15/10/2017

Retours vers le passé…

Papy était-il un nazi.jpg

« Un ouvrage incontournable pour découvrir le passé de guerre secret de votre famille », assure le site des Éditions Racine à Bruxelles qui ont fait paraître, sous la plume des historiens et archivistes flamands Koen Aerts, Dirk Luyten, Bart Willems, Paul Drossens et Pieter Lagrou un essai au titre choc : Papy était-il un nazi ? – Sur les traces d’un passé de guerre qui aborde de front la question délicate de la collaboration avec l’occupant allemand en Belgique entre 1940 et 1944.
 
Voici la présentation qu’ils donnent de leur travail :
 
« Quelque 500 000 Belges – Flamands, Bruxellois et Wallons – ont un membre de leur famille qui fut “du mauvais côté” pendant la Deuxième Guerre mondiale.
 
Des grands-pères, grands-mères, pères, mères, oncles ou tantes [de Belges actuels].
 
À la base, il y avait 400 000 dossiers d'accusés. Environ 100 000 citoyens ont aussi été condamnés à diverses peines : de l'exécution à la privation de leurs droits en passant par l'emprisonnement.
 
Aujourd'hui, les petits-enfants et autres membres de la famille partent de plus en plus souvent à la recherche des vraies circonstances pour donner une place [à ces événements].
 
[Notre ouvrage vous donne] les clés pour partir vous-même à la recherche de ce passé de guerre souvent tabou ».
 
N’y cherchez cependant pas de listes d’« inciviques », il n’y en a pas…
 
En revanche, si d’aventure vous souhaitiez faire des recherches sur des membres de votre famille dans les innombrables archives conservées par d’aussi innombrables instances administratives et judiciaires aux quatre coins de la Belgique, ce livre remarquablement documenté et bien illustré qui fait le tour de tous les cas de figure de la trahison vous sera un vade-mecum des plus précieux !
 
Bernard DELCORD
 
Papy était-il un nazi ? – Sur les traces d’un passé de guerre par Koen Aerts, Dirk Luyten, Bart Willems, Paul Drossens & Pieter Lagrou, Bruxelles, Éditions Racine, septembre 2017, 272 pp. en noir et blanc au format 24 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,99 €

19:57 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/10/2017

« Soyez réalistes : demandez l'impossible ! » (Che Guevara)

Che Guevara – Compagnon de la révolution.jpg

Ernesto Rafael Guevara, né le 14 juin 1928 à Rosario, en Argentine, est tombé le 9 octobre 1967 à La Higuera, en Bolivie, sous les balles d’un commando de l’armée bolivienne lancé à ses trousses à la demande de la CIA et, peut-être, de l’URSS, si l’on en croit son frère, Juan Martin Guevara. (1)
 
Plus connu sous le nom de « Che Guevara », c’était un révolutionnaire marxiste et internationaliste argentin ainsi qu'un homme politique d'Amérique latine.
 
Il avait notamment été un des dirigeants de la révolution cubaine qui renversa le dictateur Fulgencio Batista le 1er janvier 1959 et qui installa Fidel Castro au pouvoir, révolution qu'il a théorisée et tenté d'exporter vers d'autres pays, comme la République démocratique du Congo (où il se joignit aux maquis de Laurent-Désiré Kabila) ou la Bolivie.
 
À l’occasion du cinquantième anniversaire de sa disparition, les Éditions Gallimard à Paris ont ressorti (l’édition princeps date de 1997), dans leur belle collection « Découvertes », la courte biographie riche de 150 illustrations intitulée Che Guevara – Compagnon de la révolution parue sous la plume du grand reporter Jean Cormier (°1943) avec la collaboration de l’historien et biographe Jacques Lapeyre.
 
L’ouvrage est bien fait, les événements sont bien précisés, qui ont fait du Che, parce qu’il était beau, parce qu’il était audacieux, parce qu’il était brillant, parce qu’il savait ce qu’il voulait et parce qu’il est mort jeune et au combat, une légende qui se poursuit de nos jours...
 
Pointons néanmoins une petite lacune qui change certaines choses : il n’est pas rappelé que le 2 février 1959, Ernesto Guevara s'est installé dans la prison de La Cabaña, à l'entrée du port de La Havane. Il y fut le procureur d'un tribunal révolutionnaire qui a exécuté plus d'une centaine de policiers et militaires du régime précédent jugés coupables de crimes de guerre. Des volontaires y étaient invités à participer au peloton d’exécution, par exemple des membres des familles des victimes. Certains condamnés à mort devaient, devant leurs parents proches, justifier leur exécution.
 
Puis le Che créa des camps de « travail et de rééducation »…
 
Nobody’s perfect, pas vrai ?
 
Bernard DELCORD
 
Che Guevara – Compagnon de la révolution par Jean Cormier avec la collaboration de Jacques Lapeyre, Paris, Éditions Gallimard, collection « Découvertes », septembre 2017, 144 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 15,60 € (prix France)

(1) http://www.levif.be/actualite/international/le-parti-communiste-a-sans-doute-trahi-che-guevara/article-normal-732449.html

18:33 Écrit par Bernard dans Histoire, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/09/2017

« On admire toujours ce qu'on ne peut pas vraiment comprendre. » (Eleanor Roosevelt)

Ils admiraient Hitler.jpg

Après Léon Degrelle 1906-1994, Hitler et la franc-maçonnerie et La religion d’Hitler, trois textes très documentés et de haute volée parus aux Éditions Racine à Bruxelles, le philosophe et historien belge Arnaud de la Croix publie aujourd’hui, toujours dans la même maison, un nouvel essai intitulé Ils admiraient Hitler – Portraits de 12 disciples du dictateur dans lequel il se penche avec sagacité sur le cas de personnages très divers unis par l’adulation du monstre nazi.
 
Il s’agit du roi Édouard VIII d’Angleterre (1894-1972), de la cinéaste allemande Leni Riefenstahl (1902-2003), du philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976), de l’industriel américain Henry Ford (1863-1947), de l’aviateur américain Charles Lindbergh (1902-1974), de l’écrivain et publiciste français Robert Brasillach (1909-1945), du grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini (1895-1974), de l’instituteur et dictateur fasciste italien Benito Mussolini (1883-1945), du politicien belge Léon Degrelle (1906-1994), de l’écrivain norvégien Knut Hamsun (1859-1952, lauréat du prix Nobel de littérature en 1920), de l’évêque catholique autrichien Alois Hudal (1885-1963) et de l’écrivain américain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) qui, pour des raisons diverses clairement et sobrement expliquées par l’auteur, ont versé dans l’adulation du maître du IIIe Reich et de son « œuvre ».
 
Un condensé de racisme, de nationalisme, d’antisémitisme, de totalitarisme et d’antiparlementarisme, mais aussi d’égotisme, de carriérisme, de veulerie, d’exaltation aveugle, d’admiration de la force ou d’espérances insensées, bref, d’idées grandement stupides et gravement criminelles, que d’aucuns ont camouflées derrière une apparence plus honorable d’anticommunisme et d’antistalinisme.
 
Remarquable, mais forcément lacunaire – tant le sujet est immense –, l’excellent travail d’Arnaud de la Croix ouvre la porte à d’autres recherches, par exemple sur les laudateurs de gauche du caporal bavarois, comme les députés français Jacques Doriot (communiste), et Marcel Déat (socialiste), les auteurs belges d’extrême gauche du groupe des écrivains prolétariens, le romancier et médecin suisse John Knittel…
 
Et, pour ceux qui lisent l’allemand, l’étude qui n’a pas été traduite en français d’Hans Werner Neulen intitulée Europas Verratene Sohne (Les Fils trahis de l’Europe, Éditions Universitas, 1980) fera naître un abîme de réflexions sur l’engagement des non-Allemands dans la Waffen-SS – y compris des Indiens – durant la Seconde Guerre mondiale…
 
Bernard DELCORD
 
Ils admiraient Hitler – Portraits de 12 disciples du dictateur par Arnaud de la Croix, Bruxelles, Éditions Racine, septembre 2017, 160 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 €

14:01 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/09/2017

Le déni d’un déni de mémoire…

L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927) .jpg

Monique Slodzian est professeure à l'Institut national des langues et civilisations orientales.
 
Spécialiste de la Russie et de la littérature russe contemporaine, elle est l'auteure d'une dizaine de traductions, d'adaptations de romans et de pièces de théâtre d'écrivains russes et soviétiques.
 
En février 2017, quatre mois avant la mise en liquidation judiciaire des Éditions de la Différence à Paris, elle y a fait paraître un essai aussi passionnant que dérangeant intitulé L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927), dans lequel, à travers la narration de cette affaire judiciaire retentissante, elle met en accusation l’actuel gouvernement fasciste de l’Ukraine et ses méthodes tout à la fois infâmes, révisionnistes, pronazies et antisémites.
 
Écoutons-la :
 
« À l'heure où l'Ukraine revient sur le devant de la scène politique et où la France, faisant désormais partie intégrante de l'OTAN, semble frappée d'amnésie, il n'est pas indifférent de rappeler l'enjeu de ce procès qui eut un retentissement comparable à celui de l'Affaire Dreyfus.
 
Le 25 mai 1926, à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue Racine à Paris, un Juif russe naturalisé français à la fin de la guerre de 1914, Samuel Schwartzbard, assassine Simon Petlioura, l'ancien président du Directoire ukrainien (du 14 décembre 1918 au 5 février 1919).
 
Il le tient pour responsable du massacre de dizaines de milliers de Juifs lors de pogromes organisés par l'armée indépendantiste ukrainienne dont Petlioura est l'ataman général.
 
À l'époque, ce procès sensationnel qui dura huit jours et vit témoigner les plus grands noms de la science et de la littérature des années trente, a bel et bien mobilisé l'opinion française tout entière et fait la une de la presse internationale.
 
Ce grand élan pro-juif qui s'intercale entre la réhabilitation du capitaine Dreyfus en 1906 et les actes antisémites du gouvernement de Vichy correspond bien aux années où l'antisémitisme dans la société française connaît son plus bas étiage.
 
Au mitan des années vingt, les horreurs de la guerre hantent les esprits et un puissant sentiment d'empathie se lève en faveur des victimes des pogromes.
 

 

Les difficultés économiques se chargeront de souffler une nouvelle vague d'antisémitisme à partir de 1931.
Me Torrès, l'avocat de Schwartzbard, était cent fois fondé à bâtir sa plaidoirie sur l'horrifiante réalité des pogromes et à la clore dans un élan oratoire irrésistible : “Non, ce n'est plus vous, Schwartzbard, qui êtes en cause ici : ce sont les pogromes”.
 
Aujourd'hui, Schalom Schwartzbard, en dépit du verdict d'acquittement, reste pour les Ukrainiens “l'assassin à la solde de l'ennemi de l'Ukraine indépendante”. »
 
Après avoir rappelé qu’en 2015 le président nationaliste Porochenko a fait transférer toutes les archives nationales de son pays à l’Institut national ukrainien de la mémoire dirigé par l’historien patriotard Volodymir Viatrovytch, selon Monique Slodzian un « maître internationalement reconnu en matière de falsification de documents », et en restituant les tenants et les aboutissants de ce procès historique, l’auteure met en lumière la part plus qu’obscure du nationalisme ukrainien actuel naïvement défendu par l'Union européenne comme une pure aspiration à la liberté.
 
Un texte qui fait ouvrir les yeux !
 
Bernard DELCORD
 
L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927) par Monique Slodzian, Paris, Éditions de la Différence, collection « Politique », février 2017, 270 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 17,00 € (prix France)

20:13 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/08/2017

« Nous ne sommes rien. Ce que nous cherchons est tout. » (Friedrich Hölderlin)

Naissance de l'art romantique.jpg

Spécialiste du romantisme européen, Pierre Wat (°1965) est professeur à Paris I – où il occupe la chaire d'histoire de la peinture du XIXe siècle.
 
Il a aussi été maître de conférences en histoire de l'art contemporain à l’université François-Rabelais de Tours, conseiller scientifique à l'Institut national d'histoire de l'art (1999-2004), professeur à l'Université Aix-Marseille I et à l'École du Louvre.
 
Il a notamment publié Constable (Hazan, Paris, 2002), Les nymphéas, la nuit : Claude Monet (Nouvelles éditions Scala, Paris, 2010) et Turner, menteur magnifique (Hazan, Paris, 2010).
 
Parue chez Flammarion en 1998, sa thèse de doctorat intitulée Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre est ressortie en 2013 chez le même éditeur, revue et corrigée, dans la collection « Champs arts ».
 
Il s’y concentre sur l'Allemagne de Caspar David Friedrich, de Johann Wolfgang von Goethe et de Philipp Otto Runge ainsi que sur l'Angleterre de William Blake, de John Constable et de William Turner, les deux pays où s'inventent conjointement une nouvelle pratique et une nouvelle théorie de l'art, le romantisme.
 
« En France, écrit l’auteur à propos de son livre, qui dit romantisme dit Delacroix, Victor Hugo, le spleen, le goût de la ruine, l'attirance de la nuit, pour la mort… Autant d'images toutes faites, et de clichés. Mais alors, qu'est-ce que le romantisme ?
 
Cet ouvrage tente de montrer que le romantique se construit sur la subversion de l'image néo-classique à travers l'histoire esthétique de cette naissance et de son ambition.
 
Le romantisme est un art nouveau pour un monde nouveau. Un art qui détruit la norme classique, et un art sans norme, mais éternellement classique. Un art absolu. »
 
C’est absolument exact !
 
Bernard DELCORD
 
Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre par Pierre Wat, nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs arts », mars 2013, 318 pp. en noir et blanc + un cahier hors-texte de 8 pp. en couleurs au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 14 € (prix France)

15:00 Écrit par Bernard dans Arts, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/08/2017

« Tout l'art de la guerre est basé sur la duperie. » (Sun Tzu)

Sun Tzu Qui suis-je.jpg

Saint-cyrien, breveté de l'École de guerre, le lieutenant-colonel Yann Couderc a servi sur plusieurs théâtres d'opération. Son intérêt pour l'Asie l'a conduit à entreprendre une étude approfondie de L'Art de la guerre de Sun Tzu et à développer sa propre réflexion sur la pensée du stratège chinois. Créateur et animateur d'un blog de référence, Sun Tzu France (http://suntzufrance.fr/), il est l'auteur de plusieurs publications sur le sujet. (1)
 
Sun Tzu est un général chinois du VIe siècle av. J.-C. (544-496 av. J.-C.). Il est surtout célèbre en tant qu'auteur de l'ouvrage de stratégie militaire le plus ancien connu : L'Art de la guerre.
 
L'idée principale de son œuvre est que l’objectif de la guerre est de contraindre l’ennemi à abandonner la lutte, y compris sans combat, grâce à la ruse, l'espionnage, une grande mobilité et l'adaptation à la stratégie de l'adversaire. Tous ces moyens doivent ainsi être employés afin de s'assurer une victoire au moindre coût (humain, matériel).
 
Les idées de L'Art de la guerre ont été reprises et adaptées par différents auteurs pour la stratégie, et notamment la stratégie d'entreprise.
 
Dans un sens plus large, L'Art de la guerre peut être interprété comme une méthode de résolution des conflits. (2)
 
Chez Pardès à Grez-sur-Loing, Yann Couderc a publié Sun Tzu Qui suis-je ?, un passionnant petit ouvrage très accessible et abondamment illustré dans lequel il se penche sur la destinée personnelle et sur la pérennité de l’œuvre de cet orfèvre de la stratégie guerrière.
 
Voici la présentation qu’il a faite de son ouvrage :
 
« Il y a encore cinquante ans, en dehors de quelques orientalistes, personne n'avait entendu parler de Sun Tzu. C'est là un paradoxe : alors que l'humanité s'est montrée peu avare en conflits et a toujours cherché à accroître son niveau de compétence dans le domaine militaire, la reconnaissance de Sun Tzu et de son traité, L'Art de la guerre, est assez récente. De ce personnage, dont la tradition situe la vie au VIe siècle avant Jésus-Christ, le peu que l'on sait est d'une origine tardive et d'une authenticité douteuse.
 
Sa première biographie a été rédigée quatre siècles après sa mort officielle et, curieusement, on ne trouve que très peu de traces de lui dans les annales. Une seule chose est certaine : nous possédons aujourd'hui un traité, intitulé L'Art de la guerre, dont l'existence est attestée depuis au moins 2 200 ans, dans lequel sont étudiés le caractère politique et psychologique de la guerre, le rôle du commandement, l'exploitation des dissensions chez l'ennemi, l'importance du renseignement, etc.
 
Nos connaissances sur Sun Tzu ont évolué depuis 1971, date de la première traduction française de L'Art de la guerre. Sun Tzu Qui suis-je ? se donne pour ambition de présenter une synthèse de ce que nous savons actuellement sur cet exceptionnel stratège, dont la parfaite connaissance du traité était au programme du recrutement de tous les officiers chinois jusqu'en 1905. »
 
Si vis pacem, para bellum (3), disaient nos anciens.
 
Une excellente raison pour se plonger dans la lecture de l’essai de Yann Couderc !
 
Bernard DELCORD
 
Sun Tzu Qui suis-je ? par Yann Couderc, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », mai 2017, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)
 
SOMMAIRE
 
INTRODUCTION - Références au texte de Sun Tzu
 
I. SUN TZU
1. Avant de commencer : Sun Tzu, Sun Wu ou Sun Zi ?
2. Ce que dit la tradition
3. Sun Tzu et les concubines du roi
4. Une histoire de Sun Tzu
5. Sun Tzu : un mythe ?
 
II. LE MONDE DE SUN TZU
1. L’époque des Royaumes combattants
2. Un environnement philosophique en pleine effervescence
3. La descendance de Sun Tzu
4. Wu Zixu, compagnon de Sun Tzu et auteur avant lui d’un Art de la guerre
5. Les personnages historiques de L’Art de la guerre
 
III. L’ART DE LA GUERRE
1. Le plus ancien traité de stratégie connu ?
2. Sun Tzu a-t-il écrit L’Art de la guerre ?
3. Comment a émergé le texte de L’Art de la guerre ?
4. Un texte qui ne se fige que plus de 500 ans après la mort de Sun Tzu
5. Le manuscrit du Yinqueshan : une lucarne ouverte sur le processus de composition
 
IV. L’HÉRITAGE DE SUN TZU
1. Sun Tzu en Chine
2. Sun Tzu en Occident
3. Sun Tzu aujourd’hui
4. Les raisons du succès
 
CONCLUSION
 
ANNEXES
I. Les grands lecteurs de Sun Tzu, une mystification
II. Repères chronologiques
III. Bibliographie
 
 
 (1) Comme sa thèse de doctorat : Sun Tzu en France, Nuvis, Paris, 2012.
 (2) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Sun_Tzu
 (3) « Si tu veux la paix, prépare la guerre. » (Phrase attribuée à l’auteur latin Végèce, fin du IVe siècle.)

21:01 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/08/2017

« L'élection encourage le charlatanisme. » (Ernest Renan)

Petit manuel de la campagne électorale.jpg

Grand spécialiste de la vie et des œuvres du célèbre orateur romain Marcus Cicéron, le professeur François Prost, ancien élève de l'École Normale Supérieure, est maître de conférences habilité à diriger les recherches à l'Université Paris-Sorbonne et membre de l'équipe de recherche E.A. 4081 « Rome et ses renaissances ».
 
Marcus Cicéron (né le 3 janvier 106 av J.-C. à Arpinum en Italie et assassiné le 7 décembre 43 av. J.-C. (1) par le Second triumvirat, sur ordre de Marc-Antoine)  et son frère cadet le militaire Quintus (né en 102 av. J.-C. à Arpinum et exécuté lui aussi en 43 av.  J.-C.) furent des hommes politiques romains influents.
 
Le tribun Marcus Cicéron réussit grâce à ses talents d’avocat à se constituer suffisamment d’appuis pour parvenir, en 63 av. J.-C., à la magistrature suprême, le consulat. Dans une République en crise menacée par les ambitieux, il déjoue la conjuration de Catilina par la seule force de ses discours, les Catilinaires. Ce succès qui fait sa fierté cause ensuite son exil en 58 av. J.-C., pour avoir exécuté des conjurés sans procès. Revenu à Rome en 57 av. J.-C., il ne joue plus de rôle important sur la scène politique, dominée par Pompée et César. Durant la guerre civile qui débute en 49 av.  J.-C., il rallie Pompée avec hésitation, puis est forcé de s'accommoder du pouvoir de César, avant de s’allier à Octave contre Marc-Antoine. Sa franche opposition à ce dernier lui coûte la vie en 43 av. J.-C. (2)
 
Quintus Cicéron fut édile en 66 av. J.-C. et préteur en 62 av. J.-C., puis, à sa sortie de charge, gouverneur de la province d'Asie pendant 3 ans et légat de la XIVe légion de Jules César pendant la guerre des Gaules, de 54 à 52 av. J.-C. En 51 av. J.-C., il quitte la Gaule et va rejoindre son frère, proconsul de Cilicie. Pendant les Guerres civiles, il embrasse le parti de Pompée, et obtient par la suite le pardon de Jules César. Ensuite, il est déclaré ennemi d’Antoine et fuit de Tusculum pour échapper à la colère de celui-ci. Il retourne chez lui à Arpinum ; un paysan le dénonce et il se rend alors pour sauver son fils qui se fait torturer. Ils sont tous deux mis à mort en 43 av. J.-C. (3)
 
François Prost a fait paraître aux Éditions Les Belles Lettres à Paris le Petit manuel de la campagne électorale de Quintus Cicéron et les Lettres à son frère Quintus (I, 1 et 2) de Marcus Cicéron, des textes latins révisés traduits, et commentés par ses soins.
 
En voici la synthèse :
 
« En 64 avant J.-C., Marcus Cicéron est candidat au consulat. Son frère cadet Quintus rédige pour lui un Petit manuel de la campagne électorale qui expose les rouages d'une élection à haut risque, et détaille les démarches attendues du candidat, offrant ainsi un tableau saisissant du système politique romain. Chemin faisant, il pose des questions toujours d'actualité : comment concilier séduction électorale et fidélité à soi-même et à ses principes ? Comment rassembler le plus grand nombre autour de sa candidature, et ménager les intérêts des diverses classes sociales ?
 
Quelques années plus tard, Quintus dirige la province d'Asie : Marcus lui adresse alors deux longues lettres qui examinent son exercice et brossent le portrait du gouverneur idéal, autour d'autres questions fondamentales : comment exercer un pouvoir absolu sans verser dans la tyrannie ? L'éducation intellectuelle peut-elle garantir la moralité du dirigeant et lui imposer le souci des valeurs humaines ? »
 
Du texte de Quintus, particulièrement actuel, il ressort que le principe d'une campagne électorale reste le même que de nos jours : s'assurer le soutien des personnages influents et se concilier la masse des électeurs en les manipulant subtilement.
 
Et l’auteur indique la marche à suivre pour obtenir ce résultat, par des conseils précis et méthodiques…

Bernard DELCORD
 
Petit manuel de la campagne électorale par Quintus Cicéron & Lettres à son frère Quintus (I, 1 et 2) par Marcus Cicéron, édition bilingue des textes latins traduits, révisés et commentés par François Prost, Paris, Éditions Les Belles Lettres, collection « Commentario », mars 2017, CLXXV +253 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 27 € (prix France)
 
(1) Calendrier julien.
(2) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Cic%C3%A9ron
(3) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Quintus_Tullius_Cicero

13:15 Écrit par Bernard dans Documents, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |