18/01/2018

Les mots de l’École...

Les 100 mots des Arts Déco.jpg

Fondés en 1766 et ouverts en 1767, les « Arts déco » ont fêté récemment leurs deux siècles et demi d’existence.

Derrière ce surnom, il faut reconnaître l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs (EnsAD), une grande école d'art et de design située 31 rue d'Ulm à Paris, relevant du ministère de la Culture et ayant pour mission la formation de haut niveau, artistique, scientifique et technique d’artistes et de designers, un établissement prestigieux dont sont issus, entre autres, Hector Guimard – l’auteur des entourages en fonte des bouches du métro parisien –, le sculpteur Auguste Rodin, les peintres Fernand Léger, Henri Matisse et Francis Picabia, le cinéaste Maurice Pialat, le bédéiste Jacques Tardi, le chanteur Gérard Manset ou encore le graphiste Jean-Paul Goude, et où ont enseigné des pointures comme Eugène Viollet-le-Duc, Marcel Gromaire, Jean Widmer, Philippe Starck…

L’occasion pour Laurent Cauwet [1] de revenir, dans Les 100 mots des « Arts déco » paru aux Presses Universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », sur son histoire, sa pédagogie et ces savoir-faire et ces métiers qui joignent l’utile à l’agréable : architecture intérieure, mobilier, design graphique, textiles et vêtements, multimédia, scénographie…

Un univers artistique à mi-chemin entre l’artisanat et l’industrie, qui contribue à donner des formes et des couleurs à l’environnement quotidien des humains…

Bernard DELCORD

Les 100 mots des « Arts déco » par Laurent Cauwet, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », octobre 2017, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 €

Liste des 100 mots :

Accessoires - Affiches - Anciens - Architecture - Architecture intérieure -Argentique - Art-espace - Art industriel - Art mural - Artistes - Arts - Arts appliqués - Arts décoratifs - Arts graphiques - Arts plastiques - Atelier - Ateliers de rencontres - Automobile - Bain - Bâtiment - Béton - Bibliothèque - Blog - Bois - Carton - Céramique - Cinéma - Cinéma d’animation - Classe - Collage - Colle - Colloque - Communication visuelle - Concours - Conférence - Contrat - Couleur - Couture - Crayon - Création - Culture - Décor - Design - Dessin - Directeur, -trice - Éclairage - Écran - Éditions - Ensad - Ensadlab - Enseignement - Esthétique - Événements - Grande masse - Gravure – Identité visuelle - Illustration - Impression - Infographie - Installation - Instances - Internationale - Maquette - Massicot - Matériauthèque - Métal - Mobilier - Mode - Modelage - Modèle - Modernité - Morphologie - Morphostructure - Moulage - Multimédia - Ornement - Papier - Partenariat - Patron - Peinture - Performance - Perspective - Photographie - Pinceau - Plastique - Projection - Publicité - Réseau - Résine - Scénographie - Sculpture - Sérigraphie - Tableau - Tapisserie - Textile - Transdisciplinarité - Typographie - Vidéo - Wifi - Workshop

 

[1] Laurent Cauwet a fondé et dirige la maison d’édition de poésie Al Dante depuis 1994. Comme auteur, il a publié La Domestication de l’art (La Fabrique, 2017).

18:53 Écrit par Bernard dans Arts, Arts et décoration | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

« Faire battre le cœur de la France. » (Benoît Hamon, slogan politique)

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Copublié par les Éditions Perrin et Le Figaro Histoire, Les couples illustres de l'histoire de France, un plaisant ouvrage collectif rédigé sous la direction des historiens et journalistes Patrice Gueniffey et Lorraine de Meaux, se penche avec humour [1], intelligence et sagacité – le premier n’ayant pas ici vocation à exclure les deux autres – sur les liens plus ou moins sentimentaux qui ont uni avec plus ou moins de grâce et de fidélité une vingtaine de couples (voire de trios ou de quatuors) politiques, littéraires ou artistiques dont les partenaires ont laissé une trace plus ou moins profonde dans la mémoire collective des habitants de l’Hexagone et d’ailleurs, du Moyen Âge à nos jours.

Un essai qui n’est pas sans rappeler les 10 tomes, parus entre 1954 et 1965, des Histoires d'amour de l'histoire de France du regretté Guy Breton (1919-2008), dont les ventes totalisèrent plus de 6 millions d’exemplaires.

Souhaitons-lui un succès équivalent !

Bernard DELCORD

Les couples illustres de l'histoire de France, ouvrage collectif sous la direction de Patrice Gueniffey et Lorraine de Meaux, Paris, Éditions Perrin et Le Figaro Histoire, octobre 2017, 453 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 21 € (prix France)

Liste des couples :

Héloïse et Abélard

Aliénor, Louis VII, Henri II

Catherine de Médicis et Henri Plantagenêt

Henri II et Diane de Poitiers

Louis XIV et Mme de Maintenon

Louis XV et Mme de Pompadour

Louis XVI et Marie-Antoinette

Germaine de Staël et Benjamin Constant

Napoléon et Joséphine

Adolphe Thiers et les Dosne, mère et filles

George Sand et Alfred de Musset

Napoléon III et Eugénie

Colette, Henry et Bertrand de Jouvenel

Louis Aragon et Elsa Triolet

Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir

Jean Cocteau et Jean Marais

Yves Montand et Simone Signoret

Charles et Yvonne de Gaulle

Georges et Claude Pompidou

François et Danielle Mitterrand

 

[1] Par exemple, les sous-titres « Les trois moitiés de Monsieur Thiers » du chapitre consacré par Laurent Theis aux rapports entretenus par le massacreur de la Commune avec une nommée Sophie Dosne et ses deux filles ou bien « La guêpe et l’architecte » de celui consacré par Robert Schneider au couple pour le moins agité des Mitterrand, qui prend toute sa saveur si l’on se souvient que le Président français avait commis un livre intitulé L’abeille et l’architecte

18:52 Écrit par Bernard dans Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/01/2018

Kriegsspiel...

Djihad 1914-1918 – La France face au panislamisme .jpg

Docteur en histoire [1] et grand spécialiste de la Première Guerre mondiale, Jean-Yves Le Naour (°1972) lui a consacré de nombreux ouvrages, qui font aujourd'hui autorité, dont Les Soldats de la honte (Grand Prix du livre d'histoire Ouest-France-Société générale, 2011) et une série en 5 volumes (1914. La grande illusion, 1915. L'enlisement, 1916. L'enfer, 1917. La paix impossible et 1918. L'étrange victoire) publié chez Perrin à Paris entre 2011 et 2016.

Chez le même éditeur, il a fait paraître Djihad 1914-1918 – La France face au panislamisme, un essai particulièrement documenté sur un pan largement méconnu de l’histoire de la Grande Guerre.

En voici le pitch :

« Entre 1914 et 1918, l'Allemagne de Guillaume II cherche par bien des moyens à allumer dans les Empires français et anglais une rébellion massive des musulmans. Pour ce faire, quoi de mieux que de pousser le sultan de Constantinople à proclamer la guerre sainte contre les chrétiens ? Tout est pensé, mûri, réfléchi par les stratèges allemands : le panislamisme et le djihad assureront la victoire du Reich.

Ce projet, pris très au sérieux dans les ministères de Berlin, Londres et Paris, fut un échec, au sein d'un Empire ottoman en décomposition comme au Maghreb : Marocains, Tunisiens et Algériens servirent massivement dans l'armée française, et tous payèrent leur fidélité au prix du sang. Si les peuples musulmans exigèrent, durant et après la guerre, des droits nouveaux, ce fut le panarabisme, non le panislamisme, qui servit d'étendard commun. »

Ce brillant ouvrage qui restitue les plans allemands et qui ressuscite les questions ayant alors traversé le monde musulman sous domination européenne fournit aussi par la bande un éclairage nouveau sur l’histoire des rapports entre l’Occident et le Moyen-Orient à l’époque de la Déclaration Balfour (2 novembre 1917). [2]

Bernard DELCORD

Djihad 1914-1918 – La France face au panislamisme par Jean-Yves Le Naour, Paris, Éditions Perrin, novembre 2017, 301 pp. en noir et blanc au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 20 € (prix France)

 

[1] Sa thèse, intitulée Régénération ou dépravation ? Moralisation, angoisse sexuelle et anomie dans la France de la Première Guerre mondiale, a été défendue à l’Université de Picardie (Amiens) en 2000.

[2] La déclaration Balfour de 1917 est une lettre ouverte datée du 2 novembre 1917 et signée par Arthur Balfour, le Foreign Secretary britannique. Elle est adressée à Lord Lionel Walter Rothschild (1868-1937), éminence de la communauté juive britannique et financier du mouvement sioniste, aux fins de retransmission. Par cette lettre, le Royaume-Uni se déclare en faveur de l'établissement en Palestine d'un foyer national juif. Cette déclaration est considérée comme une des premières étapes dans la création de l'État d'Israël. En effet, la promesse qu'elle contient sera mise en œuvre durant la conférence de Paris (1919), préalable au traité de Sèvres (1920), confirmé par la conférence de San Remo (1920). À propos des motivations de cette déclaration, Jacob Yeredor, a écrit qu’une Palestine en partie juive permettrait d’assurer une présence d'origine européenne au Moyen-Orient, région arabe et principalement musulmane (in « La Palestine et la politique des grandes puissances », Politique étrangère, n°3, 1948, pp. 235-244, consultable sur http://www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1948_num_13_3_2854 ).

17:56 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Les mots pour le lire...

Les 100 mots du roman.jpg

Agrégé de lettres modernes et docteur d'État ès lettres [1], Yves Stalloni (°1944) a en charge certaines classes préparatoires à Toulon, dont les « prépas-HEC’ (culture générale) et la classe de Première supérieure (khâgne). Dans cette fonction, il est nommé professeur de chaire supérieure. Parallèlement, il est chargé de cours à l'université de cette ville dans diverses sections. Auteur de plusieurs dizaines d'ouvrages de méthodologie et de critique littéraire [2], il a aussi écrit trois romans [3]. Depuis 2004, membre titulaire de l'Académie du Var. Il exerce désormais une activité de conférencier, essentiellement dans la région sud-est. [4]

Il a publié récemment Les 100 mots du roman, un petit essai paru aux Presses Universitaires de France dans la célèbre collection « Que sais-je ? », qui s’adresse à un très vaste public, celui des lecteurs, des étudiants, des enseignants, des apprentis écrivains et des auteurs confirmés au moyen d’un abécédaire qui passe en revue les grandes notions permettant de circonscrire ce genre protéiforme qu’est la forme littéraire la plus répandue, d'en raconter les origines et d'interroger ses problèmes spécifiques.

Grâce à lui, vous saurez quelles différences il y a entre le roman policier, le roman épistolaire et le roman de science-fiction, quelles sont les recettes du best-seller ou encore comment remporter un prix littéraire…

Bernard DELCORD

Les 100 mots du roman par Yves Stalloni, Paris, Presses Universitaires de France, collection « Que sais-je ? », novembre 2017, 128 pp. en noir et blanc au format 11,5 x 17,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9 €

Liste des 100 mots :

À thèse (roman) - Actant - Anachronies narratives - Analepse - Antihéros - Antiroman - Apprentissage (roman d’) - Autobiographique (roman) - Autofiction - Aventures (roman d’) - Bande dessinée - Best-seller - Chronique - Cinéma - Composition - Conte - Courtois - Défauts du roman - Description - Détail - Dialogue - Diégèse - Ellipse - Énonciation - Épistolaire (roman) - Épopée - Érotique (roman) - Espionnage (roman d’) - Existentialiste (roman) - Exotique (roman) - Fait divers - Fantastique (roman) - Féminin (roman) - Fin - Focalisation - Héros - Historique (roman) - Horizon d’attente - Illusion romanesque - In medias res - Incipit - Initiation (roman d’) - Intrigue - Intrusion d’auteur - Journal intime - Libertin (roman) - Mémoires - Métatexte - Météo - Mise en abyme - Mœurs (roman de) - Monologue intérieur - Morale - Mouvements narratifs - Mythe - Narrateur - Narration - Naturaliste (roman) - Noir (roman) - Nom d’auteur - Nom propre - Nouveau roman - Nouvelle - Novel - Pacte romanesque - Paratexte - Passé simple - Pastorale - Pause - Personnage - Picaresque (roman) - Poétique (roman) - Policier (roman) - Populaire (roman) - Portrait - Préface - Première personne (roman à la) - Prix littéraires - Prolepse - Psychologique (roman) - Réaliste (roman) - Récit - Réel - Robinsonnade - Roman - Roman-feuilleton - Roman-fleuve - Romancier - Romanesque - Rustique (roman) - Scène - Science-fiction - Sentimental (roman) - Sommaire - Témoignage - Temps - Tiroir - Titre - Troisième personne (roman à la) - Utopique (roman).

 

[1] Sa thèse défendue en 1996 à l'université de Nice s’intitule Des formes au sens parcours critique de Prévost a Perec.

[2] Parmi lesquels Précis de littérature française, (en collaboration), Armand Colin, 1995 (rééditions 2009, 2013), Les Romans-clés de la littérature française, Éditions du Seuil, 1998, La Contraction de texte, Ellipses, 1998, Écoles et courants littéraires, Armand Colin, 2002 (rééditions 2009, 2015), Dictionnaire du roman, Armand Colin, 2006 (réédition 2013), 365 éponymes expliqués (avec Paul Desalmand), Chêne, 2015.

[3] Les Nuages de Magellan, L'Harmattan, 1998, Eudoxe ou une initiation toulonnaise, Géhess, 2010, réédition Sudarènes, 2015, L'homme des phares –  La vie très riche et très romanesque de Michel Pacha, Sudarènes, 2017.

[4] Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Yves_Stalloni

15:16 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/01/2018

« Bruxelles, ma belle… » (Dick Annegarn)

Bruxelles – Tome 1 - Des Celtes aux ducs de Bourgogne .jpg

Basée sur une riche documentation historique rassemblée et présentée par Arnaud de la Croix et sur un scénario d’Hugues Payen illustré par six dessinateurs, la docu-bd intitulée Bruxelles –Des Celtes aux ducs de Bourgogne parue à Rouen aux Éditions Petit à petit raconte, en huit courts récits bien ficelés l’histoire chahutée, entre 25 avant J.-C. et 1478 après J.-C., de la future capitale de la Belgique et de l’Europe.

Il y est question de l’usage de la cervoise comme potion magique par les Celtes de la Gaule Belgique en 25 avant notre ère, de la proclamation par ses troupes de Postumus comme empereur en 260, de l’empoisonnement, en 695 à Bruocsella et avec de la bière, de Vindicien d’Arras, évêque de Cambrai, la venue à Brossella en 979 de  Charles de Lotharingie, prétendant au trône de France, l’érection, minée vers 1047  par une grève des maçons et des brasseurs, d’une maison forte sur la colline du Coudenberg par Lambert II Balderic, comte de Louvain, l’alliance commerciale entre les ports de Bruxelles et de Londres en 1130, la construction des fortifications de la ville par les ducs de Brabant au XIIIsiècle, la rivalité guerrière entre le comte de Flandre et le duc de Brabant en 1356, l’assassinat en 1430 du comte de Worcester, membre de l’Ordre de la Toison d’Or, sur ordre du roi de France Charles VII et l’alliance en 1477 de Marie de Bourgogne et Maximilien de Habsbourg pour déjouer les visées de Louis XI.

Le tout entrecoupé de documents iconographiques et explicatifs d’une grande précision et d’une belle clarté…

Passionnant !

Bernard DELCORD

Bruxelles – Tome 1 - Des Celtes aux ducs de Bourgogne – De 25 avant J.-C. à 1478 après J.-C., documentation d’Arnaud de la Croix, scénario d’Hugues Payen, dessins de Chandre, Alcove, Théo Dubois d’Enghien, Cynthia Ventura, Arnaud Jouffroy et Thomas Balard, Rouen, Éditions Petit à petit, collection « L’histoire dans l’Histoire », octobre 2017, 80 pp. en quadrichromie au format 24 x 32 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 15,90 €

22:23 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/01/2018

Tous en scène !

Une histoire du théâtre belge de langue française (1830-2000).jpg

Saluons la parution, aux Impressions nouvelles à Bruxelles, dans la collection « Espace Nord », d’Une histoire du théâtre belge de langue française (1830-2000) de Paul Aron (°1956, professeur de littérature et de théorie littéraire à l'Université Libre de Bruxelles), un essai particulièrement brillant traitant d’un sujet qui ne l’est pas moins.

Il s’agit de la reprise d’un ouvrage publié en 1995 [1] dont les éléments biographiques et bibliographiques ont été mises à jour et dont le propos général a été remis en perspective dans une préface et une postface de Nancy Delhalle.

En quatre chapitres, Paul Aron y retrace « près de deux siècles d’activités : réalisations des auteurs et des metteurs en scène, histoire des genres et des formes, mais aussi des interventions des pouvoirs publics, [des] enjeux et [des] contextes du monde théâtral », ainsi que le résume fort bien la quatrième de couverture.

Un vaste domaine où les noms d’Émile Verhaeren, Maurice Maeterlinck, Camille Lemonnier, Charles Van Lerberghe, Fernand Crommelynck, Michel de Ghelderode… côtoient notamment ceux d’Alexis Curvers, Franz Hellens, Paul Willems, Félicien Marceau, Jean Louvet, René Kalisky, Henry Bauchau, Gaston Compère, Paul Émond, Jean-Marie Piemme, Patrick Roegiers, Philippe Blasband, ou encore de Raymond Rouleau, Claude Étienne, Armand Delcampe, et des titres comme Le Mariage de Mademoiselle Beulemans (de Fernand Wicheler et Frantz Fonson), Le Mari sarcastique (d’Ernst Moerman) La Salle des profs (de Liliane Wauters)…

Une profusion telle qu’un index eût été le bienvenu !

Bernard DELCORD

Une histoire du théâtre belge de langue française (1830-2000) par Paul Aron, postface de Nancy Delhalle, Bruxelles, Éditions Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », janvier 2018, 365 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 11 €

 

[1] La Mémoire en jeu. Une histoire du théâtre de langue française en Belgique, préface et postface de Nancy Delhalle, Bruxelles, La Lettre volée-Théâtre National de la Communauté française, 1995.

12:56 Écrit par Bernard dans Essais | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/01/2018

Il était un prince en poésie…

Nonante-neuf poèmes de Maurice Carême.jpg

Mondialement connu – et à juste titre – comme poète pour les enfants, l’instituteur et écrivain belge Maurice Carême (1899-1978) n’était pourtant pas que cela.

Car si quarante-cinq recueils de ses poèmes ont été publiés, parmi lesquels le célébrissime Mère (1935, Prix triennal de poésie 1937), on lui doit aussi deux ouvrages de traduction de poètes néerlandais et flamands, dix romans et compilations de contes, deux essais et un récit de voyage.

Parmi ces quarante-cinq recueils, épinglons Nonante-neuf poèmes, une anthologie parue tout récemment aux Impressions nouvelles à Bruxelles dans la collection « Espace Nord », dont le choix éclectique rend parfaitement compte des diverses facettes de son talent caractérisé par une grande simplicité de ton.

Florilège :

LE DIAMANT ET LA LUMIÈRE

– Je ne pesais pourtant

Que mon poids de lumière,

Disait le diamant.

– Bien sûr, dit la lumière,

Mais on devient pesant,

Plus pesant que l’argent

Dans la main des marchands.

(Poèmes pour petits enfants, 1976)

 

DEPUIS LE JOUR…

Depuis le jour où tu es morte,

Nous ne nous sommes plus quittés.

Qui se doute que je te porte,

Mère, comme tu m’as porté ?

 

Tu rajeunis de chaque instant

Que je vieillis pour te rejoindre ;

Si je fus ton premier tourment,

Tu seras ma dernière plainte.

 

Déjà, c’est ton pâle sourire

Qui transparaît sous mon visage,

Et lorsque je saurai souffrir

Longtemps, comme toi, sans rien dire,

 

C’est que nous aurons le même âge.

(La Voix du silence, 1951)

 

SOLDATS

Un soldat de bois

Ne mange que du chocolat

Un soldat d'étain

Ne mange que du massepain

Un soldat de plomb

Ne mange que des macarons

Un soldat de fer

Que des biscuits à la cuiller

Mais le vrai soldat

Ne mange, quand la guerre est là,

Que des vers de terre

Et des fleurs de cimetière.

(Le Moulin à papier, 1973)

Et si trois écoles en Belgique et seize écoles en France portent son nom ainsi qu’une promenade sur l’île de la Cité à Paris, plus de deux mille huit cents textes de Maurice Carême qui avait été élu « Prince en poésie » au Café Procope à Paris en 1972 ont été mis en musique par Darius Milhaud, Francis Poulenc, Henri Sauguet, Jacques Chailley, Florent Schmitt ou encore Carl Orff…

Du lourd, pour un auteur aux vers aériens, non ?

Bernard DELCORD

Nonante-neuf poèmes par Maurice Carême, choix anthologique et postface de Rony Demaeseneer, Christian Libens et Rossano Rosi, Bruxelles, Éditions Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », décembre 2017, 155 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 8 €

20:49 Écrit par Bernard dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |