02/09/2010

« Vive la France, et les joueurs d’accordéon… »

Pierre Bonte aime la France et, à mon sens, elle le lui rend bien. La France rurale, celle du terroir et des rencontres avec des personnalités pittoresques, authentiques, en un mot, attachantes.

« Tous les lieux que je vais évoquer sont beaux. Mais il y a tant de jolis coins en France que c'en est presque banal. Ils sont beaux mais pas seulement... Les miens ont quelque chose en plus qui les rend uniques. » 

Sur le mode du Petit Prince voire de Jean Ferrat, Pierre Bonte, dans La France que j’aime qui paraît aujourd’hui à Paris aux Éditions Albin Michel, nous mène du Nord au Sud, de la côte d'Albâtre à Castigniccia (Haute-Corse), nous offrant pour escales Camembert, Chavignol, le village d'Astérix... et une étape en Drôme provençale (Grignan, Valaurie...) qui ne pouvait me laisser insensible. Et l'auteur de faire un juste écho au festival de la correspondance et aux initiatives du maire de Grignan, Bruno Durieux, en matière de modernité. Une virée à Richerenches – Enclave des Papes – nous livre quelques secrets de derrière les truffes et une description intéressante du célèbre marché qui s’y tient chaque année, de novembre à mars.

Les chapitres se concluent de quelques adresses soigneusement sélectionnées où je gagerais que l'on peut se rendre les yeux fermés...

 

Apolline ELTER

 

La France que j'aime par Pierre Bonte, Paris, Éditions Albin Michel, 2 septembre 2010, 266 pp en noir et blanc sous couverture brochée en quadrichromie, 18 €

 

La France que j'aime.jpg

 

08:41 Écrit par Bernard dans Reportages | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/04/2010

L’aventure, c’est l’aventure…

Grand reporter s’il en fut, l’académicien français Joseph Kessel (1898-1979) était entré à 17 ans au vénérable Journal des Débats à Paris, pour y débuter une carrière formidable qui le mènerait dans diverses rédactions (La Liberté, Le Figaro, Le Mercure de France, Gringoire, Paris-Soir…) et aux quatre coins de la planète, en plein cœur de l’action.
Aventurier dans l’âme, ce fils d’un médecin juif d’origine lituanienne est né en Argentine où il a passé les premières années de son enfance avant de suivre, en 1905, ses parents à Orenbourg dans l’Oural puis, en 1908, à Nice où il fait ses études secondaires et ensuite à Paris où il s’inscrit au lycée Louis-le-Grand avant de décrocher une licence ès lettres en 1915. Infirmier brancardier durant quelques semaines en 1914, il s’enrôle volontairement sous les drapeaux à la fin de 1916, dans l’artillerie puis dans l’aviation qui l’envoie notamment en mission en Sibérie. À 21 ans, revenu à la vie civile, décoré de la croix de guerre et de la médaille militaire, il obtient la nationalité française. On le retrouve désormais partout où les choses bougent, où le monde change, témoin engagé des transformations du temps. Correspondant de guerre en 1939-40, il rallie la Résistance puis s’engage dans les Forces françaises libres du général de Gaulle à Londres. Avec son neveu Maurice Druon, il a composé en 1943 le fameux « Chant des partisans », hymne emblématique de la lutte antinazie. Il poursuit ensuite ses pérégrinations journalistiques, tout en publiant de nombreux romans, ainsi qu’il l’avait toujours fait (La Steppe rouge, 1922 ; L'Équipage, 1923 ; Belle de jour, 1928, qui inspira le film de Luis Buñuel en 1967 ; Fortune carrée, 1932 ; Marchés d'esclaves, 1933 ; La Passante du Sans-Souci, 1936, porté à l'écran par Jacques Rouffio en 1982 ; L'Armée des ombres, 1943, adapté au cinéma par Jean-Pierre Melville en 1969 ; Le Bataillon du ciel, 1947, adapté la même année au cinéma par Alexandre Esway ; Les Amants du Tage, 1954 ; Témoin parmi les hommes, 1956 ; Le Lion, 1958 ; Les Cavaliers, 1967… sans oublier une belle biographie du pilote Jean Mermoz en 1939).
Ses reportages sont, comme ceux d’Albert Londres, des modèles du genre, mêlant goût du risque et sens extraordinaire de la narration dans une langue d’une grande pureté mais sans afféterie. Les Éditions Tallandier à Paris ont pris l’initiative remarquable de les rassembler tous dans six volumes de la collection de poche « Texto », et le premier d’entre eux s’intitule Le Temps de l'espérance Reportages 1919-1929. On y suit Joseph Kessel sur les Champs-Élysées le 14 juillet 1919 pour le défilé de la victoire, en Irlande insurgée contre la Couronne, chez les Russes Blancs de Paris, dans un avion de l’Aéropostale en route pour Villa Cisneros, avec des méharistes dans le désert syrien ou sur les rivages de Palestine quand l’État juif s’élaborait en secret… Un parcours palpitant !

Bernard DELCORD

Le temps de l’espérance Reportages 1919-1929
par Joseph Kessel, Paris, Éditions Tallandier, collection « Texto » dirigée par Jean-Claude Zylberstein, février 2010, 285 pp. en noir et blanc au format 12 x 18 cm sous couverture brochée en couleur, 10 €

Le temps de l'espérance

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