15/05/2017

Le bel canto à travers les âges…

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C’est dans la collection « Histoire » dirigée par votre serviteur que les Éditions de la Province de Liège ont publié, après 1000 ans de rayonnement artistique liégeois, L’Opéra dans l’Histoire, une somme monumentale rédigée par l’historien d’art belge Bernard WODON [1].

D’Antonio-Maria Abbatini (1595-1677) à Gregor Joseph Werner (1693-1766) en passant par Jean Absil (1893-1974), Isaac Albéniz (1860-1909), Tomaso Albinoni (1671-1751), Gregorio Allegri (1582-1652), Daniel-François-Esprit Auber (1782-1871), Georges Auric (1899-1983), Jean-Sébastien Bach (1685-1750) et ses fils, Ludwig van Beethoven (1770-1827), Alban Berg (1885-1935), Hector Berlioz (1803-1869), Georges Bizet (1838-1875), François-Adrien Boieldieu (1775-1834), Pierre Boulez (1925-2016), Benjamin Britten (1913-1976), John Cage (1912-1992), Marc-Antoine Charpentier (1643-1704), Frédéric Chopin (1810-1849), Dmitri Chostakovitch (1906-1975), Domenico Cimarosa (1749-1801), Claude Debussy (1862-1918), Gaetano Donizetti (1797-1848), Pascal Dusapin (1955-), Manuel de Falla (1876-1946), Gabriel Fauré (1845-1924), César Franck (1822-1890), George Gershwin (1898-1937)  Philip Glass (1937-), Christoph Gluck (1714-1787), Charles Gounod (1818-1893), André-Ernest-Modeste Grétry (1741-1813), Edvard Grieg (1843-1907), Georg Friedrich Haendel (1685-1759), Joseph Haydn (1732-1809), Arthur Honegger (1892-1955), Roland de Lassus (1532-1594), Ruggiero Leoncavallo (1858-1919), György Ligeti (1923-2006), Franz Liszt (1811-1886), Jean-Baptiste Lully (1632-1687), Gustav Mahler (1860-1911), Félix Mendelssohn (1809-1847), Olivier Messiaen (1908-1992), Giacomo Meyerbeer (1791-1864), Darius Milhaud (1892-1974), Claudio Monteverdi (1567-1643), Modest Moussorgski (1839-1881), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Luigi Nono (1924-1990), Jacques Offenbach (1819-1880), Giambattista Pergolesi (1710-1736), Francis Poulenc (1899-1963), Giacomo Puccini (1858-1924), Henry Purcell (1659-1695), Sergei Rachmaninov (1873-1943), Jean-Philippe Rameau (1683-1764), Maurice Ravel (1875-1937), Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908), Gioacchino Rossini (1792-1868), Camille Saint-Saëns (1835-1921), Antonio Salieri (1750-1825), Erik Satie (1866-1925), Domenico Scarlatti (1685-1757), Arnold Schönberg (1874-1951), Franz Schubert (1797-1828), Bedřich Smetana (1824-1884), Karlheinz Stockhausen (1928-2007), Richard Strauss (1864-1949), Igor Stravinsky (1882-1971), Piotr Tchaïkovski (1840-1893), Georg Philipp Telemann (1681-1767), Mikis Theodorákis (1925-), Ralph Vaughan Williams (1872-1958), Giuseppe Verdi (1813-1901), Antonio Vivaldi (1678-1741), Richard Wagner (1813-1883), Carl Maria von Weber (1786-1826) ou Kurt Weill (1900-1950) – et on en passe des dizaines ! –, tout le gratin de l’Occident lyrique voit ses œuvres scrupuleusement passées en revue.

Voici ce que nous a récemment écrit Bernard Wodon à propos de son ouvrage :

« Si l’opéra retrouve aujourd’hui une forme de popularité sous l’influence des médias, il se présente aussi comme un événement lors de grandes représentations en plein air dans des cadres prestigieux. Ce genre continue à plaire par la magie du théâtre et par le jeu du chanteur doublé d’un comédien. Aussi, beaucoup de compositeurs bravèrent jadis la scène pour y acquérir la notoriété. L’aura du merveilleux, le talent incantatoire de la voix du soliste et la puissance des chœurs “sculptant” le sens subtil d’un mot, le mariage du texte et de la musique, le rôle jubilatoire de la chorégraphie, les prodiges de la mise en scène et l’action des interventions instrumentales ou orchestrales méritaient une synthèse actualisée.

Le couple opéra et scénologie, rehaussé par la féerie des décors et la diaprure des costumes, relève des arts plastiques (arts de l’espace) dans les ballets, les farandoles, les pantomimes et même les pirouettes. La collaboration du compositeur, du librettiste, du chorégraphe et du metteur en scène enrichit ce divertissement musical, amplifie la durée du spectacle et avive le “chef-d’œuvre”. Le chef-d’œuvre ? C’est “mettre ensemble des notes qui s’aiment… !”, réplique en boutade prêtée au bambin Mozart à la marquise de Pompadour.

Quelle définition, si ce n’est celle du secret de son discours, aussi fluide et léger qu’une dentelle !

L’année 1600 voit la naissance de l’opéra avec Euridice de Jacopo Peri (1561-1633). Mais qu’en fut-il alors de la tragédie lyrique grecque, des mystères et des miracles du Moyen Âge, des ballets allégoriques et des intermezzi de la Renaissance ? N’en représentent-ils pas les prémices ?

À grand renfort de recherches biographiques et bibliographiques, de dépouillements alphabétiques de guides, de dictionnaires et d’encyclopédies vérifiés par recoupements, je me suis attelé à tisser les antécédents et les conséquents, deux “mailles” essentielles de la trame historique laissant transparaître les transitions ou les filiations des styles lyriques au sein des différentes époques. Tel se présente le “liant historique fort” de cette synthèse chronologique.

Englobant l’opéra américain, l’ouvrage définit les styles du patrimoine lyrique et décrit les décors de théâtre. Les modes fluctuent selon la variété des genres, tragédies, opéras historiques, mythologiques, opéras bouffes, opéras-comiques, sans omettre les Singspiele, opérettes, drames et zarzuelas espagnols, ni les opéras radiophoniques et les comédies musicales.

La biographie des compositeurs révèle les difficultés de composition, de publication et d’exécution d’une œuvre. Témoignant du vécu d’un artiste, elle justifiera aussi son impact dans l’apparition, la disparition ou la résurgence des styles. En outre, le livre reprend les compositeurs actuels, les grands défis contemporains médiatiques et sensibilise aux recherches musicologiques en matière d’interprétation des opéras des xviie et xviiie siècles relatée par les textes (archives, traités, correspondances, récits des mémorialistes).

Neuf chapitres divisent cette histoire de l’opéra des origines à 2017. Chacun de ceux-ci se compose du contexte historique et culturel, de la présentation synoptique des compositeurs groupés par école, du recensement explicatif d’œuvres-jalons accompagnées de leur scénario.

Retraçant l’évolution chronologique du patrimoine lyrique, les encadrés permettent une “lecture à deux vitesses”, par les exergues recréant le climat et l’ambiance d’une époque, et par les intertitres-vedettes relatifs à l’apport des écoles ou des compositeurs.

Accessible et concis, l’exposé définit directement les termes musicaux dans le corps du texte. Pluridisciplinaire, cette synthèse brasse donc à la fois l’histoire de l’art (décor) et celle des arts phoniques ou arts de la durée, littérature (livret) alliée à la musique (vocale et instrumentale). La bibliographie, puis l’index des compositeurs et de leurs maîtres accompagnés de leurs coordonnées chronologiques terminent cet ouvrage-outil. »

Un Himalaya de culture musicale !

Bernard DELCORD

L'Opéra dans l'Histoire par Bernard Wodon, préface de Stefano Mazzonis di Pralafera, Liège, Éditions de la Province de Liège, collection « Histoire » dirigée par Bernard Delcord, avril 2017, 544 pp. en noir et blanc au format 16 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs, 24 €

SOMMAIRE

Préface par Stefano Mazzonis di Pralafera, directeur de l’Opéra royal de Wallonie (Liège)

Introduction

Chapitre I. Les prémices 

Chapitre 2. Féérie du baroque (1600-1700)

Chapitre III. Ultimes feux du baroque (1700-1750)

Chapitre IV. « Premier souffle » du classicisme : son évolution (1750-1770) 

Chapitre V. « Ultime souffle » du classicisme :sa révolution (1770-1800) 

Chapitre VI. Premier élan du romantisme (1800-1850)

Chapitre VII. Second élan du romantisme (1850-1900)

Chapitre VIII. « Schisme » de la « modernité » (1900-1950)

Chapitre IX. Avant-gardes (1950-2016)

Conclusion 

Heuristique, méthodologie & bibliographie

Index des compositeurs & de leurs maîtres

 

[1] Docteur en philosophie et lettres de l’Université catholique de Louvain (Département archéologie, histoire de l'art et musicologie), Bernard Wodon a enseigné à l'Université de Liège et à l'Institut des hautes études des communications sociales de Bruxelles (I.H.E.C.S.) où il donna durant 25 ans un cours intitulé « L’évolution des formes plastiques et musicales ». Le Service public de Wallonie l’a requis pour les procédures de classement et la rédaction des notices de divers inventaires du patrimoine monumental.

21:45 Écrit par Bernard dans Musique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/05/2017

Alchimie gastronomique…

Toute la chimie qu'il faut savoir pour devenir un chef.jpg

Proposant 55 recettes décryptées et sous la supervision de 11 grands chefs (étoilés, candidats Top Chef, Bocuse d'or, Meilleur ouvrier de France, etc.) [1], l’ouvrage collectif paru aux Éditions Flammarion à Paris sous la direction de la journaliste Hélène Binet, de l’ingénieur en alimentation Julien Garnier et du biophysicien Christophe Lavelle sous le titre Toute la chimie qu'il faut savoir pour devenir un chef ! ouvre des perspectives originales sur les pratiques culinaires contemporaines en répondant, déclinées à travers 11 familles de produits – œufs, légumes, légumineuses, féculents, volailles, viandes, poissons, fromages, fruits, pâtisseries et pains, brioches & viennoiseries– à des questions comme :

Quel est le secret d'une marinade réussie ? D'un glaçage à blanc ? D'une crème fouettée ? D'une gelée de fruits ? L'œuf parfait existe-t-il vraiment ? Comment rendre les légumineuses digestes ? Le tempérage du chocolat est-il indispensable ?

Tout en réussissant à coup sûr des préparations savoureuses : œuf meurette, omelette roulée au fromage de Cantal, œuf basse température au haddock, gaspacho de tomates à l’ancienne, mousse d’artichauts camus et foie gras, chili con carne à la queue de bœuf mijotée, houmous de courgettes à l’huile de menthe, râble de lapin farci aux cèpes, ceviche de Saint-Jacques, maquereau de Méditerranée affiné comme un jambon, croustillant de chou rouge étuvé au munster rôti, terrine de roquefort au pain d’épices, poire Belle Hélène façon œuf de Pâques, merveilleux au chocolat, brioche, chocolatine à la tapenade d’olives noires…

Miam !

Bernard DELCORD

Toute la chimie qu'il faut savoir pour devenir un chef !, ouvrage collectif sous la direction d’Hélène Binet, Julien Garnier et Christophe Lavelle, photographies de Sophie Tramier, Paris, Éditions Flammarion, mai 2017, 189 pp. en quadrichromie au format 21,2 x 28,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 25 € (prix France)

Pour vous, nous avons recopié dans ce recueil la succulente recette suivante :

Poularde rôtie et légumes potagers

Pour 4 personnes

Temps de préparation : 30 minutes

Cuisson : 60 minutes

Difficulté : 2 étoiles

 

Ingrédients :

Base :

1 poularde de 2 kg

Petits pois :

500 g de petits pois écossés

100 ml de bouillon de légumes

50 g de beurre

Carottes fanes :

500 g de carottes fanes

20 g de beurre

Beurre de gingembre :

200 g de beurre demi-sel

50 g de gingembre

 

Recette :

Base :

Vider la poularde.

La rôtir à 180 °C pendant 50 minutes.

La laisser reposer au moins 1 heure à température ambiante.

Purée de petits pois :

Blanchir les petits pois dans une casserole d'eau bouillante salée.

Les égoutter, puis les mixer avec le bouillon de légumes et 50 g de beurre pour obtenir une purée.

Carottes fanes glacées :

Éplucher les carottes et les blanchir dans une casserole d'eau bouillante salée.

Refroidir très rapidement dans une eau glacée puis égoutter.

Dans une poêle, rouler les carottes dans 20 g de beurre et ajouter une cuillère à soupe d'eau pour les glacer.

Beurre de gingembre :

Faire fondre le beurre et y ajouter le gingembre pelé et haché très fin.

Dressage :

Réchauffer la volaille, la découper puis l'assaisonner.

Disposer les carottes glacées et la purée de petits pois autour de la poularde et agrémenter de beurre de gingembre.

 

Les conseils d’Adeline Grattard :

Privilégiez une poularde de Bresse ou des Landes de plus de 60 jours.

Passez la purée de petits pois au tamis, afin d'avoir une texture plus fine et lisse.

Le plus :

Ajoutez de fines tranches de lard rôties et du thym citron dans le beurre de gingembre.

 

Le choix du sommelier Fabrice Sommier :

Côte rôtie

Stéphane Ogier

Une belle robe rouge cerise avec des reflets roses.

Un nez plein de fruits noirs et rouges, avec une pointe de torréfaction.

La bouche est pleine, avec une belle longueur, et une finale douce qu'on retrouve dans les petits pois et les carottes.

Servir à 15-17° C.

UN PEU DE SCIENCE

Pourquoi dit-on « blanchir les légumes » ?

« Blanchir » n’a que peu à voir avec la couleur des légumes : ce terme culinaire désigne une technique particulière, qui consiste à jeter dans l'eau bouillante le légume dûment nettoyé et préparé et à l'y laisser un temps qui dépend de sa nature et du degré de ramollissement souhaité.

En général, cette opération ne représente qu’une première étape de la cuisson complète qui se poursuivra en mélangeant le légume à d'autres éléments, viande ou sauce, puis en le cuisant autrement que par ébullition dans l'eau, par exemple à la poêle dans un corps gras ou au four.

 

[1] Pierre Sang Boyer (Restaurant Pierre Sang, Paris XIe), Kei Kobayashi (Restaurant Kei, Paris Ier), Virginie Basselot (La Réserve, Genève, Suisse), Thibaut Ruggeri (Fontevraud-Le Restaurant, abbaye de Fontevraud), Adeline Grattard (yam’Tcha, Paris Ier), Franck Giovannini (Restaurant de l’Hôtel de Ville, Crissier, Suisse), Laurent Lemal (La Coopérative, Bélesta), Marie Quatrehomme (Fromagerie Quatrehomme, Paris VIIe), Ophélie Barès (Marcelle, Paris Ier), Yann Couvreur (Yann Couvreur Pâtisserie, Paris Xe), Frédéric Lalos (Le Quartier du Pain, Paris).

21:55 Écrit par Bernard dans Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

À la recherche du temps révolu…

Le temps de l'errance.jpg

Après Obscurité, un premier roman paru chez Chloé des Lys à Barry, en Wallonie picarde, et dont nous avons écrit dans ces colonnes tout le bien que nous en pensons, Jean-François Foulon revient – à nouveau chez cet éditeur – sur la scène littéraire avec un recueil de poèmes en vers et en prose intitulé Le temps de l'errance par lequel il entraîne le lecteur à la découverte de lieux divers, lointains ou non, réels ou pas, qui sont autant de prétextes de retours aux sources, de questionnements sur le monde comme il (ne) va (pas) et de miroirs des sentiments que fait naître la nostalgie du temps perdu.

Extrait :

 

Été pluvieux

 

Trois gouttes d'eau descendent lentement

Le long d'une feuille,

Vestiges d'une averse

Au cœur de l'été.

 

Trois gouttes d'eau qui coulent

Le long de ta joue,

Et ton cœur en pleurs

En plein juillet.

 

Trois gouttes d'eau qui tombent sur le sol

Puis s'évaporent

Dans la chaleur estivale.

 

Trois gouttes d'eau au goût de sel

Qui tombent sur ton cœur.

C'est tout l'été qui pleure.

 

Joli, n’est-il pas ?

Bernard DELCORD

Le temps de l'errance par Jean-François Foulon, Barry, Éditions Chloé des Lys, février 2016, 223 pp. en noir et blanc au format 14,7 x 20,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 16,50 €

20:12 Écrit par Bernard dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/05/2017

Paroles d’or…

Ma petite poésie ne connaît pas la crise.jpg

Comme toujours, le nouvel opus, au titre cette fois très « bashungien », de l’ami Jean-Pierre Verheggen (°Gembloux, 1942), ne décevra pas les amateurs d’humour décapant dans des textes décalés !

On se souviendra d’abord qu’en 2009, son L'Oral et Hardi, joué et mis en scène par Jacques Bonnaffé, a été récompensé en France d'un « Molière » dans la catégorie « meilleure compagnie », sans que personne se soit avisé qu’il s’agissait d’un patchwork des discours du maire de Champignac dans les aventures de Spirou et Fantasio dessinées par André Franquin.

Il est vrai que la poésie de Verheggen « est avant tout une parodie de la poésie, une critique radicale de l'idéologie que véhicule ce genre et un pastiche burlesque de ses conventions. À partir de là, il développe dès 1968 le concept de réécriture et en applique les effets à des champs d'investigation plus larges, allant de la bande dessinée à la langue politique la plus stéréotypée, en passant par la perversion d'un langage par un autre, en l'occurrence du français classique et scolaire par son wallon maternel, sauvage et sexuel ».[1].

Cette fois, au cri de « Tout va très bien madame la Marcrise ! », il s’en prend avec une belle truculence libertaire aux petits et aux grands travers de notre époque.

Par exemple, à la passion dont s’est pris le bon peuple télévisuel de par chez nous pour les émissions culinaires en tout genre :

« Abonnez-vous à “la cuisine crapuleuse” et découvrez chaque semaine une recette inédite parmi :

l'académicien en rosette,

le faisan à l'andouille,

la bécasse marquée bécasse au front,

le clafoutis à la Jean-Baptiste Clément (en saison),

le loup façon mère-grand,

le chouchou de Bruxelles,

la souris d'agneau à la Mickey et ses mousses maison,

le soigneur sportif aux petits oignons,

la contractuelle à l'aubergine,

le vieux croûton dans son jus,

le pigeonné par une cocotte,

le chapon Banania,

l'enfant de chœur au vin de messe,

l'époisse marquée pas de chance,

le lapin à la prestidigitation aux deux chapeaux,

l'avocat aux marrons,

le ramenard à la fraise de grand veau,

le homard au « m'a tué »,

le boucher maturé,

le boss à moelle,

le poulet ripoux,

le petit vicaire à l'étouffe-chrétien,

l’idiot au beaujolais village

le dentiste à la fraise des bois (en saison),

le pêcheur durable,

le boulanger dans le pétrin,

le bûcheron de Noël,

etc. À suivre ! »

 

Un vrai cortège à la Prévert, non ? On aime aussi ses traductions latines, comme :

Ab imo pectore

Je lui ai charcuté la poitrine.

Lapsus calami

Elle s’est fait sucer par un calamar.

A parte

Elle a accouché toute seule.

In medias res

Au milieu de ta raie.

Deo gratias

Dieu est un peu gras !

La vraie science littéraire, en somme…

Bernard DELCORD

Ma petite poésie ne connaît pas la crise par Jean-Pierre Verheggen, Paris, Éditions Gallimard, mai 2017, 113 pp. en noir et blanc au format 21 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,50 € (prix France)

 

[1] Alphabet des lettres belges de langue française, Promotion des lettres belges de langue française, Bruxelles, 1982, p. 302.

20:54 Écrit par Bernard dans Humour, Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/05/2017

Destin de femme...

L'effacement (Folio).jpg

Véritable coup de poing asséné à l'estomac par une jolie main artistement gantée de velours noir comme son scénario, L'Effacement de Pascale Dewambrechies paru à Dax en 2014 aux Éditions Passiflore et qui vient de sortir en version de poche chez Gallimard à Paris dans la collection « Folio » est l'un de ces romans qui ne laisse ni indifférent ni indemne.

En voici l'intrigue :

« Durant les années 1950, dans un petit village pyrénéen, Gilda Maurel subit sa destinée d'institutrice. Les jours s'écoulent et se ressemblent. Pourtant, l'arrivée de Luis, âgé de 20 ans, lui offrira la passion, l'ardeur, un souffle de vie encore inconnus. Mais elle a 36 ans. Elle vit cette passion hors-la-loi et sans issue comme une intolérable torture psychologique. Quand elle laisse partir Luis sans lui révéler qu'elle est enceinte, Gilda laisse s'envoler tout espoir de bonheur et donne naissance à Louise, leur enfant. Celle-ci ramène inlassablement sa mère dans le passé et la plonge dans une profonde mélancolie. Dans son journal, Gilda livre sa solitude, ses angoisses, son incapacité à se ressaisir et ce combat qu'elle mène contre elle-même sans jamais le gagner. Cette vie devenue vide dont elle veut s'éloigner. S'effacer. »

Composé de nombreux chapitres très brefs qui sont autant de petites touches pointillistes, cet ouvrage frise la perfection formelle, celle des dentelles de Bruxelles ou de Bruges, pour tisser un récit poignant et lucide, de la condition si souvent faite aux femmes par leur famille, leur éducation, leur surmoi ainsi que leur environnement social, historique et professionnel.

De la belle ouvrage !

Bernard DELCORD

L'Effacement par Pascale Dewambrechies, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », avril 2017, 219 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 6,60 € (prix France)

14:33 Écrit par Bernard dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/04/2017

Récits de vies...

Spécialisées dans les biographies de personnalités (souvent d’extrême droite, mais pas toujours) plus ou moins connues du grand public qu’elles publient dans leur collection « Qui suis-je ? », les Éditions Pardès à Grez-sur-Loing ont fait paraître, au dernier trimestre de 2016, quatre ouvrages consacrés respectivement à trois écrivains, deux Français (Louis Pergaud et Henry de Montherlant) et un Espagnol (Ramón del Valle-Inclán), ainsi qu’à un théoricien fasciste belge, Jean Thiriart.

Pergaud – Qui suis-je.jpg

Dans Pergaud – Qui suis-je ?, Bernard Piccoli, instituteur retraité et qui est depuis 2009 le président de l’Association des Amis de Louis Pergaud, retrace la courte vie (1882-1915) de l’auteur de La Guerre des boutons (1912), instituteur lui aussi, qui avait obtenu le prix Goncourt en 1910 pour De Goupil à Margot, histoires de bêtes et dont l’existence fut écourtée par la Première Guerre mondiale. Parti pour Verdun le 3 août 1914, l’écrivain y fut incorporé au 166e régiment d’infanterie et il disparut le 8 avril 1915 au cours de l’attaque de la côte 233 de Marchéville-en-Woëvre, dans la Meuse.

On doit à cet observateur sensible de la vie des bêtes, par ailleurs indigné par l’injustice, la méchanceté et la misère, des poèmes (L’Aube, 1904, L’Herbe d’avril, 1908), des histoires animalières (La Revanche du corbeau, 1911, Le Roman de Miraut, chien de chasse, 1913) et un recueil posthume de nouvelles villageoises (Les Rustiques, 1921).

Valle-Inclán – Qui suis-je.jpg

De son côté, agrégée d'espagnol, docteure en littérature générale et comparée, Annick Le Scoëzec Masson est l’auteure de Valle-Inclán – Qui suis-je ? qui traite d’un écrivain galicien méconnu en France et dont elle a traduit les Sonates.

Cet ouvrage retrace le parcours intellectuel d'un artiste hors norme et présente les multiples facettes d'une œuvre abondante, complexe et en constante évolution.

Voici ce qu’en dit la biographe :

« Ramón del Valle-Inclán (1866-1936) fait, en Espagne, l'objet d'une reconnaissance toujours plus approfondie le plaçant au panthéon des lettres hispaniques.

Rénovateur des formes dramaturgiques et du langage théâtral dans les années 1920, à l'instar d'un Brecht ou d'un Pirandello, il fut aussi un grand prosateur et un poète en quête de spiritualité. Passionné de politique, il se livra également à une critique impitoyable de la vie de son temps.

Ancrée dans une terre ancestrale, riche en légendes, la Galice, mais aussi dans le Madrid des années 1900 et celui des années vingt et trente, à la veille de la guerre civile, sans oublier l'Amérique de l'ancien empire colonial et ses tyrans d'opérette (Tirano Banderas, 1926), son œuvre se signale par une écriture exigeante, traversée de préoccupations avant-gardistes.

Des Sonates (1903-1905), quatre courts récits poétiques, à La Guerre carliste (1908-1909), trilogie romanesque, des Comédies barbares (1907, 1908 et 1923), trilogie dramatique galicienne, à Lumières de bohème (1920), pièce madrilène qui fonde l'esthétique propre de Valle-Inclán, sans oublier Carnaval de Mars (1930), satire d'une année caricaturale, l'éventail de la création cet auteur ne cesse de déployer les aspects foisonnants d'une vision magistrale à (re)découvrir.

Elle culmine avec l'entreprise de L'Arène ibérique, (1927, 1928, 1932) trilogie romanesque inachevée (un fragment en a encore été rédigé en 1938), synthèse de la réflexion esthétique, historique et idéologique de l'écrivain. »

Montherlant – Qui suis-je.jpg

Né en 1983 à Châteauroux, Sébastien Robert qui est professeur de lettres modernes au lycée Duhamel du Monceau (Pithiviers) s’est fendu d’un Montherlant – Qui suis-je ? dont voici le pitch :

« Henry de Montherlant (1895-1972) est le fils unique d'une famille de petite noblesse. Dès l'enfance, quatre grandes passions orienteront l'œuvre du futur écrivain : l'antiquité romaine, le sport, la corrida et l'écriture. La dernière parachève les précédentes. Bachelier en 1911, il découvre la camaraderie et la sensualité. Sur le front en 1918, il est blessé puis démobilisé l'année suivante. Publiant son premier roman, Le Songe (1922), il se montre attaché aux valeurs héroïques et au culte du corps, comme dans Les Olympiques (1924).

Indépendant, assoiffé de liberté, souhaitant se dépayser, il devient le « voyageur traqué » de l'Espagne à la Tunisie. Romancier à succès de l'entre-deux-guerres (Les Célibataires, 1934 et la série Les Jeunes Filles, 1936-1939), essayiste audacieux (Service inutile, 1935), il deviendra un dramaturge reconnu. De La Reine morte (1942) à La Guerre civile (1964), en passant par Le Maître de Santiago (1947), le théâtre de Montherlant prendra pension à la Comédie-Française jusque dans les années 1960.

Sans avoir fait acte de candidature, il est élu à l'Académie française en 1960. Couvert de gloire, considéré par François Mauriac comme un écrivain appartenant à la lignée de Chateaubriand ou de Barrès, il publie son dernier roman, Un assassin est mon maître, en 1971. Affaibli par plusieurs chutes, devenant aveugle, il se suicide dans son salon du quai Voltaire, à Paris, le 21 septembre 1972. »

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Enfin, dans Thiriart – Qui suis-je ?, Yannick Sauveur, docteur en sciences de l’information et de la communication, ami pendant vingt ans  de celui dont il raconte la vie, fait découvrir le parcours singulier d’un théoricien néo-fasciste belge largement oublié dans son propre pays.

Né à Bruxelles dans une famille de la petite bourgeoisie et influencé par les idées du sociologue et économiste italien Vilfredo Pareto (1848-1923), l’optométriste Jean Thiriart (1922-1992), qui fut successivement socialiste (il milita à la Jeune garde socialiste unifiée et à l’Union socialiste antifasciste), communiste et pacifiste (à la Ligue scolaire internationale pour la paix), puis national-socialiste (au Fichte Bund), collaborateur des nazis (chez les Amis du Grand Reich allemand) et plus tard soutien de l’OAS avant de finir national-communautariste, prêcha de façon récurrente pour l’avènement d’une Europe unie de Dublin à Vladivostok.

En 1960, après l’indépendance du Congo belge, il fonda le Comité d’action et de défense des Belges d’Afrique, puis le Mouvement d’Action civique (MAC), visant à exercer un contrôle moral sur la vie politique avant de donner naissance à Jeune Europe, dès le printemps 1961, qui soutint l’OAS et l’Algérie française. Ce mouvement, qui se déclinait aussi sous la forme d’un hebdomadaire, rejetait le communisme et la ploutocratie, tout en prônant la neutralité de l’Europe et la réunification de l’Allemagne.

En 1964, Thiriart publie un essai, Un Empire de 400 millions d’hommes, et, en 1967, Jeune Europe cède la place au mensuel La Nation européenne.

En 1992, Thiriart, qui a vu dans la chute du Mur de Berlin l’occasion de voir aboutir ses idées,  se rend à Moscou, où il s’entretient avec l’écrivain Anatoli Ivanov, l’intellectuel nationaliste Alexandre Douguine, le haut fonctionnaire communiste Egor Ligatchev, les hommes politiques nationalistes Sergueï Babourine et Alexandre Doughine, le militariste Voktor Alksnis, entre autres.

Il meurt en 1992, victime d’une crise cardiaque.

Bernard DELCORD

Louis Pergaud – Qui suis-je ? par Bernard Piccoli, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 12,4 x 17,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 12 € (prix France)

Ramón del Valle-Inclán – Qui suis-je ? par Annick Le Scoëzec Masson, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », octobre 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 12,4 x 17,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 12 € (prix France)

Henry de Montherlant – Qui suis-je ? par Sébastien Robert, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », octobre 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 12,4 x 17,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 12 € (prix France)

Jean Thiriart – Qui suis-je ? par Yannick Sauveur, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », décembre 2016, 128 pp. en noir et blanc au format 12,4 x 17,6 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 12 € (prix France)

18:59 Écrit par Bernard dans Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

« J'ai bâti de si beaux châteaux que les ruines m'en suffiraient. » (Jules Renard)

Chambord – Le rêve d'un roi.jpg

Grand reporter au Figaro Culture et sur le figaro.fr, Claire Bommelaer-Bettan est l’auteure, chez Gallimard à Paris, de Chambord – Le rêve d'un roi, un magnifique hors-série de la fameuse collection « Découvertes » dans lequel elle convie le lecteur à une passionnante promenade derrière et hors les murs de l’un des plus prestigieux joyaux de l’architecture castrale de la Renaissance française.

En voici la présentation :

« Lorsque, à l'occasion d'un séjour à Amboise, François Ier, passionné de chasse, découvre le petit château érigé par les comtes de Blois au cœur d'un vaste territoire giboyeux, il n'a de cesse d'y bâtir un somptueux édifice, symbole de toute sa puissance. Ce chantier audacieux commence en 1519 se déroule sur une période de trente ans et est le point de départ d'une aventure qui dure depuis cinq siècles, au sein d'un splendide domaine de la taille de Paris intramuros.

Léonard de Vinci a sans doute été associé au projet et l’escalier à double révolution au centre du château qui lui est attribué constitue un objet de fascination depuis le XVIe siècle, qui attire aujourd'hui encore les visiteurs du monde entier.

Au fil du temps, les propriétaires successifs ont fréquenté le domaine sans s'y établir longuement et il a plusieurs fois frôlé la ruine, voire la destruction.

Propriété de l'État français depuis 1930, classé au patrimoine mondial de l'Unesco en 1981, le domaine de Chambord a connu plusieurs périodes de restauration, aussi bien pour le monument que pour son parc et sa forêt.

Aujourd'hui, de nombreux événements culturels sont organisés au sein du bâtiment et à ses abords, valorisant ainsi ses atouts et permettant à un large public de découvrir l'âme de Chambord dont la beauté et le charme sont – et resteront – l'éternelle expression du génie de la Renaissance. »

Une destination de vacances toute trouvée !

Bernard DELCORD

Chambord – Le rêve d'un roi par Claire Bommelaer-Bettan, Paris, Éditions Gallimard, hors-série de la collection « Découvertes Gallimard », avril 2017, 48 pp. en quadrichromie au format 15,5 x 20,5 cm sous couverture Integra en couleurs, 14,50 € (prix France). Une version en langue anglaise est en vente au château 

Sommaire :

Introduction : les mille vies de Chambord

  1. Le château de Chambord, un rêve de pierre
  2. Une vision de la Renaissance
  3. Le château remeublé et ses collections
  4. Ceux qui ont bâti l'histoire de Chambord
  5. Un domaine giboyeux réputé pour la chasse
  6. Une nature intacte au cœur d'un site grandiose
  7. Chambord : un patrimoine tourné vers l'avenir

13:24 Écrit par Bernard dans Beaux Livres, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |