09/08/2017

« Un gros crachat de 664 pages produit d’un cacographe maniaque, nabot impulsif et malsain. » (Charles Maurras à propos des Décombres)

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Fils d’un notaire de province républicain et d’une mère très catholique, le Français Lucien Rebatet (1903-1972), un critique musical et cinématographique, écrivain et journaliste fasciste, athée, anticommuniste, collaborationniste et antisémite extrêmement virulent (1), est l’auteur d’un livre maudit qui fut le best-seller de l’Occupation : Les Décombres, ouvrage qui lui a valu, entre autres raisons, d’être condamné à mort en 1946.
 
En 2015, ce texte est ressorti dans son intégralité pour la première fois depuis 1942 dans Le dossier Rebatet – Les Décombres – L’Inédit de Clairvaux, une publication critique établie et annotée par l’historienne Bénédicte Vergez-Chaignon (2) accompagnée d’une préface de Pascal Ory (3) et du journal de prison de Rebatet (L’Inédit de Clairvaux, un plaidoyer pro domo, bien entendu, mais qui constitue aussi un intéressant témoignage sur le système répressif et carcéral français de l’époque…), à Paris, aux Éditions Robert Laffont, dans la collection « Bouquins », après avoir reparu en 1976 chez Jean-Jacques Pauvert, amputé de ses chapitres les plus délirants, notamment celui intitulé « Le ghetto ».
 
Pour la première fois aussi, alors que l’ouvrage est en libre accès sur le Net, il est accompagné d’un appareil critique important, qui permet de le lire en connaissance de cause, de le resituer dans le climat de l’époque, avec ses outrances, ses haines et ses préjugés dont Rebatet fut l’un des plus véhéments porte-parole.
 
Ce livre, empreint d’un antisémitisme viscéral et obsessionnel, apparaît aujourd’hui comme un document historique édifiant sur l’état d’esprit, les phobies et les dérives de toute une génération d’intellectuels se réclamant du fascisme.
 
L’auteur n’étant pas dénué de talent d’écriture, comme l’a prouvé son roman Les Deux Étendards, publié par la NRF en 1951 à l’instigation de Jean Paulhan, et son Histoire de la musique (1969), Les Décombres constituent également une œuvre littéraire à part entière, reconnue comme telle, y compris par nombre de ses détracteurs les plus résolus.
 
Pascal Ory, qui a soutenu dès l’origine l’idée d’une réédition intégrale, mais encadrée et commentée, fournit dans une préface très éclairante les explications qui la justifient.
 
Bernard DELCORD
 
Le dossier Rebatet – Les Décombres – L’Inédit de Clairvaux, édition établie et annotée par Bénédicte Vergez-Chaignon, préface de Pascal Ory, Paris, Éditions Robert Laffont, collection « Bouquins », octobre 2015, 1152 pp. en noir et blanc au format 13,2 x 19,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 30 € (prix France)
 
(1) En avril 1929, Lucien Rebatet est engagé comme critique musical au journal nationaliste et monarchiste L'Action française dirigé par Charles Maurras, dans lequel il écrit sous le pseudonyme de François Vinneuil. Le 30 avril 1932, il devient journaliste à Je suis partout. Mobilisé en janvier 1940, est libéré le 15 juillet 1940, il rejoint Vichy où il travaille à la radio. De retour à Paris, après un passage au journal Le Cri du peuple de Jacques Doriot, il revient à Je suis partout qui devient, à partir de 1941, le principal journal collaborationniste et antisémite français sous l'occupation nazie. En juillet 1944, avec Louis-Ferdinand Céline, Rebatet se réfugie à Sigmaringen en Allemagne avant d’être arrêté Feldkirch le 8 mai 1945 et d’être jugé à Paris le 18 novembre 1946. Grâce à une pétition d'écrivains comprenant notamment les noms de Camus, Mauriac, Paulhan, Martin du Gard, Bernanos, Aymé et Anouilh, le président de la République Vincent Auriol le gracie le 12 avril 1947, et sa condamnation à mort est commuée en peine de travaux forcés à perpétuité, à la prison de Clairvaux. Libéré le 16 juillet 1952 et d'abord assigné à résidence, Lucien Rebatet revient à Paris en 1954, où il reprend son activité de journaliste, travaillant pour l’hebdomadaire d’extrême droite Rivarol à partir de 1958. Lors de l'élection présidentielle de 1965, Rebatet soutient François Mitterrand et, en 1967, il glorifie la guerre israélienne contre les États arabes : « La cause d’Israël est là-bas celle de tous les Occidentaux. On m’eût bien étonné si l’on m’eût prophétisé en 1939 que je ferais un jour des vœux pour la victoire d’une armée sioniste. Mais c’est la solution que je trouve raisonnable aujourd’hui. » (in Michaël Bloch, L'extrême-droite française face à la question israélienne, mémoire IEP Aix en Provence, p. 33). 
(Sources : https://fr.wikipedia.org/wiki/Lucien_Rebatet et https://fr.wikipedia.org/wiki/Je_suis_partout)
 
(2) Bénédicte Vergez-Chaignon est docteure en histoire. Elle est l'auteur de plusieurs livres sur la Résistance, Vichy et l'épuration et elle a publié une biographie du maréchal Pétain (chez Perrin en 2014).
 
(3) Pascal Ory est professeur d'histoire contemporaine à la Sorbonne et l'auteur d'ouvrages sur la collaboration qui font autorité. Il a dirigé le Dictionnaire des étrangers qui ont fait la France, paru dans  la collection « Bouquins ».

18/01/2017

« Tout à fait dignes du panier de Madame de Sévigné... » (Georges Brassens)

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Marie de Rabutin-Chantal, marquise de Sévigné, plus connue sous le nom de Madame de Sévigné, est une épistolière française, née le 5 février 1626 à Paris et morte le 17 avril 1696 au château de Grignan (Drôme).

Orpheline de père à l'âge d’un an, celui-ci ayant été tué au siège de La Rochelle, elle perd aussi sa mère, Marie de Coulanges (1603-1633), six ans plus tard.

Elle vit néanmoins une jeunesse choyée et heureuse, d’abord chez son grand-père, Philippe de Coulanges, puis, après sa mort en 1636, chez le fils aîné de celui-ci, Philippe de Coulanges.

Le 4 août 1644, elle épouse Henri de Sévigné (1623-1651), mais devient veuve à vingt-cinq ans, le 5 février 1651, quand son époux est tué lors d’un duel.

Le couple a deux enfants :

– Françoise-Marguerite (1646-1705) qui épousera en 1669 François Adhémar de Monteil de Grignan, nommé lieutenant-général de Provence l’année suivante ; la nouvelle comtesse de Grignan le rejoint une année plus tard. Le couple résidera au château de Grignan pendant presque quarante ans.

– Charles (1648-1713), qui restera sans postérité.

La correspondance de Madame de Sévigné avec sa fille s’effectua à peu près pendant vingt-cinq ans au rythme de deux ou trois lettres par semaine. S’y ajoutèrent de nombreuses missives à sa famille et à ses amis [1].

Madame de Sévigné est devenue un grand écrivain presque sans le vouloir et sans le savoir. Ses lettres sont nées de sa conversation, vive, enjouée, dont elle a su conserver, à l'intention de ses correspondants, le badinage, l’intelligence et la spontanéité.

Nouvellement sélectionnées et commentées par Nathalie Freidel, des Lettres choisies de Madame de Sévigné ont été publiées récemment chez Gallimard à Paris dans la collection « Folio classique »

Écoutons ce qu’en dit l’éditrice :

« De même que deux vers de Racine suffisent à reconnaître la main du maître, deux lignes de Sévigné signalent immédiatement le style, le savoir-faire, la langue inimitables de l'épistolière.

Encline au libertinage intellectuel, réfractaire à l'endoctrinement, Madame de Sévigné est le pur produit de la société du loisir lettré. (…)

Par le détour du pastiche, de l'ironie et de l'humour, elle dresse un portrait de soi parmi les plus vivants, les plus audacieux et les plus émouvants de son siècle. Mais les lettres consacrées aux opérations militaires, à la révolte de la Bretagne, à l'exil des rois d'Angleterre ainsi que l'intérêt porté à la politique familiale des Grignan en Provence dévoilent aussi un engagement sur un terrain où les femmes étaient loin d'être les bienvenues.

Par son rayonnement – de la vie mondaine à la sphère politique en passant par l'intime – et son ton unique, Madame de Sévigné fait souffler un vent de liberté dans le classicisme français. »

Avec quel style et quel panache !

Bernard DELCORD

Lettres choisies de Madame de Sévigné, édition et annotations par Nathalie Freidel, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio classique », novembre 2016, 744 pp. en noir et blanc au format 10,8 x 17,8 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,80 € (prix France)

 

[1] Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Madame_de_S%C3%A9vign%C3%A9

25/06/2014

Une bande d'en foire...

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Publié en 1962, Les Larrons, qui vient de ressortir chez Gallimard à Paris dans un reprint de l'édition française de 1964, est le dernier roman de l'écrivain américain William Faulkner (septembre 1897-juillet 1962, prix Nobel 1949), un des poids lourds de la littérature mondiale d'avant et d'après la Seconde Guerre mondiale.

Contrairement à l'essentiel de ses œuvres précédentes douloureusement dramatiques (Le bruit et la fureur, Sartoris, Tandis que j'agonise, Lumière d'août, Sanctuaire, Parabole...), ce roman joyeux ne recourt pas à des techniques littéraires complexes. C'est pourquoi il est souvent ignoré par les exégètes de Faulkner ou considéré comme un ouvrage mineur dans lequel le grand romancier dit un adieu souriant aux personnages qui, pendant tant d'années, ont été ses compagnons de chaque jour.

Faulkner avait déclaré vouloir finir sa carrière littéraire en écrivant le livre d'or du comté de Yoknapatawpha (nom qu'il donnait dans ses livres au comté de Lafayette, dans l'État du Mississipi, où il passa la plus grande partie de son existence). Il est probable que Les Larrons constitue ce « livre de l'âge d'or ».

Ce roman fut adapté au cinéma en 1969 dans un film réalisé par Mark Rydell avec Steve McQueen et Rupert Crosse.

En voici l'intrigue :

En 1905, le grand-père de Lucius Priest achète une automobile qui sera parmi les premières à apparaître dans la ville de Jefferson (en réalité Oxford, dans le Mississipi). Pendant une absence de son grand-père, le petit garçon et le chauffeur s'emparent de la voiture et partent pour Memphis. Un passager clandestin apparaît en cours de route : Ned, un domestique noir de la famille. Arrivés à Memphis, Lucien et Boon, le chauffeur, s'installent dans une étrange « pension de famille », dont la tenancière est la Miss Reba de Sanctuaire.

S'ensuivront mille péripéties dans un imbroglio de situations hilarantes et paradoxales amenées avec autant de malice que de talent narratif.

Une véritable pinte de bon sang !

Bernard DELCORD

Les Larrons par William Faulkner, traduction de l'anglais par Maurice-Edgar Coindreau et Raymond Girard, Paris, Éditions Gallimard, collection « L'imaginaire », mars 2014, 409 pp. en noir et blanc au format 12,5 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,90 € (prix France)

17:13 Écrit par Bernard dans Littérature générale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/06/2014

Une grande dame des lettres mondiales...

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Rassemblant La Légende de Gösta Berling, Les Liens invisibles, Le Violon du fou, Le Cocher, Des trolls et des hommes, Le Banni, L'Anneau maudit et Le Livre de Noël, les Œuvres romanesques de l'écrivaine suédoise issue de la région du Varmland, Selma Lagerlöf (1858-1940, Prix Nobel de littérature 1909, mondialement connue pour sa nouvelle intitulée Le merveilleux voyage de Nils Holgersson à travers la Suède), ont été compilées chez Actes Sud, dans la remarquable collection « Thesaurus », après avoir été excellemment traduites par Marc de Gouvenain, Lena Grumbach, André Bellesort et Michel Praneuf.

En voici les résumés, aimablement communiqués par l'éditeur :

La légende de Gosta Berling (1891) est une saga mettant en scène, dans la première moitié du XIXe siècle, la vie brutale et fantastique d'une petite communauté du Varmland, où Gosta Berling, pasteur défroqué, joueur et débauché, répand joie et douce folie. Un roman étincelant qui a rendu Selma Lagerlöf célèbre.

Recueil de nouvelles mêle récits fantastiques, contes populaires, drames familiaux et nouvelles féministes Les liens invisibles (1894) réunit des textes à la fois tendres, inquiétants et féeriques, inspirés des légendes et de l'histoire du Varmland.

Dans Le violon du fou (1899), Gunnar, loin de chez lui, passe ses journées à jouer du violon au détriment de ses études. Lorsqu'il apprend que le domaine familial est en décrépitude, que sa mère est ruinée, il décide de rentrer, d'oublier sa musique et d'être enfin raisonnable. Confiant, le jeune héritier investit leurs derniers sous dans l'élevage, mais son troupeau est décimé par l'hiver. Impuissant, désespéré et honteux, il perd la raison.

Dans Le cocher (1912), Sœur Edith, une religieuse atteinte de tuberculose, a causé le malheur et la déchéance d'une famille dont elle prétendait arracher le père à l'alcoolisme. À l'agonie et prise de remords, elle fait chercher l'ivrogne. Ce dernier vient juste de mourir. Il a été condamné à conduire le chariot de la mort pendant douze mois, et sa première tâche consistera... à aller chercher sœur Edith.

Dans Des trolls et des hommes (1915-1921), Selma Lagerlöf met ses personnages aux prises avec des trolls ou des génies, des esprits ou des forces mystérieuses de la nature, avec un magnifique talent de conteuse et un profond humanisme.

Le banni (1918) raconte l'histoire d'un jeune homme, jadis confié par des parents trop pauvres à de riches Anglais de passage, qui revient au pays, poursuivi par la malédiction des hommes : lors d'une expédition polaire, il a survécu en mangeant de la chair humaine....

Selon sa volonté, le général Lowenskold fut enterré avec l'anneau d'or orné d'une agate offert par le roi Charles XII. Mais en voulant protéger le corps des détrousseurs, le paysan Bard s'approprie l'anneau. En rentrant chez lui, il découvre sa ferme brûlée et son troupeau décimé. Une terrible malédiction s'abat dès lors sur les possesseurs successifs de L'anneau maudit (1925).

Recueil de récits profondément empreint de foi religieuse, mais aussi de chaleur et de philosophie, Le livre de Noël (1945, posthume) fait émaner ce que l'on appelle volontiers la magie de la Nativité : un mélange de générosité et de mélancolie, de compassion et de joie.

Un auteur d'exception !

Bernard DELCORD

Œuvres romanesques par Selma Lagerlöf, Arles, Éditions Actes Sud, collection « Thesaurus », mai 2014, 1118 pp. en noir et blanc au format 14 x 20,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 29 € (prix France)

19:04 Écrit par Bernard dans Littérature générale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/04/2014

Les planches du salut ?

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Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 25/04/2014 de l'hebdomadaire M... Belgique qui a succédé à l'édition belge du magazine Marianne :

Se penchant longuement, dans Jean Racine, l'enfant terrible de Port-Royal paru chez Publibook à Paris, sur les rapports ambigus entretenus par l'auteur d'Andromaque avec la Mecque du jansénisme où il avait été recueilli et éduqué, le philosophe belge Jean van der Hoeden, agrégé de l'université de Louvain, donne les clés d'une interprétation psychologique de l'œuvre théâtrale du grand dramaturge français (1639-1699) et projette une lumière nouvelle sur son combat intérieur, livré à travers ses personnages, entre les notions de liberté et de destin.

On se souviendra que la théorie extrêmement rigoriste de l'évêque d'Ypres, Cornelius Jansen (1585-1638), se fondait sur la volonté de s’en tenir strictement à la doctrine de saint Augustin sur la Grâce, conçue comme la négation de la liberté humaine pour faire le bien et obtenir le salut, celui-ci relevant exclusivement de l'intervention divine.

Particulièrement convaincant – et très accessible d'accès –, l'essai fort fouillé de Jean van der Hoeden montre comment, alors qu'il était « débiteur moral insolvable de l'abbaye de Port-Royal à qui il devait d'être resté en vie, l'orphelin Racine a trouvé dans un théâtre longtemps résolument frondeur chez lui, l'issue corporelle pour son âme qu'il cherchait avidement. En osant défier l'intransigeance castratrice d'une mère adoptive pervertie par la névrose janséniste, il a en tout cas réussi, au moins dans l'écriture, à sortir de l'infernal pas de place pour deux devant lequel, d'avoir dû haïr avec fureur pour ne pas avoir pu aimer avec passion, bien des fils qu'il a imaginés ont fini par s'incliner. Sans aucun doute possible, le Je meurs si je vous perds, mais je meurs si j'attends du vers 972 d'Andromaque, c'est d'abord à la vie elle-même que cet orphelin n'a cessé de l'adresser ».

Voici donc, après Le dieu caché du structuraliste marxiste Lucien Goldmann (1913-1970) qui enseigna à l'École pratique des hautes études à Paris et à l'Université libre de Bruxelles, une pressante invitation à réviser complètement ses classiques...

Bernard DELCORD

Jean Racine, l'enfant terrible de Port-Royal par Jean van der Hoeden, Paris, Éditions Publibook, décembre 2013, 222 pp. en noir et blanc au format 14,2 x 22,7 cm sous couverture brochée en couleurs, 20,95 € (prix France)

21/11/2013

Pour le centenaire d'Albert Camus

Pour le centenaire d'Albert Camus (L'Étranger sous coffret).jpg

Né le 7 novembre 1913 à Mondovi en Algérie, l'écrivain, essayiste et dramaturge Albert Camus aurait eu 100 ans ces jours-ci.

Pour marquer l'événement d'une belle empreinte, son éditeur historique Gallimard a ressorti en version de poche, dans la collection Folio, une bordée de titres célèbres (L'Étranger, dans une version sous étui accompagnée d'un livret de documents d'époque relatifs à la publication de l'ouvrage, Carnets I, II et III, une mine d'informations sur l'élaboration, jour après jour, de la pensée de l'auteur (entre mai 1935 et décembre 1959) et À Combat réunissant l'ensemble de ses articles parus dans le célèbre journal entre 1944 et 1947 à l'époque où il en était à la fois l'éditorialiste et le rédacteur en chef), mais aussi de moins connus comme sa traduction de La Dévotion à la croix de Pedro Calderón de la Barca (1600-1681) ou ses Journaux de voyage à New York en 1946 et en Amérique latine en 1949.

Ajoutez à cela une lecture de La chute par François Berland, longue de 3h20 sur un CD mp3 dans la collection « Écoutez Lire », et vous admettrez que l'événement ne pouvait pas passer inaperçu !

 

Bernard DELCORD

L'Étranger par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », juillet 2013, 192 + 48 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couvertures brochées et coffret en couleurs, 8,70 € (prix France)

Carnets I, II et III par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », septembre 2013,. 240, 384 et 384 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couvertures brochées en couleurs, 7 € chacun (prix France)

À Combat par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio essais », septembre 2013, 779 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 12,00 € (prix France)

La Dévotion à la croix  de Pedro Calderón de la Barca traduit par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio théâtre », septembre 2013, 209 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,40 € (prix France)

Journaux de voyage par Albert Camus, Paris, Éditions Gallimard, collection « Folio », juillet 2013, 131 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 5,40 € (prix France)

La chute par Albert Camus, texte lu par François Berland, Paris, Éditions Gallimard, collection « Écoutez Lire », septembre 2013, un CD mp3 de 3h20 sous boitier en plastique et en carton, 21,90 € (prix France)

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19:51 Écrit par Bernard dans Littérature générale | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

09/11/2013

Un talent multiple ô combien singulier…

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Le texte ci-dessous a paru dans la livraison du 02/11/2013 de l'édition belge du magazine MARIANNE :

Dans Ghelderode Qui suis-je ?, un petit essai très documenté et abondamment illustré, l'universitaire française Jacqueline Blancart-Cassou, qui a défendu sa thèse d'État et publié de nombreux travaux sur l'œuvre d'Adolphe Martens (1898-1962) ainsi qu'une édition critique de son Théâtre oublié, introduit à la compréhension de ses écrits aussi variés qu'étranges, en les replaçant dans leur contexte historique, sociologique, politique et culturel.

Car il n'est guère aisé pour le profane de s'y retrouver dans le foisonnement baroco-expressionnisto-flamand de langue française constitutif de chefs-d’œuvre comme Barabbas, Pantagleize, L'Histoire Comique de Keizer Karel, Escurial, Hop Signor !, L’École des Bouffons, La Balade du Grand Macabre, Sortilèges ou La Flandre est un songe, dans lesquels se mêlent tout à la fois la gouaille marollienne, les marionnettes de Toone, les visions d'Ensor, les conceptions théâtrales d'Antonin Artaud et les réflexions du Groupe du Lundi mâtinées d'anarchisme, d'expressionnisme et d'errances consécutives de l'usage de morphine.

Un cocktail détonant qui connut son heure de gloire à Paris dès 1947, au point que l'on parla même de « ghelderodite aiguë » – entre 1949 et 1953 – pour qualifier son succès dont la pérennité persiste de nos jours.

Une fameuse histoire belge !

Bernard DELCORD

Ghelderode Qui suis-je ? par Jacqueline Blancard-Cassou, Grez-sur-Loing, Éditions Pardès, collection « Qui suis-je ? », septembre 2013, 126 pp. en noir et blanc  au format 14 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)