04/10/2017

« Rubens fait vraiment sur moi une forte impression. Je trouve ses dessins colossalement bons, je parle des dessins de têtes et de mains. » (Vincent van Gogh)

Rubens – Portraits princiers.jpg

Coédité à Paris par la Réunion des Musées nationaux - Grand Palais et par les Éditions Gallimard en raison de l’exposition éponyme qui se tiendra jusqu’au 14 janvier 2018 au Palais du Luxembourg dans la même ville, le superbe petit livre-objet intitulé Rubens – Portraits princiers paru sous la plume de Julien Magnier, un historien d’art spécialiste de la peinture française du XVIIe siècle, est une belle invitation à ne pas manquer l’événement !
 
Rappelons que Pierre Paul Rubens, né le 28 juin 1577 à Siegen (Westphalie) et mort le 30 mai 1640 à Anvers, est un peintre baroque flamand de toute première importance.
 
Et voici la présentation (1) de l’exposition par son commissaire, Dominique Jacquot, conservateur en chef du musée des Beaux-Arts de Strasbourg, et par Cécile Maisonneuve, conseillère scientifique à la Réunion des Musées nationaux - Grand Palais :
 
« Rubens fut, sans doute un peu malgré lui, un immense portraitiste de cour. S’il se voulait d’abord peintre de grands sujets historiques, il excella dans le domaine du portrait d’apparat, visitant les plus brillantes cours d’Europe.
 
Prisé pour son érudition et sa conversation, il joua aussi un rôle diplomatique important, jouissant d’une position sociale sans égale chez les artistes de son temps.
 
Autour des portraits de Philippe IV, Louis XIII ou encore Marie de Médicis réalisés par Rubens et par quelques célèbres contemporains (Pourbus, Champaigne, Velázquez, Van Dyck…), l’exposition plonge le visiteur dans une ambiance palatiale au cœur des intrigues diplomatiques du XVIIe siècle. » 
 
Par ailleurs, le film inédit Rubens. Peindre l’Europe accompagne l’exposition Rubens. Portraits princiers. Un documentaire éclairant sur l’œuvre flamboyante de cet « Homère de la peinture » (comme le surnommait Delacroix), le portraitiste des princes, et sur le rôle majeur qu’il a tenu dans le traité d’entente qui ramènera la paix en Europe au XVIIe siècle. (2)
 
L’ouvrage de Julien Magnier, avec ses superbes reproductions et ses brefs commentaires très éclairants, constitue quant à lui un remarquable petit guide pratique à lire avant de se rendre à cette exposition-phare et à consulter tout au long de la visite.
 
Une initiative de toute beauté !
 
Bernard DELCORD
 
Rubens – Portraits princiers par Julien Magnier, Paris, Réunion des Musées nationaux - Grand Palais & Éditions Gallimard, collection « Découvertes », octobre 2017, 64 pp. en quadrichromie au format 12 x 17 cm sous couverture Intégra en couleurs, 9,20 € (prix France)
 
Informations pratiques :
 
Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard
75006 Paris
Tél. : 01 40 13 62 00
 
Horaires d’ouverture du musée :
Du lundi au dimanche de 10 h 30 à 19 h.
Nocturne tous les vendredis jusqu’à 22 h.
Nocturnes supplémentaires jusqu’à 22 h les lundis du 13 novembre au 18 décembre.
(Pas de jour de fermeture hebdomadaire.)
Fermeture le 25 décembre.
Ouverture de 10 h 30 à 18 h les 24 et 31 décembre.
Dernière entrée 45 minutes avant l’heure de fermeture.
Début d’évacuation des salles 15 minutes avant l’heure de fermeture du musée.
 
Tarifs :
– Plein tarif : 12 €.
– Tarif réduit : 8,5 € (16-25 ans inclus, demandeur d'emploi et famille nombreuse).
– Tarif spécial jeunes : 8,5 € pour 2 personnes de 16 à 25 ans inclus, du lundi au vendredi après 16 heures.
– Gratuit pour les moins de 16 ans et les bénéficiaires des minima sociaux.
– Des audioguides (en 4 langues : français, anglais, espagnol et allemand) sont proposés sur place à la location au tarif de 5€ par appareil.
 
Suite au renforcement des mesures de sécurité dans le cadre du plan Vigipirate, nous vous informons qu’un seul sac par personne (format A3 maximum) sera autorisé dans l’enceinte du Musée du Luxembourg. Aucun sac, cabas, bagage ou objet encombrant ne sera admis, y compris au vestiaire.
 
(1) http://museeduluxembourg.fr/evenement/presentation-de-lexposition-1
(2) http://museeduluxembourg.fr/actualite/rubens-peindre-leurope

20:37 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/09/2017

« On admire toujours ce qu'on ne peut pas vraiment comprendre. » (Eleanor Roosevelt)

Ils admiraient Hitler.jpg

Après Léon Degrelle 1906-1994, Hitler et la franc-maçonnerie et La religion d’Hitler, trois textes très documentés et de haute volée parus aux Éditions Racine à Bruxelles, le philosophe et historien belge Arnaud de la Croix publie aujourd’hui, toujours dans la même maison, un nouvel essai intitulé Ils admiraient Hitler – Portraits de 12 disciples du dictateur dans lequel il se penche avec sagacité sur le cas de personnages très divers unis par l’adulation du monstre nazi.
 
Il s’agit du roi Édouard VIII d’Angleterre (1894-1972), de la cinéaste allemande Leni Riefenstahl (1902-2003), du philosophe allemand Martin Heidegger (1889-1976), de l’industriel américain Henry Ford (1863-1947), de l’aviateur américain Charles Lindbergh (1902-1974), de l’écrivain et publiciste français Robert Brasillach (1909-1945), du grand mufti de Jérusalem Mohammed Amin al-Husseini (1895-1974), de l’instituteur et dictateur fasciste italien Benito Mussolini (1883-1945), du politicien belge Léon Degrelle (1906-1994), de l’écrivain norvégien Knut Hamsun (1859-1952, lauréat du prix Nobel de littérature en 1920), de l’évêque catholique autrichien Alois Hudal (1885-1963) et de l’écrivain américain Howard Phillips Lovecraft (1890-1937) qui, pour des raisons diverses clairement et sobrement expliquées par l’auteur, ont versé dans l’adulation du maître du IIIe Reich et de son « œuvre ».
 
Un condensé de racisme, de nationalisme, d’antisémitisme, de totalitarisme et d’antiparlementarisme, mais aussi d’égotisme, de carriérisme, de veulerie, d’exaltation aveugle, d’admiration de la force ou d’espérances insensées, bref, d’idées grandement stupides et gravement criminelles, que d’aucuns ont camouflées derrière une apparence plus honorable d’anticommunisme et d’antistalinisme.
 
Remarquable, mais forcément lacunaire – tant le sujet est immense –, l’excellent travail d’Arnaud de la Croix ouvre la porte à d’autres recherches, par exemple sur les laudateurs de gauche du caporal bavarois, comme les députés français Jacques Doriot (communiste), et Marcel Déat (socialiste), les auteurs belges d’extrême gauche du groupe des écrivains prolétariens, le romancier et médecin suisse John Knittel…
 
Et, pour ceux qui lisent l’allemand, l’étude qui n’a pas été traduite en français d’Hans Werner Neulen intitulée Europas Verratene Sohne (Les Fils trahis de l’Europe, Éditions Universitas, 1980) fera naître un abîme de réflexions sur l’engagement des non-Allemands dans la Waffen-SS – y compris des Indiens – durant la Seconde Guerre mondiale…
 
Bernard DELCORD
 
Ils admiraient Hitler – Portraits de 12 disciples du dictateur par Arnaud de la Croix, Bruxelles, Éditions Racine, septembre 2017, 160 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 19,95 €

14:01 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/09/2017

Un chef-d’œuvre classique… mais pas seulement !

Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon (cover).jpg

Pierre Rosenberg est membre de l'Académie française. Ancien directeur du Louvre, il a organisé de nombreuses expositions. Spécialiste de l'art français et italien des XVIIe et XVIIIe siècles, il a fait de Nicolas Poussin l'un de ses sujets de prédilection.
 
Il est par ailleurs l’un des commissaires de l’exposition Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon qui se tient jusqu’au 7 janvier 2018 au Jeu de Paume du château de Chantilly – riche de la deuxième plus importante collection de peintures anciennes après le musée du Louvre – et il a dirigé la publication de son catalogue paru sous le même titre aux Éditions Flammarion à Paris, un superbe ouvrage fort de 180 belles illustrations.
 
Nicolas Poussin (1594-1665) est un peintre français du XVIIe siècle, représentant majeur du classicisme pictural. Formé à Paris, il est surtout actif à Rome à partir de 1624. Il a peint aussi bien des scènes d'histoire que religieuses ou mythologiques, mais aussi des paysages animés. Sa renommée lui permet de devenir peintre du roi et de revenir en France entre 1640 et 1642. Il préfère finalement repartir à Rome où il réside jusqu'à sa mort. Il est l'un des plus grands maîtres classiques de la peinture française et son influence est considérable, de son vivant et jusqu'à nos jours.
 
Outre 400 dessins, entre 220 et 260 tableaux lui sont attribués, parmi lesquels Le Massacre des Innocents (circa 1627-1628)(1). 
 
Cette œuvre représente une scène du massacre des Innocents, issue du Nouveau testament et citée dans l'Évangile selon Matthieu, chapitre 2, versets 16-18. Il s’agit du meurtre de tous les enfants de moins de deux ans dans la région de Bethléem, ordonné par Hérode, craignant la concurrence d'un roi des Juifs dont la venue lui avait été annoncée par les Mages, peu après la naissance de Jésus.

Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon (tableau).jpg

 Le Massacre des Innocents
Huile sur toile, 147 × 171 cm
 
Pablo Picasso (1881-1973) étudiera la composition de l'œuvre lors de sa période méditerranéenne de 1920-1922, et il reprendra le personnage à l'étoffe bleue à droite dans plusieurs de ses dessins. L'attitude et la posture des femmes du tableau se retrouvent notamment dans divers personnages féminins de Guernica (2).
 
L’exposition se concentre sur le chef-d’œuvre de Nicolas Poussin. À travers les prêts prestigieux d’une cinquantaine d’œuvres, elle met en lumière sa postérité en accordant une large place à l’art moderne et contemporain.
 
Le visiteur y découvre tout d’abord l’histoire du tableau et de ses propriétaires, de son commanditaire italien, le marquis Vincenzo Giustiniani (1564-1637) au duc d’Aumale (1822-1897), de Rome à Chantilly en passant par Londres.
 
Puis le chef-d’œuvre est confronté à des grands maîtres du XVIIe siècle (Guido Reni, Pietro Testa), à une version antérieure du tableau provenant du Petit Palais et à un dessin préparatoire.
 
Le parcours se poursuit par différentes interprétations allant du XVIIIe au début du XIXe siècle (Jean-Baptiste-Marie-Pierre, Léon Cogniet).
 
Les dernières salles montrent les relectures modernes et contemporaines du Massacre des Innocents. Le Charnier (1945) de Pablo Picasso y côtoie Head II (1949) de Francis Bacon ainsi que des œuvres d’artistes contemporains (Henri Cueco, Jean-Michel Alberola…)
 
Enfin, des propositions inédites d’Annette Messager, Pierre Buraglio ou Jérôme Zonder démontrent toute la force et l’actualité du chef-d’œuvre de Chantilly.
 
Un événement à ne pas manquer !
 
Bernard DELCORD
 
Le Massacre des Innocents – Poussin, Picasso, Bacon sous la direction dr Pierre Rosenberg, Paris, Éditions Flammarion, septembre 2017, 192 pp. en quadrichromie au format 22 x 28 cm sous couverture brochée en couleurs, 45,00 € (prix France)
 
Informations pratiques :
 
Lieu : Salle du Jeu de Paume du Domaine de Chantilly
 
Coordonnées : en voiture, le Domaine de Chantilly est à 20 min de l’aéroport Paris Charles de Gaulle et 40 km de Paris centre.
Depuis Paris : autoroutes A3 et/ou A1 sortie Chantilly ou D316 et D317
Depuis Lille et Bruxelles : autoroute A1 sortie Senlis
 
Coordonnées GPS (DD) :
Latitude : 49.193854
Longitude : 2.485316
 
Horaires :
Jusqu’au 1er novembre inclus :
Ouvert 7J/7
10h-18h / 20h pour le parc
 
Du 2 novembre au 7 janvier inclus :
Tous les jours sauf le mardi
10h30-17h / 18h pour le parc
 
Billets et tarifs :
Exposition incluse sans supplément dans le billet Domaine.
Billet Domaine (château, parc, grandes écuries + exposition) : 17€ Plein tarif / 10€ Tarif réduit
Billet Exposition + Parc : 10€ Plein tarif / 6€ Tarif réduit
 
Visite guidée de l'exposition : 3€ en supplément du billet d'entrée
Tous les week-ends et jours fériés à 11h, 15h et 16h
Inscription sur place dans la limite de 20 personnes par créneau horaire
Aucune visite guidée le 25 décembre
 
Parking (à régler sur place) : 4€
 
 
(1) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Poussin
 
(2) Guernica : capitale historique et spirituelle du Pays basque, elle est particulièrement connue pour sa destruction, le 26 avril 1937, par les aviateurs de la légion Condor, envoyés par Hitler afin de soutenir le général Franco durant la guerre civile d’Espagne (1936-1939). Guernica est aussi le titre d’une célébrissime huile sur toile monumentale de style cubiste réalisée entre le 1er mai et le 4 juin 1937, à Paris, par Pablo Picasso pour dénoncer le bombardement de la ville, qui fit de nombreuses victimes civiles.

11:40 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/09/2017

Au fil des jours…

Almanach des Terres de France 2018 .jpg

L'Almanach des Terres de France 2018 compile une nouvelle fois le meilleur et l'essentiel des régions de l’Hexagone.
 
Depuis sa création en 2008, cette parution annuelle égrène les 365 jours de l'année, au fil des saisons et au gré de ses rubriques.
 
Dans ses 320 pages, en images et en textes, vous dénicherez les produits des terroirs français (gastronomie, recettes, étapes gourmandes…), vous vous engagerez sur des chemins de traverse (lieux insolites, promenades, maisons de personnalités…), vous mettrez à profit des astuces pratiques (maison, bricolage, jardinage, bons plans, petits gestes écologiques…), vous garderez l'esprit en éveil (dictons, subtilités de la langue française, personnalités régionales, patrimoines architecturaux, croyances populaires…), vous vous chouchouterez (conseils de vie, de santé, de bien-être…), vous vous plongerez dans des lectures variées et passionnantes (poèmes, citations, 52 extraits de romans de la célèbre collection « Terres de France »…)
 
Et bien d’autres choses encore !
 
Bernard DELCORD
 
Almanach des Terres de France 2018 par Gérard Boutet, Didier Cornaille, Marie-Charlotte Delmas et Isabelle Dupré, présentation de Pierre Legros, Paris, Éditions des Presses de la Cité, collection « Terres de France », septembre 2017, 320 pp. en quadrichromie au format 21,5 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs avec reliure à spirale, 19,95 € (prix France)
 
Pour vous, nous avons recopié dans cette compilation passionnante
la recette régionale suivante :
 
Pommes au four à la normande
 
Pour 4 personnes
 
Ingrédients :
 
4 pommes reinettes
70 g de sucre en poudre
20 g de beurre
15 cl de cidre
 
Recette :
 
Pelez et évidez les pommes.
Déposez-les dans un plat préalablement beurré.
Saupoudrez de sucre et coupe sur chaque pomme un petit morceau de beurre.
Versez le cidre dans le fond du plat et faites cuire 30 minutes au four à 180° C.

02/09/2017

Le déni d’un déni de mémoire…

L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927) .jpg

Monique Slodzian est professeure à l'Institut national des langues et civilisations orientales.
 
Spécialiste de la Russie et de la littérature russe contemporaine, elle est l'auteure d'une dizaine de traductions, d'adaptations de romans et de pièces de théâtre d'écrivains russes et soviétiques.
 
En février 2017, quatre mois avant la mise en liquidation judiciaire des Éditions de la Différence à Paris, elle y a fait paraître un essai aussi passionnant que dérangeant intitulé L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927), dans lequel, à travers la narration de cette affaire judiciaire retentissante, elle met en accusation l’actuel gouvernement fasciste de l’Ukraine et ses méthodes tout à la fois infâmes, révisionnistes, pronazies et antisémites.
 
Écoutons-la :
 
« À l'heure où l'Ukraine revient sur le devant de la scène politique et où la France, faisant désormais partie intégrante de l'OTAN, semble frappée d'amnésie, il n'est pas indifférent de rappeler l'enjeu de ce procès qui eut un retentissement comparable à celui de l'Affaire Dreyfus.
 
Le 25 mai 1926, à l'angle du boulevard Saint-Michel et de la rue Racine à Paris, un Juif russe naturalisé français à la fin de la guerre de 1914, Samuel Schwartzbard, assassine Simon Petlioura, l'ancien président du Directoire ukrainien (du 14 décembre 1918 au 5 février 1919).
 
Il le tient pour responsable du massacre de dizaines de milliers de Juifs lors de pogromes organisés par l'armée indépendantiste ukrainienne dont Petlioura est l'ataman général.
 
À l'époque, ce procès sensationnel qui dura huit jours et vit témoigner les plus grands noms de la science et de la littérature des années trente, a bel et bien mobilisé l'opinion française tout entière et fait la une de la presse internationale.
 
Ce grand élan pro-juif qui s'intercale entre la réhabilitation du capitaine Dreyfus en 1906 et les actes antisémites du gouvernement de Vichy correspond bien aux années où l'antisémitisme dans la société française connaît son plus bas étiage.
 
Au mitan des années vingt, les horreurs de la guerre hantent les esprits et un puissant sentiment d'empathie se lève en faveur des victimes des pogromes.
 

 

Les difficultés économiques se chargeront de souffler une nouvelle vague d'antisémitisme à partir de 1931.
Me Torrès, l'avocat de Schwartzbard, était cent fois fondé à bâtir sa plaidoirie sur l'horrifiante réalité des pogromes et à la clore dans un élan oratoire irrésistible : “Non, ce n'est plus vous, Schwartzbard, qui êtes en cause ici : ce sont les pogromes”.
 
Aujourd'hui, Schalom Schwartzbard, en dépit du verdict d'acquittement, reste pour les Ukrainiens “l'assassin à la solde de l'ennemi de l'Ukraine indépendante”. »
 
Après avoir rappelé qu’en 2015 le président nationaliste Porochenko a fait transférer toutes les archives nationales de son pays à l’Institut national ukrainien de la mémoire dirigé par l’historien patriotard Volodymir Viatrovytch, selon Monique Slodzian un « maître internationalement reconnu en matière de falsification de documents », et en restituant les tenants et les aboutissants de ce procès historique, l’auteure met en lumière la part plus qu’obscure du nationalisme ukrainien actuel naïvement défendu par l'Union européenne comme une pure aspiration à la liberté.
 
Un texte qui fait ouvrir les yeux !
 
Bernard DELCORD
 
L'Ukraine depuis le procès Schwartzbard-Petlioura (1927) par Monique Slodzian, Paris, Éditions de la Différence, collection « Politique », février 2017, 270 pp. en noir et blanc au format 13 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 17,00 € (prix France)

20:13 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/08/2017

« Nous ne sommes rien. Ce que nous cherchons est tout. » (Friedrich Hölderlin)

Naissance de l'art romantique.jpg

Spécialiste du romantisme européen, Pierre Wat (°1965) est professeur à Paris I – où il occupe la chaire d'histoire de la peinture du XIXe siècle.
 
Il a aussi été maître de conférences en histoire de l'art contemporain à l’université François-Rabelais de Tours, conseiller scientifique à l'Institut national d'histoire de l'art (1999-2004), professeur à l'Université Aix-Marseille I et à l'École du Louvre.
 
Il a notamment publié Constable (Hazan, Paris, 2002), Les nymphéas, la nuit : Claude Monet (Nouvelles éditions Scala, Paris, 2010) et Turner, menteur magnifique (Hazan, Paris, 2010).
 
Parue chez Flammarion en 1998, sa thèse de doctorat intitulée Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre est ressortie en 2013 chez le même éditeur, revue et corrigée, dans la collection « Champs arts ».
 
Il s’y concentre sur l'Allemagne de Caspar David Friedrich, de Johann Wolfgang von Goethe et de Philipp Otto Runge ainsi que sur l'Angleterre de William Blake, de John Constable et de William Turner, les deux pays où s'inventent conjointement une nouvelle pratique et une nouvelle théorie de l'art, le romantisme.
 
« En France, écrit l’auteur à propos de son livre, qui dit romantisme dit Delacroix, Victor Hugo, le spleen, le goût de la ruine, l'attirance de la nuit, pour la mort… Autant d'images toutes faites, et de clichés. Mais alors, qu'est-ce que le romantisme ?
 
Cet ouvrage tente de montrer que le romantique se construit sur la subversion de l'image néo-classique à travers l'histoire esthétique de cette naissance et de son ambition.
 
Le romantisme est un art nouveau pour un monde nouveau. Un art qui détruit la norme classique, et un art sans norme, mais éternellement classique. Un art absolu. »
 
C’est absolument exact !
 
Bernard DELCORD
 
Naissance de l'art romantique – Peinture et théorie de l'imitation en Allemagne et en Angleterre par Pierre Wat, nouvelle édition revue et corrigée, Paris, Éditions Flammarion, collection « Champs arts », mars 2013, 318 pp. en noir et blanc + un cahier hors-texte de 8 pp. en couleurs au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 14 € (prix France)

15:00 Écrit par Bernard dans Arts, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/08/2017

« Le désir de l'amour engendre l'amour. » (Tahar Ben Jelloun)

Dire l'amour en poésie .jpg

Conforme aux nouveaux programmes d’enseignement du français au collège et rédigée par Lucie Lelong, l’anthologie intitulée Dire l'amour en poésie publiée à Paris aux Éditions Gallimard dans la collection « Folio + Collège » propose, dans sa première moitié, 49 textes d’auteurs variés (cf. infra) articulés autour de 8 thématiques :
 
1. Expliquer l’amour
2. Rêver à l’amour
3. Déclarer sa flamme
4. Dire l’étreinte
5. Clamer sa passion
6. La plainte amoureuse
7. Taire l’amour ?
8. Dire l’amour et médire
 
La seconde moitié, purement pédagogique, se divise en 4 parties :
 
– Je découvre
(Situation de l'écriture poétique ; Orphée raconté par Eurydice ; Retour dans le passé : le lecteur de poésie à travers les âges ; Ce qu'il s'est passé dans l'histoire de la poésie ; Les origines et la postérité du poème « Le lac » ; Les mots ont une histoire ; Les noms propres sont porteurs de sens ; Dernières observations avant l'analyse)
 
– J’analyse
(Au cœur de la phrase ; La construction de l'anthologie ; Caractérisation des personnages ; Les intentions des auteurs : pourquoi écrire des poèmes d'amour ? ; Quelle vision de la femme dans les poèmes amoureux ? ; Résumons ! ; Exercices ; Jeu de lettres ; Le 20 sur 20)
 
– Nous avons la parole
(À nous de jouer ; Organisons le débat)
 
– Prolongements
(Groupement de textes, « De Narcisse au narcissisme : amoureux de soi-même » ; Histoire des arts)
 
Un bien bel outil !
 
Bernard DELCORD
 
Dire l'amour en poésie par Lucie Lelong, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio + Collège », mai 2017, 195 pp. en noir et blanc+ 2 pp. en quadrichromie au format 12,5 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 3,90 € (prix France)
 
TABLE DES MATIÈRES
 
1. EXPLIQUER L’AMOUR
 
Jean-Baptiste de Grécourt, Qu'est-ce que l'amour ?
Jean de La Fontaine, L'Amour et la Folie
Pierre de Ronsard, Madrigal
Anonyme, Tourments sans passions...
Pierre de Marbeuf, Et la mer et l'amour
Jacques Prévert, Cet amour
 
2. RÊVER À L’AMOUR
 
Arthur Rimbaud, Sensation
Paul Verlaine, Mon rêve familier
Louise Gillot de Saintonge, Je croyais, en dormant...
Aloysius Bertrand, Madame de Montbazon
Robert Desnos, J'ai tant rêvé de toi
Charles Cros, Distrayeuse
 
3. DÉCLARER SA FLAMME
 
Charles Baudelaire, Chanson d'après-midi
Paul Verlaine, Green
Jean Tardieu, Étude de pronoms
Paul Eluard, Je t'aime
 
4. DIRE L’ÉTREINTE
 
Charles Baudelaire, Un hémisphère dans une chevelure
Pierre Alferi, Préservatif
Jacques Prévert, Alicante
Marc Papillon de Lasphrise, Ha Dieu ! Que j'ai de bien...
Robert Desnos, Coucher avec elle
Évariste de Parny, Le lendemain
 
5. CLAMER SA PASSION
 
LES TOURMENTS DE LA PASSION
Louise Labé, Je vis, je meurs…
Marc Papillon de Lasphrise, Je l'œilladais, mi-nue...
Marquise d'Antremont, Ô Mort ! anéantis mon être...
 
L'AIMÉE ADORÉE
Louis Aragon, Que serais-je sans toi...
Philippe Soupault, Georgia
 
6. LA PLAINTE AMOUREUSE
 
AMOUR IMPOSSIBLE
Jules Laforgue, Complainte-litanies de mon sacré-cœur
Louis Aragon, Il n'y a pas d'amour heureux
 
CŒURS BRISÉS
Alfred de Musset, À Mademoiselle ***
Paul Verlaine, Ô triste, triste était mon âme...
Christine de Pisan, Seulette suis et seulette veux être...
Léon Gontran Damas, Quand malgré moi...
 
LA MORT DE L'ÊTRE CHER
Alphonse de Lamartine, Le lac
Tristan l'Hermite, Sur un tombeau
Claude Esteban, Élégie de la mort violente (extrait)
 
7. TAIRE L’AMOUR ?
 
Marceline Desbordes-Valmore, Les séparés
Gabriel-Charles de Lattaignant, Les époux indiscrets
 
8. DIRE L’AMOUR ET MÉDIRE
 
LE TEMPS OU LA REVANCHE DE L'ÉCONDUIT
Pierre de Ronsard, Quand vous serez bien vieille…
Théophile de Viau, Ton orgueil peut durer...
Raymond Queneau, Si tu t'imagines…
 
DÉFIGURER : LA POÉSIE COMME MIROIR DÉFORMANT DE LA CRUELLE
Étienne Jodelle, Comment pourrais-je aimer...
Clément Marot, Le beau tétin
Clément Marot, Le laid tétin
 
SE SOUVENIR DE L'AMOUR
Alfred de Musset, Rappelle-toi
Guillaume Apollinaire, Le pont Mirabeau
Philippe Desportes, Est-il vrai qu'autrefois…
Paul Verlaine, Streets
Marceline Desbordes-Valmore, L'amour