04/02/2018

« En règle générale, aucun homme dans l'embarras n'est tout à fait honnête. » (William Makepeace Thackeray)

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William Makepeace Thackeray, né à Calcutta en 1811 et mort à Londres en 1863, est l'un des grands romanciers anglais de l'époque victorienne.

Fils d'un administrateur de la Compagnie des Indes, il dilapide la fortune paternelle au jeu, en voyages et dans deux journaux qui font faillite. 

Ayant écrit de nombreux romans sous divers pseudonymes, il est surtout connu pour ses œuvres satiriques prenant pour cible les classes moyenne et aristocratique britanniques. Il est l'auteur, entre autres, des Mémoires de Barry Lyndon (1844), qui fut adapté par le cinéaste Stanley Kubrick (en 1975, 4 Oscars), de The Book of Snobs (1846) et de Vanity Fair (1846-1847), l'un des romans-phares de la littérature anglaise.

On lui doit aussi Samuel Titmarsh et le grand diamant des Hoggarty, paru d'abord dans le Fraser's Magazine en 1841 et dont la traduction française est ressortie récemment en poche aux Éditions de la Table ronde à Paris, dans la collection « La petite Vermillon » [1].

En voici le pitch :

« Lorsque, vers 1820, le jeune Irlandais Samuel Titmarsh quitte la campagne anglaise pour s'installer à Londres, où il vient d'obtenir une place de treizième clerc dans une compagnie d'assurances, sa vieille et richissime tante, Lady Hoggarty, lui offre un gros médaillon d’un modèle ancien devenu épingle de cravate en diamant. Ce précieux bijou le propulse très vite au sommet de sa carrière, lui apportant la considération de la haute société victorienne. »

Et une citation du livre qui explique tout :

« Dès que les gens espèrent un grand profit, le jugement semble les abandonner, et parce qu'ils souhaitent ce profit, il leur paraît si sûr qu'ils méprisent tout avertissement et toute prudence. »

Une satire grandiose !

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William Makepeace Thackeray par Jesse Harrison Whitehurst.

Bernard DELCORD

Samuel Titmarsch et le grand diamant des Hoggarty par William Makepeace Thackeray, traduit de l’anglais par Paul de Kock révisée par Cécile Arnaud, postface de Lucien d’Azay, Paris, Éditions de la Table ronde, collection « La petite Vermillon », mai 2016, 246 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,70 € (prix France)

[1] La première parution de cette traduction date de 1964, aux Éditions Gallimard.

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31/01/2018

Amours interdites...

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« De Claude Nougaro, son ami, auquel il a consacré des livres filiaux, l’intranquille et réfractaire Christian Laborde [1] a hérité l’art de jongler avec les mots, la fibre jazzy, le physique de boxeur et l’accent tonique du Sud-Ouest. Même quand il râle, fulmine et part en guerre, on dirait qu’il chante, danse et s’esclaffe », a écrit Jérôme Garcin dans L’Obs.

Il a fait paraître Tina aux Éditions du Rocher à Monaco, un roman engagé et percutant sur les ignominies de l’épuration sauvage en France au sortir de la Seconde Guerre mondiale, quand une vile populace, parfois sur de simples présomptions et assez souvent sur des dénonciations anonymes nourries de rancune, de jalousie, voire de duplicité – par exemple pour cacher la lâcheté ou la trahison collaborationniste des corbeaux qui les rédigeaient –, se livra à des meurtres sans jugement, à des brutalités odieuses et à la tonte infamante de femmes accusées, à tort ou à raison, de « collaboration horizontale » avec l’occupant allemand.

Léontine, dite Tine et plus tard Tina, son héroïne à la chevelure comme des larmes de feu, est une jeune fille sensuelle et ardente qui a aimé un officier allemand et que la délation contraint à quitter sa campagne pour se réfugier dans un couvent de bonnes sœurs à Toulouse.

Celles-ci l’aideront à échapper à la vindicte des « justiciers », à entamer une nouvelle vie et – qui sait ? –, à retrouver l’amour.

À moins que…

Rédigé dans une langue robuste et belle, ce texte prenant est aussi le prétexte à découvrir la Ville rose dans son essence la plus authentique et à faire entendre les mélodies et les chansons qui y étaient en vogue durant ces années noires.

Car, comme l’écrit l’éditeur :

« Tina est un roman sentimental, érotique, poétique, un roman où se mêlent la musique des mots et celle du Grand Orchestre swing et musette de Renato Hiès. »

Bernard DELCORD

Tina par Christian Laborde, Monaco, Éditions du Rocher, janvier 2018, 128 pp. en noir et blanc au format 14,1 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 14,90 € (prix France)

[1] Auteur du roman culte – et censuré avant de connaître le triomphe – L'Os de Dionysos (1987), Christian Laborde (°1955) est un écrivain français, poète, pamphlétaire (Il a collaboré à L'Idiot international de Jean-Edern Hallier, une belle référence) et chroniqueur à La Nouvelle République des Pyrénées, « journal le plus lu par les ours », dit-il.

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24/01/2018

Le Maupassant anglophone…

Les papiers de Jeffrey Aspern (cover).jpg

Figure majeure du réalisme littéraire anglo-saxon du XIXe siècle, l’écrivain américain naturalisé britannique en 1915 Henry James (New York, 1843-1916, Chelsea) a partagé sa vie entre les États-Unis et la Grande-Bretagne.

Son immense talent de conteur demeure très actuel et il est l'auteur de très nombreuses nouvelles et de plusieurs romans parmi lesquels Daisy Miller (nouvelle, 1878) [1], Washington Square (roman, 1880) [2], Portrait de femme (roman, 1881) [3], Les Bostoniennes (roman, 1886) [4], L’Élève (nouvelle, 1891) [5], Le Motif dans le tapis (nouvelle 1896), Ce que savait Maisie (roman, 1897) [6], Le Tour d'écrou (nouvelle, 1898) [7], Les Ailes de la colombe (roman, 1902) [8], Les Ambassadeurs (roman, 1903), ou encore La Coupe d'or (roman, 1904) [9]

Saluons la réédition aux Éditions de l’Aube à La Tour d’Aigues (Vaucluse), dans la collection de poche « Mikrós classique », d’un autre de ses romans célèbres, Les papiers de Jeffrey Aspern [10].

En voici le résumé :

« Dans un palazzo de Venise, à moitié en ruine, la vieille miss Bordereau n'en finit pas de mourir. Elle a été, dans sa jeunesse, le grand amour de Jeffrey Aspern, célèbre poète anglais, et la rumeur veut qu'il lui ait légué de nombreux manuscrits inédits.

Le narrateur, qui écrit un livre sur Aspern, est prêt à tout pour les acquérir. Prêt à tous les mensonges, toutes les bassesses, toutes les ruses, y compris tenter de séduire la malheureuse nièce de la vieille dame.

Mais il n'a pas mesuré la force de celle qui, au fil des pages, devient peu à peu le plus redoutable des adversaires ». [11]

À savourer comme un verre de très vieux Pure malt ou comme une tasse de thé noir de l’Assam…

Very very British!

Bernard DELCORD

Les papiers de Jeffrey Aspern par Henry James, roman traduit de l’anglais par Jean-Marie Le Corbeiller, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, collection « Mikrós classique », janvier 2018, 191 pp. en noir et blanc au format 12,6 x 19 cm sous couverture brochée en couleurs, 12 € (prix France)

[1] Adapté au cinéma en 1974 dans le film éponyme réalisé par Peter Bogdanovich, avec Cybill Shepherd.

[2] Adapté au cinéma en 1949 sous le titre L'Héritière, film réalisé par William Wyler qui remporta quatre Oscars, dont celui de la meilleure actrice pour Olivia de Havilland dans le rôle de Catherine Sloper, et en 1997 sous le titre Washington Square par Agnieszka Holland, avec Jennifer Jason Leigh.

[3] Adapté au cinéma en 1996 sous le même titre par Jane Campion, avec Nicole Kidman dans le rôle-titre.

[4] Adapté au cinéma en 1984 sous le même titre par James Ivory, avec Madeleine Potter, Vanessa Redgrave et Christopher Reeves.

[5] Adapté au cinéma en 1996 sous le même titre par Olivier Schatzky, avec Vincent Cassel, Jean-Pierre Marielle et Caroline Cellier.

[6] Adapté au cinéma 2012 (What Maisie Knew), réalisé par Scott McGehee et David Siegel, avec Alexander Skarsgård, Julianne Moore et Steve Coogan.

[7] Adapté au cinéma en 1961 sous le titre Les Innocents, film réalisé par Jack Clayton sur un scénario de Truman Capote, et en 1971 sous le titre The Nightcomers (Le Corrupteur), réalisé par Michael Winner, avec Marlon Brando, ainsi que dans The Turn of the Screw en 1954, opéra en un prologue, deux actes et seize scènes, composé par Benjamin Britten.

[8] Adapté au cinéma en 1981 sous le même titre Benoît Jacquot et en 1997 par Iain Softley avec Helena Bonham Carter, nominée à l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation de Kate Croy.

[9] Adapté au cinéma en 2000 sous le même titre par James Ivory, avec Uma Thurman, Jeremy Northam et Kate Beckinsale.

[10] Adapté au cinéma en 1947 sous le titre Moments perdus (The Lost Moment) par Martin Gabel, avec Susan Hayward et Robert Cummings et en 1982 sous le titre Aspern par Eduardo de Gregorio, avec Jean Sorel, Bulle Ogier, Alida Valli ainsi qu’au théâtre, avec succès, à Broadway en 1962, par Michael Redgrave. La pièce fut remontée de nombreuses fois depuis cette production originale. (Sources : Wikipédia.)

[11] Source : https://archive.org/details/HenryJames_LesPapiersDeJeffre...

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22/01/2018

« Il y a trois règles à respecter pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît. » (William Somerset Maugham)

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Écrivain au talent inouï – son génie narratif est comparable à ceux de Kipling et de Churchill, c’est tout dire… –, William Somerset Maugham (1874-1965) est né à Paris. De nationalité britannique, il a étudié la médecine (diplôme obtenu en 1897) avant de parcourir le monde. Pendant la Première Guerre mondiale, il fut membre du British Secret Service en Europe. Auteur à succès [1] de pièces de théâtre et d’innombrables nouvelles, il a publié plus de vingt romans dont La Comédienne (1937), devenu Adorable Julia au cinéma en 2005, ou La Passe dangereuse (1925), adapté pour le grand écran en 1934 avec Greta Garbo puis en 2007 avec Naomi Watts (Le Voile des illusions).

Il suffit d'une nuit (1941) qui a reparu aux Éditions de la Table ronde à Paris dans la collection « La petite Vermillon » a été adapté au cinéma en 2000, avec Kristin Scott Thomas et Sean Penn.

En voici le pitch :

« Florence, 1938. Dans une demeure prêtée par des amis, Mary, jeune veuve mélancolique, reçoit la visite d'Edgar qu'elle connaît depuis l'enfance. Aux antipodes de son défunt mari, joueur invétéré porté sur la boisson, cet homme bon et attentionné la demande en mariage. Mary se donne le temps de réfléchir. En attendant qu'Edgar revienne à Florence, elle accepte une invitation à une soirée mondaine où elle fait la connaissance de Rowley, séducteur impénitent, dont elle sait la réputation et n'est pas dupe. Mais alors qu'elle repart seule chez elle, elle fait une rencontre inattendue qui l'obligera à se tourner vers lui pour se sortir d'une situation délicate. »

Deux romans de William Somerset Maugham (Le grand écrivain).jpg

Publié en 1930 sous le titre Cakes and Ale, or the Skeleton in the Cupboard, Le grand écrivain, qui ressort chez le même éditeur dans la même collection, commence par ces mots : « Quand un ami, en votre absence, vous a téléphoné en insistant pour être rappelé, soyez sûr qu'il s'agit d'une affaire plus importante pour lui que pour vous. S'il pense à vous offrir un cadeau ou à vous rendre service, il sait modérer son impatience ».

Le texte, selon François Rivière [2], d’un « esprit cosmopolite, voyageur infatigable de l'imaginaire, mais aussi observateur inlassable de l'âme humaine qui restera comme l'un des plus habiles peintres de la société internationale du premier demi-siècle ».

On ne saurait mieux dire !

Bernard DELCORD

Il suffit d’une nuit par William Somerset Maugham, traduit de l’anglais par A. Renaud de Saint-Georges, Paris, Éditions de la Table ronde, collection « La petite Vermillon », septembre 2016, 157 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 7,10 € (prix France)

Le grand écrivain par William Somerset Maugham, traduit de l’anglais par E.-R. Blanchet, Paris, Éditions de la Table ronde, collection « La petite Vermillon », septembre 2016, 266 pp. en noir et blanc au format 11 x 18 cm sous couverture brochée en couleurs, 8,70 € (prix France)

[1] On a dit de lui qu’il fut l’auteur le mieux payé des années 1930.

[2] Grand connaisseur de la littérature anglaise, François Rivière, né le 23 avril 1949 à Saintes, en Charente-Maritime, est un critique littéraire (Le Figaro), éditeur, romancier, traducteur, biographe et auteur de plusieurs ouvrages sur la littérature policière et la littérature d'enfance et de jeunesse. Il est aussi scénariste de bande dessinée.

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25/12/2017

Ambiance délétère…

Un nouveau dans la ville.jpg

Auteur de 193 romans, de 158 nouvelles, de plusieurs œuvres autobiographiques et de nombreux articles et reportages publiés sous son propre nom, ainsi que de 176 romans, de dizaines de nouvelles, de contes galants et d’articles parus sous 27 pseudonymes, Georges Simenon (Liège, 1903 – Lausanne, 1989), l’inventeur du fameux commissaire Maigret, est l’écrivain belge le plus lu dans le monde (les tirages cumulés de ses livres atteignent 550 millions d’exemplaires) et le plus traduit (3 500 traductions en 47 langues).

Il a par ailleurs vécu durant dix ans sur le continent nord-américain, entre 1945 et 1955, au Canada d’abord (1945-1946), aux États-Unis ensuite [1] et une dizaine de ses romans se situent aux States, parmi lesquels Un nouveau ans la ville, écrit en octobre 1949 à Desert Sands, Tucson (Arizona), publié en 1950, et qui a reparu dernièrement aux Éditions Omnibus à Paris avec de magnifiques illustrations de Jacques de Loustal (°1956), un fervent admirateur de l’œuvre du maître liégeois, qui excelle à recréer ici l'ambiance d'une petite ville yankee sous la neige, avec ses cafés et ses personnages ordinaires ou pittoresques.

Voici le pitch de ce polar :

« Au début de l'hiver, dans une petite ville, débarque un inconnu, quelconque à tout point de vue. Malgré son apparence, Justin Ward possède une grosse liasse de billets qu'il porte toujours sur lui. Ce n'est pas son statut d'étranger à la région qui attire l'attention (la tannerie voisine emploie des immigrés), mais bien son extrême réserve... »

Une histoire glauque à souhait !

Bernard DELCORD

Un nouveau dans la ville par Georges Simenon, illustrations de Jacques de Loustal, Paris, Éditions Omnibus, octobre 2016, 191 pp. en quadrichromie au format 19 x 25,5 cm sous couverture brochée en couleurs et à rabats, 28 € (prix France

[1] En Californie, puis en Floride et en Arizona en 1947, à Carmel-by-the-Sea (Californie, 1949), avant de s'établir en juillet 1950 à Lakeville dans le Connecticut. (Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Georges_Simenon)

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10/10/2017

Pérégrination amoureuse…

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Après Les fées penchées (2014) et Le Vampire de Clichy (2015), deux romans publiés à Bruxelles par les Éditions Onlit, Véronique Janzyk revient sur le devant de la scène littéraire chez le même éditeur avec J'ai senti battre notre cœur, le court récit d’une relation sentimentale basée sur la marche, les livres et l’amour physique, une pure merveille de finesse, d’observation, de sensibilité et, surtout, de style pointilliste parfaitement maîtrisé dans de courts chapitres très subtils.
 
Qu’on en juge :
 
« Tu as le teint brun des paysans et des marins, des grands et petits voyageurs. Tu dors sur le dos, hiératique. Tu dors debout, comme un gisant prêt à te relever. Tes pommettes, ton nez, ton menton, ton cou se dessinent à contre-jour. Je ne te vois jamais de face quand tu dors.
 
Tu dors comme s'il allait falloir s'éveiller. La menace est toujours possible. Tu es toujours prêt à marcher.
 
Ou alors tu dors en me tournant le dos. Je vois ton dos. Je te vois devant moi. Là encore.
 
Tu crois défier le temps. Mais en marchant devant, tu permets à la distance de s'installer entre nous. Tu incarnes l'avance que tu as sur moi. »
 
Du Théo van Rysselberghe sur papier…
 
Bernard DELCORD
 
J'ai senti battre notre cœur par Véronique Janzyk, Bruxelles, Onlit-Éditions, octobre 2017, 103 pp. en noir et blanc au format 12 x 19,2 cm sous couverture brochée et jaquette en couleurs, 12 €

14:44 Écrit par Bernard dans Romans | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/08/2017

« J'ai dit bizarre… Comme c'est bizarre ! » (Jacques Prévert, dialogue dans Drôle de drame)

Hôtel meublé.jpg

Gérald Bertot alias Thomas Owen est né le 22 juillet 1910 à Louvain et il est mort le 2 mars 2002 à Bruxelles.
 
Ses études de droit terminées en 1933, il est engagé dans une meunerie, le Moulin des Trois Fontaines à Vilvorde, dont il sera le directeur pendant quarante-trois ans. Il sera également président général des Meuneries belges, puis du Groupement des Associations meunières de la CEE.
 
Parallèlement, attiré par le surréalisme, il devient critique d'art pour La Libre Belgique et L'Écho sous le pseudonyme de Stéphane Rey.
 
Mobilisé en 1939, il échappe à la déportation qui suit la capitulation de l’armée belge
.
Sa rencontre avec Stanislas-André Steeman servira alors de déclencheur à sa carrière d'écrivain. L’auteur de L’assassin habite au 21 (1939) l'encourage à écrire des romans policiers, genre peu disponible à l'époque.
 
De 1941 à 1943, Thomas Owen publiera plusieurs nouvelles et romans policiers, caractérisés par « un humour assez féroce », qui attirèrent sur lui l'attention de la critique.
 
Il se tourna ensuite vers la littérature fantastique, en faisant paraître Les Chemins étranges en 1943. C'est de ce genre particulier, romans, contes et récits d'épouvante, que lui viendra la reconnaissance du grand public. Ses nouvelles fantastiques plongent le lecteur dans un univers en perpétuelle collision avec l'horreur et l'irrationnel (1). 
 
Il est élu membre de l’Académie royale de langue et littérature françaises de Belgique en 1975, au fauteuil 28 dans lequel il succéda à Constant Burniaux (2) et qui est aujourd’hui celui de Jean-Baptiste Baronian.
 
C’est aussi en 1943 que Thomas Owen rédigea Hôtel meublé, un curieux polar qu’ont ressorti les Impressions nouvelles à Bruxelles, dans la fameuse collection « Espace Nord ».
 
En voici le pitch, fourni par l’éditeur :
 
« Un crime a été commis : Oswald Stricker, vieil expert et usurier, détenteur d’une fortune secrète, est retrouvé mort dans son appartement. L’inspecteur Maudru est chargé de cette curieuse affaire. Il sera très vite secondé par Madame Aurélia, détective amateur, qui va s’installer dans le logement du défunt pour mener l’enquête au plus près des locataires – aussi morbides que saugrenus, vivant dans la misère et prêts à tout pour s’enrichir. Un huis clos fantastico-macabre aux allures de Cluedo. »
 
Ajoutons que le titre lui-même relève de l’étrange, dans la mesure où l’intrigue de ce roman ironique se passe dans une maison qui n’est pas un hôtel meublé, mais qui pourrait l’être, non pas pour des raisons immobilières, mais parce que les personnages pour le moins pittoresques et inquiétants qui l’habitent semblent plus passagers que stables…
 
Un texte tout ce qu’il y a de décapant !
 
Bernard DELCORD
 
Hôtel meublé par Thomas Owen, postface de Rossano Rosi, Bruxelles, Les Impressions nouvelles, collection « Espace Nord », novembre 2016, 237 pp. en noir et blanc au format 12 x 18,5 cm sous couverture brochée en couleurs, 9,00 €
 

(1) Source : https://fr.wikipedia.org/wiki/Thomas_Owen
 
(2) 1892-1975, à qui l’on doit un intéressant Crânes tondus (1930).