14/11/2017

« L'humour juif, c'est de faire rire avec une histoire qui a un double sens et qu'on ne comprend qu'à moitié. » (Popeck)

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Dans L’humour juif expliqué à ma mère, une compilation désopilante parue chez Chiflet et Cie à Paris, le journaliste et écrivain Franck Medioni aborde son sujet

– en 7 chapitres (Les Juifs sont juifs ; Dieu est juif ; Ma mère est juif ; Ma famille aussi est juif ; L'argent est juif ; Les goys et les antisémites sont-ils juifs ? ; L'humour est juif)

– dans des citations traitées par thèmes : amour, bonheur, argent, sexe, vieillesse... rassemblant les meilleures histoires juives qui se transmettent par la tradition orale, à savoir

– des citations d'humoristes (S. J. Perelman, Groucho Marx, Woody Allen, Jerry Lewis, Lenny Bruce, Pierre Dac, Tristan Bernard, Jerry Seinfeld, Georges Wolinski, Gad Elmaleh...)

– et de figures historiques (Benjamin Disraeli, Golda Meïr, Henry Kissinger, Albert Einstein…),

– des répliques de cinéma (dans des films de Billy Wilder, Mel Brooks, Marcel Ophuls, Milos Forman, Roman Polanski, Woody Allen, Georges Lautner, Gérard Oury...)

– et des extraits de romans et de livres (de Franz Kafka, Heinrich Heine, Marcel Proust, Arthur Schnitzler, Romain Gary, Isaac Bashevis Singer, Albert Cohen, Georges Perec, Eugène Ionesco, Vladimir Jankélévitch, Philip Roth...)

Florilège :

« Je ne sais pas si Dieu existe. Mais s’il existe, j’espère qu’il a une bonne excuse. » (Woody Allen)

« Quand je suis né, j’étais tellement laid que le médecin a giflé ma mère. » (Henny Youngman)

« Je m’en sors plutôt bien si l’on considère que j’ai triomphalement survécu au nazisme et à deux épouses. » ‘Albert Einstein)

– Une femme : « Oh, vous aimez les enfants ?

– Groucho Marx : « Non, je préfère les faire… »

« J’ai fait un cauchemar, hier soir : j’étais un bébé, Jennifer Lopez était ma mère et elle me nourrissait au biberon. » (Robin Williams)

« J’ai dit à mon dentiste que mes dents devenaient jaunes. Il m’a conseillé de porter une cravate marron. » (Rodney Dangerfield)

« J’ai épousé un Allemand. Tous les soirs, je me déguise en Pologne et il m’envahit. (Bette Midler)

« Ma grand-mère était une jongleuse juive. Elle arrivait à s’inquiéter à propos de six choses en même temps. » (Richard Lewis)

« Personne ne gagnera la guerre des sexes. Il y a beaucoup trop de fraternisation avec l’ennemi. » (Henry Kissinger)

« Nous devons croire au libre-arbitre. Nous n’avons pas le choix. « Isaac Bashevis Singer)

« Tu aimeras ton prochain comme le précédent. » (Philippe Bouvard)

« Ma musique n’est pas moderne, elle est seulement mal jouée. » (Arnold Schönberg)

Mazel tov !

Bernard DELCORD

L'humour juif expliqué à ma mère par Franck Médioni, préface de Boris Cyrulnik, postface de Florient Azoulay, illustrations de Serge Bloch, Paris, Éditions Chiflet & Cie, septembre t 2017, 359 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 15 € (prix France).

15:00 Écrit par Bernard dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/05/2017

Paroles d’or…

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Comme toujours, le nouvel opus, au titre cette fois très « bashungien », de l’ami Jean-Pierre Verheggen (°Gembloux, 1942), ne décevra pas les amateurs d’humour décapant dans des textes décalés !

On se souviendra d’abord qu’en 2009, son L'Oral et Hardi, joué et mis en scène par Jacques Bonnaffé, a été récompensé en France d'un « Molière » dans la catégorie « meilleure compagnie », sans que personne se soit avisé qu’il s’agissait d’un patchwork des discours du maire de Champignac dans les aventures de Spirou et Fantasio dessinées par André Franquin.

Il est vrai que la poésie de Verheggen « est avant tout une parodie de la poésie, une critique radicale de l'idéologie que véhicule ce genre et un pastiche burlesque de ses conventions. À partir de là, il développe dès 1968 le concept de réécriture et en applique les effets à des champs d'investigation plus larges, allant de la bande dessinée à la langue politique la plus stéréotypée, en passant par la perversion d'un langage par un autre, en l'occurrence du français classique et scolaire par son wallon maternel, sauvage et sexuel ».[1].

Cette fois, au cri de « Tout va très bien madame la Marcrise ! », il s’en prend avec une belle truculence libertaire aux petits et aux grands travers de notre époque.

Par exemple, à la passion dont s’est pris le bon peuple télévisuel de par chez nous pour les émissions culinaires en tout genre :

« Abonnez-vous à “la cuisine crapuleuse” et découvrez chaque semaine une recette inédite parmi :

l'académicien en rosette,

le faisan à l'andouille,

la bécasse marquée bécasse au front,

le clafoutis à la Jean-Baptiste Clément (en saison),

le loup façon mère-grand,

le chouchou de Bruxelles,

la souris d'agneau à la Mickey et ses mousses maison,

le soigneur sportif aux petits oignons,

la contractuelle à l'aubergine,

le vieux croûton dans son jus,

le pigeonné par une cocotte,

le chapon Banania,

l'enfant de chœur au vin de messe,

l'époisse marquée pas de chance,

le lapin à la prestidigitation aux deux chapeaux,

l'avocat aux marrons,

le ramenard à la fraise de grand veau,

le homard au « m'a tué »,

le boucher maturé,

le boss à moelle,

le poulet ripoux,

le petit vicaire à l'étouffe-chrétien,

l’idiot au beaujolais village

le dentiste à la fraise des bois (en saison),

le pêcheur durable,

le boulanger dans le pétrin,

le bûcheron de Noël,

etc. À suivre ! »

 

Un vrai cortège à la Prévert, non ? On aime aussi ses traductions latines, comme :

Ab imo pectore

Je lui ai charcuté la poitrine.

Lapsus calami

Elle s’est fait sucer par un calamar.

A parte

Elle a accouché toute seule.

In medias res

Au milieu de ta raie.

Deo gratias

Dieu est un peu gras !

La vraie science littéraire, en somme…

Bernard DELCORD

Ma petite poésie ne connaît pas la crise par Jean-Pierre Verheggen, Paris, Éditions Gallimard, mai 2017, 113 pp. en noir et blanc au format 21 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,50 € (prix France)

 

[1] Alphabet des lettres belges de langue française, Promotion des lettres belges de langue française, Bruxelles, 1982, p. 302.

20:54 Écrit par Bernard dans Humour, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/02/2017

Pintes de bon sang…

Perles de people.jpg

« Le plus grand souvenir de mes 20 ans, c’est quand j’avais 16 ans… » (Johnny Hallyday)

« De plus en plus, nos importations viennent de l’étranger. » (George W. Bush)

« Ils m’ont mal sous-estimé ! » (George W. Bush, encore lui)

« Maintenant, il faudra faire avec sans Zizou. » (Franck Ribéry)

« C’est dur d’être filmé 7 jours sur 24 ! » (Hayder, Secret Story 2)

« Paris, c’est ma ville préférée, car je peux acheter plein de tee-shirts avec mon prénom dessus. » (Paris Hilton)

« Je suis têtue comme une moule ! » (Daniela, Secret Story 3)

« Il ne faudrait pas que celui qui vient de donner son sperme s'en lave les mains ! » (Christine Boutin)

« Il faut rendre César à César ! » (Patrice Évra)

« Où se tiendra le festival de Cannes, cette année ? » (Christina Aguilera)

« J’ai toujours été célèbre, c’est juste que personne ne le savait. » (Lady Gaga)

« Si tu invites des gens qui ont tous le même groupe sanguin à une fête, mais que tu ne leur dis pas, ils vont parler d’autre chose. » (Jean-Claude Van Damme)

Voici quelques sentences définitives relevées dans Perles de people, un ana de 400 phrases réunies par Stéphane Garnier paru aux Éditions First à Paris, un petit bouquin à mourir de rire qui en dit long sur l’époque formidable que nous vivons…

Bernard DELCORD

Perles de people par Stéphane Garnier, Paris, Éditions First, collection « Humour », août 2015, 191 pp. en noir et blanc au format 11 x 17,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 4,95 € (prix France). Existe en format Kindle (3,49 €)

11:31 Écrit par Bernard dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/12/2016

« La liberté de la presse ne s'use que lorsque l'on ne s'en sert pas. » (Devise du Canard enchaîné)

Le Canard enchaîné 100 ans.jpg

Fondé durant la Première Guerre mondiale – sa publication régulière a commencé le 5 juillet 1916 [1] – par un journaliste, Maurice Maréchal, et par un dessinateur, Henri-Paul Gassier, le Canard Enchaîné se voulait un contre-feu de la propagande officielle et de l’information censurée par le recours à la dérision dans un esprit libertaire et insoumis.

Pour fêter ses vingt lustres, les Éditions du Seuil à Paris ont publié, choisis par Laurent Martin et Bernard Comment, Le Canard enchaîné, 100 ans – Un siècle d'articles et de dessins, une remarquable – et épaisse [2] – compilation d’articles et de dessins propres à dérider les esprits les plus chagrins et à raviver les mémoires défaillantes [3].

Seul journal français, à ce jour, à n'accepter aucune publicité et à ne vivre que de ses lecteurs, il a connu un succès croissant au fil des décennies [4], sans avoir jamais épargné personne de ses sarcasmes et de son humour dévastateur : les autorités politiques, militaires, religieuses, diplomatiques, académiques, ainsi que les capitaines de l’industrie et de la finance, le monde de l’édition, les vedettes du show-business et du sport ou encore les journalistes de la presse écrite, de la radio et de la télévision… tout en dénonçant avec une belle constance les magouilles et les affaires, les turpitudes et les hypocrisies, les lâchetés et les forfanteries, mais aussi les totalitarismes et les fanatismes…

Un régal d’esprit et de l’esprit !

Bernard DELCORD

Le Canard enchaîné, 100 ans – Un siècle d'articles et de dessins choisis par Laurent Martin et Bernard Comment, Paris, Éditions du Seuil, octobre 2016, 614 pp. en quadrichromie au format 23,8 x 30,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 49 € (prix France)

 

[1] Cinq premiers numéros avaient paru à l'automne 1915, mais la publication fut interrompue, faute d'avoir trouvé suffisamment de lecteurs. Par ailleurs, Le Canard n’a pas paru de juin 1940 à septembre 1944, sous l'Occupation.

[2] Elle est faite d’un choix de plus de 2000 articles et dessins, organisés chronologiquement et thématiquement, présentés par de brèves notices pour les restituer dans leur contexte.

[3], L’ouvrage contient aussi Le Roman du Canard (une centaine de pages du livre), un texte de Patrick Rambaud qui donne là une histoire haute en couleurs, faite de personnages souvent truculents, dans des époques ressuscitées avec un grand nombre de détails révélateurs.

[4] Près d'un demi-million d'exemplaires sont actuellement vendus chaque semaine.

20:47 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Histoire, Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/12/2016

Délires loufoques…

Signé Furax - La lumière qui éteint.jpg

Pierre Dac (1893-1975) est le créateur d'un humour qu'il a qualifié de « loufoque ». Révélé au music-hall dans les années 1920, il triomphe bientôt à la radio et crée le journal L'Os à moelle en 1938. Il bataillera sur Radio-Londres aux heures sombres et sévira plus que jamais sur les ondes de l'après-guerre avec son comparse Francis Blanche dans Signé Furax, Malheur aux barbus et Bons baisers de partout

Francis Blanche (1921-1974) fut un humoriste tout-terrain : acteur (Les Tontons flingueurs), homme de scène et de radio (les impostures téléphoniques), chansonnier, auteur et inoubliable complice de Pierre Dac pour les feuilletons radio et les sketchs (Le Sâr Rabindranath Duval).

Furax était apparu à la radio sur la Chaîne Parisienne en 1951 avec Malheur aux barbus, mais c'est avec la diffusion sur la jeune station Europe n°1 du Boudin sacré, entre octobre 1956 et juin 1957, que Signé Furax va devenir un phénomène ; tous les jours de la semaine, à une heure de grande écoute, la France s'arrête pour savourer les aventures délirantes des détectives Black et White, de Théo Courant, du professeur Hardy-Petit et sa fille Carole, d'Asti Spumante, du commissaire Socrate et de Maurice la Grammaire, opposés à Furax et la terrible secte des Babus.

Dès septembre 1957, les duettistes Dac et Blanche reprennent du service pour une deuxième saison, La lumière qui éteint, qui durera jusqu'en juin 1958 et dont les Éditions Omnibus à Paris ont ressorti les textes, présentés et adaptés par Jacques Pessis.

Synopsis :

« Black, White et leurs amis n'en ont pas fini avec Furax et les Babus auxquels ils s’est allié et qui, dans leur projet démoniaque de domination du monde, s'apprêtent à inonder la terre de la terrible invention du professeur Mochmoch, une lumière bleue qui annihile toute volonté.

Leurs aventures les mèneront de Morzy-les-Gaillardes (Seine-et-Loire) à Yadupour, capitale du Filekistan, en passant par un atoll du Pacifique et la planète Astérix, dans l'espace infini. »

La lumière qui éteint a fait s'esclaffer la France entière et appartient à la légende de la radio.

« Je tiens Furax pour une œuvre géniale, pour la grande Iliade du siècle de l'humour », a dit en 1959 le sociologue Edgar Morin.

Par rapport au script d'origine, Jacques Pessis a éliminé les redites nécessaires au format du feuilleton ainsi que quelques allusions à l'actualité de l'époque, incompréhensibles aujourd'hui.

Ajoutons que Pierre Dac est actuellement à l'affiche du Théâtre Edgar à Paris avec Le Schmilblick !, comédie loufoque dans laquelle Jacques Pessis a réuni et mêlé, dans une pièce de théâtre, ses monologues, dialogues, aphorismes et pensées.

 

Du surréalisme à l’état pur !

Bernard DELCORD

Signé Furax - La lumière qui éteint par Pierre Dac & Francis Blanche, présentation de Jacques Pessis, Paris, Éditions Omnibus, novembre 2016, 960 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 28 € (prix France)

21:05 Écrit par Bernard dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/10/2016

Un humoriste décapant…

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Jacqueline Blancart-Cassou, agrégée de lettres classiques et docteur d’État, est professeure honoraire à l’université Paris XIII-Nord. S’intéressant à la littérature dramatique et, en particulier, au comique, elle a consacré sa thèse au Rire de Michel de Ghelderode. Elle est l’auteur d’ouvrages sur les œuvres de ce dernier, de Jean Anouilh, de Georges Feydeau, d’Eugène Labiche, et de nombreux articles concernant divers dramaturges des XIXe et XXe siècles. Elle a reçu en 2004 la première édition du prix triennal attribué par la Fondation internationale Michel de Ghelderode.

On lui doit aussi, paru chez Pardès à Grez-sur-Loing, un passionnant Courteline Qui suis-je ?, petit essai biographique et critique très documenté et abondamment illustré dans lequel elle se penche sur la destinée personnelle et littéraire d’un des orfèvres de l’humour théâtral français de la Belle Époque.

Voici la présentation qu’elle nous en donne :

« Georges Moineau est né à Tours, fils d’un auteur connu de chroniques judiciaires, qui signe Jules Moinaux. Élevé d’abord dans cette ville chez ses grands-parents, il vit ensuite à Paris, puis sera interne durant six années au collège de Meaux. Réformé après un bref service militaire, il devient employé de bureau [1], mais peu assidu à ce travail.

Sous le nom de Courteline, il écrit des chroniques dans des journaux, et les développe sous forme de contes ou de romans ; il fonde la revue Paris-Moderne [2] ; il fait la satire de la vie militaire, dans Les Gaîtés de l’escadron (1886) et Le Train de 8 h 47 (1891), et de l’administration dans Messieurs les ronds-de-cuir (1893).

En 1892, il rencontre sa première compagne, qui lui donnera deux enfants, et se tourne vers le théâtre. Dans de courtes comédies, il évoque des relations de couples (Boubouroche, La Peur des coups) et se moque de la police et de la Loi (Le commissaire est bon enfant, Les Balances).

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 Georges Courteline (vers 1890)

Devenu veuf, il se remarie. Il fait jouer une comédie, La Paix chez soi, puis un pastiche de Molière, La Conversion d’Alceste, écrit un roman, Les Linottes (1912), enfin La Philosophie de Georges Courteline (1917).

Il est promu commandeur de la Légion d’honneur [3] et élu à l’Académie Goncourt [4]. Mais sa santé est atteinte : il doit subir l’amputation d’une jambe [5] et, quatre ans plus tard, de l’autre ; il ne survivra pas à la seconde opération. Il meurt le 25 juin 1929.

Son œuvre abondante, précise et vivace dans la raillerie, en fait l’égal d’un Feydeau ou d’un Labiche. »

On ajoutera que Courteline, tout commandeur de la Légion d’honneur qu’il fut, était un grand amateur de canulars – on lui doit, par exemple, l’invention du déconomètre – ainsi qu’un académicien Goncourt fort peu conformiste, comme en témoignent ses armoiries et sa devise reproduites dans l’ouvrage de Madame Blancart-Cassou, et que nous nous faisons un plaisir de livrer à l’admiration de nos lecteurs :

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Un bien vaste programme, comme l’a dit un jour Charles de Gaulle en découvrant l’inscription « Mort aux cons ! » sur une Jeep de la 2e division blindée du général Leclerc, qui fut la première à entrer dans Paris, le 24 août 1944, lors de la bataille pour la libération de la capitale française…

Bernard DELCORD

Courteline Qui suis-je ? par Jacqueline Blancard-Cassou, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », août 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

Quelques citations de Georges Courteline :

« Passer pour un idiot aux yeux d'un imbécile est une volupté de fin gourmet. »

« L’administration est un lieu où les gens qui arrivent en retard croisent dans l'escalier ceux qui partent en avance. »

« Obliger les hommes à se laver et ne point leur donner de serviettes, toute l’ânerie militaire est là. »

« Il y a deux sortes de femmes : celles qu'on compromet et celles qui vous compromettent. »

« Un des plus clairs effets de la présence d'un enfant dans un ménage est de rendre complètement idiots de braves gens qui sans lui n'auraient été que de simples imbéciles. »

« Neuf fois sur dix, la loi, cette bonne fille, sourit à celui qui la viole. »

« Il n ' y a pas de milieu dans la vie : dès qu'on n'est plus jeune, on est vieux, et au-dessus de quarante ans, on est tous du même âge. »

« Il est étrange qu'un seul terme exprime la Peur de la mort, la Peur de la souffrance, la Peur du ridicule, la Peur d'être cocu et la Peur des souris, ces divers sentiments de l'âme n'ayant aucun rapport entre eux. »

« Je veux être enterré avec une brosse à habits pour quand je tomberai en poussière. »

 

[1] En 1880, comme expéditionnaire au ministère de l'Intérieur, à la Direction générale des cultes, où, ça ne s’invente pas, il a pour directeur Charles Dumay, un anticlérical convaincu…

[2] En 1881.

[3] En 1921.

[4] Le 24 novembre 1926.

[5] La droite, le 5 janvier 1925, en raison d’une gangrène sèche consécutive d’une inflammation de l'orteil compliquée par le diabète.

22:44 Écrit par Bernard dans Humour, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/04/2016

Un pastiche impayable à 8 euros…

Un humour impossible.jpg

Exemple parfait de l’imposture littéraire germanopratine, Christine Angot (1959-) a pondu une « œuvre » à la fois lamentable, horripilante et involontairement désopilante en publiant des livres tordus portant exclusivement sur elle-même (Sujet Angot, 1998, L'Inceste, 1999, Pourquoi le Brésil ?, 2002, Rendez-vous [1], 2006, Une semaine de vacances, 2012 ou encore Un amour impossible, 2015), des textes mal fichus et sans grand intérêt dont le succès commercial – indéniable, celui-là – résulte essentiellement de l’agressivité et de la morgue dont leur auteure fait régulièrement preuve dans la presse et sur les plateaux de télévision.

De leur côté, les Éditions Onlit à Bruxelles ont fait paraître, sous la plume de « Christine Anglot » et sous le titre Un humour impossible, un pastiche admirable et en tout point réussi de son dernier factum, dans lequel on retrouve le « style » chaotique et laborieux, les tics d’écriture, la ponctuation indigente, la logorrhée monomaniaque et le vide intellectuel abyssal caractéristiques des productions de la fée Carabosse qui se prend pour Cendrillon.

Un intense moment de franche rigolade !

Bernard DELCORD

Un humour impossible par Christine Anglot, Bruxelles, Éditions Onlit, mars 2016, 52 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 8 €

Extrait :

Sans mon père, je serais pas été devenu un écrivain. UNE aigrie vaine. Je serais été à la sécurité sociale comme ma mère qui y était. Et mon père se moquait d’elle. Il faisait des blagues pas très fines sur le trou de la sécu. Le trou de la sécu c’est cochon disait-il. Quand ma mère me l’avait raconté, sur le moment j’avais pas compris l’alluvion.

Mais là, à ce moment du livre, je suis encore la petite fille. La narratrice c’est Christine, la petite fille c’est Moi. Quand je dis je, c’est la narratrice qui parle mais moi c’est la petite fille. Elle s’appelle Christine aussi. C’est compliqué. On se mélange. C’est rapport à l’imagination, j’en ai aucune alors je donne toujours les noms des gens vrais. Et quand je, la narratrice, parle de la petite fille, je dis elle pour pas confondre. Avec Moi qui est je. Mais elle pourrait dire je puisque elle, c’est moi. Et le pire c’est quand je dis Christine. Personne comprend si je parle d’elle, de moi, de je ou de la narratrice. Ou de Christine !

J’aurais pu appeler la narratrice Charlotte, Christelle ou Sophie. Parce que je peux pas changer le nom de moi. Moi c’est Christine. J’aurais dit la narratrice c’est Charlotte (ou Christelle ou Sophie ou Elisabeth ou Albert, non pas Albert, Albert ça pourrait être un narrateur mais pas une narratrice) mais là pour faire plus simple je dis la narratrice c’est Christine, mais c’est pas plus simple parce que tout le monde confond la narratrice avec Moi qui est je et la petite fille. C’est grave ? Non, c’est pas grave parce que tout le monde s’en fout.

En plus c’est de plus en plus compliqué parce que le temps passe et que la petite fille est plus si petite, elle grandit et elle devient chiante, comme moi, c’est normal puisque c’est je que je suis moi Christine la narratrice.

Mais la petite fille est plus petite mais elle est restée une fille. Heureusement, si elle avait changé de sexe, je, elle, moi, Christine, la narratrice et nous, personne y comprendrait encore moins que rien si c’est possible.

Donc quand je dis je, moi, la narratrice, Christine c’est la petite fille mais c’est plus la petite fille parce qu’elle, je, moi, en fait est devenue moins petite, elle est une préadolescente, parce qu’elle va bientôt avoir mes règles. Pas mes règles de français, bien sûr, celles-là je les ai jamais eues. Mais les autres, là, je les ai. Comme le temps pax !

 

[1] Nous avons à l’époque rendu compte de la parution de cet ouvrage en intitulant notre chronique : N’y allez pas !

20:28 Écrit par Bernard dans Humour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |