01/11/2017

Résurrection d’un géant de la pensée…

Esthétique de la création verbale.jpg

Grandissime théoricien de la littérature et de l’esthétique, historien de la langue et de la culture, philosophe, linguiste et précurseur de la sociolinguistique, le soviétique Mikhaïl Bakhtine (1895-1975) aura, notamment par ses remarquables travaux sur le roman, marqué de son sceau les approches formalistes russes, marxistes et structuralistes du XXe siècle.
 
On lui doit trois opus majeurs, dont le retentissement se prolonge de nos jours : Esthétique et théorie du roman (1924-1941, revu en 1970), Problèmes de la poétique de Dostoïevski (1929) ainsi que L’Œuvre de François Rabelais et la culture populaire du Moyen Âge et de la Renaissance (1964, sur une thèse de 1946).
 
Les Éditions Gallimard ont eu ces jours-ci l’excellente idée de ressortir dans leur fameuse collection « Tel » la compilation d’essais et d’articles de Bakhtine parue en 1984 dans la « Bibliothèque des idées » sous le titre Esthétique de la création verbale – un compendium alors préfacé par le sémiologue, historien des idées et essayiste français Tzvetan Todorov (1939-2017) – qui réunissait « L’auteur et le héros » (il s’agit du texte partiel – long de 201 pages tout de même– d’un ouvrage interrompu en 1922 faisant la description phénoménologique de l'acte de création), « Le roman d’apprentissage dans l’histoire du réalisme » (1936-1938, au moment où l'auteur travaillait à un livre sur Goethe, ouvrage qui a disparu), « Les genres du discours » (1952-1953), « Le problème du texte » (1959-1961), « Les études littéraires aujourd’hui » (1970), « Les carnets » (1970-1971) et « Remarques sur l’épistémologie des sciences humaines » (1974), des thèmes demeurés particulièrement intéressants pour les chercheurs contemporains qui ignorent parfois le nom même de Bakhtine.
 
Voici la présentation de l’ouvrage par son éditeur :
 
« Au fil des publications, la figure de Mikhaïl Bakhtine apparaît comme l'une des plus fascinantes et des plus énigmatiques de la culture européenne du milieu du XXe siècle. On peut en effet distinguer, comme Tzvetan Todorov dans sa présentation, plusieurs Bakhtine : après le critique du formalisme régnant, le Bakhtine phénoménologue, auteur d'un tout premier livre sur la relation entre l'auteur et son héros ; le Bakhtine sociologue et marxiste de la fin des années vingt, qui apparaît dans les complexes Problèmes de la poétique de Dostoïevski ; le Bakhtine des années trente, marquées par le Rabelais et les grandes explorations culturelles dans le domaine des fêtes populaires, du carnaval, de l'histoire du rire ; le Bakhtine "synthétique" des derniers écrits, sans parler de bien d'autres possibles. »
 
Un must pour les thésards et les forts en thème !
 
Bernard DELCORD
 
Esthétique de la création verbale par Mikhaïl Bakhtine, traduit du russe par Alfreda Aucouturier, préface de Tzvetan Todorov, Paris, Éditions Gallimard, collection « Tel », octobre 2017, 446 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,50 € (prix France)

18:28 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/10/2017

Mopettes show…

VeloSoleX – L'épopée d'un cyclomoteur.jpg

La maison d’édition parisienne Hugo & Cie a lancé un nouveau label, Hugo Motors, qu’elle inaugure avec la publication d’un beau livre intitulé VeloSoleX – L'épopée d'un cyclomoteur et rédigé par l’animateur Jean-Pierre Foucault qui revient sur l'histoire de ce deux-roues mythique.
 
À la naissance de l’engin, en 1946, le succès fut immédiat, explique l’auteur.
 
Et pourtant, sa technologie est particulièrement étrange : une répartition des masses illogique, une transmission par galet agissant directement sur la roue avant, une épouvantable instabilité de la direction en font un vélomoteur à la limite du danger sur route.
 
Mais le succès est tout de suite au rendez-vous, son prix et sa simplicité mécanique compensant ses défauts. 

Solexine.jpg

Par exemple, le moteur deux-temps utilisait de la Solexine, un carburant spécialement conçu pour lui et vendu tel quel, une nouveauté bien pratique à l’époque.
 
Génération après génération, toute une population a fait l’expérience de ce vélo motorisé.
 
Les stars en ont rapidement fait un objet très “in”. On a vu Brigitte Bardot, Catherine Deneuve, Steve McQueen (!) et bien d’autres l’utiliser.
 
Il a atteint le sommet de sa popularité à la fin des années 1960.
 
Après plusieurs rachats successifs, c’est finalement le Japonais Yamaha qui s’est retrouvé possesseur de la marque et, faute de clients, le SoleX a disparu en novembre 1988.
 
L’ouvrage de Jean-Pierre Foucault, très documenté et plaisamment écrit, abonde de belles illustrations.
 
Du quoi raviver bien des souvenirs chez ceux qui ont connu les Golden Fifties et Sixties !
 
Bernard DELCORD
 
VeloSoleX – L'épopée d'un cyclomoteur par Jean-Pierre Foucault avec la collaboration de Jean-Paul Viart, Paris, Éditions Hugo Motors, octobre 2017, 144 pp. en quadrichromie au format 24 x 28,3 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 19,95 € (prix France)

21:38 Écrit par Bernard dans Beaux Livres | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/10/2017

Princesse des ténèbres…

Leçons de ténèbres.jpg

Toujours aussi talentueuse, la romancière et poétesse belge Corinne Hoex, avec Leçons de ténèbres, un recueil paru aux Éditions Le Cormier à Bruxelles, s’est lancée cette fois dans la composition d’un livret musical étonnant, le texte d’un Office des Ténèbres profane.
 
L'Office des Ténèbres est le nom donné dans le rite romain aux matines et aux laudes des trois derniers jours de la Semaine sainte (jeudi, vendredi, samedi) qui étaient anticipées le soir précédent. L'office devait « commencer de manière à finir après le coucher du soleil », d'où le nom de « Ténèbres ».
 
Ces offices revêtent un caractère de deuil, de tristesse et de douleur.
 
Le choix des psaumes y met sous les yeux les douleurs de la Passion de Jésus-Christ, le Jeudi saint, au Jardin des Oliviers ; le Vendredi saint, devant les tribunaux et au Calvaire ; le Samedi saint, au Sépulcre.
 
Les leçons du 1er nocturne sont tirées des Lamentations de Jérémie où le prophète pleure la ruine et la destruction de Jérusalem et de son temple.
 
Pendant le chant du Benedictus, on éteint progressivement 14 des 15 cierges placés dans un chandelier triangulaire et allumés avant l'office. Ensuite, le quinzième cierge, celui qui est placé au sommet du chandelier, est caché derrière l'autel jusqu'à la conclusion de l'office qui dure entre une heure trente et deux heures quarante-cinq.
 
Mais, sous la plume de Corinne Hoex, les lamentations de Jérémie sont remplacées par une citation vénéneuse des Fleurs du mal de Charles Baudelaire :
 
Comme tu me plairais, ô nuit ! sans ces étoiles
Dont la lumière parle un langage connu !
Car je cherche le vide, et le noir, et le nu !
 
Et Jésus se mue en Gesu… aldo (1566-1613), le sulfureux prince et compositeur italien (dont l’œuvre, relativement peu abondante, est presque entièrement consacrée à la voix traitée en polyphonie), qui assassina à Naples son épouse et l’amant de celle-ci dans la nuit du 16 au 17 octobre 1590, un « crime d’honneur » qui fit couler beaucoup d’encre jusqu’au XIXe siècle.
 
Par la suite, à partir de 1610 et après la mort de son fils né d’un second mariage, Gesualdo s’infligea des séances de pénitence, avec des pratiques de flagellation qui ont grandement contribué à sa célébrité posthume.
 
Très concentrées et suivant pas à pas la progression du rituel, les 48 courtes leçons de Corinne Hoex sont autant de diamants noirs qui scintillent dans la pénombre et ravivent l’effroi autour de la destinée du seul compositeur criminel qu’a connu la musique classique d’Occident.
 
Une prouesse technique hallucinante !
 
Au passage, saluons l’élection de Corinne Hoex à l'Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique, au fauteuil 13, dans lequel elle a succédé le 29 avril 2017 à Françoise Mallet-Joris.
 
Une reconnaissance publique amplement justifiée !
 
Bernard DELCORD
 
Leçons de ténèbres par Corinne Hoex, avec une gravure originale de Véronique Goossens, Bruxelles, Éditions Le Cormier, septembre 2017, 71 pp. en noir et blanc au format 14,3 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 16 €

17:54 Écrit par Bernard dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

« Le petit oiseau est sorti... »

Robert Doisneau (cover).jpeg

Rédigé par Danielle Leenaerts et Virginie Devillers et publié aux Éditions Racine à Bruxelles, le catalogue de l’exposition Robert Doisneau qui se tient actuellement au Musée d’Ixelles est en tout point magnifique !
 
Il est vrai qu’il s’agit de la dernière exposition de ce musée avant les travaux de rénovation et d'agrandissement qui entraîneront sa fermeture au public entre mai 2018 et 2022 et qu’il fallait donc marquer le coup…
 
C’est une réussite totale !
 
Voici la présentation de l’événement :
 
En exclusivité en Belgique, le Musée d’Ixelles propose une rétrospective magistrale de l’œuvre de Robert Doisneau, l’illustre photographe du Baiser de l’Hôtel de ville. 150 clichés vintages y invitent à renouer avec la candeur, la malice et la beauté du quotidien de l’après-guerre.
 
Cette exposition s’articule autour de trois axes.
 
Le Merveilleux quotidien des années 1930 à 1970 offre une traversée dans l’œuvre d’un photographe qui se voulait faux témoin : il ne décrit pas le réel, mais en propose plutôt une lecture poétique.
 
Palm Springs 1960 : 30 clichés en couleurs réalisés pour le magazine américain Fortune traduisant le regard amusé d’un ethnologue improvisé sur une population de retraités bienheureux à l’opulence joyeuse.
 
Ateliers d’artistes : 55 prises de vue réalisées entre 1945 et 1971 dans les ateliers de Picasso, Braque, Utrillo, Giacometti, Brancusi ou César... (1) 

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Robert Doisneau, Le baiser de l'Hôtel de ville, Paris, 1950 © Robert Doisneau
 
Particulièrement soigné, le catalogue est une mine de clichés et d’informations fournies par les auteures et par le préfacier, Jacques Véry, professeur honoraire au Lycée Robert Doisneau à Corbeil-Essonnes.
 
Un must pour les amateurs d’art et les bibliophiles !
 
Bernard DELCORD
 
Robert Doisneau par Danielle Leenaerts et Virginie Devillers, préface de Jacques Véry, versions bilingues français-anglais et français-néerlandais Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2017, 240 pp. en quadrichromie au format 24 x 24 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 29,95 €
 
Renseignements complémentaires :
 
EXPOSITION ROBERT DOISNEAU
 
Du 19.10.17 au 04.02.18
 
Adresse :
Musée d’Ixelles
Rue Jean Van Volsem 71
B - 1050 Bruxelles
Tél. +32 (0)2 515 64 21/22
E-mail : musee@ixelles.be
www.museedixelles.be
 
Horaires :
Du mardi au dimanche, de 9 h 30 à 17 h 00.
(Derniers tickets à 16 h 45.)
Fermé le lundi et les jours fériés.
 
Tarifs :
8 €
5 € : étudiants, seniors, groupes (10 personnes ou plus), Amis du Musée, Ixellois, détenteurs d'un billet Thalys et/ou d'un billet SNCB en cours de validation.
 
Accessibilité :
L'entrée du Musée d'Ixelles est accessible via un plan incliné. Le musée dispose par ailleurs d'un ascenseur et d'une chaise roulante.
 
(1) Source : http://www.museedixelles.irisnet.be/expositions/expositions-en-cours-1/robert-doisneau

16:02 Écrit par Bernard dans Arts, Beaux Livres, Expositions | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/10/2017

« Les époques dégueulasses sont propices aux chefs-d’œuvre. » (Georges Wolinski)

Tous les secrets de La Licorne.jpg

Georges Remi dit Hergé, né le 22 mai 1907 à Etterbeek et mort le 3 mars 1983 à Woluwe-Saint-Lambert, est un auteur belge de bandes dessinées mondialement connu pour Les Aventures de Tintin.
 
Le Secret de La Licorne est le onzième album de celles-ci, prépublié en noir et blanc du 11 juin 1942 au 14 janvier 1943 dans les pages du Soir « volé » dont la rédaction fut dirigée de janvier 1941 à octobre 1943 [1] par le publiciste collaborationniste, belgiciste, royaliste, unitaire et rexiste Raymond De Becker (Bruxelles 1912 – suicidé à Versailles en 1969)[2]. L'album en couleurs est paru en 1943.
 
Il avait été précédé dans les colonnes du même journal par Le Crabe aux pinces d'or (1940-1941 ; cet album marque l'arrivée du capitaine Haddock dans la série) ainsi que par L’Étoile mystérieuse (1941-1942) et il y sera suivi par Le Trésor de Rackham le Rouge (1943) et par une partie des Sept boules de cristal dont la publication sera interrompue le 2 septembre 1944 en raison de l’arrivée des Alliés et de la Libération de la Belgique. La parution reprendra en 1946.
 
Bien que les circonstances de sa parution aient été sujettes à caution (après la Libération, Hergé fut interdit de publication jusqu’en septembre 1946), Le Secret de La Licorne est une immense réussite sur les plans du scénario, de la documentation et du graphisme. Hergé y peaufine sa technique déjà grande de la ligne claire [3] et y fait montre d’une extraordinaire virtuosité technique.
 
On en trouvera une preuve magnifique dans Tous les secrets de La Licorne, un superbe ouvrage publié en coédition par Gallimard à Paris et Moulinsart à Bruxelles sous la plume d’Yves Horeau, historien de la marine du XVIIe siècle, romancier et tintinophile (Tintin, Haddock et les bateaux, Éditions Moulinsart, 1999), de Jacques Hiron (coauteur avec Yves Horeau des 120 fascicules de la collection Construisez La Licorne, Paris, Éditions Hachette, 2011) et de Dominique Maricq, auteur et archiviste aux Studios Hergé.
 
Ces auteurs passionnés y détaillent par le menu la manière dont Hergé a imaginé son trois-mâts en s’inspirant des bâtiments de la marine de Louis XIV et lui a donné le nom d’un animal mythologique, ainsi que la façon dont le scénario s’est alors mis en place, le tout accompagné de plus de 300 illustrations (strips, bleus de coloriage, crayonnés, planches au trait, plans, maquettes, objets de marine et tableaux) qui permettent de saisir la genèse et d’assister au développement d’une œuvre artistique d’importance.
 
Fascinant !
 
Bernard DELCORD
 
Tous les secrets de La Licorne par Yves Horeau, Jacques Hiron et Dominique Maricq, Paris-Bruxelles, Éditions Gallimard et Moulinsart, octobre 2017, 184 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 28,5 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 35 €
 
 [1] Ce poste avait d’abord été occupé en 1940 par l’écrivain Horace Van Offel (1876-1944) et c’est le rexiste ultra Max Hodeige qui succédera à Raymond De Becker jusqu’en septembre 1944.

 [2] Condamné à mort le 24 juillet 1946 par le Conseil de Guerre de Bruxelles, Raymond De Becker verra sa peine commuée par la suite en détention à perpétuité, avant qu'il ne soit finalement gracié le 22 février 1951. Après sa remise en liberté, il publiera des ouvrages dans des domaines tout aussi variés que le cinéma, l'homosexualité, les philosophies orientales... Son goût pour le paranormal l'a aussi amené à écrire des articles pour la revue Planète. Jusqu’à sa mort, il resta en contact avec Hergé qui en a fait un personnage de Vol 714 pour Sydney (1968).

 [3] Il s'agit d'un dessin caractérisé, après la réalisation des crayonnés, par un trait d'encre noire d'épaisseur constante. Chaque élément forme une cellule isolée par son contour, et reçoit une couleur donnée. Chaque couleur se trouve donc ainsi séparée de sa voisine par un trait.

15/10/2017

« L'art cache l'étude sous l'apparence du naturel. » (Carlo Goldoni)

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La nouvelle version française (la précédente avait paru en 2014 chez le même éditeur) de l’Atlas du Street Art et du graffiti de Rafael Schacter est sortie chez Flammarion à Paris, un événement pour les amateurs, et ils sont nombreux, de cette forme d’art contemporain des plus originales.
 
Riche de 750 illustrations en quadrichromie, cet ouvrage se penche sur l’œuvre de 113 artistes actuels de 25 pays en détaillant leur contexte historique et leurs influences, en réglant le focus sur 16 villes (New York, San Francisco, Los Angeles, Mexico, São Paulo, Buenos Aires, Londres, Paris, Berlin, Stockholm, Madrid, Barcelone, Athènes, Melbourne, Sydney et Tokyo) et en fournissant 12 cartes originales créées par 12 artistes talentueux. 

Atlas du Street Art et du graffiti  (Miss-Tic).jpg

Graffiti par Miss-Tic (Paris).
 
II offre un panorama mondial de cet art aux influences multiples (le spray can art, le pixãçao brésilien, le pop art et le land art américains, les pochoirs politiques argentins…) et aux manifestations diverses, du graffiti traditionnel à l'intervention sculpturale, de l'affiche à la performance et de l'abstraction géométrique à la figuration photoréaliste.
 
Un art populaire qui s'est développé dans des environnements très divers, de la métropole surpeuplée au désert perdu et a été produit par des créateurs de toute nationalité, religion ou culture.
 
Et un guide des plus originaux !
 
Bernard DELCORD
 
Atlas du Street Art et du graffiti par Rafael Schacter, préface de John Fekner, traduit de l’anglais par Denis-Armand Canal, Paris, Éditions Flammarion, août 2017, 400 pp. en noir et blanc au format 23 x 24 cm sous couverture Intégra en couleurs, 39,90 € (prix France)

20:59 Écrit par Bernard dans Arts | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Retours vers le passé…

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« Un ouvrage incontournable pour découvrir le passé de guerre secret de votre famille », assure le site des Éditions Racine à Bruxelles qui ont fait paraître, sous la plume des historiens et archivistes flamands Koen Aerts, Dirk Luyten, Bart Willems, Paul Drossens et Pieter Lagrou un essai au titre choc : Papy était-il un nazi ? – Sur les traces d’un passé de guerre qui aborde de front la question délicate de la collaboration avec l’occupant allemand en Belgique entre 1940 et 1944.
 
Voici la présentation qu’ils donnent de leur travail :
 
« Quelque 500 000 Belges – Flamands, Bruxellois et Wallons – ont un membre de leur famille qui fut “du mauvais côté” pendant la Deuxième Guerre mondiale.
 
Des grands-pères, grands-mères, pères, mères, oncles ou tantes [de Belges actuels].
 
À la base, il y avait 400 000 dossiers d'accusés. Environ 100 000 citoyens ont aussi été condamnés à diverses peines : de l'exécution à la privation de leurs droits en passant par l'emprisonnement.
 
Aujourd'hui, les petits-enfants et autres membres de la famille partent de plus en plus souvent à la recherche des vraies circonstances pour donner une place [à ces événements].
 
[Notre ouvrage vous donne] les clés pour partir vous-même à la recherche de ce passé de guerre souvent tabou ».
 
N’y cherchez cependant pas de listes d’« inciviques », il n’y en a pas…
 
En revanche, si d’aventure vous souhaitiez faire des recherches sur des membres de votre famille dans les innombrables archives conservées par d’aussi innombrables instances administratives et judiciaires aux quatre coins de la Belgique, ce livre remarquablement documenté et bien illustré qui fait le tour de tous les cas de figure de la trahison vous sera un vade-mecum des plus précieux !
 
Bernard DELCORD
 
Papy était-il un nazi ? – Sur les traces d’un passé de guerre par Koen Aerts, Dirk Luyten, Bart Willems, Paul Drossens & Pieter Lagrou, Bruxelles, Éditions Racine, septembre 2017, 272 pp. en noir et blanc au format 24 x 16 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 24,99 €

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