29/11/2017

« Si la merde valait de l’argent, les pauvres naîtraient sans cul. » (En-tête du papier à lettres de Henry Miller)

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Auteur dramatique réputé, écrivain talentueux (Le fouille-merde, 1987, rédigé avec Gaston Compère, L’homme caramel, 1995 et 2017), artiste conceptuel et journaliste politique belge, Pascal Vrebos (°1952) est l’auteur d’une trentaine de pièces de théâtre (Tête de Truc, 1973, Entre-chats, 1978, Crime magistral ou L’homme descend du songe, 1999, Viol d'une cerise noire, 2008, L’Accusateur, 2014…) jouées en France, en Allemagne et aux États-Unis, traduites en néerlandais, en tchèque, en allemand et en anglais. Il a remporté de nombreux prix littéraires, dont celui de la Société des Auteurs et Compositeurs dramatiques pour l’ensemble de son œuvre.

Il a fait paraître, chez Genèse Édition à Bruxelles et sous le titre 1 semaine avec Henry Miller – Ultime rencontre avec l’écrivain et sa muse, Brenda Venus, une version revue et augmentée d’Une folle semaine avec Henry Miller (1983, Éditions Le Cri), son stupéfiant reportage littéraire dans lequel il relate sa rencontre en février 1979 à Pacific Palisades en Californie avec Henry Miller (1891-1980), l’auteur génial et sulfureux de Tropique du Cancer (1934), de Tropique du Capricorne (1939), du Colosse de Maroussi (1941), de la trilogie de La Crucifixion en rose (Sexus, 1949, Plexus, 1952, Nexus, 1960) ou encore de Jours tranquilles à Clichy (1956), de Big Sur et les Oranges de Jérôme Bosch (1957) et de Jours tranquilles à Brooklyn (1978).

On y entre dans l’intimité du géant, sa simplicité, son humour, son désespoir, sa hauteur d’esprit, ses souvenirs, sa conception de la littérature, ses frasques mémorables et son amour pas du tout platonique pour sa dernière muse [1], la jeune actrice américaine Brenda Venus (°1957), de 66 ans sa cadette, à qui il écrivit près de 1 500 lettres torrides jusque sur son lit de mort et que Pascal Vrebos a revue en juin 2017, une rencontre qui donne la postface de son ouvrage.

Un texte remarquablement écrit et scandaleusement riche de passions humaines, avouables ou pas, sur un formidable écrivain dans le cœur de qui Éros et Thanatos se sont affrontés dans un combat homérique permanent !

Bernard DELCORD

1 semaine avec Henry Miller – Ultime rencontre avec l’écrivain et sa muse, Brenda Venus par Pascal Vrebos, Bruxelles, Genèse Édition, novembre 2017, 159 pp. + 1 cahier photos de 8 pp. en noir et blanc au format 13,5 x 21 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 19,50 

[1] Il y en avait eu d’autres, parmi lesquelles la danseuse June Edith Smith (1902-1979), qui devint sa deuxième épouse et dont Miller parle longuement dans Sexus, ainsi que l’écrivaine et diariste américaine d’origine franco-cubaine Anaïs Nin (1903-1977), auteure de Vénus erotica (1977, posthume), qui entretint une relation amoureuse avec Henry et June.

21:02 Écrit par Bernard dans Essais, Récits de voyage | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/04/2013

Pour les globe-trotters des papilles

 En famille autour du monde.gif

Le texte ci-dessous a paru dans la newsletter de mars 2013 des guides gastronomiques belges DELTA avant d'être mise en ligne sur leur site (www.deltaweb.be) :

Fruit d'une collaboration de plusieurs années entre le Musée de l'Alimentarium Junior à Vevey et le Musée Suisse du Jeu à La Tour-de-Peilz, l'ouvrage de Catherine Gex et Laetitia Aeberli Rochat publié à Nyon par la filiale helvétique des Éditions Glénat sous le titre En famille autour du monde explore les pans les plus caractéristiques des grandes cultures du monde en proposant au lecteur de se lancer en famille ou entre jeunes copains à la découverte des sensations, des ingrédients, des goûts, des ustensiles, des jeux, des valeurs, des us et coutumes propres à la France, à la Suisse, à l'Italie, à la Turquie, à la Russie, à l'Inde, à la Chine, aux États-Unis, au Mexique, à la Côte d'Ivoire et au Maghreb, dans un grand voyage tout en saveurs et en fragrances.

Les illustrations sont superbes, le propos est original et on apprend avec bonheur une foule de choses dans bien des domaines relevant de la gastronomie, de l'histoire, de la géographie, de la culture, de la religion, de la vie quotidienne, des mentalités et du divertissement (comme les règles du jeu chinois de la jungle, du jeu turc du pishti ou du jeu africain d'awélé sans oublier le 421 ô combien hexagonal).

Un bel exemple d'ouverture au monde !

Bernard DELCORD

En famille autour du monde. Jeux, repas et traditions par Catherine Gex et Laetitia Aeberli Rochat, Nyon, Éditions Glénat Suisse, août 2012, 192 pp. en quadrichromie au format 20 x 27 cm sous couverture cartonnée et jaquette en couleurs, 35 € (prix France)

 Pour vous, nous avons recopié dans cet ouvrage hors des sentiers battus la recette suisse suivante :

 ÉMINCÉ DE VEAU À LA ZURICHOISE

 Pour 4 personnes

Ingrédients :

400 g d'émincé de veau

760 g de champignons de Paris

3 dl d'eau

7,5 dl de crème à 25% de MG

2 brins de persil

2/3 d'oignon

1 1/2 cube de bouillon

3 cuillers à soupe d'huile de tournesol

3 cuillers à soupe de jus de citron

2 cuillers à soupe de fécule de maïs

3 pincées de sel

3 tours de moulin à poivre

 

Recette :

Pelez l'oignon et coupez-le finement.

Lavez et coupez les champignons.

Mélangez l'émincé de veau avec le sel et le poivre.

Dorez la viande dans l'huile.

Réservez dans une assiette couverte .

Faites dorer les oignons et les champignons dans le reste d 'huile.

Ajoutez le jus de citron, l'eau et le bouillon.

Laissez cuire 5 minutes.

Diluez la maïzena dans la crème et ajoutez à la sauce.

Laissez mijoter 2 minutes.

Ajoutez la viande, réchauffez, goûtez et assaisonnez à votre convenance.

Garnissez avec le persil ciselé.

17:30 Écrit par Bernard dans Récits de voyage | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/09/2009

Récits de bourlingue

Du poète et romancier helvético-français Blaise Cendrars (1887-1961), bourlingueur s’il en fut, les Éditions André Versaille à Bruxelles ressortent ces jours-ci, présenté par Raphaël Sorin dans la sympathique et passionnante collection « À s’offrir en partage » (au sein de laquelle un auteur ou un critique contemporain donne à lire un texte classique), sous le titre Venise Naples Bordeaux Anvers, le récit d’un périple effectué au tournant du XXe siècle et publié en 1948, au cours duquel l’auteur des Pâques à New York, de la Prose du Transsibérien et de la petite Jehanne de France, de L’Or, de Moravagine et de L’homme foudroyé rencontre la vraie vie, celle qui palpite dans les cœurs, gronde au fond des cerveaux et gargouille dans les tripes des hommes et des femmes des ports de mer, ceux-là même qui ouvrent sur l’infini. Des profondeurs de la lagune aux antres des bordels, tout un monde s’y affaire à travers les âges, se perd, se retrouve, sombre ou ressuscite… Jamais plus je ne verrai Anvers autrement !

Bernard DELCORD

Venise Naples Bordeaux Anvers
par Blaise Cendrars, proposé par Raphaël Sorin, Bruxelles, André Versaille éditeur, collection « À s’offrir en partage », 2009, 98 pp. en noir et blanc au format 10,5 x 15 cm sous couverture souple en quadrichromie, 5 €

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22:32 Écrit par Bernard dans Récits de voyage | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : cendrars, sorin |  Facebook |

28/12/2008

En allant "comme le pays"

Voilà que sort en poche, chez Gallimard à Paris dans la collection « Folio », l’un des plus extraordinaires romans « congolais » de ces soixante dernières années, à savoir L’explosion de la durite par Jean Rolin, paru initialement chez P.O.L. en 2007.
Dans une veine actualisée du fameux Aziza de Niamkoko (qui valut à son auteur Henri Crouzat en 1959 son billet de retour dans la métropole française), ce récit picaresque du voyage, entre Paris et Kinshasa, d’une vieille Audi 25 et de ses accompagnants mène le lecteur en 2005 sur les routes d’Anvers au Bas-Congo et de Matadi à Kinshasa, qui recoupent volontairement celles de Joseph Conrad, de Patrice Lumumba et du Che Guevara mais aussi, dans les marges et moins consciemment, de Tintin, 74 ans après le voyage au Congo en 1931 du plus célèbre des reporters belges, et de Georges Simenon, 73 ans après le périple africain de l’inventeur du commissaire Maigret, dont le frère Christian résidait à Matadi.
À la demande de son ami Foudron, ancien sous-officier des FAZ présentement sans-papiers et travailleur au noir comme vigile dans un MacDo parisien, le narrateur (qui ressemble comme deux gouttes de vin de palme à Jean Rolin) veille donc, chemin faisant, sur un tacot destiné à finir ses jours en taxi kinois et à devenir ainsi le gagne-pain de Clémentine, l’épouse légitime de Foudron, et de sa parentèle. Dans cette histoire qui commence par la fin, à savoir l’explosion, dans la brousse, d’une durite à quelques kilomètres du but, comme l’annonce la quatrième de couverture, notre Mundélé « va se heurter à un grand nombre de difficultés, parmi lesquelles, tout compte fait, il n’est pas avéré que la pire soit l’explosion de la durite… »
Parsemé de bonheurs d’écriture et rédigé dans une langue magnifique, ce texte traitant du si cher « Congo ya biso » est empreint d’humour, de nostalgie et d’humanité profonde…

Bernard DELCORD

L’explosion de la durite
par Jean Rolin, Paris, Éditions Gallimard, 2008, collection « Folio » n°4800, 208 pp. au format 10,8 x 17,8 cm, 5,80 €

Explosion de la durite (cover compressée)

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