13/02/2018

« L’aventure est dans chaque souffle de vent. » (Charles Lindbergh)

Aventuriers des îles.jpg

L’essayiste français – ô combien érudit – Bruno Fuligni [1] a dirigé le sixième numéro de la revue Folle Histoire (paru chez Prisma à Paris) qui s’intitule Aventuriers des îles et réunit quarante contributions faisant voyager le lecteur sur toutes les mers et à travers le temps.

Voici ce qu’il en dit :

« Il n'y a pas d'îles désertes : même les plus inaccessibles ont attiré des aventuriers venus y tenter leur chance. Parmi ces casse-cou qui ont rompu avec le continent, on trouvera des forbans et des assassins, faisant de leur île un repaire inexpugnable ; des conquérants et des utopistes, qui s'emparent d'une terre lointaine pour y planter leur drapeau et y imprimer leur marque ; des ermites et des naufragés, survivant à l'écart du monde ; des exilés et des relégués enfin, pour qui la robinsonnade tourne parfois au tragique. »

« La possibilité d'une infinité d’îles » aurait pu en dire Michel Houellebecq…

Bernard DELCORD

Aventuriers des îles sous la direction de Bruno Fuligni, dessins de Daniel Casanave, Paris, Éditions Prisma, collection « Folle Histoire » n°6, mai 2016, 102 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 23 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 17,95 € (prix France)

TABLE DES MATIÈRES

Le vrai trésor des îles par Bruno Fuligni

Le mythe

L'île de Ponape par Bruno Léandri

CHAPITRE I

FORBANS ET ASSASSINS

 

Tibère (42 av. J.-C.-37 apr. J.-C.)

Capri c'est infini, par Nicolas Mietton

 

Bertrand d'Ogeron (1613-1676)

La France à Saint-Domingue par Pascal Varejka

 

Sir Henry Morgan (v. 1635-1688)

Un sacré boucan par Philippe Di Folco

 

Al Capone (1899-1947)

En terre française par Matthieu Frachon

 

Kurt Student (1890-1978)

Sur la ligne de Crète par Jean-Yves Boriaud

 

Truong van Thoai (1908-1987)

Le roi des Montagnes par Franck Sénateur

 

Bob Denard (1929-2007)

Le sultan blanc des Comores par Matthieu Frachon

L’objet

Une vraie monnaie pour un faux roi par Claude Quétel

CHAPITRE II

CONQUÉRANTS ET UTOPISTES

 

Leif Eriksson (v. 970-v. 1020)

La saga du Vinland par Philippe Di Folco

 

Philippe de Clèves (1459-1528)

La croisade de Mytilène par Jean-Yves Boriaud

 

Louis de Saint-Aloüarn (1738-1772)

Australie française ! par Clémentine-Portier Kaltenbach

 

John Adams (1767-1829)

Le dernier mutin de Pitcairn par Marieke Stein

 

Giuseppe Garibaldi (1807-1882)

La république idéale de Caprera par Marieke Stein

 

George Graeme Watson-Taylor (1820-1865)

Une Autriche-Hongrie boréale par Pascal Varejka

 

Elisabeth d'Autriche (1837-1898)

Sissi à Corfou par Nicolas Mietton

 

Auguste Lutaud (1847-1925)

Le roi de l'île d'Or par Stéphane Mahieu

 

Gaston et André Durville (1887-1971 et 1896-1979)

Les apôtres du naturisme par Frédéric Chef

 

La baronne Wagner (?-1934)

L'impératrice des Galâpagos par Nicolas Carreau

 

Antoine Fornelli (1919-1999)

Le roi de Tanna par Pierre Mollier

 

Jacques Brel (1975-1978)

Belles Marquises par Hélios Azoulay

La caricature

Un tampon des îles de Crozet par Bruno Fuligni

CHAPITRE III

ERMITES ET NAUFRAGÉS

 

Pedro Luis Serrano (v. 1499-v. 1565 ?)

Le Robinson espagnol par Philippe Di Folco

 

Alexander Selkirk (1676-1721)

Le vrai Robinson Crusoé par Frédéric Chef

 

Joseph Kabris (1780-1822)

Le prince tatoué de Nuka-Hiva par Frédéric Chef

 

Gabriel Auguste Jugan (?-1855)

L’infortune de mer par Jean-Yves Boriaud

 

Narcisse Pelletier (1844-1894)

L'Aborigène vendéen par Philippe Di Folco

 

François Édouard Raynal (1830-1898)

Le naufragé des Auckland par Nicolas Carreau

 

Tom Neale (1902- 1977)

Le Robinson volontaire de Suwarrow par Frédéric Chef

 

Jacques Talrich (1927- ?)

L'heureux gagnant par Philippe Godard

Le document

Un décret sur Madagascar par Bruno Fuligni

CHAPITRE IV

EXILÉS ET RELÉGUÉS

 

Julia Livilla (18-42)

Les errances d'une princesse impériale par Jean-Yves Boriaud

 

Sénèque (v. 1-65 apr. J.-C.)

Ô Corse, île d'amour... par Jean-Yves Boriaud

 

Les îles des Princes (IXsiècle)

L'archipel du goulag byzantin par Nicolas Mietton

 

Marie Stuart (1542-1587)

Le fantôme de Lochleven par Nicolas Mietton

 

Ranavalona (1862-1917)

Les trois exils de la reine de Madagascar par Mohamed Sadoun

 

Georges Goursat dit Sem (1863-1934)

Les chiens d'Oxia par Hélios Azoulay

 

Shoichi Yokoi (1915-1997)

Le dernier soldat du Mikado par Philippe Godard

Le film

Les Naufragés de l'île de la Tortue par Guilkmette Odicino

 

[1] Bruno Fuligni (°1968) est diplômé de l'Institut d'études politiques de Paris (section Service public, promotion 1991). Après avoir participé à la rédaction du compte rendu analytique des séances de l'Assemblée nationale (1996-2005), il a dirigé la Mission éditoriale de l'Assemblée nationale (2005-2012). Régent du Collège de 'Pataphysique, c'est un grand amateur d’histoire, d’utopies et d’aventures humaines insolites. Depuis 2014, il dirige la revue Folle Histoire aux Éditions Prisma ainsi que la collection « Archives du crime » aux Éditions de l'Iconoclaste.

15:56 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/02/2018

« Les colonies sont faites pour être perdues. » (Henry de Montherlant)

Traces de la vie coloniale au Congo belge et au Ruanda-Urundi .jpg

Rédigé sous la direction de l’universitaire, poète, écrivain, essayiste et critique belge Marc Quaghebeur (°1947) et préfacé par lui, le douzième numéro de la revue Congo-Meuse [1] intitulé Traces de la vie coloniale au Congo belge et au Ruanda-Urundi met en avant des documents, souvent inédits, ainsi que des témoignages d'acteurs de terrain et de voyageurs, qui éclairent la vie quotidienne et les mentalités dans les colonies belges à l’issue de la Première Guerre mondiale jusqu’aux moments des Indépendances.

Un recueil d’une richesse extraordinaire, comme en témoigne la table des matières reproduite ci-après, qui restitue avec un appareil de notes bien construit l’ambiance d’alors et qui décrit le quotidien du système colonial, y compris ses contradictions et ses failles, à travers ses divers composants belges, congolais, ruandais et urundais.

Nul doute qu’il retiendra l’attention d’un large public, celui qu’agitent aujourd’hui dans notre pays l’épineuse question coloniale et les interrogations sur sa réalité profonde telle que l’ont connue les colonisateurs et les colonisés.

En cela, il constitue une pièce importante du dossier à charge et à décharge…

Bernard DELCORD

Traces de la vie coloniale au Congo belge et au Ruanda-Urundi par Jean-Claude Kangomba, Nicole Leclercq et Francine Meurice sous la direction de Marc Quaghebeur, Paris, L’Harmattan, collection « Congo-Meuse » n°12, décembre 2017, 440 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 23,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 42 € (prix France)

TABLE DES MATIÈRES

 

I. CÉLÉBRATION ET CONTRADICTIONS DE L'EMPIRE

Retour sur un premier voyage de journaliste (1922)

Par Pierre Daye

La voix critique d'un Congolais (1937-1952)

Par Paul Lomami Tchibamba

L'émerveillement d'un magistrat international (1944)

Par Maurice de Wée

« Problèmes africains », un point de vue syndical et laïque (1950)

Par Charles Bertin

« Latitude Zéro », la splendeur de la langue au service de l'Empire (1950)

Par Charles Bertin

Une visite royale au Ruanda (1957)

Par un auteur inconnu

Médecin au Kasaï ! (1942-1952)

Par Albert Van Dorpe

Réflexions d'un administrateur de la partie orientale de l'Empire colonial (1951-1957)

Par Nicolas Joseph Muller

Un jeune chercheur dans la province de l'Équateur (1957-1960)

Par José Trussart

 

II. DES TRÉTEAUX ET DES VOIX

Une tournée théâtrale (1950)

Par Anne Carpriau

Le Journal de bord directorial d'une autre tournée théâtrale (1953)

Par Claude Étienne

Des marionnettes très courtisées, les Bilulus (1956)

Par Monique Heckmann et Jacques Zimmermann

La scène en dehors du théâtre de l'histoire (1959)

Par Anne Carpriau

 

III. AU SEUIL DES INDÉPENDANCES

Un partisan de l'indépendance progressive (1958)

Par Charles François

Le journal d'un témoin et acteur privilégié (1956-1960)

Par Albert Maurice

Derniers mois avant l'indépendance du Congo (1960)

Par Charles Moeller

Départ des coloniaux (1960)

Par Maximilien Philips

À l'approche de la fin de la tutelle sur le Burundi. Les Chasseurs ardennais (1960)

Par le lieutenant Dubois

 

IV. LES ADIEUX ET LES LARMES

Souvenirs d'un journaliste congolais

Par Joseph Mbungu NKandamana

Conscience et errance dans l'univers post-colonial

Par Muepu Muamba

 

Postface

Par Jean-Claude Kangomba

INDEX

 

[1] Cette revue est animée conjointement par des auteurs et des contributeurs européens et africains.

15:00 Écrit par Bernard dans Documents, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/02/2018

Le « Goebbels français »

Philippe Henriot – La résistible ascension d'un provocateur.jpg

Agrégé d'histoire, docteur et HDR de l'Institut d'études politiques de Paris, Christian Delporte (°1958) est un historien français spécialiste d’histoire politique et culturelle de la France du XXsiècle, notamment de l’histoire des médias, de l’image et de la communication politique. Il fut l'élève de René Rémond et de Serge Berstein, est professeur à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et dirige la revue Le Temps des médias.

On lui doit, parue récemment chez Flammarion à Paris, une biographie fortement charpentée intitulée Philippe Henriot – La résistible ascension d'un provocateur dans laquelle il revient sur la « carrière » du très brillant – et en cela très dangereux – thuriféraire du nazisme en France sous la botte hitlérienne.

S'appuyant sur des archives inédites, notamment celles des Renseignement généraux, Christian Delporte retrace le parcours et décrit la personnalité du troisième homme fort de Vichy, député catholique de la 4circonscription de Bordeaux en 1932, réélu en 1936, député jusqu'en 1940 et pourtant antiparlementaire, antisémite viscéral, comploteur contre la République en février 1934, membre du comité directeur de l'Union antimaçonnique de France en 1935, antiallemand devenu pro-hitlérien à partir du 22 juin 1941, quand l'Allemagne envahit l'URSS, éditorialiste de Radio-Vichy de février 1942 à décembre 1943, tribun de Radio-Paris (on l’appelait « l'homme à la voix d'or ») à partir de cette date [1], membre de la Milice française en mars 1943, secrétaire d'État à l'Information et à la Propagande du gouvernement Laval en janvier 1944, un ultra parmi les ultras qui paradoxalement se rêvait poète ou écrivain, admirait Flaubert et Anatole France, et chassait les papillons qu'il collectionnait avec passion...

Philippe Henriot (7 janvier 1889 – 28 juin 1944), surnommé le « Goebbels français » par les dignitaires nazis, est finalement tombé à Paris sous le balles d’un commando du COMAC, le Comité d'action militaire dépendant du Comité central des mouvements de Résistance.

Au passage, Christian Delporte répond avec subtilité dans son ouvrage à des questions comme : comment devient-on Philippe Henriot ? Comment le catholicisme français peut-il parfois nourrir de tels dévoiements, qui conduisent à la trahison même de son pays ?

Des péchés mortels sans absolution possible…

Bernard DELCORD

Philippe Henriot – La résistible ascension d'un provocateur par Christian Delporte, Paris, Éditions Flammarion, collection « Grandes biographies », janvier 2018, 415 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 € (prix France)

[1] Sur les ondes de Radio-Londres, c’est l’humoriste Pierre Dac qui lui donnait la réplique, avec l’immense talent qu’on lui connaît.

14:07 Écrit par Bernard dans Histoire, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/01/2018

They had a dream…

Les Noirs américains – En marche pour l'égalité.jpg

Pap Ndiaye est un historien français, spécialiste des États-Unis, né le 25 octobre 1965 à Antony. Ancien élève de l'École normale supérieure de Saint-Cloud, agrégé d'histoire, il est titulaire d'un doctorat de l'École des hautes études en sciences sociales (EHESS), où il fut maître de conférences avant d'être élu en 2012 professeur à l'Institut d'études politiques de Paris (Sciences Po).

Il a fait paraître en 2009 dans la collection « Découvertes Gallimard » un brillant petit essai bellement illustré, Les Noirs américains – En marche pour l'égalité, qui ressort à l’occasion du cinquantième anniversaire de l’assassinat du pasteur Martin Luther King Jr (1929-1968), militant non-violent pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis, lauréat du prix Nobel de la Paix en 1964 après qu’il eut prononcé son fameux discours intitulé I have a dream à Washington le 28 août 1963.

Voici la présentation de l’ouvrage :

« Le 20 janvier 2009, Barack Obama est devenu le premier président noir des États-Unis. Un événement historique pour le monde entier, mais d'abord pour cette nation au lourd passé raciste. En effet, à l'abolition de l'esclavage par Lincoln en 1865 ne succède qu'un bref printemps démocratique : les lois Jim Crow imposent aux Noirs la ségrégation et la privation du droit de vote dans le Sud des États-Unis.

À partir de 1915, ils migrent par millions dans les grandes villes du Nord. Naissent alors les ghettos : Harlem à New York, le South Sicle à Chicago où, malgré des conditions de vie très dures, la culture afro-américaine se réinvente à travers le jazz et la littérature. En 1955, une certaine Rosa Parks [1] refuse de céder sa place à un Blanc dans un bus. L'incident met le feu aux poudres. Sous la conduite inspirée de Martin Luther King, le mouvement pour les droits civiques va gagner en dix ans le combat de l'égalité juridique.

Depuis, reste à remporter la bataille contre la misère et la marginalité... Au rythme des violences, des luttes, des conquêtes et des espoirs vécus par les Noirs américains, Pap Ndiaye retrace un siècle et demi d'histoire des États-Unis. »

Une histoire sanglante, hélas…

Bernard DELCORD

Les Noirs américains – En marche pour l'égalité par Pap Ndiaye, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes Gallimard », mars 2009, 160 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 15,90 € (prix France)

[1] Le 1er décembre, à Montgomery, Alabama.

18:41 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/01/2018

Les trouvères du sud de la France…

Les troubadours.jpg

Michel Zink (°1945), écrivain, médiéviste et philologue français, membre de l'Institut, est professeur honoraire au Collège de France est l’auteur de nombreux ouvrages [1] et il a étudié toute sa vie l'art des troubadours et leur poésie.

C’est donc très logiquement qu’il a fait paraître Les troubadours – Une histoire poétique (2013, Paris, Éditions Perrin), un essai très documenté qui a remporté le Prix Provins Moyen Âge 2014 et qui ressort en collection de poche dans une version révisée.

En voici la présentation de l’éditeur :

« Les troubadours sont, au XIIsiècle, les auteurs, immensément admirés, des plus anciennes chansons d'amour composées dans une des langues nouvelles de l'Europe, la langue d'oc. Le tremblement du désir et celui de la crainte, la ferveur et la frustration, la jalousie et la jouissance, tout cela ils l'ont dit de façon si nouvelle et si intense que leurs chansons résonnent encore dans les mots d'amour d'aujourd'hui.

Le livre de Michel Zink rend sa fraîcheur à cette poésie vieille de neuf siècles en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des poèmes, qu'il cite en grand nombre, juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour qu'elle nous enchante et pour qu'elle vive en nous. »

Et voici ce qu’en dit l’auteur :

« Ce livre se veut une histoire poétique des troubadours. Il tente de rendre à leur poésie sa fraîcheur en la suivant dans ses méandres, en disant au fil des chansons et à propos de chacune juste ce qu'il faut pour qu'elle nous parle, pour que sa subtilité apparaisse, pour que ses allusions s'éclairent, qu'elle nous enchante et qu'elle vive en nous. (…)

J'ai voulu les faire aimer autant que je les aime, faire sentir tout ce que leurs chansons recèlent de sophistication et de simplicité, de séduction et de profondeur. Comment rendre proche, immédiatement accessible, immédiatement savoureuse, une poésie d'amour vieille de neuf siècles, écrite dans une langue ancienne et à demi étrangère, parfois volontairement obscure et produite par une civilisation désormais si loin de nous ? »

Objectif atteint !

Bernard DELCORD

Les troubadours – Une histoire poétique par Michel Zink, Paris, Éditions Perrin, collection « Tempus », novembre 2017, 382 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,50 € (prix France)

[1] Épinglons, entre autres, La Pastourelle – Poésie et folklore au Moyen Âge, Paris, Bordas, 1972, La Prédication en langue romane avant 1300, Paris, Champion, 1976 et 1982, Littérature française au Moyen Âge, Paris, PUF, 1992 et 2001, Le Moyen Âge de Gaston Paris, Paris, Éditions Odile Jacob, 2004, Bienvenue au Moyen Âge, Équateurs/France Inter, 2015.

20/01/2018

Guerres et Lettres...

Histoire, Forme et Sens en Littérature – La Belgique francophone – Tome 2 – L'Ébranlement (1914-1944).jpg

Véritable Pic de la Mirandole des littératures belge et congolaise de langue française, l’universitaire [1], poète, écrivain, essayiste et critique Marc Quaghebeur (°1947) dirige les Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles tout en présidant l’Association européenne des Études francophones.

Poursuivant les recherches qu’il avait entreprises dans Histoire, Forme et Sens en Littérature. La Belgique francophone. Tome 1 : L'engendrement (1815/1914) publié en 2015 chez PIE Peter Lang et aux Archives & Musée de la Littérature à Bruxelles, il vient de faire paraître, chez les mêmes éditeurs, Histoire, Forme et Sens en Littérature. La Belgique francophone. Tome 2 : L'Ébranlement (1914-1944), un brillantissime essai remarquablement documenté sur les transformations opérées chez les grands auteurs de l'époque léopoldienne par le viol de la neutralité belge et l’invasion allemande d’août 1914 ainsi que par la résistance imprévue de l’armée belge et les violences de la soldatesque du Reich, puis, à l’issue du conflit mondial, par l’adoption du suffrage universel.

Ensuite, il s’attache, à travers le prisme de la nouvelle génération d’écrivains, à l’affirmation du fantastique réel chez Franz Hellens (1881-1972), Marcel Thiry (1897-1977) ou Robert Poulet (1893-1989), ainsi qu’aux novations langagières et formelles des Henri Michaux (1899-1984), Paul Nougé (1895-1967), Charles Plisnier (1896-1952) et autres Fernand Crommelynck (1886-1970) ainsi qu’aux rapports pour le moins complexes entretenus par les écrivains belges avec la langue française et la France, à travers le prisme du « Manifeste du Groupe du Lundi » [2] publié à Bruxelles le 1er mars 1937 à l’initiative de Robert Poulet et, dans une moindre mesure selon nous [3], de Franz Hellens. Il rend également compte de la mise en place d’une historiographie littéraire bien plus complexe que les simplifications de ce « Manifeste ».

La seconde invasion allemande, la défaite de mai 1940 et l’Occupation qui s’ensuivit entraînèrent la reviviscence du mythique chez Maurice Maeterlinck (1862-1949), Michel de Ghelderode (1898-1962), Hergé (1907-1983) ou Pierre Nothomb (1887-1966) [4], qui surgit alors comme une réponse très belge à la faillite du réel, ce que les contrepoints de Victor Serge (1890-1947) à l’égard des deux conflits mondiaux ont confirmé à leur manière [5].

Une formidable synthèse !

Bernard DELCORD

Histoire, Forme et Sens en Littérature. La Belgique francophone. Tome 2 : L'Ébranlement (1914-1944) par Marc Quaghebeur, Bruxelles, coédition PIE Peter Lang et Archives & Musée de la Littérature, collection « Documents pour l’Histoire des Francophonies/Théorie », janvier 2018, 414 pp. en noir et blanc au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 44 €

 

[1] Sa thèse de doctorat en Philosophie et Lettres, intitulée L'œuvre nommée Arthur Rimbaud, défendue à l’Université catholique de Louvain en 1975, avait fait grande sensation.

[2] Signé par Charles Bernard, Hermann Closson, Hubert Dubois, Paul Fierens, Marie Gevers, Michel de Ghelderode, Éric de Haulleville, Franz Hellens, Pierre Hubermont, Arnold de Kerchove, Grégoire le Roy, Georges Marlow, Charles Plisnier, Robert Poulet, Camille Poupeye, Gaston Pulings, Marcel Thiry, Henri Vandeputte, Horace van Offel, René Verboom et Robert Vivier.

[3] Cf. Bernard Delcord, « À propos de quelques “chapelles” politico-littéraires en Belgique (1919-1945) », Bruxelles, Cahiers du Centre de Recherches et d’Études historiques de la Seconde Guette mondiale, n° 10, novembre 1986, pp 153-205.

[4] Et, d’une certaine façon, Paul Willems (1912-1997) dans Tout est réel ici (1941) et L'herbe qui tremble (1942).

[5] Sources : dossier de presse.

17/01/2018

Kriegsspiel...

Djihad 1914-1918 – La France face au panislamisme .jpg

Docteur en histoire [1] et grand spécialiste de la Première Guerre mondiale, Jean-Yves Le Naour (°1972) lui a consacré de nombreux ouvrages, qui font aujourd'hui autorité, dont Les Soldats de la honte (Grand Prix du livre d'histoire Ouest-France-Société générale, 2011) et une série en 5 volumes (1914. La grande illusion, 1915. L'enlisement, 1916. L'enfer, 1917. La paix impossible et 1918. L'étrange victoire) publié chez Perrin à Paris entre 2011 et 2016.

Chez le même éditeur, il a fait paraître Djihad 1914-1918 – La France face au panislamisme, un essai particulièrement documenté sur un pan largement méconnu de l’histoire de la Grande Guerre.

En voici le pitch :

« Entre 1914 et 1918, l'Allemagne de Guillaume II cherche par bien des moyens à allumer dans les Empires français et anglais une rébellion massive des musulmans. Pour ce faire, quoi de mieux que de pousser le sultan de Constantinople à proclamer la guerre sainte contre les chrétiens ? Tout est pensé, mûri, réfléchi par les stratèges allemands : le panislamisme et le djihad assureront la victoire du Reich.

Ce projet, pris très au sérieux dans les ministères de Berlin, Londres et Paris, fut un échec, au sein d'un Empire ottoman en décomposition comme au Maghreb : Marocains, Tunisiens et Algériens servirent massivement dans l'armée française, et tous payèrent leur fidélité au prix du sang. Si les peuples musulmans exigèrent, durant et après la guerre, des droits nouveaux, ce fut le panarabisme, non le panislamisme, qui servit d'étendard commun. »

Ce brillant ouvrage qui restitue les plans allemands et qui ressuscite les questions ayant alors traversé le monde musulman sous domination européenne fournit aussi par la bande un éclairage nouveau sur l’histoire des rapports entre l’Occident et le Moyen-Orient à l’époque de la Déclaration Balfour (2 novembre 1917). [2]

Bernard DELCORD

Djihad 1914-1918 – La France face au panislamisme par Jean-Yves Le Naour, Paris, Éditions Perrin, novembre 2017, 301 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)

 

[1] Sa thèse, intitulée Régénération ou dépravation ? Moralisation, angoisse sexuelle et anomie dans la France de la Première Guerre mondiale, a été défendue à l’Université de Picardie (Amiens) en 2000.

[2] La déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte datée du 2 novembre 1917 et signée par Arthur Balfour, le Foreign Secretary britannique. Elle est adressée à Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), éminence de la communauté juive britannique et financier du mouvement sioniste, aux fins de retransmission. Par cette lettre, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national juif. Cette déclaration est considérée comme une des premières étapes dans la création de l'État d'Israël. En effet, la promesse qu'elle contient sera mise en œuvre durant la conférence de Paris (1919), préalable au traité de Sèvres (1920), confirmé par la conférence de San Remo (1920). À propos des motivations de cette déclaration, Jacob Yeredor, a écrit qu’une Palestine en partie juive permettrait d’assurer une présence d'origine européenne au Moyen-Orient, région arabe et principalement musulmane (in « La Palestine et la politique des grandes puissances », Politique étrangère, n°3, 1948, pp. 235-244, consultable sur http://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1948_num_13_3_2854 ).

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