlin, 1925), Ceux de Barcelone (Denoël, Paris, 1937), Céline en chemise brune ou le Mal du présent (Les Nouvelles Éditions Excelsior, 1938), Troisième Reich, Problème sexuel (écrit en français, mais paru seulement dans une version en espagnol à Buenos-Aires en 1940), Journal de Lisbonne (manuscrit coécrit avec Anita Karfunkel et probablement perdu) et, surtout, Bakounine, la vie d'un révolutionnaire (Aubier-Montaigne, Paris, 1938), une biographie magistrale récemment republiée à Paris aux Éditions de la Table ronde dans la collection de poche « La petite vermillon ».

Mikhaïl Aleksandrovitch Bakounine, né le 18 mai 1814 (30 mai 1814 dans le calendrier grégorien) à Priamoukhino (gouvernement de Tver, Empire russe) et décédé le 1er juillet 1876 à Berne (Suisse), est un révolutionnaire, philosophe et théoricien de l'anarchisme qui a abondamment écrit sur le rôle de l'État et posé les fondements du socialisme libertaire.

Très influencé par la dialectique hégélienne, il fut l’adversaire déterminé de Karl Marx au sein de la Première Internationale [1] dont il sera exclu au congrès de La Haye (en septembre 1872).

Son engagement militant l’amena à participer activement à des mouvements révolutionnaires (à Paris en 1848 – puis durant la Commune de 1870 – et à Dresde en 1849, ce qui lui valut en 1850 une condamnation à mort rapidement commuée par peur de l’opinion publique et son extradition vers les geôles de la Russie tsariste qui le déporta ensuite en Sibérie jusqu’en 1859) et à propager ses idées en Angleterre, en Belgique, en France, en Italie, en Espagne et en Suisse où il mourra d'une urémie.

Voici la présentation de l’ouvrage par l’éditeur :

« La silhouette d'un colosse traverse les révolutions politiques de l'Europe. Bakounine accourt là où règne l'émeute, et la crée quand elle n'existe pas. Arrêté lors de l'insurrection de Dresde, sa tête mise à prix, il est condamné à mort puis livré au tsar Nicolas. Ses forteresses le retiendront six ans, mais pas la Sibérie, d'où il s'enfuira pour reprendre son combat contre toutes les autorités de la terre.

Inlassablement, il insistera sur la nécessité de saper les fondements juridiques de l'ordre existant pour rendre vaine toute tentative de restauration, s'attaquant aux institutions plutôt qu'à ses représentants.

Des conspirations de sa jeunesse à la “dictature invisible” qui lui paraîtra plus tard mieux adaptée à son projet d'incendier châteaux, cadastres et hypothèques, Bakounine cherchera à réunir les conditions d'une liberté qui ne doit pas être octroyée, mais conquise...

Hanns-Erich Kaminski a su décrire avec justesse et chaleur la vie étonnante de cet aristocrate russe devenu un vagabond magnifique et dépenaillé, à qui on ne pouvait refuser que de partager son rêve. »

Véritable thriller politique, cette biographie du Camarade Vitamine comme l’appelait Léo Ferré est aussi un exposé lumineux des thèses libertaires qui demeurent, au cœur des temps rétrogrades que nous connaissons, ceux du politiquement correct, du moralisme étroit, de la bien-pensance et des lobbies religieux ou sectaires de toutes obédiences, plus que jamais nécessaires !

Bernard DELCORD

Bakounine – La vie d'un révolutionnaire par Hanns-Erich Kaminski, Paris, Éditions de la Table ronde, collection « La petite vermillon », septembre 2017, 403 pp. en noir et blanc au format 10 ;8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,70 € (prix France)

 

[1] L'Association internationale des travailleurs (AIT) est le nom officiel de la Première Internationale, fondée le 28 septembre 1864 à Londres au Saint-Martin's Hall.

14:56 Écrit par Bernard dans Histoire, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

« On crée pour l’éternité, même si elle se charge de démentir. » (François Mitterrand)

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Cent ans après la naissance et vingt ans après la mort de François Mitterrand (1916-1996), les Éditions de la République, émanation de Éditions Ophrys, et le magazine « L'Histoire » ont fait paraître Le dossier Mitterrand, un brillant essai rédigé par 14 spécialistes éminents placés sous la houlette de l’historien Michel Winock, professeur émérite à Sciences Po Paris, qui se penchent sur la personnalité indéchiffrable de l’ancien Président de la République française (du 21 mai 1981 au 17 mai 1995), sur sa carrière politique et sur son bilan à la tête de l'État.

De Vichy à la Résistance, l’ouvrage tente de faire la lumière sur une trajectoire controversée, celle d’un jeune homme de droite devenu le leader de la gauche. Était-il vraiment socialiste ? Quels étaient ses rapports avec l'argent ? Comment ce brillant stratège a-t-il amené la gauche au pouvoir en 1981 ? Qu'a-t-il fait de sa victoire ? De quelle manière gouvernait-il ? Que faut-il retenir de ses deux septennats ? Où sont ses archives et comment peut-on les consulter ?

Autant de questions abordées, autant de mystères plus ou moins élucidés par les brillants exégètes que sont Franz-Olivier Gisbert (journaliste et écrivain), Jean-Pierre Azéma (professeur émérite à Sciences Po), Benjamin Stora (professeur à l'université Paris-XIII ainsi qu’à l’INALCO – Langues orientales à Paris et inspecteur général de l'Éducation nationale française), Jean Garrigues (professeur à l’université d’Orléans), Alain Bergounioux (professeur associé à Sciences Po), Ludivine Bantigny (maître de conférences à l’université de Rouen), Jean-Michel Gaillard (auteur de nombreux ouvrages historiques, décédé en 2005), Mathias Bernard (professeur à l’université de Clermont-Ferrand), Robert Badinter (ex-Garde des Sceaux du 23 juin 1981 au 18 février 1986), Jean-Luc Bœuf (haut fonctionnaire), Yves Léonard (professeur d’histoire contemporaine à Sciences Po), Édouard Vernon (historien), Jacques Marseille (décédé en 2000, il fut professeur à l’université Paris I Sorbonne) et François Bazin (ancien rédacteur en chef du Nouvel Observateur).

Écrit à 15 mains, cet ouvrage historique est aussi palpitant qu’un polar !

Bernard DELCORD

Le dossier Mitterrand, ouvrage collectif sous la direction de Michel Winock, Paris, Éditions de la République & L’Histoire, décembre 2016, 190 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

13:14 Écrit par Bernard dans Histoire, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/10/2017

Retours vers le passé…

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« Un ouvrage incontournable pour découvrir le passé de guerre secret de votre famille », assure le site des Éditions Racine à Bruxelles qui ont fait paraître, sous la plume des historiens et archivistes flamands Koen Aerts, Dirk Luyten, Bart Willems, Paul Drossens et Pieter Lagrou un essai au titre choc : Papy était-il un nazi ? – Sur les traces d’un passé de guerre qui aborde de front la question délicate de la collaboration avec l’occupant allemand en Belgique entre 1940 et 1944.
 
Voici la présentation qu’ils donnent de leur travail :
 
« Quelque 500 000 Belges – Flamands, Bruxellois et Wallons – ont un membre de leur famille qui fut “du mauvais côté” pendant la Deuxième Guerre mondiale.
 
Des grands-pères, grands-mères, pères, mères, oncles ou tantes [de Belges actuels].
 
À la base, il y avait 400 000 dossiers d'accusés. Environ 100 000 citoyens ont aussi été condamnés à diverses peines : de l'exécution à la privation de leurs droits en passant par l'emprisonnement.
 
Aujourd'hui, les petits-enfants et autres membres de la famille partent de plus en plus souvent à la recherche des vraies circonstances pour donner une place [à ces événements].
 
[Notre ouvrage vous donne] les clés pour partir vous-même à la recherche de ce passé de guerre souvent tabou ».
 
N’y cherchez cependant pas de listes d’« inciviques », il n’y en a pas…
 
En revanche, si d’aventure vous souhaitiez faire des recherches sur des membres de votre famille dans les innombrables archives conservées par d’aussi innombrables instances administratives et judiciaires aux quatre coins de la Belgique, ce livre remarquablement documenté et bien illustré qui fait le tour de tous les cas de figure de la trahison vous sera un vade-mecum des plus précieux !
 
Bernard DELCORD
 
Papy était-il un nazi ? – Sur les traces d’un passé de guerre par Koen Aerts, Dirk Luyten, Bart Willems, Paul Drossens & Pieter Lagrou, Bruxelles, Éditions Racine, septembre 2017, 272 pp. en noir et blanc au format 24 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,99 €

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