04/03/2018

« Nous parlions d'amour de peur de nous parler d'autre chose. » (Benjamin Constant)

Benjamin Constant (1767-1830) – Les égarements du cœur et les chemins de la pensée .jpg

Professeur honoraire du département de langues et littératures romanes (Université de Liège) spécialisé en littérature française des XVIIe et XVIIIe siècles et grand connaisseur de l’œuvre de l’écrivain vaudois Benjamin Constant, Paul Delbouille (°1933) est l’auteur, aux Éditions Slatkine à Genève, d’un impressionnant – et passionnant – essai intitulé Benjamin Constant (1767-1830) – Les égarements du cœur et les chemins de la pensée, la première biographie en français depuis trente ans consacrée à l'auteur des Principes de politique, (1806) et d'Adolphe (1816) [1], et ce, dans le cadre de l'édition en cours des Œuvres complètes de Benjamin Constant, une entreprise scientifique internationale dont l’enseignant liégeois est l'un des principaux artisans.

Écoutons-le :

« Pionnier du libéralisme politique, précurseur de l'écriture intime et du roman psychologique, théoricien du sentiment religieux, penseur de la modernité, Benjamin Constant est aujourd'hui considéré comme une figure majeure de l'histoire intellectuelle du tournant des XVIIIe et XIXe siècles.

Né à Lausanne en 1767 dans une famille d'origine huguenote, il n'a cessé par la suite de sillonner l'Europe, en privilégiant l'Allemagne, où il a mené de vastes recherches érudites, et la France, où il s'est illustré dans le domaine de l'action politique en tant que membre du Tribunat sous le Consulat et membre de la Chambre des députés sous la Restauration.

Chef de file de l'opposition libérale, il a exercé une influence significative dans la vie parlementaire et médiatique. À sa mort en décembre 1830, la population parisienne lui a offert des funérailles triomphales.

Cette trajectoire singulière – entre Lumières, Révolution, Empire et Restauration – n'a manqué ni de rebondissements ni de zones d'ombre, d'autant que plusieurs aventures sentimentales mouvementées sont venues se mêler à la carrière politique et littéraire de Benjamin Constant, à l'image de sa célèbre liaison avec Germaine de Staël. »

Assise sur une base documentaire nouvelle, cette biographie fournit le récit détaillé d'une destinée passionnante et constitue pour les chercheurs un instrument de travail de première importance.

Bernard DELCORD

Benjamin Constant (1767-1830) – Les égarements du cœur et les chemins de la pensée par Maurice Delbouille, Genève, Éditions Slatkine, août 2015, 743 pp. en noir et blanc + 16 pp en quadrichromie au format 15 x 22 cm sous couverture brochée en couleurs, 55 € (prix France)

 

[1] Adolphe raconte l'inexorable décomposition d'une relation amoureuse. Après avoir séduit Ellénore par vanité plus que par amour, Adolphe ne parvient ni à rompre ni à aimer. Son indécision, entre sincérité et mauvaise foi, ainsi qu’une sorte de sadisme mêlé de compassion, précipiteront la course à l’abîme de ce couple fatal. Échappé comme par mégarde de la plume de Constant pour se divertir de ses déboires sentimentaux avec Charlotte de Hardenberg et Madame de Staël (c'est une certaine conception de la genèse du texte), Adolphe est un chef d’œuvre du roman d’analyse : une « histoire assez vraie de la misère du cœur humain ».

Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Adolphe_(roman)

14:42 Écrit par Bernard dans Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Au temps de la Belgique Joyeuse…

Expo 58, l'espion perd la boule.jpg

Prix Rossel 2013 pour son émouvant récit Monsieur Optimiste, l’avocat belge spécialiste du droit d’auteur Alain Berenboom (°1947) a publié chez Genèse Éditions à Bruxelles un polar historique intitulé Expo 58, l'espion perd la boule dans lequel on retrouve Michel Van Loo, son détective privé de prédilection, pour une plongée en immersion dans le monde barbouzard de la Guerre froide sur fond de chantier de l’exposition universelle de Bruxelles qui fut le point d’orgue des Golden Fifties.

Au menu de cet ouvrage teinté d’humour au second degré : l’Atomium, le meurtre d’un chef de chantier, un attentat à la bombe devant le pavillon américain, un savant hydrauliste, des espions venus du froid, des embrouilles au Moyen-Orient, la rue du Labrador chère à Hergé, le palis du Midi, la zwanze brusseleir, la Belgique de papa, des rebondissements inattendus, un style décalé…

Et la gueuze Mort Subite, indeed

Bernard DELCORD

Expo 58, l'espion perd la boule par Alain Berenboom, Bruxelles, Genèse Éditions, mars 2018, 272 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 22,50 €

13:28 Écrit par Bernard dans Littérature générale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/03/2018

Bonne éducation...

Bonne éducation(Auriez-vous eu votre diplôme de savoir-vivre en 1930).jpg

En 1930, outre les dictées et l’arithmétique, les questions de savoir-vivre et de morale du certificat d'études français évaluaient l’attitude en société des jeunes garçons et des jeunes filles.

Pour retrouver ces épreuves au charme suranné, les Éditions Larousse à Paris ont publié un amusant petit cahier intitulé Auriez-vous eu votre diplôme de savoir-vivre en 1930 ? qui propose 150 questions, exercices et jeux sur la bienséance et la morale, extraites des manuels de savoir-faire de l’époque.

Au programme : morale, éducation des enfants, hygiène, art de recevoir, protocole, éloquence, vie familiale, épisodes de la vie (naissances, mariages, décès), vie professionnelle, correspondance, usages…

Bonne éducation(Auriez-vous brillé dans les cercles mondains en 1935).jpg

Dans la même veine et chez le même éditeur, le fascicule intitulé Auriez-vous brillé dans les cercles mondains en 1935 ? rassemble 200 questions pour évaluer ses connaissances en matière de culture générale – histoire, littérature, cinéma, peinture, musique, mode, gastronomie, orthographe – ainsi que de savoir-vivre et de bonnes manières tels qu’on les concevait alors pour se comporter chez soi, dans la rue, en voyage, dresser un plan de table, établir un menu, s'habiller pour une occasion, respecter le protocole...

Bref, pour flamboyer en public !

Bernard DELCORD

Auriez-vous eu votre diplôme de savoir-vivre en 1930 ?, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, avril 2014, 64 pp. en noir et blanc au format 17 x 22 cm sous couverture brochée monochrome, 4,99 € (prix France)

Auriez-vous brillé dans les cercles mondains en 1935 ?, ouvrage collectif, Paris, Éditions Larousse, février  2015, 64 pp. en noir et blanc au format 17 x 22 cm sous couverture brochée monochrome, 4,99 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans le second recueil le petit quiz suivant :

Les bonnes manières au restaurant

  1. Pour attirer l'attention du garçon qui a commencé votre service :
  2. a) vous cognez votre verre avec une fourchette ou un couteau
  3. b) vous appelez n'importe quel garçon qui préviendra son camarade
  4. c) vous tapez dans vos mains
  5. Dans les restaurants de bonne tenue :
  6. a) la note se présente sur une assiette, pliée en deux pour en dissimuler le texte
  7. b) la note se présente dans une petite pochette en cuir, pour en dissimuler le texte
  8. c) vous vous déplacez à la caisse au comptoir
  9. Lorsqu'une femme est invitée au restaurant par un homme, pourquoi ne doit-elle pas choisir les plats les moins chers ?
  10. a) pour ne pas avoir l'air de douter de ses moyens
  11. b) pour ne pas paraître vénale
  12. c) pour ne pas paraître économe

 

 

 

Réponses : A. b) : B. a) ; C. a)

17:49 Écrit par Bernard dans Livres d'apprentissage | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/03/2018

Comme Albert Camus...

Un prof a changé ma vie.jpg

Vincent Remy est rédacteur en chef à Télérama. Il a fait paraître au Livre de poche à Paris Un prof a changé ma vie, un recueil de 21 témoignages de personnalités françaises [1] en vue qui expliquent comment un enseignant « gentil, sympa, cool ou vache au contraire » a modifié leur trajectoire pour les amener où ils sont arrivés.

Qu’il s’agisse pour l’un de tout un corps professoral ou presque, d’un professeur de lettres pour une autre, ou d’un couple d’instituteurs pour un troisième, voici une galerie de portraits touchants où l’on trouve aussi une cantatrice tchèque, un économiste sceptique, une passeuse de littérature moderne, un grand-père dandy, un professeur de sport, un vieux hussard de la République, une violoniste, une passionnée de théâtre, un tourneur-fraiseur, un karatéka, un docteur en physique et en philosophie, une prof de khâgne en mini-jupe et blouson de cuir, un arpenteur du désert, un acteur et metteur en scène, un ténor du barreau, un instituteur qui domptait la peur et même… un maître qu’on n'a pas eu !

Un inventaire à la Prévert !

Bernard DELCORD

Un prof a changé ma vie par Vincent Remy, préface de Daniel Pennac, complété d’un entretien avec Najat Vallaud-Belkacem, Paris, Le Livre de poche, septembre 2015, 235 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 6,60 € (prix France)

 

[1] L’économiste Érik Orsenna, l’écrivaine Danièle Sallenave, l’homme d'affaires François Pinault, la chanteuse Barbara Carlotti, le cinéaste Bruno Podalydès, l’ex-ministre de la Culture et de la Communication Aurélie Filipetti, le couturier Christian Lacroix, la comédienne et animatrice de radio et de télévision Sophia Aram, l’écrivain et réalisateur Philippe Claudel, l’actrice Gladys Cohen, le comédien André Dussollier, l’homme d’État Michel Rocard, la femme politique française et ancienne karatéka Chantal Jouanno, le biologiste Miroslav Radman, l’auteure Agnès Desarthe,  le journaliste, producteur, animateur et homme politique Nicolas Hulot, la comédienne et metteur en scène Muriel Mayette, l »avocat et ancien Garde des Sceaux Robert Badinter, l’écrivaine rwandaise Scholastique Mukasonga et le philosophe Alain Finkielkraut.

17:05 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Le bréviaire du nazisme...

Tout sur Mein kampf.jpg

Mein Kampf [1] d’Adolf Hitler est un ouvrage sulfureux dont on parle souvent, sans jamais – ou presque – l’avoir lu.

Il est vrai qu’il s’agit d’un épais pensum rédigé entre 1924 et 1925 dans un style des plus lourdingues où abondent les digressions dans un fatras confus d’idées (?) les plus diverses…

Commencé par son auteur pendant les neuf mois de sa détention à la prison de Landsberg à la suite du putsch manqué dit de la Brasserie à Munich dont il était le meneur [2], l'ouvrage contient des éléments autobiographiques, l'histoire des débuts du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) et diverses réflexions sur la propagande ou l'art oratoire.

L'auteur expose, dans un style empreint de haine, la « conception du monde » du national-socialisme, avec ses composantes hégémoniques, belliqueuses, mais aussi racistes et ouvertement antisémites, mêlée d'irrédentisme, d'ultranationalisme et de revanchisme [3].

Alors que ce minable brûlot est entré dans le domaine public le 1er janvier 2016 et que sa parution suscite de vives polémiques, dans Tout sur Mein Kampf (Paris, Éditions Perrin), l’historien français Claude Quétel (°1939) [4] pose dix questions cardinales sur la genèse et le contenu du livre, son impact réel sur l'Allemagne du IIIe Reich, son accueil ailleurs dans le monde, notamment dans la France des années 1930 ainsi qu’à propos de ses conséquences sur le déroulement de la Seconde Guerre mondiale.

Avec rigueur et pédagogie, l'historien livre ici les résultats de son enquête, dans un exposé d’une parfaite clarté et d’une très grande précision.

Un décryptage passionnant !

Bernard DELCORD

Tout sur Mein Kampf par Claude Quétel, Paris, Éditions Perrin, janvier 2017, 277 pp. en noir et blanc au format 12 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,90 € (prix France)

Sommaire :

Qui était Hitler avant Mein Kampf ?

Comment Mein Kampf est-il ne ?

Que dit Mein Kampf ?

Mein Kampf annonce-t-il les crimes à venir du IIIReich ?

Mein Kampf est-il le seul livre de Hitler ?

Quelle a été la diffusion de Mein Kampf en Allemagne ?

La France a-t-elle ignore Mein Kampf ?

Quels autres pays ont publié Mein Kampf ?

Mein Kampf a-t-il été évoqué au cours du procès de Nuremberg ?

Qu'est devenu Mein Kampf jusqu'à nos jours ? 

 

[1] « Mon combat », dont la traduction française a paru aux Nouvelles Éditions latines à Paris en 1934.

[2] Il eut lieu principalement à la Bürgerbräukeller dans la soirée du 8 novembre 1923 avec la participation, entre autres, d’Hermann Göring, Ernst Röhm, Rudolf Hess, Heinrich Himmler et Julius Streicher.

[3] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Mein_Kampf

[4] Directeur de recherche au CNRS (section Histoire moderne et contemporaine), Claude Quétel s’est spécialisé, entre autres, dans l’histoire de la psychiatrie, la psychohistoire et la recherche iconographique. Entre 1992 et 2005, il a été directeur scientifique du Mémorial de Caen. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels Nouvelle histoire de la psychiatrie (Privat, 1983, codirection et corédaction ; réédité chez Dunod en 1994 et 2009), le Larousse de la Seconde Guerre mondiale (direction et corédaction, 2004), Dictionnaire de la Guerre froide (direction et corédaction, Larousse, 2008), Images de la folie (Gallimard, 2010), Le Débarquement pour les Nuls (First, 2014), L'effrayant docteur Petiot - fou ou coupable ? (Perrin, 2014 - prix Marianne 2015), La Seconde Guerre mondiale (Perrin, 2015).

16:53 Écrit par Bernard dans Essais, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/02/2018

Survivor...

J'ai vu la mort en face.jpg

Vient de paraître aux Éditions du Rocher à Monaco, sous le titre J’ai vu la mort en face, le témoignage bouleversant d’un rescapé de l’attentat fomenté par des terroristes de l’État islamique à l’aéroport de Bruxelles en 2016.

Voici l’excellente présentation de l’éditeur :

« Walter Benjamin est sur le point d’embarquer quand un kamikaze se fait exploser à quelques mètres de lui. Violemment projeté en arrière, il découvre hébété qu’il a perdu une jambe. Nous sommes le 22 mars 2016, il est 7 h 58 à l'aéroport de Bruxelles. Autour de lui, des corps brûlés, un homme décapité. Une scène apocalyptique. Il est amené à l’hôpital dans un état critique – il a perdu énormément de sang –, mais les médecins parviendront tout de même à le sauver.

Débute alors le récit d’une reconstruction, les longs mois d'hospitalisation, les opérations, la rééducation. Cet homme de 49 ans, à la tête d'une agence matrimoniale, doit alors mener un combat quotidien contre ses angoisses, ses idées noires, réapprendre à vivre dans ce nouveau corps, s’autoriser à aimer aussi. Walter ne lâche rien, sa force, il la puise dans l'amour de sa fille. S’il éprouve de la colère, ce n’est qu’envers les politiques pour leur négligence face à la montée du terrorisme, tandis qu’il appelle à la bienveillance envers la communauté musulmane qui ne doit pas être englobée dans ce fanatisme religieux.

Aujourd’hui, Walter Benjamin –qui se rendait en Israël ce jour-là pour voir sa fille –a noué une amitié très forte avec son sauveur Hassan, un musulman.

En quête de réponses, il est parti à la rencontre des jeunes de Molenbeek, pour comprendre qui ils sont. Et il se rend régulièrement dans le service où il a été soigné pour insuffler aux patients gravement handicapés l’espoir et l’envie de se battre. »

Une magnifique leçon de courage et de vie !

Bernard DELCORD

J'ai vu la mort en face – Une vie après l’attentat par Walter Benjamin, Monaco, Éditions du Rocher, collection « Témoignage », mars 2018, 240 pp. en noir et blanc au format 13,3 x 20,3 cm sous couverture brochée en couleurs, 16,90 € (prix France)

19:21 Écrit par Bernard dans Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Beatlemania...

Ob-La-Di, Ob-La-Dan.jpg

Vingt-septième petit ouvrage de la plaisante – et pérenne – collection « Opuscule » publiée par les Éditions Lamiroy à Bruxelles, le happening de Brice Depasse (qui écrit et présente chaque jour La Story sur Nostalgie) intitulé Ob-La-Di, Ob-La-Dan ! a été entièrement exécuté entre le 22 et le 25 février 2018, de la signature du contrat à la mise en vente de l’ouvrage en passant par la rédaction, la mise en page, la relecture et l’impression, devant le public de la Foire du Livre de Bruxelles.

Une performance tout en références musicales retraçant un épisode de la jeunesse de Dan Lacksman (°1950), un artiste, compositeur et ingénieur du son belge, membre du groupe Telex [1], qui, en juillet 1968, tout minot, entreprit de vouloir rencontrer les Beatles à Londres...

Et y parvint !

Bernard DELCORD

Ob-La-Di, Ob-La-Dan ! par Brice Depasse, Bruxelles, Éditions Lamiroy, collection « Opuscule », février 2018, 46 pp. en noir et blanc au format 10 x 14 cm sous couverture brochée en couleurs, 4 €

 

[1] Le groupe de musique belge Telex, créé en 1978 par Marc Moulin, Dan Lacksman et Michel Moers, n'était au départ qu'un canular. Mélangeant l'esthétique du disco, du punk et les expérimentations de la musique électronique, il connut un grand succès international avec la version anglaise de son tube Moskow Diskow sorti en 1979.

16:54 Écrit par Bernard dans Récits | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |