07/04/2017

« La haine est fille de la crainte. » (Tertullien)

Le Grand Menu.jpg

Auteure de textes majeurs comme Ma robe n'est pas froissée, Décidément je t'assassine, Décollations, Le Ravissement des femmes et, en poésie, Celles d'avant, Juin, Les Mots arrachés, Rouge au bord du fleuve, la poétesse et romancière belge Corinne Hoex (°1946) a commencé sa carrière des lettres avec Le Grand Menu, son premier roman, paru en 2001 aux Éditions de l’Olivier à Paris puis réédité à Bruxelles en 2010 aux Impressions nouvelles et en 2017 dans la collection « Espace Nord », un formidable livre coup de poing qui ouvrait la voie à une œuvre orientée vers l'exploration aiguë, pénétrante, des liens de famille et de l'abus de pouvoir.

En voici le synopsis :

Un univers fermé. Une grande maison bourgeoise aux portes closes. À l’intérieur, tout est impeccable, les cuivres sont polis, les meubles sont cirés. L’air est irrespirable. Une petite fille est là, docile et sage. Elle observe la maison et les deux adultes qui l’habitent. Papa est le meilleur. Maman est la plus forte. Ils occupent toute la place et décident de tout : l’hygiène, les repas, l’habillement, l’éducation, et l’amour.

La petite fille est sous leur emprise absolue. Elle souffre de ne jamais leur convenir. Alors, elle raconte ce qu’elle voit. L’huître qui a mal comme un œil quand sa mère l’extrait de la coquille. La tendresse de son père pour une araignée qu’il pourrait écraser du doigt. Et la complicité érotique de ses parents au moment du dessert.

Les repas sont pour elle des moments douloureux, interminables, où elle se trouve forcée d’avaler ce qu’on lui impose, au sens propre comme au sens figuré (d’où le nom du roman : le Grand Menu). Son malaise, contenu toute la journée, s’amplifie le soir dans le noir de sa chambre : la nuit, c’est un frottement, une bête qui rampe : le bruit de sa pantoufle sur le parquet ciré.

Avec rigueur et retenue, sans analyse ni commentaire, mais en un constat incisif, d’une justesse absolue, Corinne Hoex nous décrit ce monde inquiétant, nous rendant témoins de la tragédie muette que vit sa narratrice. [1]

Qui est bien entendu elle-même…

Bernard DELCORD

Le Grand Menu par Corinne Hoex, postface de Nathalie Gillain, Bruxelles, Éditions Espace Nord, mars 2017, 155 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,50 €.

 

[1] Source : http://espace-livres-creation.be/livre/le-grand-menu/

16:08 Écrit par Bernard dans Récits de vie, Romans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

« Un compositeur de l’inouï… »

Gabriel Fauré.jpg

Jacques Bonnaure, professeur agrégé de lettres, est critique musical. Il collabore notamment à La Lettre du musicien, Opéra Magazine et Classica. Il a publié un Saint-Saëns (2010) et un Massenet (2011) ainsi que, tout récemment, un Gabriel Fauré dans la collection « Classica » des Éditions Actes Sud.

Élève de Camille Saint-Saëns à l’école Niedermeyer et maître de Maurice Ravel au Conservatoire de Pais, Gabriel Fauré, né à Pamiers (Ariège) en 1845 et mort à Paris en 1924, est un pianiste, organiste et compositeur français célèbre pour son Requiem (1887), ses compositions orchestrales (Pavane, 1887, Pelléas et Mélisande, 1898, Masques et Bergamasques, 1919), sa musique pour piano (Valses-Caprices, Impromptus, Nocturnes, Barcarolles, Préludes…), sa musique de chambre (sonates pour violon et piano, sonates pour violoncelle et piano, Trio pour piano et cordes, quatuors pour piano et cordes, quintettes pour piano et cordes, Quatuor à cordes, Élégie, 1880, Romance sans parole), ses mélodies (Cinq mélodies de Venise, 1881, L'Horizon chimérique, 1921), La Bonne Chanson, 1892-1894, sur des poèmes de Paul Verlaine, et son opéra en trois actes Pénélope (1913).

Voici ce qu’en écrit Jacques Bonnaure :

« Compositeur très en vue, qui fut un charismatique directeur du Conservatoire de Paris, considéré avec Debussy et Ravel comme l'un des trois grands noms de la musique française de son temps, auteur de quelques pages célèbres, Gabriel Fauré n'en est pas moins un artiste mystérieux et méconnu.

Peu carriériste, grandi dans l'ombre de son aîné et ami Camille Saint-Saëns, il s'affirma peu à peu comme un maître d'une rare subtilité, refusant les brillantes séductions de la musique symphonique, alors en pleine expansion en France, pour explorer les sortilèges de la mélodie, de la musique pour piano et de la musique de chambre. 

Ce fut, pour la meilleure part de son œuvre, un compositeur de l'inouï. »

À l'instar de tous les volumes de la collection « Classica », cette biographie passionnante est en outre enrichie d'un double index, de repères bibliographiques et d'une discographie.

Bernard DELCORD

Gabriel Fauré par Jacques Bonnaure, Arles, Actes Sud, collection « Classica », avril 2017, 190 pp. en noir et blanc au format 10 x 19 cm sous couverture brochée en quadrichromie, 18 € (prix France)

15:24 Écrit par Bernard dans Musique, Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/04/2017

« Je n'invente rien, je redécouvre. » (Auguste Rodin)

Rodin – L'invention permanente.jpg

Auguste Rodin (1840-1917) est considéré comme le père de la sculpture moderne.

A l’occasion du centenaire de sa mort, la Réunion des musées nationaux – Grand Palais et le musée Rodin à Paris présentent jusqu’au 31 juillet 2017 « Rodin. L'exposition du centenaire » où l’on peut voir ses plus grands chefs-d'œuvre (Le Penseur, Le Baiser, Les Bourgeois de Calais…)

Le parcours retrace les rêves et les gloires de ce poète de la passion, maître incontesté et monstre sacré. Entre scandales et coups d’éclat, il révolutionne la création artistique avant Braque, Picasso ou Matisse, et la fait à jamais basculer dans la modernité.

L’exposition revient enfin sur son extraordinaire postérité auprès de générations d’artistes, de Carpeaux à Richier, en passant par Bourdelle, Claudel, Brancusi ou Picasso, donnant ainsi à voir et à comprendre la puissance de son génie. [1]

Parallèlement, les Éditions Gallimard et celles de la Réunion des Musées nationaux – Grand Palais ont publié, dans la fameuse collection « Découvertes Gallimard », rédigé par Catherine Chevillot [2], un bien joli petit livre-objet intitulé Rodin – L'invention permanente qui va à l’essentiel avec un texte limpide et des photographies qui se déplient pour comparer les œuvres de Rodin à celles de ses épigones.

Les Bourgeois de Calais au Musée de Mariemont (Belgique).jpg

Les Bourgeois de Calais au Musée de Mariemont (Belgique)

Écoutons l’auteure :

« Géant de la sculpture moderne, dont Le Penseur et Le Baiser sont des icônes, Auguste Rodin a tout osé : assemblage de formes préexistantes, utilisation de l'"accident", figures partielles, collages, dessin très libre, travail sur la photographie...

(…)

Des générations d'artistes ont redécouvert un Rodin moderne, insolite, expérimental.

De sa sensibilité esthétique est issue une sculpture dont le naturalisme expressif conserve un attachement à la figure humaine : visages ardents, expressions exacerbées, épidermes frémissants, corps où la chair palpite.

Rodin reste le "maître inépuisable". »

Et incontestable !

Bernard DELCORD

Rodin – L'invention permanente par Catherine Chevillot, Paris, Éditions Gallimard & Rmn-Grand Palais, collection « Découvertes Gallimard », mars 2017, 32 pp. en quadrichromie au format 12,4 x 17,6 cm sous couverture Integra en couleurs, 9,20 € (prix France)

Informations pratiques :

GRAND PALAIS, GALERIES NATIONALES

3, avenue du Général Eisenhower

F-75008 Paris

Serveur vocal : 00 33 (0)1 44 13 17 17

ENTRÉE DU PUBLIC

Entrée Clemenceau, place Clemenceau, 75008 Paris

Entrée Square Jean Perrin, Champs-Élysées, avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris

Entrée Winston Churchill, avenue Winston Churchill, 75008 Paris

ACCÈS DES PERSONNES À MOBILITÉ RÉDUITE

Avenue du Général Eisenhower – Porte B

HORAIRES

Jusqu’au 31 juillet 2017

Tous les jours de 10 heures à 20 heures

Nocturne le mercredi, le vendredi et le samedi de 10 heures à 22 heures

Fermé le mardi

Fermé le lundi 1er mai et le vendredi 14 juillet

L’exposition participe à la Nuit européenne des musées le 20 mai : entrée gratuite de 20 heures à minuit

Dernier accès à l’exposition : 45 minutes avant la fermeture

Fermeture des salles : à partir de 15 minutes avant la fermeture

TARIFS

Plein tarif : 13 €

Tarif réduit : 9 €

Tarif tribu (4 personnes dont 2 jeunes entre 16 et 25 ans) : 35 €

 

[1] Source : http://www.grandpalais.fr/fr/evenement/rodin-lexposition-...

[2] Conservateur du patrimoine depuis 1987, Catherine Chevillot a été successivement adjointe au directeur du musée de Grenoble (1988-1990), conservateur au musée d’Orsay (section sculptures, 1990-1996), chef de la filière Sculpture au Centre de Recherche et de Restauration des Musées de France (1999-2003), chef du service de la recherche du musée d’Orsay (2003-2008), conservateur en chef au musée d’Orsay pour la Sculpture (2008-2012). Elle dirige le musée Rodin depuis 2012, et a conduit une très importante campagne de rénovation de l’hôtel Biron, qui présente les collections léguées par Rodin à l’État français en 1916. Docteur en histoire de l’art, elle a soutenu en 2013 (Université de Paris-Ouest Nanterre La Défense) une thèse intitulée « Paris, creuset pour la sculpture (1900-1914) ». (https://www.franceculture.fr/personne-catherine-chevillot...)

19:43 Écrit par Bernard dans Arts, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/03/2017

Ici, l’ombre…

Gaspard de Cherville (cover).jpg

Dans Gaspard de Cherville, l’autre « nègre » d’Alexandre Dumas (Paris, Honoré Champion), le chercheur belge Guy Peeters [1] a tenté de restituer la personnalité d’un écrivain oublié ou occulté depuis plus d’un siècle et d’éclairer la relation et les rapports de travail qu’il a entretenus avec Alexandre Dumas de 1852 à sa mort.

Écoutons le biographe :

« Alexandre Dumas, né le 24 juillet 1802 à Villers-Cotterêts (Aisne) et mort le 5 décembre 1870 à Puys, près de Dieppe (Seine-Maritime), a publié de nombreuses œuvres qu’il a achetées à des écrivains sans notoriété qui se voyaient rebutés par les éditeurs. Avec le nom de Dumas sur le manuscrit, ils le savaient, les portes s’ouvraient toutes grandes.

Mais Dumas a eu aussi deux collaborateurs – des “nègres”, disait-on –, avec lesquels il élaborait, parfois au jour le jour, ses romans-feuilletons.

Le premier d’entre eux, Auguste Maquet, est le co-auteur des Trois Mousquetaires, du Comte de Monte-Cristo et de bien d’autres best-sellers qui n’auraient pas vu le jour sans lui.

Quelques années après que Maquet, faute d’être rétribué, a mis fin à la collaboration, Dumas a recruté, en 1856, un second “nègre”, Gaspard Pescow, marquis de Cherville, né à Chartres (Eure-et-Loir) le 11 décembre 1819 et mort à Noisy-le-Roi (Seine-et-Oise) le 10 mai 1898, qui va écrire avec lui dix romans et une pièce de théâtre.

Tâche ardue, car peu de travaux existent sur le sujet, et Cherville n’a pas laissé de mémoires. Il s’est refusé à les rédiger par pudeur, en ce qui concerne sa vie privée, et par amitié et refus de ternir l’image de Dumas qui l’avait sauvé de la misère alors qu’il végétait, ruiné, sans travail et exilé en Belgique.

Gaspard de Cherville (illu).jpeg

La correspondance Dumas-Cherville, assez rare, ne suffit pas à rendre compte des relations des deux écrivains. Subsistent, par contre, à la Bibliothèque Nationale de France et à celle de l’Arsenal, de nombreuses lettres adressées par le marquis à l’éditeur Jules Hetzel, qui a été son mentor, et au romancier et dramaturge Jules Claretie, pendant et après sa collaboration avec le romancier. Restent aussi, disséminés çà et là dans les œuvres de Cherville, écrites seul ou en collaboration, et dans ses innombrables articles, des éléments autobiographiques intéressants. Enfin, il est utile de découvrir de visu les lieux où a vécu cet écrivain : Chartres et Saint-Priest, Chapelle-Guillaume (Eure-et-Loir), Bruxelles, Spa, La Varenne-Saint-Hilaire...

Reconstruire la biographie de Gaspard de Cherville, ce n’est pas seulement éclairer la trajectoire chaotique d’un homme et des écrits qu’il a produits avec Dumas ou qu’il a publiés sous son nom. C’est aussi récolter des informations sur le Dumas des dernières années, plus rarement approché que celui des débuts triomphants, et sur ses pratiques d’écriture. C’est encore, entre autres, constater que Victor Hugo a recueilli dans Napoléon le Petit le témoignage direct de Cherville sur les massacres bonapartistes du 4 décembre 1851 ; remarquer les rapports tendus qu’ont entretenus Hetzel, Dumas et Cherville avec un éditeur belge ; revenir sur le rôle important qu’a tenu Noël Parfait, l’infatigable secrétaire d’Alexandre Dumas ; juger l’attitude de Dumas fils à l’égard du collaborateur de son père...

Enfin, et ce n’est pas la seule surprise, découvrir le jeune Émile Zola demandant conseil pour sa carrière à Gaspard de Cherville et s’inspirant plus tard de textes et de réflexions du marquis pour écrire certains épisodes de La Terre. »

“Vous savez ce que je vous ai dit le jour de notre première collaboration, et ce que je vous ai répété vingt fois depuis, écrivait Dumas à Gaspard de Cherville : en littérature, le doute de soi n’est pas de la modestie. Vous doutiez de vous, et vous aviez tort ; vous pouviez faire mieux, et vous faisiez aussi bien que ceux qui tiennent les feuilletons des plus grands journaux”.

Tout montre qu’Alexandre Dumas ne le méjugeait pas et que Cherville a eu le tort de ne pas assez l’entendre… »

Une biographie passionnante, claire, sans jargon, nourrie de nombreux inédits et parsemée d’anecdotes amusantes, susceptible d’accrocher tant les spécialistes avertis de l’œuvre de Dumas que les dix-neuviémistes en général ou les lecteurs curieux.

Bernard DELCORD

Gaspard de Cherville, l’autre « nègre » d’Alexandre Dumas par Guy Peeters, Paris, Éditions Honoré Champion, collection « Romantisme Modernité », février 2017, 550 pp. en noir et blanc au format 15,5 x 23,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 95,00 € (prix France)

 

[1] Licencié et agrégé en philosophie et lettres de l’Université Libre de Bruxelles, Guy Peeters (°1947) consacre ses recherches à la vie et à l’œuvre de quelques écrivains du XIXe siècle : hommes de lettres engagés, comme Victor Hugo, Lamennais, Béranger ou Lamartine. Les Cahiers d’études sur les Correspondances du XIXe siècle, les Actes du Colloque international Lamartine de Mâcon, Nineteenth-Century French Studies (New York), entre autres, ont accueilli quelques-uns de ses travaux.

19:11 Écrit par Bernard dans Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/03/2017

Quand son monde était tailleur…

Un monde sur mesure.jpg

Nathalie Skowronek est une écrivaine belge née en 1973 qui vit à Bruxelles.

Son roman, Karen et moi (Arléa, 2011) raconte la fascination d'une femme pour l'écrivaine danoise Karen Blixen. Il a fait partie des sélections du Prix Rossel des Jeunes, Prix Première, Grand Prix des lectrices du magazine Elle et Prix des lecteurs du Télégramme.

Max, en apparence (Arléa, 2013) a été finaliste du Prix Rossel. Il dresse le portrait d'un rescapé d'Auschwitz parti refaire sa vie dans le Berlin d'après-guerre, à travers le regard de sa petite-fille.

Son essai La Shoah de Monsieur Durand est paru en 2015 aux éditions Gallimard. Il éclaire avec intelligence ce qu’est en train de vivre la quatrième génération de Juifs après Auschwitz. [1]

Dans Un monde sur mesure paru chez Grasset à Paris, elle retrace l’histoire de sa famille venue de Pologne en Belgique au cours des années 1920, des petits tailleurs juifs, pauvres et industrieux œuvrant à Charleroi dans un atelier des plus modestes, leur petit appartement, et dont les enfants essaimeront le commerce à Gand et à Bruxelles, ouvrant avec un certain succès des boutiques de vêtements bâtis sur mesure, en bons et infatigables « confectionneurs de shmattes, ces chiffons, ces loques, ou bouts de tissus sans valeur, qu’un extraordinaire fourmillement va transformer en vêtement que les client(es) vont s’arracher de saison en saison, mode après mode ».

L’auteure témoigne de la mutation radicale du métier avec l’émergence du « prêt-à-porter » et son cortège de nouveaux fournisseurs en Extrême-Orient, avec l’apparition de nouvelles pratiques commerciales et avec la création de nouveaux points de vente, toutes choses qui ont supplanté le « sur mesure » et précipité la fin du Yiddishland.

Extrait :

« Des marchés où s’était épuisée notre arrière-grand-mère aux magasins de prêt-à-porter montés par nos parents, tout nous ramenait aux tailleurs juifs des shtetls de Pologne.

Quatre générations plus tard, on ne se fournissait plus dans le Sentier, à Paris, mais chez d’invisibles intermédiaires qui ramenaient la marchandise du Bangladesh, du Pakistan ou de Chine. Qu’importait la provenance des pièces, qui les avait confectionnées et comment, nous devions reconnaître parmi les vêtements entassés les articles susceptibles de plaire. Il fallait être rapide, choisir juste. Nous prenaient de court ces nouvelles enseignes qui ouvraient dans toute l’Europe. Le shmattès yiddish allait bientôt disparaître. »

Insistons sur la qualité de la narration et sur la construction du récit, véritable miroir d’époques successives décrites avec une finesse de tous les instants et une grande sensibilité aux drames de l’Histoire – le souvenir de la Shoah n’est jamais loin –, dans un texte mémorable, aux divers sens du terme.

Comme un mix du Proust de la Recherche du temps perdu et du Zola d’Au bonheur des dames

De la belle ouvrage !

Bernard DELCORD

Un monde sur mesure par Nathalie Skowronek, Paris, Éditions Grasset, mars 2016, 189 pp. en noir et blanc au format 13 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 18,00 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Nathalie_Skowronek

22:41 Écrit par Bernard dans Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/03/2017

« Le vin fait surnager les secrets. » (Georg Christoph Lichtenberg)

Clos de Bourgogne – Le Monopole.jpg

Sur un scénario bien troussé de Corbeyran et avec des dessins d’une belle élégance signés Francisco Ruizge, la bande dessinée intitulée Clos de Bourgogne – Le Monopole (Grenoble, Éditions Glénat) raconte, transcendée par une enquête dans le passé et dans un décor magnifique, une histoire de rivalité amoureuse entre un viticulteur et un négociant en vins.

En voici le résumé apéritif :

« Paul Bernodet, 55 ans, est l'heureux propriétaire du « Clos du Pré Pentu », un vignoble réputé et très apprécié de la Bourgogne. Le jour où on lui diagnostique une maladie rare et incurable, il décide de tout plaquer et de mettre son domaine en vente pour profiter du peu qu'il lui reste à vivre avec sa fortune. Géraldine Barreyre-Leroy, journaliste spécialisée, s'entretient avec lui pour connaître les détails de cette surprenante décision.

Paul jure de tout lui dire si, en échange de ses confessions, elle enquête pour lui sur une histoire vieille de trente ans... »

Suspense…

Bernard DELCORD

Clos de Bourgogne – Le Monopole, scénario de Corbeyran, dessins de Francisco Ruizge, couleurs de Jesus Yugo, Grenoble, Éditions Glénat, juin 2016, 48 pp. en quadrichromie au format 24,2 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 13,90 € (prix France)

18:41 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/03/2017

« Bruxelles, ma belle… » (Dick Annegarn)

100 trésors des musées bruxellois.jpg

Les musées de la capitale de l’Europe débordent d’œuvres extraordinaires, comme on peut le découvrir dans le superbe ouvrage collectif intitulé 100 trésors des musées bruxellois publié à Bruxelles aux Éditions Racine, un beau livre qui se doit de trôner dans la bibliothèque de tout amateur d’art qui se respecte.

Qu'il s'agisse d'œuvres de Pieter BRUEGEL l’Ancien, Jan BREUGHEL, Jérôme BOSCH, Quentin METSYS, Rogier VAN DER WEYDEN, Hans MEMLING, ÉRASME, Albrecht DÜRER, Pierre-Paul RUBENS, REMBRANDT, Jacques-Louis DAVID, Félicien ROPS, Constantin MEUNIER, Fernand KHNOPFF, Georges SEURAT, Henri de TOULOUSE-LAUTREC, Victor HORTA, James ENSOR, Gustave DE SMET, Léon SPILLIAERT, René MAGRITTE, Paul DELVAUX, Marcel BROODTHAERS, Francis BACON, PANAMARENKO, Pierre ALECHINSKY, Salvador DALI ou Jan FABRE, des iguanodons de Bernissart, d’un canthare attique à figures rouges, d’une corne à boire mérovingienne, d'un fétiche à clous congolais, d’un porteur d’offrande chimu (représenté en couverture de l’ouvrage et rendu mondialement célèbre par Hergé dans Tintin et l’oreille cassée), du dossier judiciaire Rimbaud-Verlaine de 1872-73, de planches originales de bandes dessinées ou du Manneken Pis fondu en 1619 par Jérôme DUQUESNOY l’Ancien, les 100 trésors présentés dans ce livre appartiennent aux collections permanentes de quelque 41 musées bruxellois.

Ils ont été sélectionnés en fonction de leur portée historique, leur état de conservation, leur unicité ou leur rareté.

Pour chacune des pièces, les auteurs livrent une description, une remise en contexte et une anecdote.

Une vraie mine d’arts…

Bernard DELCORD

100 trésors des musées bruxellois, ouvrage collectif, Bruxelles, Éditions Racine, novembre 2016, 224 pp. en quadrichromie au format 16 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19,95 €

13:30 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |