20/02/2017

« L’éphémère de nuit danse le tango... »

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On connaît le talent immense de la romancière et nouvelliste Corinne Hoex [1] qui est aussi une poétesse d’envergure [2] dont les textes témoignent d’une belle capacité à faire ressentir les émotions les plus sensuelles et les plus subtiles.

C’est le cas de Tango, paru chez Esperluète à Noville-sur-Mehaigne, un poème orné d’eaux-fortes de Martine Souren qui soutiennent la prouesse suggestive du texte dans lequel une femme danse le tango, dans une tension soulignée par des répétitions fidèles au rythme de la musique née à Buenos Aires :

 

« l'éphémère de nuit

voudrait un vêtement

qui lui tienne au corps

 

qui me tienne au corps

songe-t-elle encore

et pas cette robe

 

qui me tienne au corps

comme un tanguero

comme un torero

un conquistador

et pas cette robe

aux rubans fugaces

aux franges incertaines »

 

Car, comme l’a écrit l’écrivain argentin Ernesto Sábato (1911-2011), « le tango est une pensée triste qui se danse… »

Bernard DELCORD

Tango, poème de Corinne Hoex, gravures de Martine Souren, Noville-sur-Mehaigne, Éditions Esperluète, collection « Cahiers », novembre 2017, 20 pp. en noir et blanc au format 10,5 x 20 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 8 €

 

[1] Le Grand Menu, 2001, Ma robe n’est pas froissée, 2008, Décidément je t’assassine, 2010, Le Ravissement des femmes, 2012, Décollations, fantaisie en prose, 2014, Valets de nuit, 2015, Pas grave, 2015.

[2] Cendres, 2002, Contre Jour, 2009, La Nuit, la mer, 2009, Juin, 2011, N.Y., 2011, Rouge au bord du fleuve, 2012, Le Murmure de la terre, 2012, L’Autre Côté de l’ombre, 2012, Celles d'avant, 2013, Matin, 2013, Jadis vivait ici, 2015, Oripeaux, 2015, Les Mots arrachés, 2015, L'Été de la rainette, 2016.

20:35 Écrit par Bernard dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

19/02/2017

« Un petit village, un vieux clocher / Un paysage si bien caché / Et dans un nuage le cher visage / De mon passé. » (Charles Trenet)

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Pour faire paraître chez Flammarion à Paris le guide officiel intitulé Les Plus beaux villages de France, parmi les quelque 32 000 qui existent en France, l’Association « Les Plus Beaux villages de France » [1] a sélectionné 155 villages d’exception, témoins de l’histoire de l’Hexagone, pour la beauté de leurs paysages, de leurs monuments et l’authenticité de leur habitat.

Leur découverte – dans 21 zones géographiques et 69 départements hors des sentiers battus – permet celle d’une France profonde méconnue, chaleureuse et diverse, de la Normandie à l’Aquitaine, de l’Alsace à la Provence-Côte d’Azur, en passant par le Centre-Val de Loire, le Limousin et l’Auvergne, sans oublier la Corse, l’île de Ré, l’île de la Réunion (Dom Tom).

La démarche de l’association se fonde notamment sur l’animation des acteurs économiques et sur l’implantation de nouveaux prestataires ainsi que sur un travail de mobilisation de l’offre touristique visant à proposer à la clientèle étrangère et française des séjours sur mesure, favorisant un tourisme « durable » plus respectueux que le tourisme de passage et incitant les socioprofessionnels à élever la qualité de leurs prestations.

Une dynamique qui passe aussi par la dimension événementielle, à l’image, entre beaucoup d’autres propositions, d’une exposition de malles à thèmes à La-Roche-Guyon (Val-d'Oise), du marché aux vins des Plus Beaux Villages de France à Rodemack (Moselle), d’une exposition de céramique d'art au château de Lavardens (Gers) ou du marché aux fleurs à Capdenac-le-Haut (Lot).

Un ouvrage qui fait voyager dans le temps, l’espace… et le bonheur !

Bernard DELCORD

Les plus beaux villages de France – 155 destinations de charme à découvrir, ouvrage collectif, préface de Maurice Chabert, Paris, Éditions Flammarion et Les Plus Beaux Villages de France®, février 2017, 272 pp. en quadrichromie au format 17,5 x 21,7 cm sous couverture Intégra en couleurs, 16,95 € (prix France)

LISTE DES VILLAGES CLASSÉS PAR ZONES GÉOGRAPHIQUES :

ALSACE

Bas-Rhin : Hunspach, Mittelbergheim

Haut-Rhin : Eguisheim, Hunawihr, Riquewihr

AQUITAINE

Dordogne : Belvès, Beynac-et-Cazenac, Castelnaud-la-Chapelle, Domme, Limeuil, Monpazier, Roque-Gageac (La), Saint-Amand-de- Coly, Saint-Jean-de-Côle, Saint-Léon-sur-Vézère

Lot-et-Garonne : Monflanquin, Pujols-le-Haut (commune de Pujols)

Pyrénées-Atlantiques : Ainhoa, Bastide-Clairence (La), Navarrenx, Saint-Jean-Pied-de-Port, Sare

AUVERGNE

Allier : Charroux

Cantal : Salers, Tournemire

Haute-Loire : Arlempdes, Blesle, Lavaudieu, Pradelles

Puy-de-Dôme : Montpeyroux, Usson

BOURGOGNE

Côte-d’Or : Châteauneuf, Flavigny-sur-Ozerain

Saône-et-Loire : Semur-en-Brionnais

Yonne : Noyers, Vézelay

BRETAGNE

Côtes-d’Armor : Moncontour

Finistère : Locronan

Ille-et-Vilaine : Saint-Suliac

Morbihan : Rochefort-en-Terre

CENTRE

Cher : Apremont-sur-Allier

Indre : Gargilesse-Dampierre, Saint-Benoît-du-Sault

Indre-et-Loire : Candes-Saint-Martin, Crissay-sur-Manse, Montrésor

Loir-et-Cher : Lavardin

Loiret : Yèvre-le-Châtel (par Yèvre-la-Ville)

CORSE

Corse-du-Sud : Piana

Haute-Corse : Sant’Antonino

FRANCHE-COMTÉ

Doubs : Lods

Haute-Saône : Pesmes

Jura : Baume-les-Messieurs, Château-Chalon

ÎLE-DE-FRANCE

Val-d’Oise : Roche-Guyon (La)

LANGUEDOC-ROUSSILLON

Aude : Lagrasse

Gard : Aiguèze, Lussan, Montclus, Roque-sur-Cèze (La)

Hérault : Minerve, Olargues, Saint-Guilhem-le-Désert

Lozère : Garde-Guérin (La) (commune de Prévenchères), Sainte-Énimi

Pyrénées-Orientales : Castelnou, Eus, Évol (commune d’Olette), Mosset, Villefranche-de-Conflent

LIMOUSIN

Corrèze : Collonges-la-Rouge, Curemonte, Saint-Robert, Ségur-le-Château, Turenne

Haute-Vienne : Mortemart

LORRAINE

Moselle : Rodemack, Saint-Quirin

MIDI-PYRÉNÉES

Ariège : Camon

Aveyron : Belcastel, Brousse-le-Château, Conques, Couvertoirade (La), Estaing, Najac, Peyre (commune de Comprégnac), Saint-Côme-d’Olt, Sainte-Eulalie-d’Olt, Sauveterre- de-Rouergue

Gers : Fourcès, Larressingle, Lavardens, Montréal, Sarrant

Lot : Autoire, Capdenac, Cardaillac, Carennac, Loubressac, Saint-Cirq-Lapopie

Tarn : Castelnau-de-Montmiral, Lautrec, Monestiés, Puycelsi

Tarn-et-Garonne : Auvillar, Bruniquel, Lauzerte

NORMANDIE (BASSE)

Calvados : Beuvron-en-Auge Manche : Barfleur

Orne : Saint-Céneri-le-Gérei

NORMANDIE (HAUTE)

Eure : Bec-Hellouin (Le), Lyons-la-Forêt

PAYS-DE-LOIRE

Maine-et-Loire : Montsoreau

Mayenne : Sainte-Suzanne Vendée : Vouvant

PICARDIE

Aisne : Parfondeval

Oise : Gerberoy

POITOU-CHARENTES

Charente : Aubeterre-sur-Dronne

Charente-Maritime : Ars-en-Ré, Flotte (La), Mornac-sur-Seudre, Talmont-sur-Gironde

Vienne : Angles-sur-l’Anglin

PROVENCE-ALPES-CÔTE-D’AZUR

Alpes-de-Haute-Provence : Moustiers-Sainte-Marie

Alpes-Maritimes : Coaraze, Gourdon, Sainte-Agnès

Bouches-du-Rhône : Baux-de-Provence

Hautes-Alpes : Grave (La), Saint-Véran

Var : Bargème, Gassin, Seillans, Tourtour

Vaucluse : Ansouis, Gordes, Lourmarin, Ménerbes, Roussillon, Séguret, Venasque

RHÔNE-ALPES

Ain : Pérouges

Ardèche : Balazuc, Vogüé

Drôme : Garde-Adhémar (La), Mirmande, Montbrun-les-Bains, Poët-Laval (Le)

Isère : Saint-Antoine-l’Abbaye

Loire : Sainte-Croix-en-Jarez

Rhône : Oingt

Savoie : Bonneval-sur-Arc

Haute-Savoie : Sixt-Fer-à-Cheval, Yvoire

DOM-TOM

La Réunion : Hell-Bourg (commune de Salazie)

 

[1] Elle a été fondée en 1982 à l’initiative de Charles Ceyrac, alors maire de Collonges-la-Rouge, dans le but d’unir les forces et les passions pour protéger et promouvoir le patrimoine remarquable de communes d’exception et leur offrir ainsi une alternative à la désertification rurale.

17:15 Écrit par Bernard dans Guides | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

L’invention de la « quatre pattes »…

La naissance de la 4 CV Renault.jpg

Dugomier, Bruno Bazile et Yves Magne se sont associés pour faire paraître chez Glénat à Grenoble un bel album de bandes dessinées intitulé La naissance de la 4 CV Renault, dans lequel ils racontent l’histoire de la conception de la plus célèbre des voitures populaires françaises – la première à être vendue à plus d’un million d’exemplaires.

En voici le résumé :

« 1939, Salon de l’Automobile de Berlin. Ferdinand Picard et Charles-Edmond Serre, deux ingénieurs de chez Renault, sont impressionnés par les véhicules allemands. Inspirés par la petite, mais ingénieuse K.D.F. Wagen – la fameuse “Coccinelle” : – de Ferdinand Porsche, ils rentrent en France avec l’idée d’un modèle similaire de voiture pour budgets modestes.

Mais en seulement quelques mois, la guerre éclate, la France capitule et l’usine Renault de Boulogne-Billancourt est réquisitionnée par l’armée nazie pour la fabrication de camions.

Pour autant, ils n’abandonnent pas leur idée. Ils en sont persuadés, après la victoire inéluctable des Alliés, la France, en pleine reconstruction, aura besoin d’une véritable voiture accessible à tous. En secret, dans des ateliers souterrains, sous le fracas des bombardements, ils se mettent à dessiner les plans et à imaginer le moteur de celle qui deviendra la future 4CV… »

Le récit rondement et bellement mené d’une grande saga industrielle française !

Bernard DELCORD

La naissance de la 4 CV Renault, scénario de Dugomier, dessins de Bruno Bazile, couleurs d’Yves Magne, Grenoble, Éditions Glénat, collection « Plein gaz », février 2017, 48 pp. en noir et blanc au format 24 x 32 cm sous couverture brochée en couleurs, 13,90 € (prix France)

15:32 Écrit par Bernard dans Bandes dessinées, Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

16/02/2017

Altesses Sérénissimes...

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Ancien élève de l’École Normale Supérieure de Fontenay/Saint-Cloud (1997-2001), agrégé d’histoire (2000), allocataire-moniteur à l’Université Lyon 2 Lumière (2001-2004), puis ATER aux Universités de Provence (2004-2005) et Toulouse le Mirail (2006-2007), boursier de la Fondations Thiers (2005-2006), maître de conférences en histoire contemporaine à l’Université de Reims Champagne-Ardenne depuis 2007, Bertrand Goujon a soutenu en 2006 à l’Université Lyon 2 Lumière une thèse de doctorat d’histoire dont la version publiée, Les Arenberg. - Le gotha à l’heure des nations, 1820-1919 a paru en janvier 2017 aux Presses Universitaires de France à Paris.

Rappelons que la Maison d’Arenberg recouvre :

– Une maison médiatisée du Saint-Empire romain germanique, dont les membres portent les titres de duc et duchesse d'Arenberg et de prince et princesse et jouissent du prédicat nobiliaire d'Altesse Sérénissime (Durchlaucht, confirmé par la Confédération germanique le 13 août 1825) ;

– Une maison comtale dont les chefs ont droit au titre de Comte Illustrissime (Erlaucht, confirmé par la Confédération germanique le 13 février 1829).

Et que la famille détient (ou a porté) les titres de :

– Seigneur, comte, puis Duc d'Arenberg (Saint-Empire, 1644) et Prince du Saint-Empire (1576) ;

– Duc d'Arschot et grand d'Espagne ;

– Duc de Croÿ ;

– Prince de Porcéan ;

– Duc souverain de Meppen (Allemagne) (1803-1810) ;

– Duc d'Arenberg (Royaume de France), créé par Charles X le 24 février 1824 ;

– Duc d'Arenberg (Royaume de Belgique) ;

– Prince de Recklinghausen (Ruhr) ;

– Comte de la Marck, Comte de Lalaing, de Seneghem, de Champlitte, de Kerpen et de de Kasselburg ;

– Marquis de Montcornet (Ardennes françaises) ;

– Prince de Chimay ;

– Comte de Beaumont et de Frezin ;

– Baron de Commines, de Hallwin, de Zewenberghes, de Rotselaar, de de Kommern, de Perwez ;

– Baron puis prince de Barbançon ;

– Comte d'Aigremont et de La Roche-en-Ardenne, vicomte d'Aure ;

– Baron de Naeltwyck ;

– Seigneur de Zuid-Polsbroek, d'Enghien, de Noordeloos, Heemskerck, Polsbroek, Vlaardingen, Wateringen, Capelle-sur-l'Issel, Honselersdijk, Terschelling, Mirwart, Vorselaar, Lichtaert, Kastel et Rethy ;

– Comte de l'Empire (1808) ;

– Comte de Schleiden. [1]

Apparentée de près aux princes de Ligne, cette famille de la haute noblesse produisit des générations de dignitaires politiques, militaires et religieux ainsi que de nombreux mécènes.

Son influence fut très considérable en Europe sur le plan des affaires publiques, de la diplomatie, de l’économie, de l’organisation sociale, des idées, de la religion, des arts… et des mondanités.

Après la Première Guerre mondiale, les possessions des Arenberg en Belgique et en France furent saisies, parce qu’en raison de leurs origines prussiennes supposées, ils furent considérés comme « ennemis infiltrés » [2]

Voici enfin la présentation de l’ouvrage par son auteur très capé :

« Maison souveraine du Saint-Empire dont les différentes branches s’établissent en Belgique, en Allemagne, en France et en Autriche, la famille Arenberg est un observatoire du gotha au XIXe siècle. Confrontée à la fragilisation de la propriété foncière, aux concurrences bourgeoises, aux défis de la sécularisation et à la démocratisation de la vie politique, l’aristocratie doit de toute urgence réinventer ses modèles économiques, idéologiques et socioculturels. Elle engage ainsi de nouvelles stratégies qui s’inscrivent dans des contextes nationaux et régionaux supposant une adaptation permanente.

La dimension transnationale de cette histoire exemplaire est particulièrement cruciale, car les Arenberg attestent une maîtrise singulière et précoce de l’espace et du temps qui, sans être dénuée d’ambiguïtés et au risque de susciter des crispations, est le gage pour cette grande famille européenne d’une perpétuation de sa position élitaire au fil d’un long XIXe siècle en tout point révolutionnaire. »

Une véritable saga !

Bernard DELCORD

Les Arenberg – Le gotha à l’heure des nations, 1820-1919 par Bertrand Goujon, Paris, Éditions PUF, janvier 2017, 1067 pp. en noir et blanc au format 15,2 x 21,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 25 € (prix France)

SOMMAIRE

LA RESTAURATION ARISTOCRATIQUE DANS L’EUROPE POST RÉVOLUTIONNAIRE

Vers la constitution de branches nationales

Un lustre dynastique restauré dans l’Europe du Congrès de Vienne (1823-1830)

Créer une branche française

MARGINALISATION POLITIQUE, REDÉPLOIEMENT DES FORTUNES (1830-1850/1851)

Désengagement politique et repli vers les États allemands

La consolidation patrimoniale et notabilitaire : une alternative à l’érosion du pouvoir aristocratique

Réponses socioculturelles à la concurrence bourgeoise

1848 : une reconfiguration temporaire des stratégies familiales ?

RETOUR(S) AU MONDE D’UNE ARISTOCRATIE À RÉINVENTER (1850/1851-1875/1877)

L’apogée de la grande propriété châtelaine

L’engagement décisif dans l’intransigeantisme catholique

(Ré)intégrer les nations : des stratégies divergentes

LES MODERNISATIONS DU MODÈLE NOTABILITAIRE (1875/1877-1897/1898)

Recomposition des fortunes et maintien du rang

Des carrières politiques princières au défi du suffrage universel

Redéploiement et intensification des engagements notabilitaires

La redécouverte des villes-capitales ?

ÉCLATS ET ILLUSION DE LA « BELLE ÉPOQUE » (1897/1898-1914)

Une insolente prospérité financière

Fragilité des retours en politique et vitalité du patronage aristocratique

Ultimes éclats dynastiques et mondains

L’ÉPILOGUE DOULOUREUX DE LA GRANDE GUERRE

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Maison_d%27Arenberg

[2] Source : https://nl.wikipedia.org/wiki/Huis_Arenberg

18:58 Écrit par Bernard dans Histoire | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

« Pamela Churchill va tout donner, son corps, son cul et même son cœur. »

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Journaliste, traductrice de l’anglais et critique littéraire, Stéphanie des Horts est aussi une auteure prolixe de romans et de biographies : La scandaleuse histoire de Penny Parker-Jones (Ramsay, 2008), La Panthère - Le fabuleux romand de Jeanne Toussaint, joaillière des rois (JC Lattès, 2010), La splendeur des Charteris (Albin Michel, 2011), Le diable de Radcliffe Hall (Albin Michel, 2012), Le secret de Rita H. (Albin Michel, 2013), et Le bal du siècle (Albin Michel, 2015).

Chez Albin Michel encore, elle a fait paraître Pamela, une biographie aussi passionnante qu’endiablée de Pamela Beryl Digby (1920-1997), la bru de Winston Churchill (elle avait épousé le fils de celui-ci, Randolph, en 1939 avant d’en divorcer en 1945) auprès de qui elle apprit la politique tout en fréquentant les riches et puissants de ce monde.

Femme d’influence et en raison de ses nombreuses aventures amoureuses, elle est appelée par certains « la dernière grande courtisane » du XXe siècle et parfois « la grande horizontale » [1].

Frivole, ravissante, arrogante, flamboyante, Pamela a fait sienne la devise : « Choisis l'homme qui te mènera à la gloire ».

À son tableau de chasse, les Churchill, le journaliste de la radio américaine CBS Edward Murrow, le pilote automobile espagnol Alfonso de Portago, l’ambassadeur des États-Unis à Londres John Whitney, le patron de CBS William Paley, le prince pakistanais Ali Khan, le patron de la société italienne Fiat Gianni Agnelli, le crooner yankee Frank Sinatra, l’armateur grec Stávros Niárchos, l’écrivain français Maurice Druon, le riche et puissant producteur américain Leland Hayward, l’homme d’affaires français Élie de Rothschild...

Mais aussi William Averell Harriman, chef de la mission américaine à Londres avant l’entrée en guerre des États-Unis et héritier des chemins de fer Union Pacific. C’est avec la bénédiction de Winston Churchill, alors qu’elle était l’épouse de son fils, que Pamela avait eu une liaison avec ce diplomate jusqu’en 1943, quand il fut nommé ambassadeur des USA en URSS.

Elle renoue le contact avec lui en 1971 et l’épouse la même année. Elle prend alors la nationalité américaine et, grâce à son mari, commence une activité au sein du Parti démocrate. En 1992, elle participe activement à la campagne de Bill Clinton pour l'élection présidentielle et, après l’accession au pouvoir de celui-ci, est nommée ambassadrice en France, en 1993.

En 1997, alors qu'elle est toujours en poste, elle est victime d’une hémorragie cérébrale à la piscine de l'hôtel Ritz et meurt à l’hôpital américain de Neuilly.

Écoutons sa biographe :

« Ils l'ont tous désirée. Elle les a tous aimés. Les conquêtes de Pamela sont des alliances, des trophées qu'elle brandit sans crainte de choquer les cercles mondains.

Elles vont lui ouvrir les portes du pouvoir et de la diplomatie, jusqu'alors réservées aux hommes, et lui permettre d'assumer toutes ses libertés. Scandaleuse ? Intrigante ? Courtisane ? La ravissante anglaise à la réputation sulfureuse […] a emporté ses secrets. Le roman vrai d'une femme amoureuse de l'amour. »

Après avoir souligné les qualités du récit livré sur un ton enjoué non exempt d’humour et de tact (Stéphanie des Horts, née de Cournon, n’est pas aristocrate pour rien…), nous conclurons par la dédicace du livre :

« En mémoire de Pamela Churchill, où qu’elle soit, dans le lit de Dieu ou celui du Diable. »

Bernard DELCORD

Pamela par Stéphanie des Horts, Paris, Éditions Albin Michel, février 2017, 282 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 18 € (prix France

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Pamela_Harriman

14:40 Écrit par Bernard dans Récits de vie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

15/02/2017

Boissons festives…

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Journaliste gastronomique freelance pour plusieurs magazines belges et français (Le Vif Weekend, Trends Style, Le Fooding...), Michel Verlinden spécialisé dans l'univers de la bière.

Matthieu Chaumont quant à lui est artisan barman et il a créé Hortense, le speakeasy du Sablon.

Ensemble, ils ont fait paraître chez Racine à Bruxelles Spiritueux et apéritifs d'artisans en Belgique, un fort beau livre présentant 15 alcools dont la Belgique peut s'enorgueillir et 30 cocktails originaux réalisés à partir d’iceux.

L’occasion de découvrir :

– Le Gouden Carolus Single Malt de la Distillerie de Molenberg à Blaasveld ;

– L’Extra Belegen Korenwijn, un genièvre de la Distillerie Braeckman à Oudenaarde ;

– La Pomme d’Étienne, un apéritif créé par la Distillerie Lambicool à Grâce-Hollogne ;

– L’Élixir d’Anvers de la Distillerie FX De Beukelaer dans la même ville ;

– Le Maitrank Ridremont produit par l’entreprise Arel Maitrank à Arlon ;

– Le Biercée Bitter de la Distillerie de Biercée à Ragnies ;

– L’Absinthe Dr Clyde de la Distillerie Dr Clyde à Seraing ;

– Le Lambertus 10 Years, un single grain de la Distillerie Radermacher à Raeren ;

– La Fouder’s Reserve du Single Maltgraanjenever 12 Years Old, un genièvre de la Distillerie De Moor à Alost ;

– Le Forest Vermouth de l’entreprise Forest Spirits à Ranst ;

– L’Advocaat de la Distillerie De Klok à Serskamp ;

– La Bush 42, une eau-de-vie de bière de la Distillerie Gervin à Baugnies ;

– La Liqueur de Cognac aux Amandes de la Maison Scouflaire à Herchies ;

The Belgian Owl, un whisky produit par The Owl Distillery à Fexhe-le-Haut-Clocher ;

– Le Ground Control 1, un gin produit par l’Open Up Farm Distillery à Pepingem.

De pures merveilles à consommer avec modération…

Pour un plaisir immodéré  

Bernard DELCOR 

Spiritueux et apéritifs d'artisans en Belgique par Michel Verlinden et Matthieu Chaumont, photographies d’Alexandre Bibaut, Bruxelles, Éditions Racine, octobre 2016, 176 pp. en quadrichromie au format 23,5 x 27,5 cm sous couverture cartonnée en couleurs, 29,95 €

Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage la recette rafraîchissante suivante, à base de Maitrank Ridremont :

Cocktail All Day Long

Une variante haute en couleur du Corpse Reviver à déguster toute la journée !

Un cocktail à réaliser au shaker et à servir dans une coupe à cocktail préalablement rafraîchie

Pour 1 personne

Ingrédients :

2 cl de jus de citron jaune fraîchement pressé

4 cl de Maitrank

2 cl de London Dry Gin

2 cl de Lillet blanc

2 cl de Cointreau

Préparation :

Dans le shaker, réunir tous les ingrédients.

Remplir aux deux-tiers le shaker de beaux glaçons et shaker vigoureusement durant quelques secondes.

Servir le cocktail en filtrant, décorer d’un zeste de citron jaune.

18:00 Écrit par Bernard dans Gastronomie | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

La vie avant soi…

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Albert Palombieri, Le Père, un industriel fortuné, intime au Fils – il n’appelle jamais Maurice par son prénom – qui, à trente ans, sorte de Tanguy vaguement poète, vit encore à ses dépens, d’écrire un roman qu’il lui paiera 30 euros la page.

On ne discute pas les ordres du Père.

Mais Le Fils les lui fera payer très cher, dans les deux sens du verbe, en écrivant non pas un roman, mais l’histoire de Rosa Molinari, la mère d’Albert qui en ignore tout et que Maurice alias Momo [1] est seul à connaître, à lui racontée quinze ans auparavant par son défunt grand-père.

Et cette histoire est aussi hallucinante qu’hallucinée, qui mène le lecteur en Italie, dans les Balkans et à Auschwitz, car cette femme, sa grand-mère, fut fasciste, puis résistante, puis déportée, l’occasion pour Marcel Sel [2], dans Rosa à paraître le 1er mars 2017 chez Onlit Éditions à Bruxelles, de brosser une vasque fresque de ce que fut la tragédie – largement méconnue chez nous – des Juifs et de la Résistance sous Mussolini ainsi qu’en Croatie et en Bosnie-Herzégovine sous la botte de l’Oustacha.

Saluons ici les qualités littéraires de l’ouvrage, tant sur le plan de la construction du récit que sur ceux des ressorts dramatiques palpitants et de la qualité du langage, tout à la fois impeccable et, çà et là, remarquablement créative.

À sa lecture, nous avons pensé, mutatis mutandis, au Docteur Jivago de Boris Pasternak.

Pas moins…

Bernard DELCORD

Rosa par Marcel Sel, Bruxelles, Onlit Éditions, mars 2017, 303 pp. en noir et blanc au format 12,2 x 19,5 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs et à rabats, 19,50 €

 

[1] Remarquons au passage la référence, par les prénoms des protagonistes, à La vie devant soi d’Émile Ajar/Romain Gary.

[2] Né à Bruxelles en 1960, Marcel Sel est chroniqueur (il a fait paraître ou publie encore des textes dans Elle Belgique, La Libre, Le Soir, Marianne Belgique et son successeur, M… Belgique, ProChoix, Télépro, La Revue Nouvelle, la revue du Centre Communautaire Laïc Juif, sur le site de la RTBF…), essayiste et blogeur –son « Blog de Sel » (blog.marcelsel.com) –  est considéré comme l'un de plus influents en Belgique.

13:46 Écrit par Bernard dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |